6.7.19

l'oeil vert nous espionne


  16 juin. Des points sur mon compte PM venant bientôt à expiration, j'ai décidé de faire une commande. Rien ne s'imposant actuellement, j'ai pensé à Eric Verteuil, alias Bernier-Maridat, au coeur d'une série de coïncidences dans les années 2000... Comme les pages que j'y avais consacrées ont disparu avec mon site sfr, et que, jugeant assez sévèrement certains de mes écrits de cette époque, je n'ai pas tout remis en ligne, voici pour commencer l'essentiel d'une page de 2005, intitulée
5 = 13 – 8

  Au début de 2003, les Dix Mots de la semaine francophone m'ont paru cerner un curieux événement qui nous était arrivé peu avant, le 27 novembre 02 au km 8 des 13 km de la D8 entre Valensole et Gréoux, à mon ami Jean-Pierre Le Goff (auteur du fameux Cachet de la poste) et à moi : alors que je venais d’évoquer le nombre d’or, Le Goff me dit qu’il venait de voir un panneau NOMBRE D’OR au bord de la route, en pleine campagne, et c’était exact. Nous devions découvrir par la suite qu’il s’agissait du nom d’une maison cachée dans les arbres d’une colline dominant la route, baptisée Ayguelune par son constructeur et récemment renommée Nombre d’or par ses nouveaux propriétaires. J'ai tiré des multiples coïncidences entre les "10 mots de Queneau" et cette affaire un petit texte paru dans Florilège #110, dans un cahier spécial "Dix mots".
  J’ai d’abord pensé que l’appellation "Nombre d’or" se rapportait à la situation de la propriété entre Valensole et Gréoux, à 8 km de l’un et 5 de l’autre, 5, 8 et 13 étant des nombres de la suite de Fibonacci dont le rapport de deux termes consécutifs tend optimalement vers le nombre d’or. C’est en fait un hasard, et le nom de la maison vient de ce que ses proportions ont été effectivement choisies en rapport d’or. De fait, lorsque je suis venu la visiter, sans avoir apporté de décamètre, j’en ai évalué les dimensions en comptant les planches du revêtement extérieur, 56 en largeur et 91 en longueur, soit 8 et 13 fois sept.

  Attendu que les nombres 8 et 13 apparaissaient à d’autres reprises dans l’affaire, j'ai eu la curiosité de regarder quels étaient les textes 8 et 13 du cahier, qui étaient d'Alain BERNIER et Roger MARIDAT, dont les noms ne me disaient rien, et les textes pas plus. Ils avaient néanmoins un point commun. Parmi les 33 textes du cahier spécial, 15 émanaient de membres de la liste Oulipo par laquelle j’avais appris ce projet de publication de Florilège, et 18 d’auteurs inconnus de moi : parmi ces 18 seuls Bernier et Maridat avaient signé plusieurs textes, respectivement 2 et 4, de rangs 8 et 30 pour Bernier, 13-18-19-22 pour Maridat.

  Le Goff était venu dans ma région pour achever une série de voyages « allé à Thouars », qui l’avaient  mené à Thoires (21), puis à Thouars (79), et enfin à Thoard (04), non loin de chez moi. Une recherche internet sur "nombre d’or" et "Moreau", le constructeur de la maison, nous a menés au château de Thoiry, construit pour le trésorier royal Raoul Moreau par Philibert de l’Orme, auteur d’un traité d’architecture mentionnant la "divine proportion".
  La boucle de Thoires à Thoiry suffit à Le Goff pour décider une intervention à Thoiry le 29 mars 03, et je descendis à Paris quelques jours plus tôt. Chez un soldeur parisien, je vis une cassette des Maîtres du mystère intitulée Les demoiselles de Douarnenez, que j'ai prise pour offrir à un copain parisien fan de Simenon (lequel a écrit Les demoiselles de Concarneau).
  Mais je n’y pensais plus lorsque je l’ai rencontré, et j'ai oublié la cassette au fond de mon sac, où elle a côtoyé des exemplaires de Florilège destinés aux participants de l'intervention à Thoiry. Je l'ai exhumée rentré chez moi, eu la curiosité de la regarder de plus près, et découvert que les auteurs de cette dramatique étaient Alain BERNIER et Roger MARIDAT.
  Lorsque j’en ai parlé à Le Goff, celui-ci m’a appris qu’il était natif de Douarnenez.

Note de 2019: On peut écouter sur YT cet épisode de 1972 des Maîtres du mystère.

  Je suis repassé ensuite en 2003 à diverses reprises par cette D8, en vélo ou en auto, 3 ou 4 fois environ, sans rien de notable à signaler.
  Et puis en 2004, pour la première fois de cette année, le samedi 24 avril, une balade en vélo m'a de nouveau conduit de Valensole à Gréoux, par la D8, avec une petite surprise : une course cycliste se déroulait au même moment ; c’était une étape du Tour PACA, effectuant une boucle autour de Gréoux par de petites routes et ne nécessitant pas l’arrêt de la circulation des autres véhicules. Venant de Puymoisson, je rejoignis à Valensole la course qui venait d’Allemagne(-en-Provence), et le dernier concurrent me dépassa au km 8 de la D8, au niveau de "Nombre d’or".
  Il y avait là une belle coïncidence, la section d’or 8 des 13 km de Valensole à Gréoux se trouvant soulignée par cette chevauchée de concert, mais elle n’était qu’un élément de ce qui devait se révéler le soir même lorsque je revins chez moi et consultai mon courrier électronique.
  Je suis depuis longtemps membre de l’association polar 813, laquelle édite une revue trimestrielle et dont un membre porté sur les technologies modernes avait créé depuis peu une liste électronique, rejointe par une centaine de "treiziens".
  J’avais dans ma boîte un message de la liste 813 intitulé [lectures] Concarneau et Douarnenez..., ce qui m’évoqua aussitôt Bernier et Maridat (leurs Demoiselles et celles de Simenon). Le message émanait d’un membre spécialisé dans le polar breton, et semblait en fait n’avoir aucun rapport avec Bernier, Maridat, ou Simenon. Il y était question de nouveautés chez les éditeurs bretons, CHILI-CONCARNEAU de Stéphane Jaffrézic, sans commentaires, puis LA VOIX DANS RAMA de Jean-François Coatmeur, qui se passe à Douarnenez. Je commençais à me rabattre sur le lot de consolation de ce "Concarneau et Douarnenez" pouvant évoquer Bernier-Maridat lorsque je découvris un 3e livre recommandé par ce lecteur, PIEGES DANS LE GOLFE d'Alain BERNIER & Roger MARIDAT !!!

  Ce golfe est celui du Morbihan, alors que Concarneau et Douarnenez sont dans le Finistère, ainsi l’intitulé du message n’avait bien rien à voir avec Bernier-Maridat, mais le message les concernait néanmoins, et il ne commentait que ces trois livres (Pièges dans le Golfe se passe du côté de La Trinité/mer!).
  Je m’étais renseigné sur Bernier-Maridat après la coïncidence des Demoiselles de Douarnenez, et j’avais découvert qu’ils avaient jadis écrit une flopée de polars au Fleuve Noir, sous le pseudonyme Eric Verteuil. J’avais cru comprendre que cette activité polardeuse était terminée, qu’ils se limitaient maintenant à des textes poétiques (Bernier est né en 1922, Maridat n’est guère plus jeune), et ce nouveau polar était une surprise.

  Autre coïncidence, le flic de Chili-Concarneau était l’inspecteur Moreau, le nom du constructeur de "Nombre d’or".

  Dans un numéro récent, en juin 03, la revue 813 avait publié une nouvelle intitulée Treize cent huit, pastiche de Lupin dans lequel Arsène déchiffrait l’énigme 1308 livrant le secret de la cache de l’or des Templiers : il fallait lire « 13 sans 8 », soit 13 – 8 = 5.

  Le titre de Bernier-Maridat, Pièges dans le Golfe, m’évoquait Le Goff.

  Golfe ou Legof est encore l’anagramme de Folge, « suite » en allemand, et cette histoire n’était effectivement pas finie.
  Je ne crois pas être repassé plus d’une fois par cette D8 jusqu’au 29 mai 2005, où je fis le trajet en voiture, avec le vélo dans le coffre. Surprise en arrivant à Valensole, des gens en tenue orange réglant la circulation, des groupes de cyclistes avec des dossards… J’étais encore en pleine course, pour la première fois depuis celle du 24 avril 04… Dans les mêmes conditions, la circulation des voitures demeurant possible. Je me suis demandé si je n’allais pas doubler le peloton de tête au niveau de "Nombre d’or"…
  Ce ne fut pas le cas, cette course annuelle des Boucles du Verdon étant ouverte à tous, au rythme de chacun, mais il se passa néanmoins quelque chose de notable à ce point fatidique. D’abord je vis que les propriétaires avaient remplacé le grand panneau "NOMBRE D’OR", écrit en palimpseste sur le panneau "Ayguelune" de Moreau, par deux panneaux plus discrets, de part et d’autre du chemin de terre menant à la maison, puis que les organisateurs de la course avaient fixé juste en dessous d’un de ces panneaux leur panneau annonçant l’arrivée à 5 km.
  Il ne m’avait pas été simple de décréter que "Nombre d’or" se trouvait à 5 km de Gréoux. Une carte routière indique bien 13 km de Valensole à Gréoux, mais à partir de quels points dans les deux villages ? Je passe sur les diverses justifications de mon partage 8-5, peut-être influencé par mes désirs, en tout cas plus proche de la réalité que 7-6 ou 9-4, et voici que la distance souhaitée était officialisée avec une exactitude inespérée !  

  A mon premier passage le 27/11/2 à "Nombre d’or" je ramenais Le Goff à la gare Aix-TGV, où j’étais venu le chercher la veille pour l’intervention à Thoard. J’en avais profité ensuite pour faire en vélo le tour des bouquinistes d’Aix-en-Provence.
  C’est un plan similaire qui m’avait fait conduire le matin du 24/5/5 ma compagne à Aix-TGV, et mon après-midi à Aix n’avait pas été stérile. Depuis l’affaire des Demoiselles de Douarnenez début 2003 je m’intéressais à tout ce qui pouvait être signé Bernier-Maridat, Verteuil ou Berma, leurs pseudonymes, mais je n’en ai jamais trouvé, malgré une attention éveillée à chaque fois que j’apercevais des romans de la collection Spécial-Police.
  Jusqu’à ce 24/5/5 où je découvris dans un casier d’un bouquiniste d’Aix Achève monsieur Seguin, d’Eric Verteuil, Spécial-Police # 1576.
  Je n’ai pas été pressé de dévorer ce roman, légèrement échaudé par ce que j’avais pu entendre ou lire jusqu’alors du tandem, mais son format réduit était idéal pour mes projets du dimanche 29/5/5. Ma compagne arrivait à 19 h 12 à Aix-TGV, et j’avais prévu de passer l’après-midi à faire le tour en vélo de la chaîne de l’Estaque, avec une petite trempette dans la Méditerranée (le Golfe du Lion) si le temps s’y prêtait, ce qui fut le cas.
  J’avais donc emmené Achève monsieur Seguin, que j’avais donc à portée de la main au moment où je passais devant les panneaux superposés "Nombre d’or" et "Arrivée 5 km". Il se trouve que monsieur Moreau, le constructeur doré, élevait des chèvres mohair dans sa propriété.

  Depuis j’ai lu Achève monsieur Seguin, et je n’y ai rien trouvé de notable, pas plus que dans Pièges dans le Golfe, Les Demoiselles de Douarnenez, ou les petits textes de Florilège. Il semble que ce soient uniquement les titres de Bernier-Maridat qui fassent sens (pour moi du moins), et je ne peux que constater l’association quasi inéluctable de chaque épisode "Nombre d’or" avec un improbable écrit de ce tandem peu connu. Je remarque encore que les quatre épisodes concernés sont datés de millésimes successifs :
– 27/11/2 : premier passage à "Nombre d’or", donnant lieu au texte paru dans Florilège où je remarque les textes de Bernier et Maridat, sans soupçonner de rapport entre ces deux auteurs.
– 29/3/3 : intervention à Thoiry, où une succession de hasards fait que la cassette d’une pièce radiophonique de Bernier-Maridat de 1972 se trouve côtoyer dans mon sac les exemplaires de Florilège destinés aux participants.
– 24/4/4 : le jour où je "participe" à une course cycliste de Valensole à "Nombre d’or", un stupéfiant hasard m’apprend que Bernier-Maridat viennent de sortir un nouveau roman.
– 29/5/5 : alors que j’ai avec moi mon premier Bernier-Maridat écrit sous pseudo (en 1980), une autre course officialise le partage doré 8-5 des 13 km de la D8.
 
  Je n’ai pas repris ici les coïncidences annexes, pour mieux souligner la curieuse gémellité des trois dernières dates, 3/3, 4/4, 5/5 ; pour la première, bien des numérologues pratiqueraient la « réduction » de 11 à 2 (1+1), mais son côté Bernier-Maridat n’a été révélé qu’à la parution de Florilège le 15 mars 03.

  La dernière journée du 29 mai a été marquée par une autre formidable bizarrerie, telle qu’il me semble utile de préciser que je n’entends nullement en proposer une quelconque interprétation, pas plus que des coïncidences précédentes d’ailleurs, mais ces coïncidences étaient à l’évidence liées à mon univers privé, alors que celle-ci est offerte à tous, et a évidemment attiré l’attention de tous ceux qui s’intéressent au nombre d’or.
  Ce 29 mai se tenait donc certain référendum, avec le résultat que l’on sait.
 Le soir, je regardais les résultats en zappant d’une chaîne à l’autre, et j’aperçus sur FR3 le score des Bouches-du-Rhône, 61,8 % NON, 38,2 % OUI, en rapport d’or idéal à ce niveau de précision. J’ai acheté le lendemain La Marseillaise pour avoir les chiffres en détail, à savoir :
806 447 suffrages exprimés
498 410 NON
308 037 OUI
  Le rapport des NON aux suffrages exprimés est 0.618032, alors que la section d’or arrondie à 6 décimales est 0.618034. Idéalement, la section d’or de 806 447 serait 498 411.6, mais il est absurde à ce niveau d’imaginer que le changement de vote d’1 ou 2 électeurs aurait améliORé ce taux, car il doit bien y avoir quelques erreurs dans ces décomptes.

  Quelques jours plus tard le Ministère de l’Intérieur donnait les résultats officiels, validés par le conseil constitutionnel :
806 453 suffrages exprimés
498 413 NON
308 040 OUI
  Le rapport des NON aux suffrages exprimés n’est « plus » que 0.618031, ce qui représente tout de même une approximation à moins de 5 millionièmes du nombre d’or. Le nombre de NON idéal aurait été 498 415, mais la remarque ci-dessus me semble toujours valable.
  De nombreuses personnes ont pu voir cela, notamment les autochtones de ce département particulièrement concerné par le nombre d’or. La Cité Radieuse du Corbusier est à Marseille, où sévissent aussi les éditions Chalagam spécialisées dans la question.
  Pour ma part, j’ai passé la majeure partie de ce jour référendaire dans ce département, le 13, et quelques kilomètres avant d’y entrer des circonstances objectives me semblaient actualiser la position d’or de « Nombre d’or » parmi les 13 km de Valensole à Gréoux.
 En me documentant ensuite sur la course, je vis que La Provence de la veille, du 28 mai, annonçait : BOUCLES DU VERDON : ILS VOTENT TOUS « OUI ».
  Dans mon département, le 04, la commune de plus de mille habitants dont le vote a le mieux approché l’idéal d’or est Valensole, avec 906 NON sur 1471 suffrages exprimés ; l’idéal aurait été 909.
 Le NON est massivement allé à Thoard, avec 270 adeptes sur 364 suffrages exprimés.
Rémi Schulz, le 5 juin 05

  C'était donc le corps de la page de 2005, mot pour mot. Elle se poursuivait par un volume comparable de remarques diverses que j'oublie ici.


  J'avais vu dans le billet Belletto de janvier un personnage né le 6 juin 1966, sans qu'il soit souligné le schématisme 6/6/66. J'ai rencontré un autre personnage né le 6/6/66, le diabolique Zerevan Zebek dans Le huitième jour, de John Case (2002), emprunté le 15 juin à la médiathèque de Volx. Cette facétie n'est pas non plus soulignée dans le roman, où Zebek est un Yézidi qui a fraudé pour se faire reconnaître Grand Imam de la secte, afin de disposer des fonds nécessaires à une entreprise maléfique.
  Ce n'est qu'en achevant ce livre le 19 juin qu'il m'est revenu que j'avais utilisé cette date du 6/6/66, en suggérant à la fin de Sous les pans du bizarre que mon roman avait été écrit du 6/6/66 au 9/9/99. La dernière date était presque exacte, puisque j'ai achevé le 7 septembre le seul chapitre qui me faisait problème, Irène Lapnus, et découvert que ce jour était la Ste Reine, anagramme d'Irène.
  Les morts du roman ont lieu à des dates jumelées, la dernière étant le 6/6/99.

  J'ai ajouté une note le 19 juin au billet Belletto, et vu que j'achevais ce billet avec les noms Reine et Irène rencontrés dans des circonstances similaires chez Belletto.
  Je n'avais pas encore rencontré la mention du 6/6/66 lorsque j'ai fait ma commande Verteuil, et lorsqu'elle est arrivée le 20 juin j'ai vu qu'un des 10 titres commandés était L'affaire du collier d'Irène.
  Je l'ai lu aussitôt, et je n'ai rien à en dire.

  Le lendemain, j'ai lu Carine et châtiment, dont le premier chapitre montre Carine commettre une première manipulation, âgée de 13 ans, au mois de juillet. Le second chapitre mène 8 ans plus tard, toujours au mois de juillet, et la suite du récit est dans la continuité. Alors que le titre de ma page originale était 5=13-8, Verteuil réalise ici l'opération 21=13+8.

  Le 22, ce fut le tour de La mémoire rongée, le second titre de Verteuil au Fleuve Noir, paru dans la collection Angoisse. Je l'ai lu en grande partie pendant une balade.
  Isabelle Marnay rencontre au bois de Boulogne quelqu'un qui prétend la reconnaître, et lui donne des détails sur un séjour qu'elle a fait à Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône, avant son mariage. Le mot "renard" m'étant important (voir l'affaire DARREN ERRAND), je me suis promis de regarder dès que possible si cette commune existait.
  La journée a été très occupée, et je n'ai pu ouvrir mon ordi que le soir. J'ai commencé par regarder mon courrier, et ai été éberlué de ce mèl de FaceBook:
CHATEAURENARD et 13 autres groupes font partie des nouvelles suggestions de groupes pour vous
  Parmi les 14 groupes suggérés 4 concernaient Châteaurenard, commune de 15 000 âmes, proche d'Avignon, code postal 13160. Je sais bien qu'il suffit de taper quelques mots sur un clavier pour être assailli de spams divers en rapport avec ces mots, mais précisément je suis certain de ne pas avoir fait de recherche "châteaurenard" avant l'arrivée de ce mèl FB. C'est au point de se demander si le flicage n'est pas passé au stade supérieur avec le décodage à la source des ondes cérébrales...

  Réfléchir sur la question m'a conduit à une hypothèse. Je me suis inscrit en janvier dernier à un groupe FB sur Rennes-le-Château, et les algorithmes FB pourraient déceler des analogies entre Rennes et Renard... La coïncidence serait donc essentiellement temporelle, et je ne peux d'ailleurs assurer n'avoir reçu d'autre invitation antérieure à un groupe Châteaurenard, ce qui n'aurait eu aucune raison de retenir mon attention avant ce 22 juin. Les autres propositions de groupes du 22 juin étaient liées à d'autres groupes auxquels je suis abonné, et je n'ai pas souvenir de propositions de groupes non liées à mon compte FB.
  Je viens de recevoir un autre mèl de FaceBook
Devinettes et petits jeux oulipiens et 13 autres groupes font partie des nouvelles suggestions de groupes pour vous
qui me fait penser que tous les courriers de ce type proposent 14 groupes, selon cette forme 1+13. La nature de ces autres groupes confirme ce que j'envisageais: ils dépendent uniquement des groupes auxquels je suis déjà abonné.

  Je n'ai pour l'instant pas grand-chose à ajouter sur les Verteuil, sinon que La balle au petit lit blanc a le numéro 1358 dans la collection Spécial-Police. Si j'avais intitulé la page Bernier-Maridat 5=13-8, c'est que les nombres 1-3-5-8 avaient joué un rôle important pour moi en 2005, notamment sous la forme 51-83, qui est  le partage doré de la gématrie 134 d'ARSENELUPIN et l'angle d'or 51,83°, l'angle dont le cosinus est phi. Sans le savoir, j'avais réalisé ce partage 51-83 avec mon personnage Irène Lapnus dans Sous les pans du bizarre (voir supra), et c'est le 13 avril (13/4) que je me suis avisé qu'il correspondait au partage voyelles/consonnes AEIOU/LNRST magnifié dans Alphabets.

  J'ai lu assez récemment (il y a 2 ou 3 ans) un autre thriller de John Case, pseudo de Jim et Carolyn Hougan, les auteurs du Huitième jour où il y a un personnage né le 6/6/66. J'avais d'ailleurs acheté ce livre à Aix, dans le 13, comme mon premier Verteuil.
  J'avais conservé à portée de main ce Syndrome, leur roman précédent (2001), car il y avait des éléments intéressants, notamment un 4 avril. Ceci n'avait alors pas été suffisant pour en parler, mais une relecture s'est imposée, fructueuse.
  Le roman a une belle construction, faisant d'abord découvrir le psy de Washington Jeff Duran, lequel n'a que deux clients, Henrik De Groot et Nicole Sullivan, que le lecteur suit en Floride où elle assassine un vieillard avec un fusil de précision.
  Nicole se suicide, et sa soeur Adrienne veut faire un procès à Duran, mais le détective qu'elle engage découvre des choses ahurissantes. Jeffrey Duran n'existe pas, il porte l'identité d'un garçon mort en bas âge le 4 avril 70 (une date déjà rencontrée). On ne découvre aucune trace de lui dans les universités qu'il assure avoir fréquentées, mais il est de si bonne foi que le détecteur de mensonges ne peut le prendre en défaut.
  Adrienne emmène Jeff à New York voir un spécialiste, Raymond Shaw, Ray pour ses amis. Je ne crois pas m'être souvenu à première lecture que c'était le nom du Manchurian Candidate, le soldat revenu de Corée en héros, si populaire qu'on envisage sa candidature à la vice-présidence, mais Raymond Shaw a subi un lavage de cerveau, et est programmé pour tuer le président. En français, c'est Un crime dans la tête, roman de Richard Condon et film de John Frankenheimer (1962) dont j'avais parlé en 2012.

  Chez John Case, Ray Shaw découvre que Duran a un implant dans la tête. Une fois l'implant ôté, et sa personnalité fictive déprogrammée, la personnalité originelle revient par bribes, et Duran était en fait Lew (Lewis) McBride, universitaire qui passait pour mort.
  Trois ans après la parution de Syndrome est sorti un remake de Un crime dans la tête, avec Liev Schreiber dans le rôle de Raymond Shaw. Liev et Lew sont deux formes slaves de "lion" (même si Lewis n'a aucun rapport). Par ailleurs je rapproche volontiers ray de rey, "roi" (même si Raymond n'a aucun rapport), et bien sûr "lion" de "roi".
  Quelques années plus tard ce fut Homeland, ressemblant bien plus à Un crime dans la tête qu'à la série israélienne dont la série US est censée s'inspirer. L'individu manipulé, Brody, a comme dans le remake été reprogrammé par les islamistes, et il est aussi pressenti à la vice-présidence. Il est interprété par Damian LEWIS...

  Retour à Syndrome, où Adrienne s'avise que le petit objet qu'elle avait trouvé dans les cendres de sa soeur est un implant identique à celui de Lewis McBride. Elle s'étonne qu'un implant et une programmation annexe ait pu transformer sa soeur en une tueuse, mais Ray Shaw lui révèle que l'hypnose permet de lever toutes les barrières pourvu de savoir s'y prendre.
  Il lui cite le cas du Danois Palle Hardrup, lequel a commis des holdups à main armée dans les années 50, et tué un gardien, en état de suggestion hypnotique.
  Ceci m'a éberlué, pour deux raisons. D'abord, il y avait également dans Au bout... la mort, le premier Verteuil publié au Fleuve Noir, une énumération de divers cas d'hypnose criminelle, et je me souvenais que l'un d'eux concernait un pays scandinave. Il s'agit en fait de l'affaire Sala, qui s'est passée en Suède en 1936 (voir ici). La page citée précédemment envisage que l'hypnotiseur qui dirigeait Palle s'était inspiré de l'affaire Sala.

  Ensuite Nielsen, l'hypnotiseur qui dirigeait Palle, l'avait convaincu qu'il suivait les ordres de Dieu, lequel se manifestait à lui par la lettre X. Je n'avais pas pris garde à ceci à première lecture, et c'est très proche de ce qui se passe dans L'adversaire de Queen (1963), où John Henry Walt agit sous l'emprise de Y, pour Yahweh, le Dieu de l'Ancien Testament, mais ceci va un peu plus loin car Y est une autre personnalité de Walt.
  J'en ai parlé à maintes reprises, dernièrement ici., dans le contexte d'un polar norvégien où le tueur agit aussi au nom de Dieu. J'en ai parlé souvent car Queen, ou plutôt Dannay délivré de son cousin Lee qui freinait ses ambitions métaphysiques, s'est libéré dans ce roman où Dieu est l'assassin, et dans le suivant, Et le huitième jour..., se passant pendant la semaine sainte de 1944 dans une étrange communauté où se rejouent la passion et la résurrection.
  Le 4/4/44 est l'un des 8 chapitres de ce roman, et je suis donc frappé de trouver un autre 4/4 dans Syndrome de John Case, alors que son roman suivant a précisément été Le huitième jour, dans lequel un individu diabolique est né le 6/6/66. Il me semble imaginable que les Hougan aient choisi leur pseudonyme d'initiales JC pour leur premier roman, Genesis, où une faction de religieux oeuvre à ressusciter le Christ à partir de l'ADN du Suaire de Turin.
   C'est le 4/4/70 qu'est mort le vrai Jeff Duran dans Syndrome, et Queen a assassiné dans La dernière femme de sa vie un certain John Benedict III, charpentier (!), le 29 mars 70, dimanche de Pâques, dans un contexte multiplement trinitaire (il est enterré le 3 avril).

  Si la lettre X était le symbole permettant à Nielsen d'exercer son emprise sur Palle, le signe déclenchant l'état second de Raymond Shaw dans les premières versions de Un crime dans la tête était la dame de carreau, laquelle a été emblématique au début de la série Ellery Queen, en couverture des éditions originales des six premiers romans.

  Il n'y a pas seulement un 4/4 dans Syndrome, il y a aussi Kussnacht, Young, et le mandala...
  C'est à Küsnacht, faubourg au sud de Zurich, qu'habitait Jung (Bollingen étant non loin de là). J'ai d'abord imaginé que c'était une erreur, mais il se trouve que Küssnacht existe aussi, ville de 13000 âmes, bien plus loin de Zurich. Il est difficile de savoir à laquelle pensait John Case, car il situe Kussnacht au nord de Zurich, à partir de laquelle les héros prennent un tramway pour Kussnacht, où se situe l'Institut abritant les responsables du programme de manipulation des cerveaux.

  Jeff Duran confronté à sa non-existence se rend compte que ses souvenirs sont factices, sans rapport avec les souvenirs "eidétiques", terme employé par Ernst Young à propos de Proust. J'ai cherché vainement qui pourrait être cet Ernst Young, la toile étant encombrée par Ernst & Young, l'un des plus importants cabinets d'audit financier du monde.
  Ironiquement, le sigle du cabinet est EY, alors qu'un psychiatre et philosophe apprécié des verbicrucistes est Henri Ey.

  Les séances entre Duran et ses seuls deux patients sont assez cocasses, tous ayant des personnalités fabriquées. Il revient dans les propos de De Groot le mot "mandala", et Duran se renseignant dans les ouvrages spécialisés apprend que les mandalas sont des hallucinations fréquentes chez les schizophrènes qui trouvent dans la stricte symétrie de ces symboles une espèce d'ordre et d'équilibre qui n'existe pas dans leur esprit. Jung était-il schizo? lui qui écrivait
Je savais que j'avais atteint, avec le mandala, l'expression du Soi, la découverte ultime à laquelle il me serait donné de parvenir.

  L'ironie de l'affaire est que le blason de Küssnacht est un mandala, résolument quaternitaire, comme d'ailleurs le drapeau suisse (une croix d'argent sur gueules).
  En fait, ce n'était pas "mandala" qui revenait dans le délire de De Groot, mais Mandela, car la prochaine cible de l'Institut était Nelson Mandela, et Adrienne et Lew parviennent de justesse à déjouer l'attentat préparé par De Groot.


  Question  quaternité, ce billet se trouve être le 284e du blog, 284 qui est 4 fois 71, valeur de BERNIER. En pensant à Quand Harry rencontre Sally, j'ai d'abord trouvé Quand Bernier inspire Maridat, de valeur 284, et puis Verteuil et l'affaire du groupe Châteaurenard suggéré par Face Book m'ont conduit à
L'oeil vert nous espionne (= 284 encore),
avec en arrière-pensées l'oeil plutôt rouge de HAL (CARL dans la version française de 2001 l'odyssée de l'espace), et la complémentarité vert-rouge qui était chère à Le Goff.

note: si John Case convoque Proust, çoeur dp me rappelle que Berma, pseudo de Bernier-Maridat formé par leurs premières syllabes, évoque "la Berma", tragédienne de La recherche, et que VER-TEUIL semble composé à partir de la salonnière VER-durin et du compositeur vin-TEUIL.



30.6.19

déconcertante quinte essence


  Je reviens à une affaire déjà évoquée à deux reprises, d'abord sur Blogruz en 2008, puis sur Quaternité en 2010.
  Cette affaire des Patriarches m'est très significative. J'ai commencé à étudier l'hébreu et la Bible en 1985, et un certain don numéral m'a permis d'envisager des relations entre les nombres rencontrés. Il m'est difficile de décrire l'état où je me trouvais alors, plongé nuit et jour dans l'étude, m'aidant de l'informatique pour creuser les pistes ouvertes. Je croyais découvrir de divins mystères, et il me semble avoir envisagé de me convertir au Judaïsme...
  Et puis un brin de raison a repris le dessus, grâce à cette affaire des Patriarches qui était too much. Les relations entre les âges des Patriarches semblaient en harmonie avec les valeurs de leurs noms, alors que l'alphabet numéral a été adopté tardivement par les Hébreux. S'il est toujours possible d'envisager d'ultimes modifications du texte biblique utilisant cet alphabet numéral, le nom même d'Eber est au coeur de ces relations, un nom qu'on ne peut imaginer forgé au dernier moment puisqu'il est l'ancêtre éponyme des Hébreux.
  Ces relations mettaient en oeuvre quaternité et quintessence, deux concepts qui m'étaient déjà essentiels, et je me suis demandé s'il n'y avait pas une relation de type synchronistique entre ces concepts et mes découvertes. En d'autres termes, mes préoccupations intimes n'étaient-elles pas inscrites dans le texte biblique, écrit 2000 ans plus tôt?
  Idée délirante, bien sûr, mais la synchronicité implique un certain affranchissement de la causalité, notamment des concepts de temps et d'espace. Jusqu'à quel point?
  Vers 1988, j'ai titré une étude La Bible miroir, mais je n'en retrouve plus le texte...

  Toujours est-il qu'on ne peut avancer pareille idée sans de sérieux arguments, et voici d'abord, avec quelques coupures, ce que j'écrivais en 2008.

  La Tora, le Pentateuque, débute par la création du monde et s'achève sur la mort de Moïse. Moïse meurt à 120 ans, est-il précisé, et la Tora donne également les durées de vie de tous ses ancêtres paternels, jusqu'à Adam, or très peu d'autres personnages bibliques (5 dans la Tora) ont droit à cette précision. J'ai eu la curiosité d'additionner les âges de ces 26 patriarches d'Adam à Moïse, ce qui donne 12600 ans, résultat étonnamment rond au vu de l'hétérogénéité des nombres de la liste (cliquer ci-dessus pour voir un tableau réalisé jadis).
  Lorsque j'ai découvert ceci voici plus de 20 ans, j'ai d'abord été étonné de n'en trouver mention nulle part, tant il m'avait semblé aller de soi d'additionner ces âges. Mes investigations m'ont mené à comparer la liste biblique à la liste des règnes des rois de Sumer, offrant de nombreux points communs, règnes très longs avant le Déluge, décroissant ensuite jusqu'à des périodes raisonnables.
  L'âge le plus "babylonien" de la liste est les 600 ans de Sem, premier patriarche après le Déluge, en harmonie immédiate avec les 1200 ans de règne du roi babylonien correspondant.
  Sem mis à part, il reste 25 patriarches vivant en tout 12000 ans, soit une moyenne d'exactement 480 ans pour ces 25.
  600 et 480, ce sont 5 et 4 fois 120 ans, le dernier âge de la liste, celui de Moïse demeuré dans la tradition juive l'âge idéal que seuls quelques sages auraient ensuite atteint, mais jamais dépassé.
  Les nombres 1, 4 et 5 constituent un ensemble symbolique important, particulièrement dans le Pentateuque formé du livre de la Genèse et des 4 livres de l'Exode, la Genèse débutant par la création de l'Eden d'où jaillit une source se partageant en 4 fleuves, l'Exode étant marqué par la disposition en 4 camps des tribus autour du Tabernacle, etc. Bref, je me suis demandé quel était le patriarche approchant au mieux la vie moyenne de 480 ans, et c'est sans conteste Eber, avec ses 464 ans, quatrième patriarche après le Déluge.

  Ici débutent les réelles bizarreries, car ces noms Sem et Eber ont en hébreu des valeurs numériques traditionnelles, calculées en additionnant les valeurs des lettres dans le système numéral alphabétique propre à cette langue, et ces valeurs sont 340 et 272, soit 5 et 4 fois 68 (valeur du mot hayim, "vie").
  Selon une translittération immédiate dans notre alphabet, les noms originaux hébreux deviennent
- SM = 300+40 = 340
- OBR = 70+2+200 = 272
or, selon la même translittération, les noms hébreux des nombres "cinq" et "quatre" sont HMS et ARBO, et une même transformation permet d'obtenir les noms précédents, en supprimant les lettres initiales, donnant MS et RBO qu'il suffit de lire à rebours pour retrouver SM et OBR, les noms de valeurs en rapport 5/4 des patriarches de vies en rapport 5/4...
...ou presque, mais un approfondissement sortant du cadre de cette brève présentation permettrait de trouver un sens aux exacts 464 ans d'Eber.
  Je le donne aujourd'hui. Les nombres ont un genre en hébreu, et la forme féminine de "cinq" est HMSH de valeur 353, la forme masculine de "quatre" étant ARBO de valeur 273, or
600 x 273 / 353 = 464,02...

  Sem et Eber peuvent être considérés comme les patriarches postdiluviens les plus importants avant l'arrivée d'Abraham, non pour leurs actions, leurs vies se résumant comme pour les autres patriarches à l'âge d'engendrement du patriarche suivant, mais parce qu'ils sont à l'origine des mots "Sémite" et "Hébreu".
  Sem et Eber sont réunis par une tradition rabbinique qui les voit avoir enseigné la Tora à Jacob. C'est de fait leur longévité qui autorise cette tradition, puisque seuls Sem et Eber étaient encore vivants à la naissance de Jacob. Une autre tradition énonce qu'ils ne dorment pas dans l'autre monde, mais continuent à y étudier la Tora...

  Je n'ai jamais cessé de m'intéresser à cette question, j'ai lu divers ouvrages savants sur la chronologie des Patriarches, puis est venue la possibilité de recherches exhaustives en ligne, mais les 12600 ans des Patriarches n'ont amené de réponse qu'en 2007, avec une étude de Jeremy Northcote parue dans une revue savante.
  Son résumé relie les 12600 ans des patriarches à la base 60 de la numération babylonienne. Il y est question d'un état antérieur de cette chronologie, basé sur 12000 ans, mais ce n'est qu'il y a peu que j'ai pu lire cette étude, maintenant accessible en ligne.
  Je sais donc maintenant que selon Northcote, ces 12000 ans n'ont rien à voir avec mes 12000 ans obtenus en écartant les 600 ans de Sem. Au plus bref, il y a trois sources principales du Pentateuque, le texte massorétique, la traduction grecque des Septante, et le Pentateuque samaritain, le texte qui avait droit de cité dans le royaume de Samarie, après la scission d'Israël en deux états, Juda et Samarie.
  Il y a des divergences sur les âges des Patriarches dans ces textes.
  Northcote tente de rétablir les dates originelles les plus probables selon des critères rationnels, et parvient à un total de 11889 ans pour les 22 patriarches d'Adam à Jacob, un nombre qui ne devient significatif que si on y ajoute les 110 ans de Joseph, le fils de Jacob le plus important pour Samarie, obtenant ainsi 11999 qu'il arrondit à 12000.
  Les dates auraient ensuite été modifiées, pour qu'aucun patriarche ne mourût après le Déluge dans le Pentateuque Samaritain, pour obtenir le nombre rond 12600 dans le texte massorétique, peut-être en écho aux 1260 jours de la prophétie de Daniel. 
  Je n'y insiste pas, ce que je retiens de cette étude étant l'apparition d'un 12000 sans rapport avec celui obtenu en écartant Sem de la liste, et l'idée d'une coupure après Joseph, fils de Jacob.

  L'étude des Patriarches m'a conduit à un autre résultat ahurissant. En prenant les 16 Patriarches postdiluviens, de Sem à Moïse, de SM à MSH, on obtient pour somme de leurs gématries le total 5568, soit 16 fois 348, valeur de "cinq", HMS.
  J'ai donné plus haut un tableau avec les noms hébreux des Patriarches et leurs valeurs numériques, en utilisant le nom usuel Jacob pour le fils d'Isaac. Cependant, Jacob est rebaptisé Israël en Gn 32,29, assorti de l'injonction "Jacob ne sera plus ton nom, mais Israël." Une prescription analogue a bien été respectée pour Abram rebaptisé Abraham, en revanche Jacob reste Jacob dans la suite du récit.
  C'est donc en obéissant au décret divin qu'on parvient à ces 16 noms de valeur 5568 ou 16 fois 348, valeur de "cinq", HMS, 16 noms de Sem à Moïse, doublement en rapport avec "cinq", car Sem vit 5 fois les 120 ans de Moïse, et les lettres de  SM et MSH sont contenues dans les deux formes de "cinq", HMS et HMSH.
  Ces 16 noms comptent 58 lettres, or 5568 est aussi un multiple de 58, 58 fois 96. Voici une autre forme du premier tableau, limitée aux translittérations des 16 noms (avec Israël remplaçant Jacob), avec leurs valeurs selon l'alphabet numéral hébreu.

SM        340    Sem
ARPKSD    605    Arpakshad
SLH       338    Shelah
OBR       272    Eber
PLG       113    Peleg
ROW       276    Réou
SRWG      509    Seroug
NHWR      264    Nahor
TRH       608    Terah
ABRHM     248    Abraham
HQ      208    Isaac
YSRAL     541    Israël (Jacob)
LWY        46    Levi
QHT       505    Qehat
OMRM      350    Amram
MSH       345    Moïse

  L'idée de regarder ce qui se passe aux quatre cinquièmes de cette liste amène à de superbes harmonies.
16 x 4 : 5 = 12,8, ce qui mène au 13e patriarche, Levi, or les 13 noms de Sem à Levi ont 48 lettres, et totalisent
4368 = 13 fois 336 = 48 fois 91, et
4368 est encore 16 fois 273, valeur de ARBO, "quatre", ainsi, aux 4/5es de cet ensemble correspondant à 16 fois "cinq" apparaît 16 fois "quatre"...
  Ce n'est pas fini, car le reliquat, les 3 derniers noms, de Qehat à Moïse, ont 10 lettres, et totalisent
1200 = 3 fois 400 = 10 fois 120.

  Indépendamment de mon obsession personnelle 4-5, on a donc un ensemble cohérent de noms de gématrie totale multiple du nombre de noms comme du nombre de lettres composant ces noms, et cet ensemble se répartit en deux sous-ensembles offrant la même propriété. D'aucuns assèneraient que c'est trop cohérent pour ne pas être intentionnel, mais tout ce que l'on sait de l'histoire du texte biblique dément des intentions aussi sophistiquées.
  Je n'y insiste pas, observant néanmoins que rien ne s'oppose à ce que les 12600 ans des 26 patriarches de la Tora aient été intentionnels, mais l'intrication avec les impossibles harmonies gématriques pose d'insolubles doutes.

  Aujourd'hui j'ai de nouvelles remarques à ajouter. Je ne m'intéressais guère à la suite de Fibonacci il y a 30 ans, et le couple "quatre-cinq" en hébreu y fait étrangement résonance, notamment sous la forme ARBO-HMSH vue plus haut.
ARBO = 273 = 13x21 (souvent mentionné sur Quaternité)
Les rangs des lettres composant HMSH sont 4 nombres de Fibonacci, 8-13-21-5.
  J'ai rencontré le nombre 10920, soit 5x8x13x21, pour 2 groupes de 3 versets consécutifs de l'Exode, peut-être les seuls groupes de 3 versets consécutifs offrant les mêmes nombres de lettres dans toute la Bible.
  Je n'ai pas alors souligné que 2 et 3 sont les Fibos précédant 5-8-13-21, ce qui permettrait d'écrire quelque chose comme
2 x 3 (versets) = 5x8x13x21 (x1x1) gématriquement, rappelant ma découverte de janvier 2015,
ONE+ONE+TWO+THREE+FIVE+EIGHT = 273 = 13x21
THIRTEEN+TWENTYONE = 240 = 1x1x2x3x5x8

  J'ai identifié ici les 2 groupes de 3 versets consécutifs de l'Exode, en indiquant que j'avais rencontré la valeur 5460, moitié de 10920, dans un contexte remarquable.
  Les chapitre 2-3 des Nombres décrivent le campement des 12 tribus dans le désert, en 4 camps aux 4 points cardinaux, chacun comptant trois tribus.
  Au centre il y a la tente du Tabernacle, autour de laquelle sont installées les 4 familles de Lévites, également aux 4 points cardinaux.
  Les noms des 12 tribus et des 4 clans lévites (les 3 fils de Lévi et la famille d'Aaron) totalisent la valeur 5460, soit 20 fois 273, "quatre", et le nombre 273 apparaît précisément juste après la description de ce campement, car il y a 22000 Lévites, et 22273 premiers-nés des 12 tribus. Dieu ordonne que pour chacun des 273 premiers-nés en excédent soient payés 5 sicles aux Lévites, soit 1365 sicles en tout.
  La réalité de cet épisode et des nombres avancés est tout aussi douteuse que les âges des Patriarches, aussi peut-on penser que ce 273 est un nombre symbolique, sans qu'il soit loisible de le rapporter à la gématrie, l'adoption de l'alphabet numéral ayant été tardive. Peut-être faut-il décomposer ce nombre en ses facteurs, 3 comme les 3 fils de Lévi, 3e fils de Jacob, 7 comme la semaine (ou comme les 7 fils de Gad, 7e fils de Jacob, la valeur de Gad étant 7), 13 comme les tribus...

  Quoi qu'il en soit, la relation qu'on peut voir ensuite entre 273 et "quatre" amène de formidables harmonies, dont toute l'intrication me semble accrue aujourd'hui.
- Ces nombres 273 et 1365 scellent l'alliance entre les 12 tribus profanes et la 13e tribu des prêtres, alliance peut-être soulignée par l'installation des 16 campements, selon un plan 4 fois 4, or les noms de ces camps ont pour valeur 5460 = 4 fois 1365.
- Les noms des 16 camps de valeur 20 fois "quatre" (=80) trouvent ainsi une homologation avec les 16 Patriarches de valeur 16 fois "cinq", 80 encore, l'âge de Moïse lorsqu'il a reçu la mission de faire sortir les Hébreux d'Egypte.
- Si l'alliance scellée entre les 13 tribus est associée au nombre 20 fois "quatre", les 13 noms de Sem à Lévi totalisent la valeur 16 fois "quatre".
- Les noms des 16 chefs de camps sont aussi donnés dans ces chapitres 2-3 des Nombres, et la valeur totale de leurs noms est 4416, soit 16 fois 276, les 4/5es de la valeur de Moïse, 345.
- 276 est aussi la valeur du 16e Patriarche, Réou, et 276+345 fournit la même somme que 273+348, "quatre"+"cinq".
- J'avais eu la curiosité de calculer les écarts des âges des Patriarches par rapport aux plus proches multiples de 120. Il y a 2 écarts nuls, pour Sem et Moïse, 12 écarts positifs et 12 négatifs qui dans chaque cas totalisent 345, soit la valeur de Moïse, qui vit précisément 120 ans.
- Le nom de Moïse, 26e Patriarche, MSH, se renverse en HSM, "Le Nom", qui est la désignation du Tétragramme YHWH, de valeur 26, qu'il est interdit de prononcer. Ce mot est souvent représenté par l'apocope H, la lettre de valeur 5.

  On pourrait aller plus loin, mais l'apparente cohérence de ces résultats resterait ininterprétable, ne pouvant être reliée à des intentions des rédacteurs bibliques.

31.5.19

suis-je arithmo-maniaque 13-21 ?


  Un billet de transition consacré à des lucioles, des coïncidences isolées comme les nomme Patrick Bléron, par opposition aux constellations, les coïncidences en réseau.

  Je viens d'apprendre que l'astronomie officielle comptait 88 constellations, le nombre 88 ayant récemment fait l'objet d'une constellation de coïncidences, avec notamment les couples d'opposés
NOIR  BLANC = 56+32 = 88
LOVE  HATE  = 54 +34 = 88
OUI      NON  = 45 + 43 = 88
  Je citais précisément dans ce billet Mallarmé (via PEETERS=88),
Tu remarquas, on n'écrit pas, lumineusement, sur champ obscur, l'alphabet des astres, seul, ainsi s'indique, ébauché ou interrompu; l'homme poursuit noir sur blanc.
  Cher STEPHANE (=88), tu verrais qu'aujourd'hui l'alphabet des constellations n'est plus le seul à s'écrire lumineusement sur champ obscur, témoin par exemple ce blog en cyan sur noir.

  Le 18 mai, un passage à la médiathèque de Volx m'a fait emprunter Le livre des morts de Glenn Cooper (2009, 2010 pour la traduction française). J'avais feuilleté le roman à sa parution, et n'avais pas été emballé par son thème, la découverte d'une bibliothèque de 700 000 livres manuscrits contenant les dates de naissance et de mort de tous les humains de 782 à 2027...
  Depuis, j'ai lu deux thrillers de Glenn Cooper, Le secret du Graal et Le livre de la croix, et les ai plutôt appréciés, et ça m'a rendu curieux de son premier succès, ensuite exploité en une trilogie.

  Il y a des trouvailles amusantes. Ainsi la Zone 51 aurait été créée précisément pour abriter le secret de cette bibliothèque, dont le contenu a été informatisé et est utilisé dans des conditions des plus strictes. Le personnel de la base est trié sur le volet et étroitement surveillé, cependant un programmeur, Mark Shackleton, réussit à détourner une partie du fichier, celle concernant les USA actuels, et la revend pour 5 millions de dollars à une compagnie d'assurance...
  Par ailleurs, il nourrit un vieux ressentiment à l'égard d'un condisciple de fac, Will Piper, devenu un enquêteur célèbre du FBI. Ceci le conduit à l'affronter en créant le "Tueur de l'Apocalypse". Le 18 mai 2009, il expédie 6 courriers à des habitants de New York. Chaque enveloppe ne contient qu'un carton de 5 pouces sur 3, avec un cercueil stylisé et une date proche (le 22 ou le 25 mars). Les 6 destinataires meurent aux dates indiquées, et le FBI met son meilleur enquêteur sur l'affaire...

  Ceci m'est déjà évocateur. J'ai un certain faible pour les cartons énigmatiques envoyés aux victimes avant leurs morts. J'avais utilisé le procédé avec parcimonie dans Sous les pans du bizarre, et ad nauseam dans Novel Roman, avec les cartons AMOR-N (ou LOVE-N) envoyés aux héritiers Monlorné peu avant leurs morts, régies par une loi arithmétique.
  Ceci était présent dès le projet de 1998, et j'y ai repensé en découvrant Le dernier homme bon, roman de 2010 que je n'ai lu qu'en 2012. Des personnes meurent mystérieusement dans les mêmes conditions, tous les vendredis de 2009. Comme dans Le livre des morts, les morts semblent inéluctables.
  Il y a d'ailleurs dans ce roman quelque chose d'étonnamment proche de Novel Roman. Après la première série de 6 morts en mai, d'autres courriers sont envoyés. Will Piper et une autre enquêtrice décident de passer la journée fatidique avec Clive Robertson, dont la mort a été annoncée le 11 juin.
  C'est un pianiste noir de 66 ans, et il les régale en jouant pour eux jusqu'à 11 h du soir. On commence à imaginer avoir déjoué les plans du Tueur de l'Apocalypse, mais soudain Robertson  s'effondre, mort sur le coup. L'autopsie ne trouve aucune cause probante pour sa mort.

  Après les 6 premières victimes du Tueur des Anagrammes dans Novel Roman, les enquêteurs en savent assez pour identifier les prochaines victimes et tenter de les protéger, toujours sans succès. Certaines victimes meurent pour des causes bien précises, mais d'autres non, et c'est le cas pour le numéro 12 de la liste, le compositeur Marvel Noon, dont la mort est programmée le 20 mars 1908.
  Les enquêteurs vont à Vienne (Isère) pour passer la journée avec lui, et Noon achève la soirée en les régalant de l'exécution au piano de l'Art de la fugue. On imagine avoir déjoué les plans du tueur lorsque résonne le premier coup de minuit, mais Noon s'effondre au douzième, mort sur le coup. L'autopsie ne trouve aucune cause probante pour sa mort.
  Je certifie n'avoir pas lu Le livre des morts avant de rédiger ce chapitre l'an dernier, l'épisode ayant d'ailleurs été planifié dès 1998. La mort de Clive Robertson est la seule à laquelle Will Piper assiste en direct.

  Il y a une curiosité liée à mon emprunt de ce roman le 18 mai 2019, ma lecture débutée le jour même m'ayant vite conduit au 18 mai 2009, la date où sont expédiés les premiers présages de mort. Le 18 mai est d'abord pour moi l'anniversaire de ma compagne Anne, devenue mon épouse en 2014. Elle a eu 62 ans en 2009, 72 en 2019, 62 et 72 m'évoquant
ARSENE LUPIN = 62 72,
et 6272, valeur du sonnet Vocalisations de Perec, et nombre de jours vécus par Jung du 4/4/44 à sa mort, alors qu'il avait vécu 4 fois 6272 jours de sa naissance au 4/4/44.

  Peu après le 18 mai 2009 s'est passée une affaire hallucinante, où interviennent les 22 et 25 mai, et le 11 juin:
- le 20 mai, petite section d'or de l'année, j'ai découvert lors d'une balade une pierre dont une face correspondait presque idéalement à un rectangle d'or. J'y suis retourné le 22 avec un rectangle de tissu de 55x89 cm (Fibonacci) pour prendre cette photo.
- le soir de ce 22 mai, j'apprenais la publication d'un recueil de nouvelles auquel j'avais participé, avec un texte basé sur une stèle au format d'or.
- je reçus le livre le 25 mai, c'était le numéro 34 d'une collection de l'éditeur, Philippe Marlin.
- ce même 25 mai, j'avais au même courrier le numéro 21 de la revue Fleur de lune, éditée par mes amis BD, où figurait pour le première fois ma signature. C'était une surprise.
- 21 et 34 sont des nombres de Fibonacci, et je me suis avisé peu après que dans le même temps était parue la BLO numéro 13, un recueil de textes de membres de la liste oulipo en hommage à l'un des leurs, en l'occurrence Jacques Perry-Salkow, pour ses 50 ans le 11 juin 2009, mais le volume imprimé à 1 exemplaire lui fut remis le 22 mai. Jacques est aussi pianiste de jazz, comme le fictif Clive mort ce même 11 juin 2009.
- Parce que 13-21-34 sont des nombres de Fibonacci, j'avais acheté quelques années plus tôt les numéros 13-21-34 de la revue Planète, dans un petit lot proposé dans un vide-greniers. J'eus la surprise de découvrir le nom de Philippe Marlin, l'éditeur du numéro 34 de l'OdS en 2009, dans le numéro 34 de Planète, paru 42 ans plus tôt.

  Je passe à autre chose, avec un livre découvert dans les casiers récemment installés à l'hôpital de Manosque, Le mystère de l'arche sacrée de Michael Byrnes (2009, 2010 pour la traduction française, comme Le livre des morts de Glenn Cooper). Tiens, cette couverture offre un effet "tunnel de lumière" proche de la couverture de Glenn Cooper donnée supra.
  Encore un auteur de thrillers ésotériques dont j'ignorais l'existence, comme Adam Blake découvert récemment à la médiathèque de Volx. Tiens, Adam Blake et Michael Byrnes sont mentionnés à la même page (248) de l'étude de Philippe Marlin et Lauric Guillaud, Le polar ésotérique.
  Ce n'est pas le seul point commun. L'évangile des assassins de Blake était prolongé par Le code du démon, que j'ai ensuite commandé et lu, alors que Le mystère de l'arche sacrée est la suite du Secret du dixième tombeau, que je ne suis pas pressé de lire.
ADAM BLAKE = 19 31 est un nom doré, de même que
MICHAEL BYRNES = 51 83.

  En bref la généticienne Charlotte Hennessey a reçu dans le précédent livre de l'ADN du Christ, ce qui lui confère les mêmes pouvoirs que lui. Par ailleurs Aaron Cohen, descendant du grand-prêtre Aaron, projette de provoquer l'Apocalypse en détruisant la mosquée du Mont du Temple, à Jérusalem. Sa lignée protégeait l'Arche d'Alliance, cachée en Egypte, et qui était de fait d'origine égyptienne...
  Cohen kidnappe Charlotte, la seule au monde capable de manipuler l'Arche, mais elle fait échouer ses plans, aidée par un agent du Mossad, Enoch Blum... Tout ça, comme on le devine, remonte à une machination de Nefertiti...

  J'avais déjà remarqué l'anagramme ENOCH-COHEN ("initié"-"prêtre", mais le jeu n'est pas valide en hébreu).
  51-83 n'est pas seulement le partage d'or de 134, valeur d'ARSENE LUPIN, il évoque aussi l'angle 51,83° dont le cosinus est le nombre d'or, 0,618..., l'angle que les nombrilistes voient avoir présidé à la construction de Khéops, et c'est au moins amusant de trouver ces valeurs 51 83 pour un auteur imaginant le Dieu unique être né en Egypte.
  Un nombriliste acharné est d'ailleurs
GARY MEISNER = 51 83,
webmestre du site Goldennumber qui expose d'intéressantes trouvailles. J'ai commenté ici ses analyses des fresques de la Sixtine, mais son étude du site de Gizeh mérite aussi mention.

  Le mystère de l'arche sacrée compte 94 chapitres. La section d'or de 94 est 58, et le chapitre 58 est précisément celui où Charlotte est mise en présence de l'Arche. Son dernier paragraphe est
C'est l'heure du grand show. Très lentement, Charlotte abaissa son bras vers le couvercle d'or.
Aucun autre chapitre ne s'achève sur "or", mais je me garde bien d'imaginer que ceci ait été calculé.

  Lors de mes déambulations en médiathèque, j'ai remarqué le 25 mai le titre La chaise numéro 14, étant sensible aux titres contenant des nombres. J'ai feuilleté ce roman de Fabienne Juhel et ses 34 chapitres (Fibonacci!) ont emporté la décision.
  C'est l'histoire d'une fille tondue à la Libération, tondue en public sur une chaise du restaurant de son père, une chaise n° 14, appellation réelle d'une chaise très répandue, parce qu'elle est composée de 6 pièces de bois et de 8 vis, 6+8=14.
  Maria Salaün n'accepte pas sa punition pour avoir aimé un officier allemand. Elle choisit 6 personnes qu'elle juge responsables de sa tonte, et va s'installer tour à tour devant elles, assise sur la chaise de son supplice, jusqu'à obtenir leur pardon.
  Maria Salaün est dite arithmomaniaque, ce qui signifie qu'elle décide de tout à partir de nombres et de calculs. Je remarque que son nom est doré,
MARIA SALAUN = 42 68,
ces nombres étant des doubles de nombres de Fibonacci, appartenant à ce que Jean-Claude Pérez a baptisé la suite Pérez-pair, j'y reviendrai plus loin.
  Je remarque ensuite que le titre du roman permet ce découpage
LACHAISE NUMERO 14 = 58 86 14 = 158.

  Ceci est immédiatement évocateur pour l'amateur de numérologie bachienne, car selon l'alphabet utilisé pour ces calculs, son nom complet est
JOHANN SEBASTIAN BACH = 58 86 14 = 158.
  Il est au moins partagé par tous les exégètes que Bach n'a pas par hasard construit son Art de la fugue en 14 Contrepoints, le thème BACH apparaissant dans le Contrepoint 14 et étant exposé en 14 mesures. On soupçonne aussi que Bach, sollicité depuis plusieurs années par Mizler pour rejoindre sa société musicale, a attendu 1747 pour y occuper le fauteuil numéro 14...
  La proximité des lectures du Livre des morts et de La chaise numéro 14 m'amène à aborder un point particulièrement dérangeant des recherches de Van Houten et Kasberger sur les nombres bachiens. Si on multiplie les 3 nombres composant le nom de Bach, on obtient
58x86x14 = 69832, un nombre composé des mêmes chiffres que le nombre de jours entiers vécus par Bach entre sa naissance le 21 mars 1685 et sa mort le 28 juillet 1750, soit 23869 jours.
  Un ajustement serait peut-être nécessaire car les Hollandais semblent avoir compté un jour de trop (peut-être en considérant 1700 comme bissextile), et ce logiciel donne 23869 jours du 21 mars 1685 compris au 28 juillet 1750 non compris. Il ne faudrait donc pas parler de jours entiers, mais d'une mort survenue 23869 jours après la naissance.
  Il y a un problème plus grave, qui n'est d'ailleurs pas éludé par les Hollandais. Il semble bien que la date de naissance de Bach soit julienne, et qu'elle corresponde donc au 1er avril grégorien. Les Hollandais décrètent que, si c'était bien le cas, Bach aurait "estimé la chose peu déterminante pour son ouvrage symbolique". Ce problème expliquerait pourquoi Bach n'a exploité cette relation que dans une seule composition.

  Leur analyse, occupant les pages 183 à 189 de Bach et le nombre, est en ligne sur Googlebooks à partir de la page 184.
  Page 183, il est souligné que les nombres ne sont pas seulement composés des mêmes chiffres, ils peuvent s'écrire
238 69
et   69 832,
69 étant le symbole de l'écrevisse, et 238 comme 832 étant des "nombres bachiens", 1.238 (a.bch) et 832.1 (hcb.a), l'un étant l'écrevisse de l'autre. La chaise N 14 peut aussi être répartie en 1 pièce cannée, 2 pieds semblables, 3 autres pièces de bois, et 8 vis.
  C'est dans les Inventions que Bach aurait magnifié cette relation, les 15 Inventions à 2 voix et les 15 Inventions à 3 voix ou Sinfonies dans les mêmes tonalités. Les Hollandais disposent les 30 nombres de mesures de ces pièces en un cercle, et constatent:
- la 23e pièce, la Sinfonie n° 8, a 23 mesures;
- d'une part, à partir de ce double 23, on a 20 pièces totalisant 869 mesures;
- il reste 3 pièces de l'autre part, dont les nombres de mesures, 35-33-72, fournissent par réduction novénaire 8-6-9;
- toujours à partir du double 23, on trouve les produits 86.9 et 8.69, et les Hollandais donnent des interprétations des nombres résiduels.

  Les nombres de mesures des Inventions et Sinfonies exprimeraient déjà des tas d'autres choses. Ainsi les Sinfonies dans les tonalités B.a.c.h totalisent 158 mesures, valeur de Johann Sebastian Bach, et leur total 544 se découpe remarquablement en les 8 mots de l'épitaphe de Christian Rosencreutz, comme j'ai été conduit à le rappeler récemment.
  Les Hollandais proposent aussi une analyse des 488 mesures des Inventions, "confirmant" leurs assertions sur la connaissance de Bach de sa date de mort et son rapport avec Rosencreutz.

  Tout ceci est étonnant, mais ne saurait démontrer ces assertions extravagantes, et il est d'ailleurs aisé de montrer qu'il est peu probable que Bach ait eu des intentions numérologiques couvrant l'ensemble des Inventions, car il existe des variantes pour certaines de ces pièces, avec des nombres de mesures différents, ce qui semble peu compatible avec un projet d'ensemble.
  Est-ce à dire que toutes les relations vues chez Bach par les Hollandais et d'autres ne reflètent que leur ingéniosité à jouer avec les chiffres, et qu'ils découvriraient des constructions analogues dans n'importe quelle série de nombres tirés au hasard dans des fourchettes comparables? Je ne crois pas. La vérité est ailleurs, au-delà du dicible peut-être.

  Je suis peu doué pour la discussion philosophique, et voici ce que je peux ajouter à mon niveau d'arithmomaniaque, comme dit Fabienne Juhel.
  Etant amplement convaincu qu'il n'y a aucune limite logique aux relations bachiennes, je me suis demandé quelle était la valeur de 23869 écrit en français, et selon l'alphabet actuel,
vingt trois mille huit cent soixante neuf = 457,
or je venais de voir ce nombre en jonglant avec les résultats des Hollandais. Si on considère leur vision de 23869 comme 23 de la 23e pièce, et 8.69 (552) des 18 pièces adjacentes, les 11 pièces restantes totalisent 457 mesures. Je suis parvenu très facilement à ce résultat, mais n'en déduis pas que Bach savait parfaitement qu'un de ses exégètes les plus raisonnables serait français...

  Ce découpage de 23869 en 23-8-69 m'a fait remarquer que 69 est le triple de 23, et qu'il y a 4 pièces de 23 mesures parmi les 30 Inventions. Le 8 pourrait s'appliquer aux pièces immédiatement adjacentes de part et d'autre de ces 4 "23", soit
- Invention n° 7 en mi mineur, 23 + 96;
- Invention n° 11 en sol mineur, 23 + 53;
- Sinfonie n° 4 en ré mineur, 23 + 63;
- Sinfonie n° 8 en Fa majeur, 23 + 79.
  Il n'y a que 4 possibilités de partager ces groupes en 3+1, et celle laissant de côté 23+53 conduit à 69+238 (ou 238+69) pour les autres groupes.
  Si les Hollandais avaient vu cela, je ne doute pas qu'ils auraient trouvé une excellente raison de mettre à part l'Invention n° 11, et qu'ils auraient remarqué que les additions donnent
- 238+69 = 307, souvent interprété comme l'année de naissance de Bach dans l'ère rosicrucienne (1378+307=1685);
- 53+23 = 76 = 2.1.38 (B.a.ch).

  La parfaite adéquation du produit des éléments du nom Johann Sebastian Bach avec sa durée de vie (éventuelle, en jours) m'a rappelé que j'ai envisagé le mois dernier quelque chose de proche dans Quatre quarts au carré, Carl!
  Etant donné que CARL JUNG = 34 52, le produit 34.52=1768 peut rappeler que Jung avait 68 ans lors de son accident cardiaque de 1944, et qu'il a pu vivre 17 ans de plus après une guérison qui aurait coûté la vie à son médecin.
  Le rapprochement avec Bach m'a conduit à étudier ce que devenait le nom de Jung selon la gématrie "bachienne", utilisant l'alphabet latin de 23 lettres (I-J confondus, de même que U-V-W), ou l'alphabet Schwenter de 24 lettres (W distinct de U-V). On a dans les deux cas
CARL JUNG = 32 49, or 32 et 49 sont des facteurs de la période de 6272 jours, la période unitaire du motif 4-1 de la vie de Jung, qui a vécu 4 fois 6272 jours (et 16 heures) de sa naissance au 4/4/44 à midi, et ensuite 6272 jours (et 4 heures), jusqu'à sa mort.
  J'avais remarqué dans ce contexte quaternitaire du 4/4/44 que CARL comme JUNG ont 4 lettres, et un arithmomaniaque averti pourrait aisément justifier des opérations telles que
4.CARL.JUNG = 4.32.49 = 6272, ou
4.CARL.4.JUNG = 4.32.4.49 = 4.6272, le nombre de jours vécus par Jung jusqu'au 4/4/44.

  J'attache une grande importance au couple
HAEMMERLI/JUNG = 84/52 = 21/13 (Fibonacci).
  Que devient ce couple selon l'alphabet latin ou Schwenter?
HAEMMERLI/JUNG =80/49, deux nombres en rapport doré qui m'évoquent aussitôt Bach. Le 21 mars de sa naissance est le 80e jour de l'année, et le 28 juillet de sa mort se situe 129 jours plus tard (80+49). Je trouve fabuleux que le Credo de la Messe BWV 232 fasse apparaître ces 3 nombres 129-80-49 successivement. Dans son état final, le texte du Credo est réparti en 7 pièces:
– 129 mesures de deux pièces de chœurs (45+84);
– 80 mesures d’une aria en duo;
– 233 mesures de trois pièces de chœurs (49+53+131);
– 144 mesures d’une aria en solo.
  Les deux couples choeurs/aria 129/80 et 233/144 (Fibonacci) sont dorés, mais cette architecture n'était pas présente dans l'état antérieur du Credo où le Et incarnatus est en 49 mesures n'existait pas. Le texte faisait partie de l'aria précédente en 80 mesures, que Bach a réécrite en adaptant le texte tronqué à la musique existante. Les Hollandais ne manquent pas de supposer que cette transformation de 80 en 129 (80+49) a trait à la naissance et à la mort de Bach, mais ils ne soulignent pas la présence d'un 129 immédiatement antérieur, et le nombre d'or ne fait pas partie de leurs préoccupations.

  Si les anglo-saxons ont opté pour la forme Carl Jung, le second prénom qui fait partie intégrante du nom original livre dans l'alphabet latin ou Schwenter
CARL GUSTAV JUNG = 32+85+49 = 166, la même valeur que
JOHANN SEBASTIAN BACH = 62+90+14 dans l'alphabet d'aujourd'hui...

  Finalement, le rapprochement entre Le livre des morts et La chaise numéro 14 dépasse la luciole, au point de se demander si la date prédite pour la mort de Jung n'aurait pas été le 4/4/44, et s'il n'aurait pas contrecarré le destin...
  Je rappelle la carte d'étudiant en France de Jung, étrangement devenu
CHARLES JUING = 66 61, pouvant annoncer sa mort le 6/6/61.

  A propos de ma lecture le 18 mai 2019 du Livre des morts où le Tueur de l'Apocalypse débute son action le 18 mai 2009, j'ai vécu un cas similaire le 18 mai 2008, avec Le lac d'or où figurait la date du 18 mai 2004, sans doute pas par hasard car c'est l'anniversaire de l'auteur, qui avait ce jour 61 ans, comme Anne le 18 mai 08.
  Tiens, ce roman m'avait fait évoquer Bach, car il y était enquêté sur le meurtre d'une femme habitant 41 rue Clisson, rue où il y a un trompe-l'oeil montrant un peintre en train de copier le portrait de Bach effectué lors de son accession à la chaise numéro 14 de la société Mizler.

  L'auteur(e) de La chaise numéro 14, se disant arithmomaniaque comme son héroïne, est
FABIENNE JUHEL = 56+56 = 112.
  J'ai signalé à maintes reprises que
6272 = 56.112, mais je me suis intéressé aussi aux courriers 56 et 112 du Cachet de la poste, du regretté JPLG, dans le billet même où je mentionnais la suite Pérez-pair, à laquelle appartient le couple 42-68 de l'héroïne de Fabienne Juhel. Le courrier 112 de JPLG a sa propre autoréférence, involontaire, et fait par ailleurs référence à son courrier 68.

  Il y a quelques mois, j'ai lu les romans de Javier Sierra traduits en français, et vu dans Le secret égyptien de Napoléon (2002, 2003 pour la traduction française) l'idée que Jésus aurait été initié au secret de la résurrection en Egypte. Napoléon aurait reçu la même initiation dans la nuit du 12 au 13 août 1799, juste avant ses 30 ans (le 15 août), au coeur de la pyramide de Khéops.
  La même idée est présente dans Le mystère de l'arche sacrée de Michael Byrnes, dont le nom a pour valeurs 51-83, évoquant l'angle dit "de Khéops".
  Le thème d'un Napoléon immortel est présent aussi dans les romans de John Barth où il est aussi question du nombre d'or, Chimera et Letters.

  J'ai aussi lu de Sierra La dame en bleu, tournant autour de deux curiosités, le cas de soeur Maria d'Agreda, laquelle aurait évangélisé des tribus indiennes sans quitter son couvent espagnol, et l'affaire du chronoviseur, machine permettant de prendre des photos dans le passé.
  Voici une photo de Jésus prise par le chronoviseur... La luciole est que cette affaire me semblait si ridicule que je l'avais utilisée dans une nouvelle satirique, où j'avais imaginé le chronoviseur inventé par un certain Luca Fellin (anagramme de Fulcanelli laissant deviner deux noms de cinéastes).
  Or les inventeurs supposés du chronoviseur sont 4 moines qui dans le roman se désignent entre eux par les noms des 4 évangélistes, le principal étant frère Luca (Luc dans la traduction française).

  Le 18 mai où j'ai emprunté Le livre des morts de Cooper à Volx, j'ai aussi emprunté Requiem de Luc Fivet (2008). L'harmonie musicale reposerait sur un secret initiatique, et ceux qui le transgressent s'exposent au châtiment suprême... C'est agréable à lire, mais peut-être pas à la hauteur de ses ambitions...
  Pour ce qui m'importe, il y est question de la manie 14 de Bach et de son adhésion au fauteuil 14 de la société Mizler. Je remarque
FIVET COOPER = 62 72.

  Un roman d'un autre Cooper, Edmund, Pygmalion 2113, se termine le 31/12/2113.

  A peu près à la même date, un passage au rayon livres d'un hypermarché m'a fait remarquer un livre retourné, son prix ainsi apparent alertant mes neurones d'arithmomaniaque.
  Avec les 5% de l'hyper, le prix éditeur est devenu 13€21, et ceci m'a fait acheter un livre dont le nom de l'auteur m'aurait fait fuir en d'autres circonstances.
  Christian Jacq, et une enquête de l'inspecteur Higgins, un de ces livres dont je me demande comment on peut les écrire, comment on peut les éditer, et comment on peut les lire, mais certains les lisent puisque, après en avoir écrit ou coécrit 44 tomes sous la signature JB Livingstone, Jacq a entrepris de les rééditer sous son nom avec des nouveautés.
  Le prix n'aurait sans doute pas été suffisant pour me décider si le livre n'avait eu pour titre Jack l'Eventreur: le retour, car le premier crime de la série canonique a été commis le 31 août 1888, le 21/13 du calendrier pataphysique.
  Comme dans d'autres resucées de l'affaire, un meurtrier s'applique à répéter les meurtres de l'illustre prédécesseur, aux mêmes dates. Les suspects reflètent aussi les différents suspects de 1888, notamment un nommé Sitachenko, homologue d'un certain Pedachenko un immigré russe dont l'existence n'est guère établie, mais j'imagine que c'est ce Pedachenko qui est à l'origine du personnage de Pakho dans Le décorateur d'Akounine, avatar de Jack l'Eventreur rencontré dans les circonstances les plus étranges.

  J'ai déjà eu affaire à Christian Jacq, lors de l'affaire du Pocket n° 13121 en septembre 2015, Deuils de miel de Franck Thilliez, en 21 et 13 chapitres + 1 épilogue. Ce numéro 13-1-21 m'a fait me demander quel était le Pocket n° 13211, et c'est Le Fils de la Lumière, second volet de la tétralogie Mozart de Christian Jacq, imaginant le compositeur avoir été initié au Nombre d'Or. Il est impossible de résumer tous les fils de cette affaire, laquelle m'a amené à vérifier que les thèses voyant Mozart avoir utilisé le nombre d'or reposent sur des arguments réels, et que son nom est doré selon l'alphabet Schwenter,
WOLFGANG AMADEUS / MOZART = 141/87 = 47/29,
29-47 étant dans la suite de Lucas les termes de mêmes ordres que 13-21 dans la suite de Fibonacci.

  Un secret recherché dans Requiem est la fin de la partition du Requiem, que Mozart aurait achevé... Cette fin était en possession du pianiste prodige Rémy Bonsecours, lequel revient pour un concert événement après 20 ans de silence, mais meurt sur scène. Il avait envoyé une invitation au critique musical Denis Augain, et a laissé des indices à son intention.
  Ceci m'a fortement rappelé L'enfer de Belletto, où, 8 ans après son retrait de la scène, le pianiste prodige Rainer Gottardt contacte le critique musical Michel Soler pour lui confier l'histoire de sa vie, en vue d'une biographie. Soler était particulièrement admiratif de son interprétation du Prélude et Fugue BWV 869 de Bach, comptant 170 mesures à l'exécution, or selon l'alphabet actuel
RAINER GOTTARDT = 65 + 105 = 170,
et il se trouve que deux autres ensembles du premier cahier du Clavier Bien Tempéré ont 65 et 105 mesures. Il n'est peut-être pas indifférent que Bach ait donné à son recueil couvrant les 24 tonalités un titre en 24 lettres, DAS WOHLTEMPERIRTE CLAVIER, et je m'ébahis de ce que les 3 ensembles de 65-105-170 mesures, 5 fois les nombres de Fibonacci 13-21-34, correspondent aux 3 R de ce titre.
  L'écriture de ce billet m'avait conduit à une autre trouvaille. Selon l'alphabet latin, le mot forgé par Bach,
WOHL TEMPERIRTE = 53 + 123,
correspond aux nombres des deux derniers ensembles, 53 et 123, les Prélude-Fugue 23 et 24 (sans les répétitions pour le Prélude de BWV 869). Je n'avais pas alors en tête le nombre de jours vécus par Bach, 23869 et il est assez confondant de pouvoir obtenir ce nombre par le numéro d'ordre dans le recueil du premier ensemble, 23, et le numéro BWV du second, 869 (selon une classification très récente).
  La vie de Bach aurait donc été bien tempérée...
  J'ajoute qu'il y a une grande analogie entre les deux recueils de 15 Inventions, à 2 et 3 voix, dans les mêmes tonalités, et les deux cahiers du Clavier Bien Tempéré, à 20 ans de distance.

  Et si  WOHL TEMPERIRTE = 176 selon l'alphabet latin, c'est aussi la valeur de CARL GUSTAV JUNG selon l'alphabet de 26 lettres, et le nombre de onzains du recueil Alphabets. Tout ça semble aussi bien tempéré...

  Je finis avec un autre nom de valeurs 65/105 (13/21) rencontré dans un livre de Samuel Delage, Arcanes Médicis (septembre 2018). J'ai parlé ici de ses deux romans précédents, Code salamandre où le trésor de François Ier est retrouvé à l'aide de gématrie et de nombre d'or, et Cabale Pyramidion où est retrouvée la pièce perdue couronnant Khéops, démontrant que les Egyptiens connaissaient le mètre. Il est encore question de Fibonacci dans ce roman...
  Pas grand-chose d'ésotérique dans Arcanes Médicis, polar se déroulant à la villa Médicis, où je n'ai réagi qu'au nom du meurtrier, le peintre Maxime Berthelot. Non seulement son nom est doré, et fibonaccien,
MAXIME / BERTHELOT = 65/105 = 13/21,
mais les découpages en voyelles/consonnes le sont aussi
AIE / EEO = 15/25 = 3/5,
MWM / BRTHLT = 50/80 = 5/8.
  Les nombres de lettres (2/3, 1/1, et 1/2) permettraient d'obtenir une gamme presque complète des rapports Fibo de 1/1 à 13/21 (manque 8/13).

20.4.19

dits pris du réel


  Il y a bien longtemps, j'écoutais souvent l'album 666 des Aphrodite's Child, et je n'ai jamais oublié le refrain d'une des chansons de cet évangile selon Vangelis, The four Horsemen;
The leading horse is white.
The second horse is red.
The third one is a black.
The last one is a green.
  Bien plus tard, lorsque je me suis intéressé à Vocalisations de Perec et à sa source Voyelles de Rimbaud, je me suis avisé que les couleurs des quatre premières voyelles correspondaient, dans le désordre, aux quatre cavaliers de l'Apocalypse, dans cette version du moins.
  Il a été depuis longtemps remarqué qu'il y avait des images apocalyptiques dans le dernier tercet de Rimbaud, avec le Suprême Clairon évoquant la trompette du jugement dernier, l'Oméga faisant pendant à l'Alpha ouvrant la série, les majuscules de Ses Yeux pouvant désigner Dieu.
  C'est quelque chose que je n'ai pas songé à exploiter plus avant, jusqu'au 7 novembre 2018 après que Robert Rapilly eut posté plusieurs poèmes inversés sur la liste oulipo, comme ce Desdichado en octobre. J'ai donc composé un sonnet en vers isocèles, reprenant plus ou moins l'ordre inverse de Rimbaud, révisé pour coller avec les quatre cavaliers.

d'yeux violets le rayon renversa Son silence,
l'oméga dans l'alpha l'ange dans l'indécence,
les sons de la trompette en un éclat furieux,
oeil de Dieu l'amiral là rima l'oeil de Dieu.

le dernier cavalier couleur des mers virides,
cycle passif vrombi par les studieuses rides.
le cheval précédent surgi des golfes d'ombre,
flamberge et déversant cette puanteur sombre.

le second destrier carmin des chaudes lèvres,
l'ivresse la colère au ton des rires mièvres.
le premier cavalier blanc comme les ombelles,
vapeur faisant crouler la tente des rebelles.

tel que le révélait l'apôtre entre tous Jean,
la voyelle se fit bleu vert noir rouge blanc.

  J'aurais volontiers vu à l'ensemble une gématrie multiple de 666, mais mon premier jet en était loin. Une légère modification m'a permis cependant de parvenir à 5772, soit 13 fois 444, nombre angélique paraît-il…

  Ceci n'est resté qu'un exercice parmi bien d'autres jusqu'à la réception du Viridis Candela du 15 mars dernier. La première de ses Nouvelles de Nulle Part, à la fin de la revue, est consacrée au roman Cosme de Guillaume Meurice, paru le 7 mars 2018.
  Meurice est un humoriste qu'on n'attend guère dans le domaine de l'exégèse littéraire, et de fait il s'agirait d'un livre co-écrit avec son ami Cosme Olvera, lequel aurait découvert en 1997 le "secret des Voyelles". La clé serait donc l'Apocalypse, avec les quatre cavaliers, l'Alpha et l'Oméga, le Suprême clairon, mais la réelle trouvaille originale est d'avoir trouvé par au moins trois fois le nombre 666 dans le sonnet, avec
- les trois "des" alignés aux vers 3-4-5, avec des "d" que Rimbaud trace sur le manuscrit autographe comme des 6 à l'envers, alors il suffit de le renverser pour avoir "666";
- un alignement analogue apparaît dans le dernier tercet;
- la triple présence de "vi" au vers 9,
vibrements divins des mers virides,
avec deux mots plus ou moins inventés, et il s'agirait donc d'un emploi conscient du nombre latin VI, "6";
- enfin le sonnet compterait 666 espaces typographiques, en prenant en compte les espaces et signes de ponctuation.

  J'ai d'abord vérifié à partir de cette version en ligne, et ça marchait, puis je me suis procuré Cosme, et j'ai appris que le compte 666 était obtenu d'une autre manière. Le dernier vers du sonnet est ordinairement donné
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
avec une espace après le tiret, mais Cosme le lit, d'après le manuscrit,
—O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !—
avec un tiret fermant, et sans espaces entre les tirets et le texte qu'ils encadrent. Pourquoi faire subir cette violence aux règles grammaticales, alors que la leçon usuelle, établie précisément selon ce manuscrit, fournit le "bon" compte, 666. La marque finale après le point d'exclamation finale est plutôt considérée comme démarquant le sonnet du paraphe A. Rimbaud, elle ne ressemble pas au tiret ouvrant, et, surtout, elle n'est pas collée au point d'exclamation, de même que le tiret ouvrant n'est pas collé au O.
  Le diable est dans les détails, dit-on...

  Il faudrait sans doute s'imaginer en 1997, et examiner toutes les éditions antérieures de Voyelles. Je n'ai ici que le Bouquins Rimbaud-Cros-Corbière-Lautréamont (1980). Le sonnet offrirait le total 666 malgré une évidente coquille, un point-virgule à la fin du vers 5, au lieu d'une virgule (ce point-virgule n'étant pas précédé d'une espace).

  Cosme est divisé en 6 parties, A-E-I-U-O-Y, introduites chacune par un sonnet, d'abord Voyelles, puis cinq sonnets de Cosme. La première partie montre Cosme au moment de sa découverte, en 1997, ayant subodoré qu'il y avait quelque chose à tirer du nombre d'espaces du sonnet, mais ne parvenant pas à vérifier son idée dans différentes éditions. Il décrète qu'il lui faut le manuscrit autographe, et arrive à se le procurer sur le web alors balbutiant, dans des circonstances épiques.
  Ce n'est guère vraisemblable puisque le manuscrit avait été souvent reproduit, notamment dans le numéro de Bizarre qui venait d'être mentionné figurant parmi ses livres...

  Les sept universitaires conviés sur le blog de Lauren Malka à donner leurs avis sur Cosme ne sont guère enthousiastes, c'est le moins qu'on puisse dire, mais ils n'ont guère poussé leur analyse, et la mienne m'a d'abord fait envisager un canular hénaurme.
  Puis j'ai découvert que Cosme avait un visage, et même la parole. Les deux compères ont présenté leur livre en public lors d'une longue entrevue disponible sur YouTube. On n'y apprend pas grand-chose, mais rien ne permet de douter qu'ils ne soient pas ce qu'ils prétendent, un chercheur marginal timide certain d'avoir trouvé la clé de Voyelles, un ami rencontré tardivement qu'il a convaincu. Par ailleurs, si mystification il y avait eu, elle aurait pu être dévoilée quelques mois plus tard, avant que l'événement ne soit complètement oublié.

  J'en viens à mes découvertes. Les sonnets de Cosme sont imprimés en Courier new, une police à chasse fixe qui permet en principe de compter facilement les espaces typographiques. Il suffit de mesurer la longueur de 10 espaces, puis de quelques calculs élémentaires...
...sauf qu'ici ça ne marche pas. Sans que je puisse l'expliquer, mais je ne suis pas professionnel de la composition, les caractères de chacun de ces sonnets ne sont pas alignés verticalement, comme le veut une police à chasse fixe. Pourtant le but visé était vraisemblablement d'inciter les lecteurs à de tels calculs, et ce n'est qu'une première anomalie.
  J'ai donc dû recopier les sonnets en police Courier new normale pour procéder aux comptages, en commençant par le dernier, car c'est dans la partie Y que Cosme révèle son interprétation de Voyelles. J'ai trouvé 606 espaces typographiques, ce qui pouvait éventuellement faire sens. Bref, j'ai procédé de même pour le sonnet précédent, et j'ai trouvé 636.
  Voyant que le sonnet précédent était plus dense, je l'ai aussi recopié, m'attendant à trouver 666 espaces typographiques. Non, c'était 663, mais j'ai vite compris qu'il y avait trois ligatures "œ", "œil" aux vers 1 et 3, "cœur" au vers 11, et il est facile d'imaginer que 666 était bien visé. Je précise que quand on écrit "oeil" avec un traitement de texte, le logiciel rectifie de lui-même "œil". Voici le sonnet tel qu'il se présente dans Cosme, sauf qu'ici les caractères sont parfaitement alignés verticalement, permettant de dénombrer 45-44-48-43-43-45-48-52-49-46-47-52-52-49 espaces, soit 663 en tout, 666 en "corrigeant" les vers 1-3-11. Le sonnet est intitulé Race humaine.

Nous avons l’esprit s’amenuisant à vue d’œil,
Il nous éclaire sur notre état létal latent.
Nous avons un autre œil, nombre le met en deuil,
Qui nous souvient à la machinerie du Temps.

Nous avons une aura, comme tout être à vue,
De ses larmes passées elle nous imbibe l’âme.
Nous n’avons qu’une vie, ses moissons d’imprévus
Et son heure de s’éteindre comme toutes les flammes.

Nous avons la conscience, aux quotas verrouillés,
Que le mal est coté, ses artères patrouillées,
Et que pour un cœur vif il génère mille enfers.

Nous avons nos manières, l’air d’avoir fière allure,
A l’égard de l’immonde et des biens qui l’enferrent.
Nous portons tous le deuil des futures blessures.

  A ce stade, je me suis dit que Cosme avait voulu montrer qu'il avait maîtrisé l'écriture de ces sonnets en 666-636-606 espaces, de même qu'il supposait Rimbaud avoir maîtrisé l'écriture de Voyelles, mais ça ne prouve pas grand-chose, surtout si des incidents typographiques altèrent cette lecture.
  Je m'abstiens de commenter les sonnets de Cosme. Il dit dans la présentation précitée qu'il peut travailler sur un sonnet 18 heures par jour pendant 3 semaines, et si les résultats émerveillent Meurice, je me demande ce qu'il éprouverait devant certaines créations de la liste Oulipo, où les contraintes les plus extravagantes trouvent souvent des applications dans les heures qui suivent leur émergence, en respectant les règles de Malherbe dont Cosme ne semble guère se soucier.
  Tiens, s'il se repose le dimanche, ce qu'annonce Cosme pourrait correspondre à 6+6+6 heures pendant 6+6+6 jours😉

  J'ai poursuivi l'analyse. Le poème précédent, introduisant la partie I, est un sonnet en vers isocèles, chaque vers couvrant 42 espaces typographiques, et j'imagine que ce 42 a été choisi parce que c'est aussi un des nombres de l'Apocalypse, avec les 42 mois ou 1260 jours qui interviennent plusieurs fois à la fin des temps.
  Je ne sais si les auteurs connaissent les interprétations de Pierre Bézoukhov dans Guerre et Paix de Tolstoï, où selon un codage particulier
QUARANTE DEUX = 666,
42 ans étant l'âge de Napoléon lorsque son armée entre en Russie, et Napoleone Buonaparte serait bien l'Antéchrist prophétisé, car
L'EMPEREUR NAPOLEONE = 666.
  Toujours est-il que le titre du poème en vers isocèles de 42 espaces, L'esprit du désir, est aussi une expression de valeur 666 selon ce même code:
L'ESPRIT DU DESIR = 666.

  Il reste le premier sonnet de Cosme, ouvrant la partie E, et c'est précisément un monovocalisme en E, ou presque, car un A apparaît dans le dernier mot. Voici comment se présente ce poème, Genèse, ou plutôt comme il devrait se présenter si la police Courier new avait été respectée au pied de la lettre (et de l'espace, car ce sont essentiellement les espaces qui sont étrécies, mais pas que).

L’Eternelle Mer s’engendre, en l’effervescence
Des enchevêtrements entremêlés... Elle est,
-Extrême envers des Temps cernés- le Sens scellé :
De Ses Lèvres déferlent des perles d’Essences...

Célestement gemmées de pensées et de sèves
-Tels les reflets, cendrés d’ébènes, de Nefs gréées
Enflées de vents cléments...!- secrètement créées...
Et le Vent, en de tendres bercements de rêves,

Redescend, se régénère et se révèle en Elle...
Pérenne est le Serment et le Terme éphémère ;
Le Cercle est né...! En le Centre des Sept Sphères,

Le Ventre est l’Emblème des Présents de l’Eden... Femme
Et Déesse, Ensemble et Eléments... L’Eternelle
Ensemence Les Terres désertées de ses Âmes...

  J'ai compté 46-43-50-48-42-51-52-46-46-45-51-55-46-45 espaces, soit en tout 666... Diable! Là ça marche, mais au prix d'une ponctuation pléthorique, sinon contradictoire. Je ne sais comment un lecteur pourrait exprimer la nuance ...!, ...?
  Cosme a recours à des incises entre tirets, sans espaces selon sa lecture de Voyelles, au vers 3 et aux vers 6-7, et multiplie les points de suspension. Lorsqu'on tape trois points ... sur un traitement de texte, en Courier new, le logiciel les rassemble automatiquement en un seul caractère, , or il y a de ces dans les deux derniers sonnets de Cosme, ce qui m'avait mené aux comptes 666-636-606 pour les trois derniers sonnets, ce qui semblait significatif.
  Mais en principe, on ne peut compter à sa guise les points de suspension pour 1 ou 3 caractères, alors faut-il rétablir ces ponctuations en 3 caractères, car à l'évidence le premier sonnet, Genèse en 6 lettres, est soigneusement bâti pour aligner 666 espaces?
  Seuls les auteurs peuvent répondre, mais il y a plus grave. Le dernier sonnet, celui qui introduit la dernière partie où est imposée la lecture
—O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !—
avec un tiret fermant, et sans espaces entre les tirets et le texte qu'ils encadrent plutôt que
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
avec une espace après le seul tiret ouvrant, eh bien ce sonnet s'achève de même que cette leçon condamnée, avec ce dernier tercet:
- Cône d’ombre ouvrant l’infinie Voie de l’Abîme !
Ô Immensité ! Vierge enceinte d’imminences
de Présents dévoilant les lèvres du Silence…

  C'est encore aux auteurs de s'expliquer sur cette aberration. En principe, un auteur reçoit les épreuves du livre à paraître, et c'est à lui de vérifier s'il est bien conforme à ses souhaits (mais ce n'est pas toujours aussi simple). Peut-être ont-ils été négligents sur ce point, faisant confiance à l'éditeur.
  Ce n'est pas tout. Sur le manuscrit original, du moins sur cette reproduction, l'idée que la marque suivant le point d'exclamation final puisse faire partie du poème n'est pas exclue, même s'il est difficile de prétendre qu'elle soit collée au point d'exclamation,
mais voici la reproduction donnée sur le bandeau de Cosme:
  Il y en a une autre reproduction noir sur blanc dans l'ouvrage, mais la définition est à peine meilleure.

  J'en viens à plus personnel. Cosme dit que c'est en 1997 qu'il a découvert sa clé apocalyptique de Voyelles, et c'est en janvier 1997 que j'ai découvert une formidable harmonie dans Vocalisations, la récriture par Perec de Voyelles, sans E. Une façon de l'exprimer est
ce sonnet de 4 strophes, 14 vers, 112 mots, a pour somme gématrique 4.14.112, ou 6272.
  J'ai d'abord été certain d'avoir percé le secret de Perec, et sitôt après avoir rédigé un premier exposé de ma découverte, je l'ai faxé à Bernard Magné, le spécialiste de Perec dont j'avais lu quelques articles et que j'avais rencontré deux mois plus tôt.
  Il est question de Perec dans Cosme, pour deux ouvrages, La Disparition, roman de 500 pages (sic) sans utiliser la lettre e, mais il n'est pas signalé la récriture de Voyelles qu'il contient, et La Vie mode d'emploi, surtout pour son étrange poème, mystérieux du moins jusqu'à ce qu'un jeune universitaire en découvre le secret, les diagonales A-M-E structurant ses 3 parties. Cet universitaire, non identifié dans Cosme, était un thésard de Bernard Magné.

  Je n'ai pas tardé à comprendre que Perec n'avait pas composé sciemment un poème en 112 mots de gématrie 6272 ou 112 fois 56, car il avait plus tard publié une version "améliorée" de Vocalisations, n'ayant ni 112 mots ni la gématrie 6272. Dès mars 1997, j'écrivis la brochure, En vers recompter tout - Codage et surcodage chez Perec, dont des exemplaires furent déposés à l'Association GP et à la BN.
  J'y énonçai l'idée qu'un codage conscient pouvait conduire à un surcodage inconscient, parfois bien plus sophistiqué. J'ai aujourd'hui beaucoup d'autres exemples de ce phénomène, sans prétendre l'expliquer.

  Après cette concomitance en 1997 de nos découvertes sur Vocalisations et Voyelles, il y a cette autre concomitance en 2018, avec la publication de Cosme et ma composition quelques mois plus tard d'une récriture isocèle de Voyelles basée sur l'Apocalypse, en toute ignorance de cette publication.
  Il y a donc un autre sonnet isocèle dans Cosme, où Cosme a renoncé à toute ponctuation. Je m'étais pour ma part borné à un seul signe de ponctuation, à la fin de chaque vers, une virgule ou un point. La largeur des vers, 45 espaces, avait été dictée par le vers 4, palindrome phonétique,
oeil de Dieu l'amiral là rima l'oeil de Dieu.
  A noter que pour Cosme le "O bleu" de Rimbaud cache Dieu, comme dans les jurons type "sacrebleu","morbleu", etc. (mais "O Dieu" serait mal venu...)
  Mon sonnet a donc 14 fois 45 espaces, soit 630, et c'est un nombre qui peut être relié à 666, somme des 36 premiers nombres, tandis que 630 est la somme des 35 premiers nombres.
  Mieux, j'avais posté deux fois mon sonnet le 7 novembre 2018 sur la liste oulipo, car je m'étais emmêlé les pédales et avais d'abord posté ma première version, ensuite révisée pour parvenir au total gématrique 13 fois 444. Ainsi mes deux versions totalisaient 1260 espaces, autre nombre de l'Apocalypse, celui des règnes des Bêtes, 1260 jours, 42 mois, ou encore "un temps, et des temps, et la moitié d'un temps". J'ai supposé que les 42 espaces du sonnet isocèle de Cosme étaient choisis à partir de ce détail.

  Un bel exemple de surcodage est le titre donné par Cosme à ce sonnet isocèle de largeur 42, intercalé entre deux sonnets de 666 espaces,
L'ESPRIT DU DESIR = 666,
selon le code où
QUARANTE DEUX = 666.
  Le titre de ce billet est une anagramme de L'esprit du désir, et a donc aussi pour valeur 666, selon le code donné par Tolstoï.
  Il me semblerait plus joli d'avoir 18 lettres, comme L'EMPEREUR NAPOLEONE, mais réparties en 3 mots de 6 lettres, 6-6-6 = 666. Je n'ai pas trouvé d'anagramme significative à partir de cette expression, ni avec NAPOLEAN BUONAPARTE qui semble avoir présidé bien plus tôt à l'établissement de ce code, mais j'ai songé à mon cher Jacob-Abraham Soubira, lequel a composé vers 1830 divers poèmes composés de vers de valeur 666, selon une variante du code donné par Tolstoï, avec des valeurs identiques pour les lettres de A à V.
  Il ne reste qu'à prendre les poèmes de Soubira, repérer les vers de 18 lettres, et anagrammatiser.

  A partir du dernier vers d'un poème de 1828, "verra pâlir son égide", j'ai trouvé
    livres : danger, aporie
ou encore
    Olvera dénigre pairs
ces pairs étant les universitaires qui n'ont rien compris à Voyelles avant que n'arrive Cosme Olvera.
  A partir d'autres vers, j'ai trouvé
    sermon, salade futile
que le démon pourrait souffler aux fidèles allant à la messe,
    relief érudit centré
qui pourrait s'appliquer au sonnet isocèle.
  Le vers source m'a inspiré un écho anagrammatique,
    Et, rentier de Lucifer,
    Dieu te récrit l'enfer.

  J'achève ce billet la veille de Pâques, un 20 avril qui était aussi il y a 130 ans la veille de Pâques, le 20 avril 1889 au soir duquel est né un être au nom trois fois maudit,
    HITLER HITLER HITLER = 666,
toujours selon le code de Tolstoï ou de Soubira.
  Selon le codage ordinal immédiat,
    HITLER HITLER HITLER = 216 = 6.6.6.
  J'ai étudié ici un autre ensemble de 18 lettres (6+6+6) ayant pour valeur 216 (6.6.6) ou 666 selon deux codes immédiats. Ce sont les 18 lettres composant les sigles coraniques des sourates 40-46 et 50. Le Coran et Mahomet reviennent volontiers dans les compositions de Soubira.

  Puisque j'avais recopié les sonnets de Cosme pour en compter sans erreur les espaces, j'en ai profité pour les passer au Gématron, selon divers codages, ordinal, Soubira, Tolstoï... Le fait le plus immédiat est que ses deux poèmes de 666 espaces ont selon le code ordinal
523 lettres de valeur 5659,
532 lettres de valeur 6641.
  Il est difficile de tirer quelque chose de ces nombres séparément, mais la somme
5659 + 6641 = 12300.
  On peut penser à
GEORGES PEREC = 123, et j'ai vu le surcodage à l'oeuvre dans
LE PUZZLE = 123
de La Vie mode d'emploi partir du premier chapitre,
DANS L'ESCALIER, 1 = 123,
jusqu'au dernier,
BARTLEBOOTH, 5 = 123.
  S'il en allait de même des 98 autres chapitres, on aurait 100 fois 123... J'y ajoute aujourd'hui que, si le mystérieux poème du chapitre LI est bien l'âme du livre, Bernard Magné a baptisé "bathmostiche" son procédé d'acrostiche diagonal, et
BATHMOSTICHE = 123.

  Des numérologues de bas étage se sont extasiés du fait que les permutations circulaires de 123 ont pour somme
123 + 231 + 312 = 666.

  Cosme aurait-il négligé de compter les mots de Voyelles, 111? Ceci paraîtrait significatif si les 666 espaces étaient réels, sinon intentionnels. On sait ainsi que le mage Aleister Crowley, s'étant fait longtemps appeler "666", a opté à la fin de sa vie pour "777".
  Le premier sonnet 666 de Cosme a aussi 111 mots, l'autre 129. Moyenne 120 (en hébreu "cent", mea, a pour gématrie 46, et "vingt", esrim, 620, somme 666).

  Cosme donne un autre argument, un autre sonnet de Rimbaud, Oraison du soir, lequel a aussi 666 espaces. Ceci semble encore exact, mieux assuré même puisque la ponctuation n'y pose aucun problème, mais ne prouve qu'une chose: il n'y a rien d'extraordinaire à ce qu'un sonnet d'alexandrins compte 666 espaces, et il en existe certainement de nombreux autres. Ceci n'offre d'intérêt que s'il peut y avoir un rapport avec l'Apocalypse, et ce n'est pas le cas pour Oraison du soir.
  Cosme en appelle aux matheux pour calculer la probabilité que ces deux indiscutables 666 soient un "simple hasard", mais je me permets de souligner que ce hasard est beaucoup moins étonnant que les deux 46665 qui apparaissent dans un même rare contexte, si rare que je n'en connais aucune autre occurrence que ces deux cas: le film Pi (1998), de Darren Aronofsky, et le roman House of Leaves (2000), de Mark Z. Danielewski, s'achèvent tous deux sur un nombre qui fait référence au titre de l'oeuvre, la fraction 748/238 (=3.14...) et le document 081512 (à lire 08-15-12, H-O-L); ce nombre est précédé par un autre, qui dans chaque cas est 46665, et je crois avoir démontré que Danielewski l'avait choisi parce que c'était son code postal.