8.9.18

dis ans : prose, azur, blues


  Il y a 10 ans jour pour jour, je me réveillais avec en tête l'idée que le 4/4/44 était exactement aux 4/5es de la vie de Jung, dont je dus consulter la fiche Wikipédia pour retrouver les dates exactes de naissance et de mort.

  La vérification de cette intuition me conduisait à créer quelques jours plus tard ce blog où je déverse depuis ma prose, avec des moments d'azur et des moments de blues...
  Des moments d'azur lorsque des pans disparates de mes recherches se réunissent...
  Des moments de blues en constatant que, même si j'arrive à réunir tous les pans du bizarre, ils constitueront toujours un mur infranchissable...
  Mais l'azur et le blues, n'est-ce-pas la même chose?

  Bref, pour ce 264e billet j'ai choisi un titre de valeur 264, et aussitôt songé que c'était la valeur de celui de mon roman de 1999, et j'ai trouvé cette anagramme.

  Le 1er septembre, marché à Manosque. A l'étal d'un bouquiniste, je repère une auteure française inconnue, Claire Favan. La 4e de couv' de Serre-moi fort ne m'inspire guère, encore un tueur en série, mais le numéro de ce Pocket, 16810, me séduit.
  1681 m'est évocateur, d'abord par une formule d'Euler,
n2 + n + 41,
qui produit 40 nombres premiers pour n de 0 à 39. Ensuite, n=40 donne
1600 + 40 + 41 = 1681 = 41 x 41.
  La somme des 40 nombres premiers obtenus par n de 0 à 39 est 22960, moyenne
22960/40 = 574 = 41 x 14.
  Le fait d'avoir une somme multiple de 40 et 41 est lié aux propriétés de l'équation, mais un amateur de numérologie bachienne se réjouit de ce produit de deux "nombres bachiens" essentiels, 14 (BACH) et 41 (JSBACH).
  En commençant une spirale d'Ulam par le nombre 41, ces 40 nombres premiers y forment une remarquable diagonale.

  Par ailleurs 1681 peut apparaître par l'une des "erreurs" de la stèle de Marie de Blanchefort, avec ce 17 janvier MDCOLXXXI. Ci-contre la stèle avec les lettres NIGLA entourées, tirée de Apocalypse, le Pocket n° 14132, commenté ici.
  Selon l'alphabet latin,
NIGLA = 13+9+7+11+1 = 41.
  A remarquer que l'équation
n2 + n + 17
produit 16 nombres premiers, de 17 à 257, avec n de 0 à 15, et que l'autre nombre de la stèle, 67 (ans), est obtenu par une autre équation de ce type,
n2 + n + 11,
qui produit 10 nombres premiers de 11 à 101, avec n de 0 à 9. Avant cela, on ne trouve que les coefficients 2, 3 et 5 qui produisent respectivement 1, 2, et 4 nombres premiers. Ce sont les seules équations n2 + n + a produisant a-1 entiers.
une mine d'Euler relue, déni menu

  J'ai bien sûr lu Serre-moi fort, et d'abord remarqué sa structure, en 3 parties de 18-23-18 chapitres, plus un épilogue. 18 et 23 forment un couple bachien, avec 1-8-2-3 = A-H-B-C, et 18+23 = 41 = JSBACH.
  Pas de musique dans le roman. La première partie débute en 1994 avec la disparition de Lana Hoffmann, qui anéantit dans un premier temps ses parents, tandis que son frère Nick, 17 ans, se révèle un vrai chef de famille en s'occupant des siens tout en menant de brillantes études. Ses parents arrivent à surmonter leur détresse en créant un groupe de proches de personnes dont la disparition s'est produite dans des circonstances proches du cas de Lana.
  La dernière ligne de cette partie révèle que c'est Nick qui a tué sa soeur.

  Deuxième partie. 10 ans plus tard, débutant par la découverte d'un charnier dans une grotte, avec plus de 20 corps dans un remarquable état de conservation, dont Lana, la victime la plus ancienne.
  L'enquêteur principal est Adam Gibson, lequel vient de perdre sa femme, après une longue maladie, et dont les enfants, deux ados frère et soeur, ne lui pardonnent pas d'avoir eu une maîtresse dans la dernière phase de la maladie de sa femme.
  L'enquête piétine, et Adam victime d'une terrible agression sombre dans un état dépressif tel qu'il doit être interné.

  Troisième partie. Adam est précisément interné dans l'établissement où Nick, devenu psychiatre, officie. En voulant terriblement au flic qui l'a privé de son sanctuaire, il l'assomme de médocs et lui dit tout de ses crimes anciens, présents, et à venir. Sa suprême vengeance va être de tuer la fille d'Adam...
  Je n'en dis pas plus...

  Avant la lecture du roman j'ai continué à cogiter sur le numéro du Pocket, et vu que 16810 voyait se mélanger 110 et 68, des doubles Fibos (55 et 34) qui me sont essentiels, à cause du poème de Perec pour les noces de ses amis Noureddine Mechri et Kmar Bendana, composés de strophes formées alternativement des lettres des noms des deux mariés, incorporant une à une les lettres du conjoint.
  J'y suis revenu ici, à l'occasion de mon propre mariage, ce qui me permit une formidable découverte, bien que j'eusse cru avoir étudié ce poème sous toutes les coutures depuis belle lurette.
  Dans ses brouillons, Perec a noté les contingents de lettres permises pour chacune des 10 strophes composant le poème, et en regard de ces calculs les nombres de la suite de Fibonacci doublée, 2-2-4-6-10-16-26-42-68-110, avec 68 pour la dernière strophe KMAR et 110 pour la dernière strophe NOUR. Or les contingents premiers pour les strophes KMAR et NOUR sont
KMARBEND = 68, et
NOUREDIMCH = 110.
  Rien ne permet de voir comment, ni même si, ces nombres ont été exploités, ni dans les brouillons, ni dans le poème achevé.

  J'ai donc pensé à ceci ce 1er septembre, et me suis avisé dans un premier temps que c'était le 110e anniversaire de mon père, né le 1er septembre 1908, ce qu'il est prévu depuis 1998 d'exploiter dans Novel Roman.
  Dans un second temps, je me suis avisé que j'ai 68 ans, depuis le 6 juillet dernier. J'ai tendance à m'imaginer (légèrement) plus jeune que mon âge réel...

  Calculer en années est très approximatif, et il est loisible d'établir que mon père avait vécu 15283 jours à ma naissance, ce qui détermine deux dates dorées:
- celle dont 15283 est la petite section d'or, 40011 jours, ce qui correspond au 19 mars 2018;
- celle dont 15283 est la grande section d'or, 24728 jours, ce qui correspond au 15 mai 1976.
  La première date correspond environ à ma décision de reprendre l'écriture de Novel Roman. Le 4 février, j'ai créé le blog destiné à l'accueillir, le 16 avril j'en ai achevé le premier chapitre, ce n'est qu'après avoir écrit 4 chapitres que j'ai pensé pouvoir aller au bout, et aujourd'hui je ne vois pas ce qui m'en empêcherait.

  Je ne crois pas que je faisais quelque chose d'essentiel en mai 76. Je remarque que Claire Favan est née le 12 avril 76, qui était cette année le lundi de la Semaine sainte (Pâques tombait le 18 avril).
  Je remarque aussi ses initiales, CF. J'ai commencé à étudier sur le billet S.N.C.F.Q.D. diverses propriétés de ces deux lettres liées historiquement (gamma et digamma), ce qui m'a conduit à lire divers auteurs d'initiales CF ou FC, comme Caryl Ferey, Cedric Fabre, Fabrice Colin...

  16810 a les mêmes chiffres que le nombre d'or avec 4 décimales, 1,6180(3398...). Par ailleurs, 55/34 est la plus petite fraction donnant, arrondie, les 3 premières décimales, avec donc
110/68 ≈ 1,618, et on a encore l'inverse
68/110 = 0,6181.....

  Mon père s'appelait Maxime, mon réel prénom selon l'état civil est Rémy.
MAXIME = 65
REMY = 61
  Le nombre clé de Novel Roman était en 1998 171, avec un partage privilégié, 81-90, correspondant à ELISABETH-LOVENDALE. Il s'y est adjoint depuis le partage doré 65-106, correspondant notamment à SELON-SUIVANT, l'erreur que Ricardou et moi-même avons commise à quelques mois d'écart.

  Plusieurs points du Novel Roman de 2018 sont liés à un autre couple doré, 99-61, correspondant à NOUVEAU ROMAN, et parmi les suites de type Fibonacci, j'ai cru repérer que les termes de rangs 7 et 8 concernaient plus particulièrement mon parcours. Il se trouve que 61 et 99 sont les termes de rangs 7 et 8 de la seule suite dont 7 et 8 sont des termes consécutifs:
1-7-8-15-23-38-61-99-...
  En mai dernier, j'ai noté le jour quelque part, mais ne sais plus où, il m'est venu, en conduisant,
RE-MY = 23-38.
  Ré-my est donc bien l'initiateur du Roman Nouveau...

  A propos des 110 ans (virtuels) de Maxime, et de mes 68 ans mal assumés, je constate que leur moyenne est
89 = SCHULZ (et aussi RICARDOU).

  Le numéro Pocket 16810 m'a incité à chercher à quoi correspondaient des numéros "intéressants" dans la collection.
  Ma première recherche a été pour le numéro 10665 (pour 106-65 partage doré de 171), et c'est Pharricide de Vincent De Swarte, qui me fait d'abord penser au fratricide (ou sororicide) du numéro 16810.
  Le passage au Gématron m'apprend que auteur+titre = 273, l'un de mes nombres fétiches (21x13, et valeur de l'hébreu arba', "quatre").
  Les valeurs se découpent en outre en
VINCENT DE SWARTE = 182
PHARRICIDE = 91 (moitié de 182)
  Une découverte qui m'émerveille encore est que la valeur des 6 premiers nombres de Fibonacci en anglais est 273, 13x21, les deux nombres suivants de la suite, avec d'autres relations éplapourdissantes. Je ne retiens ici que le découpage
ONE+ONE+TWO+THREE = 34+34+58+56 = 182
FIVE+EIGHT = 42+49 = 91.
  J'ai aussitôt commandé le roman.

  Sur la page où je l'ai découvert sont aussi donnés les numéros voisins, et j'y découvre Marie-Tempête, de Janine Boissard (n° 10659). J'ai conté ici comment l'erreur d'un programme TV


m'avait fait découvrir le téléfilm adapté du roman (le résumé de la seconde partie de ce téléfilm adapté du roman de Gilbert Sinoué, essentiel dans ma découverte du 8 septembre 2008, est en fait celui de Marie-Tempête). L'un des personnages de Janine Boissard se nomme Noël Morvan, alors que mes jeux sur les anagrammes de Novel Roman m'avaient conduit en 1998 à forger les noms Noël Navrom et Morvan Léon.
  J'ai découvert ceci juste après avoir terminé le chapitre 15 contant l'histoire de Morvan Léon, l'enfant sauvage. Tiens, Vincent de Swarte, mort à 43 ans, a aussi écrit une histoire d'enfant sauvage, Requiem pour un sauvage.

  Ensuite, j'ai cherché le numéro 11068, et c'est Les Loups-garous dans leur jeunesse, recueil de nouvelles de Michael Chabon, dont j'ai déjà lu Les Extraordinaires Aventures de Kavalier & Clay.
  Il faudra sans doute le lire aussi, en attendant j'y remarque le titre d'une nouvelle, Le fils du loup (les enfants sauvages sont aussi appelés "lupins", terme utilisé dans mon chapitre, avec évidemment une pensée pour Arsène).

  J'ai cherché divers autres numéros, parfois sans succès, et je n'en mentionnerai qu'un autre, 10766, correspondant à un jeu en hébreu qui sera abordé dans mon chapitre 17. Les premiers mots du Décalogue sont Je suis Yahvé ton Dieu, en hébreu
ANKY YHWH / ALHYK = 107 / 66, couple doré.
  Alors le Pocket n° 10766 est Commandeur du sucre, de Raphaël Confiant, avec cette curiosité que les deux substantifs du titre sont
COMMANDEUR / SUCRE = 107 / 66.
  La couverture ci-contre empruntée à cette page y a d'ailleurs pour titre commandeur_sucre.
  C'est un récit se passant en Martinique, où Raphaël Confiant auteur d'un Eloge de la Créolité accorde une place importante à la langue créole. Mon chapitre 15 me faisait citer un extrait de catéchisme créole.
  A propos du nombre 173 (107+66), mes personnages évoqueront au chapitre 17 les rangs latins 17-3 des lettres R-C par lesquelles se reconnaîtraient les membres de la Rose+Croix. Ce sont aussi les initiales de l'auteur de ce récit créole.

  Je suis en train de lire Unité Alphabet, un roman de 2007 de Jussi Adler-Olsen (né 27 jours après moi) qui vient juste de paraître en français, et c'est tôt ce matin, peut-être vers l'heure où j'ai eu ma révélation jungienne il y a 10 ans jour pour jour, que j'ai pris conscience d'un possible rapport.
  Je l'ai acheté parce que sa première partie se passe en 1944. Bryan et James, en vol de reconnaissance vers Dresde, sont abattus en janvier 44. Ils survivent en se faisant passer pour des officiers SS devenus fous, et sont internés dans un hôpital psychiatrique où ils sont surveillés de près, les simulateurs étant nombreux. Ce n'est qu'en novembre où Bryan réussit à s'évader, seul, James s'étant en quelque sorte sacrifié pour lui. Ce n'est que tardivement qu'on apprend son nom complet, Bryan Young...
  Il me reste à lire la seconde partie.

  Ma curiosité pour le nombre 171, somme des 18 premiers nombres, m'a fait dénombrer les partitions de ces 18 nombres en deux groupes de sommes 65 et 106. Il y a en tout 3083 possibilités, se répartissant en
4-14 : 1
5-13 : 82
6-12 : 525
7-11 : 1109
8-10 : 974
9-9 : 352
10-8 : 40
  Je n'en tire rien, mais livre ces résultats dans l'espoir d'éveiller quelque chose ailleurs...
  J'ai fait les dénombrements correspondant à deux groupes de sommes 81 et 90 (Elisabeth Lovendale), et trouvé 4367 possibilités...
 

1.9.18

invincible chimère de Marseille


Chapitre 15: ORPHELIN IMPLACABLE 
  Implacable, implaçable, implachable? Cet enfant lupin était prévu dans le projet de 1998, comme sa mort résultant d'une blessure à midi (NOON) au jardin VALMER à Marseille, mais ça n'avait pas été beaucoup plus loin.

  Il m'est apparu que ce chapitre était approprié à quelques développements sur l'Avertissement de La Chartreuse de Parme, qui en peu de paragraphes amène plusieurs indices essentiels, le roman lui-même qui serait une "nouvelle", "amour et haine" qui seraient l'apanage du climat italien, les "200 lieues" qui donneraient "lieu" à un "nouveau roman".
  Et Marseille est précisément à 200 lieues de Paris...

  Morvan Léon est calqué en grande partie sur Gaspard Hauser, adolescent découvert errant dans la campagne bavaroise en 1828. Il aurait été prisonnier d'un homme en noir, lequel l'aurait poursuivi ensuite dans les divers lieux où Gaspard a résidé, tentant de le tuer...
  Et Gaspard a effectivement été frappé d'un coup de poignard dans un parc, en 1833, blessure dont il est mort trois jours plus tard. Il avait sur lui une bourse dans laquelle on a retrouvé un message en écriture spéculaire, signé M L Ö.
  Il semble bien qu'il se fût infligé lui-même la blessure, mais diverses autres théories ont couru. M L Ö aurait pu désigner Marie-Louise d'Autriche (Österreich).

  Je crois que Leblanc s'est inspiré de la théorie du complot dynastique pour créer son personnage de Pierre Leduc/Gérard Baupré dans "813", poursuivi par un "homme noir" signant "LM"...
  Il est tout à fait avéré que l'orphelin a inspiré les différents personnages nommés Gaspard Winckler chez Perec.
  Il y a aussi le personnage principal du Roi lépreux de Pierre Benoit, Gaspard Hauser, mais les raisons du choix de ce nom restent mystérieuses.

  Si HV n'a pas eu droit à son anarchiste charentais, voici nos héros confrontés à un limonadier méridional, anagramme déjà utilisée dans L'enchanté réseau.
  Ceci, associé au fait que la blessure devait survenir à midi, m'a incité à écrire l'épisode marseillais en symétricologie, procédé que Ricardou utilise dans sa préface de l'édition de 1988 de Révolutions minuscules, sur près de 100 pages, Révélations minuscules.
  Dans chaque phrase de ce texte apparaît une résonance entre son premier et son dernier mot, concernant parfois aussi le mot central. Il peut par ailleurs y avoir des échos entre les mots équidistants du centre.
  Le procédé est décliné de tant de façons que j'ai d'abord cru que seules certaines phrases étaient concernées, mais toutes les phrases sont codées, plus de 300, et certaines comptent plus de 200 mots... J'ai eu à coeur de faire plus court.

  Ricardou donne à l'intérieur de son texte des analyses chiffrées de certaines de ses phrases, la première ayant au centre le mot "méridional". Voici ce que donnerait son chiffrage pour l'une de mes phrases:
(1) Hortense, (2) si (3) belle (4) et (5) si (6) aimable, (7) sut (8) lui (9) faire (9) un (8) grand (7) sourire (6) qui (5) le (4) remit (3) d' (2) aplomb (1).
A comprendre "or" "fer" "plomb"...

  Ma première phrase est construite pour avoir "centre" en son centre, et à égale distance de ce centre (ou des bords) "limonadier" et "méridional", ainsi que "Lhormond" et "Véran".
  J'ai d'abord songé à nommer mon limonadier Pancrace Lomon, pour avoir une nouvelle paire LOMON-VERAN formant l'anagramme fondatrice, et j'ai effectivement trouvé un Lomon habitant Marseille...
  J'ai ensuite opté pour Lhomond, un nom que je connaissais, et puis lorsque m'est venue l'idée d'utiliser les valeurs 99-61 de NOUVEAU-ROMAN, je me suis avisé que PANCRACE est un mot de valeur 61, et qu'il manquait un R à LHOMOND pour atteindre 99. LHORMOND est aussi un nom propre.
  Je rappelle que dans ses deux textes utilisant la symétrologie, Ricardou introduit deux numéros de page autoréférents, et il s'agit des pages 99 et 61.

  Donc, voici ce qui est intentionnel dans mes phrases, en reprenant à la première:
1 ce-limonadier-lhormond-centre-véran-méridional-(pronon)cé
2 tè-(chan)té
3 je-pachtiche-coeur-pernod-(voya)ge
  Si le limonadier chuinte, et sert du pastis (du Pernod car le Ricard n'existait pas en 1908), c'est en écho au billet Un Ricard, ou le Jean, au titre inspiré par une pub anisée, laquelle semble elle-même utiliser la symétrologie.
  Par ailleurs mon billet précédent étudiait les anagrammes des deux devises latines du paquet de Pall Mall, In hoc signo vinces et Per aspera ad astra. On peut en extraire IEAN RICARDOV, et les 20 lettres restantes permettent par exemple
Ne charge pas son pastis.
ou Pas pastiche sans rogne.

4 il-(cout)il
5 son-numéro-(pois)son
  Nous sommes à Marseille dans le département qui a aujourd'hui le numéro 13, aussi j'ai exploité cette curiosité que BAR devient ONE en rot-13 (et vice-versa).

6 six-(as)sis
7 le-(tab)le
8 sans-bel(licisme)-crois-(crois)sant
  Pour cette 8e phrase j'ai voulu rendre hommage à Belcroix, le principal des 8 Lieux-dits.

9 mes-mais-(ja)mais
10+11 Lhor(mond)-(baga)ges-je-argent
  J'ai ici couplé deux phrases, en imitation de ce que fait Ricardou à plusieurs reprises. J'utilise aussi comme lui des correspondances parfois fort approximatives.

12 che-(chilen)che
13+14 croy(ez)-(proté)ger-j'ai-croix
15 per(sonne)-premier-fils-premier-(im)pair
16 mais-midi-valmer-(enfer)mer
17 che(la)-arbres-fou-(corni)che
  Hommage à l'autre diagonale des Lieux-dits, MAD ARBRE

18 nous-chiboulette-(ge)noux
  Elle s'appelle Ciboulette avec une arrière-pensée pour le schibboleth, un mot permettant d'identifier un groupe ne pouvant le prononcer, terme venu de la Bible où ceux qui le prononçaient sibboleth étaient aussitôt égorgés...

19 ci(boulette)-(as)sis
20 le-(tab)le
21 faut-(pau)vret
22 avec-(reconnais)sant
23 je-(langa)ge-(étran)ge
24 il-bien-(diffic)ile
25 fi(gurez)-mal(adroits)-(dé)fi
26 Lé(on)-(emmê)lée
27 A(ttention)-(voil)à
28 En-(méfi)ant
29 Hor(tense)-faire-(a)plomb
30 ré(pondant)-mit-(bâf)rer
31 tè-(con)ter
32 au-(nig)aud-(chiboul)ot
33 on-(multiplicachi)ons-chiffres-(choluchi)on-(cray)on
34 chi-techter-(réu)chit
  Ceci se veut une allusion à TESTER XX (X est chi en grec), l'autre message imprévu du carré des Lieux-dits.

35 H(V)-(lanç)a
36 com(bien)-99 fois 61-(gar)çon
37 à-(escrim)a-(charabi)a-(résult)at.
38 voy(ant)-voie
39 je-jeu
40 elle-6039-(ré)elle
41 si-écriture spéculaire-(vin)ci
42 rien-nier
43 vi(siblement)-(poursui)vit
44 on-29 fois 139-(lé)on
45 son-léon-(fa)çon
  C'est une allusion à La prise de Constantinople, où les explorateurs de Vénus trouvent sur une roche des striures ressemblant à LEON, mais Léon Doca y voit plutôt, en renversant la roche, le nombre 4031, qu'une exploratrice transforme en DOCA.
  C'est ici un ambigramme, alors que l'écriture spéculaire de 4031 (29 fois 139) me semble mieux adaptée à ce jeu avec LEON.

46 crois(sant)-belle
47 léon-paon
48 le-(clientè)le
49 je-(passa)ge
50 i(ls)-(am)ie
51 mais-(abst)èmes
52 on-(faç)on
  En consultant les mots de valeurs 99 et 61, je suis tombé sur les prénoms Mustapha Ibrahim, associés dans une chanson du groupe Queen, et il m'a semblé devoir l'utiliser, d'autant que Queen (Ellery, qui s'appelait en fait Frederic Dannay (et non Mercury)) m'est essentiel.

53 j'ai-(entoura)ge.
54 l'heure -(p)leurs.
55 de(hors)-(inquiétu)de
56 le-(spira)le
57 la-arbres-milieu-folle-(zo)la
58 lé(on)-(al)lée
59 en-(aut)ant
60 l'un-(l'orphe)lin
61 les-(café-au-)lait
  Les citations, nombreuses dans Révélations minuscules, ne font en principe pas partie des phrases codées. Ici, m'étant avisé que les lettres ROMAN étaient comprises dans MERIDIONAL, je me suis demandé si les lettres résiduelles LIEDI ne correspondaient pas dans un patois quelconque à "lieu-dit". Non, mais j'ai trouvé "li Dié" dans ce texte créole qui m'a paru amusant.

62 oui-(compag)non
63 beau(coup)-beau
64 de-midi-(gar)de
65 da(me)-fa(da)
66 i(l)-vrai-vache-faut-(rigol)o
  Ricardou propose diverses phrases débutant par "i" et finissant par "o", ou vice-versa, et se hasarde à quelques fumeux commentaires sur leurs "funambulesques hétéroclites rapports"; un lecteur habitué à la prose-prise de l'auteur comprendra par lui-même.
  Il y a quelque peu davantage dans les 19 mots de ma phrase dont le centre est (10) vache (10), à égale distance des bords I-O. Cyril Epstein a utilisé la divine vache IO avec des intentions plus ou moins analogues.
  Par ailleurs l'algèbre booléenne ne connaît que les nombres 1-0 correspondant à VRAI-FAUX.

67 au(ssitôt)-dit-lieu-(prestissim)o
68 my(stérieusement)-dos-sol
69 in(croyable)-(dég)un
70 per(sonne)-(com)père
71 j'en s(uis)-(d'ur)gence
72 le-(agréab)le 
73 on-(concepti)on
74 i(l)-(bient)ôt
75 foie-fois
76 on-crayon
77 au-(voic)i
78 n'est-ce-connaisse
79 ce-(inconnaissan)ce
80 les-nouvelles- (12) midi (12) -roman-(marseil)lais
81 mor(van)-mort
  Ce n'est qu'à mi-chemin de l'écriture de ce roman marseillais symétricologique que je me suis avisé qu'un bon Morvan était symétricologiquement un Morvan mort, mais sa mort était inscrite depuis 20 ans dans mon projet.

  Le nombre des phrases de ce roman marseillais, 81, n'a pas été planifié. Après coup, je vois que la phrase médiale serait la 41, centrée sur les mots "écriture spéculaire".

  Une belle coïncidence en cours d'écriture. Le matin du 29 août, j'ai abandonné HV entrant dans le compartiment des tourtereaux avec La Chartreuse de Parme à la main pour emmener ma femme à Manosque. Il était dix heures et j'ai mis Les chemins de la philosophie sur Culture. L'émission du jour était entièrement consacrée à La Chartreuse..J

Note du 3 septembre. A propos de ÖLM-MLÖ, Gef  me rappelle la seule phrase connue en tlönien austral, hlör u fang axaxaxas mlö. Dans la nouvelle originale, Borges indique la traduction que Xul Solar en donne en neocriollo, "nouveau créole", “upa tras perfluye lunó”. Je certifie que, malgré plusieurs lectures de la nouvelle de Borges, je n'ai jamais fait de lien entre ce mlö et le MLÖ de Gaspard Hauser, une affaire qui m'intéresse depuis longtemps.
  Je certifie encore que ma citation du catéchisme créole était tout à fait indépendante de ce "nouveau créole" qui n'est d'ailleurs pas nommé explicitement dans Tlön Uqbar Orbis Tertius.
  Ceci ouvre à nouveau des abîmes vertigineux:
- Xul (pour Schulz) était le modèle de Elmo Orvann de mon chapitre 10.
- Tlön Uqbar Orbis Tertius, et en filigrane Xul lui-même, est une implicitation du chapitre 56 de La Vie mode d'emploi, dont les deux pages sont un concentré de coïncidences (voir notamment ici). Les deux personnages principaux de Perec sont Gaspard Winckler et son "père adoptif" Bartlebooth, inspirés par Scénario pour un ballet de Verlaine, où Gaspard Hauser retrouve son père, un millionnaire anglais, et le tue.
- La phrase en tlönien pourrait être symétricologique, selon la prononciation de l'h tlönienne et les licences qu'on s'accorde,
(1) hlör (2) u (3) fang (3) axaxaxas (2) mlö (1)
- Tiens, 方 ( fāng ) = "carré", "lieu" (mi-lieu?), en chinois, alors que j'ai fait apparaître (2) dit ... lieu (2) dans une phrase codée, et milieu au milieu d'une autre.


  En reprenant une recherche Xul Solar, je trouve cette page donnant 61 de ses toiles, dont cet arbre des sefirot que j'aurais probablement choisi pour illustrer mon Sunshine Superman, pour sa symétrie encore plus parfaite que celui que j'y avais donné.
  J'y remarque les chiffres 9-6-3-0 qui forment 6039 vu plus haut, produit de 99 par 61, NOUVEAU par ROMAN.
  Tiens, Xul est mort le 09 avril 63, qui était le 99e jour de 1963. 61 toiles (et 61 aquarelles que Bartlebooth ne pourra réassembler au chapitre 99)...
  J'ai omis d'expliciter mon titre,
INVINCIBLE CHIMERE = 99 61
est inspiré par
NOUVEAU ROMAN = 99 61
et DE MARSEILLE = 103 permet de parvenir à 263 pour ce 263e billet.
  J'aurais pu choisir d'autres formules que "invincible chimère", comme "ultimes arcanes", "bouquin infini", "revivre miracle", "jungiens fous", "vocalisme inefficace". Je me demande si je n'ai pas été influencé par une anagramme de mon nom jadis utilisée, mais qui n'apparaît aujourd'hui que sur une page, Sunshine Superman précisément:
  J'ai des échanges assidus depuis deux ans avec un nouveau phrère, Laurent Cluzel, qui joue volontiers avec son nom, mais ce n'est que ce 17 septembre que je me suis souvenu avoir utilisé en 2001 l'anagramme Czul Shimer, choisie pour obtenir le partage gématrique 62-72 du nom Arsène Lupin.
  La page pointée fait partie de celles que je n'ai pas (encore) remises en ligne après la suppression de mes pages perso.

31.8.18

wherever particular people congregate


  J'ai pris contact avec les milieux ricardoliens, où mes découvertes ont été accueillies avec intérêt. Il semble notamment que nul n'avait été aussi loin que moi dans le décodage de la symétricologie, étudiée dans mes billets de février et mars.    
  Par ailleurs mon sentiment que l'écriture est un lieu étrange, où quelque chose pourrait s'exprimer bien au-delà des intentions des écrivains, n'avait rien d'absurde pour Ricardou, et est partagé par certains de ses amis. Erica Freiberg, qui a été sa collaboratrice pendant 48 ans, m'écrit
Jean aurait certainement été content car, s'il m'avait dit en 1972: "Je suis un mutant d'un autre monde, surtout lorsque j'écrivais Constantinople. Les mutants sont épars, ils ne cherchent pas à se connaître: c'est un troupeau épars.", il a peut-être voulu sortir quelque peu de son isolement déjà en 1974, lorsqu'il affirmait: "J'écris des livres pour chercher mes semblables, c'est-à-dire des mutants".
  Bref, j'ai été invité à faire une communication au prochain colloque Ricardou à Cerisy en août 2019, et j'espère me montrer digne de cet honneur.

  En feuilletant justement La Prise de Constantinople, j'ai repéré un nouveau point de rencontre entre l'écriture de Ricardou et la mienne. Je donne in extenso ce paragraphe du chapitre 6 (non numéroté en fait)
- C'est au pied de la cheville, donc (mais il me faudrait ouvrir ici des parenthèses dans les parenthèses), dans le dé même du piédestal (lorsqu'Isis interrompt les larmes - versées, vous connaissez la légende, sur les huit fragments de son époux, qu'elle va assembler enfin pour une vie de gloire - et que le Nil décroît), qu'apparaît le bloc rocheux tout à fait comparable...
et renonce à en donner une interprétation contextuelle, me bornant à constater que, si le nombre de fragments du corps d'Osiris diffère selon les versions de la légende (de 12 à 42, souvent 14), il n'est jamais question de 8 fragments, et que Ricardou fait intervenir ici le principal nombre générateur de son roman. Il y a 3 parties (dont une double) de 8 chapitres, 3 séries (dont une double) de 8 personnages dont les initiales forment ISABELLE, 8 croisades dont la 4e a pris Constantinople, 8 lettres dans RICARDOU...

  J'ai également détourné le mythe d'Osiris dans Sous les pans du bizarre, chapitre no code in the Spanish translation8, en utilisant les nombres générateurs du roman.
  Et la dernière Impression, Rasant le Nil... "Rasant" serait l'AN du TSAR, forme de César, et les gnostiques grecs ont révéré le Nil pour sa gématrie, NEILOS = 365. Lapnus cite la version gnostique du mythe, selon laquelle Isis est informée par un oracle que son frère et époux a été découpé par Seth en "autant de morceaux qu'il y a de jours dans l'année". Isis parcourt toute la terre d'Egypte et juge sa quête achevée lorsqu'elle a recueilli 365 morceaux, qu'elle ressoude et ranime. Elle a hélas oublié que l'année courante était bissextile, et le 366e morceau lui a échappé, le phallus avalé par un poisson du Nil...
  J'imagine qu'il ne doit pas y avoir beaucoup d'auteurs qui aient pareillement adapté le mythe du démembrement d'Osiris à leurs obsessions numérologiques, mais il y a quelque peu davantage.
  Je fais explicitement référence aux Nouvelles Impressions d'Afrique, où Roussel a multiplié les niveaux de parenthèses au-delà des limites de l'intelligible (pour les non-mutants du moins), et Ricardou y fait implicitement référence avec sa proposition d'ouvrir des parenthèses dans les parenthèses, qu'il tourne en utilisant des tirets dans le second passage entre parenthèses.

  Je rappelle que c'est dans cette dernière Impression qu'il y avait le vers
Combien change de force un mot suivant les cas!
que j'ai repris dans mon chapitre 10, mais "suivant" y est inexplicablement devenu "selon", alors que "suivant" aurait été admirablement en accord avec mon propos.
  C'est à l'été 99 que j'ai fait cette erreur, or quelques mois plus tôt, Ricardou relisant sur épreuves son texte à paraître en mars dans Formules n° 3 remplaçait dans son RAPT d'un passage de La Disparition de Perec "suivant" par "selon", probablement préférable d'un point de vue textique, mais catastrophique au niveau de la contrainte lipogrammatique interdisant les E.

  Il y a une petite coïncidence dont j'aurais pu parler plus tôt, mais il s'agit d'une blague à la portée du premier potache venu. Il s'y rattache cependant une anecdote plaisante.
  Donc, dans Le lapsus circulaire (commenté ici), Ricardou risque la facile facétie A la recherche du père tendu, bien adaptée à son contexte car il est question dans la nouvelle d'un échange d'enfants entre le comte Noël Ryvéla et son électricien Jean Ricardou (le père était effectivement électricien à Cannes), or Proust écrivait dans Le temps retrouvé
j’avais assez fréquenté de gens du monde pour savoir que ce sont eux les véritables illettrés, et non les ouvriers électriciens.
  Je ne sais quand j'ai eu connaissance de ce jeu, ni même si je l'ai trouvé de mon côté ou découvert ailleurs, toujours est-il que le 31 décembre 2001 je passais ce message sur la liste Oulipo:
entendu hier une réplique du téléfilm LE TEMPS PERDU sur FR3:
"Il arrive que papa soit un peu tendu"
Ce PERE TENDU est interprété par Jacques Spiesser, qui fut "Un Homme qui dort", texte truffé d'emprunts, notamment à la Recherche.
  J'ajoute aujourd'hui que "un homme qui dort" est un emprunt au début de La recherche, et donne le lien IMDb du téléfilm, où Ricardou remarquerait sans doute que le nom de son réalisateur Frédéric Roullier-Gall a 8-8-4 lettres, et que la fille de Spiesser, en 8 lettres, est interprétée par Nade Dieu, en 4-4 lettres (Ricardou développe dans Le théâtre des métamorphoses les dénombrements proustiens, 12 lettres dans MARCEL PROUST, 24 lettres dans son oeuvre phare, avec 24 correspondant au rang de la lettre X).

  J'ai cité à diverses reprises ce qu'avait vu après coup Ricardou dans la dernière colonne de son carré formé par les noms des 8 Lieux-dits, ETEXRTSX, l'anagramme TESTER XX, interprétée en "tester le croisement des croix". J'avais d'abord vu que le centre de ce carré, au croisement des diagonales BELCROIX et MAADRBRE (MADARBRE vu après coup également),
     B a n n i è r e 
     B e a u f o r t 
     B e a r b r e 
     B e l R o i x 
     C e n D R i e r 
     C h a u m n t 
     H a u t b o s 
     M o n t e a u x
était formé des lettres RCRD, les consonnes de RiCaRDou, les voyelles iaou étant proches.
  Les noms Belcroix et Cendrier, au coeur du dispositif, semblent s'imposer pour tant de raisons qu'il est difficile d'imaginer que ce jeu de consonnes eût été programmé. De fait, s'il l'avait vu, Ricardou l'aurait probablement mentionné dans ses multiples retours sur le carré de 8x8 lettres, en rapport immédiat avec les 8 lettres de son nom. Par ailleurs ceci n'a rien dit à sa collaboratrice Erica Freiberg.
  Plus récemment je me suis avisé que ces lettres CRDR étaient encadrées par LONI formant LION, or, si le centre arithmétique du livre se situe entre les chapitres Belcroix et Cendrier, le centre réel livre comme du texte réel se situe pages 84-85 (de l'édition Gallimard, soigneusement calibrée), avec la minutieuse description du paquet de Pall Mall, où deux lions soutiennent le blason central, écartelé en 4 quartiers. Il m'a paru qu'une superposition serait plus explicite que de longs commentaires, alors voici:
  Ricardou s'attache aux 4 inscriptions du paquet, chacune en 4 mots, et constate que les deux inscriptions latines du blason ont chacune 16 lettres:
IN HOC SIGNO VINCES ("par ce signe tu vaincras", et on sait que ce signe est la croix)
PER ASPERA AD ASTRA ("vers les astres par la difficulté", faut transpirer pour obtenir la gloire)
  Il m'est apparu que ces 32 lettres (32 comme la naissance de Ricardou en 1932) contenaient les 12 lettres de son nom, à la condition d'utiliser l'alphabet latin où les lettres I et J sont confondues, de même que U et V.
  On a donc IEAN RICARDOV d'une part, et j'ai cherché des anagrammes des 20 lettres restantes. La première qui m'est venue a été
garçons sans épitaphes,
d'où je me suis attaché à de possibles épitaphes:
Passants, ange si proche
citons page sans phrase (en pensant au mixte, et aux pages sans texte du Théâtre des métamorphoses)
ton chagrin passe-passe
sans pose gâchant prise (ou sans prose gâchant Pise)

  Je me suis ébaubi de
ne charge pas son pastis
car mon billet récapitulant les coïncidences ricardoliennes était intitulé Un Ricard, ou le Jean.

  Un programme de recherche d'anagrammes livre
instances saprophages
qui pourrait être interprété comme l'émergence du nouveau roman sur l'ancienne littérature en décomposition.
ses pastiches, parangon
mérite une dernière mention.

  J'ai aussi envisagé des anagrammes des 32 lettres des deux devises. Les possibilités deviennent colossales, et voici par exemple
sa prose prise cria davantage : nichons! (en pensant aux Improbables strip-teases)
sa chronicité passa : envisager pardon (en pensant à Une maladie chronique)
on s'écrit handicaps, on passera rivage (ou on arrive passage)

6.8.18

Victor Hugo, le suivant...



Chapitre 14: NORM CEDE : "ADIEU NEANT !"
   Voici donc ce chapitre 14 autour duquel s'est articulé Novel Roman dès sa conception en 1998. La prétendue mort de Norman Love à Ambrumésy le Jeudi saint 16 avril 1908 calquait la blessure reçue ce même jour par Arsène Lupin dans L'Aiguille creuse, blessure exploitée pour simuler sa mort en disposant un cadavre dont la tête sera écrabouillée par une lourde pierre lorsque Beautrelet découvrira l'accès à la crypte où Lupin s'était abrité, à la Pentecôte.
  Ce 16 avril est intrigant, car il ne fait pas de doute dans les premiers chapitres de L'Aiguille creuse que le cambriolage d'Ambrumésy a eu lieu dans la nuit suivant le jeudi 23 avril, un vendredi donc. Beautrelet est arrêté ce vendredi soir, s'évade, est aperçu le samedi, et on remet la main sur lui le dimanche. Innocenté, il peut prendre le lundi à Dieppe le train pour Paris, permettant à l'interne de rejoindre le lycée Janson de Sailly à huit heures du soir, le dernier jour de ses vacances. Ceci est tout à fait conforme au calendrier scolaire de l'époque, où les vacances de Pâques débutaient le dimanche des Rameaux, le 12 avril en 1908, pour 15 ou 16 jours.
  Et pourtant, dans l'article du chapitre 4 où Beautrelet dévoile les secrets du drame d'Ambrumésy, il date le cambriolage du 16 avril à 4 h du matin. Ceci a figuré dans toutes les éditions du vivant de Leblanc. Dans une réédition récente du Livre de Poche, ceci a été "rectifié" en 23 avril, ce qui est encore erroné puisque les premiers chapitres indiquaient sans conteste le 24 avril.

  J'avais fait de cette "erreur" un indice essentiel dans mon exégèse rosicrucienne de l'oeuvre de Leblanc. Un autre indice du roman était la lune présente dès son second paragraphe, éclairant le paysage nocturne d'Ambrumésy lors du drame. Cette clarté n'était-elle pas plus compatible avec la pleine lune du 16 avril qu'avec le dernier quartier du 24? (ici le calendrier lunaire de 1908)
  Je ne me souviens plus si j'avais vu en 1998 que cette pleine lune vernale, commandant la date de Pâques le dimanche suivant, était en anglais VERNAL MOON, anagramme de NOVEL ROMAN, ce qui me semble aujourd'hui fabuleux. C'est que j'étais arrivé à NOVEL ROMAN à partir de la 14e des 18 lettres d'amour du roi George, m'ayant conduit à un parallèle avec la 14e des 18 périodes de 106 ans, de l'an 1 à 1908, la vie de Rosencreutz de 1378 à 1484. J'avais aussi vu dans la nouvelle l'anglaise Elisabeth Lovendale dire du possesseur de la 14e lettre qu'il était devenu comme fou en comprenant sa valeur, "fou", mad, ou M-A-D équivalent à 13-1-4, le découpage des 18 périodes de 106 ans autour de la vie de Rosencreutz...

  Le quatrain de Gilbert Farelly est une anagramme du quatrain d'abord prévu pour ouvrir Feuilles d'automne (1831), de Victor Hugo:
Sans doute il vous souvient de ce guerrier suprême
Qui, comme un ancien dieu, se transforma lui-même,
D’Annibal en Cromwell, de Cromwell en César.
- C’était quand il couvait son troisième avatar.
  Venaient ensuite les fameux vers
Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte...
annonçant la naissance de Hugo en 1802 (le 26 février). Hugo a biffé les 4 premiers vers avant l'impression du recueil. Je ne sais comment Robert Rapilly a eu l'intuition de les passer au Gématron, toujours est-il que le résultat est précisément 1802.
  Totor maître ès gématrie? Pourquoi pas, puisque dans ces mêmes années sévissait Jacob-Abraham Soubira qui composait explicitement des vers gématriques utilisant un codage bien moins intuitif. J'ai eu l'occasion de feuilleter une exégèse de l'arithmétique des nombres de vers chez Hugo, m'ayant fort peu convaincu. 
  Quoi qu'il en soit, l'énigme de ce quatrain est doublée par l'identité de celui qui a découvert son éventuel secret, Robert, mentionné à diverses reprises sur Quaternité, notamment pour les deux grilles ferroviaires de Cyril et Robert, présentant parmi leurs points communs une colonne centrale contenant les lettres PRENOM NOM dans le désordre, sans intention ni de l'un ni de l'autre. Ces grilles de 81 et 90 lettres m'ont suggéré les prénom-nom ELISABETH-LOVENDALE.

  Gilbert Farelly est un poète précurseur des contraintes oulipennes, imaginé par Robert, à partir de son nom et de celui de Gilles (Esposito-)Farèse.
  Il m'a semblé devoir honorer le quatrain 1802 de Hugo par une anagramme, d'autant que la fable plantardienne du Prieuré de Sion fait de Hugo l'un des nautoniers du Prieuré, un de ses prédécesseurs ayant été Valentin Andreae (je rappelle que ce sont les prénoms de Monlorné, également né en 1802). Cette page semble accorder du crédit à Plantard; je la cite car elle donne la liste complète des nautoniers et mentionne que Plantard entendait faire de la Rose-Croix une émanation du Prieuré.
  Je rappelle que cette fable plantardienne est reprise en tant que "vérité historique" dans l'archi-best-seller Da Vinci Code, où on trouve notamment l'appartenance de Hugo au Prieuré.

  Le quatrain compte 154 lettres, 154 valeur (latine) de Rosencreutz, d'où il n'y a plus à douter que Totor ait bien été un ésotériste confirmé (hum), conscient de son rôle dans la lignée du Prieuré et de la Rose-Croix (hum hum), même si ce n'est qu'en 1844 qu'il accèdera à la charge suprême (triple hum)...
  Tiens,
VICTOR HUGO = 87+51 = 138, évoquant les 138 lettres ou chiffres (CXX) des inscriptions du tombeau de Rosencreutz, livrant les dates 1484 et 1604.
  3 des lettres de son nom correspondent à des chiffres romains, avec
CVI = 106

NOTE du 8/8: Robert me communique que la seconde variante aux Feuilles d'automne, après le quatrain 1802 de la pièce I, concerne la pièce III, où Hugo avait d'abord écrit les  vers suivants:
C’est le peuple qui vient, c’est la haute marée
Qui monte incessamment, par son astre attirée.
Méditez, — et voyez si vous voulez périr
Sur le siècle passé que son flot doit couvrir !  
  La gématrie est 1844 (en 142 lettres), l'année où Hugo serait devenu nautonier de Sion (à 42 ans). J'ajoute que les grandes marées sont associées à la pleine lune, et plus particulièrement aux pleines lunes d'équinoxe, donc aux lunes vernales (ce qui est exploité par Leblanc dans La barre-y-va).
  Dans la version finale, une partie de ces vers est reprise dans l'avant-dernier quatrain,
Rois, hâtez-vous ! rentrez dans le siècle où nous sommes,
Quittez l'ancien rivage ! — À cette mer des hommes
Faites place, ou voyez si vous voulez périr
Sur le siècle passé que son flot doit couvrir !
dont la gématrie est 2014, 19 fois 106, encore en 154 lettres (ROSENCREUTZ)...


  Mais voici mon anagramme des 154 lettres de valeur 1802, 17 fois 106 (dont 2 W pas évidents à caser): 
comme un altier wagon se souvient de tels trains
l'émir vivable envie un rimeur quand il mire
comme un clown qui reçoit sans façons des dédains
l'aurore calme accède au terme où tout aspire

  J'ai voulu citer un célèbre contrepet de Hugo, dans les Odes et Ballades où on trouve ceci:
C’est que, pour m’amener au terme où tout aspire,
Il m’est venu du ciel un guide au front joyeux ;
  On peut imaginer que ce ne soit pas innocent, car dans une strophe précédente le poète a fourré un "cul" et deux "sein" (au moins); la Muse parle au Poëte:
"Loin du monde surtout mon culte te réclame.
Sois le prophète ardent, qui vit le ciel ouvert,
Dont l’œil, au sein des nuits, brillait comme une flamme,
Et qui, de l’esprit sain ayant rempli son âme,
Allait, parlant dans le désert !"
  Il est bien moins certain que Marguerite-Félicité Seguin ait perçu ce jeu dans ses dévotes Fleurs et larmes,
Seigneur , eh !, n'es-tu pas ce terme où tout aspire?
C'est vers toi seul, grand Tout, que mon âme soupire.
  Voici la première version du quatrain, qu'il m'a semblé devoir retravailler (ce qui a nécessité l'introduction d'un "émir vivable" dans l'affaire):
comme un wagon martial se souvient des lents trains
l'âme visible envie un livreur quand il mire
comme un clown qui reçoit sa façon des dédains
l'aurore crème accède au terme où tout aspire
  Le passage du quatrain final au Gématron, d'abord pour vérifier que l'anagramme était exacte, m'a révélé que
EMIR / VIVABLE = 45 / 73,
bon équilibre doré.
  Il se trouve que j'ai achevé ce chapitre le 6 août, 73e anniversaire du 6 août 45, bombardement d'Hiroshima.
  J'ai évoqué ici le second roman de Raoul de Warren, basé sur cette importante date; dans son premier roman, Warren offrait une resucée du cadavre méconnaissable par l'écrabouillement de la tête de L'Aiguille creuse, épisode que j'ai repris ici (car bien entendu le mort n'est pas Norm).

  Luis Merz fait allusion à Mario Merz et à l'Arte povera. Il va de soi que son poème fibonaccien inspiré par l'esthétique de Beuron est aussi une anagramme du quatrain de Hugo.
  Mario Merz est l'auteur de Fibonacci 1202/Mario Merz 1970, livre de format 8x13 demi-pouces, de 55 pages.
  Tiens, 1202, année où Fibonacci a publié son fameux livre, est la section d'or de 1945.

  Si les tercets de Dante sont absolument authentiques, leur interprétation est le fait de la famille Love. Le premier a fait le bonheur des exégètes de tout poil, et mon ignorance de Dante et de l'italien ne m'autorise pas à émettre un avis. Voici une traduction du tercet du chant XXIII du Purgatoire:
Les orbites ressemblaient à des anneaux sans gemmes. Qui sur le visage des hommes lit O M O, aurait ici bien distingué le M.
  Je ne crois pas que le enne de l'autre tercet (chant XX du Purgatoire) se rapporte à la lettre N. En voici une traduction:
et cette ignorance nous est douce, parce que notre bien s’accroît de cet autre bien, que tout ce que Dieu veut, nous le voulons.

  Quoi qu'il en soit, ce problème entre les lettre N et M est récurrent dans Novel Roman, et ailleurs puisqu'un roman d'Agatha Christie a pour titre N or M? C'est son seul roman se déroulant pendant la guerre; ses héros y cherchent à démasquer deux espions nazis dont tout ce qu'on sait est qu'il s'agit d'un homme et d'une femme.
  Incidemment, la présence d'un major Bletchley dans l'intrigue a conduit le MI5 à enquêter, car ce qui se passait à Bletchley Park a été l'un des plus grands secrets de la guerre, et de la paix car 30 ans ont passé avant que ne soit révélé le rôle essentiel de cette entreprise de décryptage des codes allemands.
  Je comptais exploiter en 1998 la présence dans ce roman d'une auberge Sans Souci, avec le jeu "106 sous", lié à la demi-guinée, 10/6.

  J'ai évidemment modifié la une de L'Ouest-Eclair du 16 avril 1908, l'original est ici.

  La main levée vers le ciel dans les projets funéraires de Norm fait allusion à la tombe de Jules Verne, où celui-ci  sort de terre...
   Cette affaire de VERNAL MOON me rappelle que LA LUNE est l'anagramme de L'AULNE, dont un autre nom est LE VERNE.
  J'ai repéré plusieurs dates pascales cachées chez Verne, les plus remarquables dans ses deux premiers romans publiés, où le ballon Victoria comme le navire Forward débutent leurs expéditions un Vendredi saint.
  La mort qui survient le 17 avril 1908 dans ce chapitre a donc lieu un Vendredi saint, 106 jours après celle de Monlorné.

  Mon personnage
JEAN LOUIS BAROUKH MALAC = 30 76 76 30
était une idée de 1998, exploitant la veine 106 (30+76).
  Il était basé sur Le cas de Jean-Louis, l'histoire "centrale" des Huit coups de l'horloge, mais il ne m'a pas semblé utile de reprendre les naïvetés que j'envisageais en 1998.

30.7.18

apsara et espoir, et expir


Chapitre 13: MIRAGE DE LA VIE AU MAX
  HV et ses acolytes ne sont pas si malins que ça puisqu'ils ne s'aperçoivent pas que le "nouveau" carton n'est autre que le précédent tourné à 180°.
  A leur décharge l'ambigramme en était à ses balbutiements en 1908, et c'est précisément en 1908 que The Strand, le journal londonien qui publiait les aventures de Sherlock Holmes, en a proposé quelques exemples.
  Le premier, envoyé par un lecteur en juin 1908, a été ce chump, "idiot", qui pourrait s'adresser à HV.

  HV & Co sont moins excusables de ne pas voir les anagrammes de NOVELROMAN (ou plutôt pour eux de VERANOMNOL) qui apparaissent maintenant dans chaque chapitre. Après Or, lev, namon en hébreu et Non volarem comme valor nomen en latin, voici l'anglais, avec le mover de Nolan, qui fait allusion au film de Christopher Nolan, Le prestige (et au roman de Christopher Priest). Je rappelle que les magiciens Borden et Angier y rivalisent d'ingéniosité pour le tour L'homme transporté.
  Borden utilise un jumeau secret, Angier un dispositif inventé par Tesla en personne, permettant de dédoubler un individu (alors que le projet de Tesla était de le déplacer).
  Il faut se débarrasser de l'Angier qui disparaît, et il a été imaginé de le précipiter dans une cuve où il se noie, rappel expiatoire de la mort sur scène de la compagne d'Angier, peut-être victime de Borden.
    Si cette noyade est invisible des spectateurs, j'ai imaginé de la suggérer sur scène, pour ajouter du piment au tour, L'inversion de Mornel, allusion à L'invention de Morel, de Bioy Casares, dont le héros se trouve confronté à des projections holographiques et tombe amoureux d'un personnage sans réalité, Faustine.
  Tiens, la redoutable Fausta du cycle des Pardaillan de Michel Zévaco est aussi apparue en 1908.

  L'échec de Nolan est un roman de Claude Olier.

  Vona Mornel a d'abord été d'origine malaise, puis je l'ai faite cambodgienne en pensant au Roi lépreux, de Pierre Benoit, où le héros se nomme étrangement Gaspard Hauser, dont un avatar apparaîtra chapitre 15. J'essaie de multiplier les liens entre les chapitres, pour "faire prendre la sauce", comme dirait Perec. Ainsi Vona habite impasse des Kroumirs (qui a existé), un mot apparu chapitre 11, emprunté à Léo Malet (né un 7 mars, comme Perec).
  Les soeurs Hortense et Rose-Andrée habitent rue Alibert en souvenir de Gaspard Lenoir, le héros de La doublure de Roussel.

  Pierre Benoit me fait aussi penser à Benoît Peeters, lequel a exploité le thème de Peter Schlehmil dans L'ombre d'un homme, où Albert Chamisso est doté d'une ombre colorée.
  Je rappelle que Roland Brasseur a consacré son Pierre de Gondol à un parallèle entre Perec et Benoit. Il a mis en ligne son roman ici (je ferais bien de même avec mon Gondol si j'en avais le texte numérisé).

  Il faisait partie de mon projet de 1998 d'avoir, de part et d'autre de la 14e victime, un groupe de 13 et un groupe de 4 débutant et s'achevant par des anadromes, Len Romanov et Vona Mornel d'une part, Morvan Léon et Noël Navrom d'autre part.
  C'est une coïncidence en cours d'écriture du chapitre qui m'a conduit à imaginer que Vona avait connu Len. Le 23 juillet, second anniversaire de la mort de Ricardou, je suis allé me baigner au lac. Un couple est venu s'installer non loin de moi, et j'ai vu que l'homme lisait Block 46, le premier roman signé Johana Gustawsson, laquelle a joué un rôle important l'an dernier dans la chaîne de coïncidences qui m'a notamment conduit à reprendre le projet Novel Roman.
  Revenant à la maison après la baignade, j'ai eu la surprise de voir la couverture d'un Match donné par une voisine, qu'Anne venait de feuilleter. "C'est une fille", annonçait ce n° 3590 de mars en montrant le ventre de Laëtitia Milot, dont je soupçonne que le roman On se retrouvera, cosigné par Johana Gustawsson, est essentiellement l'oeuvre de cette dernière. La petite Lyana est née le 14 mai.
  La coïncidence ne s'est pas arrêtée là. J'ai conté ici comment mon activité de bibliothécaire bénévole m'avait fait découvrir, et lire, le roman de Milot-Gustawsson. Ce 28 juillet était mon tour de garde à la médiathèque d'Esparron, appartenant au réseau DLVA. Les usagers de chaque médiathèque ont accès à tous les documents du réseau, et ce samedi il y avait un seul document demandé par une autre médiathèque, On se retrouvera...

  Il est exact que le 18e grade du Rite Ecossais soit celui de Chevalier Rose-Croix, et qu'il y soit associé le Jeudi saint.
  Après avoir découvert le jeu sur le 14e des 18 volumes des romans de Richardson, m'ayant conduit à un parallèle avec la 14e des 18 périodes de 106 ans, de l'an 1 à 1908, la vie de Rosencreutz de 1378 à 1484, j'ai vu d'autres indices rosicruciens dans L'Aiguille creuse, où Lupin est blessé le 16 avril 1908, le Jeudi saint. Beautrelet, âgé de 18 ans, retrouve l'endroit où il était caché, 53 jours plus tard, le dimanche de Pentecôte, une crypte où il descend par une échelle comptant 18 échelons. Un cadavre gît dans la crypte, mais Beautrelet démontrera que ce n'est pas Lupin...
  Ces 53 jours m'avaient fait rebondir vers Perec, sans envisager de réelle intention ésotérique de sa part, mais l'influence de Lupin était explicite dans son projet.
  Le chapitre précédent et ses commentaires ne m'ont pas donné l'occasion d'aborder la curieuse abondance des multiples de 53 parmi les 48 ensembles Prélude-Fugue du Clavier bien tempéré. 3 ensembles comptent 53 mesures, 1 106 mesures, 2 159 mesures. En tout 583 mesures, me rappelant une curiosité en hébreu, où "onze" se dit assar ehad,
OSR AHD = 570+13 = 583 = 11x53.

  De multiples indices donnent à penser que L'Art de la fugue aurait dû être publié en 1749, soit 33x53, 159 ans avant L'Aiguille creuse, avec
L AIGUILLE CREUSE = 12+76+71 = 159.
  Sans toujours en déduire quoi que ce soit, le jeu qui m'a conduit, en isolant la 14e des 18 lettres d'amour du roi George, à N; AM-OR, conduirait, en isolant cette nouvelle des 8 que compte le recueil, à B; A-CH.

18.7.18

cette note-ci égale la, celles-là si


Chapitre 12: L'ELU DE PI DUODECIMAL

  Le personnage de Marvel Noon est en partie emprunté au roman inachevé de DH Lawrence, Mr. Noon, où Gilbert Noon est un jeune professeur de mathématiques, espérant que son don pour la musique et la composition soit un jour reconnu.
  Le roman ne s'étend guère sur les orientations musicales de Noon, et j'en ai fait un compositeur d'avant-garde ayant précédé de quelques années la musique sérielle d'Arnold Schoenberg et de l'école de Vienne. Bien entendu le nom du directeur Roland Belmont du conservatoire de Vienne (Isère) est calqué sur Arnold, dont les anagrammes ont fleuri parmi ses descendants, Ronald, Randol...
  Le roman de Lawrence est en large partie autobiographique, David Herbert Lawrence ayant lui-même été enseignant avant d'être reconnu en tant que littérateur. Comme Gilbert, il a rencontré une femme fatale (en français dans le texte), Frieda Richtofen-Weekley-Lawrence-Ravagli Frieda von Richtofen, devenue Johanna dans le roman. J'ai eu l'occasion de mentionner les frasques précédentes de Frieda et de sa soeur (à Vienne notamment) ici. Certaines répliques de "ma" Johanna sont empruntées à celle de Lawrence.
  Le nom du père de ma Johanna, Adalbert von Schattenlos ("sans ombre"), fait allusion à l'auteur de Peter Schlemihl. Dans ce roman un personnage se nomme Thomas John, or John Thomas and Lady Jane est une version alternative, soft, de L'amant de Lady Chatterley.
THOMAS/JOHN = 76/47 est l'exact arithmonyme de
GEORGES/PEREC = 76/47, lequel avait Peter Schlemihl dans sa bibliothèque (numéro 1359).
 
  Noon vivait en Côte-d'Or (21) avant qu'il vienne en Isère (38) pour faire allusion à B-A-C-H, 2-1-3-8.

  Noon, s'il faut le préciser, signifie "midi", "12 heures", et c'est presque l'homophone de noun, "nom". Il m'a semblé s'imposer qu'il soit la 12e victime VERANOMNOL, au chapitre 12.

  L'idée de transposition duodécimale de Pi a probablement déjà été proposée, mais elle aurait été plutôt novatrice en 1908. J'ai trouvé ici d'autres adaptations, dont une utilisant la représentation de Pi en base 7.
  Le titre de la composition de Noon se trouve, par hasard, avoir la valeur 171 comme bien d'autres titres d'oeuvres (La nuit de l'anagramme) proposés dans Novel Roman:
TWELVE TONE PIE = 87+54+30 = 171 (à noter que le rapport doré 87/54 correspond au nom d'un des plus fameux viennois, SIGMUND FREUD, né en 1856 comme Noon, qui est évoqué dans Mr. Noon, où le premier mari de Johanna est un psy freudien, et Freud croise la route des soeurs Richtofen dans le roman de Tobie Nathan Mon patient Sigmund Freud).

  Les notes A et H (la et si) soulignées sur la partition sont en souvenir de ce qu'a fait Alban Berg sur sa propre partition de la Suite lyrique, correspondant à Alban et Hanna, son aimée.
  Je n'ai trouvé en ligne que les 100 premières (duo)décimales de Pi,
3,18480 9493B 91866 4573A 6211B B1515 51A05 72929 0A780 9A492 74214 0A60A 55256 A0661 A0375 3A3AA 54805 64688 0181A 36830
où les chiffres 0 et 2 ne se côtoient effectivement pas, mais c'est moi qui imagine qu'elles se jouxtent pour la première fois aux rangs 359-360 (en pensant aux réelles décimales 358-359-360 de Pi, 3-6-0).
  Il y a une erreur dans ma transcription, où le chiffre souligné ci-dessus a été oublié. J'ai laissé tel quel.
  Note: GEF m'a fourni d'autres duodécimales de Pi, et la premier côtoiement de 0 et 2 arrive en dait aux rangs 227-228.

  Dans le projet de 1998, je comptais cantonner Noon dans son activité de sérialiste inspiré par les notes B-A-C-H, avec de lointaines allusions rosicruciennes, ce qui était plutôt stupide car bien peu de lecteurs auraient pu saisir ces allusions. Il est vrai que je comptais associer aussi au roman des commentaires explicatifs sous une forme ou une autre.

  Comme dirait Dan Brown, tout ce qui concerne ici les Rose-Croix et Bach est rigoureusement authentique. Ma seule incartade a été d'imaginer rosicrucienne l'expression VALOR NOMEN, qui est bien sûr une nouvelle anagramme de NOVEL ROMAN.
  Le livre Bach et le nombre me fascine depuis plus de 20 ans, avec diverses questions. Comment les auteurs, un musicologue et un organiste, ont-ils découvert que la gématrie des diverses inscriptions du prétendu tombeau de Rosencreutz donnait l'année de la découverte de ce tombeau? Ceci était-il intentionnel dans la Fama Fraternitatis? Que penser des concordances avec la musique de Bach?
  Certaines négligences dans Bach et le nombre m'interloquent par ailleurs. Alors que les auteurs décortiquent note par note les 47 mesures de la "fugue BACH", la fin disponible du Contrepoint XIV, qu'ils y constatent des choses fabuleuses, par exemple dans les thèmes, au nombre de 14, qui se répartissent en
2 (B) thèmes BACH inversus de 7 notes
1 (A) thème BACH étendu de 12 notes
3 (C) thèmes dans la superposition finale
8 (H) thèmes BACH normaux de 10 notes,
qu'ils voient les 106 notes des 11 thèmes BACH faire allusion à Rosencreutz,
que les 59 notes de la superposition sont répartis en 21-38 (BA-CH) par le début du thème BACH,
qu'ils calculent la gématrie totale des notes composant la dernière ligne mélodique de la partition,
comment ont-ils manqué de voir que le premier thème BACH avait la valeur totale 120 répartie en 14+106, en parfaite corrélation avec leur analyse?

  J'ai pu me demander si c'était une omission volontaire, histoire d'inciter les lecteurs curieux à persévérer, mais j'ai abandonné cette hypothèse, tant certaines propositions des auteurs sont contestables quand on les analyse de près.
  Une autre hypothèse est qu'ils auraient pu juger que c'était too much. Comme Marvel Noon l'indique, le seul nom Bach génère aisément les nombres impliqués, 106, 120, 65, à partir du moment où il est décidé de faire un thème débutant par les notes BACH, et c'est tout de même dérangeant dans le cadre de leur thèse, voyant Bach avoir eu une totale maîtrise des relations décodées dans sa musique. Cependant, il arrive à Van Houten et Kasbergen de constater que certains faits extérieurs s'accordent remarquablement avec les "nombres bachiens".

  De fait, l'immersion dans la musique de Bach est une aventure dont il est difficile de sortir indemne, tant les nombres semblent s'y organiser en architectures cohérentes. Deux problèmes majeurs sont soulevés, la multiplicité des analyses pour les mêmes recueils achevés, selon les approches des différents exégètes, l'histoire de ces recueils, où certaines pièces ont connu d'autres états avant la version définitive, ce qui est incompatible avec des idées préexistantes lors de leurs conceptions.
  La question reste ouverte, alors qu'il est au moins admis  par tous les spécialistes qu'il n'était pas indifférent pour Bach que les rangs des lettres de son nom totalisent 14.

  Le retour au Contrepoint XIV (ou fugue 14) pour ce chapitre m'a conduit à une nouvelle constatation que je ne résiste pas à partager. En comptant le dernier thème BACH, dans la superposition avec les deux autres thèmes, les 12 thèmes BACH comptent 116 notes dont la valeur totale est 1687, un nombre suffisamment proche de 1685 pour voir s'il n'y aurait pas moyen...
  Et la première de ces 116 notes est évidemment un B, de valeur 2, qui occupe la fin de la mesure 193 dont le début contenait les dernières notes de la seconde partie de la fugue, en conséquence les 46 mesures complètes de la dernière partie de la fugue comptent 115 notes pour les thèmes Bach de valeur 1685.
  115 est l'un des "nombres bachiens", interprété par VH&K comme
28 JULIUS = 28+87, la date de la mort, ou encore
DATUM + MONAT = 56+59 = 115, la date et le mois...

  Ceci dit, les pièces du dossier me semblent clairement indiquer que Bach avait achevé le Contrepoint XIV, et que cette fin a été égarée par inadvertance, quelles que soient les merveilleuses relations découvertes dans la fugue inachevée, et les trouvailles de VH&K sont ici si éblouissantes qu'elles justifient une lecture attentive de Bach et le nombre, au moins sous l'angle de la synchronicité.

  Certains éléments semblent aussi s'être ajustés merveilleusement pour ce chapitre 12, avec la naissance de Noon, 171 ans après celle de Bach, conduisant à 1856, anagramme de 1685. La relecture de Bach et le nombre m'a fait redécouvrir que le rédacteur probable des manifestes Rose-Croix, Valentin Andreae, était né en 1586. C'est lui qui a fourni ses prénoms à Valentin-Andreae Monlorné, permettant dans notre alphabet:
VALENTIN ANDREAE MONLORNE = 97+48+106 = 251,
faisant apparaître les 106 ans de Rosencreutz, ainsi que le découpage 97-154 correspondant, selon l'alphabet latin, à
CHRISTIAN ROSENCREUTZ = 97+154 = 251.
  Par ailleurs la valor nomen de VALOR NOMEN, précisément, est 120, rendez-vous à 2028 pour l'ouverture du tombeau de V-A MONLORNE.
  Dans notre alphabet, ROMAN NOVEL a pour valeur 129, qui est aussi celle, latine, d'un des mots importants de l'épitathe,
SEPULCHRUM = 129, pareillement en 10 lettres.

  Comme je l'ai déjà indiqué, SFR a supprimé mes pages perso (pas seulement les miennes), et je n'ai pas tout remis en ligne, notamment mes pages BACH que je chérissais particulièrement, mais qui n'ont guère suscité de retours...
  A l'occasion de ce billet, j'ai remis en ligne l'étude où il est question de l'interprétation des 544 mesures des Sinfonien, et des 488 mesures des Inventionen qui y sont étroitement associées. J'ai rencontré depuis ce nombre 488, qui était le matricule de Jung à l'OSS. J'ai parlé ici du roman de Nicolas Beuglet, où ce fait était exploité, avec quelques défauts de "jeunesse" (Jugend), et c'est l'occasion de signaler son récent roman Complot, qui me semble beaucoup plus réussi, bien que je n'y aie pas trouvé matière à rebonds quaternitaires...

  Comme cette étude ne donnait pas le détail des inscriptions du tombeau de Christian Rosencreutz, les voici, avec d'abord les inscriptions proprement dites sur le cercueil.
  L’épitaphe en 48 lettres :
ACRC Hoc Universi Compendium Vivus Mihi Sepulchrum Feci = 544
puis les 5 inscriptions totalisant 72 lettres, formant un mandala :
Jesus Mihi Omnia      = 157
Nequaquam Vacuum = 180
Libertas Evangelii    = 162
Legis Jugum              = 118
Dei Gloria Intacta      = 142
  En tout 120 lettres de valeur 1303 auxquelles il faut ajouter l’inscription de la porte du caveau :
Post CXX Annos Patebo = 181 en 15 lettres + CXX (120 en chiffres romains)
  En tout 135 lettres de valeur 1484, l’année de la fermeture du caveau, à laquelle il suffit de rajouter les 120 de CXX pour obtenir 1604, l’année de l’ouverture du caveau.
  En tout 138 lettres de 2 (B) natures différentes, et 138 pourrait se lire 1-3-8, a-c-h... VH&K se gardent d'indiquer cette possibilité qui est encore too much.

  Dans les Noces Chymiques de Christian Rosencreutz de 1616, attribuées à Valentin Andreae, apparaît une énigme gématrique où il est demandé à Rosencreutz de trouver un mot de valeur 55, avec diverses indications sur les valeurs des lettres le composant. Le problème fut proposé à Leibniz qui trouva la solution ALCHIMIA, alors que le réel mot semble plutôt ALCHINIA.

  Il m'est venu l'idée de regarder s'il y avait des personnes nées en 1908 et mortes en 2014. Il y en a, et la première rencontrée en lançant la requête "1908 2014" est Angèla Leblanc, une Canadienne décédée le 22/4 (112e jour de l'année, a remarqué phrère Laurent). La présence à Vienne d'une cathédrale Saint-Maurice m'avait aussitôt donné envie de l'exploiter, en hommage à Maurice Leblanc qui est le grand initiateur de Novel Roman.
  La première rencontrée avec la même requête en images est une autre Canadienne, Anne-Marie Lachance, dont les cendres ont été déposées au cimetière Belmont. Je découvre ceci après avoir choisi le nom de Roland Belmont pour l'école de musique de Vienne.

  Les notes la et si de mArvel et joHanna m'ont rappelé la Guitare sommaire de Boby Lapointe, ce qui m'a aidé pour choisir le titre de ce 259e billet de Quaternité, titre de valeur correspondante à son rang, comme tous les billets de commentaires de Novel Roman jusqu'ici.