8.7.17

prénom, Elisabeth - nom déclaré, Lovendale


   Retour aux grilles de Cyril Epstein et Robert Rapilly publiées dans Formules n° 9 (2005) et El Ferrocaril de Santa Fives (2011), grilles composées pour faire apparaître des messages dans les premières et dernières colonnes, GIRARE ROI et ANAGRAMME pour celle de Cyril,

G A R E O P E R A
I W A N M A N O N
R O M A N P R I A
A W A G N E R E G
R E N E M A I N R
E I N E R O I M A
R I A G E M I R M
O O N W O M A N M
I O I M P R I M E

FIVES LILLE et LILLE FIVES pour celle de Robert,

F R E I N A B O L
I L O C O M O T I
V E S E M B A L L
E E S S O L E I L
S E M A P H O R E
L E R A I L D E F
I L E I N F I N I
L E I T M O T I V
L O G O R R H E E
E N T R E P A Y S

  Voir le billet précédent pour plus de détails, notamment comment j'ai été conduit à ces grilles toutes deux "ferroviaires" qui contiennent chacune dans leurs colonnes centrales les lettres NOM PRENOM, exactement pour celle de Cyril, selon l'anagramme OMNNMREOP. La grille de Robert a dix lignes, et il y a donc une lettre supplémentaire, I, NOMOP-I-NMRE.
  Les deux auteurs ont certifié n'avoir eu aucune intention en ce sens,  bien que ces mots soient des plus significatifs dans leurs projets.

  J'y reviendrai, mais avant de hasarder des hypothèses sur les échos de NOM PRENOM chez l'un ou l'autre auteur, je vais commencer par ce que m'évoque le plus directement l'ensemble des deux grilles. Après tout, la coïncidence fabuleuse des colonnes centrales n'existe peut-être que parce que je l'ai vue... En tout cas il n'y aurait pas lieu d'en discuter sinon.

  Alors ce qui me frappe au premier chef, ce sont les 81 et 90 lettres des deux grilles, car 81 et 90 sont les valeurs d'un nom et d'un prénom à l'origine d'une découverte essentielle en son temps.
   En  1996 j'ai relu la nouvelle La lettre d'amour du roi George, de Maurice Leblanc, où il est question d'une édition en 18 volumes des romans épistolaires de Richardson, chacun contenant une lettre du roi à sa maîtresse, mais le volume 14 a disparu. L'Anglaise Elisabeth Lovendale recherche ce volume 14 et surtout cette lettre 14 qui prouverait son ascendance royale... Les lettres missives restantes 1-13 et 15-18 m'ont conduit aux lettres caractères A-M et O-R,  et la lettre manquante au jeu N-AMOR, anagramme de ROMAN, tandis que l'anglais N-LOVE est l'anagramme de NOVEL...
  Le nom complet de l'Anglaise a 18 lettres, de même valeur 171 que la somme des nombres de 1 à 18, et dans ce nom la seule lettre à sa place est la 14e, N:
E L I S A B E T H L O V E N D A L E = 171
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R = 171

  Divers détails de la nouvelle et d'autres textes de Leblanc pourraient accréditer l'intentionnalité du jeu, mais mon expérience des coïncidences textuelles m'interdit toute affirmation péremptoire.

  ROMANAMOR m'était devenu l'emblème de ce jeu lorsque j'ai découvert peu après un poème de Paul Braffort intitulé Roman amor, où il est question de Jack l'Eventreur. La parution récente du roman Mör, de Johana Gustawsson, où Jack l'Eventreur est aussi présent, m'a conduit à un nouveau découpage du palindrome, étudié dans le premier billet de mai, Rom Ana Mor. Il y intervient que mor signifie "mère" en suédois, de même que ana en turc.

  Un point de ce billet a été développé dans le suivant, Des lions jusqu'en bas, dont l'écriture a été ponctuée par des coïncidences avec des palindromes publiés par Robert sur la liste Oulipo, ce qui m'a conduit à la découverte de l'anagramme de NOM PRENOM dans la colonne centrale de sa grille de El Ferrocarril, en formidable écho à celle de la grille de Cyril étudiée en mars.
  Or ces grilles de 9 lettres de largeur ont 81 et 90 lettres, valeurs des prénom et nom ELISABETH et LOVENDALE, en 9 lettres chacun, qui m'avaient conduit aux jeux ROMANAMOR et LOVENOVEL. Parfaite circularité qui me fait remarquer que les deux lettres centrales de la grille de Robert sont PI:
S E M A P H O R E
L E R A I L D E F
  Je remarque les lettres HOL à côté de ce PI, écho immédiat aux billets d'avril sur le film Pi et le roman HOL (House of Leaves), liés aux billets de mars sur Cyril, philosophe "sans-philo"...
  Au moment où j'écris ceci, ce 2 juillet, OLivier PY est l'invité de l'émission Musique Emoi d'Elsa Boublil.

  Bref, 6 et 12 ans après les publications des grilles de Robert et Cyril, j'ai voulu me joindre au concert en honorant dans une grille 9x9 ELISABETH et LOVENDALE en colonnes 1 et 9, et tout à fait consciemment NOMPRENOM dans la colonne centrale:


E X X O N E P E L
L
E L E O N T R O
I
S K O M A R O V
S
K Y E P E L L E
A
Q O U R S Z U N
B
A R J E N C O D
E
W A G N E R F A
T
M A N O N M A L
H
E U R M Y T H E

  Ça se lit horizontalement:
Exxon épelle Léon Trois, Komarovsky épelle Aqours Zunbar... J'encode Wagner fat. Manon, Malheur, Mythe.
  Je confesse avoir forgé certains mots pour parvenir à un pangramme (tout l'alphabet est présent) de valeur 999, mais j'ai appris ensuite que le professeur Zunbar est un personnage Marvel, quelqu'un qui entend greffer le cerveau du Prince des mers, Namor, sur une créature qu'il a fabriquée... J'avais appris l'existence de ce personnage Namor en 1996, peu après la découverte de romaNamor, car il était alors question d'un film de ce nom aux studios Disney, projet qui n'a pas abouti.

  J'avais écrit AQUORS, mais Google m'a suggéré Aqours, nom d'un groupe de 9 filles imaginé dans le manga japonais Love Live! Sunshine!!, créé en 2016, adapté en série animée TV.
  Aqours semble être la prononciation nipponne de aqua, et les Aqours sont un groupe aquatique, peut-être repéré par le professeur Zunbar qui a échoué à voler le cerveau de Namor. Ce manga est la suite de Love Live!, autour d'un autre groupe de 9 idoles, les μ's. Y aurait-il une allusion aux 9 MUses? Je repense aux lettres MU de rangs 13-21 dans notre alphabet, au sigle MU de Marvel Universe où est aussi connu le continent Mu, fréquenté par Namor.

  Pour le reste, Manon et Wagner viennent de la grille de Cyril, en lecture horizontale. J'ai placé Léon Trois parce que j'aime bien ce prénom, et qu'il fallait trouver ensuite un mot de 5 lettres --OI-, et puis je me suis avisé que LEON était présent en lecture verticale en bas de la grille de Robert (des lions jusqu'en bas!). Dans la colonne voisine apparaît REIG, un nom catalan que je connais car le traducteur de Sous les pans du bizarre en espagnol se nomme Marc Reig (l'évangéliste Marc est symbolisé par un "lion", león en espagnol). C'est peut-être ce Marc Reig qu'on voit ici donner des conseils pour se présenter à un concours de l'ONU; il est suivi de deux jeunes femmes prénommées Ana.

  Exxon est le pollueur océanique plus connu comme Esso, et Komarovsky a provoqué les pleurs de Lara jusqu'à l'assèchement de la mer d'Aral.
  J'observe après coup que les 8 noms propres de mon texte, en comptant Trois, totalisent la gématrie 657 pour 47 lettres, reste 342 pour les 34 autres lettres, 2 fois 171 valeur d'ELISABETH LOVENDALE (ou de ROBERT RAPILLY).

  Robert a conçu El Ferrocarril de Santa Fives à partir d'une histoire réelle, la construction à la fin du XIXe par une entreprise de Fives-Lille d'une voie ferrée en Argentine, mais son personnage central, le contremaître Manuel Mauraens chargé de superviser les travaux, est fictif.

  Le contrat est signé le 10 octobre 1888, et Manuel chargé de se préparer à sa tâche. La date se situe au coeur de l'affaire de l'Eventreur londonien, dont les meurtres canoniques s'échelonnent du 31 août au 9 novembre 1888.

  Page 77 Manuel Mauraens étudie lui-même son nom:
Or, décomposé au prisme de l'état civil, j'y reconnais le tenace métissage d'un prénom latin et d'un patronyme mauresque à désinence flamande.
  Robert m'a donné quelques précisions:
Rapilly est le nom paternel, normand, seul reconnu ; comme par effet de balancier, il s’agissait de raviver l’identité maternelle — le grand-père wallon Yvan Maurage / la grand-mère flamande Maria Christiaens.
J’aime à me souvenir des traits de quasi négritude de l’un, et d’elle très hispanique. Quant au prénom Manuel, la résonance argentine du livre a peut-être interféré avec mon histoire singulière.
  Ceci m'a éveillé maints échos:
  Le billet SNCFQD m'a conduit au roman Code salamandre, dont le héros Yvan Sauvage donne les correspondances 13-21 des lettres C-F selon le carré de Polybe. Le n° 1 de la collection Rail Noir semble avoir pour essentielle énigme le nom de l'entreprise GMA & FAF, de correspondance gématrique 21 & 13, tandis que les deux sigles m'évoquent la lettre grecque gamma, ancêtre de notre C, et la lettre hébraïque waw, ancêtre de notre F.

  Le prénom de la grille de Cyril est Manon, diminutif de Marie, à travers laquelle il se réfère aux apparitions mariales. Le parallélisme est immédiat avec la Maria Christiaens de Robert.
  Le nom de la grille de Cyril est Wagner, par lequel il se réfère aux wagons de la Shoah. Il est frappant que les lettres communes avec Maurage soient AEGR, formant le mot GARE, premier mot horizontal de Cyril, tandis que Robert a construit sa grille pour faire d'abord apparaître verticalement la gare argentine FIVES-LILLE.

  Le prénom de Mauraens est devenu Manuel, débutant par les mêmes lettres MAN que Manon. Sans rapport étymologique pour l'un ou l'autre, l'anglais man correspond au grec anthropos, "homme", la fiche Strong 444 qui a fait coïncidence avec le palindrome "Le Tellier" de Bob de valeur 444.

  Le première coïncidence était pour le palindrome L'aveu Queval donné au moment où je venais d'écrire voir ANA et MOR dans rAbAN MAUR, et je les trouve aussi dans yvAN MAURAge comme dans mANuel MAURAens.
  Il est frappant que ce grand-père Maurage ait eu le teint très foncé, digne d'un maure.

  Manuel vient d'Emmanuel, "Dieu avec nous" en hébreu (tiens j'ai trouvé ceci qui donne à décoder le sens du nom selon un carré de type Polybe).
  Les mois de mai et juin ont vu un triomphe des initiales EM remodelant le paysage politique, après l'autosabordage de LR dont on commence à mesurer aujourd'hui toutes les roueries.
  Les lettres E-M comme leurs rangs 5-13 me sont depuis longtemps significatifs, d'abord par mes études rabelaisiennes où le Cinquième livre montre une étrange panique de Panurge après avoir descendu 78 des 108 marches de l'escalier menant au Temple de la Dive.
30/78 = 5/13, de même que 120/312, les dimensions données par Gargantua à chaque côté de l'abbaye de Thélème.
  Je signalais ici la relation que j'avais faite ensuite avec
ROMAN AMOR = 108
le poème de Braffort dédié à
JEAN QUEVAL = 30/78 = 5/13
pour ce 18e hypertrope devant citer les hypertropes 5 et 13.
  J'ai voté EM aux deux tours présidentiels, puis REM aux deux tours législatifs, la candidate pour ma circonscription étant Delphine Bagarry, mon médecin traitant...
  Il ne m'est pas indifférent que REM soit aussi l'acronyme de Rapid Eye Movement, traduit en français par MOR, Mouvement Oculaire Rapide.

  Les grilles de Cyril et Robert ouvrent une autre piste, car dans le Formules n° 9 contenant la grille de Cyril il y a aussi 3 grilles de Robert, ce qui constitue également sa première participation à la revue.
  Chacune de ces grilles est un carré, chacune illustre une facette du talent créatif de Robert dans l'imagination de contraintes, chacune m'a conduit jadis à m'aventurer dans ces nouvelles voies.
  Le première est un carré SATOR, l'apport de Robert consistant à pratiquer des enjambements, alors que le SATOR original est construit à partir de 5 mots de 5 lettres. Robert en avait donné une version stéréographique dont je ne livre ici qu'une moitié.

  La seconde grille est un carré de type "corner", du nom d'une des dernières publications anthumes de Perec, une grille de mots croisés sans cases noires publiée par Ça m'intéresse en février 1982 (reprise dans Jeux intéressants). Les mots horizontaux y étaient identiques aux verticaux.
  Robert avait étendu le concept à un carré 19x19 où un sonnet peut se lire aussi bien horizontalement que verticalement. On peut le lire sur le site de la revue, comme sur celui des Nouvelles d'Archimède où il avait été publié en 2003. Je n'en donne que le dernier vers, citant Perec, phare pour tous les amateurs de contraintes:
Île Perec en a l'inanité sonore.

  La dernière grille est encore un carré 19x19, avec un concept encore plus hardi. La lecture horizontale livre un sonnet complet, et la lecture verticale un sonnet complètement différent qui en est bien sûr l'exacte anagramme. Si l'idée en revient toujours à Robert, je revendique le baptême de cette contrainte, le schizonnet.

  La présence de ces grilles dans la revue même où figurait celle de Cyril, initiateur fortuit du NOM-PRENOM, m'a conduit à les analyser et découvrir ainsi de remarquables équilibres gématriques autour du nom de Perec, remarquable en lui-même par son harmonie dorée, donnée en exemple par le Gématron

Georges76 Perec47 [123]

avec 76/47 = 1.617..., 123/76 = 1.618...

  Voici les valeurs des 3 grilles de Robert:
1: 25 lettres = 252
2: 361 lettres = 3633
3: 361 lettres = 3762

  La somme des 3 est 7647, qu'il est tentant de scinder en 76-47, valeurs des prénom et nom de Perec, lequel procédait de même en fusionnant par exemple sa date de naissance 7/3 en 73 ou 37.
  Le Gématron permet de vérifier cette belle relation, qui me rappelle que j'avais repéré la gématrie 4776 (vérification ici) pour les 15 premiers vers de Gaspard Hauser chante, dont Perec a proposé 15 micro-traductions.

  La somme pour les 2 poèmes où le nom Perec apparaît est 252+3633 = 3885, qui selon ce même principe se scinde en 38-85, or 38 et 85 sont les valeurs des lettres de rangs pairs et impairs dans le prénom et le nom:
GEORGES  PEREC > ERE + EE = 38; GOGS + PRC = 85
  Je remarque que le Sator de Robert évoque précisément l'ERE PEREC...

  La différence entre les poèmes évoquant Perec et le schizonnet est
3885 - 3762 = 123, valeur de GEORGESPEREC.
  1, 2, 3, soleil, suis-je tenté d'invoquer, en songeant que le mot SOLEIL apparaît dans la grille FIVES-LILLE de Robert, et qu'il existe des soleils (tournesols) qui ont 76 parastiches dans un sens et 47 dans l'autre. Je m'émerveille que le tournesol ci-dessus, exemple de ce cas, aie le numéro 171 dans l'étude en ligne ici, 171 valeur de ELISABETH LOVENDALE comme de ROBERT RAPILLY.

  Précisément, la valeur 3762 du schizonnet est un multiple de 171 (22x171).
  J'ai indiqué plus haut comment ce nombre m'avait conduit à la structure 5-13-18 déjà vue chez Rabelais, mais je l'ai ensuite trouvée chez Perec qui, répertoriant ses adresses parisiennes, avait remarqué que les 3 principales, 18 rue de l'Assomption, 5 rue de Quatrefages, 13 rue Linné, formaient une suite additive 5+13=18.
  Tiens, je remarque maintenant qu'en répartissant en 13+5 les 18 lettres ELISABETHLOVE-NDALE jusqu'à la lettre N qui occupe son rang 14, on a pour les 5 dernières lettres
ND - AL - E = 18 - 13 - 5
 
  L'actualité s'en mêle avec la parution du n° 1176 de la Quinzaine littéraire début juillet, avec Perec en couverture pour sa récente édition en Pléiade. Le nombre fétiche du roi Georges (=76) était 11, avec par exemple les 176 onzains d'Alphabets, ou l'immeuble de La Vie mode d'emploi au 11 rue Simon-Crubellier.
123 + 171 = 294, et 1176 = 4 fois 294.

  Le partage doré de 171 en 106-65 est si riche que je l'ai étudié dans Puzzle échevelé (106+65), qui par hasard s'est trouvé être le 123e billet de Quaternité, puis tout à fait volontairement dans le 171e billet, Alphabet, puzzle (65+106).
  Le 125e billet, Diagonales, m'avait amené au personnage Olivier Lasius des Lieux-dits de Ricardou, de valeurs 90-81, renversement du 81-90 d'Elisabeth Lovendale. Je rappelle que ma découverte de la grille de Cyril, en février dernier, était la conséquence de la non-réception de l'édition originale des Lieux-dits, où Ricardou avait imaginé une table des matières formant un carré de lettres livrant des messages en diagonales et colonnes, ce que j'avais aussi fait dans un projet issu de l'affaire ROMANAMOR-LOVENOVEL.
  Etc, etc. Tout le blog est à lire et relire, ce que je me dois de faire aussi...

  Ma grille du projet NOVEL ROMAN en 1998 permettait de lire en diagonale ARSENE LUPIN, et je rapproche ceci de ce qui semble être la dernière énigme proposée par Perec aux lecteurs de Ça m'intéresse, parue en avril 1982, après sa mort, et que je n'ai connue qu'en 2001 lors de sa publication dans Jeux intéressants. Il s'agissait de trouver l'intrus parmi les mots:
A V O U E
R O G U E
S A U T E
N O M E S
L O P I N
  Les mots étaient en fait donnés en ordre alphabétique, et j'ai coloré certaines lettres qui me semblent significatives. Toujours est-il que la solution est gématrique, tous les mots ont pour valeur 66, sauf AVOUE = 64 (L'aveu Queval...). Perec était très diminué lorsqu'il a envoyé ce problème à la revue, alors soit il l'a emprunté ailleurs, dans une source qui pourrait être identifiée, soit la technique lui était très familière (je pourrais en trouver un exemple lupinien avec l'architecte du 11 rue Simon-Crubellier, LUBIN AUZERE, de même gématrie 134 que ARSENE LUPIN.

  Un couple nom-prénom de valeur 123 a une certaine spécificité, car, précisément,
NOM PRENOM = 42+81 = 123
  Hier, j'ai été doublé par une BMW dont il m'a semblé que le modèle était 4281. Non, une fois rentré, j'ai constaté que c'était 428i. J'ai légèrement modifié l'immatriculation sur cette photo trouvée en ligne:

  Il y a encore l'actualité de la liste Oulipo, où Robert initiait il y a quelques jours, le 1er juillet, une récriture du sonnet fétiche de la liste, El Desdichado (dont Nicolas Graner propose ici près de 500 récritures), selon une contrainte qu'il explore depuis peu, l'isogrammisme (une même séquence de lettres se découpe en deux séries différentes de mots).
  Robert a donc proposé une récriture tarabiscotée des deux premiers vers, j'ai suivi avec les deux suivants, GEF a emboîté le pas, et le lendemain nous avions bouclé le sonnet, avec quelque chose qui ne me satisfaisait guère; il aurait fallu prévoir de meilleures rimes pour celles répétées des quatrains, et jouer avec la prononciation pour avoir deux tercets plus classiques. Toujours est-il que les mots ont tourné dans ma tête pendant la nuit et qu'au matin j'ai envoyé ce El disogrammado à la liste:
D’âme de fer en ténèbres, sans avaleur
(Dame déférente), né bressan sa valeur,
Duc à veau d’or meurtri, stèle de grès agace,
Du caveau, dormeur triste, le degré sagace.

Enrober tarte, toi, le fil antérieur,
En Robert art, étoile filante, rieur,
De rose nuper, si, que ce page déplace,
D’Eros en U persique, cépage de place.

Être Circé, Thor, Io ?... Nabab ou chenapan ?
Étrécir, cet horion à babouche n’a pan;
De sirène rêve l’an, tâcheron de vie…

Désire ! ne révélant Achéron dévié
De trépasser assis… Quel aven irradié
D’être passé rassis que l’avenir radie !
  Il y avait quelques emprunts aux distiques des oulipotes, et surtout une innovation, la gématrie 4444, qui s'est imposée lorsque j'ai regardé ce que donnait la version presque achevée, où je comptais modifier le distique médian, alors sous la forme
De rose mû, Persi, que ce page déplace (...)
et ai trouvé 4442. Il suffisait par exemple de transformer l'M en N, et je sais grâce à çoeur dp que l'étrange Noël de la Houssaye signait volontiers ses textes Nuper Leo ("récemment lion").
  Avant d'oublier ce sonnet, qui pourrait facilement être amélioré, je remarque encore les vers 1-4 et 11-14 débutant tous par D, des D-D-D-D correspondant à 4-4-4-4.

  Nuper sous-entend donc Leo qui apparaissait sous la forme Léon (Trois) dans la grille ELISABETH LOVENDALE donnée plus haut (de valeur 999). Je rappelle que mes récentes investigations dans les polars nordiques m'ont appris que LOVE ou LOVEN étaient en danois et norvégien des formes de "lion".
  Fort probablement, Noël de la Houssaye songeait au jeu LEO-NOEL, et moi je songe à un roman de la collection Rail Noir encore évoqué dans SNCFQD, Ma Chine arrière, de Fan Tong (2005), dont le sujet a quelque rapport avec celui de El Ferrocarril.
  Le roman est construit en deux récits alternés, l'un suivant Léon engagé comme caissier dans les années 20 pour une nouvelle ligne qu'une compagnie française vient de construire entre l'Indochine et le Yunnan, l'autre contant le voyage sur les lieux 75 ans plus tard d'une amicale ferroviaire, sous la houlette d'un certain Noël.
  Il se passe des choses bizarres, supposées s'expliquer parce que Noël est le fantôme de Léon... Je rappelle que mes investigations en machine arrière toute m'avaient conduit au blog de l'Indonésien Rion Liar, propre à réjouir le palindromiste Bob...

  Je n'en ai pas fini avec Léon. Les contraintes de la grille 999 m'ayant conduit à y inscrire Léon Trois, j'ai été voir quand avait régné le pape portant ce numéro, et c'est de 795 à 816. C'est le pape qui a couronné Charlemagne, et il se trouve que Bob a fait débuter son blog le jour de Noël 1800, pour le millénaire de ce couronnement par Léon.
  Le poème composé pour l'occasion est attribué à Yvan Maurage...
  C'est vers 810 que Raban Maur a composé les 28 grilles du De laudibus sanctae crucis. Il sera publié en 814 avec une autre grille en prologue, hommage à Louis le Pieux, le fils de Charlemagne.

  S'il n'y a guère de ressemblance entre Ma Chine arrière, polar à la lisière du fantastique, et El Ferrocarril, recueil poétique, on y voit dans l'un Léon embarquer au Havre pour la Chine, et dans l'autre Manuel embarquer aussi au Havre, mais pour l'Argentine.

  Ceci me permet d'amener un final éblouissant. Dans Formules n° 9, la contribution de Robert, qui débute page 361 (et qui contient deux carrés 19x19=361), fait partie du dossier Poèmes carrés.
  Elle est immédiatement précédée par Un carré chinois, page 355, où Jean-René Lassalle propose un carré de monosyllabes chinois de sa composition, dont les polysémies permettent maintes lectures dont il donne quelques exemples.
  La contribution encore immédiatement précédente est celle de l'Argentin Bernardo Schiavetta, lequel présente des carrés de lettres attribués au Suisse imaginaire Elvio Zagghi. Ces carrés inintelligibles à première vue sont supposés demander une "réflexion" du spectateur, lequel pour cet exemple découvre dans le miroir les pronoms équivalents YOU (anglais), TU (espagnol), TOI (français), et leurs permutations.
  Je songe pour ma part à un découpage YO (moi) UTU (soleil sumérien ou vengeance maorie) TOI.

  Il me semblait avoir conté quelque part comment j'avais rencontré Bernardo, mais je n'en trouve pas trace, alors voici. En 1996, mon étude sur Rabelais m'avait fait rencontrer le seiziémiste Jean-Pierre Brach, également rédacteur en chef de Politica Hermetica. Un matin, alors que j'étais en chemin vers la Bibliothèque Nationale, je lui ai téléphoné, et au cours de la conversation lui ai signalé que je m'intéressais maintenant beaucoup à Perec. Il m'a dit qu'il y avait aussi à Politica un passionné de Perec, un Argentin dont il ne se souvenait plus du nom...
  Une demi-heure plus tard, j'étais à la BN où je me rendis pour la première fois à la salle des Périodiques. Je commençai par consulter l'un des postes d'accès au catalogue, et un homme au poste voisin me demanda un renseignement. La conversation s'engagea, et de fil en aiguille j'appris que c'était Bernardo, celui dont me parlait précisément Jean-Pierre quelques instants plus THOTH.

  Bernardo m'apprit alors la prochaine création de Formules, où ma collaboration fut envisagée...
  Comment imaginer alors que cette collaboration effective serait marquée de coïncidences de la même farine bise, avec mon carré "carpe tostale" faisant écho à la carte postale du texte de Cyril, choisi par Bernardo, avec le NOM-PRENOM de la grille de Cyril réapparaissant dans la grille de Robert bien plus tard, comme le fantôme de Léon sous la forme Noël, dans un polar ferroviaire en Chine que j'ai rapproché de l'aventure argentine de Manuel, avec les carrés de Robert dans Formules précédés de carrés chinois et argentins, ces derniers de Bernardo...

  Il succède aux carrés de Robert les Margelles de Sandra K. Simmons, une sorte de charade graphique que je suis bien en peine de commenter, n'ayant pu la résoudre. Sans être sûr de tous les mots, j'y vois
PLEUR  VERS  EAU
RIME    PAIR   DIRE
VENT  NUEE  DUEL
mais qu'en faire ? Je retiens que SKS se réclame de la textique et de Ricardou.

  Ensuite vient mon SONÈ, et y jeter un regard en achevant ce billet, dont le titre était déjà décidé, me révèle encore l'impensable.
  J'y vois très franchement dans le carré 8x8 le nom LOVEN-DALE réparti en LOVEN dans la grande diagonale principale et DALE qui lui est symétriquement orthogonal.
  La difficulté d'écrire ce type de texte impliquant deux lectures géométriques des mêmes lettres interdit tout troisième niveau calculé. Tout au plus peut-on constater que le mode d'écriture implique des successions voyelle-consonne en diagonale, favorisant l'apparition de mots intelligibles.
  Cet autre billet revenait sur la coïncidence avec Ricardou, qui en 1969 a donné pour table des chapitres des Lieux-dits  un carré 8x8 où se lit BELCROIX dans la diagonale principale, avec d'autres messages ailleurs, tandis que, ignorant tout de Ricardou, j'imaginais en 1998 une autre table des chapitres formant un carré 11x11, avec ROSENCREUTZ dans la diagonale principale.

  Au plus bref, je reliais alors plusieurs romans de la geste lupinienne aux ROSE+CROIX, avec Lupin mort et ressuscité dans L'aiguille creuse en 1908 (18 fois 106), tandis que le chevalier Rosencreutz est dit avoir vécu 106 ans, de 1378 à 1484, 13 et 14 fois 106. Je reliais cette 14e période parmi 18 au 14e des 18 volumes de Richardson, comme à la 14e des 18 pièces de l'Art de la Fugue, égarée elle aussi, comme au nom ELISABETHLOVE-N-DALE, ou encore au mot MAD=18 qui se décompose en 13-1-4...

  Je n'ai plus aujourd'hui ce genre de folie interprétative, mais lorsque je vois que Ricardou revendique pour l'autre diagonale de son carré l'anagramme MAD ARBRE, se référant au personnage OLIVIER LASIUS (ou ASILUS), vu plus haut de valeurs 90+81 (contre 81+90 pour ELISABETH LOVENDALE), je me demande quel genre de folie serait adéquat.

  Ma diagonale complète peut livrer quelque chose ressemblant à un prénom-nom, Ava Loven, et il y en a une sur MySpace. La requête sur GoogleImages montre des pulls arborés...
  D'autres résultats pour "avaloven"...

  L'autre diagonale livre ASEPEXAD, on trouve des pubs (ads) de l'ASEPEX, Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations.

  Et Fibo dans tout ça? Je me souviens de la date octobre 96 pour ma découverte du jeu Lovendale; en novembre 2004 j'ai composé le SONÈ, près de 8 ans plus tard (posté sur la liste Oulipo le 18/11); ce n'est que près de 13 ans après, le 8 juillet 2017, que j'y ai vu la croix LOVEN DALE, quelques jours après la composition de la grille ELISABETH LOVENDALE donnée plus haut, 21 ans après le premier pas.

  Il y a d'autres niveaux dans la complexité. Me souvenant que mes 10 carrés de 10x10 lettres publiés le 10/10/10 avaient fait coïncidence avec une particularité du SONÈ, je retrouve que cette coïncidence était liée aux diagonales isogrammes de 8 des poèmes, en S-O-N-E.
  Par ailleurs, ce sont les brouillons de ces poèmes qui m'avaient fait détacher d'un vieux cahier une page où il y avait pas mal de place libre, et où j'avais jadis noté les mots d'indices Strong 444 et 4444, anthropos et purgos, abondamment convoqués à partir des billets de mai.

PS du 10/7: En fait Lovendale vient du nom allemand Loewenthal, "vallée des lions" (merci dp). Affaire à suivre...

30.6.17

Queval-Utu


  Le billet Wow ! m'amenait en mars dernier à commenter le texte de Cyril Epstein, Ecrire en colonne, paru dans le Formules n° 9, entièrement accessible sur le site de la revue, pour le lire en ligne ou télécharger le pdf.
   Après 7 pages de considérations diverses Epstein donne son texte contraint, un carré composé avec les lettres GENIE-OPERA, plus les lettres M et W, pour diverses raisons peu convaincantes. 
  Voici donc le carré, où j'ai coloré 3 colonnes:

G A R E O P E R A
I W A N M A N O N
R O M A N P R I A
A W A G N E R E G
R E N E M A I N R
E I N E R O I M A
R I A G E M I R M
O O N W O M A N M
I O I M P R I M E

  Epstein se contente ensuite de donner sa lecture de cette grille:
Gare opéra iwan. Manon roman pria à Wagner égrène main reine roi, mariage mir. Moon woman M. IO imprime
et une interprétation peu satisfaisante:
Ainsi la France et l'Allemagne se retrouveront à travers les opéras de Wagner et de Massenet (Manon, d'après le roman de l'abbé Prévost).
  Il m'est vite apparu que la grille cachait, conformément au titre du texte, des lectures verticales. Ainsi la dernière colonne livre ANAGRAMME, la première GIRARE ROI, significative puisque le texte serait motivé par une carte postale expédiée par Rémy Roy, un double roi REY ROY après avoir ôté le M pour en faire le centre de la grille.
  J'ai ensuite scruté la colonne centrale OMNNMREOP qui m'est apparue comme l'anagramme de NOM-PRENOM, offrant une indubitable continuité logique.

  Si Cyril contacté a reconnu l'intentionnalité des colonnes 1 et 9, il s'est déclaré stupéfait par la cinquième colonne, non prévue pour être aussi signifiante. Il faut ajouter que la lecture horizontale relie un prénom, Manon, à un nom, Wagner.

  Les billets de mars exploraient d'autres aspects de ce texte, mais voici du neuf. J'ai été conduit récemment à reprendre El Ferrocarril de Santa Fives (2011), "voyage poèmes" de Robert Rapilly construit à partir d'une histoire réelle, la construction à la fin du XIXe par une entreprise de Fives-Lille d'une voie ferrée en Argentine reliant les provinces de Tucumán et de Santa Fe. Robert habite Hellemmes, quartier de Lille jouxtant Fives.

  Cette aventure ferroviaire a donc inspiré à Robert une série de créations, exploitant des contraintes classiques ou de son invention.
  L'un des plus courts poèmes est repris sur le rabat de la couverture. Il s'agit de 90 lettres qui, disposées en rangées de 9 lettres, font apparaître dans la colonne 1 FIVES LILLE et dans la colonne 9 LILLE FIVES (Fives-Lille a été le nom d'une des stations de la ligne argentine, rebaptisée en 1951 Vera y Pintado):

F R E I N A B O L
I L O C O M O T I
V E S E M B A L L
E E S S O L E I L
S E M A P H O R E
L E R A I L D E F
I L E I N F I N I
L E I T M O T I V
L O G O R R H E E
E N T R E P A Y S

  Un vertige m'a saisi en découvrant la colonne centrale, NOMOPINMRE, soit l'anagramme de NOM-PRENOM, plus un I.
  J'imagine qu'il existe fort peu de textes conçus pour faire apparaître des messages en première et dernière colonne, lorsque leurs lettres sont disposées en rangées de 9. L'étiage se réduit encore si le choix se limite aux textes ferroviaires, car Cyril évoque dans le sien les wagons de la Shoah.
  A noter que, si les messages verticaux de Robert concernent la gare argentine Fives-Lille, le premier mot du texte horizontal de Cyril est "gare" (de la Bastille, devenue "opéra", et Fives-Lille est devenue Vera y Pintado, "opéra da Vinty").
  Il va de soi que la colonne centrale de Robert est "encore plus" fortuite que l'autre, car les lettres de la grille de Cyril appartiennent au contingent choisi, AEGINMOPRW, ce qui autorise une approche statistique. En admettant que ces lettres soient équiprobables, un tirage de 9 lettres a environ 1 chance sur 30000 de donner une anagramme de NOM-PRENOM (ou de quelque autre jeu de 9 lettres).
  Je ne vois pas trop comment évaluer la probabilité correspondante dans le poème de Robert, où il n'y a aucune limitation sur les lettres utilisées (19 lettres différentes). Je remarque que la lettre supplémentaire de la 5e colonne, I, est le chiffre latin 1 et la 9e lettre de l'alphabet, alors que le texte de traverse est contraint par ces deux "rails" que sont les colonnes 1 et 9.
  Sans pousser trop avant le calcul, la probabilité d'avoir des anagrammes de NOM-PRENOM dans les colonnes centrales des deux textes serait d'une chance sur pas mal de millions...

  Je remarque encore la possibilité de trouver l'anagramme de VERA Y PINTADO, nouveau NOM de Fives-Lille (c'est le nom d'un politique argentin), dans une chaîne de lettres adjacentes de la grille. J'avais procédé à des lectures similaires sur la grille de Cyril. A noter que cette lecture nécessite des lettres qui n'ont qu'une seule occurrence dans la grille, DPY.

  Robert a donné sur son "blogue" une série de poèmes extraits de El Ferrocarril, avec d'abord Fives-Lille, dont voici la lecture horizontale:
Frein aboli,
locomotives emballées,
soleil, sémaphore...
Le rail défile,
infini leitmotiv,
logorrhée entre pays.
  Si j'ai bien des commentaires à faire sur les pistes ouvertes par ces NOM-PRENOM, je les réserve pour le prochain billet, car il y a d'abord bien des choses à dire sur ce qui m'a conduit au Ferrocarril de l'ami Robert.

  Robert, sous sa casquette Bob d'expert en palindrome, a ponctué l'écriture du précédent billet, dont un des thèmes était encore Roman amor, le palindrome donné pour titre d'un poème de Braffort dédié à l'oulipien Jean Queval.  Lors de l'écriture du billet, le 20 mai, j'ai reçu un message de la liste Oulipo, c'était une série de palindromes sur les noms de 5 oulipiens, dont Queval, ceci alors que j'écrivais un passage sur ANA MOR lu dans Raban Maur (dont les deux dernières figures des Louanges de la Sainte Croix contiennent aussi des palindromes).
  Robert Rapilly a mis quelques jours plus tard sur son blog ces palindromes, plus une variante sur Le Tellier qu'il a publiée sur la liste le 26 mai à 10:20, au moment où j'achevais le billet.
  Je venais d'évoquer le polar islandais Mörk, où les 40 chapitres de l'enquête sont entrecoupés de 25 extraits d'un vieux journal tenu par l'un des protagonistes de l'affaire, mais on n'apprend son identité, inattendue et décisive, qu'à la fin du roman.
  40/25 = 8/5, Fibonacci, et je comparais cet équilibre involontaire à une autre harmonie fibonaccienne rencontrée dans l'enquête de Carl Mørck publiée en France en 2016, Promesse, répartie en 55 éléments (prologue, 53 chapitres, épilogue). Le temps permet aussi de répartir ces 55 éléments en 34+21, et les 34 premiers en 21, l'enquête de Mørck, et 13, ce qui s'est passé précédemment dans la communauté du gourou Atu Abanshamash (gardien de la pierre du soleil).
  J'avais rapproché ces répartitions d'éléments de nature différente avec deux romans ou parties de romans offrant des alternances menant à des possibilités d'architecture dorée, d'abord Hasard, de Le Clézio, où ce sont les chapitres titrés et non-titrés qui semblent dessiner les équilibres dorés des 6 faces du dé, (az-zahr en arabe)...
  Il y a aussi les deux premières parties des Derniers jours de Paris, de NEO, la première en 34 chapitres numérotés où la narration suit Sylvain, entrecoupés de 21 sections du récit de Trinité à la première personne; le seconde partie réunit Sylvain et Trinité pour 34 autres chapitres.

  Ceci était très proche de la fin du billet, que j'ai publié le 26 mai vers 11h. J'ai ensuite consulté mes mèls, et vu le palindrome de Bob sur Le Tellier, en 44 signes et de gématrie 444. Il l'avait intitulé HLT4, car le Gématron donne pour valeur 44 à ces 4 signes.
  Alors que je venais d'évoquer l'harmonie 34-21-34 de NEO, un cas pour moi emblématique de la Baleine d'or est celui de Le Tellier, auteur de La disparition de Perek, n° 89 dans la collection Baleine, 55e Poulpe (avec donc alors 34 non-Poulpe dans la collection).
  J'avais remarqué ses initiales H-L-T, soit 8+12=20, suite 4-Fibo qui se poursuit par 32 (BLANC, mais sa Disparition de Perek a aussi 32 sections) puis 52 (JUNG), 84 (HAEMMERLI)... Les 20 chapitres de Hasard cité supra se répartissent en 12 titrés et 8 non-titrés.
  Je remarque de plus que 4-H-L-T correspondrait à 4-8-12-20, les 4 termes de la suite 4-Fibo qui correspondent à des rangs dans l'alphabet.

  J'ai donc ajouté ceci à la fin du billet, et j'ai signalé à Bob les parallèles entre ses palindromes et mon écriture. Il m'a répondu qu'il lirait mon billet.
  Lorsque Bob a publié sur la liste le message intitulé Utu, le 2 juin à 12:46, palindrome reliant le dieu-soleil mésopotamien au maire de Dijon François Rebsamen, j'ai pensé que c'était mon billet qui l'avait inspiré, avec le gourou Atu Abanshamash, puisque Utu est l'équivalent sumérien de l'akkadien Shamash, et Bob donnait le lien Shamash dans son message, dont voici l'intégrale:
Utu, grand dieu soleil en Mésopotamie
est garant de justice, il tient pour ennemie
la nuit de turpitude où l’âme se corrompt.
Depuis quatre mille ans, se mirait à son front
le chatoiement d’un foie apprêté de moutarde.
Ce matin décrypté, l’haruspice nous tarde !
Sur bas-relief pieux doré de badigeon,
un phylactère dit : « L’échevin de Dijon
ne mentira jamais ; pour preuve le bonhomme
répète ma dictée en code palindrome. »

=> En Rebsamen Utu tu ne m’as berné.
---
Lien à Utu :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Shamash
Lien à Rebsamen
http://www.bienpublic.com/edition-dijon-ville/2017/06/02/moralisation-de-la-vie-politique-francois-rebsamen-recu-par-le-garde-des-sceaux

  Bob en a donné une version étendue sur son blogue, le lendemain. Je lui ai tout de même demandé par acquit de conscience si son Utu-Shamash était inspiré par mon billet, eh bien non, il ne l'avait pas encore lu...
   J'avais d'abord pensé que le gourou de Adler-Olsen était Utu Abanshamash, non, c'est Atu, mais le lexique akkadien semble montrer que ces noms pourraient être équivalents, utû étant la forme ougaritique de l'akkadien atû (mais tout avis d'experts en babils mésopotamiens est bienvenu).
  J'avais aussi oublié avoir mentionné Amar Utu, "taureau du soleil", dans le billet Wow !, à propos de la grille de Cyril.

  Lorsque Bob a dénié avoir trouvé son Utu-Shamash chez moi, j'ai lancé une recherche "Utu" pour voir, et appris que les premières réponses concernaient un film de 1983 de Geoff Murphy, récemment ressorti dans les salles françaises, et un roman de 2004 de Caryl Férey.
  Les deux oeuvres se passent en Nouvelle-Zélande, où le mot utu signifie "vengeance" en maori.

  Le nom de Caryl Férey m'a éclairé l'an dernier, alors que j'explorais la collection Rail Noir, et plus particulièrement son premier titre, Un assassin peut en cacher un autre, d'Olivier Micha, dont la plus grande énigme semble être la signification du sigle de l'usine GMA & FAF, révélée dans les dernières lignes du livre,
or la gématrie livre GMA/FAF = 21/13, le couple Fibo qui m'obsède, et les noms complets un autre jeu fibonaccien détaillé ici.

  Il m'était apparu que GMA pouvait faire allusion à la lettre grecque gamma, et FAF à la lettre hébraïque waw, devenue ensuite le digamma grec, certains "fafs" se réclamant par ailleurs de la croix "gammée".
  Ces lettres sont devenues les C et F de notre alphabet, mais je n'ai guère su qu'en faire jusqu'à la vision du nom Férey Caryl, qui m'a évoqué l'espagnol Ferro Carril, Chemin de Fer... D'où le mystère GMA & FAF aurait été bien venu pour inaugurer une collection éditée par La Vie du Rail.

  Aujourd'hui, je me demande si cette identification ne devait pas quelque chose au Ferrocarril de Robert, car l'espagnol ne m'est pas familier. J'ignorais alors que Férey ait eu un prix SNCF, prix qui ne récompense en rien un quelconque contenu ferroviaire, et les seuls rails rencontrés dans Utu sont de dope.
  On a donc :
- Férey, Caryl, auteur de Utu (roman, 2004), prix polar SNCF
- Rapilly, Robert, auteur de El Ferrocarril (2011), et de Utu (palindrome, 2017)

  Pas au bout des surprises (ou d'utunnel). J'ai lu Utu qui ne m'emballe guère, archiviolent, mais je remarque sa structure, en 3 parties dont les chapitres sont numérotés 0 à 8, puis 1 à 10, enfin 1 à 15. Le chapitre 0 a une certaine particularité, car il se passe en Australie, où un flic d'Auckland vient chercher le héros, Paul Osborne, pour lui demander de venir enquêter en Nouvelle-Zélande.
  Les chapitres 0 sont plutôt rares, et le premier autre exemple qui me vienne à l'esprit est précisément Un assassin peut en cacher un autre, n° 1 de la collection Rail Noir, avec son énigme GMA & FAF à laquelle le nom "Caryl Férey" m'a apporté une nouvelle clarté, fortuite probablement.
  Or le roman de Micha a 21 chapitres, et celui de Férey 34, ainsi les deux seuls romans débutant par un chapitre 0 me venant à l'esprit ont tous deux des nombres de chapitres fibonacciens, sans que je relève dans l'un ou l'autre de nette césure à l'un ou l'autre point sensible.
  C'est une bizarrerie du Rail Noir n° 13, Deuils de miel, qui m'a conduit à scruter les 25 volumes de la collection. Le roman de Thilliez s'achève sur un chapitre 34, mais le chapitre 30 est passé à l'as... Il a néanmoins plusieurs particularités fibonacciennes. Ceci a rebondi l'an dernier avec la parution de REVER, du même Thilliez, qui s'achève sur un chapitre 89, encore Fibonacci, mais il y manque, intentionnellement cette fois, un chapitre (le 57).


  Bref mon exploration Rail Noir s'est poursuivie par les numéros 21 et 1, avec de nouvelles surprises, le n° 21 s'achève sur un chapitre XXVI, mais il en a 27 car il y a deux chapitres VI, et le n° 1 s'achève sur un chapitre 20, mais il en a 21 du fait du chapitre 0.

  J'étais d'abord peu chaud pour lire Utu, mais une autre erreur éditoriale m'y a conduit. Constatant que son numéro dans la collection Folio policier est 500, j'ai été voir ce qui se passait pour la suite d'or 309-500-809, moitiés des plus évocateurs 618-1000-1618.
  Le n° 309 m'a aussitôt frappé, La lune d'Omaha, de Jean Amila. Ce doit être le premier Amila que j'aie lu, il y a bien longtemps. Toujours est-il que j'ai homologué les périodes clés des événements jungiens de 44, 53 jours du 11 février au 4/4/44, 87 jours du 4/4/44 au 30 juin, aux gématries 53 et 87 des mots hébreux hama, "soleil", et levana, "lune". J'y reviendrai, mais dans un premier temps, ce couple doré 309-500 "lune-utu" m'a ravi, en prenant utu dans son sens sumérien de "soleil". 53-87 est aussi un couple doré. Il n'est pas non plus indifférent que le titre d'Amila fasse référence au Débarquement de 44.
  Surprise au n° 809, car il y en a deux... C'est la première erreur de ce type dans la collection, laquelle a tôt attiré mon attention par des titres présents dans le catalogue mais jamais parus, ou plus tard sous d'autres numéros. Un titre figurait notamment à deux reprises sur plusieurs catalogues en fin de volume, La Marie du port de Simenon, n° 134 non paru, et La Marie du Port, n° 167 effectivement paru. Le fait que les lettres composant ce titre AEIOUDLMPRT aient la valeur 134, se répartissant en AEIOU/DLMPRT = 51/83 doré, a joué un rôle essentiel dans mon analyse d'Alphabets de Perec.

  Il me fallait le voir de mes yeux, et voici :

  Ce double 809 m'est encore extrêmement évocateur. Le premier élément déterminant dans ma découverte du 8 septembre 2008 (08/09) a été la lecture le 2 août des Silences de Dieu, où Sinoué a imaginé l'énigme du "jumeau 0,809"; la solution est la "divine proportion", 1,618, qui se partage en deux moitiés entre les frères ennemis Dieu et Diable.
  C'est un peu simpliste, mais ceci m'avait conduit à lire d'autres Sinoué, et à découvrir son roman jungien Des jours et des nuits, décisif.

  J'avais d'abord lu un Sinoué en ma possession, Le Livre de saphir, sans rien y repérer de spécial, mais une relecture en 2015 a été si riche que j'y ai consacré un premier billet, puis un second où j'étudiais une curiosité de la première édition, dont le code ISBN est  9782207240809, alors que celui de sa traduction anglaise, 9780967698809, se termine aussi par les chiffres 809.


  Qu'en est-il des deux Folios 809? J'ai lu il y a longtemps Chacal de Forsyth, et vu ses deux adaptations ciné. Il est paru en juin 2016, tandis que Séquelles de l'australien Peter Temple est paru en août. Son 809 ne remplace pas un numéro inexistant dans la collection, comme c'était le cas pour les erreurs de ce type dans la collection rivages/noir, et en fait c'est plutôt Chacal qui semble mal numéroté, car il fait partie de la fournée parue officiellement le 16 juin, avec les numéros 803-804-805. Tiens, le n° 803 est Villa Vortex, où il est question de la théorie de Jean-Claude Perez sur les harmonies dorées dans l'ADN (c'est une autre mention de ces recherches dans GATACA qui m'avait conduit à lire tous les Thilliez).

  Quant aux contenus des deux 809, je n'ai pour l'instant pas grand-chose à en dire, m'étant contenté de survoler Chacal, déjà connu, et Séquelles, qui semble une histoire assez banale de vengeance après un inceste. Je remarque que, sur la couverture comme sur le dos, nom de l'auteur et titre (et numéro 809) sont pour l'un en blanc sur fond sombre, pour l'autre en noir sur fond clair. Après l'éventuel couple lune-soleil des Folios 309-500, le couple Dieu-Diable des deux 0,809 selon Sinoué, c'est donc un autre couple classique d'opposés-complémentaires qui est convoqué, blanc-noir.

  Je reviens au début de juin, alors que je n'avais pas encore vu les curiosités liées au numéro de Utu en Folio policier, et n'avais guère envie de le lire. Le 7 juin, je suis allé à la médiathèque de Gréoux, où je suis nouvellement inscrit. J'étais resté longtemps fidèle à la médiathèque de Digne, mais j'ai de moins en moins l'occasion d'y aller maintenant que notre maison de Mézel est vendue.
  Bref ce 7 juin un nombre scintille pour moi parmi les rayonnages, 4444, numéro en 10-18 d'un roman islandais, Le cheval soleil, dont la première parution date d'octobre 2008, le mois suivant mon intuition sur le 4/4/44 (et l'auteure est née le mois suivant ma naissance).
  J'ai mis près de trois semaines pour en venir à bout, bien qu'il ne soit guère épais. C'est le second roman islandais que j'ai lu en entier, après Mörk signalé plus haut pour sa possible harmonie dorée.
  C'est l'histoire d'une infirmière de 43 ans, Lilla, dite Lí, à qui une épicière a dit dans sa jeunesse qu'elle n'avait rien d'un cheval soleil. Lí n'a pas compris ce que ça voulait dire et n'a jamais osé demander. A la fin du roman, alors qu'elle agonise dans sa voiture après un accident, elle songe qu'elle ne pourra avoir pour épitaphe
ICI NE REPOSE AUCUN CHEVAL SOLEIL

  Le principal écho a d'abord été pour moi ce titre associé au nombre 4444, alors que les récents palindromes de Bob étaient encore au premier plan de mes préoccupations, celui sur Queval qui est une vieille forme de "cheval", et celui sur Utu, "soleil" de Sumer.
  Entre les deux il y avait le palindrome sur Le Tellier de valeur 444, alors que mes billets de mai avaient au premier plan les mots grecs d'indices 444 et 4444 dans le lexique Strong, anthropos, "homme", et purgos, "tour".

  Ensuite il y a la gématrie, avec
QUEVAL UTU = 78 + 62 = 140, et
LE CHEVAL SOLEIL = 17 + 51 + 72 = 140
  140 se répartit selon le nombre d'or en 53 et 87, qui sont comme vu plus haut les valeurs des mots hébreux "soleil" et "lune".
  140 est encore la section d'or entière de 226, la taille en cm de l'outil Modulor. J'ai conté dans le précédent billet, 226e de Quaternité, comment j'en suis venu à lui donner le titre Des lions jusqu'en bas, de valeur 226. Le titre de ce 227e billet s'est imposé.

  Le mot SOLEIL apparaît dans la grille de Robert, et la lune est présente dans celle de Cyril avec MOON WOMAN. 

  Le cheval soleil est divisé en 13 sections non numérotées, et il conte l'histoire de Lí, qui dans notre alphabet aurait pour valeur 21 (j'ignore s'il existe une gématrie spécialement adaptée à l'islandais).
  Lí, sur le point de mourir, se demande si elle va connaître le fameux tunnel de lumière. Son travail d'infirmière l'a habituée à la mort, elle a travaillé au Rigshospitalitet de Copenhague, où s'achève Le dernier homme bon, où l'héroïne Hannah y a connu une NDE dans une salle de réanimation équipée pour vérifier les sorties du corps; j'y ai vu une harmonie 21/13, et dans le second roman des danois Kazinski, Le sommeil et la mort, il est aussi question des expérienceurs de NDE, traqués par un tueur nommé Adam Bergman, un nom qui a particulièrement retenu mon attention dans les deux précédents billets.

  Curiosité : la requête Le cheval soleil donne en ce jour (28/6) le roman islandais en pole position, puis le site chevalsoleil, de l'association Cheval et Soleil qui organise des balades équestres dans mon département, le 04.

  Il me reste comme souvent quelques points difficiles à caser dans mes tentatives de présentation rationnelle (du moins autant que possible).
  Je m'étais borné aux numéros 309-500-809 de Folio policier. La suite d'or débute par 1-5-6-11-17-28-45-73-118-191, où je remarque 118, numéro annoncé au catalogue de la collection pour Heures fatales, de Ruth Rendell et Helen Simpson, mais le volume n'est jamais paru, ni sous ce numéro ni sous un autre. Il n'y a qu'un seul autre cas similaire, le n° 319 annoncé pour Les cordons du poêle, de Donald Westlake.

  118 a déjà attiré mon attention car c'est la valeur de DEUILS DE MIEL, le roman en 33 ou 34 chapitres qui m'a fait lire toute la collection Rail Noir. J'ai découvert ceci en même temps que deux autres romans en 34 chapitres offrant de nettes répartitions 21-13, et je leur ai consacré les billets 189-190-191 de Quaternité, sans calcul délibéré.
  J'ai évoqué plus haut le billet 191, Black & white, consacré au Livre de saphir de Sinoué. La mention de la 13e partie du match Fischer-Spassky de 1972 dans les Silences de Dieu m'a conduit à y étudier ce match achevé à la 21e partie, avec d'autres points dorés. Ceci m'a aussi conduit à tenter de lire mon premier roman islandais l'an dernier, Le duel d'Arnaldur Indriðason que se déroule au moment du match, mais je me suis vite lassé.

  118 est aussi la valeur de
CARYL FEREY = 59+59, et de
DOUBLE, DOUBLE = 59+59, titre du Queen de 1950 maintes fois commenté pour sa saturation quaternitaire, et que j'ai remarqué récemment être paru alors que Dannay était âgé de 44 ans.
  Tiens, Férey est né un 1er juin (1967), et divers éléments m'ont conduit à faire du 1/6 le Jour des Queen (par opposition au 6/1, la Nuit des Rois), jour de naissance moyen des cousins Queen (nés le 11/1 et le 20/10 1905).

  Je note aussi que la première incursion de Férey dans la grande édition a été chez Baleine, avec le premier volume de sa saga maorie, Haka (dont Utu est la suite, d'abord publiée en Série Noire). La collection Baleine est riche en coïncidences dorées, dont celle sur Le Tellier mentionnée plus haut, mais le n° 142 de Haka n'apparaît pas dans une zone sensible.

  La dernière partie de Utu a pour titre Le gardien des os, ce qui me rappelle que l'akkadien atu, "gardien", a pour équivalent ougaritque utu.
  Le personnage Atu Abanshamash de Promesse me rappelle encore que le soleil akkadien, shamash, a un équivalent hébreu, shemesh, s'écrivant avec les seules consonnes SMS. C'est un palindrome, comme utu.
  Comme les lettres MS ont les rangs 13-21 dans l'alphabet hébreu, à S-M-S  correspond 21-13-21, représentant exactement la structure vue dans les 55 éléments du roman d'Adler-Olsen.
  Je pense encore à l'hébreu shem, "nom", SM, avec un écho aux NOM-PRENOM des textes de Cyril et Robert.

  Le rappel des deux numéros attribués à La Marie du Port en Folio policier, 134 et 167, m'a conduit à les additionner, ce que j'avais probablement déjà fait, mais la somme 301 m'est devenue récemment significative, avec surtout le couple doré 186-301, correspondant aux valeurs des mots grecs kranion, "crâne", et Golgotha, transcription grecque de l'araméen gulgulta, "crâne". Ce sont encore les valeurs de deux titres de romans étudiés ici: Ligne de partage des os, et The Lion of Boaz-Jachin and Jachin-Boaz (Boaz et Jachin étant les noms des colonnes du Temple de Salomon, je repense aux écritures en colonne de Cyril et Robert.)

  Ma curiosité m'a conduit à examiner le catalogue Folio policier, où le n° 301 est Vengeance, de Dan Simmons, "vengeance" qui est utu en maori...
  Quant au n° 186, c'est Les Guerriers de l'enfer, de Robert Stone. J'ai lu jadis ces deux polars, et n'en ai pas de souvenir positif. Je remarque que stone, c'est "pierre", et que Simmons dérive de l'hébreu Shimeon, SMOWN, qui débute par les lettres SM, comme SMS, "soleil". Nous ne sommes pas loin de abanshamash, "pierre du soleil".
  Et le n° 487 ?, 186+301, qui m'a aussi récemment retenu pour les 487 lettres d'un sonnet recelant un message en acrostiche, en colonne, dans un texte relatant le vol du crâne de Rimbaud; c'est Si Dieu dort, de John Clanchy et Mark Henshaw. Je ne connais pas, mais si Dieu dort, l'Enfer des guerriers de Stone peut se réveiller...

  Le 7 juin où j'ai découvert Le cheval soleil à Gréoux, j'ai aussi emprunté trois Obs, pour les mots croisés de Jacques Drillon que je fais régulièrement, un summum dans cet art, témoin cette grille 10x10 publiée dans le n° 2110, avec seulement 5 cases noires.
  J'ai pris les plus vieux numéros en rayon, à partir du 2734 du 30 mars, mais une fois à la maison j'ai appris que, suite à un différend, Drillon avait cessé sa collaboration avec l'Obs à partir du n° 2731...
  Dans le n° 2734, la rubrique Cinéma faisait l'éloge du film Utu, à l'occasion de sa ressortie en salles.

  Le mot maori utu ne se limite pas à l'acception "vengeance"; il semble d'abord lié aux concepts de rachat, de réciprocité (idéalement pour un palindrome), et c'est très proche de l'hébreu ga'al. Je pense aux noms des victimes de La mort et la boussole, la nouvelle de l'argentin Borges, lequel a peut-être pris le ferrocarril de Santa Fe. Les victimes (présumées ou réelles) du vengeur Red Scharlach sont Marcelo Yarmolinsky, Gryphius, Daniel Azevedo, Erik Lönnrot, dont les noms forment l'acrostiche YGAL, transcription du mot hébreu igal, "il rachète", "il venge".
  Les noms-prénoms forment l'acrostiches MYGDAEL, évoquant fortement l'hébreu migdal, "tour", le nom Borges étant lui-même apparenté à la racine bhereg à l'origine du grec purgos.

  Je me souviens de l'oulipien Ian Monk ayant présenté aux Jeudis de l'Oulipo son texte Twin Towers. Monk se prête au plus simple des palindromes:
MONK : NOM


  Comme indiqué précédemment, je n'en ai pas fini avec ces NOM-PRENOM.