17.12.11

L'heart si noué

Avis : ce billet, essentiellement consacré à l'étude des ELS (séquences de lettres équidistantes) dans le Psaume 119 et dans Alphabets de Perec, risque de rebuter ceux qui ne partagent pas ma fascination pour les matrices de lettres ou de chiffres. Je garantis néanmoins que le résultat mérite quelques efforts, et un peu de patience car je ne peux expliquer tout de suite en quoi ce premier exemple est phénoménal:
Je me suis inscrit récemment à un forum discutant des relations numériques dans la Bible, où j'ai posté une de mes découvertes essentielles, le compte de 620 lettres dans les paroles divines du récit de la création de Gn 1, identique au compte de 620 lettres du Décalogue d'Ex 20, bien connu du judaïsme (ici sur mon site).
Je signalais aussi la similitude des versets introductifs, tous deux en 7 mots et 28 lettres, également tous deux de gématries multiples de 37, un nombre fort prisé sur le forum, non sans justification mais ce n'est pas ici le problème.
Toujours est-il que je donnais la valeur 1332 = 36 x 37 d'Ex 20,1, et que je l'ai vérifiée sur l'utile Gematria database du site, OK. L'outil permet d'accéder instantanément aux autres versets de même valeur, j'en ai été curieux, et ai remarqué le 88e verset du Psaume 119, le psaume alphabétique en 22 strophes à contraintes diverses qui me sidère par sa ressemblance structurale avec Alphabets de Perec, d'une part 176 versets en 22 strophes de 8, de l'autre 176 poèmes en 16 séries de 11.
L'outil permet encore d'accéder aux gématries de tous les versets du psaume, et j'ai constaté que ce verset achevant sa première moitié était suivi d'un autre verset de valeur multiple de 37, 962 = 26 x 37, celui ouvrant la seconde moitié.
Ceci me motiva pour scruter les valeurs des 174 autres versets et y dénicher d'autres multiples de 37 (très faciles à repérer). Il y en avait deux, les versets 52 et 112, tous deux de valeur 1813 = 49 x 37.
J'additionnais les valeurs des 4 versets, 5920 (160 x 37), valeur moyenne 1480, nombre connu du forum pour être la valeur du grec Christos, correspondant aussi pour moi à Telesphoros, dieu de la guérison placé par Jung au centre de la pierre de Bollingen, correspondant pour lui à l'Eden, entouré par 4 régions correspondant à celles délimitées par les 4 fleuves en sortant.
Ce nombre avait été pour moi l'occasion d'une fabuleuse coïncidence il y a 2 ans, le 26 novembre. Mes méditations du jour étaient centrées sur les anagrammes du sonnet Vocalisations de Perec, originellement en 112 mots de gématrie 6272 = 112 x 56. 3 anagrammes proposées en 2001 ne respectaient pas le nombre de mots originel, et j'ai composé en 2006 une anagramme en 112 mots parfaitement équilibrée en 14 vers de 8 mots et gématrie 448.
2 ans après avoir composé ce 5e arrangement des mêmes lettres de gématrie 6272, je découvrais le nombre de jours de la vie de Jung, 5 x 6272, partagés par la date clé 4/4/44 en exactement 4 et 1 fois 6272 jours.
Je m'étais astreint à une contrainte supplémentaire, le partage selon le nombre d'or des 112 mots et de leur valeur totale 6272 en 43-26-43 et 2396-1480-2396. J'avais remarqué alors la valeur de Christos, et repris le mot "cristal", présent dans le sonnet de Perec, pour débuter la séquence de valeur 1480. Ce nombre, désormais associé à la valeur de Telesphoros, était présent lors de mes méditations du 26/11/09, pendant une balade qui m'amena dans un coin jamais visité, où le numéro d'une boîte aux lettres me sauta aux yeux. Je m'approchai, et y lus "Mesdames JUNG" (nom qui devait disparaître au cours de l'année suivante).
La maison se situait sur la commune d'AIGLUN, à laquelle j'associai l'anagramme LA IUNG (avec un I pour J, orthographe utilisée par Jung à diverses reprises).

Ce bref rappel pour tenter de faire comprendre à quel point le nombre 1480 m'est significatif, et je n'ai fait qu'effleurer la complexité des échos du sonnet de Perec, dont le mot le plus "lourd" gématriquement est scintillations, de valeur 176, nombre des versets du Ps 119 ou des poèmes d'Alphabets, mais encore valeur de Carl Gustav Jung.
Mon post sur les vers centraux du Ps 119 eut diverses réponses enrichissantes, sur le forum et en privé, je pense y revenir prochainement.
Tout ceci m'a donné l'idée de chercher les ELS "JUNG" dans le Ps 119, à l'aide du freeware Torah4u, que je n'ai utilisé jusqu'ici essentiellement que pour vérifier diverses assertions sur le "code biblique". J'ai déjà dit ce que je pensais des approches prenant les éventuels résultats pour des preuves de l'omnipotence divine, y voyant plutôt pour ma part des synchronicités.
Mais bref, allons-y. Jung s'écrit en hébreu יונג, contenant la lettre Gimel, la plus rare en hébreu biblique, avec cependant ici une fréquence un peu supérieure à la normale puisque 8 versets du psaume débutent par cette lettre. Il y a en tout 26 Gimel parmi ses 4461 lettres.

Torah4u trouve donc 18 occurrences IUNG (c'est ainsi qu'il faut taper la séquence au clavier), et quelques remarques s'imposent.
Les deux occurrences de plus courte distance (sauts de -11 et -75 lettres) utilisent le même G, également partagé par un autre IUNG, avec un saut de -293 lettres). Cette représentation en lignes (tronquées) de 73 caractères permet de les visualiser ensemble:Le IUNG avec saut -11 (lettres encadrées ligne supérieure) est contenu dans les versets 136 (GNU) et 137 (I), nombres qui me sont évocateurs par ailleurs (j'y reviendrai), et qui sont ici le dernier verset de la strophe et le premier de la strophe Çadé, les lettres correspondant selon divers jeux de tarots à l'Etoile, l'arcane que j'ai vu associé à Jung dans les billets précédents, de par sa proximité avec la Lune et le Soleil, les "yeux de Dieu". Précisément, le N de ce IUNG (-11) est emprunté au mot "yeux", de même que celui du IUNG (293).

Il y a un autre cas de lettre G partagée, et c'est aussi une triplette de IUNG (88, -484, -1149) avec d'intéressantes particularités, mais j'y reviendrai en fin de billet.
Quelque remarquables que puissent être ces curiosités, elles peuvent difficilement constituer des coïncidences puisque je n'avais aucune idée de ce que cette première tentative allait donner, et j'aurais probablement trouvé des échos à d'autres résultats.
Toujours est-il que ces premiers résultats pour le Ps 119 ont ravivé mon envie d'étudier les ELS dans Alphabets, avec un graticiel récemment découvert, Stattex de Michaël Klopfenstein (qui fonctionne sous XP et Windows 7, mais pas sur ma version de Vista).
Ma première idée a été de regarder ce qui se passait dans la série des 11 onzains en G (voir ici quelques explications sur le recueil). J'ai le texte complet, saisi jadis pour vérifier mes découvertes sur les occurrences dorées, j'en isole les poèmes en G, et soumets les 1331 lettres à Stattex, qui après en avoir éliminé ponctuation et espaces y trouve 36 séquences IUNG (car bien sûr je ne pouvais espérer trouver de séquence JUNG dans un ensemble ne contenant que les lettres ESARTULINOG).
Première curiosité, aux deux sauts les plus courts (-1 et -15) correspondent deux séquences partageant 1 lettre, le G. C'est maintenant une réelle coïncidence, car il se passait exactement la même chose dans le Ps 119, où il était plutôt attendu que la lettre commune aux deux ELS les plus courtes soit G, lettre rare dans le psaume, alors qu'il y a ici exactement autant (121) de G que de chacune des autres lettres ESARTULINO.
Ces 2 ELS sont contenues dans le même poème de 121 lettres, le 2e en G, n° 38 du recueil. Il n'y a qu'une autre ELS IUNG parmi les 36 qui soit contenue dans un poème, et c'est un IUNG de saut 37 qui apparaît dans ce même n° 38, croisant avec le U du IUNG (-1).
Voici ce poème, composé à Venise le 11 septembre 1975, avec une largeur de ligne de 17 lettres permettant de visualiser les 3 ELS:
Ceci m'a incité à poursuivre l'étude sur le recueil entier, en choisissant l'ordre des poèmes tel qu'il s'y présente, avec pour première idée de voir ce qui se passait pour d'autres ELS croisant avec les ELS du n° 38.
Stattex recense 687 IUNG, dont j'épargnerai le détail, 641 CARL, et 44 JUNG. En examinant une ELS JUNG (-1228) passant par un G du n° 38, j'ai constaté qu'elle passait par le U de Sait-on l'heure ?, du n° 58, anagramme de SINOUE-HALTER, les deux écrivains que je vois étroitement liés à l'intuition qui m'a fait calculer l'heure aux 4/5es de la vie de Jung, le 4/4/44 à midi, 12 heures.
Les 44x44 vers d'Alphabets m'avaient fait rechercher s'il existait de telles séquences significatives de 12 lettres, soit un vers de la série en H suivi ou précédé d'un E. J'y suis revenu récemment.
On comprendra que ceci m'ait conduit à rechercher les ELS HALTER et SINOUE.
La première utilise une lettre "rare", H, et n'a que 2 occurrences, la première (saut 1951) débutant par le 1er H du recueil, qui précisément correspondait à l'unique autre anagramme découverte précédemment, Hélas ni route (n° 40).
Il y a 40 SINOUE, et Stattex, avec ses paramètres de départ, ne trouve qu'un seul tableau permettant de visualiser l'occurrence HALTER 1951 et une occurrence SINOUE (saut 2602), selon une largeur de ligne de 325 lettres:
Remarquablement, Sait-on l'heure apparaît à côté de la seconde lettre de HALTER (on ne voit ici que 38 lettres des lignes de 325 lettres).
HALTER commence sur le H débutant le poème n° 40, ou encore le "vers" de 11 lettres n° 430; SINOUE débute sur le S 5e lettre du 8e vers du poème n° 26, soit le vers n° 283, or 430 - 283 = 147, valeur numérique de HALTER+SINOUE (64+83).
Ce même tableau permet de visualiser un JUNG et deux CARL, l'un croisant avec le A de HALTER, à côté de Sait-on l'heure.

Le 10 décembre je me suis réveillé à 2 h du matin avec l'idée d'étudier les noms Sinoué et Halter dans le Ps 119. Un Halter (Marek) est traduit en hébreu, où son nom est translittéré HALTR, האלטר.
Pas de Sinoué traduit en hébreu, où la translittération la plus probable me paraît être SINUI, סינוי.
La recherche de ces deux mots par Torah4u livre une seule occurrence pour chacun d'eux, avec un saut de -26 pour SINUI, entre les versets 113 à 118 correspondant tous à la lettre Samekh initiale de SINUI, et un saut de -620 pour HALTR, entre les versets 44 et 140.
Remarquablement, le A de HALTR tombe dans le verset 115, à 7 lettres du N central de SINUI, ce qui permet cette visualisation orthogonale (comme pour toutes les images on peut cliquer dessus pour agrandir): Les nombres associés aux sauts, 26 et 620, peuvent frapper, d'autant plus dans le contexte hébraïque, où 26 est la valeur du Tétragramme, et 620 notamment le nombre des lettres du Décalogue, précédé du verset introductif de valeur 1332 qui m'avait fait découvrir les deux versets centraux du Ps 119.

L'exemplarité de ce résultat m'a poussé à approfondir la pertinence de mon orthographe SINUI, établie selon mes connaissances en hébreu ancien. Quelques exemples m'ont montré que l'hébreu moderne transcrit plutôt un "é" final par la lettre Hé, ה, en conséquence il est probable qu'une transcription plus exacte soit סינוה, SINUH, dont aucune occurrence n'apparaît dans le Ps 119.
SINUI a un écho particulier pour moi, de même qu'une réelle existence, car en août 2008 j'avais donné pour titre web à ma première page sur Sinoué sinoui.htm.

Il existe une autre façon d'écrire le nom de famille Halter, en 4 lettres HLTR, הלטר. Le logiciel trouve alors 8 occurrences de la chaîne dans le Ps 119, et le saut le plus court, -48, permet à nouveau une représentation avec l'unique SINUI, car très proche; les lettres apparaissent dans les versets 119 à 125, soit à cheval sur les strophes Samekh et 'Ayin. Je rappelle que Sinoué était entièrement contenu dans la strophe 'Ayin, versets 113 à 118 (le Ps 119 était jadis numéroté 118 dans la plupart des Bibles, dont la Vulgate).
Ceci permet une représentation serrée en lignes de 24 lettres (ici tronquées à 9):
La transcription SINUI se trouve avoir pour gématrie 136 selon l'alphabet numéral hébreu, 136 déjà remarqué plus haut pour le verset 136 qui contenait 3 lettres du IUNG de plus court saut (-11). 136 est d'abord pour moi la valeur de JUNG-HAEMMERLI (52+84) selon notre alphabet, comme de Elie-Enoch (52+84) selon l'alphabet hébreu.
La transcription de Haendel m'a fourni la transcription logique de Haemmerli, המרלי, HMRLI, qui a 5 occurrences dans le Ps 119, de sauts 963, -744, -585, -141, 275.
Très remarquablement encore, le HMRLI de saut le plus court (-141) a une lettre à peu près au milieu du IUNG (-11), au verset 136.
Ceci permettrait une belle représentation orthogonale, comme le SINUI-HALTR plus haut, mais bien plus resserrée puisque SINUI couvrait 105 lettres, alors que ce IUNG couvre 34 lettres.
Il y a mieux à faire, ainsi cette découverte me fait réaliser que les lettres de ce HMRLI apparaissaient sur mon premier tableau montrant les 3 IUNG, enfin 4 d'entre elles mais il aurait suffi de 2 lignes de plus au-dessus pour voir les 5 lettres HMRLI dont la première, ה, se situe 6 cases au-dessous du G (ג) commun aux 3 IUNG.
Il y a encore mieux à faire. Je me suis demandé s'il était possible de visualiser des Enoch (חנוכ) ou Elie (אליהו) dans le voisinage de ce IUNG-HMRLI, et je suis arrivé à ce tableau, avec une largeur de ligne de 69 lettres (valeur du IUNG hébreu):
En bobines bleues, IUNG; en bobines rouges, HMRLI.
En ovales verts, deux occurrences de Elie (ALIHU, sauts 70 et -205), une lettre de chaque ELS apparaissant sur la même ligne que IUNG (de part et d'autre, versets 135 et 137).
En ovales jaunes, Enoch (HNUK, saut -143).
J'ai pu faire figurer la fenêtre de recherche.
Dans les tableaux précédents, les nombres sur la droite correspondaient aux rangs des lettres dans toute la Bible, ici seulement à partir du début du livre des Psaumes.

J'ai travaillé la matrice ci-dessus afin de pouvoir visualiser les 5 ELS dans l'espace le plus réduit, soit 19 lignes de 53 lettres. Je me suis aperçu après coup que les 28 lettres du verset 136 tombaient aussi exactement que possible au centre de cette grille (9 lignes au-dessus et au-dessous, 12 lettres à droite, 13 à gauche), et ceci m'a donné l'envie d'une grille montrant l'ensemble du texte correspondant, et non des lignes tronquées, avec le verset 136 exactement au milieu.
J'ai aussi voulu regarder ce que donnait chaque ELS des 4 noms concernés par rapport à cette grille.
Première curiosité : il faut un nombre de colonnes pair pour pouvoir avoir les 28 lettres au centre, et le meilleur choix est 68, avec donc 20 lettres de part et d'autre du verset 136, or il y a avant cette ligne centrale exactement 3400 lettres depuis le début du psaume, soit 50 lignes de 68 lettres. 68 est encore la valeur moyenne des 4 noms (avec toujours Jung-Haemmerli dans notre alphabet, plutôt que IUNG-HMRLI = 69-285).
Il est ensuite absolument inattendu que, parmi les 9 ELS Elie, 5 d'entre elles aient une lettre en commun avec la ligne du verset 136 (le tableau complet compterait 66 lignes, et en fait les lettres apparaissent sur le segment de 53 lettres de la grille précédente, sinon sur un segment de 40 lettres exactement réparti autour du verset 136).
Voici la grille de 19 x 68 lettres, correspondant aux versets complets 111 à 161 (+ quelques lettres avant et après):
Les 5 ELS de la grille précédente sont conservées, avec un aspect légèrement différent puisque la largeur de ligne a changé. S'y ajoutent, parfois incomplets:
- A(LIHU) en bobines vertes (-659) démarre dans le verset 136, juste à côté du L rouge de HMRLI.
- ALIH(U) en carrés verts (-264) croise sur la même ligne avec le L d'un ALIHU précédent (70).
- toutes les lettres ALIHU en losanges verts (-227) sont présentes, avec le I sur la ligne centrale.
- HNU(K) en carrés jaunes (-603) a son N sur la ligne (en tout 54 ELS Enoch).
- HNU(K) en losanges jaunes (-485) n'était pas indispensable.
- IUNG de saut -75 est présent, en losanges bleus, croisant avec le G du IUNG -11.
- un autre IUNG (-117) est entièrement visible, en carrés bleus, croisant avec le N du premier Enoch (-143).
- HMR(LI) en losanges rouges (275) n'était pas indispensable.

Après cette formidable attraction du verset 136, les commentaires annoncés plus haut sur l'autre triplette IUNG me semblent très secondaires, alors que j'aurais encore de multiples choses à dire sur le détail des correspondances des ELS avec les mots du psalmiste.

Les "biblocodistes" se complaisent volontiers à donner les probabilités infinitésimales associées à leurs découvertes (calculées par les logiciels plus complets que Torah4u).
Il faut savoir que, pourvu que les chiffres souvent faramineux donnés soient exacts, ils n'ont de signification réelle que si les résultats correspondent exactement à une prédiction de départ, ce qui est très rarement le cas.
Lorsque ça l'est, il faudrait encore savoir parmi combien d'expériences infructueuses s'inscrit l'expérience réussie, et donc faire toute confiance à l'expérimentateur.
Enfin aucune ELS, si mirifique soit-elle, ne me paraît pouvoir prouver l'idée préconçue, plus ou moins implicite chez la plupart des biblocodistes, que ces messages cachés ne peuvent émaner que de Dieu. Il y a plus de choses sur terre et dans le ciel, messieurs, que votre religion ne peut l'imaginer.

Pour ma part, je ne peux que certifier que les investigations sur le Ps 119 constituent ma première réelle recherche biblique personnelle d'ELS, et que ce sont ses résultats qui m'ont conduit à faire l'effort de lire le mode d'emploi de Stattex pour faire mes premières recherches extrabibliques, sur Alphabets donc.
Si j'ai mené ces recherches sans idée préconçue, je suis néanmoins attentif aux critères de base du "code biblique", à savoir privilégier les ELS les plus courtes et les croisements orthogonaux. J'espère pouvoir faire partager mon ébahissement devant les croisements orthogonaux des ELS SINUI et HALTR les plus courtes (et les seules !), comme des ELS IUNG et HMRLI les plus courtes, qu'il faut tout de même que je montre (ci-dessus, avec une largeur de ligne de 47 permettant d'allonger le HMRLI de saut -141).
Je ne pouvais rêver d'un croisement au vers 136, ni de toutes les coïncidences additionnelles détaillées plus haut.

Mes recherches sur Alphabets m'ont fait chercher quelque chose de l'ordre de 4-4-4-4, et ce qui m'a semblé le plus pertinent était 2 CARL et 2 JUNG, qui ont respectivement 641 et 44 occurrences, ce qui permet à Stattex de trouver de nombreuses grilles. En les faisant défiler, celle-ci a particulièrement retenu mon attention: Elle montre donc deux croisements sur les initiales C-J, et deux triangles qui m'ont réjoui pour une raison exposée un peu plus loin. J'ai aussi apprécié le fait que les CARL démarrent du C de L'USINE A TROC, dernière lettre du premier onzain écrit par Perec, et de cette magnifique formule sans laquelle il n'aurait probablement pas eu l'idée du recueil Alphabets (dans lequel il vient en n° 3), mais j'ai tardé à en saisir toutes les implications.
CARL à la première ligne représente le plus court saut positif, +7. Il est fabuleux que le croisement avec l'autre CARL se fasse sur la dernière lettre de LUSINEATROC, car cette formule apparaît aussi en acrostiche final dans le onzain n° 3, où on peut la nommer ELS de saut 11. Il s'agit à ma connaissance de la première ELS délibérée de Perec, dans l'oeuvre publiée du moins, et il y en aura de nombreuses autres dans Alphabets, de sauts 10, 11, et 12.
La grille donnée au début du billet permet de visualiser la chose, avec un saut de 11 lettres mais 22 lettres par ligne, si bien que le texte peut se lire soit en lisant la moitié de la grille, soit en lisant une ligne sur deux (en gras):
Alors le fabuleux, c'est que C-ARL se partage en C dans le onzain n° 3, de la série en C dont le "vers" est une anagramme de ESARTULINOC de valeur 137, et ARL dans le onzain n° 4, de la série en B dont le "vers" est une anagramme de ESARTULINOB de valeur 136.
L'ELS la plus courte I-UNG du Ps 119, de saut -11, se partageait en I dans le verset 137 et UNG dans le verset 136, et l'écriture de droite à gauche de l'hébreu permet cet inouï parallélisme. Voici le dernier vers (de valeur 137) du onzain n° 3, les deux premiers du n° 4 (de valeur 136), puis les 28 et 21 lettres des versets 136 et 137 en hébreu, suivies d'une ligne où je n'ai transcrit que les lettres sensibles IUNG, les autres étant figurées par des astérisques):Ce parallélisme est aussi dépendant des savants calculs opérés par Perec pour déterminer l'ordre de ses onzains.
C'est ma passion quaternitaire qui m'a mené à cette découverte impliquant les nombres 136 et 137, dont la somme est 273, valeur de "quatre" en hébreu, ארבע, arba'.
273 est encore le produit des Fibos 21 et 13, dont le rapport 21/13 simplifie 84/52, Haemmerli/Jung ou Enoch/Elie.

J'ai d'abord apprécié la largeur de ligne 373 pour ces triangles CARL et JUNG, car c'est un nombre si chéri des néo-gématres chrétiens qu'il existe un livre de ce nom.
Cette "preuve gravée dans le roc" conjugue les propriétés des nombres 37 et 73, ainsi que de leurs triangulaires 703 et 2701, et 373 est de plus la valeur du grec logos, le Verbe...
Or le poème n° 59 de Perec, qui utilisait volontiers les jalons 37 et 73 correspondant à sa naissance un 7 mars (1936 carré de 44 et nombre de vers d'Alphabets), s'achève sur
Rien : Logos triangulé.

Il n'y a pas de possibilité d'obtenir avec Alphabets des résultats similaires aux découvertes dans le Ps 119 avec Haemmerli ou Enoch, car aucune ELS n'y correspond à ces noms.
J'ai pensé à Théra, nom de l'île ronde donnant lieu au même jeu dans les romans de Sinoué et Halter, ce que je pense avoir été un facteur important dans le processus qui m'a mené au schéma 4-1 dans la vie de Jung.
THERA apparaît 52 fois en ELS dans Alphabets, ce qui permet d'envisager des combinaisons, mais pas avec SINOUE et HALTER dont les 2 seules occurrences constituent une forte limitation. Stattex découvre en revanche de nombreuses combinaisons THERA-SINOUE-JUNG, se justifiant aisément puisque Jung est un personnage du roman de Sinoué.
Les 52 occurrences de THERA sont remarquables car correspondant à la valeur de Théra (qui est aussi celle de JUNG).
Je suis ébahi par les 84 occurrences conjointes de SINOUE-JUNG (40+44), Sinoué/Jung = 83/52 constituant par ailleurs un rapport doré, moins intéressant que 84/52, mais remarqué dans le dernier billet avec le vrai nom de Meg Ryan, Margaret/Hyra = 83/52.
Parmi les nombreux tableaux j'ai remarqué celui-ci, de largeur 130, où THERA croise avec le Logos triangulé du onzain n° 59, la formule apparaissant juste en-dessous du Sait-on l'heure ? du n° 58:
Cet autre tableau est plus resserré, avec une largeur de ligne de 370 correspondant au saut de SINOUE (-370), tandis que THERA y apparaît parallèlement, avec un saut de 1480 ou 4 x 370:
Je rappelle qu'un point de départ de cette recherche était ce nombre 1480, valeur de Telesphoros, dieu de la convalescence auquel Jung a attribué sa guérison de 44, et je remarque sur la ligne au-dessus du T de Théra le mot GUERISON (dont l'anagramme SOIGNEUR m'émerveille, comme celle de THERA HEART, "coeur", puisque c'est un infarctus qui a failli emporter Jung en février 44).
Je souligne aussi le mot ERUPTION en-dessous de THERA, puisque les intrigues de Sinoué et Halter utilisent la formidable éruption qui a ravagé Théra il y a quelque 3656 ans.

J'aurais encore bien des choses à dire, alors que j'ai déjà largement dépassé la taille maximale que je me fixais pour un billet.

On peut télécharger ici le fichier TXT d'Alphabets utilisé pour mes recherches (basé sur les matrices hétérogrammatiques plutôt que sur les textes).

4.12.11

L'ange de la médiathèque

Peut-être suis-je fou, comme le supputait un commentateur du blog.
Auquel cas il serait inquiétant que le monde entre en résonance avec ma folie, comme semble en témoigner une récente coïncidence aux multiples échos.
Il me faut d'abord rappeler quelques éléments du billet Triangles, où la lettre 'Ayin, l'Oeil (de Dieu), m'avait amené à l'arcane 16 du Tarot, la Tour ou Maison-Dieu (ci-contre dans un jeu peint par Dali).
Connaissant très mal le Tarot, ceci me permettait d'apprendre que les trois arcanes suivants étaient l'Etoile, la Lune, et le Soleil, ce qui m'était aussitôt évocateur. En 1950 une pierre cubique fut livrée par erreur à Jung, dans sa tour de Bollingen. Il la conserva, après avoir remarqué sur une de ses faces un oeil central qui semblait le regarder, et Jung représenta dans ce rond central Telesphoros, enfant-dieu grec qu'il associait à sa guérison de 1944.
Il grava sur Telesphoros le symbole de Mercure (en hébreu kokav, "étoile"), et de part et d'autre, en gros, les symboles du Soleil et de la Lune:
J'ai donné dans le billet suivant ces arcanes dans divers jeux de Tarot, français et anglo-saxons (où la correspondance avec les lettres hébraïques est différente). Voici les 3 arcanes dans le jeu peint par Dali (utilisant la correspondance française), calquant l'ordre de la pierre de Bollingen :
J'avais alors cherché s'il existait en hébreu des mots composés de ces trois lettres ק-פ-צ, QPÇ, de préférence dans cet ordre (ou l'ordre inverse puisque l'hébreu s'écrit de droite à gauche). Le verbe qafats existe en hébreu biblique, dans deux acceptions distinctes, "refuser" et "sauter", tandis que seul l'hébreu moderne semble connaître tsefeq, "péritoine"...

Je n'avais pas jugé utile de faire partager ces recherches, et voici que le 15 novembre une couverture de JC Claeys a attiré mon attention parmi les nouveautés de la médiathèque de Digne.
Les couvertures de Claeys étaient un des charmes de la regrettée collection Le miroir obscur, aux éditions Néo.
C'est le 26 novembre que j'ai lu cet Effaceur, de Manon Torielli-Sarmejane, d'abord assez distraitement, puis avec de plus en plus d'intérêt au fur et à mesure que j'y découvrais des échos à mes préoccupations intimes.
L'effaceur est l'écrivain George Moissac, qui "mange" selon un bizarre rituel les mots des livres de fiction, laissant toutes leurs pages vierges... On pense aux personnages de Perec, Bartlebooth qui efface ses aquarelles, Cinoc le "tueur de mots" chargé d'éliminer du dictionnaire les mots obsolètes.
Seul un habitant de la petite bourgade du Nord échappe à l'effaceur, protégé par un étrange sablier au mouvement perpétuel.
Le bibliothécaire Aimé Raton a démasqué l'effaceur, et l'a dénoncé dans un journal intime. Il est assassiné dans de bizarres circonstances. L'inspecteur Dugommier dépêché sur place lambine, et les autorités lui adjoignent l'inspecteur Claisse, plus expéditif, qui arrête Moissac, puis Claisse est trouvé mort, un style de cadran solaire dans le coeur.
Précisément, Dugommier est descendu à l'Hôtel du cadran solaire, tenu par le colosse Cassiel, conteur d'histoires en profonde résonance avec les préoccupations de leurs auditeurs. J'ai vite repéré l'anagramme Cassiel-Claisse (+ Claeys, de même étymologie que Claisse, "claie"), sans y voir d'abord de claire intention.
Le soir, ma récente collaboration à un forum en partie consacré à la gématrie m'a fait évoquer les sefirot 4 et 5, Hesed et Gevura, Clémence et Rigueur, de valeurs 72 et 216, et les intrigants 3 versets de 72 lettres (soit 216 en tout) d'Ex 14,19-21. Je pensais parler de l'extraordinaire double coïncidence, relatée ici, sur ces 216 lettres utilisées pour forger les noms de 72 anges, mais j'y ai renoncé, jugeant mon message assez long.
J'ai été me coucher avec L'Effaceur, que j'ai fini. La lumière éteinte, il m'est venu que Cassiel ressemblait à un nom d'ange, et qu'il pouvait appartenir à la liste des 72 anges. Il pouvait être lié au mot kisse, "trône", ce qui aurait été un formidable écho à mes intérêts récents. Les lettres c a s s i e l apparurent dans mes rêves de la nuit...
Aussitôt levé le lendemain, une recherche m'apprit que Damiel et Cassiel étaient les noms des deux anges des Ailes du désir, de Wim Wenders (1986), joués par Bruno Ganz et Otto Sander. Si Bruno Ganz assure lui-même la version française du film, il lui arrive d'avoir pour voix française celle de Georges Claisse (dans La Chute, notamment); on aurait ainsi pu avoir un dialogue entre le personnage Cassiel et l'acteur Claisse...
Si Damiel semble être inventé par Wenders (et Peter Handke, coscénariste), Cassiel est un ange connu précédemment, et son nom provient d'une corruption de l'ange de Saturne Cafsiel, corruption facile à comprendre vu la ressemblance entre les anciens "f" et "s".
Toujours est-il que Cassiel ou Cafsiel transcrit l'hébreu קפציאל soit QPÇYAL, construit sur la racine QPÇ dont j'avais cherché moins d'un mois plus tôt les éventuelles significations.

Je n'étais pas au bout de mes surprises, découvrant ensuite que la forme QPÇYAL était elle-même une corruption de la forme primitive ÇPQYAL, avec un renversement de la racine ÇPQ en QPÇ.
C'est tout à fait étonnant, car si QPÇ a un "sens", "sauteur", effectivement rapporté à Cafsiel-Cassiel, ange réputé pouvoir se déplacer rapidement d'un point à un autre, ÇPQ ne semble pas en avoir...
Si je manque de compétences en épigraphie angélologique hébraïque pour éclaircir ce mystère, j'avancerai quelques remarques, un peu plus tard pour ne pas faire fuir d'éventuels lecteurs, et pour l'heure j'insiste sur l'extrême bizarrerie immédiate : les lettres associées aux arcanes Etoile-Lune-Soleil m'ont amené à chercher s'il existait des racines ÇPQ ou QPÇ, et voici qu'elles apparaissent toutes deux, associées à la première planète traditionnelle, Saturne (dont le symbole figure aussi sur la pierre de Jung).
Je précise que j'ai vu il y a environ deux ans Les ailes du désir, mais que mon enthousiasme pour le film ne m'a pas alors conduit à une quelconque recherche sur les noms Damiel et Cassiel, malgré mes intérêts angélologiques. Il a donc fallu l'anagramme Cassiel-Claisse pour titiller ma curiosité, et une bonne part de chance car L'Effaceur est publié par un petit éditeur très mal diffusé. De fait, le roman était à la médiathèque suite à un don de l'auteur, qui a une campagne dans le coin.

Le cadran solaire en couverture a eu son importance, et à la lecture j'ai reconnu dans la description du sablier celui de Melencolia, que Dürer a surmonté d'un étrange cadran solaire, au style dépourvu d'ombre, mais dont les 8 chiffres des heures parfaitement lisibles correspondent à 8 cases du carré magique voisin, dont le placement est suffisant pour reconstituer le carré, par complément à 17 symétriquement au centre du carré (voir mon billet Dürer toujours). La somme de ces 8 chiffres est 52, la somme de leurs compléments 84, correspondant à l'orthographe inhabituelle MELENCOLIA (selon l'alphabet latin).
Sablier et cadran sont des attributs de Saturne, dieu de la mélancolie et du temps (Il est morne, il est taciturne, Il préside aux choses du temps...), ou de la mesure en général, et Dürer semble confronter divers outils de mesure au carré magique de côté 4, qui selon son ami Agrippa est associé à Jupiter, la planète suivante selon la cosmologie de l'époque.

Saturne et Jupiter y correspondaient aux 3e et 4e sphères concentriques autour de la terre centrale (la 1e étant le moteur divin, la 2e la sphère des étoiles fixes).
Je rappelle que ma recherche Soleil-(Mercure)-Lune a été motivée par les valeurs 53-87 des mots hébreux 'hama-levana, "soleil-lune", correspondant aux nombres de jour séparant les 3 dates connues de la maladie de Jung:
- le 11 février sa fracture du pied, et l'infarctus consécutif;
- le 4/4/44 début de sa guérison, tandis que son médecin Haemmerli tombait malade;
- le 30 juin mort de Haemmerli et guérison complète de Jung.
Je suis fasciné par le fait que ces nombres 53-87 sont en rapport d'or, de même que les valeurs 52-84 de Jung-Haemmerli, avec une autre équivalence en hébreu, où ce sont les valeurs de Elie-Enoch, les deux personnages de l'Ancien Testament qui sont montés vivants aux cieux.

Je suis donc encore ébahi que ma récente recherche soleil-lune soit entrée en résonance avec celle sur Dürer l'an dernier, qui m'avait fait proposer cette autre vision du carré, où selon une correspondance numérique globale, JUNG correspond à la somme 52 des cases bleues, HAEMMERLI à la somme 84 des cases rouges.
L'approfondissement "saturnien" de Melencolia m'amène aujourd'hui à un prodigieux rebond sur mes billets de juillet-août 2010 où, juste après mes investigations sur Dürer, je découvrais le peintre un brin fou Paul Laffoley (voir le billet un peu, beaucoup), obsédé par le nombre d'or, né un 14 août marquant la section d'or de l'année, et dont le nom doré correspondait à la version particulière du carré de Dürer gravée à la Sagrada Familia : les cases jaunes ci-contre correspondent à PAUL = 50, les autres à LAFFOLEY = 82.
Selon Erwin Panofsky, la gravure de Dürer viserait à proposer un mélange idéal des qualités propres à Saturne et Jupiter, or à ces deux planètes correspondent deux métaux, le plomb et l'étain, dont les numéros atomiques (bien évidemment hors de portée de la science antique) sont 82 et 50, formant un couple d'or 50-82 correspondant au carré magique de la Sagrada Familia, dont la constante 33 fait probablement référence aux 33 ans du Christ.

Cassiel m'a donné l'envie de revoir Les ailes du désir, avec désormais la conscience du sens saturnien de ce nom.
Le film de Wenders m'a encore frappé par sa force poétique, mais ce que je pourrais en dire m'apparaît dérisoire comparé aux fabuleuses coïncidences de son remake hollywoodien, La Cité des anges, par Brad Silberling (1998). Si remake US est souvent synonyme de catastrophe, il y a eu ici un véritable travail de création, avec un scénario bien plus rigoureux que le canevas original, en partie improvisé au cours du tournage.
Les 4 personnages principaux de Wenders ont été conservés, Damiel, Cassiel, Marion et l'ange incarné Peter Falk, mais seul Cassiel a gardé son nom, et voici le début de la distribution du remake:
Nicolas Cage (VF : Dominique Collignon-Maurin) : Seth
Meg Ryan (VF : Virginie Ledieu) : le docteur Maggie Rice
Andre Braugher : Cassiel
Dennis Franz : Nathaniel Messinger
Les nouveaux noms correspondent à une optimisation numérologique dont je n'aurais osé rêver, en deux paires dorées complémentaires:
- Seth-Nathaniel = 52-84, comme Jung-Haemmerli, ou Elie-Enoch en hébreu.
- Maggie-Cassiel = 42-68, se simplifiant en 21/34, rapport fibonaccien, comme 52/84 se simplifie en 13/21.
- 68 correspond à la moyenne entre 52 et 84, si bien que l'harmonie 42/68 peut concerner Maggie et les 3 anges, Cassiel étant de plus interprété par un Andre de valeur 42.

Il est assez justifié de coupler Seth et Nathaniel, car ce dernier est un ancien ange qui s'est incarné, et qui apprend à Seth que cette transformation est possible. La circonstance de leur rencontre est remarquable, en pensant à Jung-Haemmerli: Seth s'approche du lit de Nathaniel, qui vient d'être opéré du coeur par Maggie, Nathaniel sent sa présence et s'adresse à lui, dans les mêmes termes que Peter Falk emploie avec Damiel, Je ne te vois pas, mais je sais que tu es là.Cette scène est très proche de la petite section d'or du film, ce qui m'a conduit à être attentif à ce qui se passait à la grande section d'or, la "coupe d'or" disait Sérusier, et ce qui s'y passe semble significatif.
Les anges ont selon le scénario la capacité de se faire voir des humains s'ils le désirent (alors que seuls les enfants pouvaient les voir chez Wenders), et Seth a utilisé ce pouvoir avec Maggie, attirée par cet être étrange bien que Seth ne puisse pas partager grand-chose avec elle.
Ils se retrouvent chez Nathaniel qui fête sa sortie de l'hôpital, et Seth coupant du chou se taillade le pouce, sans perdre une seule goutte de sang. Maggie comprend alors qu'il est plus qu'étrange.
Je n'ai rien repéré de spécial aux sections dorées des Ailes du désir, mais j'avais vu une remarquable double section d'or dans un autre film de Wenders, Paris-Texas.

Seth après cet épisode choisit de faire le grand saut, et de s'incarner sans retour. Il vit une journée de total bonheur avec Maggie, mais une morale supérieure semble veiller à ce qu'un tel exemple ne vienne contaminer les cohortes angéliques, et Maggie meurt, rejoignant en quelque sorte Cassiel dans l'au-delà, tandis que Seth et Nathaniel poursuivent leur vie ici-bas.
Rien ne semblait s'opposer chez Wenders à une union durable entre Damiel et Marion (leurs valeurs 44-70 forment un autre couple doré, moins parfait que 42-68 et 52-84).

Comme je l'ai déjà dit, ces relations numériques ne constituent pas pour moi des vérités absolues, et je serais bien en peine de justifier ma manie numérologique, sinon par le fait que "ça marche". Il est possible de donner un ordre de grandeur à la probabilité de trouver les noms des 4 principaux personnages d'un film en relation dorée, qui serait largement inférieure à 1 chance sur 10000 en prenant en compte les rapports conjugués fibonacciens. Il y a bien sûr des centaines de milliers de films, mais je ne me sens guère le courage d'en scruter les distributions, et je n'aurais pas imaginé pouvoir trouver mon couple fétiche 52-84 pour deux êtres qui
- se rencontrent dans une chambre d'hôpital, après un incident cardiaque, comme Jung-Haemmerli;
- sont à la fois des humains et des anges, comme Elie-Enoch.

J'ajoute le facteur intrigant du remake, où le nom originel Cassiel a été conservé, sans quoi je n'aurais pas été aiguillé vers le film, mais où les autres noms ont été changés... Ceci me rappelle ce cas particulièrement ahurissant de changement de nom dans un remake.

Pas de 4/4/44, mais une curiosité quaternitaire avec une des premières scènes où les anges sont sur le toit d'un building, dont on voit le numéro, 444. Ce serait paraît-il une référence au royaume angélique.
J'observe pour ma part qu'on voit Maggie se lever à 7:24, d'après son réveil, après une nuit que Seth a passé à son côté, lui insufflant la solution d'un problème médical. 7 heures de 60' + 24' font 444...
Le film est sorti aux USA le 10 avril 98, qui était cette année là le Vendredi saint.

La richesse de ces dernières découvertes m'a fait relire L'effaceur, dont l'exubérance et l'absence de linéarité se prêtent à de multiples lectures. Je me limiterai à quelques remarques:
- Cassiel, ange de Saturne donc, apprécie les pichets en étain, le métal de Jupiter;
- Zaza, la réelle criminelle, aux motifs peu clairs, peut évoquer Zazel, génie de Saturne dans la cosmologie d'Agrippa, nom forgé pour que sa gématrie 45 corresponde aux 9 nombres du carré magique d'ordre 3;
- Moissac se renverse en Cassi-om, comme s'il était un Cassi-el (el "dieu") incarné en "homme";
- le sévère Claisse se dit lui-même "martien", et la planète Mars est la 5e sphère, correspondant à la sefira Gevura, la Rigueur...

Ceci me semble pouvoir constituer une bonne introduction à mes commentaires annoncés sur les noms hébreux des anges.
Cet extrait d'une page en hébreu (ici un équivalent en anglais) donne les noms des anges associés aux sphères célestes 3-4-5, soit aux planètes Saturne-Jupiter-Mars et aux sefirot Bina-'Hesed-Gevura:

3- ספירת בינה: המלאך צפקיאל
4- ספירת חסד: המלאך צדקיאל
5- ספירת גבורה: המלאך כמאל

Je remarque d'abord que le nom de l'ange de Mars (5) est Kamael, KMAL, anagramme de MLAK, maleakh, "ange". C'est tout à fait parallèle au "rigoureux" Claisse anagramme de Cassiel.
Le nom de l'ange de Jupiter (ÇDQ, "justice") est ÇDQYAL, ce qui est fort logique, mais qui est encore à une lettre près le nom de l'ange de Saturne, ÇPQYAL, d'étymologie inconnue, qui deviendra QPÇYAL en passant chez les kabbalistes chrétiens, soit Cafsiel, dont la seconde consonne sera ensuite mal lue pour donner Cassiel...

Je trouve sur cette page ceci:
L’Archange de Binah est Tzaphqiel, צפקיאל, « l’Oeil de Dieu », ou mieux le veilleur (l’observateur) de Dieu. Il offre la compréhension claire.
Je ne sais trop d'où vient cet « Oeil de Dieu », je rappelle que c'est cette expression qui m'avait mené au tarot, à l'arcane 16 correspondant à la lettre 'Ayin, ע, suivie par les lettres פצק correspondant à Etoile-Lune-Soleil.
Cette autre page donne le détail des hiérarchies angéliques selon Agrippa. L'auteur utilise la même translittération que moi pour la lettre Çadé, צ.

L'illustration de Claeys avait attiré mon oeil sur L'effaceur, où je devais découvrir Cassiel et Claisse, or le premier titre de la collection Le miroir obscur était L'ange déchu, illustré par Claeys.

A propos de L'Effaceur, je voulais encore signaler que j'ai découvert ce livre au moment où je m'avisais que le texte proposé cette année à Zazipo, ayant déjà été en résonance avec ma gamme ogham, permettait une lecture musicale correspondant aux notes anglaises F-A-C-E, les notes "entre les lignes" de la portée en clé de sol, ce dont Queen a joué magistralement dans son roman Face to Face.
J'ai alors envisagé une récriture n'utilisant que les lettres correspondant à F-A-C-E dans l'alphabet musical étendu, et pensé que mon texte pourrait se terminer par "ça efface", double combinaison des notes pures. La coïncidence avec L'Effaceur m'a conduit à achever ce texte, avec des contraintes quaternitaires.
Or Seth est interprété par Nicolas CAGE, un nom constitué de 4 notes correspondant aussi aux notes "entre les lignes", mais en clé de fa, dans l'ordre ACEG. Il existe un fameux musicien de ce nom, John Cage, et un esprit astucieux a repéré que le motif CAGE correspondait, en tierces, au motif BACH en demi-tons, et trouvé une formule permettant de passer de l'un à l'autre (je ne sais plus où je l'ai notée, ni la référence).
Il a bien sûr été envisagé des correspondances entre les seth sept planètes et les notes de la gamme, et selon l'homologation la plus commune, identifiant le soleil à sol, il correspond à Saturne-Jupiter ré-mi, tiens tiens...

Ce sont les Elégies de Duino, de Rainer Maria Rilke, qui ont inspiré à Wenders et Handke leur approche des anges.
Avant que je ne commence ce blog, les seules mentions du Dr Theodor Haemmerli sur le net concernaient Rilke, dont il a été le médecin attitré. Rilke est né en 1875, la même année que Jung, le 4 décembre (4e jour du 4e mois pataphysique).

Brad Silberling, réalisateur de La Cité des anges, est né en 1963, deux ans après la mort de Jung, le 8 septembre (1er jour du 1er mois pataphysique, le jour où en 2008 je découvrais le motif 4-1 dans la vie de Jung).

J'avais choisi de laisser de côté, parmi d'autres éléments jugés secondaires, le fait que le vrai nom de Meg Ryan soit doré :
Margaret Hyra = 83-52
Je n'aurais évidemment pas omis le parfait 84-52, mais il y avait un petit plus avec le fait que son nom d'actrice MegRyan = 83 corresponde à la section d'or de MargaretHyra = 135.

Le sort en a décidé autrement, en attribuant à ce billet au premier essai ce matin à 7:24 (444' du 4/4 pataphysique) le numéro postID 8352734096996355890, débutant par 83-52, et s'achevant par 55-89(0), les deux derniers nombres de deux chiffres de Fibonacci (on peut vérifier le postID en pointant ou cliquant sur le champ ci-dessous Enregistrer un commentaire).

11.11.11

DIS UN ORACLE

11/11/11... J'ai eu envie de saluer cette date, tout comme j'avais salué le 10/10/10. C'est encore une série d'hétérogrammes qui s'est imposée, en hommage à L'USINE A TROC de Perec, où cette superbe formule est permutée en quenine dans les dernières colonnes des 11 onzains.
Pour abonder dans le 11, il m'a semblé devoir utiliser une série de 11 lettres de valeur 121 = 11x11. Ma première idée a été ESARDUNILOC, où le T de la série originale ESARTULINOC est devenu D.
Je suis d'abord parti de la formule L'EROS D'UNICA, en pensant à la pionnière de l'anagramme Unica Zürn, avec une permutation de la formule en quenine. Et puis ça ne m'a guère inspiré, et il m'a semblé devoir trouver un concept plus innovant. Le 10 j'ai repensé au CARDO et au DECUMANUS, les axes nord-sud et est-ouest d'une ville romaine, découverts lors de mon enquête sur Philadelphie, où ces axes découpent curieusement le plan initial de la ville selon Fibonacci, 3-5-8-13.
J'ai trouvé la formule UNIS LE CARDO, et ai décidé d'en faire avec ses permutations en quenine la colonne centrale de mes onzains.
Il fallait distinguer aussi la ligne centrale, et j'ai décidé que ce serait dans chaque cas un énoncé autonome, anagramme signifiante de UNIS LE CARDO.
Les deux premiers poèmes furent achevés le 11/11/11.
Les voici (j'utilise ici la quenine quenaldienne, ABCDEFGHIJK > KIGECABDFHJ, tandis que Perec en a choisi une variante inversée, BDFHJKIGECA).

1 - UNISLECARDO - UNISLECARDO













Eros d’Unica,
l’adoré nul si conçu,
SI
le dard noir seul accorda
l’usine.
Unis le CARDO,
son DECU,
rail ordinal usé,
clos du rien câlin,
code sa ruine,
clos ardu.

11/11/11

2 - ORCLIUNSEAD - LOINDUSACRE













Du salon ciré,
un soir d’éclairs où Clanderine a lu docs reçus,
il onda loin du sacré.
Déclin à sourde raison, lu cran si édulcoré,
coda nul...
Si lance du soir.

11/11/11


Ce onzain est inspiré par le texte zazipien de l'année, C'est un soir de vent, de Harry Mathews.

Je doute de trouver un jour l'inspiration pour reprendre cette série, aussi voici l'image créée par Marylin Rolland à partir des deux premiers onzains :

3 - DENICORLUSA

4 - AURCNDEIOLS

5 - SOENRAUCDIL

6 - LDURESONACI

7 - IAOEULDRSNC

8 - CSDUOIAELRN

9 - NLAODCSUIER

10 - RISDANLOCUE

11 - ECLASRIDNOU

3.11.11

en deçà

Un faisceau de coïncidences, au-delà me semble-t-il de tout ce qui précède, a marqué ces derniers jours. Le plus simple est encore d'en donner le compte-rendu chronologique, en demandant un peu de patience.

Jeudi 27 : mes récents retours d'intérêt pour la convention musicale étendant la gamme à tout l'alphabet m'ont fait rechercher sur le net des références à la pièce qui m'avait fait connaître ce système il y a bien longtemps, vers 1970, la Fantaisie sur le nom SALCEDO pour guitare d'Emilio Pujol. Je l'avais évoquée dès mon second billet, mais avais alors vainement cherché une référence. Elle existe maintenant, indiquant que SALCEDO correspond aux notes EAECEDA, conformément à l'équivalence que je donnais. J'ai actualisé la page en conséquence.

Vendredi 28 : le billet précédent m'avait amené, via la lettre 'Ayin, à la lame 16 du Tarot, La Maison-Dieu (ou La Tour). Très peu familier du tarot, je m'étais avisé que les trois lames suivantes, L'Etoile, La Lune et Le Soleil, offraient un bel écho à la pierre de Bollingen, où Jung a gravé en gros les symboles du soleil et de la lune, puis en plus petit les symboles des 5 autres planètes traditionnelles, avec Mercure (en hébreu kokav, "étoile") au centre, sur l'enfant-dieu Telesphoros.

Je me suis avisé ce vendredi qu'il serait intéressant d'avoir cinq lames, pour mieux épouser la quaternité jungienne, telle qu'elle apparaît notamment sur la pierre de Bollingen, divisée en 4 régions autour de Telesphoros au centre. J'ai d'abord songé à y adjoindre la lame suivante, Le Jugement, permettant d'encadrer les trois lames planétaires entre les lames correspondant aux lettres 'Ayin et Resh, formant le nom OR, Er premier fils de Juda qui fut "mauvais", RO, aux yeux de YHWH, qui le fit mourir.
Les 5 lettres hébraïques correspondant à ces lames, OPÇQR, permettent bien des combinaisons, par exemple d'écrire PRÇ, Perets autre fils de Juda homologué à la lune.
C'est aussi le nom de la famille juive polonaise dont est issu Perec, dont le nom français se trouve transcrit en hébreu moderne PRQ, comme pereq, "chapitre". L'un des projets interrompus par la mort précoce de l'auteur avait pour titre prévu L'Arbre, histoire des membres de sa famille. Or "arbre" se dit en hébreu OÇ, et je m'émerveille qu'une traduction aurait pu réunir par les noms de l'auteur et de l'oeuvre 5 lettres consécutives de l'alphabet, OPÇQR.
Puis il m'est venu que L'Etoile serait mieux placée au milieu de 5 lames, ce qui impliquait de faire intervenir la lame 15, Le Diable, avec d'intéressantes possibilités, Diable et (Maison-) Dieu, au centre l'Etoile Mercure, puis Lune et Soleil. La numérologie est intéressante, puisque la somme des rangs des lames est 85, 5 fois l'arcane 17 central. Jung a vécu 85 ans, avec un bonus de 17 ans après sa grave maladie de 1944, dont il a associé la guérison à Mercure.
Si les tarots français associent les lames numérotées du Tarot aux lettres hébraïques correspondantes, en reléguant le Mat (la lame non numérotée) en queue, les tarots anglo-saxons font plutôt correspondre le Mat à l'Alef, avec un décalage conséquent pour les autres lames, ainsi dans ce tarot BOTA les lames 15 à 19 correspondent aux mêmes lettres OPÇQR que précédemment pour les lames 16 à 20.Je remarque sur le ventre du Diable un symbole cornu qui ressemble fort à celui du mercure...
Il y a encore le cas particulier du tarot de Thoth, peint par Frieda Harris à l'instigation de Crowley, où on a les mêmes correspondances, sauf pour L'Etoile, qui ne correspond pas à Çadé mais à son inverse atbash , 5e lettre de l'alphabet, tandis que Çadé correspond à la lame 4 (cliquer pour agrandir). Je suis frappé de voir l'atbash jouxter la tour de Babel, et je remarque que si la Tour ne correspond plus à la lettre 'Ayin, "oeil", c'est d'un oeil céleste que part la foudre divine. Je remarque encore une colombe portant un rameau d'olivier, évoquant Noé, alors que l'autre renversement "aux Yeux de YHWH" touche Noé, NH, qui leur trouva grâce, HN (voir le billet précédent).

Samedi 29, matin : au marché de Digne je trouve à l'étal d'un bouquiniste Sépulcre, de Kate Mosse. J'avais remarqué ce roman à sa sortie en 2008, parce qu'il associait Debussy à l'affaire de Rennes-le-Château, ce que j'avais aussi fait dans une nouvelle écrite en 2006 (mais parue en 2009).
J'avais alors feuilleté ce gros livre, qu'il ne m'avait pas semblé urgent d'acquérir.

Dans l'après-midi, je regarde un épisode de Monk, Monk joue les papas. L'intrigue tourne autour d'un T-shirt que Julie, la fille de l'assistante de Monk, a juré de porter jusqu'à sa mort; elle y figure en photo avec son petit ami, mais à l'arrière-plan un détail dénonce le meurtrier de l'affaire en cours. Celui-ci soudoie Clay, le garçon le plus populaire du lycée de Julie, pour la séduire et lui faire renoncer au T-shirt compromettant. Clay feint d'avoir besoin de petits cours d'espagnol, et Julie lui explique la règle du masculin-féminin, hermano-hermana, amigo-amiga...

17:27, un mèl de la liste Perec, où l'espagnol Hermes Salceda signale une exposition Roussel à Madrid. Salcedo-Salceda, et Hermes qui bien sûr est Mercure. Par ailleurs ma nouvelle avec Debussy faisait quelques emprunts à Roussel, avec des "sésames vocaux", issus de Locus Solus, permettant à Saunière d'accéder au sépulcre mythique de Christian Rosencreutz.
Hermes Salceda est, entre autres activités, le responsable de la revue Raymond Roussel aux Belles-Lettres. J'ai été charmé en octobre de m'y voir cité dans le numéro 4 (par Sjef Houppermans, que j'avais cité dans un tout autre contexte).

J'en arrive au clou de la journée. En soirée, ma lecture de Sépulcre est bien avancée, et voici quelques éléments.
En 1891 Léonie Vernier, voisine de Debussy rue de Berlin, s'en va avec son frère du côté de Rennes-les-Bains, dans la propriété de leur tante, le Domaine de la Cade. Elle s'y intéresse aux travaux ésotériques de son oncle décédé, lequel avait développé un rituel pour entrer en contact avec les puissances obscures à l'aide d'un jeu particulier de tarots, et de vibrations musicales, basées sur les notes C-A-D-E, tout ceci dans un sépulcre wisigoth dont est familier aussi l'abbé Saunière...
En 2007 Meredith Martin prépare une biographie de Debussy. De formidables hasards l'amènent à s'intéresser au tarot, puis à séjourner au Domaine de la Cade devenu hôtel de luxe. Elle découvre au fil de l'aventure qu'Anatole Vernier était son trisaïeul, et que des liens mystérieux l'unissent à Léonie...
Sa réflexion sur le tarot l'amène à envisager des correspondances musicales entre lames et notes, effectivement envisagées par l'auteur du tarot BOTA vu plus haut, et imaginées en rapport avec Debussy ici.

Peut-être n'est-il pas inutile de redonner la correspondance entre gamme et alphabet :
la .si .do ..mi .fa .sol

.A . B . C . D . E . F . G
.H . I . J . K . L . M . N
.O . P . Q . R . S . T . U
.V . W . X . Y . Z

On vérifiera ainsi que toutes les lettres de Salcedo ou Salceda appartiennent à la série "magique" CADE :
SALCEDO = SALCEDA = EAECEDA
A noter que salcedo est le "saule" (et salceda la "saulaie"), tandis que le cade est un arbuste méditerranéen.
Le gars qui apprenait l'espagnol dans Monk était
CLAY = CEAD
Mes considérations antérieures sur divers tarots m'ont fait privilégier le BOTA où l'arcane 17 correspond à la lettre Çadé et
ÇADÉ = CADE !!!!
Je rappelle que cette lettre Çadé compose avec 'Ayin le mot "arbre" (et ces lettres ont des formes ramifiées évocatrices).
Il s'agit d'une transcription parmi d'autres du nom de la lettre (telles Sadé ou Tsadé), mais je la privilégie volontiers, sauf qu'il est malaisé de trouver un Ç majuscule au clavier. C'est en l'écrivant plus haut que je me suis avisé de cette correspondance, ahurissante puisque je lui trouvais un rapport avec les 17 ans vécus par Jung après 44, or
CARL = CADE !!!!
J'ai privilégié le choix du tarot BOTA pour avoir la 17e lame au centre des lettres OPÇQR, juste avant de lire Sépulcre et d'y apprendre l'éventuel rôle magique des lettres-notes CADE. La transcription Çadé ne m'est aucunement personnelle, voir par exemple ici.
Dans l'épilogue du roman (où n'intervient aucunement l'alphabet hébreu), Meredith envisage que son bisaïeul ait connu l'auteur du tarot BOTA, et l'ait initié au secret des correspondances musicales.

Le second billet de Quaternité m'avait amené aux 4 lettres CADE, dans cet ordre notamment, initiales des 4 membres du Quintett seuls actifs dans le dernier album, La chute, titre triplement significatif.
Au sens propre, c'était la chute du docteur Charles Guibert, deus ex machina, du haut de la tour où il résidait, et une allusion à la lame 16, la Tour ou Maison-Dieu, est envisageable. Ci-contre Charles va dans un instant être précipité dans la nuit pluvieuse par, de droite à gauche, Alban-Dora-Elias.
J'y observais que "chute" venait du latin CADEcta, et j'avais très certainement vu que CHARLES conduisait à CAADEEE.

Il y aurait beaucoup à dire sur Sépulcre, dont je préfère le titre anglais Sepulchre, où les 4 lettres finales donnent encore
CHRE = CADE
C'est aussi le titre que Léonie a donné à une partition trouvée dans le sépulcre, une partition où dominent les notes CADE. Greg Nunes, ami de l'auteur, a composé un morceau selon ces prémisses, plutôt agréable mais je déplore pour ma part qu'il n'ait pas choisi un respect plus absolu de la contrainte, en pensant à Pagodes, où Debussy n'a (presque) utilisé que les touches noires du piano.

C'est également Nunes qui a fourni à Mosse quelques infos sur la suite de Fibonacci et sa supposée utilisation par Debussy, probablement tirées du Debussy in Proportion de Roy Howat, dont je m'étais servi aussi pour ma nouvelle.
Je m'étais livré au jeu fibonaccien CARL = AL + CR = 13 + 21 sur le billet Signé AL RC, et grâce à Kate Mosse je vois aujourd'hui une autre approche, musicale :
CADE = 13 ; CARL = 13 + 21.

Kate Mosse a joué avec l'histoire locale, et il faut ainsi savoir que le journal de Saunière contenait à la date du 21 septembre 1891 "Lettre de Granès. Découverte d'un tombeau. Le soir pluie." pour apprécier que c'est ce même 21 septembre que Léonie découvre le sépulcre, et un gros orage éclate le soir...
Je remarque au passage que c'est un 21 qu'elle découvre les lettres CADE, de valeur 13, et les 8 tarots qui semblent leur être intimement associées.
Le nom Lawrence des nouveaux propriétaires du Domaine de la Cade, où se trouve le sépulcre, est une probable allusion au fameux tombeau des Pontils, calqué sur celui dles Bergers d'Arcadie.

Alors que j'avais choisi de publier le précédent billet le 20 octobre, anniversaire de Dannay, j'apprends que c'est aussi celui de Kate Mosse, née en 1961, quelques mois après la mort de Jung.
Le mois d'OCTObre et le nombre 8 jouent un grand rôle dans l'intrigue, avec notamment les naissances des héroïnes en octobre, le 22 pour Léonie (les 22 lames du Tarot ?), le 8 pour Meredith : les figures de 8 lames du Tarot magique (visibles ici) sont peintes sur les murs du sépulcre, parmi elles la Tour et le Diable. Je rappelle que la lettre 'Ayin m'a mené à la Tour, puis aux lames suivantes Etoile-Lune-Soleil; le désir d'avoir 5 lames consécutives m'a fait convoquer le Diable, correspondant aussi à 'Ayin dans les jeux anglo-saxons, avec Çadé correspondant au centre des 5 lames. Le rituel magique du sépulcre a pour but la convocation du Diable, ou au moins du démon Asmodée.
Dans le jeu magique les lames prennent les traits des protagonistes du livre, ainsi Léonie se reconnaît dans la lame 8, la Force, et Meredith dans la lame 11, la Justice. Une recherche minimale, que n'a pu manquer d'effectuer Kate Mosse, mène à découvrir qu'il existe un problème pour ces deux lames, interverties dans certains jeux :Le Diable, ou Asmodée, apparaît à 3 reprises, chaque fois le soir du 31 octobre, fête d'Halloween probablement choisie à cause du curé Gélis, découvert assassiné à coups de hachette au matin du 1er novembre 1897. Le roman lie l'affaire à l'incendie la même nuit du Domaine de la Cade (tiens, selon Trévoux la lettre Çadé désigne une hachette ou une herminette). J'avais aussi utilisé cet épisode dans ma nouvelle, en le déplaçant au Jeudi saint rosicrucien.

C'est ce 31 octobre que j'ai terminé Sépulcre, et une autre curiosité est apparue le lendemain en effectuant une recherche pour vérifier que Debussy avait bien habité rue de Berlin, ce qui m'a mené au site de David Lamaze, avec qui j'ai déjà correspondu, à propos de nos intérêts bachiens communs. Il y fait état d'une confidence codée du journal de Ricardo Viñes, pianiste ami de Debussy, utilisant le code de La Jangada, le roman de Verne débutant par un long paragraphe codé que les protagonistes ne parviendront que par chance à décoder à l'ultime moment.
En fait un lecteur malin put décoder le message avant la publication de la fin du feuilleton, et j'avais identifié dans ma nouvelle ce lecteur au propre père de l'abbé Saunière, ignorant alors qu'il s'agissait d'un nommé Saumaire.
Toujours est-il que la clé chiffrée du code de Viñes (avec un alphabet sans w) est 31891 :
bp pjslt mu xrux ...
31 89131 89 1318
yo haria el voto
(je ferais le voeu)
S'il n'y a évidemment aucun rapport, je suis tenté d'imaginer la date du 31 octobre 1891, où apparaît le Diable pour la première fois dans Sépulcre, sous la forme 31/VIII/91, ou 31/8/91, car je crois que Kate Mosse privilégie l'octitude (?) du mois plutôt que son rang actuel dans l'année.
Incidemment, CODE = CADE...
Note : David Lamaze m'a précisé (merci) que le chiffre de Viñes correspondait au nom de sa dulcinée :
M-A-R-I-A = (1)3-1-(1)8-9-1.

Note du 16/11 : la consultation du site de Lamaze m'avait fait commander son livre Le Coeur de l'horloge, reçu aujourd'hui. Il y envisage des codages de noms dans la musique de Ravel, n'utilisant que les 7 premières lettres de l'alphabet correspondant immédiatement à des notes. Il donne les transcriptions selon ce système des proches de Ravel, et je suis éberlué d'y découvrir que riCArDo viñEs devient CADE, dans cet ordre.


2 novembre : j'ai ce matin un mèl du plasticien Bernard Szajner, qui prépare un spectacle sur une étoile qui ne serait visible que pendant 17 secondes à 17 heures, et à qui quelqu'un a dit que 17 correspond à Mazal ou Mazel. En savais-je quelque chose ?
Je n'en aurais probablement rien su quelques jours plus tôt, mais je pus lui dire qu'il y avait vraisemblablement un rapport avec l'arcane 17 du tarot, L'Etoile, mazal signifiant constellation en hébreu.
Je lui demandai s'il s'était adressé à moi suite à mon dernier billet, mentionnant cet arcane 17, eh bien non. Je rappelle que je ne m'intéressais jusqu'ici en rien au tarot, et que ma seule mention de la lame 12 à propos des Pendus bizarres devait tout à mon amie dp.
Une petite recherche m'apprit que Bernard Szajner avait plusieurs casquettes, et qu'il était fort connu comme musicien, ayant notamment inventé en 1980 la Harpe Laser, par la suite dévoyée par JM Jarre.
Szajner est né le 27 juin 44, et a dû être caché dans la région grenobloise, comme le petit Perec. Le recueil Rémi face au lacis doré composé par mes amis oulipotes pour mes 60 ans m'a fait découvrir que ce titre existait déjà, composition du belge Daniel Schell, né le 5/4/44. Je projette de revenir sur ce personnage, pionnier d'un autre rare instrument, la tap-guitar, et sur cette date.
Note du 16/11 : La lecture du livre de Lamaze m'a donc fait écrire aujourd'hui une note un peu plus haut, et revoir au passage l'étoile Mazal de Szajner... Lamaze-Mazal ! et toujours l'arcane 17, alias Çadé dans le tarot BOTA.

De plus, juste avant de renseigner Szajner sur l'arcane 17, il y avait dans notre boîte aux lettres ce matin du 2 le n° 17 du Correspondancier (le 8e avatar de Viridis Candela, la revue du Collège de 'Pataphysique), avec mon premier article dans la revue, La multiplication des 813.
Note du 4 : dp me rappelle que le vrai nom de Michel Lebrun, fondateur et numéro 1 de l'association 813, cité dans mon article, est Michel CADE !!!! C'est essentiellement parce que Cade-Lebrun était pataphysicien que la revue a publié l'article.
Ceci me donne envie de chercher une autre image de la lettre Çadé, avec cette orthographe, et je pose la requête adéquate sur GoogleImages : la seconde réponse est une harpe ! (j'y ai adjoint ci-contre un Çadé, sur lequel on pourrait éventuellement tendre des cordes) Elle envoie à une page sur les Psaumes, où est donné in extenso le psaume alphabétique 118 (ou 119 selon les Bibles). Je suis depuis toujours frappé par l'homologie entre les 176 vers de ce psaume (22 strophes de 8 vers) et les 176 poèmes d'Alphabets de Perec (16 séries de 11 poèmes).


3 novembre : une autre revue dans notre boîte ce matin, Rustica, mais elle était adressée à une voisine. Après avoir corrigé l'erreur du facteur, je me suis demandé si elle ne pouvait receler du sens, la voisine ayant par ailleurs un nom évocateur. On s'aperçut alors que RUSTICA = DGEFBCA, un mot de 7 lettres couvrant toute la gamme. Il y a quelques jours, le 25 octobre, j'avais fait état sur la liste Oulipo de mes préoccupations sur cette question, et un colistier informaticien (encore merci Nicolas) m'avait fourni les seuls 98 mots de 7 lettres de l'Officiel du Scrabble répondant à cette règle (parmi plus de 30000 mots de 7 lettres).
De quoi inspirer une CRAINTE MODIQUE à CERTAIN CITOYEN...

Et la brouette ? Je comptais laisser de côté une coïncidence survenue dimanche 30, parce qu'elle concernait plutôt ma première approche du tarot, avec l'arcane 17 correspondant à .
Et puis est venu Szajner, né le 27 juin 44, 3 jours avant la mort de Haemmerli, 84 jours après le 4/4/44, alors voici : j'étais donc dimanche chez mon gendre cultivateur et ma serviabilité bien connue m'a conduit à épierrer une petite pièce destinée aux plants de lavandin. Ce n'était pas la première fois, mais je me suis avisé que je me servais d'une brouette Haemmerlin.
De contenance 85 l, la somme des arcanes 15 à 19...
De diamètre de la roue 400 mm, la somme des lettres hébraïques selon la correspondance SOPÇQ du tarot français.

Le titre de ce billet fait bien sûr référence aux notes CADE et à la lettre Çadé, mais encore au préfixe grec endéca (ένδεκα), "onze", puisque c'est en débutant ce billet le 1/11/11 que j'ai vu cette équivalence (d'autant qu'l'Aude [Debussy] est le département 11).