11.11.11

DIS UN ORACLE

11/11/11... J'ai eu envie de saluer cette date, tout comme j'avais salué le 10/10/10. C'est encore une série d'hétérogrammes qui s'est imposée, en hommage à L'USINE A TROC de Perec, où cette superbe formule est permutée en quenine dans les dernières colonnes des 11 onzains.
Pour abonder dans le 11, il m'a semblé devoir utiliser une série de 11 lettres de valeur 121 = 11x11. Ma première idée a été ESARDUNILOC, où le T de la série originale ESARTULINOC est devenu D.
Je suis d'abord parti de la formule L'EROS D'UNICA, en pensant à la pionnière de l'anagramme Unica Zürn, avec une permutation de la formule en quenine. Et puis ça ne m'a guère inspiré, et il m'a semblé devoir trouver un concept plus innovant. Le 10 j'ai repensé au CARDO et au DECUMANUS, les axes nord-sud et est-ouest d'une ville romaine, découverts lors de mon enquête sur Philadelphie, où ces axes découpent curieusement le plan initial de la ville selon Fibonacci, 3-5-8-13.
J'ai trouvé la formule UNIS LE CARDO, et ai décidé d'en faire avec ses permutations en quenine la colonne centrale de mes onzains.
Il fallait distinguer aussi la ligne centrale, et j'ai décidé que ce serait dans chaque cas un énoncé autonome, anagramme signifiante de UNIS LE CARDO.
Les deux premiers poèmes furent achevés le 11/11/11.
Les voici (j'utilise ici la quenine quenaldienne, ABCDEFGHIJK > KIGECABDFHJ, tandis que Perec en a choisi une variante inversée, BDFHJKIGECA).

1 - UNISLECARDO - UNISLECARDO













Eros d’Unica,
l’adoré nul si conçu,
SI
le dard noir seul accorda
l’usine.
Unis le CARDO,
son DECU,
rail ordinal usé,
clos du rien câlin,
code sa ruine,
clos ardu.

11/11/11

2 - ORCLIUNSEAD - LOINDUSACRE













Du salon ciré,
un soir d’éclairs où Clanderine a lu docs reçus,
il onda loin du sacré.
Déclin à sourde raison, lu cran si édulcoré,
coda nul...
Si lance du soir.

11/11/11


Ce onzain est inspiré par le texte zazipien de l'année, C'est un soir de vent, de Harry Mathews.

Je doute de trouver un jour l'inspiration pour reprendre cette série, aussi voici l'image créée par Marylin Rolland à partir des deux premiers onzains :

3 - DENICORLUSA

4 - AURCNDEIOLS

5 - SOENRAUCDIL

6 - LDURESONACI

7 - IAOEULDRSNC

8 - CSDUOIAELRN

9 - NLAODCSUIER

10 - RISDANLOCUE

11 - ECLASRIDNOU

3.11.11

en deçà

Un faisceau de coïncidences, au-delà me semble-t-il de tout ce qui précède, a marqué ces derniers jours. Le plus simple est encore d'en donner le compte-rendu chronologique, en demandant un peu de patience.

Jeudi 27 : mes récents retours d'intérêt pour la convention musicale étendant la gamme à tout l'alphabet m'ont fait rechercher sur le net des références à la pièce qui m'avait fait connaître ce système il y a bien longtemps, vers 1970, la Fantaisie sur le nom SALCEDO pour guitare d'Emilio Pujol. Je l'avais évoquée dès mon second billet, mais avais alors vainement cherché une référence. Elle existe maintenant, indiquant que SALCEDO correspond aux notes EAECEDA, conformément à l'équivalence que je donnais. J'ai actualisé la page en conséquence.

Vendredi 28 : le billet précédent m'avait amené, via la lettre 'Ayin, à la lame 16 du Tarot, La Maison-Dieu (ou La Tour). Très peu familier du tarot, je m'étais avisé que les trois lames suivantes, L'Etoile, La Lune et Le Soleil, offraient un bel écho à la pierre de Bollingen, où Jung a gravé en gros les symboles du soleil et de la lune, puis en plus petit les symboles des 5 autres planètes traditionnelles, avec Mercure (en hébreu kokav, "étoile") au centre, sur l'enfant-dieu Telesphoros.

Je me suis avisé ce vendredi qu'il serait intéressant d'avoir cinq lames, pour mieux épouser la quaternité jungienne, telle qu'elle apparaît notamment sur la pierre de Bollingen, divisée en 4 régions autour de Telesphoros au centre. J'ai d'abord songé à y adjoindre la lame suivante, Le Jugement, permettant d'encadrer les trois lames planétaires entre les lames correspondant aux lettres 'Ayin et Resh, formant le nom OR, Er premier fils de Juda qui fut "mauvais", RO, aux yeux de YHWH, qui le fit mourir.
Les 5 lettres hébraïques correspondant à ces lames, OPÇQR, permettent bien des combinaisons, par exemple d'écrire PRÇ, Perets autre fils de Juda homologué à la lune.
C'est aussi le nom de la famille juive polonaise dont est issu Perec, dont le nom français se trouve transcrit en hébreu moderne PRQ, comme pereq, "chapitre". L'un des projets interrompus par la mort précoce de l'auteur avait pour titre prévu L'Arbre, histoire des membres de sa famille. Or "arbre" se dit en hébreu OÇ, et je m'émerveille qu'une traduction aurait pu réunir par les noms de l'auteur et de l'oeuvre 5 lettres consécutives de l'alphabet, OPÇQR.
Puis il m'est venu que L'Etoile serait mieux placée au milieu de 5 lames, ce qui impliquait de faire intervenir la lame 15, Le Diable, avec d'intéressantes possibilités, Diable et (Maison-) Dieu, au centre l'Etoile Mercure, puis Lune et Soleil. La numérologie est intéressante, puisque la somme des rangs des lames est 85, 5 fois l'arcane 17 central. Jung a vécu 85 ans, avec un bonus de 17 ans après sa grave maladie de 1944, dont il a associé la guérison à Mercure.
Si les tarots français associent les lames numérotées du Tarot aux lettres hébraïques correspondantes, en reléguant le Mat (la lame non numérotée) en queue, les tarots anglo-saxons font plutôt correspondre le Mat à l'Alef, avec un décalage conséquent pour les autres lames, ainsi dans ce tarot BOTA les lames 15 à 19 correspondent aux mêmes lettres OPÇQR que précédemment pour les lames 16 à 20.Je remarque sur le ventre du Diable un symbole cornu qui ressemble fort à celui du mercure...
Il y a encore le cas particulier du tarot de Thoth, peint par Frieda Harris à l'instigation de Crowley, où on a les mêmes correspondances, sauf pour L'Etoile, qui ne correspond pas à Çadé mais à son inverse atbash , 5e lettre de l'alphabet, tandis que Çadé correspond à la lame 4 (cliquer pour agrandir). Je suis frappé de voir l'atbash jouxter la tour de Babel, et je remarque que si la Tour ne correspond plus à la lettre 'Ayin, "oeil", c'est d'un oeil céleste que part la foudre divine. Je remarque encore une colombe portant un rameau d'olivier, évoquant Noé, alors que l'autre renversement "aux Yeux de YHWH" touche Noé, NH, qui leur trouva grâce, HN (voir le billet précédent).

Samedi 29, matin : au marché de Digne je trouve à l'étal d'un bouquiniste Sépulcre, de Kate Mosse. J'avais remarqué ce roman à sa sortie en 2008, parce qu'il associait Debussy à l'affaire de Rennes-le-Château, ce que j'avais aussi fait dans une nouvelle écrite en 2006 (mais parue en 2009).
J'avais alors feuilleté ce gros livre, qu'il ne m'avait pas semblé urgent d'acquérir.

Dans l'après-midi, je regarde un épisode de Monk, Monk joue les papas. L'intrigue tourne autour d'un T-shirt que Julie, la fille de l'assistante de Monk, a juré de porter jusqu'à sa mort; elle y figure en photo avec son petit ami, mais à l'arrière-plan un détail dénonce le meurtrier de l'affaire en cours. Celui-ci soudoie Clay, le garçon le plus populaire du lycée de Julie, pour la séduire et lui faire renoncer au T-shirt compromettant. Clay feint d'avoir besoin de petits cours d'espagnol, et Julie lui explique la règle du masculin-féminin, hermano-hermana, amigo-amiga...

17:27, un mèl de la liste Perec, où l'espagnol Hermes Salceda signale une exposition Roussel à Madrid. Salcedo-Salceda, et Hermes qui bien sûr est Mercure. Par ailleurs ma nouvelle avec Debussy faisait quelques emprunts à Roussel, avec des "sésames vocaux", issus de Locus Solus, permettant à Saunière d'accéder au sépulcre mythique de Christian Rosencreutz.
Hermes Salceda est, entre autres activités, le responsable de la revue Raymond Roussel aux Belles-Lettres. J'ai été charmé en octobre de m'y voir cité dans le numéro 4 (par Sjef Houppermans, que j'avais cité dans un tout autre contexte).

J'en arrive au clou de la journée. En soirée, ma lecture de Sépulcre est bien avancée, et voici quelques éléments.
En 1891 Léonie Vernier, voisine de Debussy rue de Berlin, s'en va avec son frère du côté de Rennes-les-Bains, dans la propriété de leur tante, le Domaine de la Cade. Elle s'y intéresse aux travaux ésotériques de son oncle décédé, lequel avait développé un rituel pour entrer en contact avec les puissances obscures à l'aide d'un jeu particulier de tarots, et de vibrations musicales, basées sur les notes C-A-D-E, tout ceci dans un sépulcre wisigoth dont est familier aussi l'abbé Saunière...
En 2007 Meredith Martin prépare une biographie de Debussy. De formidables hasards l'amènent à s'intéresser au tarot, puis à séjourner au Domaine de la Cade devenu hôtel de luxe. Elle découvre au fil de l'aventure qu'Anatole Vernier était son trisaïeul, et que des liens mystérieux l'unissent à Léonie...
Sa réflexion sur le tarot l'amène à envisager des correspondances musicales entre lames et notes, effectivement envisagées par l'auteur du tarot BOTA vu plus haut, et imaginées en rapport avec Debussy ici.

Peut-être n'est-il pas inutile de redonner la correspondance entre gamme et alphabet :
la .si .do ..mi .fa .sol

.A . B . C . D . E . F . G
.H . I . J . K . L . M . N
.O . P . Q . R . S . T . U
.V . W . X . Y . Z

On vérifiera ainsi que toutes les lettres de Salcedo ou Salceda appartiennent à la série "magique" CADE :
SALCEDO = SALCEDA = EAECEDA
A noter que salcedo est le "saule" (et salceda la "saulaie"), tandis que le cade est un arbuste méditerranéen.
Le gars qui apprenait l'espagnol dans Monk était
CLAY = CEAD
Mes considérations antérieures sur divers tarots m'ont fait privilégier le BOTA où l'arcane 17 correspond à la lettre Çadé et
ÇADÉ = CADE !!!!
Je rappelle que cette lettre Çadé compose avec 'Ayin le mot "arbre" (et ces lettres ont des formes ramifiées évocatrices).
Il s'agit d'une transcription parmi d'autres du nom de la lettre (telles Sadé ou Tsadé), mais je la privilégie volontiers, sauf qu'il est malaisé de trouver un Ç majuscule au clavier. C'est en l'écrivant plus haut que je me suis avisé de cette correspondance, ahurissante puisque je lui trouvais un rapport avec les 17 ans vécus par Jung après 44, or
CARL = CADE !!!!
J'ai privilégié le choix du tarot BOTA pour avoir la 17e lame au centre des lettres OPÇQR, juste avant de lire Sépulcre et d'y apprendre l'éventuel rôle magique des lettres-notes CADE. La transcription Çadé ne m'est aucunement personnelle, voir par exemple ici.
Dans l'épilogue du roman (où n'intervient aucunement l'alphabet hébreu), Meredith envisage que son bisaïeul ait connu l'auteur du tarot BOTA, et l'ait initié au secret des correspondances musicales.

Le second billet de Quaternité m'avait amené aux 4 lettres CADE, dans cet ordre notamment, initiales des 4 membres du Quintett seuls actifs dans le dernier album, La chute, titre triplement significatif.
Au sens propre, c'était la chute du docteur Charles Guibert, deus ex machina, du haut de la tour où il résidait, et une allusion à la lame 16, la Tour ou Maison-Dieu, est envisageable. Ci-contre Charles va dans un instant être précipité dans la nuit pluvieuse par, de droite à gauche, Alban-Dora-Elias.
J'y observais que "chute" venait du latin CADEcta, et j'avais très certainement vu que CHARLES conduisait à CAADEEE.

Il y aurait beaucoup à dire sur Sépulcre, dont je préfère le titre anglais Sepulchre, où les 4 lettres finales donnent encore
CHRE = CADE
C'est aussi le titre que Léonie a donné à une partition trouvée dans le sépulcre, une partition où dominent les notes CADE. Greg Nunes, ami de l'auteur, a composé un morceau selon ces prémisses, plutôt agréable mais je déplore pour ma part qu'il n'ait pas choisi un respect plus absolu de la contrainte, en pensant à Pagodes, où Debussy n'a (presque) utilisé que les touches noires du piano.

C'est également Nunes qui a fourni à Mosse quelques infos sur la suite de Fibonacci et sa supposée utilisation par Debussy, probablement tirées du Debussy in Proportion de Roy Howat, dont je m'étais servi aussi pour ma nouvelle.
Je m'étais livré au jeu fibonaccien CARL = AL + CR = 13 + 21 sur le billet Signé AL RC, et grâce à Kate Mosse je vois aujourd'hui une autre approche, musicale :
CADE = 13 ; CARL = 13 + 21.

Kate Mosse a joué avec l'histoire locale, et il faut ainsi savoir que le journal de Saunière contenait à la date du 21 septembre 1891 "Lettre de Granès. Découverte d'un tombeau. Le soir pluie." pour apprécier que c'est ce même 21 septembre que Léonie découvre le sépulcre, et un gros orage éclate le soir...
Je remarque au passage que c'est un 21 qu'elle découvre les lettres CADE, de valeur 13, et les 8 tarots qui semblent leur être intimement associées.
Le nom Lawrence des nouveaux propriétaires du Domaine de la Cade, où se trouve le sépulcre, est une probable allusion au fameux tombeau des Pontils, calqué sur celui dles Bergers d'Arcadie.

Alors que j'avais choisi de publier le précédent billet le 20 octobre, anniversaire de Dannay, j'apprends que c'est aussi celui de Kate Mosse, née en 1961, quelques mois après la mort de Jung.
Le mois d'OCTObre et le nombre 8 jouent un grand rôle dans l'intrigue, avec notamment les naissances des héroïnes en octobre, le 22 pour Léonie (les 22 lames du Tarot ?), le 8 pour Meredith : les figures de 8 lames du Tarot magique (visibles ici) sont peintes sur les murs du sépulcre, parmi elles la Tour et le Diable. Je rappelle que la lettre 'Ayin m'a mené à la Tour, puis aux lames suivantes Etoile-Lune-Soleil; le désir d'avoir 5 lames consécutives m'a fait convoquer le Diable, correspondant aussi à 'Ayin dans les jeux anglo-saxons, avec Çadé correspondant au centre des 5 lames. Le rituel magique du sépulcre a pour but la convocation du Diable, ou au moins du démon Asmodée.
Dans le jeu magique les lames prennent les traits des protagonistes du livre, ainsi Léonie se reconnaît dans la lame 8, la Force, et Meredith dans la lame 11, la Justice. Une recherche minimale, que n'a pu manquer d'effectuer Kate Mosse, mène à découvrir qu'il existe un problème pour ces deux lames, interverties dans certains jeux :Le Diable, ou Asmodée, apparaît à 3 reprises, chaque fois le soir du 31 octobre, fête d'Halloween probablement choisie à cause du curé Gélis, découvert assassiné à coups de hachette au matin du 1er novembre 1897. Le roman lie l'affaire à l'incendie la même nuit du Domaine de la Cade (tiens, selon Trévoux la lettre Çadé désigne une hachette ou une herminette). J'avais aussi utilisé cet épisode dans ma nouvelle, en le déplaçant au Jeudi saint rosicrucien.

C'est ce 31 octobre que j'ai terminé Sépulcre, et une autre curiosité est apparue le lendemain en effectuant une recherche pour vérifier que Debussy avait bien habité rue de Berlin, ce qui m'a mené au site de David Lamaze, avec qui j'ai déjà correspondu, à propos de nos intérêts bachiens communs. Il y fait état d'une confidence codée du journal de Ricardo Viñes, pianiste ami de Debussy, utilisant le code de La Jangada, le roman de Verne débutant par un long paragraphe codé que les protagonistes ne parviendront que par chance à décoder à l'ultime moment.
En fait un lecteur malin put décoder le message avant la publication de la fin du feuilleton, et j'avais identifié dans ma nouvelle ce lecteur au propre père de l'abbé Saunière, ignorant alors qu'il s'agissait d'un nommé Saumaire.
Toujours est-il que la clé chiffrée du code de Viñes (avec un alphabet sans w) est 31891 :
bp pjslt mu xrux ...
31 89131 89 1318
yo haria el voto
(je ferais le voeu)
S'il n'y a évidemment aucun rapport, je suis tenté d'imaginer la date du 31 octobre 1891, où apparaît le Diable pour la première fois dans Sépulcre, sous la forme 31/VIII/91, ou 31/8/91, car je crois que Kate Mosse privilégie l'octitude (?) du mois plutôt que son rang actuel dans l'année.
Incidemment, CODE = CADE...
Note : David Lamaze m'a précisé (merci) que le chiffre de Viñes correspondait au nom de sa dulcinée :
M-A-R-I-A = (1)3-1-(1)8-9-1.

Note du 16/11 : la consultation du site de Lamaze m'avait fait commander son livre Le Coeur de l'horloge, reçu aujourd'hui. Il y envisage des codages de noms dans la musique de Ravel, n'utilisant que les 7 premières lettres de l'alphabet correspondant immédiatement à des notes. Il donne les transcriptions selon ce système des proches de Ravel, et je suis éberlué d'y découvrir que riCArDo viñEs devient CADE, dans cet ordre.


2 novembre : j'ai ce matin un mèl du plasticien Bernard Szajner, qui prépare un spectacle sur une étoile qui ne serait visible que pendant 17 secondes à 17 heures, et à qui quelqu'un a dit que 17 correspond à Mazal ou Mazel. En savais-je quelque chose ?
Je n'en aurais probablement rien su quelques jours plus tôt, mais je pus lui dire qu'il y avait vraisemblablement un rapport avec l'arcane 17 du tarot, L'Etoile, mazal signifiant constellation en hébreu.
Je lui demandai s'il s'était adressé à moi suite à mon dernier billet, mentionnant cet arcane 17, eh bien non. Je rappelle que je ne m'intéressais jusqu'ici en rien au tarot, et que ma seule mention de la lame 12 à propos des Pendus bizarres devait tout à mon amie dp.
Une petite recherche m'apprit que Bernard Szajner avait plusieurs casquettes, et qu'il était fort connu comme musicien, ayant notamment inventé en 1980 la Harpe Laser, par la suite dévoyée par JM Jarre.
Szajner est né le 27 juin 44, et a dû être caché dans la région grenobloise, comme le petit Perec. Le recueil Rémi face au lacis doré composé par mes amis oulipotes pour mes 60 ans m'a fait découvrir que ce titre existait déjà, composition du belge Daniel Schell, né le 5/4/44. Je projette de revenir sur ce personnage, pionnier d'un autre rare instrument, la tap-guitar, et sur cette date.
Note du 16/11 : La lecture du livre de Lamaze m'a donc fait écrire aujourd'hui une note un peu plus haut, et revoir au passage l'étoile Mazal de Szajner... Lamaze-Mazal ! et toujours l'arcane 17, alias Çadé dans le tarot BOTA.

De plus, juste avant de renseigner Szajner sur l'arcane 17, il y avait dans notre boîte aux lettres ce matin du 2 le n° 17 du Correspondancier (le 8e avatar de Viridis Candela, la revue du Collège de 'Pataphysique), avec mon premier article dans la revue, La multiplication des 813.
Note du 4 : dp me rappelle que le vrai nom de Michel Lebrun, fondateur et numéro 1 de l'association 813, cité dans mon article, est Michel CADE !!!! C'est essentiellement parce que Cade-Lebrun était pataphysicien que la revue a publié l'article.
Ceci me donne envie de chercher une autre image de la lettre Çadé, avec cette orthographe, et je pose la requête adéquate sur GoogleImages : la seconde réponse est une harpe ! (j'y ai adjoint ci-contre un Çadé, sur lequel on pourrait éventuellement tendre des cordes) Elle envoie à une page sur les Psaumes, où est donné in extenso le psaume alphabétique 118 (ou 119 selon les Bibles). Je suis depuis toujours frappé par l'homologie entre les 176 vers de ce psaume (22 strophes de 8 vers) et les 176 poèmes d'Alphabets de Perec (16 séries de 11 poèmes).


3 novembre : une autre revue dans notre boîte ce matin, Rustica, mais elle était adressée à une voisine. Après avoir corrigé l'erreur du facteur, je me suis demandé si elle ne pouvait receler du sens, la voisine ayant par ailleurs un nom évocateur. On s'aperçut alors que RUSTICA = DGEFBCA, un mot de 7 lettres couvrant toute la gamme. Il y a quelques jours, le 25 octobre, j'avais fait état sur la liste Oulipo de mes préoccupations sur cette question, et un colistier informaticien (encore merci Nicolas) m'avait fourni les seuls 98 mots de 7 lettres de l'Officiel du Scrabble répondant à cette règle (parmi plus de 30000 mots de 7 lettres).
De quoi inspirer une CRAINTE MODIQUE à CERTAIN CITOYEN...

Et la brouette ? Je comptais laisser de côté une coïncidence survenue dimanche 30, parce qu'elle concernait plutôt ma première approche du tarot, avec l'arcane 17 correspondant à .
Et puis est venu Szajner, né le 27 juin 44, 3 jours avant la mort de Haemmerli, 84 jours après le 4/4/44, alors voici : j'étais donc dimanche chez mon gendre cultivateur et ma serviabilité bien connue m'a conduit à épierrer une petite pièce destinée aux plants de lavandin. Ce n'était pas la première fois, mais je me suis avisé que je me servais d'une brouette Haemmerlin.
De contenance 85 l, la somme des arcanes 15 à 19...
De diamètre de la roue 400 mm, la somme des lettres hébraïques selon la correspondance SOPÇQ du tarot français.

Le titre de ce billet fait bien sûr référence aux notes CADE et à la lettre Çadé, mais encore au préfixe grec endéca (ένδεκα), "onze", puisque c'est en débutant ce billet le 1/11/11 que j'ai vu cette équivalence (d'autant qu'l'Aude [Debussy] est le département 11).