23.5.11

Autun opportun levain

Robert Rapilly est l'un des as de la liste oulipo, grand spécialiste du palindrome, et mieux du palindrome gématrique, dont la numérologie soit aussi palindrome.
Il est l'auteur de la prodigieuse découverte du quatrain de Victor Hugo de gématrie 1802, quatrain que Hugo avait d'abord placé au début de Feuilles d'automne, juste avant les fameux vers
Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte…
Robert assure une rubrique de poésie à contrainte dans Les Nouvelles d'Archimède, revue de l'Université de Lille, et sa dernière livraison, en ligne ici, est consacrée à la gématrie, où il donne les détails de cette découverte, ainsi que quelques poèmes gématriques (dont mon Mispar).

Récemment, Robert s'est mis au palindrome phonétique, avec bonheur, et a proposé le 26 avril à la liste deux palindromes de valeurs 888 et 666.
Ceci m'a fait songer à une analyse d'un évêque du 19e siècle, qui avait vu l'Apocalypse de Jean constituée de segments comptant 888 ou 666 lemmes, en référence à Jésus (IHSOUS = 888 en grec) et Satan (le fameux chiffre de La Grande Bête, TO MEGA ThÊRION). Je n'ai jamais vu le détail de l'analyse, la notion de "lemme" semblant par ailleurs propice aux accommodations...
Y repenser m'a rappelé que nous vivons aujourd'hui une ère où bien des textes rares sont désormais accessibles en quelques clics, et j'ai cherché "Mgr Devoucoux" sur GoogleBooks. Pas trouvé sa lecture de l'Apocalypse, mais ses Introduction et notes (1846) à Histoire de l'antique cité d'Autun.
Il s'agit d'une réédition d'un texte probablement estimable d'un chanoine du 17e siècle, mais celui-ci n'aurait pas obligatoirement donné son imprimatur aux additions du monseigneur, pour lequel la moindre mesure d'un monument, le moindre détail architectural, procède d'une démarche liée à la gématrie hébraïque...
Devoucoux semble avoir une bonne connaissance de la langue, mais l'usage qu'il en fait est des plus discutables. En effet on peut éventuellement, dans le cadre de la croyance en la divinité de cette langue, considérer certaines égalités numériques entre mots ou expressions et en tirer des propositions exégétiques diverses. Devoucoux semble plutôt partir d'idées arrêtées sur certains nombres, et y adapter la langue en forgeant des expressions artificielles correspondant à ces nombres...

Je n'y insiste pas, et on trouve une démarche identique chez maints auteurs, si sûrs d'eux que rien ne semble les arrêter dans leurs élucubrations. Néanmoins je m'astreins souvent à suivre ces fantasmes, me souvenant que j'ai pu jadis avoir des certitudes du même type, qui ont parfois débouché sur quelque chose.
Bref j'en viens à la pépite découverte sous la mitre de l'évêque. Parmi mes obsessions il y a le nombre d'or, en lequel j'ai pu voir un temps une harmonie objective, puis que j'ai plutôt admis comme un facteur de synchronicité, mais je ne me sens guère apte à théoriser mon expérience.
Toujours est-il que je me suis senti conforté dans mes obsessions lorsque j'ai pu associer la suite de Fibonacci à ma découverte du motif 4-1 dans la vie de Jung autour du 4/4/44, le jour qu'il indique être celui de l'échange de sa destinée avec celle de son médecin Haemmerli, avec les valeurs numériques Haemmerli/Jung = 84/52 = 21/13, nombres de la suite de Fibonacci.
La relation m'a semblé prendre toute sa signification lorsque je me suis avisé que 84 et 52 étaient aussi les valeurs des noms hébreux Enoch et Elie, les deux personnages de l'Ancien Testament qui n'ont pas connu la mort terrestre, ce qui leur a valu un rôle important dans la littérature mystique ultérieure.
Je ne connaissais pas de texte mentionnant ensemble leurs deux valeurs numériques, ce que j'aurais utilisé puisque je suis conscient que, si tout un chacun peut vérifier simplement HAEMMERLI=84, JUNG=52, la relation Enoch/Elie est peu accessible sans connaître l'alphabet hébreu. Et voici que page 63 de son introduction Devoucoux associe un 4-4-4-4 à Enoch et Elie, et donne immédiatement leurs valeurs numériques :Devoucoux a scindé la valeur 52 d'Elie en 46+6, pour des raisons que je n'ai guère envie de démêler tant sa démarche tient pour moi du délire.
Les 4 notions sont établies à partir de 4 expressions de même valeur 532, la "prunelle de l'oeil", bat 'ayin, étant la seule apparaissant dans la Bible. Les autres, "en balance", "cheval ailé", "vierge-épi", sont des constructions tout à fait gratuites.
La prunelle de l'oeil devient une "union des mains" car, si je comprends bien, chaque main compte 14 phalanges, 28 pour les deux mains; en ajoutant 5 ongles, 14+5 = 19, et 19x28 = 532.
Devoucoux considère d'autres correspondances, mais c'est ce produit 19x28 qui semble le plus significatif car correspondant au cycle astronomique unissant le rythme lunaire (19 ans du cycle de Méton) et le rythme solaire (les années revenaient dans le calendrier julien à l'identique tous les 28 ans).

Et couronnant ces 4 équivalences vient bien sûr Jésus, dont le nom hébreu aurait pour valeur développée 532 :
Ieshv'a = 386, formé de 4 lettres s'écrivant
iod-shin-viv-'ain = 20+360+22+130 = 532.
Ceci est encore discutable, mais je suis ébahi d'autres échos avec la guérison de Jung, après le début de sa convalescence donné au 4/4/44.
Jung a ciselé en 1950, à l'occasion de son 75e anniversaire, la fameuse pierre de Bollingen commémorant sa guérison, à laquelle il a associé le dieu Telesphoros, fils d'Esculape, figurant au centre de la pierre :
Je distinguai, dans la structure naturelle de la pierre, un cercle, sorte d'oeil qui me regardait. Je le ciselai lui aussi et, au centre, plaçai un petit homme : c'est la poupée qui correspond à la pupille de l'oeil, sorte de Cabire ou de Télesphore d'Esculape.

Ma vie..., chapitre La Tour

Jung a ciselé un soleil et une lune de part et d'autre de l'enfant divin.
J'ai vu très tôt que 1480 est la valeur du nom grec τελεσφορος (Telesphoros), scindé par Jung en τελες et φορος au début des quadrants latéraux de son mandala, au-dessus des symboles du soleil et de la lune, 1480 étant aussi la valeur du grec Christos, "Christ", traduisant le mashiah hébreu, "oint", "Messie".
La pierre offre ainsi un triple écho (prunelle, soleil-lune, nom divin) à la construction de Devoucoux, qui deviendra éventuellement quadruple car sur un mur de la tour voisine Jung sculptera plus tard un Pégase, plutôt dépourvu d'ailes mais identifié par l'inscription grecque voisine, et "expliqué" par une lettre à un ami, le docteur Tauber.
Ceci offre encore des échos synchronistiques :
- la seule illustration trouvée pour ce Pégase vient du message 1950 du forum Unus Mundus, 1950 qui est l'année où Jung a gravé la pierre;
- j'ai donné dans ce billet l'immatriculation d'une Mercedes du ténor Richard Tauber, 25088, ou 4 fois 6272, le nombre de jours vécus par Jung avant le 4/4/44;
- je rappelle que le nombre 6272 me fascinait depuis longtemps, en tant que gématrie idéale des 112 mots des 14 vers en 4 strophes (6272 = 112x14x4) d'un sonnet de Perec, dont j'ai proposé en 2006 une anagramme encore mieux équilibrée; parce que l'outil utilisé incluait le calcul des sections d'or, celles-ci harmonisaient mon sonnet, découpant notamment sa gématrie en 2396-1480-2396, et la reconnaissance de la valeur de Christos avait orienté ma composition; j'en ai rendu compte peu après ma découverte, avec un rebondissement lorsque j'ai appris l'existence de dames JUNG au 1480 de la voie du Pré de l'Escale, un jour où je pensais particulièrement à une récente découverte : mon sonnet représentait le 5e arrangement des mêmes lettres de valeur 6272.

Lorsque j'étudiais la gématrie hébraïque je ne m'intéressais pas au nombre d'or et n'ai donc rien découvert dans cette voie, sinon que le nombre unitaire d'une relation 4-1 était un nombre de Fibonacci :
L'arbre de la connaissance du bien et du mal = 932 = 4x233;
L'arbre de vie = 233, 13e terme de la suite de Fibonacci.
Lorsque les relations dorées me sont devenues obsessionnelles, et après avoir découvert la relation Elie-Enoch, je me suis demandé s'il existait d'autres couples dorés de mots hébreux significatifs, et n'ai pas vu grand-chose, mais je n'ai plus comme il y a 20 ans en tête des centaines d'équivalences gématriques.
Ma seule trouvaille a été le couple soleil-lune, 'hama et levana, 53-87, partage idéal de la somme 140, remarquable puisque le soleil est associé à l'or, mais je n'ai pas songé alors à un résultat donné sur ce billet, à propos des seules dates précises connues sur la maladie de Jung en 1944 :
- 11 février, fracture du pied de Jung, expédié à la clinique de Haemmerli;
- 4 avril, lever de Jung et alitement de Haemmerli, 53 jours après le 11/2;
- 30 juin, mort de Haemmerli (très voisine de la sortie de l'hôpital de Jung), 87 jours après le 4/4.
Il est fabuleux de voir à quel point ceci peut correspondre aux symboles gravés sur la pierre :Jung a gravé en gros les symboles du soleil de la lune, à gauche et à droite, de part et d'autre de Télesphore symbolisant sa guérison du 4/4/44. Les 5 autres symboles des planètes de l'antiquité sont présents, en plus petit, formant un quinconce autour de l'enfant divin qui porte lui-même le symbole de Mercure, messager des Dieux.

A remarquer que Jung a pu penser un temps donner une preuve expérimentale de la synchronicité, avec une étude des thèmes astrologiques de 180 couples, issus d'un premier échantillon. Les résultats montraient une remarquable prédominance de la conjonction symbolique Lune (F) - Soleil (M), tout à fait significative d'après le mathématicien consulté par Jung.
Jung a voulu vérifier ces résultats sur d'autres échantillons, qui n'ont pas du tout confirmé cette prédominance significative... Il semble attribuer à la synchronicité elle-même la composition remarquable du premier échantillon (son exposé dans Synchronicité et Paracelsia n'est guère clair), par un tour du trickster ou fripon divin, souvent identifié à Mercure.

La translittération de 'hama levana HME LBNE m'évoque AWBME NWBL, Obama-Nobel, et la relation en couverture du dernier volet très récemment paru du Code secret de la Bible, découverte en écrivant mon dernier billet. J'y indiquais que que les valeurs des deux mots correspondants en hébreu étaient 54-88, en rapport d'or, ne pensant aucunement alors à 53-87 de 'hama-levana, ni aux 53-87 jours de Jung (qu'on pourrait transformer en 54-88 en incluant le jour de départ).
J'y observais que le dernier verset impliqué contenait le mot LBN, "brique", renversement de NBL, et je m'étais politiquement correctement abstenu de signaler que le sens premier de LBN est "blanc", et qu'il était assez logique qu'un NBL, rebours de LBN, ait échu à un "noir".
De fait il est probable que le nom de ces briques soit issu de leur teinte, et levana signifie "blanche" ('hama "chaude").
L'antagonisme essentiel blanc-noir a trouvé pour moi une expression idéale dans les mots hébreux "argent-sable", découverte dans la foulée des dames Jung au 1480 (dont le nom a désormais disparu de la boîte aux lettres).

J'ai depuis feuilleté plus avant le nouveau livre de Drosnin, dont un seul détail a retenu mon attention, l'autre prix Nobel de la Paix attribué récemment à un Américain, celui d'Al Gore en 2007.
Comme dans le cas d'Obama, Drosnin découvre des grilles où Gore-Nobel croise avec Paix, mais ce qui a attiré mon attention est l'écriture de (Al) GORE en hébreu, GWR :
אל גור
Je me suis demandé si le renversement RWG ne correspondrait pas à (Nicolas) ROEG, et c'est bien le cas :
ניקולס רוג

J'avais trouvé malin d'intituler mon billet sur Don't Look Now du palindrome ERGO ROEG GEOR OGRE de 4-4-4-4 lettres. J'avais songé au mot GORE, qui ne correspond guère au film dont une seule scène, finale, peut être éventuellement jugée gore.
En partie pour justifier ce palindrome, j'avais relié le Chaperon ROuGE, présent dans le film, au capuchon de Télesphore et à l'OGRE.
J'ai trouvé depuis une page anglaise sur le film, s'achevant sur Little Red Riding Hood could just as easily turn out to be the Wolf. "Dans un univers aussi arbitraire, le petit chaperon rouge peut facilement se transformer en loup."
J'ai trouvé cette page en croisant ma recherche avec San Nicolò, nom dans le film de l'église en réfection où travaille Donald Sutherland. Je pensais à un private joke du réalisateur Nicolas (Roeg), mais le film a bien été tourné à San Nicolò dei Mendicoli, alors en rénovation.
Je trouve sur cette page : San Nicolò est aussi nommée la Pointe des Loups, parce qu'au XIVe siècle elle était marécageuse et fréquentée par des loups.

Gore Roeg Ogre, le Chaperon Loup, le bon Nobel (jadis attribué à un Lwoff), et le palindrome phonétique 888 de Robert était justement construit à partir de mon nom, lu à rebours "loup chimère" :
Rémi45 Schulz89 : haie2336 l12'art39 [244]
énumère81 oud40 et25 part55 [201]
frappé62 doux64, rémunère99 [225]
à1 l12'ouest80 loup64 chimère61. [218]

[Ce texte de 72 lettres a une somme gématrique de 888.]

Incidemment, je crois que mon premier quatrain palindrome phonétique a été composé sur le nom de Robert, en 2003.

Je connaissais bien le cycle de 532 ans, au terme duquel les dates de Pâques reviennent à l'identique dans le calendrier julien, associé par Devoucoux au nom Jésus (et bien avant lui associé par le cabaliste Aboulafia au nom divin Adonaï). Je lui voyais un côté palindrome car une de ses composantes est les 19 ans du cycle de Méton, correspondant à 235 lunaisons. J'ai développé ceci ici, à propos du poème en 76 vers composé par Georges Perec (nom doré 76/47) à l'occasion du mariage de ses amis Nour et Kmar ("lumière" et "lune"), en remarquant que 532 est multiple de 76 et 235 de 47 (mais pas que les chiffres 2-3-5 composant ces nombres sont des termes de la suite de Fibonacci, ce à quoi j'ai attribué une certaine importance dans de récents billets).

Le cycle de 532 ans m'a été rappelé lors de ma lecture d'un roman de Michael Crichton, Les Prisonniers du temps, où ces prisonniers sèment l'émoi dans le monde de 1357 en disparaissant miraculeusement le soir du 8 avril, qui était le début de la nuit de Pâques dans le calendrier julien. Je savais que c'était aussi la date julienne de la naissance de Hitler, 532 ans plus tard.
Je fus surpris en visionnant l'adaptation du roman, où la date de retour des voyageurs temporels a été déplacée au 4 avril.

A propos de 4 avril et de voyage temporel, je rappelle que j'ai vu plusieurs équilibres dorés dans l'affaire de Marina Sloty, notamment entre le 21 janvier 1959, annonce d'expériences atomiques, et leurs dates le 7 mars et le 4 avril, 45 et 28 jours plus tard.
Le cas était remarquable du fait du partage doré de ces 73 jours autour du 7/3. L'actuel contexte hébreu me rappelle que 73 est la valeur du mot 'hokma, "sagesse", qui est aussi le nom de la seconde des sefirot cabalistiques, dont une lecture exégétique courante est l'anagramme ko'h ma, "pouvoir du Ma" (Mi et Ma, "Qui" et "Quoi", couple de concepts cabalistiques).
Les valeurs de ces deux mots ko'h-ma sont 28-45.

La relecture de ma page s'intéressant aux rythmes calendaires m'a rappelé un cycle de 11 ans correspondant assez exactement à 136 lunaisons ou 4018 jours, soit 574 semaines, ce qui a pour conséquence un retour fréquent des mêmes dates de Pâques tous les 11 ans.
136 est la somme de 84 et 52, Enoch-Elie (ou Haemmerli-Jung), à laquelle j'ai déjà associé diverses équivalences, notamment la valeur du nom Ezéchias, roi de Juda qui a reçu une tranche de vie supplémentaire pouvant rappeler le cas de Jung. Je ne crois pas avoir encore mentionné le mot kifoul, "double", KPWL = 136, remarquable car l'atbash le transforme en son renversement, LWPK.
Le dernier billet se concluait par l'analyse de l'ELS Obama-Nobel, s'achevant sur le verset Gn 49,31 mentionnant la grotte de Makfela, traditionnellement vue comme kifoul, "double", avec une cavité correspondant au tombeau des Patriarches et de leurs épouses, et une autre cachée abritant les dépouilles d'Adam et Eve.
Le couple NBL-LBN multiplement évoqué me rappelait aussi la première relation par Jung de son expérience de 44, où apparaissaient dans une même phrase les mots Nebel et Leben, "brouillard" et "vie".

84/52 = 21/13. J'ai appris au début du mois de mai la parution remarquable de deux numéros 813 dans la collection Rivages/noir. Ceci ne concernait a priori pas Quaternité, aussi j'y ai consacré ce billet sur mon autre blog, mais mon enquête a révélé quelques points insoupçonnés au départ :
- la duplication du n° 813 est venue d'une maquette partie à la fabrication avec le n° 821, devenu étrangement 813 chez l'imprimeur; aucune erreur simple ne permet de rendre compte de la transformation de 21 en 13.
- le bénéficiaire de cette erreur a été Joseph Bialot, plus ancien membre de l'association 813, et aussi pour moi un auteur concerné par les coïncidences quaternitaires, essentiellement pour sa tétralogie LOUP, publiée en 1999-2001 au Seuil. J'ignorais qu'il avait écrit un 5e volet de cette série, consacré à l'enquête sur l'assassinat de Loup, publié par Rivages/noir en 2007.

Loup, y es-tu ? Je ne crois pas devoir éluder mon passage hier 31 mai au rayon Livres pendant mes courses à l'hyper, et la découverte parmi les Nouveautés de Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini, de Katarina Mazetti, née en avril 44 (le 29).
Cette édition poche est dans la collection Babel, nom qui m'est cher, et y porte le n° 1064, soit 2 fois 532.
J'avais alors déjà mentionné l'association par Aboulafia (dans L'épître des sept voies) du nombre 532 au nom divin Adonaï, mais je n'en avais pas précisé les modalités.
Aboulafia considère l'alef initial d'ADNY comme devant correspondre à 1000, et procède au calcul 1000+64 (DNY) = 1064 = 2 fois 532, le cycle lunisolaire.

Concernant la prunelle, dp m'a appris que les Egyptiens exprimaient les fractions par les différentes parties de l'oeil d'Horus (Oudjat), la pupille correspondant à la fraction 1/4, avec de multiples échos, principalement la répartition en 4 quadrants de la pierre sculptée par Jung, autour de Télesphore qui peut correspondre au quart de vie qui lui aurait été octroyé le 4/4/44 (mais Jung n'en savait en principe rien lorsqu'il a sculpté la pierre).

20.5.11

disparitions

Les mois de mars-avril ont été si fertiles en coïncidences que je suis en retard pour en rendre compte.
Le 20 avril, je me suis laissé tenter par un recueil de 5 nouvelles d'Antoine Bello, Les funambules. Ces nouvelles sont antérieures à son premier roman, Eloge de la pièce manquante (1998), qui a retenu l'attention des amateurs de Perec car décrivant un monde parallèle où le sport le plus populaire est le puzzle.
Le roman a une impeccable construction en 3 parties, d'abord L'ENIGME, exposant en quelques pages les assassinats mystérieux de 5 personnalités du monde du puzzle, découvertes amputées d'un membre.
Puis vient LE PUZZLE, en 48 pièces ou chapitres sous diverses formes, coupures de journaux, lettres, interviews... La 48e est une page blanche.
Enfin LA SOLUTION montre un lecteur anonyme qui a scruté attentivement les pièces du puzzle, y a repéré le rôle prépondérant d'un personnage a priori peu important, et vient lui exposer ses conclusions.
Un brin imprudemment, car s'il s'adresse bien au coupable, il n'avait pas deviné sa motivation secrète qui était la réalisation du puzzle ultime, ATTENTION SPOILER !, composé des parties les plus efficaces des personnalités du monde du puzzle. Il lui manquait une pièce pour achever sa folle chirurgie, la tête du premier lecteur qui l'aurait percé à jour...

Le perecquien trouvait du grain à moudre dans cette belle construction, avec évidemment le chapitre manquant, invention de Perec dans La Disparition, reprise camouflée dans La Vie mode d'emploi, avec ce petit plus que le chapitre manquant était aussi une "pièce", en l'occurrence une cave du 11 rue Simon-Crubellier.
Perec avait attiré l'attention sur le personnage de Célia Crespi, dont le destin morcelé doit être reconstitué à partir de multiples chapitres de VME. Il est supposé que Célia Crespi est largement inspirée par sa mère, Cécile (Cyrla) Perec.
Le personnage désigné par les 47 pièces du puzzle de Bello porte le nom de Cecil Earp, très proche (et sa femme se nomme Cecilia !)
Le numérologue en moi a été attentif à ce nombre 47, valeur numérique de PEREC.

J'en viens donc aux 5 nouvelles des Funambules, histoires d'autant de personnages menant, pareillement à Cecil Earp, leur destin jusqu'à un ultime achèvement.
Je connaissais déjà la dernière, L'année Zu, parue en 1999 dans Formules, histoire d'un écrivain minimaliste dont la carrière débute avec un roman de 1400 mots, et qui rêve d'épurer son style au maximum.
Ses romans suivants ont 1000, 940, 885, 690, 606 mots, le dernier étant couronné par le Nobel.
Zu publie ensuite son oeuvre maîtresse, une trilogie centrée sur le personnage de Z. :
- Genèse (395 mots)
- Paternité (244 mots)
- Disparition (89 mots)
J'avais certainement réfléchi sur ces nombres alors, je ne sais plus si j'en avais tiré quelque chose, en tout cas depuis j'ai quelque peu changé et suis notamment devenu réceptif aux rapports d'or, ainsi
395/phi = 244.12...
Il est possible que Bello (ou Zu) n'ait rien laissé au hasard ici, car, après le nombre pi peut-être jugé trop immédiat, les nombres irrationnels les plus célèbres sont phi et e, et
244/e = 89.76... : je rappelle que La Disparition de Perec est celle de e (la lettre et non la constante de Néper).
Il se pose explicitement la question de savoir si le titre du "roman" doit être ajouté au compte des mots, auquel cas on aurait:
396/phi (1.618034) = 244.695, s'arrondissant à 245, nombre de mots de Genèse;
244.695/e (2.718282) = 90.018, vraiment très proche des 90 mots de Disparition.

Les 89 mots de Disparition ont pour moi un autre écho, peu soupçonnable d'être intentionnel car la nouvelle est parue en 1996 et c'est en 1997 que l'Oulipien Hervé Le Tellier a publié un Poulpe, La Disparition de Perek, n° 89 de la collection de poche Baleine, qui publiait des Poulpes et d'autres polars, avec ce petit prodige analysé ici que le rapport entre les uns et les autres a flirté avec le nombre d'or tout au long de l'existence de la collection dirigée par Antoine de Kerversau.
Ce fut le cas pour ce n° 89, 55e Poulpe, frappant pour plusieurs raisons :
- 55 et 89 sont des nombres de la suite de Fibonacci, donnant les meilleurs rapports dorés;
- ce PEREK qui a disparu est un nom de valeur 55;
- il fait référence à GEORGES PEREC = 76/47, nom doré;
- et auteur doré, notamment d'Alphabets où j'ai remarqué le rapport des occurrences du mot "or" entre les deux parties, 55/34.

Bello a publié 3 romans après la Pièce manquante; ses Falsificateurs en 2007 ne m'ont pas convaincu, et je n'ai pas cherché à lire la suite en 2009, Les Eclaireurs. En septembre 2010 est paru Enquête sur la disparition d'Émilie Brunet, dont un résumé m'avait séduit, et puis ça m'était sorti de la tête.
Les disparitions tous azimuts rendaient cette lecture urgente, ce qui fut fait voici deux jours.
Etonnant objet littéraire, comparable à La Caverne des idées de Somoza, enquête hors du commun où le détective Achille Dunot est atteint d'amnésie antérograde, telle que chaque matin il n'a plus aucun souvenir de ce qui s'est passé la veille, et doit lire le journal qu'il tient de son enquête, précisément le livre aux mains du lecteur.
La chose se complique lorsqu'il conclut un marché avec l'unique suspect de la disparition d'Émilie et de son amant le 29 avril, son mari Claude Brunet, brillant neurologue qui affirme avoir perdu la mémoire de ce qui s'est passé ce jour, suite à un tabassage par le flic qui l'a interrogé le lendemain : Achille propose à Claude d'échanger chaque jour leurs notes manuscrites sur l'affaire. Il a déjà rédigé une centaine de pages, et décide d'en biffer certaines réflexions personnelles qu'il estime pouvoir reconstituer aisément ensuite.
Désormais, il cachera ses réflexions dans des "détectandes scripturaux", ce qui peut rappeler les "images eidétiques" imaginées par Somoza dans La Caverne des idées, et qui est en fait une expression due à Annie Combes, désignant des fragments textuels pouvant constituer des indices ou des leurres, qu'ils soient destinés au détective ou au lecteur.
Achille avait préjugé de son intellect et les lectures ultérieures de son manuscrit ne lui permettent pas d'identifier de détectandes (du moins c'est ce qu'il écrit, peut-être à l'intention de Brunet), et les passages biffés le laissent perplexe, souvent incapable de restituer ce qu'il avait écrit, se demandant s'il n'y avait pas là des indices essentiels, qu'il tente de déchiffrer sous les biffures...

De fait les bandes noires biffant les passages incriminés laissent intacts les jambages de certaines lettres, laissant une ouverture au décryptage, ainsi il est plus que probable que c'est "Émilie Brunet" qui est biffé ci-dessous: Je n'ai pas le courage d'essayer de déchiffrer ces passages plus avant, mais le procédé me rappelle une coïncidence faramineuse, liée à une coïncidence perecquienne non moins fabuleuse, relatée sur cette page, mise en ligne en 2007, que Bello a fort bien pu lire, car une requête Google "van dine" perec la fait apparaître en premier résultat, or Bello connaît Van Dine, dont les Commandements du Roman Policier sont cités à plusieurs reprises dans son Enquête, et Perec a manifestement été pour lui une influence majeure.
J'avais évoqué ces 20 commandements édictés par Van Dine dans mon roman Sous les pans du bizarre, en 2000, suggérant que leur seul intérêt était le défi représenté par l'écriture d'un texte contrevenant à toutes ces règles, sans soupçonner que cette gageure avait été réalisée en 1986 par Jacques Barine, avec sa nouvelle Les vains commandements, parue dans le fanzine Enigmatika, peu diffusé (mais Roland Lacourbe l'a rééditée récemment dans le recueil 20 pas dans l’insolite).

J'ai pu lire la nouvelle en 2004. Il s'agit d'une enquête sur la disparition de Van Dine, vu pour la dernière fois le 11 avril 1939, date non fortuite puisque c'est celle de la réelle mort du romancier américain. Curieusement, la disparition du Perek évoqué plus haut a elle aussi été datée, par Le Tellier, d'un 11 avril, non précisé.
L'enquête fait apparaître les éléments les plus extravagants, rayon de la mort, secte, hypnose, code secret, jumeaux, etc., jusqu'à ce que Van Dine réapparaisse et révèle qu'il avait monté cette machination pour démontrer la validité de ses règles :
C’est moi-même qui avais machiné --- ---- ma disparition avec toutes les circonstances prohibées (…)
Enigmatika était alors ronéoté, et mon attention avait été attirée par un blanc dans cette phrase, seule correction notable du texte :Un mot avait été passé au corrector, mais il en subsistait quelques traces (cliquer pour agrandir). Le mot ou expression comptait huit espaces, et il me vint à l'idée que ce pouvait être "Van Dine", qui collait avec les traces résiduelles, comme on peut le voir sur ce montage où j'ai scanné un "Van Dine" du même texte, précédé d'un "e", coloré ensuite en jaune et superposé en transparence à l'emplacement correspondant (cliquer idem) :Je découvris à la fin de la nouvelle que l'enquêteur narrateur envisageait de faire disparaître Van Dine avec du corrector, puis y renonçait en pensant que la manoeuvre laisserait un blanc accusateur, et trouvait un procédé encore plus littéraire pour reléguer Van Dine dans l'innommable...
Je ne doutai pas alors d'avoir deviné juste, et fus rempli d'admiration pour cette trouvaille dont je félicitai épistolairement l'auteur, qui ne sembla pas comprendre.
De fait lorsque je le rencontrai quelques mois plus tard, il s'avéra que le "blanc accusateur" en question était un pur hasard, dû à celui qui avait réalisé le stencil. Bien entendu il n'était pas certain qu'il eût d'abord tapé "Van Dine", bien d'autres énoncés de 8 espaces pouvant correspondre aux traces, et en fait on ne voit pas trop pourquoi il aurait tapé "Van Dine"...

Toujours est-il que la page où je relate cette affaire était accessible longtemps avant la Disparution d'Émilie Brunet, et que je m'étonne de trouver "Émilie Brunet" biffé dans une autre affaire de disparition où Van Dine est mentionné à diverses reprises.
Biffé différemment, certes, mais vers la fin du livre, page 226, Achille annonce qu'il a acheté un stylo correcteur, dont il se sert pour opérer des modifications à son journal, d'abord bénignes, puis plus hardies, et enfin l'un des derniers paragraphes suggère qu'il a passé une nuit entière à remanier son texte, toujours celui aux mains du lecteur, si bien qu'aucune certitude ne demeure sur la valeur objective du journal, aucune trace ne semblant trahir l'usage de ce stylo correcteur...

Le journal s'achève alors que le verdict du procès de Claude Arthur Brunet n'a pas été prononcé, et qu'Achille n'affiche aucune conviction sur ce qui s'est passé.
Fin totalement ouverte donc, ce que semble confirmer Bello dans cette interview, où il indique cependant avoir introduit de nombreux détectandes scripturaux dans son texte.
Quelques lecteurs exposent leurs trouvailles en ligne, telle Val, et voici quelques observations personnelles.

Entre le biffage, éventuellement décodable, et les modifications au stylo correcteur, semblant indécelables, Achille a décidé page 165 d'utiliser des ratures simples, afin de s'épargner de relire chaque matin des paragraphes peu importants, sans toutefois les perdre.
Je me suis étonné de cette présentation :Après mûre réflexion, il me semble que la première parenthèse aurait dû être (raturant), donnant l'exemple de ce que seront effectivement ces passages raturés, toujours lisibles.
Il est ahurissant que je n'aie pu deviner ce mot que parce que le cas suivant du pâté (pâté) livre en revanche un mot aisément identifiable malgré le pâté le recouvrant, nonobstant la prétendue irréversibilité de l'opération.
Je ne vois pas qu'en déduire, et envisage même que ce pourrait être une inadvertance.

Autre curiosité page 100, où Brunet a pu reconstituer un élément de la journée du 29 avril grâce à un courrier de son adversaire bulgare dans une partie d'échecs par correspondance (mais on apprend ultérieurement que les services postaux sont alors en grève) : alors qu'il était menacé par la reine et un pion du Bulgare (burglar, "cambrioleur" ?), Brunet a mis ce jour son roi à l'abri par un petit roque.
Aucun détail n'étant a priori fortuit, on peut supposer que le roi correspond à Brunet lui-même, la reine et le pion ennemi à sa femme et à l'amant, la manoeuvre à la prétendue amnésie qui constitue son habile alibi.
Il se trouve que j'ai été conduit à ce roman par la nouvelle L'année Zu, où Disparition est le dernier volet de la trilogie de Zu, lequel a obtenu le Nobel pour son roman précédent, Roque, en 38 séquences et 606 mots.
L'importance des travaux de Brunet est telle qu'on en parle pour le NOBEL; le procureur en charge du dossier criminel se nomme André LEBON.
Le journal d'Achille compte 38 entrées journalières (sur une période comptant 49 jours, du 2 mai au 19 juin).

Achille en quête de détectandes recherche dans son journal des coquilles qu'il aurait faites volontairement, et n'en trouve aucune. J'en ai repéré une page 129, où Achille a visionné les deux films fétiches de Brunet, La corde (1948), et L'Inconnu du Nord-Express (1951), tous deux de Hitchcock, avec la thématique voisine d'un couple de criminels représentant deux aspects antagoniques de la psyché : l'un est un tueur sans scrupules, l'autre reste dominé par les valeurs morales usuelles.
Achille remarque que, dans ces luttes entre le Bien et le Mal, Philip et Guy, ceux qui "trouvent le courage d'extirper le vice qui les gangrène", sont interprétés par le même acteur, Fairley Granger écrit-il.
Or c'est Farley (disparu le 27 mars dernier), ce que Bello vivant aux USA devrait savoir mieux que beaucoup d'autres. L'adjectif fair a divers sens, parmi lesquels "beau", ainsi fair-ley pourrait être un "beau-laid", exprimant assez idéalement la présence en un même être de principes antagoniques.
Si bello signifie aussi "beau" en espagnol ou italien, un simple décalage de sons transforme bè-lo en "beau-laid"...
Antoin' Bello, "en toi Nobel" pourrait-on lui souhaiter...

Achille Dunot, Achille bien sûr à cause d'Hercule (qui aurait dans Les Quatre un frère de ce nom), Dunot peut-être pour donut, "beignet troué" (les trous de mémoire, les trous du texte biffé), ou dunno (I dunno, "je ne sais pas").

L'identification de l'auteur Bello à Brunet et aux tueurs de Hitchcock me semble se préciser avec le nom complet du docteur, Claude Arthur Brunet, aux initiales identiques à celles du tueur du roman de Patricia Highsmith, Charles Anthony Bruno, devenu Bruno Antony dans l'adaptation de Hitchcock.
Tout cela peut suggérer une complicité d'Achille avec Brunet; peut-être a-t-il découvert la preuve de sa culpabilité, et n'a pas souhaité la communiquer aux enquêteurs officiels, préférant la cacher dans son journal.

Il se trouve que j'avais revu La corde il y a quelques mois, en y remarquant aussi la présence de Farley Granger dans un rôle similaire à celui de Strangers on a train, un film qui m'est cher pour de multiples coïncidences.
Un peu plus d'attention aujourd'hui aux autres acteurs m'amène à découvrir trois noms dorés, et pas des moindres puisqu'il s'agit de
JOHN DALL = 47/29, l'assassin principal;
DICK HOGAN = 27/45 = 3/5, la victime;
JOAN CHANDLER = 40/65 = 8/13, sa fiancée.
Dick Hogan et Joan Chandler n'apparaissent pas ensemble dans le film, mais une scène entre eux avait été tournée pour la bande-annonce, dont voici une image, émouvante pour un amoureux de la suite de Fibonacci, puisqu'il s'agit d'un "3/5" se préparant à embrasser une "8/13", rapports dans cette suite.
A remarquer que le rapport est inverse pour l'assassin, 47/29, et que ces nombres appartiennent à la suite de Lucas, l'autre suite additive essentielle liée au nombre d'or.
J'indiquais dans mon précédent billet une probabilité d'1 chance sur 35 pour qu'un nom soit doré, résultat empirique établi à partir de listes d'acteurs et d'actrices, précisément. Il serait déjà étonnant d'avoir 3 noms de ce type parmi 8 (ou plutôt 9 puisque l'acteur principal James Stewart n'apparaît pas ci-dessus), et si on hausse le critère aux noms de valeurs multiples de termes des suites de Fibonacci ou Lucas, ce qui fut ma première approche, la probabilité passe à 1 chance sur 100.

Je rappelle que c'est en partie un nombre de Fibonacci, les 89 mots du roman Disparition de Maximilien Zu, qui m'a conduit à la Disparition d'Émilie Brunet, or celle-ci a 34 ans et l'événement le plus marquant de sa vie a été la mort de ses richissimes parents le jour de son 21e anniversaire.
Les premiers nombres de Fibonacci sont 1-2-3-5-8-13-21-34-55-89, et je remarque parmi les 13 notices identificatrices en tête du journal d'Achille un certain Paul Hermann, 55 ans. Un autre personnage a "environ 55 ans", mais rien a priori ne permet de relier l'un ou l'autre à la disparition de la 34enaire...

Je crois avoir fait le tour de l'essentiel, quelques liens encore :
- J'ai déjà évoqué le n° 29 d'Enigmatika sur Quaternité, pour d'autres échos.
- J'ai eu l'occasion d'aborder d'autres disparitions liées à Perec sur mon autre blog.
- En rédigeant ce billet, où il est question du prix Nobel, j'ai appris la parution du 3e volet du Code secret de la Bible, de Michael Drosnin.
J'ai déjà expliqué ici que je ne m'intéressais à ce "Code" que d'un point de vue synchronistique, ce qui se vérifie ici car la trouvaille essentielle de ce nouvel opus, affichée en couverture, est la lecture dans la Tora des expressions "Obama Nobel", "son prix", et "paix".
Le 44e président US, qui a annoncé le 4/4 dernier sa candidature à sa propre succession, a effectivement obtenu le prix Nobel de la Paix, mais il va de soi que Drosnin ne publie que ses bons résultats, qu'il faudrait pouvoir comparer aux probables myriades d'essais négatifs pour obtenir une probabilité significative.
Quoi qu'il en soit, le nombre de lettres en jeu ici est impressionnant, et j'ai vérifié qu'il y a bien deux ELS "ObamaNobel" dans la Tora, la plus courte dans la Genèse avec une distance de 1293 lettres, ci-dessus les lettres cerclées, à lire de bas en haut.
Les 4 lettres suivantes, encadrées de rouge, forment le mot "son prix" (à cheval sur Genèse et Exode), à lire de haut en bas.
Deux lignes plus bas on lit dans l'encadré bleu le mot shalom, "paix", à l'envers en fait. Il me semble qu'on peut ajouter le lamed précédent pour former l'expression leshalom, "pour la paix", ce qui correspond à la formulation effective en hébreu de "Prix Nobel de la Paix" :
פרס נובל לשלום
Je remarque que la lettre initiale d'Obama est la 76543e de la Genèse (dans la version utilisée par le logiciel du moins, pour lequel le compte part de 0), joli compte à rebours, et qu'elle se trouve dans le verset 49,31.
49/31 est un rapport doré, correspondant à l'actrice Carol Kane mentionnée dans mon billet précédent. En hébreu les mots Nobel et Obama sont aussi en rapport d'or, 88/54.
J'avais déjà remarqué que OBAMA est le renversement du latin AMABO, "j'aimerai", et il est amusant de rencontrer aujourd'hui OBAMA NOBEL renversé, alors que je m'intéresse par ailleurs au procureur LEBON contrecarrant certaines prétentions au NOBEL.
Les rebours semblent insistants, car ce verset mentionne la tombe (HQBR) de Rebecca (RBQH), jeu commenté par l'exégèse juive. Plus précisément Ils enterrèrent là (SMH QBRW) Isaac et Rebecca (RBQH) sa femme (ASTW), le A souligné (alef) étant l'initiale d'Obama.
Enfin il est remarquable que le renversement consonantique de NoBeL mène à LBN, qui signifie entre autres "brique" et "fabriquer des briques", tâche imposée aux Hébreux esclaves en Egypte. Le verbe LBN est précisément le mot précédant les deux mots KTMWL SLSM, permettant la lecture à rebours LSLWM, leshalom, dans le verset Ex 5,14 achevant l'exemple en couverture du livre de Drosnin...
Je remarque encore que c'est un autre prix Nobel de la Paix qui était en couverture du premier volet du Code secret de la Bible, Rabin, prix obtenu conjointement avec Arafat et Peres, ce dernier nom s'écrivant en hébreu identiquement à pras, "prix".

8.5.11

ERGO ROEG = GEOR OGRE

à Babeth
Les noms dorés ont pris une grande importance dans mes derniers billets, du fait d'une profusion de coïncidences ces deux derniers mois, profusion qui a mené ce 2 mai à la découverte exceptionnelle objet de ce billet, le film Don't Look Now de Nicolas Roeg (1973).
Je ne prétends nullement que la recherche de noms dorés soit une démarche sensée, du moins cette marotte mène-t-elle aux plus intrigants résultats.
Un nom doré est donc un ensemble prénom-nom tel que la somme de leurs valeurs P+N divisée par le nombre d'or (phi) et arrondie au plus proche entier soit P ou N. Une étude parmi des listes de noms réels (ici par exemple) montre que cette propriété se réalise environ 1 fois sur 35, ce qui est proche de la probabilité calculée pour des nombres pris au hasard.
Ce n'est donc pas absolument exceptionnel, et j'ai la relative sagesse de ne m'intéresser qu'aux noms dorés apparaissant dans un contexte doré, l'éveil de mon intérêt étant lié au premier nom doré qui m'ait frappé, Georges Perec = 76/47, lequel était passionné par nombre d'or et suites additives de type Fibonacci.
Il y a différentes qualités de noms dorés, selon le rang des nombres concernés dans la suite additive correspondante, et Georges Perec = 123 est excellent car il s'agit du 10e terme de la suite de Lucas, dont le terme de rang n tend, quand n
croît, à se confondre avec la puissance correspondante de phi, ce qu'on peut vérifier en entrant phi^10 dans la barre-outil Google.
Il est frappant que Perec ait envisagé pour l'une de ses dernières oeuvres, un poème en dix strophes, une contrainte basée sur les 10 premiers termes de la suite de Fibonacci.

J'ai débuté mon autre blog autour d'une triple coïncidence dorée : le film Ma nuit chez Maud (1969) a une remarquable structure dorée, car la nuit en question y débute à la petite section d'or et s'achève à la grande; on y voit ce qui est considéré par certains comme un chef-d'oeuvre d'architecture dorée, Notre-Dame-du-Port, et la quête du "héros convoitant" est incarnée par une actrice au nom doré, Marie-Christine Barrault = 151/93.

J'ai exploré sur Blogruz les aspects dorés du cinéma de Rohmer, que je crois intentionnels bien que le choix de l'actrice ait probablement eu d'autres raisons, et mes recherches cinéphiliques y ont également concerné Truffaut, pour son tic de citer le nombre 813 dans ses films, ce que j'ai relié à la date du 13 août, ou 8/13 à l'anglaise. Peut-être fortuitement, les citations 813 de deux films apparaissent aux 8/13es de leur durée, soit non loin de la section d'or puisque 8 et 13 sont des nombres de Fibonacci.
Je pense avoir alors calculé les valeurs des noms des principaux acteurs truffaldiens, mais ce n'est que très récemment que je me suis avisé, je ne sais plus exactement ni quand (courant mars je pense) ni à quelle occasion, que Julie Christie (57/91) était un nom doré, l'actrice à qui il a fait dire dans Fahrenheit 451 (1966) Why 451 rather than 813 or 121?, la version sous-titrée rendant cette réplique ainsi :
Cette découverte m'a rappelé que je connaissais une autre actrice au nom doré tenant le rôle principal féminin dans un film qui m'est cher, Carol Kane (49/31) dans Les jeux de la comtesse Dolingen (1981), de Catherine Binet, compagne de Perec qui a financé le film et y a étroitement collaboré.
J'ai joué avec les noms des actrices, et ai vu ceci :
Marie-Christine Barrault + Julie Christie = 392
Carol Kane = 80
392 x 80 = 31360, soit le nombre de jours de la vie de Jung, avec leur prodigieux équilibre 4-1 autour du 4/4/44 qui fut la raison première de Quaternité, comme ce que j'avais vu dans Ma nuit chez Maud fut la raison première de Blogruz.
Je rappelle que Rohmer se prétendait né un 4 avril, et que de multiples raisons m'ont conduit à consacrer ce billet de Quaternité à Truffaut, en imaginant le pivot de sa vie un 13/8, avant même d'apprendre que le 4 avril était dans le calendrier pataphysicien le 13e jour du 8e mois.
Quant à Perec, j'ai consacré plusieurs billets aux 44x44 vers d'Alphabets, et il est important de savoir que Les jeux de la comtesse Dolingen est inspiré d'un roman d'Unica Zürn (nom doré 48/79), laquelle est étroitement associée à mon intuition sur le 4/4/44 du 8 septembre 2008.

Cette intuition a été précédée d'un éveil avec la réminiscence qu'un roman lu 25 ans plus tôt donnait pour date de naissance de Jung un 6 juillet, comme moi. Je me suis demandé comment je n'avais pu m'en souvenir lorsque je me suis préoccupé de la datation au 16 juillet de la naissance d'Unica Zürn, dans un article d'une amie, alors que je savais qu'elle était native du 6.
A demi éveillé, j'ai tourné ces noms Jung et Zürn dans ma tête, et pensé que ce dernier nom s'écrivait aussi en orthographe normalisée ZUERN, avec JUNG/ZUERN = 52/84 = 13/21, nombres de Fibonacci.
Ce n'est qu'ensuite, je crois, qu'il m'est venu l'intuition de l'équilibre 4-1 de la vie de Jung autour du 4/4/44. Je n'en suis pas absolument sûr, car cette relation n'a pris une réelle importance que 3 mois plus tard lorsque j'ai appris le nom du docteur de Jung, HAEMMERLI = 84 (aussi en orthographe normalisée, automatique en Suisse).
En tout cas je me souviens bien d'avoir effectué ces calculs au lit, avant de me lever pour aller vérifier l'intuition du 4/4/44. C'était donc soit juste avant, soit juste après.

J'ai par contre une date précise, le 5 mars dernier, pour une autre découverte, alors que je rejetais un oeil sur les natifs du 4/4.
J'y ai repéré David White (né le 4/4/1916), qui me réjouit dans Ma sorcière bien-aimée où il interprète Larry Tate.
J'eus la curiosité de consulter sa fiche, pour apprendre que son fils Jonathan White était mort à 33 ans dans l'attentat de Lockerbie, le 21 décembre 88.
Ceci me rappela aussitôt que la veuve d'Anthony Perkins, l'acteur le plus connu né un 4/4 (1932), était au nombre des passagers du vol AA 11 piloté par Mohamed Atta lors de l'attaque du 11 Septembre contre le World Trade Center (presque 9 ans après la mort de Tony Perkins, le 12/9/92).
C'est une rare coïncidence, d'une part parce que ces deux cas figurent au premier rang des attentats terroristes et que Jonathan White et Berry Berenson en furent les victimes parmi les plus "people", d'autre part parce que j'ai relié mon intuition du 4/4/44 à la mort de l'actrice Ruth Roman le 9/9/99, laquelle avait été impliquée dans une autre catastrophe, le naufrage de l'Andrea Doria le 26 juillet 56, 81e anniversaire de Jung.
Je n'ai pas illico vu plus loin, probablement parce que je ne suis pas assez obsédé par les noms dorés pour calculer les valeurs de tous les noms qui me passent sous le nez. Toujours est-il que le 21 mars je reçus un mèl de D. de Liège qui me signalait que la date du 16 juillet 1916 qu'elle avait donnée dans son article pour la naissance d'Unica Zürn était bonne, et que c'étaient les sources Internet donnant le 6 juillet qui étaient fautives.
D'une certaine façon, c'était plus extraordinaire d'avoir deux fausses datations du 6 juillet, même si je déplore de ne plus partager cette date avec Unica.
Quoi qu'il en soit, la mention de l'année 1916 me rappela David White, et j'eus enfin la curiosité de calculer DAVID WHITE = 40/65 = 8/13, nom doré fibonaccien.
Mieux, son rôle essentiel LARRY TATE = 74/46 = 37/23 est aussi un nom doré.
Je pensai bien sûr aussi à Anthony ou Tony Perkins, pas doré, mais son rôle essentiel est NORMAN BATES = 75/47, encore un nom doré.
l'inflation permet de vérifier que Perkins est né le 4/4/32
A remarquer qu'à côté des naissances en 1916 de Unica et David = 48/79 et 40/65 était aussi créé le personnage fictif Enoch Soames = 45/72, par lequel débutait mon billet daté du 20 mars, dérivant ensuite vers Phil Dick, au nom éventuellement doré selon ses propres critères, 45/27 = 5/3, le premier rapport fibonaccien qu'il donne comme significatif.
Dick a exploité sa propre expérience dans deux romans, Valisystem A (publié posthumement sous le titre Radio libre Albemuth), où il se dédouble en Phil Dick et Nicholas Brady (81/50, nom doré), puis Valis (Siva en français), où Nicholas Brady est un personnage du film éponyme Valis, réalisé par un chanteur de rock, Eric Lampton, porteur de messages subliminaux incluant rectangles d'or et nombres de Fibonacci...
Voir donc Fat Phil, mais aller plus loin nécessite d'autres sources, comme la bio de Lawrence Sutin, Invasions divines. On y apprend que le modèle du film est L'homme qui venait d'ailleurs (1976, sorti en France le 6 juillet 77), de Nicolas Roeg (73/45, nom doré), et que Lampton est inspiré par Peter Frampton (64/103, nom doré), chanteur des Bee Gees.

J'ai eu l'occasion de m'intéresser à Nicolas Roeg, jadis pour une fantastique coïncidence impliquant une de ses femmes, l'actrice Theresa Russell, puis sur Quaternité pour son film Performance (qui pourrait être l'anagramme de Perec-Forman). Un lecteur m'avait signalé que Perec avait intitulé son Grand Palindrome
9691 EDNA D'NILU
O. MU. ACERE. PSEG ROEG
(c'est moi qui souligne ROEG) afin de pouvoir le signer
Georges Perec,
Au Moulin d'Andé, 1969
Ceci m'a fait consulter à nouveau la filmographie de Roeg, et découvrir qu'il avait réalisé un film avec Julie Christie, Don't look now (1973, Ne vous retournez pas), thriller "psychique" paraît-il renommé, dont un remake est d'ailleurs en préproduction.
Sa vision le 2 mai a été une révélation, d'abord sur le talent de Roeg qui ne m'avait guère convaincu jusqu'ici, puis pour une formidable coïncidence aux échos multiples avec l'échange Jung-Haemmerli.

John et Laura Baxter ont la douleur de perdre leur fille Christine, noyée accidentellement. On les retrouve quelques mois plus tard à Venise, où John supervise la restauration d'une église. Laura ne survit que grâce à des petites pilules.
Elle retrouve goût à la vie grâce à une inquiétante médium aveugle, qui lui donne de bonnes nouvelles de Christine dans l'autre monde.
John lui-même aurait le "don", car il a été alerté au moment même où Christine tombait dans un lac, mais est arrivé trop tard pour la sauver. La médium souhaiterait rencontrer John, ce qui est l'occasion d'une scène entre Laura et John.
Laura revoit la médium, qui lui déclare sentir un danger mortel menaçant John à Venise, ce qui déclenche encore la fureur de ce dernier. Pour l'amour de sa femme, il accepte cependant l'idée de prendre 15 jours de vacances et quitter l'oppressant climat de Venise, où rôde un tueur en série...
C'est alors qu'arrive un coup de fil d'Angleterre, où l'autre enfant des Baxter, le petit Johnny, est interne dans un collège. Il a eu un accident, sans gravité semble-t-il, mais Laura décide de prendre le premier avion. John l'accompagne au vaporetto la conduisant vers l'aéroport, puis va travailler, et échappe de peu à la mort lors de l'écroulement d'un échafaudage.
Revirement complet, la médium avait réellement senti le danger, et sa femme avait eu raison de l'écouter. A partir de ce moment l'action s'accélère, dans un vertige croissant. John aperçoit sa femme en compagnie de la médium, sur une gondole-corbillard... Il téléphone à l'aéroport, en Angleterre, n'arrive pas à savoir si elle a pris l'avion, il va à la police... Enfin il arrive à obtenir le collège, et Laura est là-bas : Johnny est déjà rétabli et elle reprend le prochain avion pour Venise...
La fin est hallucinante. John erre dans les brumes lagunaires, à la poursuite de ce qu'il croit être sa fille Christine, tandis que Laura de retour à Venise cherche elle-même John, qui se trouve face au tueur dans un palazzo en ruine, une terrifiante naine enveloppée dans une cape rouge, comme était rouge le ciré porté par Christine lors de sa noyade... John est poignardé par la créature...
De multiples flashbacks défilent pendant son agonie, notamment sa femme sur la gondole-corbillard, qu'on comprend maintenant être une prémonition de ses propres funérailles, auxquelles assistera aussi le petit Johnny, coiffé d'une casquette rouge, dans la dernière séquence du film, à laquelle se superpose le générique.

La numérologie des noms m'a aidé à voir un parallèle, qui n'était sans doute pas immédiat, entre le trio Laura Baxter-Johnny-John et le trio Emma (Jung)-Jung-Haemmerli. C'est la numérologie EMMA = 32 qui m'a semblé devoir donner un sens à sa présence face au duo JUNG-HAEMMERLI = 52-84, bien que son rôle n'ait pas paru déterminant dans ce qui s'est joué entre les deux hommes.
Le rôle de Laura semble plus clair, entre le danger virtuel qui menace son mari et l'accident survenu à son fils, or la numérologie livre
LAURA = 53
JOHNNY = 86
JOHN = 47
LAURA BAXTER = 123
53 est la grande section d'or de 86, tandis que 47 est la petite section d'or de 123.

Les prénoms étaient identiques dans la nouvelle de Daphne du Maurier, adaptée très fidèlement par Roeg, mais c'est celui-ci qui a donné un nom à la famille originellement anonyme, créant donc la valeur 123 de Laura Baxter.
Il est curieux de trouver quelque chose ressemblant à ce nombre dans le film (en fait le 1 semble être un joint entre deux moellons), au temps 36' où la médium et sa soeur font leur seconde apparition.
Il n'était évidemment pas obligatoire non plus que Laura soit interprétée par une actrice au nom doré, mais le plus extraordinaire est probablement le choix des acteurs incarnant John et Johnny :
Ni Donald Sutherland ni Nicholas Salter (dont c'est le seul rôle connu) ne sont des noms dorés, mais
- leurs prénoms forment un couple doré parallèle,
Donald/Nicholas = 50/81
- leurs noms forment un autre couple doré, opposé,
Sutherland/Salter = 122/75

La multiplicité des relations dorées amène à divers couplages, dont certains vont évidemment être évocateurs pour un amateur de jeux dorés.
Le plus immédiat sera sans doute le résultat de l'addition des valeurs des noms d'acteurs précédents, 172 et 156, et de 123 = Laura Baxter : total 451, nombre déjà associé à Julie Christie. Il est encore fabuleux que Nicolas Roeg ait été le directeur de la photographie de Fahrenheit 451, seul film non français de Truffaut. Il y a aussi servi d'interprète entre Truffaut et ses acteurs, peut-être l'occasion de nouer un lien qui conduirait Julie à tourner avec Nicolas dans Don't Look Now.

Les lettres SALTER sont toutes dans SuThERLAnd, ce qui est évocateur pour l'amateur de suites additives où un terme est la somme des deux termes précédents. J'avais déjà remarqué cette correspondance alphabétique pour
HAEMMERLI = EMMA + HERLI
où j'avais transformé HERLI en H(e)ILER, "guérisseur", mot de circonstance.
Ici les lettres résiduelles de sUtHerlaND ne me semblent pouvoir former que le mot HUND ("chien" allemand), qui m'évoque aussitôt The Hound of Death, recueil de nouvelles fantastiques d'Agatha CHRISTIE qui est l'un des premiers livres anglais que j'ai lus, ado.
Cherchant une illustration, la première qui m'ait tenté était sur un blog où la couverture du livre jouxtait immédiatement un lien vers un autre blog consacré à Daphne du Maurier, ce que j'ai très légèrement remodelé ci-dessus.
SALTER HUND = 75/47 est le même couple doré rencontré pour NORMAN BATES ou NOBODY NEMO (billet précédent).
NICHOLAS DONALD = 81/50 est le même couple doré rencontré pour NICHOLAS BRADY, personnage dans Valis d'un film inspiré par L'homme qui venait d'ailleurs de Roeg, et personnage principal de Radio Free Albemuth à qui a été révélé un rare problème médical menaçant la vie de son fils Johnny (d'après un réel épisode survenu à Dick et à son fils Christopher).

Nicolas Roeg est aussi pour moi un nom doré particulier, car son découpage en consonnes/voyelles est aussi doré,
NCLSRG/IOAOE = 73/45.
Je suis attentif à ce type de découpage à cause du remarquable partage des 10 lettres les plus fréquentes en français en
LNRST/AEIOU = 83/51, équilibre présent 1936 fois (44x44) dans le recueil Alphabets de Perec.
Le titre du film, homovocalique en outre, offre la même particularité,
Don't Look Now = 158 = DNTLKNW/OOOO = 98/60.

J'avais remarqué ce nombre 158 en analysant les valeurs de la famille Baxter :
LAURA BAXTER = 53 + 70 = 123
LAURA CHRISTINE = 53+105 = 158
Comme déjà dit, je suis extrêmement désordonné, et j'ai la fâcheuse habitude de prendre des notes sur le premier espace libre à portée de main, ce qui conduit parfois à une perte irrémédiable.
Mais parfois aussi à d'heureuses collisions, ainsi j'ai noté ces valeurs 123-158 à la fin de ma traduction française de Valis, souvent sur mon bureau. En quête d'autre espace libre, j'ai regardé au début, déjà utilisé il y a quelques mois pour noter le nombre total de jours vécus par Dick, 19434 du 16/12/1928 de sa naissance au 2/3/1982 de sa mort.
J'avais procédé à quelques calculs pour voir si divers partages harmonieux de ces 19434 jours menaient à des dates intéressantes; ce ne semblait pas être le cas, et la seule chose digne d'intérêt m'avait paru être la factorisation
19434 = 123 x 158
avec 123 valeur de Georges Perec, et 158 valeur de Johann Sebastian Bach (dans l'alphabet de 24 lettres), les rapports d'or dans la musique de Bach étant pour moi une préoccupation essentielle. Cette factorisation me séduisait car les noms dorés ont leur équivalent chez Bach, les ensembles Prélude-Fugue dorés, au nombre de deux dans le premier livre du Clavier bien tempéré, publié en 1722, le 14e (14 = Bach) et le dernier en 47+76 mesures (=123 encore) :
1722 = 123 x 14
Je ne m'étais pas souvenu de ces factorisations lorsque je suis parvenu aux 31360 jours de Jung à partir des seules trois actrices au nom doré alors à ma connaissance.
Par ailleurs l'attention récente portée aux nombres formés de chiffres étant eux-mêmes des termes de la suite de Fibonacci me permet maintenant de constater que 123 et 158 peuvent être considérés comme le réarrangement de ses 6 premiers termes, 1-1-2-3-5-8.
Je rappelle que j'ai inscrit la factorisation 123x158 sur une page de garde de Valis, où ces premiers termes servent de signes de reconnaissance entre initiés...

Don't Look Now se prête à une lecture dorée dans la durée, ce qui doit à mon sens se caractériser par des événements importants, correlés, aux deux points d'or du film, soit aux temps 40' et 65', le film durant 105' (en DVD). Au temps 40', John a une scène très violente avec Laura, la première, à propos de la médium qu'il accuse de charlatanerie.
Au temps 65', John rescapé de la chute de l'échafaudage admet maintenant la réalité de la prédiction, et en discute avec l'évêque qui l'emploie, en marchant. Leurs pas les mènent sur les lieux où la police repêche le corps d'une victime du tueur, nouvelle confirmation de la menace prégnante.

J'ai évoqué plus haut la coïncidence dans laquelle est impliquée Theresa Russell, seconde femme de Roeg, pour son rôle dans un téléfilm remake de L'inconnu du Nord-Express, où les sexes des protagonistes originaux ont été intervertis. Elle est ainsi Margo Anthony, reprenant le personnage de Bruno Anthony (Robert Walker), le tueur psychopathe le plus célèbre de Hitchcock après Norman Bates (Perkins). Elle s'oppose à Jacqueline Bisset, autre actrice étrangère à laquelle Truffaut a donné un rôle (dans La nuit américaine), reprenant le rôle de Farley Granger amoureux de Ruth Roman, évoquée plus haut.
En regardant la filmographie de Theresa Russell, j'ai eu la surprise d'apprendre qu'elle avait joué dans un épisode de Fringe, Momentum Deferred (2/4), où elle incarne Rebecca Kibner (37/59, nom doré), ancien cobaye du professeur Bishop ("évêque") avec lequel elle a une visible complicité amoureuse. Bishop est un obsédé de la suite de Fibonacci, dont il récite les termes pour s'endormir, qui lui a également servi dans un autre épisode pour protéger des dépôts dans des coffres.
Un important personnage de Fringe a un nom parfaitement doré, Nina Sharp (38/62), et il est étonnant que ce soit la maîtresse du complice de Walter Bishop, le professeur Bell.
La série multiplie codes, clins d'oeil, et allusions diverses, si bien qu'aucune spéculation n'est a priori interdite, encore que je n'imagine guère que les scénaristes aient un réel message à transmettre. Il est tout à fait curieux que dans l'épisode unique où apparaît Rebecca Kibner intervient aussi pour la première fois un "homme venu d'ailleurs", un agent de l'autre univers qui sévira pendant plusieurs épisodes avant d'être tué dans Do Shapeshifters Dream Of Electric Sheep? (clin d'oeil à Dick), qui se nomme Thomas Jerome Newton, nom exact de L'homme qui venait d'ailleurs, incarné par David Bowie dans le film de Nicolas Roeg. Il remplace un agent tué pendant la première saison, David_Robert_Jones, vrai nom de David Bowie.

Le capuchon de la naine meurtrière m'évoque le capuchon du jeune Telesphoros, fils d'Esculape et dieu des convalescents, que Jung a associé à sa guérison et placé au centre de la pierre sculptée de Bollingen.
Certes le parallèle est délicat, mais les théories de Jung permettent aisément de s'accommoder de tous les paradoxes, avec les concepts d'ombre et de complémentarité des opposés. Pour parfaire son individuation le petit chaperon ROuGE doit parfois être OGRE.

Nicolas ROEG = 73/45, né le 15/8/28, avait 45 ans en 73 lors de la sortie de Don't Look Now.