21.6.18

le carré du carré du carré VIER


Chapitre 8: HONORE DE VALMONDADA
  Pas grand-chose à ajouter, sinon que les 98 éléments de l'affaire Levert sont empruntés à The Greene Murder Case, de SS Van Dine, ou Philo Vance numérote ces 98 éléments, puis donne l'ordre exact qui a conduit à la résolution de l'affaire...Je ne me suis pas hasardé à vérifier si cet ordre avait une réelle pertinence.
  HV cultive des roses et habite Croissy en écho à la piste Rose-Croix.

Chapitre 9: IDEALE ! L'AVAL EN AMOUR
  Nous avons maintenant le nom de celui qui est prévu pour être le 14e des 18 héritiers Monlorné, Norman Love, bien sûr inspiré de Norman Bates, le Psycho.
  J'ai déjà commis l'anagramme AUSTRALIEN-NATURALISE ici, sans avoir pu y caser le CHARENTAIS ANARCHISTE. C'est fait...

  Hortense (Daniel) est la compagne de Lupin-Rénine dans Les huit coups de l'horloge. Sa demi-soeur Rose-Andrée est actrice, et ceci avait été un des indices à l'appui de la piste Rose-Croix chez Lupin (X croix de Saint-André).

  J'ai donné ailleurs les contraintes afférentes à la table des chapitres du roman Le cercueil s'ouvrira, titres que j'ai présentés selon le même style que les chapitres de Novel Roman.
  Voici donc ce à quoi mènent ces titres:

 RAISONAUTEL
 YOUSIRELTAN
 ETSUSALORIN
 ULCERATIONS
 EONINTRUSLA
 NELUICASTOR
 LADUNEROSIT
 QUISORTELAN
 ESPOIRALUNT
 EBRISUNALTO
 LOIUNESTRAZ

  Le carré est tel que je l'avais concocté en 1998, alors qu'à l'époque j'envisageais de modifier quelque peu les titres parfois plus qu'abstrus. Chaque titre est formé des lettres ESARTULINO plus un joker, avec deux nettes allusions. Ulcérations est le titre du premier poème hétérogrammatique de Perec, et Un raz est loi est le dernier vers d'Alphabets.
  Fernando Escartin était alors un champion cycliste espagnol, que j'avais transformé en Lou Escartin.

  En 1998 le traducteur kleptomane se nommait Trikkala, nom d'un interprète dans The Greek Coffin Mystery, dont les 21 chapitres du livre I épellent cet acrostiche, tandis que les 13 chapitres du livre II énoncent By Ellery Queen.
  Sachant maintenant que Ricardou avait aussi proposé en 1969 une table des chapitres formant un carré avec divers messages à lire en colonne ou diagonale, il me fallait lui rendre hommage, et le traducteur est donc devenu Ricardo/a Corleone, L'ambivalence Ricardo/a fait écho aux Noël/le des nouvelles de 1988.
  L'auteur original de Un cercueil s'ouvrira est devenu Enyer Quelle, anagramme de ELLERY QUEEN qui peut évoquer la question: Parmi les divers personnages ayant utilisé la signature ELLERY QUEEN, LEQUEL est la vraie REYNE?

  J'ai achevé la table des chapitres de Novel Roman, que voici présentée en carré:
 
 AVECUNDEBUTCOMMECA
 
BILANLETALEDULCORE
 
CEJEUBRIDELARAISON
 D
OSESDANAGRAMMESLA
 E
LLECHERCHAITNOISE
 FATALEAUBEENEGYPTE
 GRIFFELESAMBIANTES
 HONOREDEVALMONDADA
 I
DEALELAVALENAMOUR
 J
AMAISELMONEDEROGE
 K
EPIIMPECENLOUCEDE
 L
ELUDEPIDUODECIMAL
 M
IRAGEDELAVIEAUMAX
 NORMCEDEADIEUNEANT
 ORPHELINIMPLACABLE
 PUEZARFALLHAGARMAD
 QU
EDORANNEEDELAFOI
 R
ICHEDRAMEDHERITER

  J'y reviendrai. Tous les titres en 18 lettres de valeur 171, de même les 4 alignements en gras.

  A propos de carré, ce billet se trouve, par hasard, être le 256e de Quaternité, 256 étant non seulement un carré, mais un bicarré, et mieux encore un bibicarré, le premier bibicarré après le trivial 1. On peut l'écrire
256 = ((2^2)^2)^2, ou encore
256 = 4.4.4.4, ce qui est très quaternitaire.
  J'ai donc cherché un titre de valeur 256, et suis assez content de
LE CARRE DU CARRE DU CARRE VIER,
en rappelant que VIER, "quatre", correspond aux initiales des 4 victimes assassinées aux 4 coins de Villers, dans le roman de Benoît Peeters de 1980 qui a beaucoup d'analogies avec Novel Roman, mais dont j'ignorais l'existence lorsque m'en est venu l'idée.
  Sachant que CARRES = 64, j'ai songé à quelque chose comme
CARRER SACRES? SACRER CARRES!,
mais l'autre forme l'a emporté.

23.5.18

la théorie des signes de vie


  Quelques lectures récentes.
  Un pavé de mai était Signe de vie, de JR Dos Santos, un émule portugais de Dan Brown, dont le héros, Tomas Noronha, est comme il se doit professeur de cryptologie.
  J'avais commenté ici son premier succès, La formule de Dieu, intéressant par sa comparaison avec un autre roman où est recherchée une ultime formule laissée par Einstein. Dans les deux romans le secret était lié à la lumière, or en hébreu, et le nombre d'or était présent, anecdotiquement chez Dos Santos, au premier plan dans l'autre roman.

  Les romans de Dos Santos semblent calqués sur ceux de Brown, chapitres courts se terminant très souvent par un climax, ce qui permet de débuter le chapitre suivant par un rappel d'une dizaine de lignes, et augmenter artificiellement la taille du pavé. Ceci devient horripilant quand on dépasse la centaine de chapitres, surtout lorsque les climax sont de purs artifices.
  Les romans des deux auteurs débutent aussi par un avertissement du genre Toutes les informations scientifiques présentées dans ce roman sont vraies. Si pour Dan Brown, "vraies" signifie "trouvées sur le web", il m'avait semblé que Dos Santos était mieux documenté, et la vulgarisation des théories physiques présentée dans La formule de Dieu recoupait ce que j'avais lu ailleurs.

  Je n'ai pas attendu la parution en poche pour lire Signe de vie, car son thème m'intéressait au plus haut point. Dos Santos y imagine que les radiotélescopes du projet SETI viennent de capter un signal venu de l'espace, sur la même fréquence que le réel signal dit "Wow!" en 1977.
  Wow! est le commentaire fait par l'astrophysicien JR Ehman dans la marge des résultats du 15 août 1977, où un signal puissant est apparu sur la fréquence 1,42 GHz, précisément la fréquence sur laquelle on s'attend à recevoir d'éventuels signaux de civilisations extraterrestres, je passe sur le pourquoi.
  Le radiotélescope qui a capté le signal bouge en permanence, et 6EQUJ5 correspond à la croissance et à la décroissance du signal pendant les 72 secondes où il était dirigé vers un secteur de la constellation du Sagittaire (selon un code allant de 1 à 9 puis de A à Z). Comme le résultat n'a été observé que quelques jours plus tard, il a été impossible d'obtenir d'autre précision concernant ce signal exceptionnel qui n'a pas eu d'équivalent depuis, et dont aucune tentative d'explication n'a trouvé de consensus.

  C'est un bon point de départ pour un roman, et Dos Santos a imaginé la réception d'un nouveau signal sur cette fréquence 1,42 GHz, en provenance d'un objet en mouvement vers la Terre, mais cette fois le signal est continu et porteur d'un message, 42 chiffres se répétant en boucle, qui ne sont autres que les premiers chiffres de Pi dans le système décimal, 3141592653589...
  Pourquoi Pi? parce que c'est en principe une constante universelle.
  Pourquoi 42? Je m'attendais à ce que le cryptologue s'aperçoive que le message impliquait d'ajouter un signe, la virgule après 3, pour obtenir la réelle constante, et que ces 42 symboles en impliquant 1 autre étaient une allusion à la fréquence 1,42 qui les transmettait.
  Non, c'est un autre personnage, l'astrophysicien Seth Dyson, qui prétend avoir effectué le calcul, et trouvé que ces 42 premiers chiffres "permettent d'établir avec une précision millimétrique le périmètre d'un cercle qui couvre la dimension de tout l'univers visible à partir du rayon d'un électron" (page 205).
  Selon un réel astrophysicien (Gef), cette formulation est fort sujette à caution, et "précision millimétrique" signifie ici "très précis" et non "au millimètre". Le fait réel probablement visé est qu'il y a effectivement un facteur d'environ 1042 entre le rayon classique de l'électron, 2,8 x 10-15 m, et le périmètre actuel de l'univers observable, environ 2,8 x 1027 m, en constante croissance.
  De toute manière, un scientifique n'utiliserait pas ceci pour communiquer avec d'autres scientifiques, ce rapport entre les deux grandeurs étant anecdotique. Je pourrais imaginer que l'auteur ait pensé au 42 de Douglas Adams, mais ceci discréditerait tout le discours à prétention scientifique qui occupe au moins les trois quarts du livre.

  Il n'y a de toute façon pas besoin d'aller beaucoup plus loin pour trouver des aberrations, car dès la page 207 on trouve
Par exemple, si nous choisissons deux nombres entiers, la probabilité que ces deux nombres entiers soient premiers est de six divisé par Pi au carré. Qu'est-ce que Pi a à voir avec le choix aléatoire de nombres premiers? C'est incompréhensible!
  Or, d'une part, s'il existe bien certain "théorème de Cesaro" qui donne ce résultat, il touche des nombres premiers entre eux, ce qui est tout à fait différent, et, surtout, ce "théorème" est contesté, ce que je découvre aisément sans être mathématicien (mais Gef me dit qu'il est exact, et il a certainement raison).

  Il est possible que certaines de ces aberrations viennent d'erreurs de traduction, mais tout cela reste quand même bien approximatif. Le chapitre 34 vient me conforter dans mes doutes, car Noronha y avance que le nombre d'or pourrait être un autre moyen de communiquer avec une intelligence extraterrestre, car ce serait un facteur d'harmonie présent dans tout l'univers. Et tout le folklore de bas étage y passe, Léonard de Vinci et Phidias, la suite de Fibonacci miraculeusement présente dans le monde végétal (ce qui pouvait effectivement être vu comme miraculeux jusqu'aux expériences qui l'ont parfaitement expliqué).

  Il y a d'ailleurs de sérieux problèmes de traduction dans ce livre, où je relève notamment, bien qu'ayant sauté bien des paragraphes:
page 299: Einstein a déclaré que Dieu ne jouait après aux dés.
page 535: Et ce qu'ils voyaient était un invraisemblable.
  Je trouve pour ma part invraisemblable qu'une intelligence humaine ait pu commettre ces bourdes, et je soupçonne l'utilisation d'un logiciel de traduction, suivie d'une vérification sommaire.  

  Enfin Quaternité n'est pas le lieu de l'analyse des dérives de l'édition des best-sellers, et cette aventure de Noronha est tout de même bien plus intéressante que les trois précédentes parutions françaises de Dos Santos.
  Si je commente Signe de vie, c'est pour ses coïncidences avec ma démarche, et d'abord ceci.
  En mars 2017, j'ai publié le billet Wow! dont le titre venait de la grille 9x9 publiée en 2005 par Cyril Epstein, où il m'avait semblé très significatif de trouver en colonnes les lettres WOW et AMAN. Je n'y reviens pas, et invite à se reporter à ce billet.
  Wow était pour moi une forme de la lettre hébraïque waw, effectivement courante, et la vérification de son usage m'avait fait découvrir le signal "Wow!". J'avais noté que ce signal était apparu un 15 août, date mariale, alors que la grille de Cyril est aussi marquée par son intérêt pour les apparitions mariales, et que son découvreur se nommait Ehman (אהמן en hébreu), à rapprocher de Aman (המן en hébreu, qu'on transcrit aussi Haman).

  Une autre curiosité de la grille de Cyril était sa colonne centrale, où j'ai vu l'anagramme de NOM PRENOM, ce qu'il m'a assuré n'avoir pas été intentionnel. J'ai représenté ci-contre cette colonne en gras, alors que la seule accentuation de la grille publiée était son M central.
  En juin 2017, j'étais conduit à rouvrir le Ferrocarril de Santa Fives de Robert Rapilly (2011), à y redécouvrir une grille 9x10, et à m'apercevoir que sa colonne centrale contenait aussi une anagramme de NOM PRENOM, avec en plus la lettre I. J'avais remarqué que cette grille avait deux lettres centrales, et que ces lettres étaient PI. Se reporter à ce billet récapitulatif.

  Alors Dos Santos a imaginé que les auteurs du signal "Wow!" récidivent avec un signal Pi...

  Les 42 chiffres de Pi me rappellent une curiosité du roman de Sinoué, Les Silences de Dieu, ayant joué un rôle important dans mes découvertes de septembre 2008. On y trouve les mêmes faits controuvés concernant Fibonacci et le nombre d'or, qui y est donné avec 42 décimales. Dieu s'y incarne sur terre (pour la première fois!) sous la forme d'un jeune homme, MORCAR, dont est calculée la valeur numérique, 68, et j'avais vu 42/68 = 21/34, deux nombres de Fibonacci.
  Signe de vie a un prologue, 108 chapitres, et un épilogue, soit en tout 110 éléments, 42+68, mais je ne vois rien justifiant un partage 42-68 de ces éléments. Je pense à la gématrie de l'hébreu hayim, "vie", 68 (son "signe" étant les 42 chiffres de Pi).

  Le chapitre 34 de Signe de vie dédié au nombre d'or et à Fibonacci me rappelle les 34 chapitres du Labyrinthe de la Rose, où 34 est décliné à toutes les sauces, avec notamment son appartenance à la fameuse suite.

  La NASA remet en service la navette Atlantis pour aller voir le mystérieux objet, en fait une comète, sur laquelle a été fixé un cube bleu clair, que Noronha parvient à détacher et à amener à la navette. J'ai lu ceci au moment où j'étais en train de rédiger le chapitre 7 de Novel Roman, où je fais intervenir aussi un cube bleu, inspiré par le mystérieux cube bleu de Mulholland Drive, et je me demande si Dos Santos n'y a pas pensé aussi, car son cube abrite des créatures aussi inquiétantes que celui de Lynch...

  Voilà pour Dos Santos, auquel je me permets de contester le titre de "roi du thriller bien informé.
  Pendant sa lecture, je suis passé à la médiathèque de Gréoux où quelques polars étaient mis en évidence, dont Hortense (2016), de Jacques Expert, un auteur que je ne connais pas. J'aime le nom HORTENSE, m'évoquant aussitôt la Dame à la hache, une nouvelle de Leblanc qui m'a semblé receler une clé pour aborder le recueil dont elle fait partie. Je compte introduire prochainement une Hortense dans Novel Roman, en fait déjà présente dans ce chapitre 7, où il n'est pas indiqué le nom de l'actrice qui interprète Ornella.

  Je n'ai pas grand-chose à dire de ce Hortense, sinon que le nom du commissaire chargé de l'enquête sur la disparition d'Hortense se nomme Bernard Dupouy, un nom probablement choisi en hommage à Jean-Bernard Pouy.
  Ceci fait écho à une curiosité d'il y a quelques mois, où la 4e de couverture du polar Avant l'aube de Xavier Boissel m'avait conduit à le lire, parce que le héros du roman en était l'inspecteur Philippe Marlin, exact homonyme de l'éditeur de L'Oeil du Sphinx, auquel je suis redevable de m'avoir édité, de même que l'a fait JB Pouy.
  Tiens, l'écriture du chapitre 6 m'a fait employer l'expression "avant l'aube", sans penser à ce polar déjà presque oublié.
  La nouvelle que j'ai écrite pour Phil, L'enchanté réseau, fait aussi grand usage de l'anagramme, et elle s'achève le 16 avril 1908, le jour J (ou plutôt la nuit N) de Novel Roman. Sa publication en mai 2009 a été fortement synchronistique.
  Lorsque j'ai cherché en ligne des confirmations de l'assertion de Dos Santos sur le "périmètre de l'univers visible", je n'ai trouvé que des références à Signe de vie, et, parmi elles, le compte-rendu de lecture de Philippe Marlin (plus positif que le mien).


  Parmi le petit lot de polars en évidence à Gréoux, il y avait un autre Jacques Expert, La théorie des six (2008), que j'ai aussi emprunté.
  C'est plus intéressant, surtout pour l'amateur de structures fibonacciennes. Le roman a un prologue, 33 chapitres, et un épilogue assez particulier, car il compte près de 60 pages alors que les 33 chapitres font moins de 6 pages en moyenne. Par ailleurs l'intrigue principale d'un roman s'achève généralement dans son dernier chapitre, et l'éventuel épilogue n'est qu'un... épilogue, précisément.
  Ce n'est pas le cas ici, où le dénouement apparaît à la fin de l'épilogue, et où il y a une dernière section qui tient lieu de réel épilogue, Deux ans plus tard.
  C'est que dans les chapitres courts la narration suit une seule personne, tandis qu'elle passe de l'une à l'autre dans l'épilogue.
  Toujours est-il que les 34 sections constituant l'essentiel du récit peuvent se découper ainsi:
- 21 sections où l'assassin se confie, à la première personne
- 13 autres sections, et parmi ces 13 sections il y en a 8 consacrées au récit du commissaire chargé de l'enquête, également à la première personne.
  Donc, 5-8-13-21-34, c'est parfaitement fibonaccien, mais probablement sans intention car il n'y a pas d'harmonie interne séquentielle, les chapitres "assassin" étant prépondérants au début de l'intrigue.
  J'ajoute que l'intrigue se passe de janvier à mai 2008, sans guère de dates précises dans le texte. Je suis très attentif aux romans se passant en 2008 ou publiés en 2008.

  Pour le titre du roman, je vais laisser la conclusion à Dos Santos, toujours au chapitre 34:
— Or le 6 ne fait pas partie de la suite de Fibonacci
—Non, mais c'est un multiple d'un chiffre de Fibonacci. Six est le double de trois.
  Je ne résiste pas à remarquer ici "chiffre" au lieu de "nombre". Il y a de toute façon des fleurs qui obéissent à une suite de Fibonacci double, avec par exemple 6 spirales dans un sens et 10 dans l'autre.

21.5.18

Un coup de pouce égaie le hasard


Chapitre 7: GRIFFE LES AMBIANTES !

  Nemo Vorlan, au nom inspiré par Remo Forlani, faisait aussi partie du projet de 1998. C'était aussi un dramaturge, mais sa pièce se nommait Je vous M, monsieur V, V étant Voltaire, avec certains autres éléments issus du texte de Roussel L'allée aux lucioles, où il est question de Voltaire.   Le titre avait aussi un rapport avec The Long Good-Bye, de Chandler, et son I don't like you, doctor V. Mes souvenirs s'arrêtent là, sinon qu'il aurait été aussi question de trucages électriques.

  Ici, c'est le choix d'un titre qui a été grandement responsable du contenu du chapitre. J'avais un mannequin
G.....L....B......
  J'ai décidé d'avoir un S en finale, ce qui m'a suggéré LES ..B.....S, mais j'aurais du mal à justifier comment je suis arrivé à LES AMBIANTES; ensuite il fallait trouver un mot de 6 lettres débutant par G pour arriver à la gématrie 171, GRIFFE m'a semblé le meilleur choix, et il fallait arriver à justifier ce titre bizarre...
  J'ai parlé ici du roman français imaginé par Leblanc, Paule la pécheresse, devenu PAULE SINNER dans sa traduction anglaise, anagramme d'ARSENE LUPIN. Lupin y a une tigresse apprivoisée, Saïda, laquelle intervient de façon incongrue à la fin du roman pour mettre en déroute les ennemis de Lupin. J'ai donc imaginé le tigre Popaul venant griffer les pêcheresses, devenues des "ambiantes"...

  Depuis 1998 il s'est passé des choses, notamment l'écriture en 1999 et la parution en octobre 2000 de Sous les pans du bizarre, et la découverte pas mal d'années après qu'il était paru en septembre 1999, au moment où j'achevais les Pans, un "romans" intitulé Pandore et l'ouvre-boîte, offrant d'inimaginables collisions avec le mien.
  Je les étudie en détail ici, mais voici une brève présentation des principales.
Dans Pandore
- trois académiciens sont assassinés, avec dans chaque cas un message en grec;
- une grille complète de mots croisés est donnée, avec des définitions concernant Mozart et Rimbaud;
- l'un des académiciens, prénommé Virgile, habite rue Simon-le-Franc, et il est dit "n'avoir écrit aucun de ses livres".
Dans les Pans
- trois latinistes spécialistes de Virgile sont assassinés, avec dans chaque cas un message évoquant un mot latin, le nom d'un dieu grec;
- une grille incomplète de mots croisés est donnée, avec des définitions concernant Mozart et Rimbaud;
- un autre spécialiste de Virgile est soupçonné; il habite rue Simon-le-Franc, adresse que j'avais choisie en pensant au latiniste oulipien Marcel Bénabou, auteur entre autres de Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres.

  J'imagine qu'il est très difficile d'admettre que des coïncidences aussi précises sont fortuites. Je suis pour ma part obligé de le croire, n'ayant rien su des auteurs en question lors de l'écriture de mon roman, dont je peux prouver que le manuscrit était achevé début septembre 1999.

  Alors mon dramaturge qui vient d'être adoubé quai Conti meurt par l'épée de l'uniforme de l'Académie, comme la première victime de Pandore, il meurt dans sa loge comme la seconde victime, et il habite rue Simon-le-Franc comme la troisième.
  J'ai emprunté quelques autres éléments, comme le chat lapant le sang de son maître (c'était un chien dans l'original). Le nom du siamois, Sibsi, signifie "quatorze" en thaï (สิบสี่).

  Voltaire apparaît à plusieurs reprises dans Pandore,  et comme vu supra il apparaissait aussi dans mon projet de 1998, projet interrompu par l'écriture des Pans. J'aurais pu y faire écho en octroyant à Vorlan le fauteuil de Voltaire, le n° 33, mais j'ai préféré le n° 14, au coeur de mon affaire. Il y a aussi Victor Hugo, déjà mentionné et qui le sera encore.

  La scène de Mulholland Drive au club Silentio m'a bien sûr inspiré pour les illusions visuelles et sonores de la pièce de Vorlan.
  J'ai aussi donné au début de la pièce quelque ressemblance avec En attendant Godot, car il y a pas mal d'années j'écoutais en voiture une émission sur Beckett, assez peu attentivement jusqu'à ce qu'il y soit question d'un texte où figurait un cube bleu nommé Silentio... Les intervenants ne semblaient pas connaître Mulholland Drive, où il apparaît aussi un mystérieux cube bleu.
  Je n'ai pas alors trouvé de lien en ligne entre Beckett et David Lynch, je n'en trouve pas non plus aujourd'hui.
  J'ai nommé le cube Inferno en référence à la marelle, allusion à la nouvelle Gravité de Ricardou, récrite sous le titre L'enlèvement, où il s'agit d'enlever la lettre N, au coeur de mon dispositif.

  La pièce débute par le mot "Pollop" (qui s'écrit aussi "polop"), lequel à divers sens, notamment chez Léo Malet "rien à faire", les premiers mots d'En attendant Godot. J'ai eu aussi une pensée pour La prise de Constantinople de Ricardou, débutant par "Rien.", et il me semble intéressant que "pollop" soit un palindrome.

  Les noms des "ambiantes",
Ornella
Vraneska,
Erica
Lolita
forment avec Nemo l'acrostiche NOVEL. Ce sont des marchandes d'amour, LOVE, et la somme des valeurs de leurs quatre noms est
ORNELLA VRANESKA ERICA LOLITA = 77+91+36+69 = 273,
gématrie de arba', "quatre" en hébreu, aussi produit de 13x21, mes deux fibos favoris.
  Ceci en écho à La bibliothèque de Villers, où les initiales IVRE des noms des victimes aux 4 coins de la ville peuvent former VIER, "quatre" en allemand ou flamand, mais surtout dans l'esprit de Peeters doivent être complétées par le L du dernier mort pour former L-IVRE.

  Le réalisateur des effets spéciaux de Griffe les ambiantes! est donc Luca Fellin, un nom que j'avais déjà utilisé dans cette nouvelle. C'est une anagramme de Fulcanelli, offrant quelques échos avec deux célèbres cinématographistes (pardon, cinéastes, je ne suis plus en 1908), George Lucas et Federico Fellini.

  Ce billet étant le 254e de Quaternité, j'ai choisi comme pour mes commentaires précédents de lui donner un titre correspondant à son rang, et, comme il a été pour moi d'une certaine importance que le pouce anglais soit équivalent à 2.54 cm, je suis parvenu à cette formule
Un coup de pouce égaie le hasard = 254.

14.5.18

Deux cent cinquante tro..


  Voici donc ce 253e billet de Quaternité, 253 somme des nombres de 1 à 22, alors que
DEUX CENT CINQUANTE-TROIS
s'écrit avec 22 lettres, mais il faut supprimer les deux dernières pour obtenir la gématrie 253.

  J'en suis arrivé au chapitre 6 de Novel Roman, et à la mort de la 8e victime, Lor Ménavon, 36 jours après la mort du milliardaire V-A Monlorné.
  Cette histoire de l'archéologue perdant sa femme dans une stupide partie de dés était déjà présente dans mon projet de 1998, mais le passage à l'écriture m'a conduit à quelques trouvailles.
  Ainsi la haine du D au point de ne plus pouvoir l'entendre m'a conduit à une évidence: il était impératif que tout le discours de l'infirmier chargé de Lor Ménavon soit un lipogramme en D. Du coup, ce chapitre qu'il ne m'emballait guère d'écrire est devenu un jeu.

  Le prénom du gouverneur de Louxor est une réminiscence de la chanson de Bob Azzam, Mustapha (1960), dont les paroles sont un sabir composé de français, d'arabe, d'italien, d'espagnol, d'anglais, d'hébreu...
  Comme on l'a vu dans d'autres chapitres, HV semble avoir un pied dans le futur, ce n'est pas le moindre trait de sa mystérieuse personnalité.
  HV tire ses exclamations de la gnose valentinienne. Sigê, "Silence", est la parèdre du Propater, le premier éon de l'Ogdoade. Buthos, "Abîme", est le premier éon de la Décade.

  J'ai d'abord pensé à Charif comme nom du gouverneur, pour Charif je t'aime, Charif je t'adore, et puis j'ai opté pour Nahik, le livre dont Frank Giroud a fait le pivot des 11 albums de sa série Le Décalogue, et 11 autres albums des séries connexes.
  Il y a d'une part le fait que Nahik est signé Alan D., anagramme de Nadal (Eugène) son réel auteur, devenu fou en Egypte et exploité par son frère Hector qui le force à écrire pour son compte. Ainsi nahik signifie "Non, Hector" dans la bouche du pauvre Eugène massacrée par le sabre d'un mamelouk. Je me demande si Giroud n'avait pas quelque arrière-pensée, car Nahik est aussi un prénom arabe.
  Mais NAHIK est aussi l'anagramme de KNIHA, "livre" en slovaque.

  Je connais Lorna Doone grâce à un roman d'Ellery Queen, Le quatrième côté du triangle, où une styliste baptise chaque année sa collection par une anagramme de son amant du moment, ainsi RONALD est honoré par la collection LORNA D.

  Curieusement, mon projet initial de 1998 faisait aussi intervenir le lipogramme, mais un lipogramme en T. Dans l'affaire Omar, le mari de sa maîtresse était encore vivant, c'était un infirme inspiré par lord Chatterley dans le roman de DH Lawrence, et qui détaillait dans sa prose toutes les frasques de sa femme. Je m'étais inspiré d'un autre roman de Queen, L'arche de Noé, où la touche T d'une machine à écrire est cassée.

  J'ai encore rendu hommage dans ce chapitre à phrère Laurent, Laurent Cluzel à qui je dois une aide inappréciable, notamment pour l'épisode Daumal.
  En septembre 2015, la curiosité de Laurent l'amenait au blog Madame Tomato d'un.e Japonais.e vivant à Paris, s'intéressant notamment à la rue "Cluzel" (sic, pour Clauzel), et à son numéro 7 ter, dont le porche était surmonté par un curieux caducée, exaltant la lettre H.
  Sa recherche l'avait conduit à un autre blog, aujourd'hui disparu, donnant des détails sur cette sculpture: 
Le bas-relief qui surmonte la porte est une réinterprétation originale  du caducée d'Hermès. Le propriétaire de cet hôtel construit en 1898, Mr. Hamonec, exerçait la chirurgie. Ainsi a-t-il mêlé son monogramme à cette figure. Si le caducée d'Hermès symbolise la médecine en Amérique, en France il représente l'éloquence et le commerce. Etait-ce prémonitoire ? Aujourd'hui un cabinet d'avocats occupe les lieux.
  Laurent avait encore été voir la rue sur StreetView, et y avait repéré un magasin au numéro 9, l'immeuble voisin du 7 ter, Mr Fish.
  Je lui avais fait remarquer la proximité de FISH (dont le gérant se nomme Poisson), et de HAMONEC, anagramme de HAMECON...
  D'où la poissonnerie imaginée  au 9 rue Clauzel en 1908. Je rappelle que le poisson serait le pictogramme à l'origine de la lettre sémitique N.

  Par ailleurs l'introduction de Wagner parmi les nouveaux éléments du roman m'a fait découvrir qu'il avait habité rue d'Aumale, juste en-dessous de la rue Clauzel, d'où l'utilisation de ces deux rues dans ces chapitres 5 et 6.
  Je rappelle que j'ai écrit une nouvelle faisant intervenir Parsifal, L'or du Rhin et ses créatures aquatiques, ainsi que diverses anagrammes dont l'adéquation m'a éplapourdi.

  Tiens, à propos de Mme Tomato, le début de la chanson Mustapha est
Chérie je t'aime, chérie je t'adore,
Como la salsa de pomodori. (comme la sauce tomate)

  La recherche d'un titre en 18 lettres de valeur 171 (avec quelques lettres imposées) m'a conduit à FATALE AUBE EN EGYPTE, ce qui a quelque peu orienté le récit. Je ne sais plus trop ce que j'avais prévu en 1998, je crois que la femme de Menavon se suicidait, je ne suis pas très sûr du prénom que je lui voyais, en tout cas son prénom actuel LORNA couplé au VENOM ("venin") causant sa mort est une nouvelle anagramme NOVEL ROMAN, comme j'essaie d'en caser dans chaque épisode.

  Je n'ai pu résister à la tentation d'introduire Jung dans l'affaire, puisqu'il était à Paris en 1902-03, un peu tard pour le rôle que je lui attribue en 1901, mais la stricte vérité historique n'est pas mon souci primordial.
  Je rappelle que sa carte d'étudiant était établie au nom de Charles Juing, dont les valeurs 66-61 semblent prémonitoires de sa mort, le 6/6/61.
  D'autant que "juing" est une ancienne orthographe de "juin", celle dont se souvient frère Laurent (à moins que ce ne soit une erreur du narrateur).

  Je crois avoir imaginé tout seul cette histoire d'une femme jouée aux dés, mais je crois avoir déjà lu des histoires similaires, avec d'autres jeux, sans pouvoir mieux préciser.
  Comme je le disais ici en 2009, je ne crois pas avoir connu en 1998 la trame du Mahabharata, une guerre entre les Pandavas et leurs cousins les Kauravas, qui, en trichant aux dés, ont gagné l'unique épouse commune aux 5 Pandavas, Draupadi (Débutant par D).
  J'étais parvenu à cette trame en voyant le journal grec TO BHMA dans un téléfilm adapté de Des jours et des nuits, le roman de Sinoué dont Jung est un personnage, ce qui m'avait rappelé une exégèse sur les noms des Pandavas, dont le premier est Bhima.
  Très bizarrement, mon programme de TV donnait pour résumé du téléfilm celui d'un autre téléfilm, où l'un des personnages se nomme Noël Morvan. Deux de mes anagrammes NOVEL ROMAN prévues en 1998, et que je vais réutiliser, sont NOEL NAVROM et MORVAN LEON.