31.12.16

tempête sous le crâne



216e billet de Quaternité pour clore 2016. Le 217e inaugurera 2017.

  J'ai évoqué à diverses reprises mon roman Sous les pans du bizarre, écrit en 1999 et publié en 2000, et il me semble important de revenir sur un détail déjà abordé dans plusieurs billets.
  Parce que le héros de la série imaginée par JB Pouy était un libraire du Marais, parce que j'avais choisi de consacrer le roman à mes découvertes sur Virgile, parce que je connaissais un éminent latiniste habitant le Marais, j'avais voulu lui rendre hommage en utilisant discrètement son adresse.
  Parce qu'il s'agissait de Marcel Bénabou, également oulipien et grand ami de Perec, j'ai déguisé son adresse réelle 5 rue Simon-le-Franc en 11 rue Simon-le-Cribleur, anagramme de la rue Simon-Crubellier où Perec a situé l'immeuble de La Vie mode d'emploi (VME), immeuble passé au crible dans ses 99 chapitres.

  J'ignorais alors que, dans une première version de 1975, Perec avait imaginé son immeuble dans le quadrilatère de rues situé juste sous la rue Simon-le-Franc. Il s'agissait alors de
la rue du Capitaine-Crubellier, qui partage obliquement le quadrilatère que forment entre elles les rues de la Verrerie, du Renard, St-Merri et du Temple.
  Dans la version finale de 1978, la localisation de la rue est passée du 4e au 17e, et elle est devenue la rue Simon-Crubellier,
qui partage obliquement le quadrilatère que forment entre elles, dans le quartier de la Plaine Monceau, les rues Médéric, Jadin, de Chazelles et Léon-Jost.
  J'expliquais ici les raisons probables du changement. J'ignorais cette première localisation, ne pouvant faire référence à Marcel Bénabou, lequel n'habitait pas alors rue Simon-le-Franc (et qui a déménagé plus tard).
  Je remarquais dans ce billet Franc-Cribleur que le quadrilatère (en rose) supposé traversé par la rue du Capitaine-Crubellier était constitué de rues dont les initiales étaient des consonnes consécutives de l'alphabet actuel,
            Renard (rue du)
            St-Merri (rue)
            Temple (rue du)
            Verrerie (rue de la)
 et je remarquais une possibilité similaire JKLM pour celui de la Plaine Monceau (en remplaçant Ch par K, comme Charles peut devenir Karl).

  Je n'avais pas vu alors que la consonne suivant RSTV est W ou X (car W n'était pas au 19e siècle une lettre effective de l'alphabet français), or le jeu W-X est essentiel dans VME, dont la fin montre la mort de Bartlebooth tenant en main la dernière pièce de son puzzle, dont la forme en W comme Winckler ne correspond pas au dernier espace libre, en forme de X.
  Ce jeu W-X, déjà abordé dans W ou le souvenir d'enfance, était à l'évidence présent dès les premières étapes de la conception de VME, d'où le choix du Marais pour placer un improbable immeuble haussmannien a-t-il pu être motivé par cette rare, sinon unique, séquence RSTV.

  Si ceci demeure hypothétique, je peux en revanche certifier que le nom de mon latiniste de la rue Simon-le-Cribleur est inspiré par une séquence de 5 lettres consécutives. Les meurtres de 3 latinistes aux sommets d'un triangle de Pythagore à l'échelle de Paris (de côtés 3-4-5), accompagnés d'anagrammes des lettres ACDEILMNO, amenaient le héros libraire Gondol à comprendre que ces lettres devaient être réparties en C-D-E d'une part, pour le triangle de Pythagore 3-4-5, et AI-L-M-N-O d'autre part, avec le groupe AI équivalent à K, 10e lettre de l'alphabet latin, d'usage exceptionnel. La séquence 10-11-12-13-14 offre une propriété proche de la relation de Pythagore:
102 + 112 + 122 = 132 + 142 = 365
  Au 5e et dernier chapitre de la première partie, l'enquête conduisait Gondol 11 rue Simon-le-Cribleur, chez Noël Medec qui lui apprenait que la source des anagrammes était ALCIMEDON, nom divin apparaissant dans les Bucoliques de Virgile, au coeur des spéculations d'un individu qui avait tenté d'intéresser les latinistes à ses recherches. Gondol et les flics se rendent alors chez lui, pour le trouver mort, dans des circonstances suspectes, avec une nouvelle anagramme d'ALCIMEDON à la clé...

  Noël Medec était lui-même une variante du jeu CDE-KLMNO, en choisissant cette fois de remplacer la 10e lettre K par deux E. Le nom pouvait évoquer Perec, le prénom Noël Auzère, architecte de la rue Simon-Crubellier.

  Mon roman était construit sur le plan de la première partie du chant d'Alphésibée de la 8e Bucolique, en 3 strophes de 4-3-5 vers, chacune ponctuée par un vers refrain, hexamètre de valeur 365 no code in the Spanish translation selon l'alphabet latin, avec la césure 5-7 le répartissant en 169-196, les carrés de 13 et 14; une autre répartition menait aux carrés de 10-11-12.
  Ainsi le 5e chapitre de mon roman avait-il un aspect encore plus quintessentiel, puisqu'il correspondait à un vers refrain, et j'avais pris soin que chaque chapitre dans ce cas amène de nouvelles révélations sur le vers refrain.

  La 2e partie était consacrée aux recherches de Lapnus, puis l'enquête reprenait dans la 3e partie, correspondant aux vers 10-11-12-13-14 du chant d'Alphésibée, et donc aux lettres latines KLMNO. Un autre point clé des recherches de Lapnus est la présence d'un vers refrain intempestif (12 bis) entre les vers 10-11-12 et 13-14 de la 3e strophe, comme si Virgile avait effectivement voulu marquer la relation 102+112+122 = 132+142, avec un vers offrant la même harmonie.
   Léo Malet m'avait fourni un titre idéal pour cette partie,  Le mystère K.O. (son détective Nestor "Dynamite" Burma se vantait de mettre le mystère K-O).
  J'avais intitulé ses 5 chapitres Cas-Elle-Aime-Haine-Oh... Medec était d'abord suspecté, puis il semblait acquis que le réel coupable était un autre latiniste, Cortier, dont le suicide le 6/6, en un point complétant le triangle originel en un rectangle, semblait un aveu. Gondol cependant envisageait dans le dernier chapitre une autre hypothèse, fantastique, qu'il gardait pour lui.

  J'ai rappelé ceci pour montrer à quel point la quintessence, le quaternaire centré, était important dans le roman, et je reviendrai sur les rapports avec Jung après avoir abordé l'autre coïncidence Simon-le-Franc.
  En septembre 1999, au moment où j'achevais l'écriture de mon roman, paraissait Pandore et l'ouvre-boîte, ouvrage sous-titré ROMANS, comme La vie mode d'emploi. Je ne l'ai lu que bien plus tard.
  C'est un polar très atypique, composé de deux romans basés sur les mêmes faits : De Smalt ou l'histoire vraie, de Philippe Postel, est l'enquête du commissaire chargé de résoudre les morts de 3 académiciens, Vitellus ou la vraie histoire, d'Eric Duchâtel, celle d'un protagoniste. Ni l'une ni l'autre enquête n'aboutissent à une solution explicite, mais la juxtaposition des deux récits oriente le lecteur vers un coupable insoupçonné.
  Le 3e mort est Virgile Grünenwald, prétendu auteur dont toutes les oeuvres sont en fait écrites par un nègre. Virgile habite rue Simon-le-Franc, dans un immeuble voisin du numéro 7, soit le 9 ou le 5, l'adresse exacte de Marcel Bénabou.
   Or l'oeuvre la plus connue de l'oulipien Bénabou est Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres, et une réplique de Pandore peut donner à penser que ses auteurs avaient songé à Bénabou en choisissant l'adresse de l'académicien qui "n'aurait écrit aucun de ses livres".
  C'est en tout cas un "hasard" si, un an après avoir posté Pourquoi je n'ai pas écrit les Pans, le 8 septembre 2013, 5e anniversaire de la découverte de 2008 à l'origine de Quaternité, j'ai appris que le texte choisi par Zazipo en septembre 2014 était précisément un extrait de Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres, et j'en ai proposé cette anagramme:
- « Alors, mon bon Virgile, paraît-il que vous n’auriez écrit aucun de vos livres ? » (sic)
   Il s’agit d’un extrait de Pandore et l’ouvre-boîte, "romans" de Postel et Duchâtel. La phrase s’adresse à l’académicien Virgile, lequel réside cinq rue Simon-le-Franc, alors que l’oulipien Marcel habitait la même minuscule rue, au même exact numéro.
   L’académicien est assassiné, j’espère qu’il n’en ira pas de même pour l’oulipien, ayant eu sainement l’instinct de déménager.
   Mon enquête m’a fait penser qu’il s’agit d’un cas purement fortuit, les auteurs ne m’ont alors pas démenti.
   Surprenantes redites, plagiats assassins, semblables pistes sont nombreuses : les fieffés professeurs sont habiles à terroriser, et à botter les terroirs experts.
  La brièveté du texte m'avait fait idéaliser la coïncidence (l'adresse exacte de Virgile n'est pas précisée). Mon enquête s'est bornée à contacter Bénabou, lequel n'avait jamais été informé de l'affaire, et chacun des auteurs, aucun n'ayant daigné me répondre. J'ai tendance à interpréter ce silence comme une confirmation de la coïncidence.
  Quoi qu'il en soit, il était impossible selon la logique usuelle qu'ils aient pu savoir que j'avais utilisé l'adresse de Bénabou dans mon roman qui était encore à l'état de manuscrit lors de la parution de Pandore, a fortiori que le latiniste qui y habitait était un spécialiste de Virgile!!!

  Il y avait d'autres coïncidences ébouriffantes entre Pandore et les Pans, détaillées dans le billet précité, avec quelques oublis. Ainsi dans les deux romans le coupable désigné finalement par l'enquête est un écrivain, Martial Moreau ou JB Pouy, et dans les deux cas l'enquêteur au nom à particule, de Smalt ou de Gondol, s'abstient de l'incriminer, malgré 3 ou 4 morts imputées à l'assassin.
  Une des coïncidences principales entre les deux romans était la présence dans Pandore d'un sonnet supposé trouvé sur une tombe proche de celle de Rimbaud, sonnet dont l'acrostiche livrait à un lecteur sagace le nom de l'auteur (également l'assassin), SCRIPSIT MOREAU; dans les Pans, c'était ANAQ CHI DU PSOSO qui était donné en clair, acrostiche du sonnet dont chaque vers était codé dans chacun des  chapitres, le sonnet Vocalisations de Perec, lipogramme en E de Voyelles de Rimbaud.

   J'ai mentionné à maintes reprises ce sonnet, dont l'harmonie numérique me fascine depuis sa découverte en janvier 1997. Je rappelle que ses 4 strophes, ou 14 vers, ou 112 mots, totalisent la valeur 6272 = 4x14x112.
  La fascination a rebondi lorsque j'ai découvert l'harmonie de la vie de Jung, 4 fois 6272 jours de sa naissance au 4/4/44, puis 6272 jours jusqu'à sa mort.
  Il s'y ajoute l'affaire des anagrammes. Comme le sonnet a été laissé tel quel, en français, dans la traduction anglaise de La Disparition, les experts du forum Anagrammy en ont proposé en avril 2001 trois versions anagrammatiques anglaises, l'une à l'échelle du sonnet entier, la suivante strophe par strophe, la dernière vers par vers. Déçu que ces anagrammes aient été forgées dans l'ignorance de l'harmonie numérique du sonnet, j'en ai fait en décembre 2006 une anagramme française, où chaque vers compte 8 mots et la valeur 448 (8 fois 56).
  Si j'ai pensé immédiatement au sonnet lors de ma découverte des 4+1 fois 6272 jours de Jung, il m'a fallu plus d'un an pour réaliser que j'avais été le 5e auteur à proposer un arrangement des mêmes lettres de valeur 6272.

  Je n'ai le plus souvent mentionné mon codage du sonnet dans les Pans que pour montrer son importance à mes yeux, mais il me semble important de souligner que c'est le motif 4-1, rencontré chez Jung notamment, qui m'a conduit à chercher en 1997 une harmonie numérique d'abord dans Voyelles de Rimbaud, puis dans la version sans E de Perec, et que c'est le nombre même de cette harmonie qui est apparu plus tard gouverner le partage 4-1 de la vie de Jung.
  Le motif 4-1 apparaissait de plusieurs manières dans les Pans, avec ses 5 crimes, offrant deux répartitions 4-1:
- les 4 premiers crimes de la 1e partie,
BURNACHS-COURTAS-BOULENGER-LAPNUS = 86+97+99+83 = 365
correspondant aux 4 saisons de l'année, et le coupable présumé dont le nom complet donne encore le nombre fatidique
FRANCOYS-NAPOLEON-ALEXANDRE-CORTIER = 101+92+84+88 = 365
- les 4 universitaires trouvant la mort les 3/3, 4/4, 5/5, et 6/6 aux 4 sommets d'un rectangle parisien, tandis que le trublion Lapnus meurt en banlieue.
  J'observe que la séquence KLMNO (correspondant à ce double 365) se termine par O comme la séquence des voyelles rimbaldiennes AEIUO.

  J'avais introduit une finesse dans le codage du sonnet. En hommage à l'association 813 dont j'étais membre, et à Rimbaud né dans le 08 et mort dans le 13, j'avais remplacé deux mots des vers 8 et 13, aux chapitres 8 et 13 donc, par des anagrammes. Si je ne considère pas ceci comme un exploit, mon codage constitue une anagramme formelle du texte source, et je serais donc le premier à avoir composé une anagramme de Vocalisations, qui plus est publiée dans la grande édition.
  Techniquement, c'est une anagramme au mot par mot, respectant l'ordre des 112 mots, je rappelle qu'une autre respectait l'ordre des 4 strophes, une autre encore celle des 14 vers, avec toujours l'harmonie 6272 = 4x14x112.

  J'avais choisi les mots "alcool", devenu "loocal", au vers 8, et "nadir", devenu "radin", au vers 13. Il s'agit du 66e et du 102e mot, de valeurs 58 et 46, soit en moyenne le 84e mot de valeur 52, les valeurs de Haemmerli et Jung, le premier ayant "sacrifié sa vie" pour permettre à Jung de vivre une autre tranche de 6272 jours. J'avais choisi ces mots sans effectuer ces calculs, au sein des vers 8 et 13 exprimant la vie et la mort de Rimbaud (tiens MORT = 66, et MORT+VIE = 102).

  J'avais probablement étudié en son temps le sonnet prétendument vu dans Pandore sur une tombe proche de celle de Rimbaud, mais il me manquait alors une clé abordée dans le premier billet de 2016, sur laquelle je suis revenu dans le billet précédent, à propos du matricule 488 de Jung à l'OSS.
  Le sonnet compte 487 lettres, et son acrostiche SCRIPSIT MOREAU a pour valeur 186, or le nombre 487 se partage selon le nombre d'or en 186 et 301, valeurs des mots grecs Γολγοθα et κρανιον, présents dans le verset Matthieu 27,33 évoquant le lieu de la crucifixion, le Golgotha (Γολγοθα) qui signifie "crâne" (κρανιον).
  Or le noeud de l'affaire est un trafic de crânes de poètes, organisé par un certain Sablaud. Pour voler le crâne de Rimbaud, Sablaud s'est fait aider par un jeune naïf, mais les choses tournent mal et Sablaud tue un  gardien du cimetière. Le naïf, Moreau, ignore la réelle identité de Sablaud, et publie un récit anonyme de la profanation, La nuit de Charleville. C'est là qu'apparaît le sonnet, dont voici le texte pour vérification éventuelle de ses 487 lettres:
Si tu crains le secret de cette allée déserte,
Conscient que la vie est un obscur chemin,
Regrettes-tu vraiment sa dérisoire perte,
Indécis à nourrir un humus trop humain ?

Passant, en ce lieu clos, songe à la tombe ouverte,
Superficiel piéton, compagnon de demain,
Il te faut accepter l'ultime découverte :
Tu oublieras ta peur si je te tends la main.

Mais ouvre enfin les yeux car ton aveuglement
Offusque le repos de nos vieux ossements;
Regarde notre terre aux veines de cinabre,

Et, ce qu'elle promet à tout homme qui meurt,
Apprends à l'écouter dans sa sombre rumeur :
Un écho assourdi de nos danses macabres.

   Rimbaud est encore central dans un autre polar, Mortelles voyelles de Gilles Schlesser (2010). Le journaliste Oxymor Baulay découvre un manuscrit anonyme, A noir, qu'il fait publier. Ce curieux roman, dont le verbe "être" sous toutes ses formes et la lettre Y sont bannis, fait le buzz et obtient le Goncourt.
  Oxymor découvre ensuite que le roman s'inspire d'une série de crimes commis en 1979, et qu'il est vraisemblablement l'oeuvre de l'assassin, non découvert alors. Les indices du roman permettent de comprendre que l'assassin s'était arrêté parce qu'il avait achevé son programme, 5 crimes en hommage aux voyelles de Rimbaud.

  J'ai déjà cité brièvement ce roman, pour le nom et l'adresse de l'éditeur de A Noir, Paul Mistraki, ami d'Oxymor habitant rue Michel-le-Comte, en face de l'hôtel Hallwyl (au n° 28). Cette rue, qui a donné lieu à une expression typiquement parisienne, se situe 300 mètres au nord de la rue Simon-le-Franc.
  Je n'avais pas alors cité une autre adresse, celle de l'association Loup poli, s'occupant de jeux oulipiens, 41 rue du Temple, soit à mi-chemin entre les rues Simon-le-Franc, où habitait Marcel Bénabou, oulipien très actif, participant souvent à des ateliers d'écriture, et Saint-Merri, l'une des rues du premier quadrilatère choisi par Perec pour être traversé par la rue Crubellier.
  J'avais donc remarqué la double proximité, syntagmatique et géographique, de Michel-le-Comte et Simon-le-Franc, et la ressemblance immédiate entre Paul Mistraki et le compositeur Paul Misraki. De fait Google montre que l'erreur est commune. Schlesser passionné par la vie musicale parisienne ne peut ignorer le personnage, et orthographie correctement son nom ailleurs.
  Misraki s'intéressait aussi aux phénomènes paranormaux, et a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet. C'est dans Les raisons de l'irrationnel, où il relate l'expérience de Jung en 1944, que je me suis avisé du schématisme du 4/4/44 (j'ai découvert en le partageant avec dp que c'était en date du 4/4/4, voir le premier billet de Quaternité).

  En relisant Franc-Cribleur pour écrire ce billet, j'y ai retrouvé que mon premier exemple appuyant l'idée que le CH de Chazelles pouvait être assimilé à K était le nom de Paul Misraki, né Misrachi... Je l'avais oublié lorsque j'ai rencontré le Paul Mistraki de Schlesser. Ainsi le premier quadrilatère RSTV m'avait fait envisager que le second puisse aussi correspondre à 4 consonnes consécutives, JKLM, avec l'aide de Misraki/Misrachi, et un Mistraki apparaît près du premier quadrilatère dans un roman où Perec est maintes fois cité.
  Enquêter sur ces rues m'a conduit à d'autres curiosités, ainsi la rue Saint-Merri s'est aussi appelée Saint-Médéric, Merri étant une autre forme de Médéric.
 La rue Médéric du 17e, ci-devant Guyot, a été rebaptisée en hommage au résistant Gilbert Védy dit Médéric, mort le 21 mars 1944. Gilles Schlesser est aussi né en 1944, le 10 janvier.
  La rue Léon-Jost, ci-devant Roussel, doit ce nom a une autre victime des nazis, Léon Jost, otage exécuté le 22 octobre 41. C'était un Nantais, cadre chez LU, ce qui évoque aux lecteurs de VME la petite fille mordant un coin de son petit-beurre, désignée par Perec comme responsable de la disparition du chapitre 66, ou plutôt du chapitre correspondant à la 66e position du cavalier sur le damier du 11 rue Simon-Crubellier.

  Je remarque que Léon et Jost ont chacun 4 lettres, idem pour Karl Hotz, l'officier allemand assassiné à Nantes deux jours plus tôt, un 20 octobre qui aurait été le 87e anniversaire de Rimbaud. En représailles les Allemands ont ordonné l'exécution de 50 otages.

  Idem encore pour Carl Jung... Les deux martyrs du quadrilatère du 17e peuvent donc évoquer 4-4 et 1944. J'ai vu récemment des échos jungiens dans VME, se déroulant sur un siècle à partir de 1875, année du lotissement de la rue Simon-Crubellier comme de la naissance de Jung, du premier chapitre d'indicatif 6-6 au dernier d'indicatif 61, pouvant former le 6/6/61, date de la mort de Jung.
  Je viens d'indiquer que le chapitre de numéro "réel" 66  avait été omis par Perec, or le chapitre 44 a aussi une particularité, car son début est repris intégralement pour former le Prologue du livre. Une édition numérique de VME m'a permis d'analyser en détail ce Prologue, pour constater qu'il comptait 4491 lettres. Sans soupçonner que ce puisse être intentionnel, 4491 est le renversement de 1944, nouvelle possibilité de lire dans le Prologue ou le chapitre 44 la date cruciale du 4/4/1944.
  Puisque je me suis intéressé aussi au chapitre d'indicatif 66 (apparaissant sous la forme 6-6, le domino double-six), il me fallait étudier le chapitre d'indicatif 44. C'est le numéro 86 (87 "réel"), où d'ailleurs les coordonnées 4-4 sont absentes. Il peut y avoir un lien avec le chapitre 44 car le programme des contraintes prévoit des citations de Leiris dans ces chapitres 44 et 86, lesquelles sont effectivement présentes, mais parmi les 10 chapitres dans ce cas ce sont les seules citations puisées dans le seul roman de Leiris, Aurora.
  J'ai été amené récemment à lire Aurora dont le narrateur se nomme Damoclès Siriel, et il précise après une vision léonine qu'il ne se prénomme pas Léon, à cause du personnage Noël Siriel dans L'anneau de Moebius de Thilliez. Ce sont des coïncidences entre Thilliez et Perec qui m'ont conduit à repérer l'adéquation jungienne de certains nombres de VME, 1875, 6-6, 61...
-  Léon-Noël, Leiris-Siriel, 1944-4491, parmi ces anacycles pourrait figurer The Lion of Boaz-Jachin and Jachin-Boaz, de Russel Hoban, dont cette couverture au style naïf rappelle le douanier Rousseau dont La Bohémienne endormie (valeur 186 !) illustre ci-dessus Aurora. C'est le titre de Hoban, de valeur 301, qui m'avait mené en janvier au couple doré crânien 301-186.

  J'ai débuté le billet par le premier quadrilatère R-S-T-V, séquence à poursuivre par W ou X. Le quadrilatère J-Ch-L-M ou J-K-L-M, appellerait N, ce qui amène divers échos.
  La rue du Capitaine-Crubellier du 4e est devenue Simon-Crubellier en passant dans le 17e, or SIMON se lit à rebours N OMIS...
  La capitale N peut évoquer un quadrilatère traversé par une diagonale, et je pense que ceci était à l'esprit de Daniel Nathan, l'âme de la signature Ellery Queen, lorsqu'il a imaginé l'intrigue de L'adversaire, où des cousins sont assassinés tour à tour aux 4 coins de York Square par un vengeur mystérieux signant Y (la dernière voyelle qui devient aussi meurtrière 30 ans après la série AEIUO de 1979 dans Mortelles voyelles), au nom de Nathaniel York honoré par une plaque commémorative au centre du domaine. L'ordre des crimes dessinerait la lettre N dans le domaine, en passant par la plaque de Nathaniel:
  J'ai étudié à diverses reprises les coïncidences fabuleuses entre VME et ce roman certes de 1963, mais n'ayant paru en français qu'en mars 1978, au moment où VME en était au stade des corrections. Au plus bref, l'homme de main des York, Walt, avec une initiale W significative, expédie des pièces d'un puzzle aux York, puis les tue, sauf le dernier, le millionnaire Percival qui échappe à ses tentatives. Il est également question du jeu d'échecs, de palindromes et d'anacycles. Si Perec aurait pu connaître ce roman avant d'imaginer le faiseur de puzzle Winckler se venger de son employeur millionnaire Percival, il est au moins acquis que le thème d'un Winckler tuant son employeur apparaissait avant 1963 dans Le Condottière.
  Pour écrire L'adversaire, où les 4 crimes commis au nom du Tétragramme JHWH sont évidemment inspirés par La mort et la boussole de Borges, Daniel Nathan (ou Dannay) a fait pour la première fois appel pour finaliser son synopsis à quelqu'un d'autre que son cousin Manfred Lee, l'écrivain de SF Theodore Sturgeon, secret bien gardé jusqu'à la mort de Dannay, en 1982. Je me suis interrogé sur le choix d'un Theodore, équivalent grec de Nathaniel, "don de Dieu", pour conter les assassinats divins des cousins d'un Nathaniel, nom choisi par Daniel Nathan.

  Si Borges figure logiquement parmi les 20 auteurs à citer dans VME, il était moins attendu de trouver parmi les 10 livres fournissant des allusions Cristal qui songe, de Theodore Sturgeon (The Dreaming JEWEls, avec JEWE qui peut être une translittération du Tétragramme).
  Alors qu'il est peu probable que Perec ait lu L'Adversaire, et impossible qu'il ait su que son coauteur était Sturgeon, il est sidérant que les deux chapitres contenant des citations de La mort et la boussole offrent aussi des allusions à Cristal qui songe, le chapitre 92, où cette allusion est programmée (mais il n'était pas obligatoire qu'elle concerne le "diable", soit "l'adversaire"), et le chapitre 56, où Sturgeon n'est pas programmé.
  J'ai l'impression de rabâcher ce cas, mais j'y reviens le plus souvent avec un élément nouveau, et il est ici essentiel. Borges est cité massivement dans ce chapitre 56, pour diverses nouvelles de Fictions, le Tétragramme de La mort et la boussole apparaissant dans une rubrique d'une revue fictive, l'article précédent ayant pour auteur Pierre Ganneval, personnage de Cristal qui songe. Le premier nouveau point est qu'il est précédé par un article, toujours fictif, du latiniste Marcel Bénabou, probablement par un pur geste d'amitié de Perec:
  Donc, 1: ma connaissance de Bénabou m'a conduit à utiliser son adresse pour domicilier le latiniste Noël Medec qui apprend à Gondol que la séquence KLMNO vient de Virgile, et à travestir cette adresse en anagramme du 11 rue Simon-Crubellier de VME.
2: au moment où j'envoyais mon manuscrit à l'éditeur sortait en librairie Pandore, dont les auteurs ont domicilié l'académicien Virgile rue Simon-le-Franc, au 9 ou au 5, l'adresse même de Bénabou.
3: Perec avait d'abord situé la rue "Crubellier" juste en-dessous de la rue Simon-le-Franc, dans un quadrilatère de rues d'initiales RSTV, la consonne W suivante évoquant le vengeur Winckler, artisan de la défaite de Percival.
4: ça m'a fait envisager que le quadrilatère effectif, possiblement JKLM, appellerait un N, or L'adversaire de Queen/Nathan décline une séquence de 4 crimes dans un carré, dessinant une lettre N évoquant Nathaniel au nom duquel le vengeur Walt élimine les cousins York, le dernier étant Percival.
5: 3 articles consécutifs d'une revue imaginée par Perec évoquent Bénabou, Theodore Sturgeon qui a finalisé l'écriture de L'adversaire, et le Tétragramme qui gouverne les crimes de La mort et la boussole comme de L'adversaire.

  J'ai omis quelques étapes intermédiaires, et la sidération continue avec un autre constat. J'avais remarqué lors d'un autre commentaire que le nom de l'auteur de l'article sur le Tétragramme, Robin Marr, donnait par contrepet "rabbin mort", alors que la première victime de la nouvelle de Borges est un rabbin. Son nom est Marcel Yarmolinsky, et un esprit facétieux s'est plu à donner un semblant de réalité à une des oeuvres que lui prête Borges.
  Alors d'une part le nom débute (et finit) par Y, la signature de l'assassin de L'adversaire, ou la 6e voyelle, complétant dans Mortelles voyelles la séquence rimbaldienne, d'autre part le prénom est Marcel, et Theodore caché sous Pierre Ganneval se trouverait donc pris en sandwich entre deux Marcel.
  Je rappelle que Marcel vient de marcellus, "petit marteau", et que c'est aussi le sens de Haemmerli, le médecin de l'échange du 4/4/44, prénommé Theodor. Je rappelle encore que, après L'adversaire inspiré par les crimes tétragrammatiques de La mort et la boussole, Et le huitième jour... est paru en 1964 sous la signature Ellery Queen, polar métaphysique voyant Ellery enquêter pendant la semaine sainte de 1944 sur l'assassinat le 5/4/44 à coups de marteau d'un certain Storicai, un des Douze membres du conseil d'une communauté religieuse dirigée par un Maître, crucifié le Vendredi saint suivant. Storicai est l'évidente anagramme de Iscariot, surnom de Judas, en hébreu YHWDH, interprété comme une "porte" (dalet, nom de la lettre D) dans le Tétragramme YHWH. Je rappelle enfin que les 3 lettres hébraïques constitutives du Tétragramme, YWH, donnent par atbash MPÇ, "marteau"...

  Rimbaud est également présent dans L'adversaire, pour son "Je est un autre", mais il n'est pas exclu que Daniel Nathan ait eu à l'esprit que Rimbaud était comme lui natif du 20 octobre.
  Le chanteur transsexuel "Hortense" de VME est une allusion au personnage principal de Cristal qui songe. Son nom est précédé immédiatement chapitre 30 par Arthur Rainbow (citation de Nabokov). Hortense est une des Illuminations de Rimbaud.

  J'utilisais explicitement dans les Pans les modes opératoires des deux premiers crimes de L'adversaire, pouvant passer pour des accidents.

  La Vokalfolge de Robin Marr, ou "séquence vocalique", se réfère probablement à l'idée que la prononciation du Tétragramme aurait été uniquement vocalique, i-e-u-a. Elle peut évoquer la séquence rimbaldienne, ou Vocalisations, où une voyelle a disparu.
   Il est encore à souligner que l'article précédent celui de Marcel Bénabou est une allusion immédiate à La disparition, le livre programmé pour ce chapitre.
  Bénabou, pris en sandwich entre cette allusion normale et celle sauvage à Cristal qui songe, apparaît sous la forme Ibn Abbou dans La disparition, et le Capitaine-Crubellier sous la forme du Commandant-Crubovin...

  J'évoquais dans un billet perecquien de 2013 la traduction en turc de La disparition (Kayboluş), où j'ai été charmé de trouver Vocalisations traduit sous un titre éminemment quaternitaire :
       Dört arti Bir ünlü (Quatre plus Un fameux)
  Le turc se prêtait admirablement à la traduction du premier vers
       A noir (un blanc), I roux, U safran, O azur :
devenant
       A kara, (ak boşluk), I kızıl, U zümrüt, O mor :
qui sans tricherie aucune se traduit
       A noir, (blanc vide), I rouge, U émeraude, O violet :
  Je ne reviens pas sur l'adéquation entre les voyelles et les noms turcs des couleurs, pour remarquer d'abord le final O mor, l'adjectif turc homophone du substantif français "mort" laissant entendre que les voyelles sont bien mortelles...
  Mieux, l'adjectif peut aussi être antéposé en turc, et mor O est homophone de Moreau, l'assassin de Pandore (où il est aussi fait allusion aux couleurs des voyelles rimbaldiennes). Je rappelle que le nom Moreau a très probablement été choisi par les auteurs pour son étymologie, "brun", "noir", puisque Martial Moreau est le nègre de Virgile Grünenwald.
  Au passage je note que Marcel Bénabou est l'auteur d'une étude sur le poète Martial, plagiaire ou détracteur de l'Oulipo.
  Le roman A noir serait donc en turc A kara, expression que j'avais rapprochée de Ankara, capitale turque dont le nom vient en fait du grec. Ankara a donné son nom au chat angora, dont je remarquais l'anagramme Aragon, or Oxymor a baptisé son minet Aragon pour cette raison. Si Paul Mistraki est l'éditeur du roman A noir, Paul Misraki a composé la musique du film Alphaville, ci-dessus proposée par l'éditeur Hortensia...
  L'Adversaire a été publié en turc sous le titre Y'nin esrarı, "Le mystère du Y".

  J'ai encore bien des choses à dire, mais je crois que ça suffit pour ce billet, j'Y reviendrai donc prochainement.

  Le titre de ce billet a été trouvé au début de son écriture, alors que ma trouvaille essentielle à ce stade concernait le sonnet de Pandore, trouvaille qui me semble maintenant éclipsée par les approfondissements ultérieurs. Je voulais un titre de valeur 216, j'ai pensé à l'expression "Tempête sous un crâne", et il se trouve que
TEMPETE SOUS LE CRANE = 216 = 6x6x6,
en 18 lettres = 6+6+6.
  J'ai trouvé significatif un autre titre en 18 lettres de valeur 216, le dernier Queen écrit par Dannay/Nathan en collaboration avec son cousin, paru en 1958:
THE FINISHING STROKE = 216 = 18x12,
avec 12 significatif car l'intrigue confronte 12 personnages chacun natif d'un des signes du zodiaque, quelques indices suggérant des dates de naissance gémellaires, comme 3/3 et 12/12. Je le mentionnais dans les Pans, où, je le rappelle, la dernière mort était le 6/6, 38 ans après celle de Jung. J'avais utilisé le fait que le 4/4 était cette année 99 le jour de Pâques, et baptisé la victime du jour Jacques Courtas, initiales JC, sans penser au CJ de Carl Jung.

9.11.16

dons de Dieu, don de Nicolas


  9 novembre, fête de Théodore. Je suis attentif à toutes les formes du nom Nathan (de l'hébreu "donner"), avec Nathaniel et Jonathan en hébreu, Théodore et Dorothée en grec, Dieudonné et Donat(ien) en français par exemple, à cause de l'événement fondateur de ce blog, le "don" de Theodor Haemmerli qui serait mort pour permettre à Carl Jung de survivre. J'ai appris que Charles et Théodore étaient fêtés les 4 et 9 novembre, alors que ma découverte sur les curieux destins mêlés de Carl et Theodor était liée à mon rapprochement de deux dates, le 4/4/44 de l'échange Jung-Haemmerli, et le 9/9/99, mort de l'actrice Ruth Roman.
  Avant de venir aux Nathaël et Nathaniel rencontrés dans deux romans dus à des Nicolas, il convient de rappeler quelques faits:
-  Nicolas d'Estienne d'Orves (NEO) est  l'auteur des Orphelins du mal (2007), l'un des trois romans, étudiés ici, où sont associés Lebensborn, haras humains créés par les SS, et amputations. Il y a imaginé un Lebensborn créé avant la prise du pouvoir par les nazis, grâce à l'argent du richissime mélomane Nathaniel Korb, lequel croit financer un opéra.
-  L'un des autres romans avec Lebensborn et amputations est Serial eater (2004) de Tobie Nathan. NEO m'a certifié n'en avoir eu aucune connaissance.
-  J'ai découvert ensuite un autre roman Lebensborn, sans amputations, Les cendres froides (2011), où Valentin Musso a imaginé un père juif en danger cachant sa fille enceinte dans un Lebensborn. Rachel Weil y devient Yvonne, et elle y accouche du petit Théodore.
-  J'ai appris récemment que dans le second roman de NEO, Fin de race (2002), un couple juif en danger pendant l'occupation cachait son fils Nathaël dans une école élitiste, ensuite investie par les SS.

  J'ai commandé et lu ce roman. J'avoue que son dénouement m'échappe, voici un rapide résumé.
  Les Crémieux, célèbres chanteurs d'opéra, juifs, se sont trouvés piégés à Paris en 1940. Ils décident de mettre leur fils Nathaël à l'abri dans l'institution réputée de Valjanceuze, située dans une forêt dont la localisation n'est pas précisée. Il y devient Nicolas Ducorbec, narrateur du récit, perdu parmi les 300 élèves de l'institution.
  Institution dirigée par Déodat de Villenègre, et je n'avais pas jusqu'ici pris garde à cette variante latine de Nathaniel, faute de l'avoir rencontrée. C'est donc un "don de Dieu" qui régit Valjanceuze, propriété de longue date des Villenègre devenue une école élitiste, alors que ce sera un Nathaniel (Korb, "panier", proche de duCORBec) qui financera le Lebensborn dans Les orphelins du mal, quelques années plus tard dans l'oeuvre de NEO, et quelques années plus tôt selon l'histoire car ce Lebensborn serait né dans les années 20.
note : dp me signale que Nathan Korb est le vrai nom de Francis Lemarque, et le mélomane NEO a très probablement choisi ce nom en pensant au chanteur-compositeur, dont la mère déportée est morte à Auschwitz en 1943 (comme celle de Perec).
  Nathaël Crémieux/Ducorbec est désigné à la fin du roman comme successeur de Déodat, après la mort de Déodat et de tous les autres Villenègre. L'une des dernières phrases du roman est l'affirmation de Nathaël : Je suis devenu Valjanceuze.
  C'est explicitement parce qu'il est "un don du ciel, un cadeau de Dieu", que Déodat a reçu ce prénom (page 127). NEO ne donne pas le sens de Nathaël, mais ça ne m'étonnerait pas qu'il le connaisse.

  Son récit montre d'abord ses difficultés d'intégration à Valjanceuze, où le seul ami qu'il se fait est le jeune Artus, lequel vit à l'écart de la communauté, dans une masure au fond des bois (un vrai "ours", arctus). Il suit néanmoins l'enseignement de l'école et s'y montre brillant.
  Puis arrivent le lieutenant-colonel Gelbenzwerck (nom réutilisé dans Les Fidélités successives du même NEO) et sa troupe de SS, qui s'installent sur la propriété. Gelbenzwerck a eu vent de l'excellence de l'enseignement de Valjanceuze, et entend faire participer ses meilleurs éléments à la nouvelle Europe. Les enfants sont soumis à des tests, dont la teneur semble étrange à Nathaël. Il est encore plus surpris lorsque, après 6 mois de tests, les seuls élèves qui ne sont pas envoyés en Allemagne pour y parfaire leur éducation semblent être l'élite de Valjanceuze. Ainsi Nathaël et une trentaine d'autres enfants restent sur place, et continuent les tests bizarres...
  Artus est resté caché dans les bois du domaine. Il apprend à Nathaël que Valjanceuze est désormais au coeur d'un immense camp allemand.
  La fin est déconcertante. On apprend en quelques pages que les Villenègre pratiquent l'inceste depuis plusieurs générations, ainsi deux supposés petits-fils de Déodat, Sosthène et Gérald, sont en fait ses propres fils. Artus est aussi son fils, jadis jugé indigne de la famille.
  On apprend aussi qu'un vaste réseau de caves et grottes s'étend sous le domaine, c'est là que Nathaël apprend le secret des Villenègre qui s'entretuent devant lui. Déodat fait s'affronter Sosthène et Gérald en un combat à mort, puis est tué par Artus qui se suicide, après avoir prié Nathaël d'écrire tout ce qu'il a vu à Valjanceuze, le présent livre...
  Puis Nathaël sort enfin du domaine. Il découvre les camions supposés avoir emmené ses condisciples vers l'Allemagne, dans un fossé, calcinés. Puis s'offre à lui un fantastique spectacle: tout un réseau de voies ferrées s'est développé autour du domaine, et rien que de ce côté Nathaël distingue au moins douze voies s'enfonçant par des tunnels vers les grottes de Valjanceuze. Un convoi de wagons à bestiaux plombés passe devant lui, des plaintes s'en échappent, il lui semble reconnaître la voix de sa mère (un prologue apprenait au lecteur que ses parents étaient tombés aux mains des nazis, un an après son départ).
  Il comprend que l'organisation optimale de tout ce réseau est l'application pratique des problèmes mathématiques ferroviaires soumis aux élèves de Valjanceuze. D'autres problèmes concernaient des concentrations de gaz dans des volumes clos...

  Ceci suggère une histoire alternative où les nazis auraient créé un hypermégacamp de la mort souterrain en France, y exterminant les Juifs de toute l'Europe à l'abri des regards, avec l'aide pour l'optimisation des enfants surdoués du lieu, dont un petit Juif...
  C'est fort peu crédible à plusieurs niveaux, et dérangeant pour la morale usuelle, mais ne déparant pas face aux autres oeuvres du sulfureux NEO. Ainsi dans Les orphelins du mal le nouveau leader nazi est issu des gènes de Hitler et d'une Juive. Dans Les derniers jours de Paris une collusion unit une élite d'humains aux deux races cachées dans les grottes sous la capitale, les blancs et les sombres...

  Il y a une "Dame blanche" qui hante Valjanceuze, et qui terrorise notamment Nathaël. J'avoue n'avoir pas saisi comment cette apparition s'articule avec les autres thèmes du roman, mais elle me rappelle que dans le film La Dame en noir (2012), cette dame est le fantôme de la mère du petit Nathaniel, mort à 7 ans en 1889; elle rend un village responsable de sa mort et en tue les enfants.
   Je m'y étais intéressé pour ce Nathaniel, fils d'un Charles, Charles Drarlow, et un nouvel écho apparaît car le héros du film est un Arthur, Arthur Kipps (Kidd dans le roman original), qui retrouve le corps de Nathaniel, apaisant ainsi la Dame en noir. Chez NEO, Artus utilise la légende de la Dame blanche, qui terrifie les Allemands, pour les écarter de sa masure dans les bois.

  Le succès du film a conduit la Hammer à lui donner une suite, La Dame en noir 2: l'ange de la mort, sortie en 2014. 40 ans après le premier épisode, en 1941, soit l'année principale où se passe Fin de race, Nathaël étant conduit à Valjanceuze en octobre 40, 8 orphelins londoniens sont conduits dans l'île dont la malédiction a été oubliée, ce qui réveille la Dame en noir.
  L'ange de la mort, c'est ici la sculpture qui domine la tombe de Nathaniel, ce qui m'évoque un autre "ange" Nathaniel, Daumal, appelé Nathaniel par ses amis, Daumal mort en 44 pendant la convalescence de Jung, Daumal qui est aussi l'un des premiers à avoir relaté une expérience de sortie du corps.
  La gématrie m'a conduit par ailleurs à découvrir les relations
HAEMMERLI/JUNG = NATHANIEL/DAUMAL = 84/52 = 21/13,
magnifiées par la mise sur le marché au moment de cette découverte d'un document de la main de Daumal montrant son intérêt pour la suite de Fibonacci, et notamment pour le rapport 21/13.  J'ai repensé à ce rapprochement en lisant Fin de race, où Artus appelle Nathaël "l'archange Nathaël" (page 177).

  Il y a un Nathaniel bien moins angélique dans un thriller récent, Le cri, d'un autre Nicolas, Nicolas Beuglet (paru le 8 septembre dernier, anniversaire de mon intuition du 8 septembre 08).
  La 4e de couv' m'a conduit à un achat immédiat. Il y est question d'un homme trouvé étranglé dans un hôpital psychiatrique d'Oslo, portant sur son front une cicatrice formant le nombre 488, or je sais que 488 était le code attribué à Jung par l'OSS, le service de renseignements US qui a précédé la CIA.

  Jung a été recruté en 1942 par le directeur de l'OSS en personne, Allen Dulles. Il était alors le psychiatre le plus célèbre du monde, et pouvait rendre d'immenses services, car sa situation en pays neutre pouvait l'amener à avoir comme clients des responsables nazis.
  Je remarque que cette lettre adressée à Dulles est datée du 11 février 45, l'anniversaire du début des événements de 44. A la suite d'une fracture du pied le 11/2/44, un infarctus a laissé Jung plusieurs semaines entre la vie et la mort.

   C'est bien à Jung que mène le nombre 488 dans Le cri. Nicolas Beuglet y a utilisé le réel projet MK-Ultra, série d'expériences menées par la CIA pendant la guerre froide en vue de développer des techniques de manipulation mentale. Il s'agissait notamment d'étudier l'action des psychotropes tel le LSD 25, et certaines expériences étaient menées à l'étranger, par exemple dans l'hôpital d'Oslo où débute le roman...
   Si le projet MK-Ultra a en principe été arrêté dans les années 70, Beuglet imagine que des agents chrétiens aient continué certaines expériences pour leur propre compte. A leur tête Mark Davisburry, aujourd'hui leader d'une église du Minnesota, et Nathaniel Evans, un agent qui avait été en contact avec Jung dans les années 40.
  Ils étudiaient les effets d'un psychotrope extrêmement puissant, le LS 34, capable de faire régresser l'esprit jusqu'au cerveau reptilien, mais Nathaniel fort de ses entretiens avec Jung pousse les expériences encore plus loin, jusqu'à l'inconscient collectif... En souvenir de Jung, le projet a été baptisé 488, et le nombre a été gravé sur le front du premier cobaye.
  Le but de ces fanatiques est de prouver l'existence de l'âme, pour contrer le recul de la foi. Ils sont parvenus à de fabuleux résultats, identifiant les âmes à la mystérieuse matière noire, ou matière fantôme, le constituant principal de l'univers.
  Mieux, ils ont fabriqué un appareil, le graphortex, permettant de lire le contenu d'une âme individuelle, et sont arrivés à l'ultime étape, piéger un neutrino pour en décoder le contenu... Hélas! ce neutrino correspond à l'âme d'un athée, et l'expérience montre que l'âme éternelle n'est nullement l'apanage des croyants, la religion étant donc inutile...

  Ce subtil dénouement permet d'oublier quelques faiblesses souvent présentes dans les thrillers, péripéties inutiles, personnages stéréotypés.
  Je m'intéresse d'abord aux coïncidences, et l'association de Jung à un Nathaniel est déjà fabuleuse, à moins que Beuglet ne soit un lecteur de Quaternité, ce qui ne semble pas être le cas. Je remarque le prénom du complice de Nathaniel, Mark, que l'étymologie rapporte soit au marteau latin, marcus, soit au dieu Mars. Ainsi Nathaniel Mark serait équivalent à Theodor Haemmerli, le docteur associé à l'expérience essentielle de 44.
   Jung avait été très loin dans l'exploration de la psyché avant cette expérience, mais elle l'a néanmoins profondément transformé, lui apprenant que les archétypes n'étaient pas de simples objets d'étude, mais des "dieux vivants".

  Un autre prénom a retenu mon attention, celui du principal collaborateur de Mark Davisburry, Jonas Kenston.
  Il y a une Saint-Jonas le 5 novembre, lendemain de la Saint-Charles. Jonas est la grécisation de l'hébreu iona, "colombe", et je suis revenu à diverses reprises sur une curiosité: l'anglais dove, "colombe", est pratiquement homophone de l'hébreu dov, "ours", or il existe d'étranges corrélations entre les saints "colombins" et les ours.
  J'y ai consacré ce billet Blogruz, et j'y suis revenu sur Quaternité à l'occasion de la découverte du carrefour entre les rues de la Colombe et des Ursins, sur l'île de la Cité. Il est apparu ensuite une autre curiosité: l'évêque de Bourges Saint Ursin serait selon une légende le Nathaniel des Evangiles, or Ursin est fêté le même 9 novembre que Théodore (et un célèbre Theodore, Roosevelt, est à l'origine du Teddy Bear).

  J'ai rappelé ces faits parce qu'un Artus, "ours", est l'ami de Nathaël dans Fin de race, alors que Jonas Kenston fait partie de la bande à Nathaniel Evans.
  Je repense qu'un "ours" est un manuscrit volumineux, fâcheuse tendance des thrillers actuels, et que le renversement de ARTUS donne SUTRA, "livre" en sanskrit.

  Il y a aussi un Charles dans Le cri, Charles Parquérin, directeur du laboratoire qui fabrique le LS 34 selon les directives de Nathaniel Evans. C'est Charles qui mène à Nathaniel la flic venue d'Oslo pour enquêter sur la mort du patient 488.
  Le LS 34 est une invention, plausible, de l'auteur. 34 est la valeur de CARL, déjà vue remarquable car se répartissant en CR/AL = 21/13, même rapport que HAEMMERLI/JUNG = 84/52.
  Le cri a 51 chapitres et un épilogue, soit 52 éléments. S'il n'est pas divisé en parties, on observe néanmoins une première rupture après 10 chapitres (J-ung = 10-42) consacrés à l'enquête à Oslo sur la mort du sujet 488; le chapitre 11 présente un nouveau personnage, Lazar, un autre cobaye qui a échappé à Nathaniel et Mark, et entend profiter de l'enquête pour comprendre pourquoi il a subi leurs expériences.

  J'ai rencontré récemment un jeu 34-52, dans le roman REVER de Franck Thilliez, où le chapitre 52 est en fait le 34e élément selon la chronologie rétablie:
  Je le mentionne pour un autre écho. A ce jeu est associé un partage doré des 89+1 éléments du roman en 34-55-1. J'ai eu la curiosité de regarder comment se répartit 488 selon le nombre d'or, soit 301.6 et 186.4, partage peu satisfaisant car 487 est le 11e terme d'une suite additive débutant par 3 et 7, se partageant presque exactement en 301 et 186, nombres évoqués ici pour leurs valeurs des mots grecs
Γολγοθα = 186
κρανιον = 301
dans le verset Matthieu 27,33 évoquant le lieu de la crucifixion, le Golgotha qui signifie "crâne" en araméen, κρανιον en grec.
  Le matricule de Jung suggère que 487 agents ont été enrôlés avant lui, 487 qui se répartit en deux "crânes", or Beuglet avait publié un premier roman en 2011, Le premier crâne, sous le nom Nicolas Sker. Je vois que le héros de ce roman, Marcus Sambre, s'y rend au Golgotha...

  Il y avait dans REVER un roman à l'intérieur du roman, La quatrième porte de Josh Heyman, aussi second roman d'un auteur dont le nom réel est Nicolas Gentil, un autre Nicolas. Le code permettant d'accéder aux compléments en ligne du roman est 10-15-19-8, correspondant à J-O-S-H; je remarquais que la somme de ces 4 lettres est 52, comme JUNG.

  Le chapitre manquant de REVER m'avait évoqué La Vie mode d'emploi, et il m'est apparu depuis une lecture jungienne de l'oeuvre majeure de Perec. Elle décrit en 100 chapitres (moins un) la vie d'un immeuble vieux de 100 ans, vu en coupe comme un damier de 10x10 cases. La succession des chapitres est commandée par la polygraphie du cavalier, et l'une des contraintes que Perec s'était imposées est la citation dans chaque chapitre des coordonnées de la case correspondante, le plus souvent sous la forme d'un nombre de 2 chiffres concaténant l'ordonnée (chiffre de 0 à 9) et l'abcisse (idem). Alors:
- Le chapitre 1 a l'indicatif 66, signifié exceptionnellement par 6-6 (le domino double-six), tandis que le chapitre 100 (en fait 99) a l'indicatif 61. Ceci peut former la date 6-6-61 de la mort de Jung.
- L'immeuble date de 1875, année de naissance de Jung.
- Les 100 (en fait 99) chapitres décrivent ce qui se passe dans chaque partie de l'immeuble le 23 juin à 20h, ce qu'on apprend dans le dernier chapitre être le moment de la mort de Bartlebooth, le millionnaire autour duquel tournait la vie de l'immeuble depuis 50 ans.

  Ces coïncidences me rappellent l'étrange transformation du nom de Jung sur sa carte d'étudiant à la faculté de Médecine de Paris en 1902, bizarrement établie au nom CHARLES JUING. Ce nom se trouve offrir la gématrie 66/61, étrange prédestination (éventuellement double puisque juing est la forme ancienne du mois de juin). J'imagine que le verso de la carte donnait la date de naissance de "Charles Juing".

  De nombreuses fictions ont utilisé le scandaleux projet MK-Ultra, mais je doute qu'il y ait beaucoup de cas où l'un des cobayes soit seulement connu par un nombre.
  Or à partir du 15 juillet dernier, trop récemment pour avoir pu influencer Le cri, a été diffusée la série Stranger things, dont un personnage essentiel est une fillette qui a échappé à un programme poursuivant secrètement une expérience MK-Ultra, fillette qui n'est connue que par le numéro qu'elle porte au bras, 11.
  Un personnage important s'y prénomme Jonathan.
  La série est réalisée par les frères Duffer. Tobie Nathan a utilisé dans son roman 613 le nom Dufer, pour son anagramme, Freud...

  La découverte d'un roman évoquant Jung en 52 éléments, 51 chapitres et un épilogue, m'a fait rêver d'un roman en 84 éléments, idéalement 83 chapitres et un épilogue.
  Sans rechercher ceci, j'ai été attiré pendant l'écriture du billet par la 4e de couv' d'une nouveauté à la médiathèque, L'opossum rose de l'auteur argentin Federico Axat (né le 19 juin 1975, 4 jours avant la mort de Bartlebooth).
  Le roman, paru en octobre, a 4 parties de 14-9-33-27 chapitres, soit en tout 83 chapitres, et un épilogue.
  Le personnage principal est Theodore McKay, le plus souvent nommé Ted, interné dans un hôpital psy pour de graves troubles de personnalité. Ted s'accuse de plusieurs meurtres, dont un commis à coups de marteau.
  Il est interné dans un pavillon dont le responsable est Marcus Grant (marcus, latin "marteau").
  L'opossum rose appartient au monde imaginaire de Ted, et son apparition dans ses récits est symptomatique de son délire. Un dernier retournement est donné dans l'épilogue, où un ami de Ted, Arthur, affirme qu'il a lui aussi vu l'opossum...
  Theodore et Arthur me rappellent les amis Nathaël et Artus de Fin de race.



8.10.16

reddeunt Saturnia regna


  De nouveaux éléments concernent quelques points dont il a déjà été souvent question.

  J'ai trouvé dès 2008 remarquables les seules dates précises connues sur la maladie de Jung en 1944 :
- 11 février, fracture du pied de Jung, expédié à la clinique de Haemmerli;
- 4 avril, lever de Jung et alitement de Haemmerli, 53 jours après le 11/2;
- 30 juin, mort de Haemmerli (très voisine de la sortie de l'hôpital de Jung), 87 jours après le 4/4.
  53-87 est le partage doré optimal de la somme 140, or à Jung-Haemmerli correspondent les valeurs numériques 52-84, également en rapport doré. Je suis revenu à maintes reprises sur ces nombres 52-84 qui sont notamment les gématries des noms hébreux Elie-Enoch, les deux seuls personnages de l'Ancien Testament montés au ciel de leur vivant.

  Puis ce billet de 2011 m'amenait à une autre équivalence dorée en hébreu, le couple soleil-lune, 'hama et levana, 53-87, encore remarquable car en 1950 Jung commémora sa guérison de 1944 par la pierre de Bollingen, où figurent à gauche et à droite de Télesphore, dieu de la convalescence, les symboles du soleil et de la lune, en grand.
  Les autres symboles planétaires sont présents sur la pierre, avec Mercure au centre, gravé sur Télesphore:
  Ainsi la pierre réduite à ces symboles pourrait représenter la chronologie exacte des événements de 44, avec côté soleil 53 jours jusqu'au début de la convalescence, marquée par le "tour" de Mercure, le début de la maladie de Haemmerli; côté lune les 87 jours jusqu'à la pleine guérison de Jung et la mort de Haemmerli.

  Je me suis ensuite avisé, grâce à un roman où il était question du tarot, que trois arcanes consécutifs du jeu sont l'Etoile, la Lune et le Soleil, or le nom hébreu de Mercure est kokhav, "étoile", offrant une autre piste.
  Voici ces 3 arcanes dans le jeu peint par Dali, calquant donc l'ordre de la pierre de Bollingen :
  L'ésotérisme relie les 22 arcanes majeurs aux 22 lettres de l'alphabet hébreu, et à ces arcanes 19-17-18 correspondent donc les lettres de mêmes rangs צ-פ-ק , QPÇ, données en haut à gauche dans le jeu de Dali. J'avais alors cherché s'il existait en hébreu des mots composés de ces trois lettres, de préférence dans cet ordre. Dans l'ordre QPÇ existe en hébreu biblique le verbe qafats, dans deux acceptions distinctes, "refuser" et "sauter", tandis que seul l'hébreu moderne semble connaître tsefeq, "péritoine"...

  Quelques semaines après cette recherche, L'ange de la médiathèque me faisait découvrir un personnage de roman nommé Cassiel, et apprendre qu'il était inspiré par l'ange Cassiel des Ailes du désir de Wim Wenders.
  En approfondissant, j'appris que Cassiel était une déformation du nom de l'ange de Saturne dans la tradition hébraïque, Cafsiel, dont le nom hébreu se translittère QPÇYAL, issu vraisemblablement de la racine QPÇ cherchée quelques semaines plus tôt...
  Vraisemblablement, car une autre forme est mentionnée, ÇPQYAL, construite donc en principe sur le renversement QPÇ. J'avais accordé foi en 2011 à une source qui donnait cette forme préexistante à QPÇYAL, mais il me semble aujourd'hui qu'il est plus probable qu'elle soit une contamination de ÇDQYAL, l'ange de Jupiter dont le nom ne pose aucun problème (ÇDQ, tsedeq, "Jupiter").
  Quoi qu'il en soit, un hasard m'avait conduit à un concept réunissant les deux formes QPÇ et ÇPQ envisagées un mois plus tôt environ, à partir des symboles planétaires Soleil-Mercure-Lune pouvant dessiner une chronologie sur la pierre de Bollingen, et ce concept est lié à Saturne, qui "préside aux choses du temps" comme chantait Brassens.
  Le symbole de Saturne figure au-dessus de Télesphore sur la pierre de Bollingen.

  Il semble que le nom hébreu de la planète Saturne, SBTAY, doive son nom au shabbat, SBT, lui même lié au nombre sept, SBO, le monde juif ayant emprunté aux Latins l'usage de vouer les jours aux planètes, mais la "semaine" latine avait originellement 8 jours, un jour de repos et 7 jours consacrés aux 7 planètes.
  Le shabbat étant le jour sacré de la semaine juive, Saturne acquiert une certaine prédominance par rapport aux autres planètes, et de même la lettre Bet par rapport aux 6 autres lettres doubles, selon le jeu de correspondances du Sefer Yetsira.
  J'ai consacré plusieurs pages au nom de cette lettre Bet, BYT, "maison", qui devient par atbash SMA, les trois lettres mères dont viennent les lettres qui composent dans notre alphabet MAS, autre "maison". Je n'avais pas encore vu que le "jour de Saturne", logiquement saturday en anglais, était SAMedi en français, SAMstag en allemand, un "jour de SAM"? Wikipédia m'apprend que ces formes viennent du bas latin sambati dies, variante d'origine grecque du latin sabbati dies signifiant "jour du shabbat".
  Je remarque que le mot le plus immédiat utilisant les 6 lettres BYTSMA est משבתאי, "de Saturne". Le premier résultat de la requête renvoie ceux qui ne sont pas abonnés au journal en ligne Haarets à sa page d'accueil, où la première rubrique est "Maison".

  La contamination entre les noms des anges de Saturne et Jupiter évoque par ailleurs la mystérieuse gravure de Dürer, Melencolia, offrant de multiples références à Saturne par ses divers outils de mesure, mais aussi à Jupiter avec le carré magique d'ordre 4. Ce carré comme le gnomon de la gravure permettent de découper la somme des 16 premiers nombres en 52-84, valeurs de JUNG-HAEMMERLI. Je l'ai encore rappelé dans le précédent billet.

  Comme j'y ai rappelé La cité des anges, remake US des Ailes du désir, où Cassiel a gardé son nom, mais où Damiel et Peter Falk, les anges incarnés, sont devenus Seth et Nathaniel, de valeurs 52 et 84.
  Mieux, les deux autres rôles essentiels du film, Maggie et Cassiel, sont aussi en rapport doré, 42 et 68. Je n'avais pas encore remarqué que les valeurs 42-52-68-84 correspondent à 4 mesures consécutives du Modulor.
  Le Corbusier a choisi pour taille idéale de l'homme 6 pieds (183 cm), parce que c'est aussi 144 demi-pouces, nombre de Fibonacci, permettant d'accéder aisément aux autres mesures de la série Rouge par la suite de Fibonacci (mais de fait c'est effectivement une taille moyenne aux USA, notamment celle de leurs présidents). Comme cette gamme était insuffisante pour couvrir tous les besoins, Le Corbusier y a adjoint la série Bleue, doublant les valeurs de la série Rouge. De même 42 et 68 appartiennent à la suite de Fibonacci doublée, 52 et 84 à la suite quadruplée.
  Tiens, Nicolas Cage, alias Seth, a pour taille 183 cm, 6 pieds ou 72 pouces. C'est aussi la taille d'Andre Braugher, alias Cassiel (voir au début du billet). J'ai récemment fait écho à l'idée selon laquelle ç'aurait été la taille exacte du Christ. Je remarque encore que les deux anges au départ du film sont Seth et l'ange du septième jour.

  J'en viens au point qui a motivé l'écriture de ce billet. Il existe un jeu de tarot où l'arcane 17, l'Etoile, est explicitement identifié à Mercure.
  Il s'agit d'une mosaïque couvrant les murs de la chapelle du château d'Avenières, composée pendant la Grande Guerre sous la direction de l'ésotériste Assan Dina. Les 22 arcanes sont présents, dans un ordre inhabituel, sur deux rangées. Les figures de la rangée du haut doivent jouer avec les arcs de la chapelle de style gothique, et une première curiosité est que les arcanes 18 et 19, la Lune et le Soleil, sont intervertis, de part et d'autre de la porte de la chapelle.
  L'Etoile est l'un des 4 arcanes inscrits entre deux arcs d'ogive, si bien que cette construction inspirée par la pierre de Bollingen a quelque pertinence:

  Au-dessus de la figure féminine de l'Etoile apparaît une composition en laquelle se reconnaît aisément le symbole de Mercure, formé d'un croissant (de lune?), d'une étoile (le soleil?), et d'une croix, symbole d'unité des complémentaires.
  Je renvoie à ce site très complet pour plus d'informations sur le tarot d'Avenières. Je signale encore que les correspondances avec les lettres hébraïques sont données pour chaque arcane, la réalisation en mosaïque ne permettant pas toujours une identification aisée.

  Je reviens maintenant sur le cryptogramme final du Symbole perdu, où le premier qui cherche à l'élucider est Mal'akh, "ange", et l'autre L'ang(don):
   Je m'étais borné dans le précédent billet à commenter ses deux dernières rangées, montrant les  12 signes du Zodiaque autour de l'Echelle de Jacob.

  La première rangée énonce HEREDOM en lettres grecques, soit le mot maçonnique pour hieros domos, la "maison sacrée", que Langdon et Mal'akh identifient au Temple maçon de Washington.

  La seconde rangée montre les 7 symboles planétaires, avec au centre le Soleil, occupant deux cases, et semble-t-il autour, alternativement à droite et à gauche, les planètes (au sens antique) selon leur proximité de la Terre.
  Ainsi apparaissent au centre Mercure, Soleil et Lune.

  Les 4 autres rangées montrent une pyramide, dont le sommet est entouré par des symboles évoquant des lettres, formant les mots LAUS DEO, "louange à Dieu", figurant au sommet de l'obélisque de Washington. J'y reviendrai.
  A l'intérieur de la pyramide figurent 12 symboles évoquant essentiellement les principales religions du monde.

Restent 6 cases, 3 de chaque côté, avec à gauche une étoile à 5 branches, la lune et le soleil. Ceci évoque les 3 arcanes du tarot, dans leur ordre effectif 17-18-19, que j'ai fait correspondre à Mercure-Lune-Soleil.

  A droite 3 symboles essentiellement maçonniques, les 3 bougies, le compas, et la pierre cubique.
  Les bougies latérales symbolisent le Soleil et la Lune, la bougie centrale correspond au Maître de la loge auquel il revient de faire l'équilibre entre les deux. Le voisinage de la pierre cubique m'évoque le "ramassis" d'Etienne Perrot, transformé en ce rébus:
   Le Soleil est pour Râ, la pierre cubique pour la "masse", et la Lune pour Is(is). J'ai d'abord évoqué ce rébus ici, y constatant sa possible équivalence avec les Soleil-Mercure-Lune de la pierre cubique de Bollingen, puis j'y suis revenu à diverses reprises. 

  Une nouvelle curiosité est que, lorsque la grille de symboles est mélangée selon le carré magique de Franklin, la forme sous laquelle elle apparaît d'abord dans Le symbole perdu (voir le billet précédent), la Lune, la pierre cubique, les 3 bougies et le Soleil apparaissent consécutivement dans la 6e colonne. Je rappelle que les 3 bougies constituent un symbole d'union des complémentaires analogue à l'ensemble Soleil-Mercure-Lune.
  Les 4 autres cases de la 6e colonne, sur la première forme désordonnée de la grille, sont occupées par 4 symboles qui seront contenus dans la pyramide, sur la forme ordonnée, avec d'abord le Sceau de Salomon, puis deux symboles égyptiens, l'Oeil d'Horus et l'Ankh, entourant la Croix.
  Le Sceau de Salomon m'évoque l'autre rébus donné par Perrot dans Coran teint, conjonction du mot "pélican" et du code postal de sa ville de naissance, 29113, transformé en 3 hexagrammes du Yi King, 29-11-30.
  Li et K'an sont donc le Feu et l'Eau, représentés traditionnellement par un triangle pointe en haut et un triangle pointe en bas, la superposition des deux conduisant au Sceau de Salomon, de même racine que shalom, la Paix.

  Je m'émerveille que le nom du gardien du secret de Washington dans Le symbole perdu soit Peter Solomon, avec SOLOMON donnant SOL-MOON, Soleil latin et Lune anglaise, et Peter qui dans toutes les langues est la Pierre (sur laquelle Jésus a bâti son église). Il y a probablement ici une part d'intention de Dan Brown, mais la pierre cubique n'est pas le symbole immédiat unissant Soleil et Lune, lequel est Mercure, et Perrot y a eu un recours forcé par le rébus ra-mass-is.
PETER / SOLOMON = 64/103 est un nom doré.
  64, carré de 8, est aussi le cube de 4.
  Il y a 64 hexagrammes, ordonnés en un carré 8x8, comme le carré magique d'ordre 8, dont une forme est le carré planétaire d'Agrippa, correspondant à Mercure. L'Oeil d'Horus est aussi apparenté au nombre 64.
  Je remarque que le symbole de Mercure occupe la position 11 sur la grille maçonnique, comme la Paix sur le carré des hexagrammes, Paix à laquelle Perrot fait correspondre le Sceau de Salomon, occupant la position 29 sur la grille, correspondant à l'hexagramme Eau.

  Je reviens à la formule Laus Deo, où le E médian de Deo est formé du symbole antique de Mercure, selon Langdon. Le symbole chimique moderne de l'or, Au, forme le centre de Laus. Le symbole astrologique du soleil, occupant le centre de la ligne supérieure, est aussi le symbole alchimique de l'or.
  C'est déjà étonnant, mais je remarque qu'en français ces lettres E et AU forment le mot EAU, dont les correspondances symboliques avec argent et Lune sont bien connues. Mieux, ces symboles figurent ensemble dans l'ordre vertical EAu sur la colonne 5 de la grille en désordre, entremêlés à deux éléments de construction de la pyramide, laquelle est un triangle pointe en haut, symbole du Feu, et ces 4 cases jouxtent immédiatement les symboles lune-pierre-3 bougies-soleil analysés plus haut.

  En cherchant à vérifier l'assertion de Langdon sur l'ancien symbole de Mercure, je suis tombé sur cette page de Christophe de Cène qui m'a retenu, me renvoyant à mon bref début de doctorat en chimie, où mes velléités transmutatoires avaient été mal accueillies par le CNRS. Elle présente notamment une correspondance entre planètes et arcanes du tarot, avec l'Etoile pour Vénus et le Bateleur pour Mercure:
  Une seconde ligne donne les autres planètes, Mars, Jupiter, Saturne, homologuées aux arcanes 7, 4, 9. Ces correspondances me semblent fantaisistes car motivées par les carrés associés réduits, 25 pour Mars > 7, 49 pour Jupiter > 4, 81 pour Saturne > 9, mais les réels carrés traditionnels pour ces deux dernières planètes sont 16 et 9. C'est peut-être le même esprit qui a mené du carré de Mercure 64 à 1.

  D'autres considérations sont plus pertinentes, déjà relevées depuis belle lurette. Plusieurs illustrations sont données, plaçant le Mercure au centre des 6 autres métaux traditionnels, car le Mercure était pour l'alchimie le principe de tous les métaux. La page commence par Basile ("roi") Valentin, ce qui me fait me demander si le "roi du monde" Valentin de L'enfant du premier matin ne devait pas son nom à cet alchimiste.
  Puis il y a cette illustration non créditée où le Mercure est au centre d'un Sceau de Salomon dont les 6 pôles correspondent aux éléments-planètes, le tout dans un ourobore (symbole également présent sur la grille de Dan Brown):
  J'y ajoute les symboles scientifiques des éléments correspondants, ainsi que leurs nombres atomiques (sauf pour le mercure au centre, Hg 80), ce que Christophe de Cène fait pour la gravure de Basile Valentin, mettant en évidence que trois des nombres atomiques, 26-47-79, diffèrent de 3 des trois autres, 29-50-82.
  Ceci se retrouve dans la semaine, où Mercredi jour de Mercure est son milieu (Mittwoch en allemand), ses 3 premiers jours Dimanche (Sunday), Lundi, Mardi, Or-Argent-Fer (79-47-26), les 3 autres jours correspondant aux métaux Etain-Cuivre-Plomb (50-29-82).

  Christophe de Cène achève sa page en comparant la somme des nombres atomiques de l'or et l'argent, correspondant à Soleil et Lune,  79+47=126, aux 126 combinaisons de 4 dés (dont 4444), ce qui me rappelle que j'ai associé au dé le cube figurant la "masse" cubique de Perrot, entre Soleil et Lune.
  Il associe la pierre philosophale au Sceau de Salomon et au nombre 126, ce qui fait pour moi un nouveau lien entre les deux rébus de Perrot.

  J'ai retransmis ces échos entre spéculations traditionnelles et science moderne pour aborder d'autres curiosités.
  La Lune correspond donc à l'Eau, or le nombre de masse de la molécule "eau", H-O-H, est 18 (1-16-1), et la Lune est l'arcane 18, sur lequel figure usuellement une nappe d'eau. Sur la grille de Dan Brown, c'est dans la case 18 qu'apparaît le symbole Au (que j'ai transformé en EAu).
  Lorsque j'ai commencé à étudier l'hébreu, je me suis émerveillé que "eau" y soit MYM, de même structure que la molécule H-O-H, de gématrie 90 (40-10-40), multiple de 18.
  Les 126 combinaisons de la pyramide des 4 dés se répartissent en 56 jaunes et 56 bleues se déduisant des premières par complémentarité des points à 7, et 14 combinaisons roses où la complémentarité est interne, soit un motif 56-14-56 ou 4-1-4, identique à celui de MYM, 40-10-40, 4-1-4 selon les nombres réduits (mispar qatan).

  Toujours sur la grille, le mot L-Au-S occupe les cases 17-18-19, numéros des arcanes Etoile-Lune-Soleil. Ceci m'évoque la 8e sefira, hod, correspondant à Mercure, dont le sens "gloire" est proche de laus, et dont le nom est composé de 3 lettres consécutives, HWD (5-6-4).

  Aux métaux Mercure-Argent-Or correspondent les nombres atomiques 80-47-79, de somme 206. 206 se répartit selon le nombre d'or en 127 et 79, soit la somme des nombres atomiques du "vif argent" et de l'argent, souvent associés à la fabrication de l'or, et le nombre atomique 79 de l'or lui-même. Je m'étouffe de honte en pensant qu'il m'a fallu au moins 5 ans pour voir cette harmonie.
  206 a une correspondance immédiate pour l'hébraïsant, le mot DBR (4-2-200), davar, "parole", "mot", équivalent au latin verbum.  Les protagonistes du Symbole perdu sont à la recherche du Verbum significatum, que Mal'akh imagine être un mot.
  Le "fin mot" de la grille brownienne est que la pyramide y représente le sommet de l'obélisque de Washington, où parmi diverses inscriptions figure la formule Laus Deo. Les marches sous la pyramide correspondent à l'escalier de 896 marches menant au belvédère du monument, d'une hauteur de 555 pieds. Peter Solomon y emmène Langdon de nuit, les yeux bandés, par l'ascenseur, puis lui montre l'escalier, semblant descendre en spirale vers des profondeurs infinies.
  Le grand secret, c'est qu'au bas de ces marches, une Bible est enterrée avec la pierre de fondation du monument, le verbum, la parole divine...

  896 marches. A 8-9-6 correspondent Mercure-Lune-Soleil, encore l'ordre du tarot, selon l'astronomie ptoléméenne où les rangs 1 et 2 sont occupés par le Premier moteur et le ciel des étoiles fixes, puis les 7 suivants, auxquels correspondent les carrés magiques d'ordre 3 à 9, par les 7 "planètes", selon leur éloignement de la Terre, centre de l'univers.
  A ces escaliers correspondent sur la grille les cases 52-53-60-61, somme 226, nombre m'évoquant aussitôt les 226 cm du Modulor, correspondant à 89 pouces.  Les spires associées aux séries Rouge et Bleue peuvent évoquer le caducée d'Hermès (Mercure), ce qui est encore plus net sur la sculpture en façade de la Cité Radieuse, ou sur la première version du Modulor de 216 cm dessinée par Le Corbusier en 1946 (ci-dessous).
  Je n'imaginais pas, en présentant les photos en pied de Andre Braugher et Nicolas Cage (Cassiel et Seth dans La cité des anges), y trouver un tel écho. Il faudrait obtenir de l'un ou l'autre qu'il prenne la pose du bonhomme Modulor...

  Par ailleurs les 555 pieds et 896 marches de l'obélisque me sont évocateurs.
  Il semble que les 555 pieds soient un hasard, l'architecte en ayant prévu 600, mais il fut jugé en cours de construction que les fondations étaient insuffisantes pour supporter l'édifice prévu. Et ce n'est pas exactement 555, les avis diffèrent selon les modes de mesure...
  Quoi qu'il en soit, l'escalier descendant en spirale vers des profondeurs infinies m'a aussitôt évoqué La maison des feuilles de Danielewski, maison qui me semble avoir beaucoup à voir avec le Temple de Salomon, comme avec Le Corbusier et la Quine des bâtisseurs, fumisterie vraisemblablement imaginée à partir du Modulor. Je rappelle que la première rangée du carré énonce HEREDOM pour hieros domos, "maison sacrée" qui est essentiellement pour les Maçons le Temple de Salomon.
  La prétendue Quine antique serait un ensemble de 5 mesures fibonacciennes, de 34-55-89-144-233 lignes, total 555.
  555/896 donnerait une hauteur de marche proche de 0.618 pied,  rapport d'or idéal (mais l'escalier ne monte que jusqu'au belvédère vers 500 pieds).
  Au-dessus de la pyramide figurent les symboles des 7 planètes, et 7x896 = 6272, le nombre unitaire gouvernant l'harmonie de la vie de Jung autour du 4/4/44, 4 fois 6272 jours de sa naissance au mardi 4/4/44, 6272 jours ensuite jusqu'au mardi 6/6/61, exactement 896 semaines plus tard.
  Au dernier chapitre du Symbole perdu, Langdon, confronté à l'idée d'une conscience universelle qui serait selon Katherine Solomon prouvée par la science, songe à l'inconscient collectif de Jung.


  Dans la rubrique "Coincs en cours d'écriture du billet", j'étais le 29 septembre en train d'étudier le nom Cassiel en écoutant Les nouveaux chemins sur Culture, consacré à Moïse et le monothéisme de Freud, avec pour invité Tobie Nathan. Un document de l'émission était une lettre de Jakob Freud à son fils, lue par Georges Claisse. Mon approfondissement du nom Cassiel dans L'effaceur était en partie dû à un autre personnage du roman nommé Claisse, anagramme de Cassiel. Georges Claisse est souvent la voix française de Bruno Ganz, lequel joue Damiel dans Les ailes du désir (mais il y assure son propre doublage en français).
  Dans son roman Serial eater, Tobie Nathan a imaginé un auteur de polars nommé Antoni Sabath (anagramme de Tobias Nathan).
  Un autre nom de l'ange de Saturne est Sabathiel.

  Le 29 septembre, c'est la Saint-Michel, Michael étant dans certaines version du Sigillum Dei Emeth l'ange de Mercure, celui de Saturne étant Cassiel (ici Casziel).
  Le 29 septembre est en 2016 le 273e jour de l'année, avec 273 produit de 13 par 21, mes Fibos obsessionnels.
  En décembre 2011, j'avais proposé à la ListeOulipo un "carré Saturne", carré 7x7 à la manière du carré Sator:
     E N R U T A S
     N E E N I C A
     R E M E L I T
     U N E D E N U
     T I L E M E R
     A C I N E E N
     S A T U R N E
  Ma lecture en est : En rut, as né en Icare, m'élit un Eden utile, me racine en Saturne. J'en laisse l'interprétation aux exégètes.
  J'avais apprécié sa valeur numérique, 546 = 2x13x21.
  Ou encore 7x78. Tiens, la valeur 98 de SATURNE est un multiple de 7, et même du carré de 7.

  Je ne crois pas m'être souvenu de cette composition, dont je n'étais pas particulièrement fier, lorsque j'ai abordé 8 mois plus tard le Sigillum version John Dee, avec les lettres des 7 anges réparties de curieuse manière sur un carré 7x7, dont les lignes forment 7 mots énigmatiques figurant sur le Sceau.
  L'ange de Saturne y est donc Sabathi(el), tandis que celui de Mercure est Corabi(el), déformation de kokhab (kh se prononce comme la jota espagnole).

  Je publie ce billet un samedi, un peu spécial car c'est le premier Shabbat de l'année juive (5)777 qui a débuté dimanche dernier.
  Son titre a une orthographe inhabituelle pour reddeunt, choisie pour une harmonie gématrique latine (87/141), mais j'ai vérifié son emploi effectif, y compris pour la formule de Virgile.