8.9.21

vingt fois seize, huit, neuf (sic)

 
  La récente série des billets 317-318-319 n'aurait pas vu le jour si je n'avais eu jadis l'idée de calculer qu'à 137 correspondait en allemand
EINS DREI SIEBEN = 47+36+54 = 137.

  Je me suis demandé comment j'y étais venu, et ça s'est passé en juin 2014 sur la liste Oulipo où Jean-Luc Piedanna, expert en informatique, s'est inspiré des "nombres schulziens" développés par Eric Angelini et Jean-Marc Falcoz dans la BLO 15, à l'occasion de mon 60e anniversaire le 6/7/2010. Ce sont des expressions numériques en toutes lettres dont la valeur numérale est égale à la valeur gématrique.
   Certains nombres sont n-schulziens, c'est-à-dire qu'ils admettent plusieurs représentations, le premier d'entre eux étant 252, avec
SIX FOIS QUARANTE-DEUX = 252, et
DOUZE FOIS VINGT-ET-UN = 252.
   Aujourd'hui ça me fait penser à Ricardou dont les nombres fétiches étaient 24, 42, 48, 84, et qui est mort à 84 ans en
2016 = 24x84 = 42x48 (= 8x252).

   Eric envisageait des nombres 60-schulziens, hors de portée des calculs de 2010, mais Jean-Luc a élargi les critères et a ainsi pu proposer le 13 juin un nombre 71-schulzien, 617. Je passe sur le détail des 71 expressions, la première étant
TROIS CENT VINGT-HUIT PLUS DEUX CENT QUATRE-VINGT-NEUF.
   Un nombre 64-schulzien aurait été mieux venu à l'approche de mes 64 ans, mais c'est ce nombre 71-schulzien que le programme a découvert. "Prenons de l'avance", justifiait Jean-Luc...

   J'avais bien sûr oublié ce nombre 71-schulzien, 617, lors de mon 71e anniversaire le 6/7 dernier.

   Quelques jours avant les messages de Jean-Luc, je venais de publier L'affaire Luther Caleb, où la lecture du nombre 123 en tant que
UN DEUX TROIS = 35+54+81 = 170
s'était révélée très significative, et ceci m'avait motivé pour généraliser le procédé, dans diverses langues, et proposer sur la liste le 18 juin divers "invariants schulziens", tel 137 en allemand.

   Le rappel de ces travaux, grâce à la proposition de joindre le groupe FB 137, m'a conduit à quelques essais dans cette voie, notamment à m'intéresser au nombre 89, 11e terme de la suite de Fibonacci et valeur de RICARDOU (et de SCHULZ, accessoirement).
HUIT+NEUF = 58+46 = 104.

   Ceci a enclenché une kyrielle d'échos:
- La phrase essentielle de Ricardou, celle de "l'intégrale transmutation", fait apparaître les nombres de mots, en faisant abstraction des parenthèses,
34 () 21 () 13 () 104,
soit les nombres de Fibonacci 34-21-13, et 104 = 13x8, par exemple, mais ce pourrait signifier aussi 89.
- La section d'or de 104 est 64, 8x8, or le récent billet sur Résipiscence m'a fait entrevoir que Ricardou avait pu y exploiter la valeur de SEIZE, 64.
- Les lettres de rangs 16-8-9 sont P-H-I, Φ, le nombre d'or.
- A 16-8-9 correspondent donc
SEIZE+HUIT+NEUF = 64+58+46 = 168,
le nombre de pieds d'un sonnet d'alexandrins, pour beaucoup la forme poétique par excellence.
- Davantage, le découpage 64-104 ici présent respecte la petite césure d'or du sonnet, ce que j'ai veillé à faire dans plusieurs de mes compositions, notamment mon anagramme de 2006 du sonnet de Perec Vocalisations.
- Il s'est trouvé que j'en avais réalisé une anagramme minimaliste en 1999, en l'incorporant sous forme codée dans mon roman Sous les pans du bizarre. Il m'avait semblé servile de reprendre le sonnet tel quel, aussi j'y avais introduit deux minuscules variantes: ALCOOL était devenu LOOCAL au vers 8, et NADIR RADIN au vers 13, ceci parce que Perec avait signé Arthur Rimbaud son lipogramme, Rimbaud né à Charleville (08) et mort à Marseille (13), et parce que j'étais membre de l'association 813. Or
ALCOOL = LOOCAL = 58 = HUIT, et
NADIR = RADIN = 46 = NEUF,
ce qui était fort loin de mon esprit lors de cette facétie, mais j'avais cependant vu que
58+46 = 104 = 8 fois 13, et que les mots occupaient les rangs 66 et 102 du sonnet, avec
66+102 = 168, son nombre de pieds.

   Le point suivant demande plus de développements. Si ce sonnet m'obsède depuis 1996, c'est parce que ses 112 mots ont pour valeur 6272, soit 112 fois 56, 56 qui peut aussi se lire 4 fois 14, le nombre de strophes par le nombre de vers.
   Il se trouve qu'en avril 2001, le sonnet a été choisi pour sujet par le forum Anagrammy Awards, à charge pour les candidats d'en donner des traductions anglaises anagrammatiques du français. Les 3 versions données, en ligne ici, étaient l'une à l'échelle du sonnet (1), la suivante à l'échelle de la strophe (4), la dernière à l'échelle du vers (14). Avec mon anagramme à l'échelle des mots (112), se retrouvait ainsi la valeur totale du sonnet,
112x1x4x14 = 6272.
   En 2006, GEF programma le Gématron, outil qui me permit de réaliser une vieille idée, composer une anagramme du sonnet telle que chaque vers compte 8 mots et la gématrie 448, soit 8 fois 56. Comme le Gématron calculait aussi les césures d'or, je les ai incluses au niveau des pieds, des mots, des lettres et des gématries, ce n'était qu'une légère difficulté supplémentaire.

   L'étape suivante vint en 2008, le 8 septembre où je me suis réveillé avec une étrange idée imprimée en tête: le 4/4/44, la date donnée par Jung pour un événement exceptionnel de sa vie, ce 4/4/44 schématique au plus haut point se trouvait exactement aux 4/5es de sa vie.
  Ceci s'est vérifié, de sa naissance au 4/4/44 à midi, Jung a vécu 4 fois 6272 jours (et 16 heures); du 4/4/44 à midi à sa mort, Jung a vécu 6272 jours (et 4 heures).
   J'ai bien sûr reconnu ce nombre 6272 qui m'était cher au plus haut point, et me suis émerveillé de mon anagramme de 2006 qui pouvait être
- soit le 5e arrangement des mêmes lettres composant le sonnet de Perec;
- soit sa 5e anagramme en prenant en compte la version minimaliste de 1999.
   Et c'était moi qui avais réalisé cette 5e version, moi à qui il avait échu de mettre à jour le schéma 4+1 dans la vie de Jung...

   Et voici que 13 ans plus tard, il se révèle que les minuscules modifications de 1999 touchant les mots de valeurs 58 et 46 correspondent à HUIT et NEUF, comme le 08/09 de ma découverte de 2008.
   J'avais déjà vu cette date comme significative, principalement parce qu'il s'agissait du premier jour de l'an pataphysique 136, un nombre lié à l'échange du 4/4/44, mais le HUIT/NEUF est tout de même plus immédiat.

   Davantage, Sous les pans du bizarre est paru en octobre 2000, 8 ans avant la découverte de 2008, il y a exactement 13 ans. 8/13 est la simplification du rapport 64/104 de P/HI, alors comment saluer cet ensemble, sinon avec une autre anagramme de Vocalisations, exploitant cette nouvelle relation?
   J'ai imaginé de répartir le sonnet en trois phrases de 64, 58, et 46 pieds, correspondant à P-H-I, aux nombres 16-8-9. Chaque phrase devra débuter par un mot débutant par la lettre source, et comporter le nombre de lettres correspondant à son rang; les autres mots de la phrase auront des nombres de lettres diviseurs de ce rang, ainsi les mots initiaux sont ici Philosophassions, Honorons, Invoquons.
   Bref voici:

Philosophassions-nous qu'un jour tant masculin,
l'incision d'un fort
coin, clan rond où radoucir,
crucifia rois si mous (l'ardu va voir s'unir);
l'aria d'azur ravi n'a tu look sibyllin

d'axolotls musicaux, d’où courroux mandarin:
ça fusionna. Honorons-la donc pour souffrir,
l'individu prouvait sûrs brûloirs (garantir
n’assainit un grossium), briffant rail assassin;

unprompt flandrin, taon pris d'un coma suffixal,
dindonna d'abrasion un crin, crin d'automnal
sans dams...  Invoquons ici l'inaugural son,

cri non ouï d'aquitains aux six unimodaux,
insistant barjaquat, l'air s'usa d'abduction:
à toi PHI, toi l'ami, div ina proportio !


   De quoi occuper quelques générations d'exégètes... On n'entend pas ça tous les jours dans Plus belle la vie...
   La seule contrainte annexe a été de conserver 112 mots en tout.
   Je tenais à la divina proportio finale, mais il a fallu scinder divina qui était illicite tel quel. Un déficit de voyelles constaté en cours d'écriture m'a fait employer le sympathique "prompt", avant de réaliser tardivement qu'il était aussi interdit, et un fusionnement inverse a résolu le problème.

   Le 17e mot (8+9), "radoucir", est l'anagramme de Ricardou. J'ignorais en 1999 qu'il avait dès 1972 codé un sonnet à l'intérieur d'un texte, un sonnet également dérivé d'un sonnet connu. Il en va de même pour le sonnet L'ardu X, ainsi "crucifia" et "ardu" au vers suivant ont quelques arrière-pensées.

   Après 2006, j'ai commis deux autres strictes anagrammes de Vocalisations, donc celle d'aujourd'hui serait la 5e, en comptant celle de 1999. C'est peut-être l'occasion de les rassembler, en commençant par cette première:

A noir, (Un blanc), I roux, U safran, O azur:
Nous saurons au jour dit ta vocalisation:
A, noir carcan poilu d'un scintillant morpion
Qui bombinait autour d'un nidoral impur,

Caps obscurs; qui, cristal du brouillard ou du Khan,
Harpons du fjord hautain, Rois Blancs, frissons d'anis?
I, carmins, sang vomi, riant ainsi qu'un lis
Dans un courroux ou dans un LOOCAL mortifiant;

U, scintillations, ronds divins du flot marin,
Paix du pâtis tissu d'animaux, paix du fin
Sillon qu'un fol savoir aux grands fronts imprima;

O, finitif clairon aux accords d'aiguisoir,
Soupirs ahurissant RADIN ou Nirvâna:
O l'omicron, rayon violin dans son Voir!


  Il suffit de rectifier LOOCAL et RADIN pour retrouver le sonnet original de Perec.  

  Voici la version de décembre 2006, dont je ne suis pas fier car c'était ma première tentative d'anagramme à cette échelle.
   Les sections d'or sont marquées par des astérisques; celle au niveau 104-64 pieds se fait sur "divin rapport", devenu "divina proportio" (chez Rimbaud les 104 pieds tombaient sur "vibrements divins", chez Perec sur "ronds divins").

a noir, …, i quinquinas, u troublant, o violin,
an du jour disparu, surtout pas par hasard.
haut a, noir pavillon, ficin pour maints anars,
rajas sans contrition au soir du grand matin,

but tabou; agoni dans son brouillard aux mains,
un parti dort, * cristal, la croix du maquisard;
i roux, fiction sans gond, rubicond si soiffard,
pis d'indivis frimas, nid aux hiboux mutins;

u zut, ufo, divin rapport, * nul fric crural
qu'un canif (son crayon, art commis convivial)
n'a conclu, nul lin rilsan, coincoins, dînaillons;

o maximum, sillons du saindoux ou du dior,
la raison à valoir où nous aussi saurons
au knossos infini franchir son portail d'or !


   Ce fut ensuite Consonnantisations en février 2012. Ayant constaté qu'il manquait une seule consonne à Vocalisations, W, lettre sensible dans l'univers de Perec, il me vint l'idée d'une énumération de ces consonnes, avec quelques mots d'accompagnement pour chacune, ce qui facilitait le travail d'anagramme et me permit de construire une forme en vers isocèles de 44 espaces, en conservant néanmoins toutes les contraintes de l'anagramme précédente.
   Il m'apparut aussi que les 16 premières consonnes, égrenées dans les quatrains, se prêtaient à une organisation en carré magique, ce qui fut fait.
   Voilà:

T voilà transfixions quand D damans nandous,
M maux Nanon nonnain, H aux laquais vaudous,
K coquin au blouson, G faisait croupion pur,
J jour Carl disparu Q soudain pris d'Arthur,

L lourdaud irlandais au P plain du voussoir,
C cours induit. N nord dur nobliau saouloir,
B blanc dit noircissant R roux lors infinis,
S soins pour clinicat, F foison aux choisis,

V vibrant un vassal forfait. Toi mi-moirant,
moirant l'ourson Armin d'un amaigri courant,
l'ouubli, n'ouïra-t-il ta consonnantisation?

X chiasma non moisi d'un froussard mordicus,
Y faillait un six, vrai flicard trois sinus,
Z soupir d'un poignard racial par incursion.


  En mai 2017 vint une autre idée. Il y a 32 possibilités de composer un hémistiche de 6 pieds à partir de mots de 1 à 6 syllabes, ce qui permet de les épuiser en 4 quatrains d'alexandrins comptant 112 mots. Pourquoi pas une nouvelle anagramme, avec chaque quatrain dédié à l'une des voyelles?
   Les 32 combinaisons peuvent être appariées en 16 paires de 7 mots, ce qui fut fait, à nouveau en vers isocèles, de 39 espaces cette fois.
   La seule autre contrainte a été une même valeur pour chaque quatrain, 1568.
   Voici:

A noir, un blanc, vois là vocalisation,
du lait sur un tapis, plis sinusoïdaux,
du rata dans un qat prônant forclusion,
osant la vis sans fin, indivis animaux.

I roux, jus maxi blanc, inquisitif ami,
mais ni Dado ni Grof, infraliminal tic,
Carl Gustav Jung osa punir, impuni psy,
ainsi vit-on nourrir un indu pronostic.

U safran, oral blanc, dahu pur inconnu,
midis, du dural tour au lupanar obscur,
sursis moraux au nid, malotru si cornu,
un fol amour ado parfois obliquant dur.

O violin, blanc su du fat conquistador,
riz doux cortical dol à horrifiant son,
on a dix corridas, arrondissant son or,
omicron du roi Shir, Knossos haï sinon.


   1999-2006-2012-2017-2021... Il y a une certaine logique dans ces millésimes, séparés par 7-6-5-4 années.
   Une nouvelle révélation justifiera-t-elle une autre anagramme en 2024?

   Après coup encore, je constate que ces 5 anagrammes totalisent 72 vers, puisque celle de 2017 compte 16 vers.
   72, c'est 8 fois 9.

Ajout du 12/09: J'ai ressorti Sous les pans du bizarre pour y étudier comment j'avais codé les mots LOOCAL et RADIN aux chapitres concernés.
   Je rappelle que ma décision d'ajouter le sonnet par codage s'est faite après l'écriture du roman, d'où ce n'est en rien une coïncidence si j'avais choisi de coder le mot LOOCAL dans un paragraphe où il était question de la gématrie 58 du nom "Noé" en hébreu.
   Ce chapitre 8 s'intéressait d'ailleurs beaucoup au nombre 58, mais rien n'indique dans mes divers écrits sur ce codage que j'eusse été conscient qu'il s'agissait aussi de la valeur de HUIT.
   Le paragraphe précédent évoquait la gravure 58 de Zo pour les Nouvelles impressions d'Afrique, de Roussel, devant montrer les trois mots de Balthazar, ΜΑΝΕ ΘΕΣΕΛ ΦΑΡHΣ, et mon personnage Lapnus remarquait:
Zo a commis une "erreur" ici, notant pour l'initiale du dernier mot un psi, Ψ, au lieu d'un phi, Φ.
    Ainsi j'avais mentionné PHI, sans rapport avec le nombre d'or qui ne me préoccupait guère alors, à proximité immédiate du codage de LOOCAL. Comme vu plus haut, c'est PHI vu comme 16-8-9, SEIZE-HUIT-NEUF = 168, qui m'a fait me souvenir avoir codé les mots LOOCAL et RADIN, de valeurs 58 et 46 identiques à celles de HUIT et NEUF.
   Ceci a provoqué un nouveau dessillement. Mon roman était dédié
A Marie, Margaux, Phiphi, Poupou, Landor
trois cent soixante et cinq mercis
  Deux noms des cinq dédicataires avaient été légèrement modifiés afin d'obtenir la valeur 365 pour le tout. Poupou, c'était JB Pouy, effectivement surnommé ainsi, créateur de la série Gondol et auteur du premier titre.
  Lorsque est paru le second, le mien, Phiphi, Philippe Kerbellec qui signait volontiers Φ (Phi), était en train d'écrire le troisième (tiens, prénom-nom ont 8-9 lettres). Quant à Landor, c'était Roland Brasseur  qui écrirait le quatrième.
   Lorsque plus tard, vers 2001-2002, j'ai commencé à m'intéresser au nombre d'or, je me suis avisé que
POUPOU / LANDOR = 104/64 = 13/8, deux nombres de Fibonacci, en rapport proche de Phi, donc, et ceci juste après Phiphi...
   Et ce sont les mêmes nombres que j'ai trouvés il y a peu à partir de PHI, plutôt HI-P, 8-9 + 16,
HUITNEUF + SEIZE = 104 + 64,
soit le partage d'or des 168 pieds d'un sonnet d'alexandrins.

   Puisque ces noms faisaient l'objet d'un jeu gématrique, j'avais donc écrit avec une certaine conscience
(Phi)phi - 104 - 64,
mais sans soupçonner que PHI pouvait s'exprimer par 64+104.

   Le nombre 16 jouait aussi un rôle essentiel dans le roman, avec la relation de Pythagore sur les carrés de 3-4-5:
9 + 16 = 25, dont il était notamment beaucoup question au chapitre 7, où Lapnus donnait un tableau en deux colonnes des valeurs des 12 mois latins (selon l'alphabet latin), totalisant 1095, soit 3 fois 365, avec en vis-à vis:
FEBRUARIUS = 115   SEXTILIS = 110 (ensuite rebaptisé AUGUSTUS).
  La relation de Pythagore porte sur les nombres, exprimés en lettres: 
NEUF + SEIZE = 46+64 = 110, et
VINGT-CINQ = 115 (110+115 donnant accessoirement un carré, 225, 9 fois 25).

   Qu'en était-il du codage proprement dit? Il s'agissait de lettres d'un corps supérieur d'un point au corps du texte, dans les mots
colle
choses
exceptionnel
couvrir
Lapnus
veille

décrets
détails
tendent
cédille
tronçon
page 104 (!) et 154 du roman, chapitres 8 et 13 codant pour les vers 8 et 13 du sonnet de Perec (à part ces deux légères modifications).
   Je m'avise aujourd'hui que ces 11 mots et 79 lettres totalisent la valeur 896.
   Or 896, c'est deux fois 448, valeur moyenne d'un vers de Vocalisations, valeur que j'ai choisi de respecter pour mes deux premières réelles anagrammes, en 2006 et 2012.
   Ainsi, les vers 8 et 13 de ces deux anagrammes ont chacun pour valeur 448, et leur somme est 896 (en 16 mots).

  Sous les pans du bizarre avait d'autres bizarreries, étudiées par exemple ici.

7.9.21

transmutation cryptique


  Après avoir consacré le billet du 17/8 à mes recherches au fonds Ricardou de l'IMEC, une coïncidence m'a conduit à un billet de 2015 en partie consacré au roman de John Brunner L'orbite déchiquetée, paru dans la collection Présence du Futur (1971) en tant que volume triple, sous les numéros 137-138-139 (j'ai trouvé cette image peu nette, mais où il est clair qu'il y a un triple numéro).
  Les rééditions ont ensuite porté le seul numéro 137.

  Les rebonds étaient tels qu'un billet n'y suffirait pas, et lorsque je me suis rendu compte que le billet à venir serait le 317e de Quaternité, il m'a paru s'imposer de consacrer à ces développements les billets 317-318-319, d'autant su'il s'agissait des billets 137-138-139 écrits depuis notre installation à Esparron, fin 2014.
  Le billet 318 m'a conduit au billet 137, premier billet de 2013, largement consacré à AS Byatt, dont il est aussi question dans le billet 138. Il n'en est plus question ensuite, mais un billet précédent, le 133 du 5 novembre 2012, La porte noire, commentait une de ses nouvelles.

  L'année 2012 a été marquée par deux grandes coïncidences:
- La découverte en mars de la mise en vente d'un document de la main de René Daumal, près de 70 ans après sa mort, document qui montrait son intérêt pour la suite de Fibonacci, alors que je venais en février de relier Daumal au rapport 21/13.
- Une coïncidence survenue au cours de l'écriture du premier billet de juin, Le grand Jeu Hanalogue.

  Là il faut développer. Je venais de réaliser que Le Mont Analogue était une source du Domaine d'Ana de Lahougue, ce qui m'avait fait reprendre ce roman, et y trouver deux papiers insérés entre les les pages 214 et 215, cette dernière correspondant à l'illustration du chapitre 12.
  J'ai pu comprendre comment ces deux papiers avaient atterri là, à deux époques différentes, sans rapport l'un avec l'autre, et sans intention quelconque, mais ces 24 et 48 m'avaient rappelé quelque chose.
  Lors de la polémique Ricardou/Magné dans le n° 5 de Formules (2001), Ricardou a jugé bon de présenter les deux formes d'une des rares compositions à contrainte de Magné, numéro 24 (X est la 24e lettre), suite de 24 lignes de 48 espaces typographiques mettant en évidence un grand X dessiné par des lettres X, en majuscules dans une première version publiée en 1983, en minuscules graissées en 1988, sur une même page, et il s'agit de la page 224 de la revue :  Je ne savais pas alors
- que 24 et 48 étaient des nombres fétiches de Ricardou,
-  qu'il avait écrit son propre Art du X (également d'abord paru en 1983 puis réédité en 1988, légèrement modifié),
- qu'il avait écrit Révélations minuscules où il est demandé au lecteur de compter les mots de chaque phrase, et d'en déterminer le mot central, ce qui est également demandé dans Le domaine d'Ana,
- qu'il avait calibré ce texte pour faire apparaître le nombre 99 page 99 (Le domaine d'Ana est calibré pour que chaque chapitre couvre 18 pages).

  L'auteur du Domaine d'Ana est aussi celui d'un remarquable pastiche où Fabre se penche sur les étonnantes moeurs de la fourmi Atta bellifera. Je venais de découvrir, par les notes finales du roman Les Formiciens, qu'il existait aussi le genre de fourmi Ana,
  L'existence de deux genres de fourmis Atta (avéré) et Ana m'était très significative, aussi j'avais lancé une requête fourmi "ana" pour vérifier l'existence de cet autre genre. Sans résultat, et j'appris plus tard que le genre Ana des Formiciens était une coquille de cette édition (pour Atta dans l'édition originale).

  La requête donnait en 10e (Xe !) résultat un document pdf reproduisant les pages 19 à 53 du n° 12 de la revue féministe canadienne La vie en rose de juillet 1983, consacrées à une série de 10 nouvelles demandées à 10 "écrivaines" sur le thème "Une fourmi flottait dans sa margarita".
  La 10e (Xe !) nouvelle était Dana Khan de Yolande Villemaire. Au Caire, la jeune Dana s'intéresse au mot arabe ana, "moi".

  La suite de la nouvelle amenait des éléments époustouflants, un peu perdus dans ce long billet.
  Un rêve de Dana la mène à New York, où des hommes flottent dans les airs, bras étendus, comme s'ils volaient. Elle se réveille avec un mot brillant derrière ses paupières, ATTA. Elle raconte son rêve à la compagne de son père Suzanne, laquelle lui dit que ATTA lui rappelle quelque chose, mais elle ne voit pas quoi avant la fin de la nouvelle:
Sue ajoute qu'elle s'est rappelée en plein coeur du désert arabique ce que lui rappelait le mot Atta. C'est le nom d'un personnage d'un roman de Jean Ricardou intitulé Les lieux-dits. Je ne me rappelle plus très bien, mais je crois que c'est une jeune femme qui fait des recherches sur les fourmis.
  Ainsi, ce sont deux papiers insérés dans Le domaine d'Ana qui m'avaient conduit à évoquer Ricardou, pour la première fois dans le blog. La découverte concomitante d'une fourmi Ana, alors qu'il existe une fourmi Atta chez Lahougue, m'avait conduit à cette nouvelle où apparaît aussi le mot ATTA, m'apprenant qu'il s'agissait d'un personnage de Ricardou.

  Je passe sur d'autres échos et invite à se reporter au billet, sinon aux suivants.

  Il m'était devenu important de lire Les lieux-dits, mais je répugnais à l'acheter car la polémique Magné/Ricardou m'avait donné une idée fort négative du personnage.
  J'en viens au billet du 5 novembre 2012, La porte noire, mentionné plus haut, où je relatais ma visite en octobre à la médiathèque Bonneveine, à Marseille, dont le catalogue assurait la disponibilité du roman de Ricardou. Je ne l'ai pourtant pas trouvé à la cote RIC, où un titre m'a sauté aux yeux, Un nommé Schulz, de Ugo Riccarelli.
  C"est une vie romancée de Bruno Schulz, et j'avais oublié cet incident lorsque j'ai conté dans le précédent billet mon escapade, lors de ma consultation du fonds Ricardou à l'IMEC, vers le blog Alluvions, son article sur Bruno Schulz m'ayant inspiré un commentaire à propos de JP Le Goff.
  Justement, ce billet me faisait évoquer JP Le Goff et les fourmis, car, parti du roman La porte noire écrit par un ami de Daumal, Pierre Minet, j'avais découvert que c'était aussi le titre d'un tableau de Matisse, et d'une des nouvelles d'un recueil de AS Byatt, Histoires pour Matisse, ce qui m'avait fait mentionner l'expérience de Le Goff avec les fourmis, inspirée par une anecdote livrée par Byatt.

  Matisse a vécu 84 ans, comme Ricardou qui était encore en vie en 2012, et j'ai pu constater ceci:
HENRI MATISSE = 54/86
soit deux nombres de la série Bleue du Modulor, deux nombres qui apparaissent aussi dans les dates du peintre, 1869-1954. Son tableau La porte noire utilisait un châssis 12 Marine, 61x38 cm, le format usuel le plus doré, et la composition pourrait souligner les lignes d'or de la toile.
  Si Matisse n'est pas particulièrement associé au nombre d'or (mais de nombreuses pages répondent aujourd'hui à une requête en ce sens, sans pertinence immédiate après un rapide survol des premières), mon oncle Souverbie en était un fervent partisan, et je m'avise aujourd'hui que sa toile de 1912, donnée sur le billet Oncle & Neveux, était aussi un format 12 Marine, et que sa section d'or droite en largeur tombait aussi sur une (porte-)fenêtre.

  Je m'avise aussi aujourd'hui que ces nombres 38-61 font partie de la suite NOUVEAU ROMAN, 1-7-8-15-23-38-61-99-160 qui m'avait semblé gouverner la structure de la Préface. Si l'intentionnalité paraît démentie par l'étude des tapuscrits, il reste que les pages autoréférencées sont bien 99 et 61 correspondant à NOUVEAU et ROMAN, et que la phrase 160, celle qui est ensuite la plus commentée, évoque précisément l'essai de Ricardou Le Nouveau Roman.

  L'étude des tapuscrits a aussi mis à mal l'idée que les 183 et 226 mots des dernières phrases de la Préface ait été une allusion consciente au Modulor, mais il reste, par exemple, que les deux seules phrases de 140 mots peuvent offrir une répartition 54-86, comme
HENRI MATISSE qui viendrait confirmer les HANTISES de REMI (anagramme).

  Si je préfère cette forme musicale, mon prénom selon l'état civil est Rémy, dont j'ai vu les deux syllabes correspondre à deux nombres de la suite NOUVEAU ROMAN,
RE-MY = 23-38.

  La fourmi qui joue un rôle certain dans cette affaire, notamment la fourmi Atta qui m'a conduit à Ricardou, m'avait aussi conduit auparavant à mon prénom, car
four, c'est 4,
4, c'est la lettre D,
D, c'est la note ré,
donc "fourmi" = "rémi".
  Et en néerlandais, "fourmi" se dit MIER.

  Toujours dans ce billet La porte noire, j'évoquais un autre ami de Daumal, Roger Gilbert-Lecomte, dont je venais de constater que la mort, le 31/12/(19)43, se renversait en
34/21/13, trois nombres consécutifs de Fibonacci.
  Evidemment, je ne m'en souvenais plus lorsque j'ai découvert la phrase de Ricardou qui faisait apparaître par abstraction des parenthèses ces mêmes nombres 34-21-13, la phrase contenue entre deux syllabes RE tandis que, 137 phrases auparavant, la phrase de 140 mots contenue entre deux syllabes MI livrait, par mise à part des parenthèses, 54 et 86 mots.
  Incidemment, je n'ai pas encore signalé que dans la nouvelle de Villemaire, Dana Khan calculait la valeur de la phrase "Une fourmi flottait dans sa margarita" et trouvait 371 (c'est exact).

  Henri Matisse (=54 86) est aussi né un 31 décembre, ainsi il s'en est fallu de quelques heures pour qu'il fût né en 1870, faisant perdre le jeu 1869-1954.

  Le billet Déchetterie oblique ayant initié ces billets 317-318-319 était consacré à des romans de SF contenant la date 2113. C'était le cas de L'orbite déchiquetée (numéro 137-138-139) mais aussi de Pygmalion 2113 (numéro 32).  dans la collection Présence du futur.
  Le héros du roman prend la tête d'un mouvement de rébellion contre le gouvernement de 2113, qu'il décide de "renverser" le dernier jour de l'année, le 31/12/2113 donc, date palindrome...

  Je n'ai pas encore pu caser que la récente série d'articles sur Daumal dans Le Monde m'a appris que son café favori était le Rouquet, lequel était aussi le café favori de Ricardou.

  Pour ce 319e billet de Quaternité, 139e esparonnais, il était idéal d'unir le plus simplement ces deux nombres, et j'y suis parvenu en reprenant le vocable de 13 lettres déjà utilisé, "transmutation" de valeur 185. Une seule des rares épithètes de 9 lettres permettant de parvenir au total 319 était acceptable, "cryptique", alors que j'avais intitulé le 317e billet Une transmutation cryptée.

  185 est un nombre essentiel dans Le domaine d'Ana, parce qu'il compte 15 chapitres de 15 pages chacun, parce que le centre en est privilégié, donc la page 8 de chaque chapitre. Parce que 8 au milieu de 15 donne 185, Lahougue a décidé que le nombre moyen de phrases par chapitre serait 185.



31.8.21

de l'algèbre à la croisade : constellation


Buvons un coup, buvons en deux,
Et trois, et cinq, et huit de mieux !

  318e billet de Quaternité, le 31/8, et je n'imaginais guère en privilégiant cette date au début du blog qu'il se prolongerait à ce point, et que diverses circonstances m'amènerait à pouvoir publier son 318e billet un 31/8, avec un total à-propos.

  Mon 316e billet, publié le 17/8, tentait d'approcher sobrement mes récentes investigations aux archives Ricardou de l'IMEC, mais des coïncidences survenues en cours d'écriture m'ont fait comprendre que la sobriété était une erreur. Non seulement le monde est dingue, mais ma propre folie interfère avec cette dinguerie...
  Bref la découverte du groupe 137/1237 Synchronicity m'a rappelé les coïncidences 137 notamment évoquées dans mon 183e billet, publié le 18/3/2015, nommé à partir du numéro 137 de la collection Présence du futur, L'orbite déchiquetée. J'ai compris qu'il faudrait que je parle de 137 dans le billet suivant, 317e, puis de 183 dans le 318e, qu'il s'imposait de publier le 31/8, 13e anniversaire de ma lecture d'un roman ayant joué un rôle essentiel dans la création de ce blog.
  Le 317e billet serait donc publié à mi-chemin, le 24/8, doublement significatif car 2-4-8 sont les "nombres fondamentaux" de Ricardou, et car ce jour ma fille Aurélie aurait 48 ans.

   Je lui dédiai le 317e billet, ce dont elle me remercia, et ceci me rappela que je lui avais dédié implicitement un autre billet, que je recherchai illico.
  C'était le 137e billet, publié le 21/1/2013, le 21.1.13 selon la forme choisie pour le blog:

  J'avais exploité ce premier billet de l'an "13" pour faire apparaître mes propres nombres fétiches, 21 et 13, d'autant qu'il en était question. Je rappelle qu'un livre lu le 31/8/2008 m'a fait découvrir le 8 septembre l'échange
JUNG / HAEMMERLI = 52/84 = 13/21,
et que je me suis avisé ensuite que le 31/8 vulgaire était le 21/13 du calendrier pataphysique, et que le 8 septembre y était le premier jour de l'an 136 (52+84). 

  Je ne me sentais pas particulièrement concerné en 2013 par le nombre 137, dont j'avais cependant parlé à diverses reprises, notamment pour le psaume 137 (cette requête permet d'accéder à toutes mes mentions sur le blog), aussi il n'est pas question dans le billet de son rang.
  Il est d'abord consacré à la tétralogie Frederica de Antonia S. Byatt, native du 24/8, la Saint-Barthélémy, comme son héroïne Frederica, avec laquelle elle a probablement d'autres points communs.
  Dans les années 50 et 60, Frederica comme Antonia ont évolué dans le milieu universitaire britannique, où il subsistait une influence des travaux d'Alan Turing, lequel, après un rôle décisif dans la victoire alliée, s'est passionné après la guerre pour la présence dans la nature de la suite de Fibonacci. Il en va de même pour plusieurs personnages de Byatt, dont le frère de Frederica, mathématicien, et un doyen d'université qui a connu Turing.

  Bart est un personnage de La créature de John Fowles (A Maggot, 1985), roman que je venais de lire parce que j'avais appris qu'il y était question de Fibonacci. Incidemment, Byatt a dit le plus grand bien de ce roman (ici, page 49).
  Le livre conte une étrange expédition en avril 1736, conduite par un certain Bartholomew, lequel évoque l'omniprésence de la suite 1-2-3-5-8-13-21 dans l'univers.
  Un enquêteur l'a transmise à un réel mathématicien de Cambridge, Nicholas Saunderson, lequel lui répond qu'il s'agit de la suite de Fibonacci, et qu'il avait eu l'occasion d'en parler avec Bart, qu'il a eu pour étudiant, et qui se serait montré un précurseur de la phyllotaxie qui passionnerait Turing, lequel étudierait et enseignerait également à Cambridge. je donnais cette photo de la page 211 du roman:
 
  La version française offre une curiosité, car c'est page 211 qu'apparaît la suite de Fibonacci et la loi des proportions qui lui est associée, or le nom de ce réel mathématicien a pour valeur 211 et se partage selon cette même loi du nombre d'or:
NICHOLAS  SAUNDERSON = 81 + 130 = 211.

  Je ne me souvenais évidemment pas de cette page 211 lorsque j'ai décortiqué les 211 mots de la phrase de Ricardou aux pages 105-106 de Révélations minuscules, en guise de préface, à la gloire de Jean Paulhan, avec 105+106 = 211, dans un texte dont il est certain qu'il a été calibré pour faire apparaître quelques pages auparavant le nombre 99 page 99, un texte auquel le lecteur est explicitement invité à dénombrer les mots de ses phrases. Les parenthèses découpent cette phrase ainsi,
34 (7) 21 (20) 13 (12) 104, et je remarquais que 34-21-13 étaient des nombres consécutifs de la suite de Fibonacci, le suivant 8 pouvant être signifié par 104, 8 fois 13.

  Il m'est venu la curiosité de dénombrer les mots du paragraphe de la page 211 de La créature, et je suis parvenu à 211 ! Ce que j'ai vérifié, plutôt deux fois qu'une. Il compte 6 phrases, en
35 - 13 - 23 - 25 - 72 - 43 mots.
  La phrase en 211 mots de Ricardou occupe également un seul paragraphe.
 
  Il est assez évident que c'est un hasard de trouver un paragraphe de 211 mots page 211, attribué à un personnage de valeur 211, puisque la phrase originale n'avait pas 211 mots (mais 207), et qu'une traductrice (Annie Saumont en l'occurrence) ne va pas se lancer dans de tels calculs
  Voici le paragraphe original de Fowles: 
  If I am to find fault in him, it is that he was sometimes seized by beliefs or theories of this physical world that I must term more phantasies than probable or experimental truths. The one that you require me to explain is such; in my view. The series of numbers to which you allude appears first in the Liber Abaci of one Leonardo da Pisa, a learned Italian. He did devise it, but, upon his own admission, for no more than to calculate the multiplication of conies in a warren. Yet his Lordship would find this rate of proportion (which doth stay the same however superfetatiously its parts be increased) everywhere in nature besides, indeed even discernible in the motions of the planets and the arrangement of stars in the heavens; and saw it likewise in all plants, in the disposition of their leaves, for which ordering he would make a name, that is, from the Greek, phyllotaxis. And he did believe also that this same most elementary sequence might be traced in the history of this world, both past and to come; and thus that were it fully understood, the chronology of the future might be mathematically prophesied as well that of the past explained.
  Les 6 phrases ont 34, 13, 22, 22, 68 et 48 mots, 207 en tout. Tiens, 34 et 13 sont des Fibos, et 34 était le premier nombre obtenu par le découpage de la phrase de Ricardou.

  La traduction française du roman de Fowles est parue en octobre 1987, et il est probable que le travail de traduction a été réalisé plus tôt dans l'année. Révolutions minuscules de Ricardou est paru en mars 1988, et il est établi que l'essentiel du travail d'écriture a été réalisé en 1987.
  Le précédent billet m'a fait envisager cette date comme significative, parce que  les nombres 34-21-13 obtenus par le partage de la phrase ont les rangs 9-8-7 dans la suite de Fibonacci (et je rappelle que 987 est le Fibo de rang 16). Ces rangs 9-8-7 m'ont fait envisager une signification aux 211 mots, vus comme 2-1-1, les Fibos de rangs 3-2-1.

  Ainsi auraient été écrits en 1987 les deux paragraphes de 211 mots, destinés à paraître aux pages 211 et 105-106 des livres respectifs.
  Il y a davantage, ainsi les deux paragraphes sont attribués par les auteurs l'un au réel Nicholas Saunderson, l'autre à une hypothétique soeur de Ricardou, Noëlle Riçoeur.
  Les auteurs réels ont le même prénom, John et Jean. Le prénom Annie de la traductrice est de même origine (de l'hébreu hen, "grâce").

  Le nom Fowles aurait pour origine le vieux mot fugol, "oiseau sauvage". C'est encore un "oiseau dans l'oiseau" (owl, "hibou").
  La signature de Ricardou se limite souvent à une sorte de croix, les initiales JR stylisées, et il révèle précisément dans cette Préface qu'il s'agit pour lui d'une "empreinte d'oiseau", parce que l'oiseau est le porte-plume, l'écrivain. Elle fournit un argument à la Préface, avec quatre grains de sable qui se seraient collés aux lèvres de Jean Paulhan, selon une disposition évoquant à Ricardou sa signature. Il en est précisément question dans la phrase en 211 mots.

  Une petite digression. Lors de mon séjour à l'IMEC, je me suis accordé quelques instants pour consulter le blog ami de Patrick Bléron, et son article Les muses de Bruno Schulz a provoqué un nouveau dessillement. Il y est beaucoup question d'oiseaux, notamment sous la forme allemande Vogel, avec deux personnages de romans, Debora Vogel, nom donné à La fiancée de Bruno Schulz, d'Agata Tuszyńska (Grasset, 2015), et Christina Vogel dans Le bruit du dégel de John Burnside (Métaillié, 2018). Il est question d'oiseaux dans ces romans, comme dans l'oeuvre de Bruno Schulz dont une nouvelle des Boutiques de cannelle est précisément titrée Les oiseaux. J'ai aussitôt envoyé ce bref commentaire:
  Ton article me rappelle que j'avais fait remarquer à JP Le Goff que son patronyme faisait entendre, renversé, Vogel, "oiseau". Je ne savais pas alors qu'en hébreu "oiseau" est l'anagramme de "anagramme", et Le Goff explorait volontiers les anagrammes.
   J'avais tenté de lui faire lire Siva, de PK Dick, car ça se renverse en avis, "oiseau" latin, mais il n'avait pas du tout accroché.
    29 juillet 2021 à 14:56
  Je pensais évidemment aussi à la signature de Ricardou, lequel a dans une nouvelle fait apparaître par anagramme "le vocable hébreu tserouf", sans en donner le sens, "anagramme", et donc anagramme de tsippor, "oiseau".

  Siva, que j'avais recommandé à Le Goff, est le n° 317 de la collection Présence du futur, 180 numéros après le n° 137, L'orbite déchiquetée, qui inspirerait le billet où j'évoquais les coïncidences 137 sur Unus Mundus. 180° est l'angle d'une demi-révolution, du retournement qui peut faire passer par palindromie de AVIS à SIVA, de 987 (avènement de Hugues Capet, merci dp), à (1)789, un coup dur pour "Capet", surnom donné à Louis XVI par le peuple, ou encore, par renversement effectif de 180°, de 89 à 68, la "Nouvelle Révolution Française", comme Ricardou nomme la NRF.

  JP Le Goff a été inspiré par une anecdote d'un roman de Byatt, Des anges et des insectes, et il a communiqué avec elle à ce sujet, en vue d'une expérience qui fut relatée ainsi dans Pour la Science:

  J'y ai remarqué que l'image "ants" avait provoqué un déport de 5 lignes du texte, 5 lignes s'achevant par les signes ,àtns , soient les lettres mêmes écrites par les ants, les fourmis ! Plus de détails ici, avec un écho à un livre paru aux Impressions nouvelles, livre que j'ignorais alors être un hommage à Ricardou.

  J'ai Les boutiques de cannelle, de Bruno Schulz, dans l'édition Denoël de 1983. J'ai la curiosité de consulter sa page 211, dernière page d'une introduction à une interview de Schulz donnée ensuite. Elle s'achève ainsi:
Fait avant d'avoir lu la réponse de Schulz, le 4 avril 1935.
  Voilà qui rejoint le fondement de Quaternité...

  Debora Vogel, la fiancée de Schulz, me rappelle Debbie, la Lady137 de Unus Mundus, à laquelle j'avais communiqué que debora est un mot hébreu, "abeille", de valeur 217 selon l'alphabet hébreu, soit 7.31.

  Un membre du groupe 137/1237 Synchronicity où je l'ai retrouvée a publié ceci le 21 mai 2020:
 

  Revoici la phyllotaxie chère à Alan et Bart. J'apprécie ce
FIBONACCI SPIRAL = 137,
mais l'angle d'or est 137.5°, et s'il fallait l'arrondir, ce serait 138° plutôt que 137... Je signalais dans le billet 137 que la présence dans les fleurs de type tournesol de parastiches correspondant le plus souvent à deux nombres consécutifs de Fibonacci était une énigme aujourd'hui résolue.
  Il n'en va pas de même pour l'angle d'or, soit
360° / phi ≈ 222.5°, ou 137.5° en tournant dans l'autre sens. Les rameaux d'un arbre se diversifient souvent du tronc principal selon cet angle d'or qui assure un ensoleillement maximal.
 
  Je reviens aux deux paragraphes de 211 mots, que voici mêlés, en alternant des sections de 10 mots de chaque paragraphe:

   Si je dois lui trouver quelque défaut, ce sera qu'
   Revenant donc à lui au terme de la légère sidérale
il est quelquefois le jouet de croyances ou de théories
hypnose que lui avait infligée, apparemment, et la pharamineuse méridionale
relatives à ce monde physique que j'appellerais plutôt fantaisies
jactance, et l'abracadabrante kyrielle des élucubrations, l'illustre directeur
que vérités probables ou expérimentales. Celle que vous me demandez
de revue, après avoir (ils n'y avaient que trop
d'exposer en fait partie, à mon avis. La série
perduré) ôté de ses lèvres les quatre grains de sable
des nombres à laquelle vous faites allusion apparaît en premier
selon un geste divinement machinal, très simple, du revers de
dans le Liber Abaci d'un Leonardo da Pisa, érudit
son bras (et c'est pourquoi, bien sûr, je crains
italien. Il ne l'a imaginée, a-t-il admis
par anticipation, en vint lors à interférer certain "méchant parler
lui-même, pour rien autre que le calcul de la
d'outre-manche"), murmura avec la plus aimable des douceurs, non
multiplication des lapins dans une garenne. Toutefois Monseigneur voulait retrouver
pas, même au neuvième degré (qui vous parle du cimetière
cette loi des proportions (qui reste la même quelle que
des parenthèses au bord de l'eau ?), ce n'était
soit l'augmentation du nombre des éléments) partout dans la
guère son genre, et même si les moins scrupuleux d'
nature, et qui est discernable jusque dans les mouvements des
entre vous eussent souhaité pouvoir en nourrir le pire de
planètes et l'arrangement des étoiles dans le ciel; il
leur chuchotis, "ma chère âme, je ne suis pas tout
la voyait pareillement dans toutes les plantes, dans la disposition
à fait celle que vous croyez", mais tout bonnement, ayant
de leurs feuilles; et à cette loi il donnait le
su lire entre les lignes à demi-mots qu'il s'
nom de phyllotaxis, qu'il empruntait au grec. Il pensait
agissait, outre les sphères, plutôt un peu de littérature, "mon
aussi que cette séquence primordiale pouvait être retrouvée dans l'
cher ami, votre jeu est trop compliqué pour que quiconque,
histoire du monde, dans le passé et l'avenir; et
y compris vous à plus d'un titre, et sauf
donc, si elle était totalement élucidée, qu'on pourrait s'
le Très-Haut peut-être, avec ses machines, puisse jamais apercevoir l'
expliquer la chronologie du passé et prédire celle de l'
intégrale transmutation que vous me paraissez avoir le dessein de
avenir.
faire...".


  J'avais reproduit la page 211 parce que son texte y est attribué à Nicholas Saunderson, nom de valeur 211 se répartissant en un couple doré, 81-130.
  Sachant maintenant que le paragraphe compte 211  mots, j'ai la curiosité d'aller voir ce qui se passe à la césure d'or, entre les mots 81 et 82, qui se trouvent être les mots "lui-même", désignant Léonard de Pise, Fibonacci. C'est l'un des seuls tirets du paragraphe, un tiret grammatical à distinguer des tirets des mots composés, comme "outre-manche", "peut-être", "demi-mots", qui ne comptent que pour un seul mot pour Ricardou, selon ses propres énumérations dans la Préface.
  Il est tentant d'imaginer que ce "lui-même" pourrait s'appliquer à Nicholas-Saunderson, mathématicien d'outre-Manche, or à ces rangs 81-82 correspondent chez Ricardou les deux mots "d'outre-manche".

    Deux mots se trouvent aux mêmes rangs dans les deux textes, "lui-à", mots peu significatifs, et peut-être n'est-il en rien remarquable de trouver deux mots identiques dans des textes quelconques de longueurs identiques, je n'ai pas le courage de le vérifier.
  Les rangs de ces mots sont 4-155, de somme 159, moitié du rang 318 de ce billet, et ceci m'amène à sa conclusion.

  Le billet 316 a été intitulé Une intégrale transmutation, mots empruntés à la fameuse phrase de 211 mot, choisis parce que l'expression a pour valeur 316.
  La coïncidence 137 survenue pendant l'écriture du billet m'a conduit, après la constatation que "transmutation" compte 13 lettres, à y joindre une épithète de 7 lettres portant la valeur du total à 317, et le titre du billet 317 fut donc Une transmutation cryptée.
  Je savais en écrivant ce billet 317 que le billet 318 serait publié le 31/8 et que son titre aurait pour valeur 318. Il n'y avait guère de solution avec une épithète de 8 lettres, Une transmutation complexe, Une transmutation profonde... Je me suis alors orienté vers un titre en 21+13 lettres, parce que le 31/8 m'est significatif en tant que 21/13 du calendrier pataphysique.
  Les 13 lettres de "transmutation" ayant une valeur trop élevée (185) pour parvenir à un résultat, j'ai songé au mot "constellation" utilisé par Ricardou comme exemple de la présence du nombre de Fibonacci 13 dans La prise de Constantinople.
  Il se trouve que ce mot a pour valeur 159, l'exacte moitié de 318, ainsi, si je trouvais une expression satisfaisante en 21 lettres de même valeur 159, la valeur moyenne d'une lettre de "constellation" serait en rapport 21/13 avec celle d'une lettre de l'expression.
  Il me fallait aussi un mot de 8 lettres accolé à "constellation", j'ai pensé à "croisade", toujours à cause du roman de Ricardou. Je suis parvenu assez facilement ensuit à
  De l'algèbre à la croisade : constellation
qui m'a paru significatif, car voici quelle était la dernière proposition de Ricardou quant à la présence de Fibonacci dans son roman:


  J'ai dit ce que j'en pensais dans le billet 316, et je remarque maintenant que Ricardou associait la parution du livre d'algèbre de Fibonacci (également mentionné par Saunderson) à la croisade. Le mot "algèbre" s'est imposé à moi en cherchant quels mots de 7 lettres de valeur 50 débutaient par une voyelle.

  Après coup, je remarque que les 21 lettres peuvent se découper en 3-18 (2 et 4 mots), et que les 18 lettres ont pour valeur 138.
 
   Pour qui l'ignorerait, le nombre 318 est souvent cité comme exemple d'intervention de la gématrie dans la Bible. Chapitre 14 de la Genèse, Abraham est dit mener une mission accompagné de 318 hommes, or c'est en hébreu la valeur du nom de son intendant, Eliézer.
 
  Je rappelle que, en langage jungien, la "constellation de l'archétype" est mise en oeuvre dans la synchronicité.

24.8.21

une transmutation cryptée

pour Aurélili

  J'avais décidé d'axer le précédent billet sur une idée qui m'a souvent traversé la tête depuis que je me consacre à l'exégèse littéraire. Et s'il y avait, au-delà du cours usuel du temps, une fusion entre le travail de l'auteur et celui de l'exégète, telle que l'oeuvre finale en soit la résultante?
  Idée folle, certes, mais il s'agit de tenter de rendre compte de résultats absurdes.
  Idée pas assez folle, car en cours d'écriture sont survenues deux coïncidences qui ont quelque peu bouleversé mon programme, aussi je n'ai guère creusé l'hypothèse de départ, réservant au présent billet l'étude de ces coïncidences.

  Une partie de Une intégrale transmutation était consacrée à la 325e phrase de la Préface de Ricardou dans laquelle figurent ces mots. Les parenthèses découpent cette phrase ainsi:
34 (7) 21 (20) 13 (12) 104, et je remarquais:
  L'amateur de la suite de Fibonacci ne peut manquer de remarquer que 34-21-13 en sont les termes de rangs 9-8-7, et, s'il la connaît plus loin que le bout de ses doigts, que 987 en est le 16e terme.
  L'une des propriétés de cette suite est qu'un terme de rang 2n peut être exprimé comme le produit du terme de rang n par la somme des deux termes adjacents, soit
F2n  =  Fn x (Fn-1 + Fn+1)
or, dans le cas de F16, ceci devient
987  =  F8 x (F7 + F9) ou en chiffres 21 x (13+34).
  C'est grâce à la phrase de Ricardou que je me suis avisé de cette curiosité concernant 7-8-9, curiosité qui n'avait peut-être jamais été remarquée par quiconque.
  J'ai fait quelques recherches afin de voir si la curiosité était connue, sans résultat, mais il n'était pas facile de formuler une requête dont les résultats ne fussent pas massivement les listes de nombres de Fibonacci.
  Il y eut cependant quelque chose d'intéressant: la requête "987" "fibonacci" "21" "47" "7" "9" sur Google donna en 37e résultat le billet de Quaternité du 8/8/2020, Homme sage, demain tu reliras Perec. Je me suis demandé si ce résultat n'était pas lié à mon ordi, mais non, un ordi n'ayant rien à voir avec moi livre les mêmes résultats.
  Ce billet était en partie consacré à un roman de Thilliez qui est loin d'être mon préféré, La forêt des ombres (2006), où l'infirme Arthur Doffre demande à David Miller d'écrire un livre sur le Bourreau 125, un affreux tueur qui a massacré sept couples 27 ans plus tôt. Ils se trouvent isolés en Forêt Noire par une tempête de neige, dans un chalet où arrive une femme en piteux état, répétant la suite de chiffres en allemand neun... acht... sieben... acht... vier..., 98784. Lorsqu'elle recouvre ses esprits, elle dit se nommer Emma, avoir eu un accident de voiture, et que ce nombre 98784 était celui indiqué par le compteur kilométrique au moment de l'accident (mais c'est aussi un nombre significatif dans l'affaire du Bourreau 125). Il s'avère ensuite que Doffre est le Bourreau 125, et Emma sa complice. La gématrie livre une ahurissante série de nombres de la série Bleue du Modulor (32-54-86-140-226): 
NEUN ACHT SIEBEN ACHT VIER = 54+32+54+32+54 = 226
EMMA = 32
ARTHUR DOFFRE = 86+54 = 140
BOURREAU 125 = 226
  C'était l'une des plus belles découvertes de l'an dernier, mais il y en avait pas mal d'autres, et j'avais oublié le détail des chiffres allemands, bien que j'eusse partagé dans le billet 98784 en 987, 16e Fibo, et 84, 4 fois le 8e Fibo.
  Je ne vais pas tout reprendre ici. Je n'imaginais guère ceci intentionnel chez Thilliez, bien que plusieurs de ses romans citent Fibonacci et le nombre d'or, bien qu'un de ses personnages se nomme Corbusier.

  Avant cette remémoration, je comptais citer dans le précédent billet une autre phrase de la Préface, la 188e, où la récente idée de séparer les expressions entre parenthèses du reste de la phrase conduisait aussi à un équilibre doré. Ses 140 mots se répartissent ainsi:
27 (12 (17) 21) 9 (36) 18, ou 54 + (86), nombres de la série Bleue. Voici la phrase en omettant les parenthèses:
      Mieux: telles supplémentaires structures, non seulement elles permettent d'obtenir, et beaucoup plus qu'on ne l'avoue, ce que fors elles on n'eût jamais conçu (50), mais encore, tel est le dos caché du mécanisme (36), elles conduisent quelquefois à produire des idées strictement étrangères, peut-être, à ce qu'on se figure avoir émis.
  Les "supplémentaires structures", ce sont les contraintes d'écriture, et je me sens en total accord avec ce qu'exprime clairement cette phrase, d'autant que sa structuration selon la série Bleue que j'avais envisagée pourrait être "strictement étrangère" aux intentions de Ricardou, puisque ma recherche à l'IMEC m'a appris que la dernière phrase de la Préface n'avait pas originellement 226 mots, ce qui m'avait conduit à l'hypothèse Modulor.

  Le découpage des 54 mots en 27-9-18 appelle à quelques commentaires, ainsi ces trois nombres sont les trois premiers multiples de 9, nombre souvent évoqué dans cette Préface, pour les 9 nouvelles de Révolutions minuscules, et pour le degré 9 des parenthèses dans Nouvelles impressions d'Afrique.
  Je rappelle que 54 de la série Bleue double 27 de la série Rouge.
  Les 9 mots de la proposition centrale débutent et finissent sur la même syllabe (selon les critères ricardoliens), "me" ("mais" et "mécanisme"). Ce mot "canisme" pourrait même être "autosymétricologique", et c'est le 86e mot de la phrase, pouvant souligner son mécanisme caché, 86-54.

  Pour ceux que ne rebutent pas les intrications ricardoliennes, voici les 140 mots de la phrase au complet:
       Mieux: telles supplémentaires structures, non seulement elles permettent d'obtenir, et beaucoup plus qu'on ne l'avoue, ce que fors elles on n'eût jamais conçu (et c'est pourquoi mieux vaut, que n'a-t-il susurré (si un temps suffisant, du moins, m'est consenti, je le ferai paraître un soir pour Mallarmé), de préférence à tout pyramidal recensement d'un univers imaginaire, fournir la stricte analyse des matérielles relations par lesquelles un poète imagine), mais encore, tel est le dos caché du mécanisme (l'on trouvera un réconfort, du reste, au passage, me permettrai-je d'ajouter (...), à découvrir qu'il ne semblait guère avoir perçu le jeu du patronymique noyau angoissant dans son brusque parenthétique accès de polémique), elles conduisent quelquefois à produire des idées strictement étrangères, peut-être, à ce qu'on se figure avoir émis.
  Cette phrase 188 m'a rappelé la phrase 158 également en 140 mots, donnée ici avec d'autres phrases possiblement structurées selon le Modulor (c'est moi qui y ai souligné les mots "en écho"):
      En classique mystificateur, me laissant le triste soin de saisir de travers, sans même sourciller, l'essentielle gageure que révélait pourtant sa bouche, mon frère avait permis que j'entendisse, ainsi qu'on l'a par malheur lu, "Tes remarques, du reste (...), je dois convenir qu'elles me donnent l'envie, maintenant, en écho, et DE RIRE, et me taire...'', au lieu de ce qu'en fait il avait sans doute énoncé, "Tes remarques, du reste (...) je dois convenir qu'elles me donnent l'envie, maintenant, en écho, et D'ECRIRE, et me taire...", c'est à dire, fort simplement, reprise du célèbre "mettons enfin que je n'ai rien dit", à l'issue du sublime volume Les Fleurs de Tarbes ou la terreur dans les lettres, la prétendue leçon calculée, in extremis, sur les illustres lèvres de Jean Paulhan.
  Ces mots "en écho" y sont donc équidistants, aux rangs 53-54 des deux bords de la phrase, ainsi répartie en 54-32-54 mots selon une double césure d'or.

  Voilà ce qu'il fallait savoir pour aborder le nouvel écho de la phrase donnant les nombres de Fibonacci de rangs 9-8-7, avec entre les 8-7 une allusion entre parenthèses au "méchant parler d'outre-manche" (le texte y fait d'autres allusions ailleurs sous les formes "outre-Manche" et "Outre-manches").
  Donc, selon le parler d'outre-Rhin que je ne qualifierai pas,
9-8-7 = NEUN ACHT SIEBEN = 54+32+54 = 140.

  Peut-être faut-il redonner le début de cette phrase 325 pour ceux qui ne jugeraient pas indispensable d'aller la chercher dans le précédent billet:
          Revenant donc à lui au terme de la légère sidérale hypnose que lui avait infligée, apparemment, et la pharamineuse méridionale jactance, et l'abracadabrante kyrielle des élucubrations, l'illustre directeur de revue, après avoir (ils n'y avaient que trop perduré) ôté de ses lèvres les quatre grains de sable selon un geste divinement machinal, très simple, du revers de son bras (et c'est pourquoi, bien sûr, je crains par anticipation, en vint lors à interférer certain "méchant parler d'outre-manche"), murmura avec la plus aimable des douceurs, non pas, même au neuvième degré (...)
  A ces 34 (7) 21 (20) 13 mots suivent (12) 104 autres.

  Une bonne part de ces échos Fibonacci ou Modulor me semblent provenir du "mécanisme caché" pressenti par Ricardou. De même je n'imagine pas que Thilliez ait pu concevoir l'harmonie autour de la série Bleue, mais je soupçonne que l'accumulation de nombres de Fibonacci dans ses romans ultérieurs est plus consciente. Ainsi j'étudiais dans ce même billet Sharko (2015), où Sharko enquête sur l'assassin de 13 personnes, 5 hommes et 8 femmes.
  Le tueur avait revendiqué chacune des victimes, par 13 scarifications dans sa chair. Sharko maquille son cadavre en le lacérant de 21 coups de couteau supplémentaires. Une victime  se nomme Grégoire CORBUSIER, 34 ans.

  J'élude (pour le moment) d'autres approfondissements pour souligner les points communs entre mes investigations chez Ricardou et Thilliez. Dans le billet précédent de 2020, je soulignais l'importance du X dans Il était deux fois, et le codage en acrostiche du mot "abracadabra", mot également présent dans L'art du X de Ricardou, offrant de même un acrostiche.
  Dans le billet de 2016 sur Rêver, je supposais que l'idée d'en supprimer un chapitre (le 57e parmi 89, Fibonacci) avait été inspirée par l'erreur de l'édition originale de Deuils de miel, où il n'y avait pas de chapitre 30 (parmi 34, Fibonacci). Je ne savais pas alors que Ricardou avait volontairement omis une phrase de L'art du X, en 1983, mais que dans sa seconde édition, en 1988, une inadvertance avait supprimé une autre phrase.
  La présence de la séquence 9-8-7 dans la Préface est une interprétation de ma part, mais la réelle séquence 9-8-7 chez Thilliez sous la forme neun acht sieben y ajoute une tout autre dimension, avec les partages des phrases ricardoliennes de 140 mots. Je rappelle que les mesures de la série Bleue 32 et 54 cm équivalent aux grandeurs 13 et 21 pouces dans le système anglo-saxon, les 7e et 8e nombres de Fibonacci, et il est donc envisageable de parvenir à 987 via ces équivalences des valeurs de NEUN ACHT SIEBEN (987 = F8 x (F7 + F9), avec F9 = F8 + F7).
  Et ceci peut aller plus loin, avec le chiasme:
ACHT = 32; 32 cm = 13 pouces; 13 = F7
SIEBEN = 54; 54 cm = 21 pouces; 21 = F8

  Tiens, les deux recueils de nouvelles de Ricardou ont été imprimés en mars 1988, ce qui signifie que l'essentiel de la composition s'est fait en 1987 (j'ai souligné ailleurs que RICARDOU = 89 a eu 55 ans le 17 juin 1987).

  J'en arrive à la seconde coïncidence survenue pendant l'écriture du précédent billet. Le 16 août, à la veille de conclure, FaceBook me proposait divers groupes susceptibles de m'intéresser, avec en tête 137/1237 Synchronicity.
  La synchronicité 137 est connue des jungiens. Le physicien Pauli, co-auteur avec Jung de l'essai Synchronicité, était obsédé par ce nombre, lié à la "constante de structure fine". Il mourut dans la chambre 137 d'un hôpital de Genève.
  J'ai tenté d'accéder au groupe, créé le 15 février 2020, mais il était privé. Comme il comptait 73 membres, il m'a semblé pertinent d'en devenir le 73+1e membre, ce qui fut agréé le jour même.

  Une membre active en était une certaine Debbie, ce qui m'a rappelé qu'une Debbie avait ouvert le sujet A lady #137 sur le forum Unus Mundus, où se sont passées d'intéressantes choses en son temps.
  C'était bien la même, et ceci a provoqué un dessillement. J'avais posté en 2014 sur ce sujet ceci (en anglais),
Les nombres 1-3-7 sont en allemand EINS DREI SIEBEN, de valeurs
47+36+54 = 137
ce que j'avais oublié l'an dernier lorsque j'ai rencontré neun acht sieben acht vier chez Thilliez.

  Une belle coïncidence sur le nombre 137 est survenue le 14 octobre 2010 sur le forum Unus Mundus, lequel a été fermé récemment, ses archives n'étant plus accessibles. J'en ai parlé alors ici, puis j'y suis revenu en mars 2015 dans le billet 183 de Quaternité.
  Nous étions en train de visionner la série FlashForward basée sur une perte de connaissance de toute l'humanité pendant 137 secondes. Dans l'épisode 137 Sekunden, un Allemand prétend que ces 137 secondes viendraient de la valeur des 4 lettres de l'hébreu kaballah, "kabbale". Je savais que c'était important pour Pauli, et voulus le partager sur le forum.
  En arrivant sur sa page d'accueil, je découvris qu'un sujet récemment ouvert par le créateur du forum, Remo Roth, était le 137e de sa catégorie principale, The coniunctio. Je postai donc mon message sur ce sujet, CERN strangelets could destroy us come 11/9?, en expliquant pourquoi j'avais choisi ce sujet, et découvris que Remo avait posté la même remarque sur le rang 137 du sujet, quelques minutes plus tôt, alors que j'étais en train de composer mon message.
  Remi (c'est le nom que j'avais sur le forum) n'avait donc pas lu le message de Remo, et Remo n'avait pas lu non plus le message de Remi lorsqu'il posta un autre message, une minute après le mien. Il y rappelait par un copier/coller de ses écrits l'importance de 137 pour Pauli,  avec notamment la gématrie du mot kabbalah.

  Si les messages du forum n'ont pas été archivés, Wayback Machine donne divers états de la page d'accueil du forum, jusqu'à la fermeture en 2018The coniunctio comptait 173 sujets.

  Un plus non négligeable de l'affaire était la révélation d'une signification gématrique de 137 par un Allemand, ce qui rebondirait en 2014 avec mon étude des valeurs des noms des chiffres allemands.

  Un autre plus était nos prénoms, Remo et Remi, et ceci rebondit avec l'obsession de Ricardou pour le couple de lettres IO...
...et pour ses nom et prénom. Je mentionnai dans le précédent billet les 6 phrases énumérant les symétries de la dernière phrase commentée dans la Préface, et voici la 317e phrase:
        Doit-on encore, sous Dieu sait quel prétexte, l'obscure coalescence réitérée par une signature, il me semble, consentir un quelconque crédit (d'autres disent un "credo") à la rencontre d'"(28) émergence" et de "prénom (28)", j'en doute, puisqu'à l'exact instant où l'identité fait naufrage, en général on oublie, sauf penchant avéré pour la science, de bien compter avec ses doigts.
  On y remarque le jeu "crédit-credo". Mon second prénom est Jean, et le mot choisi par Ricardou pour faire entendre son prénom, "émer-gen-ce", me rappelle que l'origine de mon prénom vient de la tribu des Rèmes.

  Il vient ensuite tant de bizarreries diverses que je ne sais dans quel ordre présenter, alors je m'y lance pêle-mêle.
  Lorsque le groupe 137/1237 Synchronicity m'a rappelé la coïncidence 137 sur le forum Unus Mundus, à la veille de la publication de mon 316e billet, il n'a pas tardé à m'apparaître que je serais amené à en parler dans le billet suivant, soit le 317e.
  Mieux, le billet 183, Déchetterie oblique, devait son nom à un roman de John Brunner, L'orbite déchiquetée (anagramme), numéro 137 de la collection Présence du futur (ce qui m'avait conduit à évoquer les coïncidences 137). Le roman était originellement le premier volume triple de la collection, paru sous les numéros 137-138-139, 138 étant significatif car c'est l'anagramme de la valeur du titre, 183, 139 l'étant encore plus car c'est la valeur de JOHN BRUNNER.
  C'est un hasard qui m'avait conduit à redécouvrir ce roman à l'approche de la publication du billet 183, et un autre hasard qui avait permis sa publication effective le 18/3, mieux le 18/3/2015, anagramme des 7 premiers termes de la suite de Fibonacci, en partant de F0, 0-1-1-2-3-5-8.
  Parce que le billet mentionnait Al Attanasio, auteur de SF membre de Unus Mundus, de valeur 113, j'y évoquais aussi le Modulor.

  La masse des nouveaux éléments amenée par les coïncidences 987 et 137 est telle que ce billet 317 n'y suffira pas, et qu'il faudra donc poursuivre dans le billet 318, or le 31/8 approche, une date privilégiée sur Quaternité, utilisée à peu près chaque année pour une publication. L'une des raisons est qu'il s'agit du 21/13 du calendrier pataphysique, or c'est une recherche sur 2113 qui m'avait conduit à L'orbite déchiquetée, et à d'autres romans de SF où apparaît l'année 2113 (dont un de Attanasio).
  Si le billet 316 a été publié le 17/8, si le billet 318 le sera le 31/8, alors ce billet 317 se doit de l'être à mi-chemin, le 24/8, ce qui tombe doublement bien.
  2-4-8, ce sont les nombres fondamentaux de Ricardou, et ce 24/8 seront fêtés les 48 ans de ma fille Aurélie, âge éminemment ricardolien.

  Elle doit son nom à Aurélia de Nerval (Le rêve est une seconde vie), et à la veille de cet anniversaire les nouvelles annoncent la mort d'un fameux rêveur, le dernier des Everly Brothers, à l'âge non moins ricardolien de 84 ans.
  Je rappelle que cet obsédé des nombres 2-4-8, et plus particulièrement des formes 48, 84, 24, 42, est mort à 84 ans en
2016 = 24 x 84 = 48 x 42
 
  248 est aussi le nombre de mots de la 61e phrase de Résipiscence, où j'ai vu un double codage. Ses trois doubles parenthèses, (peu à peu), (on le comprend), et (mot à mot), peuvent être assemblées pour former une proposition cohérente, "peu à peu, on le comprend mot à mot", mais un autre degré consisterait à isoler les mots centraux de chaque triplet, "à-le-à", formant ALEA, "dé" en latin, "dé" qui est l'un des maîtres mots de la nouvelle.
  J'avais entrevu autre chose que j'avais tu: les lettres D-E sont aussi outre-Manche (comme outre-Rhin) les notes ré-mi.
  Absurde, ridicule, bien sûr, mais voici que je m'avise que les deux dernières phrases où la mise à part des parenthèses m'a fait entrevoir de possibles rapports dorés sont la 325e, de structure 34 (7) 21 (20) 13 (12) 104, et la 188e, de structure 54 (86), réalisent le minimum syndical du point de vue symétricologique, avec une syllabe identique aux deux bouts: ces syllabes sont RE ("Revenant" "faire") et MI ("Mieux" "émis"). Tiens, la version de la phrase 325 écourtée à sa partie 34 (7) 21 (20) 13, donnée plus haut, s'achève aussi sur la syllabe RE ("deg").

  C'est fou, mais je crois avoir montré que toute cette affaire est folle et m'implique bon gré, mal gré. J'ai donné à diverses reprises les étonnants parallèles entre certains aspects de nos écrits, alors même que nos buts divergent radicalement, et que je ne ressens guère de sympathie envers le personnage. Mon séjour à l'IMEC m'a fait découvrir un autre point commun que je dévoilerai prochainement.

  Dans le cadre de ce 317e billet, il est plus immédiat de remarquer que la phrase 325 vient 137 phrases après la phrase 188.
  Considérer ensemble ces phrases m'a conduit à autre chose que le 9-8-7 allemand donnant les 140 mots de la phrase 188. La phrase 325 a en tout 172 mots hors les parenthèses, soit deux fois 86, le nombre précédant 140 dans la série Bleue.
  L'esthétique du nombre d'or s'appuie en principe sur la propriété mathématique de la "divine proportion", supposée harmoniser idéalement trois quantités. Si ceci peut se comprendre, il est plus difficile d'accepter l'idée partagée par beaucoup de peintres que l'harmonie perdure dans ce que Sérusier nommait la "double coupe d'or". C'est-à-dire que si un rectangle d'or a pour longueur a et pour largeur b, le rectangle a x 2b serait aussi harmonieux.
  J'ai envisagé que Ricardou eût été inspiré par cette idée pour les deux dernières phrases de la Préface, en 183 et 226 mots (je sais maintenant que ces 226 mots n'étaient pas prévus au départ).
  Il me semble d'ailleurs que cette idée eût pu influencer Le Corbusier, avec le doublement des valeurs de la série Rouge par celle de la série Bleue. Si une seule échelle de mesures était insuffisante, il y avait d'autres solutions (comme celle d'une progression géométrique avec pour raison la racine du nombre d'or).

  Ce 317e billet est en outre le 137e billet écrit à Esparron, après notre déménagement fin 2014. L'écriture du 1er billet esparronnais, meshane maqom, m'a conduit à ces que j'estime souvent être ma plus belle découverte, un magnifique chiasme utilisant les valeurs des huit premiers termes de la suite de Fibonacci écrits en anglais:
ONE+ONE+TWO+THREE+FIVE+EIGHT = 13x21
1x1x2x3x5x8  = THIRTEEN+TWENTYONE
Vérification sur le Gématron.

  La somme totale des valeurs de ces 8 nombres étant 513, j'avais eu la curiosité d'en calculer la section d'or entière approchée, soit 317, ce qui ne m'avait d'abord pas été évocateur.
  Plus tard, lorsque j'ai utilisé ces harmonies dans un sonnet de 513 lettres, je me suis avisé que 317 se répartissait au stade suivant en 196 et 121, les carrés de 14 et 11, avec divers rebonds.

  Lors de mon exploration en 2014 des égalités entre nombres et valeurs de leurs chiffres dans différentes langues, je n'avais vu que 137 et 160 en allemand (et 146 en anglais).
  Je n'avais pas alors considéré les nombres de deux chiffres, imaginant qu'un résultat serait improbable. J'avais tort, car
86 = ACHT + SECHS = 32 + 54 = 86.

  Attendu que trois autres chiffres allemands (4-7-9) ont pour valeur 54, le même jeu 32-54 (série Bleue) se rencontre pour 8 nombres, notamment les 48 et 84 chers à Ricardou.
  A considérer aussi les renversements 86-98 et 68-89.

  Dans le roman de Thilliez, le nombre 98784 représentait le nombre de battements du coeur du tueur pendant les 24 heures où il torturait à mort les parents d'un enfant, sur le crâne duquel il tatouait ensuite le nombre. Il y a d'autres nombres de ce type, puisqu'il y a eu 7 couples assassinés, mais 98784 est le seul nombre qui, divisé par 1440 (nombre de minutes par jour), donne un résultat sans reste, 68,6.
  Je n'avais pas souligné alors que sechs-acht-sechs donnait aussi une double césure dans la série Bleue, 54-32-54.
  "coeur" est un mot essentiel dans les écrits symétricologiques de Ricardou, supposé se nommer Jean Ricoeur dans la Préface, et être mort d'un accident de la circulation (cardiaque) dans Le lapsus circulaire.

  Le titre du 316e billet était Une intégrale transmutation, mots présents dans la phrase avec les Fibos 9-8-7, se trouvant avec bonheur totaliser la valeur 316.
  Attendu que "transmutation" est un mot de 13 lettres, j'ai cherché un adjectif de 7 lettres dont la valeur ajoutée à "une transmutation" permettrait d'arriver à 317 pour ce 317e billet.