26.4.09

ǝpıɯɐɹʎd

à dp

Hier matin 25 avril je découvrais que le nom Marc venait du latin marcus, "marteau", avec sidération puisque le marteau hébreu, mappets, s'écrit par 3 consonnes MPC correspondant dans le code atbash aux 3 lettres JWH composant le tétragramme JHWH. Le remarquable oracle du "marteau" de Jérémie figure dans le même chapitre 51 où apparaît l'indiscutable usage de l'atbash SSK, Sheshakh, pour BBL, Babel.
Le billet suivant, Babel et la bête, m'amenait via le renversement de Babel, lebab, "coeur" en hébreu, au lion russe львев et au lion tokharien śiśäk, ce qui me fit découvrir Wewel et Sisak, les seuls châteaux triangulaires toujours debout, et en proposer la superposition que j'ai nommée Etoile de Babel, traduction architecturale du jeu BBLSSK. Je crains qu'il ne faille lire la plupart des autres billets depuis pour en mesurer toutes les implications, le dernier épisode étant donc le retour via Saint Marc, dont l'emblème est le lion, au marteau initiateur.
Hier soir 25 avril, je repérai sur mon programme TV le docu B comme Babylone sur Arte, et j'appris lors d'un intermède préliminaire qu'il était diffusé à l'occasion d'une journée consacrée au Louvre, ce 25 avril clôturant également une période (du 3 au 25 avril) où le musée commémorait le 20e anniversaire de l'inauguration de la Pyramide de Pei, le 30 mars 1989.
Lors de ces intermèdes (j'ai regardé aussi le suivant), une animation montrait l'image de la Pyramide de Pei partir du bas de l'écran à la rencontre de son reflet en blanc, descendant du haut de l'écran, pour former un losange. Je n'ai hélas pu capturer l'instant fugace où les deux triangles se superposaient en une étoile de David, mais ces images en supposent la nécessaire intermédiarité.

Pendant la diffusion de B comme Babylone, et des autres docus de la journée Louvre, le logo arte en haut à gauche de l'écran était à diverses reprises accompagné d'une brève animation (ces docus sont visibles ici gratis pendant une semaine).
C'était cette fois une Pyramide qui descendait à la rencontre de son reflet blanc montant, sans superposition. Les deux triangles s'immobilisaient quelques secondes en un cône identique à celui du stade final de l'animation des intermèdes, puis le triangle blanc inférieur glissait vers la gauche, jusqu'à ce logo final, où le triangle inférieur reste en contact par une pointe avec la Pyramide, et où apparaît le mot LOUVRE.

Ceci n'a pas manqué de m'évoquer les couplages de A et de V étudiés dans le billet précédent, à propos de L'ordre impair et du livre magique Visio Veritatis, sur la couverture duquel les V tête-bêche sont précisément au centre d'un losange.
J'indiquais le cousinage de L'ordre impair et de La lance de la destinée avec Da Vinci Code, que j'ai lu, comme pas mal de gens, et dont j'ai déploré l'inspiration basée sur l'affaire du Prieuré de Sion, depuis longtemps démontrée être une vaste fumisterie.
J'y ai apprécié cependant le dénouement, l'idée du triomphe du symbole de la féminité, le triangle pointe en bas, caché et pourtant offert à tous dans la pyramide inversée du Louvre. Je n'ai jamais vu cette création de l'intérieur, ce que je me promets de faire à mon prochain séjour parisien, au vu de cette superbe photo.
Wikipédia m'apprend que l'idée d'une Pyramide jouxtant le Louvre remonte au père de Balzac, qui l'aurait proposée en 1809 comme l'une des Deux grandes obligations à remplir par les Français, en l'honneur de Napoléon. On lui préféra alors l'Arc de Triomphe... J'en vois confirmation ici, bien que ce semble être une coïncidence, Pei et ses collaborateurs ayant envisagé diverses formes géométriques de base avant d'opter pour la pyramide. Coïncidence pour coïncidence, je m'émerveille de voir apparaître ce nom de Balssa/Balzac que j'avais déjà envisagé lors de mes déambulations autour des lettres BLSK. Il est encore fabuleux que cet an 2009 ait commémoré non seulement les 20 ans de la Pyramide effective, mais aussi les 200 ans de sa première idée.

Le nom complet de Pei est IEOH MING PEI, et il me semble avoir déjà remarqué jadis que son prénom (si c'est bien un prénom en chinois) peut être exactement homologué au Tétragramme JHWH dont les lettres hébraïques sont diversement translitérées :
yod = I, J, Y
he = A, E, H
waw = F, O, U, V, W
Le Tétragramme est souvent représenté dans un triangle, par les francs-maçons notamment, mais le vitrail ci-dessus est à St-Germain-des-Prés.
Les différentes analyses du Tétragramme font souvent intervenir son ambivalence masculin-féminin.

Cette magnifique image de la pyramide inversée permet de distinguer les reflets du pyramidion au-dessous et de la pyramide elle-même.
Ces multiples reflets me rappellent le subtil plan de The Fountain, où, dans un musée imaginaire ou non, Tom et Izzi, debout sous les initiales de Divine Words, se trouvent reflétés individuellement de part et d'autre du couple. Mon esprit tortueux renverse ces initiales dw en mp, comme Ming Pei, ou comme MPC, le marteau en hébreu...

J'avais aussi apprécié de trouver mention de l'atbash dans Da Vinci Code, pour un jeu dont j'ai envisagé de parler dans le dernier billet, où le nom Sofia faisait coïncidence.
Si le jeu est donné sans recul par Dan Brown, et il est en fait hautement improbable que les Templiers aient eu accès à cette subtilité, puisque jusqu'à leur connaissance du mot "Baphomet" est douteuse, il est remarquable que son écriture hébraïque, sous la translitération BFOMT (בפומת), livre la forme atbash SOFIA (שופיא).
Une autre interprétation imaginative en fait un BAsileus philosoPHOrum METallicorum, roi des philosophes métallurgistes, c'est-à-dire des alchimistes.

Je rappelle que ma fascination pour les lettres BLSK sous leurs diverses formes m'a conduit en février à découvrir la latitude de KiSiLoVa, 44°44'. J'ai ensuite suivi ce parallèle qui m'a mené à Cessac, commune girondine où j'ai vendangé il y a bien longtemps, Cessac qui m'a rappelé le codage SeSaK de BaBeL.
Je me suis demandé peu après quelles étaient les coordonnées de Babil, le nom irakien de Babylone, et j'ai entré ce nom sur GoogleEarth. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le logiciel connaissait un seul autre Babil hors d'Irak, un lieu-dit de Gironde à 34,5 km de Cessac !
Ceci m'a conduit à construire l'étoile de Babil ci-dessus (cliquer pour agrandir), à partir des points correspondant à Cessac et Babil, et à chercher ensuite les toponymes les plus proches des autres sommets. Le plus remarquable est Tripoteau, car j'avais illustré l'Etoile de Babel par une création d'un ami, basée sur la figure impossible de Penrose connue comme tripoutre !
Voici une autre de ses créations, plus directement issue du tripoutre originel.
Je m'en tiens là pour ce Babil, les autres noms n'étant pas aussi immédiatement évocateurs que Tripoteau, que je remarque proche de l'Abzac (Balzac décidément...)
Balzac me rappelle une image de mon enfance, les publicités des entractes au cinéma qui s'achevaient sur Jean Mineur visant le 1000 au centre d'une cible, mais son pic se démanchait et le fer en déchirait l'écran. Le 1000 de la cible se renversait alors pour donner le numéro de l'agence, BALzac 0001. Je retrouve l'animation sur YouTube, où je m'aperçois que ça se le Triangle des Bermagdaspassait dans un paysage minier très stylisé, avec des terrils se superposant contre toute logique, me rappelant étrangement les photos prises du pic d'Adam (Adamsberg) au lever du soleil.



Le titre de ce message est obtenu avec ce programme.
˙ǝɯɯɐɹƃoɹd ǝɔ ɔǝʌɐ nuǝʇqo ʇsǝ ǝƃɐssǝɯ ǝɔ ǝp ǝɹʇıʇ ǝl

Ayant déjà décidé de le dédier à dp, après avoir vu que son url serait réduite à .../04/pd, j'ai découvert ceci, en cherchant "tetragram" dans Google images. C'est le logo d'une encyclopédie scientifique, formé par les initiales des mots prudentia quaestio distinctio benevolentia, "prévoyance questionnement distinction bienveillance", selon des traductions respectant l'idée de départ.

Note du 27 avril : Je me suis avisé ce matin que j'avais omis de me renseigner sur Pei, et Wikipédia m'apprend qu'il est né le 26 avril 1917, et que c'était donc son anniversaire hier où j'ai écrit sur sa ǝpıɯɐɹʎd, dont arte honorait la veille le 20e anniversaire, le 25 avril, la Saint-Marc où je découvrais l'étymologie de Marc, "marteau".
Nouvelle bizarrerie, l'article est intitulé Leoh Ming Pei, erreur compréhensible partagée par 4000 autres pages ("l" minuscule est identique à "I" majuscule en arial), mais chargée de sens pour moi, LEO(H) évoquant immédiatement le lion latin, emblème de Saint Marc. A remarquer encore que cet article Leoh... est redirigé depuis l'article Ieoh..., et que lorsqu'il sera corrigé, le nouvel article Ieoh... sera probablement redirigé depuis l'article Leoh...

Note du 28 avril : Je demande à mon agent spécialisé dans les chinoiseries d'étudier les idéogrammes correspondant à Ieoh Ming Pei, et découvre alors que l'article Wiki vient d'être corrigé. Son historique signale que ça a été fait hier à 19:24 par un prénommé Rémi, comme moi, et que la modification du titre en Leoh... datait du 25 septembre 08 à 18:29. Comme prévu, Ieoh... est bien redirigé depuis Leoh..., mais je ne crois pas que j'aurais repéré ce nom écrit bien petit.
Et il m'est revenu qu'un des accès du Louvre est la porte des Lions, au sud du Carrousel et de la pyramide inversée...

J'éprouvais encore le regret de n'avoir pas souligné la quaternité de la pyramide, inversée ou non, dont les 4 points de la base carrée sont reliés par les arêtes, dans un autre plan, au sommet quintessentiel. GoogleEarth montre que la Pyramide de la cour Napoléon est encadrée par deux autres mandalas, la Cour Carrée du Louvre à droite, et le rond-point du Carrousel à gauche, où la base de verre de la pyramide inversée est au centre d'un jardin en quinconce.
Alors que je voyais le titre de mon dernier billet, "pair(à)pair", exprimer la quaternité, "pyramide" s'anagrammatise en "demy-pair", soit l'unité.

19.4.09

pair à pair

Femme libre, toujours tu chériras le pair
Baudelaire (légèrement modifié)

Encore quelque chose qui a pris du retard, ne pouvant être présenté qu'après le billet précédent sur la Lance de la destinée.
A la source il y a peut-être une coïncidence initiatrice. Lors de mon séjour à Paris en décembre, j'ai découvert par hasard le 3e volume des Léviathans de Paul Gillon à la médiathèque Clignancourt, la plus proche de ma résidence. Je me suis ensuite rendu à l'espace wifi de la médiathèque, où j'ai modifié en conséquence le billet Léviathans à gogo. Ce faisant, je me suis avisé que mon voisin lisait une BD dont le graphisme m'était familier, et il s'agissait de L'ordre Cicéron, dessiné par Gillon.
J'ai noté ce titre, et de retour dans le 04 j'ai consulté le catalogue de la médiathèque de Digne, qui ne l'avait pas, mais qui avait une BD L'ordre impair, en 4+1 tomes comme Quintett, parus de 2004 à 2008, intitulés
Anvers 1585
Séville 1600
Rome 1644
Paris 1791

et Où tout s'achève pour le dernier.

Les albums sont à la cote CUA comme Cuadra, nom de la scénariste principale, servie par le splendide dessin de Paul Teng.
L'histoire est un peu confuse. Il existe 4 exemplaires magiques d'un ouvrage maudit, Visio Veritatis, apparus lors des différentes éditions de ce texte (imaginaire) d'une certaine Mechtilde brûlée pour sorcellerie au Moyen-Age.
L'étrange Leonora Sartori semble avoir traversé les siècles, et être responsable de l'apparition de ces livres magiques. En ce début de 21e siècle, ses manigances aboutissent à placer les 4 livres entre les mains de diverses personnes liées à la situation politique indo-pakistanaise.
L'une de ces personnes est la femme du romancier Patrick Prada, Virginia, qui se suicide après avoir avalisé, contrairement à ses convictions, une exportation de matériel nucléaire sensible vers l'Inde. Patrick enquête, découvre le rôle de Leonora, ainsi que l'implication de sa propre mère, dont le décès survient bientôt. Dame Prada a souhaité se faire inhumer à Avioth, où reposent toutes ses ancêtres en lignée matriarcale.
Lors de l'enterrement est dévoilée la face cachée de la pierre tombale, montrant un couple féminin entouré d'un ourobore (serpent se mordant la queue) et d'une mystérieuse inscription rappelant la couverture du Visio Veritatis, formée de deux V symétriques.
La piste lui fait découvrir une secte féminine séculaire, dont le but est de renverser l'ordre impair, dirigé par les hommes, pour le remplacer par l'ordre pair, où la femme dominera.
La tactique de Leonora semble être de provoquer une guerre planétaire pour permettre l'émergence de l'ordre pair, mais ce n'est pas très clair. Il s'y joint une prophétie, qui prédirait le 7 janvier (2001) comme début de la guerre libératrice...
Le complot échoue, tandis que la piste mène Patrick à l'église de Saint-Julien-le-Pauvre, où une statue venant de la basilique d'Avioth contient un évangile secret témoignant de la préférence divine envers la gent féminine.
Patrick brûle le précieux manuscrit.
Les dernières images montrent Leonora sortir d'une librairie de Jérusalem. Un exemplaire du Visio Veritatis est ensuite exposé en vitrine...
Elle n'a pas renoncé...

Cette lecture a éveillé en moi de multiples échos, qui se sont précisés depuis.
J'ai notamment remarqué cette lignée matriarcale basée à Avioth, où il existe réellement une basilique et une légende d'une statue perdue, alors que ce mot m'évoque l'hébreu avoth, "patriarches". Précisément, j'ai parlé l'an dernier sur mon autre blog de la généalogie des premiers patriarches, l'une de mes premières découvertes sur la quaternité, il y a une vingtaine d'années.

Le jeu sur les V et A renversés m'a rappelé le symbolisme attribué aux triangles pointe en haut (mâle) et pointe en bas (femelle), d'autant que l'A du titre est carrément un triangle hardiment dressé. Je me suis demandé si la base de la souche matriarcale avait été choisi à AVioth pour les premières lettres de ce curieux toponyme, dont l'étymologie est effectivement donnée A VITA.
Le mois suivant je découvrais l'étoile de Babel, à partir des lettres BLSK, formée des deux châteaux triangulaires de Wewel et Sisak, se superposant pour former un symbole de totalité particulièrement associé aujourd'hui au monde juif. Je m'aperçois qu'on retrouve la même ossature consonantique dans BaSiLiQue, venant du grec βασιλικὴ, basilikê, "royale", parce que les premiers sanctuaires chrétiens ont été construits sur le modèle des basiliques romaines. On retrouve dans le grec moderne vassilika l'identité des consonnes B-V en hébreu.
Ceci m'a rappelé que Jung a pu prédire le danger qui menaçait son médecin parce qu'ils s'étaient rencontrés tous deux dans "l'autre monde" sous leurs formes premières de Basileïs de Kos, le titre royal dont se paraient les premiers médecins grecs (toujours les lettres BLKS).
C'est une autre curiosité que Leonora ait choisi pour théâtre de sa première tentative l'Inde où l'étoile à 6 branches a d'abord été un symbole essentiel, bien avant de devenir le symbole d'Israël, où elle amène ensuite un de ses livres maudits, à la librairie Olam Qatan qui existe vraiment à Jérusalem.
Ce nom signifie "petit monde", "microcosme", et la librairie a sur sa page d'accueil ce mandala, qu'on peut considérer comme une double étoile de David.

Le motif 4+1 des titres des 5 albums de L'ordre impair s'est reporté dans les rayons de la médiathèque, où je n'ai d'abord pas trouvé le dernier album qui, récemment paru, était au rayon Nouveautés. Je l'ai emprunté le 26 décembre, la veille de la diffusion de la fin de la Lance de la destinée.
Il y a des points communs entre ces oeuvres, au-delà du surf sur la vague ésotérique. Leonora échoue dans sa première tentative, non sans avoir pu transmettre son message (l'arbre généalogique de l'évangile secret brûlé par Patrick débute par une Sofia) :
Ils ont créé un dieu masculin, guerrier et vengeur, en niant les sources de la vie, la femme qui donne naissance... Sofia, la sagesse, n'est qu'un des noms qu'elle a reçus.
Or le dénouement de la Lance de la destinée voit l'héroïne Sofia triompher de son frère le vilain Erick, et carrément le tuer...
Patrick triomphant de Leonora voulant promouvoir sa Sofia, alors qu'il est lui-même issu de la lignée matriarcale d'Avioth, face au duel des jumeaux Erick-Sofia... Il est difficile d'imaginer une influence directe entre les deux scénarios, la Lance ayant été tournée alors que les deux derniers tomes de L'ordre impair n'étaient pas encore parus.
S'il est assez compréhensible que l'héroïne d'un thriller ésotérique se nomme Sofia (ou Sophie comme dans Da Vinci Code), plus étrange est la proximité des localisations des dénouements des deux intrigues. C'est donc à Notre-Dame qu'était cachée la Lance, dans une crypte secrète dont l'accès est commandé par une statue de la Vierge pivotant sur son socle. La découverte de la Lance s'accompagne de multiples effets dans la crypte, tourbillons, flammes, à l'extérieur des éclairs illuminent la cathédrale.
L'évangile secret est lui caché dans le socle d'une statue de la Vierge, dans la crypte de Saint-Julien-le-Pauvre, l'église la plus proche de Notre-Dame, à 200 m, juste en face sur la rive gauche. Le manuscrit semble avoir été réellement sacré, puisque sa consumation s'accompagne de l'élévation d'une colonne ignée au-dessus de l'église...

Un petit détail encore, j'ai rapproché la présence parmi les comploteurs de la BD d'un certain Natani de celle de l'Essénien Nathan dans la série TV, second du grand maître Lévy, ce qui m'avait amené à Lévy-Nathan, et au Léviathan... Sylvie m'a appris l'existence d'un classique anar féministe, au titre difficilement traduisible, Against His-story, Against Leviathan, de Fredy Perlman, en ligne ici.
"Contre l'His-stoire" donc, vue comme his story, l'histoire vue par l'homme, plutôt que her story, l'histoire telle que la verrait la femme.

J'avais commencé ce billet fin décembre, et devais donc lui trouver une nouvelle date de publication, pour qu'il apparaisse postérieurement aux nouveaux thèmes évoqués, l'Etoile de Babel par exemple. J'ai choisi le 19 avril, en pensant au vendredi saint 19 avril 1878, la date où s'achève Léviathan de B.Akounine, et ai décidé tant qu'à faire de débuter le billet à 19:04 le 19/04.
Je prenais un bain peu avant l'heure fatidique, en relisant un roman de Paul Halter dont je réexplore l'oeuvre depuis que j'ai découvert ses liens avec celle de Fred Vargas. Ce mystère en chambre close me rappela de belles coïncidences survenues il y a quelques années, concernant la meilleure histoire de chambre close, censée être la nouvelle Le trou de mémoire, de Barry Perowne.
Sorti du bain, j'ai débuté mon billet à l'heure voulue, puis j'ai été lire la page que j'avais alors consacrée à ces coïncidences, s'achevant sur une synchronicité exemplaire : alors que j'étais en train de constater, dans un contexte holmésien, la présence d'un Mark et d'un Marc, le facteur livra une revue dont la couverture offrait une grossière erreur, Marc (au lieu de Mark) Twain, et à propos de Sherlock Holmes...
Après avoir relu la page, où il est question d'autres "trous", j'ai été visiter les "blogs amis", notamment Etienne Perrot, où j'ai voulu consulter les commentaires d'un message. Ce faisant, j'ai ouvert automatiquement le formulaire de soumission de commentaire et son image de validation, une séquence de lettres à identifier, qui était "trous".
On pourra voir une image de validation de ce type en cliquant sur le champ commentaires de ce blog, hébergé par Blogger comme Etienne Perrot. Je donne plus de détails sur la page précitée, maintenant complétée par divers ajouts. S'il était peu attendu de voir apparaître un mot valide en français, que dire d'un mot aussi significatif dans le contexte de ma page initiée par un "trou", dont le point culminant était la matérialisation immédiate de ma réflexion sur Marc/Mark ?
Je ne peux bien entendu prouver avoir pensé ceci ou cela à tel ou tel moment, et je serais le premier à ne pas croire sur parole de pareilles histoires, mais voilà, ça m'est arrivé, et je crois devoir en témoigner, d'autant que ces coïncidences m'ont porté à tenter de les approfondir, avec des résultats leur confirmant une certaine validité (Ce qui n'a pas été confirmé par le hasard n'a aucune validité, disait Hans Bellmer).

Note ajoutée le 25 avril, après publication hier du billet : On sait que Samuel Clemens a choisi pour pseudo mark twain, le cri des bateliers du Mississipi indiquant que la profondeur de deux brasses est bonne pour la navigation. Ici mark signifie "marquer", ce qui me fait me demander enfin la signification originelle du prénom : du latin marcus, "marteau", m'apprend mon dico, ainsi un lien apparaît entre le marteau, qui a initié ma dérive vers l'atbash et le jeu BBLSSK, et l'emblème de Saint Marc, le lion, dont les noms lvev et sisak m'ont mené aux châteaux triangulaires de Wewel et Sisak.
Et le dico m'apprend aussi que c'est aujourd'hui 25 avril la Saint-Marc.

Je me suis avisé d'une évidente ressemblance entre les noms des personnages concernés au premier chef par "Marc/k" et "trous", Perowne et Perrot. Si Etienne Perrot est un adepte de "Sainte Chronicité", qui a confié de multiples témoignages de sa propre expérience synchronistique, il m'est souvenu à l'instant, 5 jours après les "trous" d'Etienne Perrot, que Barry Perowne avait écrit une nouvelle issue d'une remarquable coïncidence vécue.
Par une autre remarquable coïncidence, je n'ai eu aucune peine à retrouver ce texte, Sachant ce que je sais maintenant, paru dans Mystère-Magazine n° 81 (1954). J'ai regardé une pile de numéros disparates de cette revue l'autre jour, pour y relire une nouvelle parue dans le n° 45, qui était resté sur le sommet de la pile, et il se trouve que le n° 81 était juste en-dessous.
Je ne dirai rien pour l'heure de cette nouvelle, tant la prolifération effrénée des coïncidences me semble devoir être canalisée. Ainsi, j'ai éprouvé le besoin de relire un pastiche d'Arsène Lupin paru dans le n° 45, Arsène Lupin contre le colonel Linnaus, à cause justement de la redondance des PER (PERowne-PERrot-PERec) qui m'a fait penser au pseudo anagrammatique Peer Linnaus utilisé dans cette nouvelle écrite en 1944, et il m'était revenu quelques jours plus tôt que, dans une nouvelle écrite en 2001, j'avais utilisé ce pseudonyme et sa valeur numérique
PEER = 16+5+5+18 = 44
pour un jeu 44-44, préfigurant en quelque sorte ma découverte du 4/4/44 (plus de détails sur la page déjà mentionnée).
Le lendemain de cet ajout sur Peer, ici prénom nordique, je me suis avisé que peer en anglais signifie "pair", et que l'irruption des différents PER avait coïncidé avec le début de mon billet sur l'ordre PAIR, opposé à L'Ordre impair titre de la BD.
Ceci m'a fait valoriser une coïncidence que j'avais écartée. Le "microcosme", olam qatan, vu plus haut m'avait rappelé le film Microcosmos, produit et commenté par Jacques Perrin, or c'est Jacques Perrin qui jouait le chef des Esséniens David Lévy, "père" des jumeaux Erick et Sofia. Outre d'incarner "un père", PERrin en est ici l'anagramme phonétique, comme de "impair".

J'ai parlé dans l'avant-dernier billet d'un problème de mon disque dur qui m'a fait perdre le fichier des images de ce blog. C'est une des raisons qui m'a fait précipiter l'achat d'un notebook, le 14 avril. J'espérais pouvoir ainsi doubler tous mes fichiers sensibles, mais je n'ai pas encore réussi à établir la liaison peer-to-peer, pair-à-pair dit-on en français, permettant cette sécurité.
Ceci m'a néanmoins fourni le titre de ce billet, qui aura pour url .../04/pair-pair, puisque Blogger supprime les caractères accentués dans les titres de billets. Ce qui me rappelle que les pythagoriciens appellent "pairement pairs" les nombres multiples de 4 (comme 44 valeur de PEER comme de PAIR).

Je crois encore devoir aborder une autre coïncidence de ce jour où j'achève ce billet, 24 avril, sans trop la développer. J'ai relu aujourd'hui Le Mort du Vendredi Saint, de JT Samat, publié en 46 dans la collection La Cagoule (et probablement écrit vers 1935). Je n'ai repéré qu'une grosse coquille dans ce livre, page 130 :

Cette répétition Chave.Chave. me frappe particulièrement, car un autre Chave était impliqué dans un autre réseau de coïncidences, étudié ici, où je rapprochais ce nom typiquement méridional de l'hébreu chave, signifiant "semblable", "identique", ce qui est un des sens de "pair"...
Donc un "pair-pair" (un peu pervers) dans ce bouquin fini le même jour que le billet pair-pair, ce jour où je me suis rappelé de la nouvelle synchronistique de PERowne.
Ce jour encore où je n'ai plus pu ignorer PERrin dans son rôle de chef des Esséniens Lévy, or la tueuse du roman de Samat a tué chaque vendredi saint de 1929 à 34 un responsable religieux, à commencer par le grand rabbin de Marseille, Abraham Lévy.

Comme le dit Perowne à propos de sa nouvelle :
Sachant que ce que je relate est vrai, je peux avoir l'espoir qu'une telle coïncidence, si elle est trop énorme pour être entièrement acceptée par le lecteur, le soit également trop pour être entièrement rejetée par lui...

7.4.09

Lance et destin

Avec un retard considérable, provoqué par les glissements sur les gouffres Hammer et autres détours de Babel, je peux enfin parler d'une mini-série tv vue les 20 et 27 décembre dernier, La Lance de la destinée, que j'ai regardée à cause des premiers mots du résumé, évoquant la découverte lors de travaux de terrassement du corps en catalepsie du général Dromard, disparu sous Napoléon...
Dromard est le nom d'une personne liée à une coïncidence dont je ne peux rien dire de plus sans son accord.

Je n'espérais pas grand-chose de cette fiction dans la lignée Indiana Jones ou Da Vinci Code. Il s'agit donc de la Lance qui a frappé le Christ en croix, perdue depuis Napoléon, mais des documents retrouvés dans la tombe de Dromard contiennent le secret de sa cache.
L'archéologue Sofia Béranger se lance dans la quête, aidée par de mystérieux Esséniens, un groupe secret veillant sur la Lance.
Les forces du mal sont représentées par l'Axus Mundi, qui veut s'approprier la Lance pour dominer le monde... Il existait une prophétie annonçant que le combat ultime pour la Lance aurait lieu en 2007, entre deux jumeaux, Rachel et Joshua, les fils du grand Maître Essénien, David Lévy.
Après l'enlèvement par l'Axus Mundi une vingtaine d'années plus tôt de Joshua, devenu Erick Engel, le grand Maître a mis sa fille à l'abri en la faisant adopter par son ami Béranger. Et ce sont Erick et Sofia, Rachel et Joshua donc, qui se retrouvent effectivement face à face lors de la découverte de la Lance dans une crypte inconnue de Notre-Dame.
Les mauvais succomberont, mais aussi le grand Maître qui sera enterré dans la propriété des Esséniens, parmi 4 autres tombes, esquissant un mandala, au pied d'un arbre vénérable.
Les dernières images du film montrent Nathan, l'assistant de Sofia/Rachel, qui était aussi un Essénien, venir ranger la Lance dans le tombeau de David Lévy... On peut supposer que c'est Nathan qui succèdera à David à la tête des Esséniens...
Pourquoi des Esséniens ? on n'en saura rien, mais j'avais déjà réagi à la lecture de ces noms David et Nathan, sachant que Et le 8e jour..., parodie d'une semaine pascale dans la communauté de Quenan, calquée sur la Qumran essénienne, est un synopsis de Fred Dannay, né sous le nom de Daniel Nathan, assisté d'Avram Davidson pour la mise en forme de roman.
Mieux, lorsque celui qui pensait s'appeler Daniel Nathan a voulu changer de nom, il a découvert que son état civil réel était David Nathan, le médecin qui s'était chargé de l'inscription ayant préféré ce prénom à celui qu'avait choisi ses parents...

Et il y a ce mythologème de l'affrontement de deux jumeaux, dont les noms m'ont frappé, en cette période où je me préoccupais de la semaine sainte de 1878 dans Léviathan (Lévy-Nathan ?), de Boris Akounine, où:
- le 16 avril, mardi saint, le second du paquebot Charles Reynier se débarrasse à Bombay du capitaine Joshua Cliff. Charle(s) est l'anagramme de Rachel, et ce sont aussi les noms de deux figures des jeux de cartes, le roi de coeur et la reine de carreau, figurant sur les couvertures originales des six premiers Queen (rappel : Reynier ressemble à un palindrome du mot "reine", les figures des jeux de cartes étant le plus souvent représentées tête-bêche). Le roi de coeur Charles est encore Charlemagne, qui passe pour avoir dû ses victoires à la possession de la Lance. Faut-il rappeler que le 4/4/44, jour de l'échange des destins de Jung et de son docteur, était un mardi saint ?
- le 19 avril, vendredi saint, Charles désormais seul maître du Léviathan tente de le saborder, mais il est tué par le commissaire Gustave Gauche, à son tour éliminé par la jeune Suissesse Renata Kléber. Charles-Gustave-jeune, (Carl-Gustav-jung), je suis toujours ébahi par cette séquence, comme par le prolongement du Décorateur, où Fandorine n'aura pas la même clémence envers un criminel dans la nuit de Pâques 1889.

Je ne peux qu'inviter à se reporter aux billets concernés. Un autre rapport avec la Lance de la destinée, c'est le vendredi saint, puisque cette arme aurait acquis ses pouvoirs au contact du sang du Christ, le vendredi de la Passion. Cette Lance et le vendredi saint sont au coeur de La quête du Graal, où Perceval guérit un vendredi saint le Roi Pêcheur, frappé par la Lance un autre vendredi saint.
Dans la version allemande de l'épopée médiévale, Perceval devient Parsifal, interprété comme parsi fal, "le pur fol" (der reine Tor). J'ai utilisé la version wagnérienne pour écrire en 2002 la 3e aventure de Thomas Depic, Ö, qui se passe le vendredi saint 14 avril 1933 à Cologne, où le monde est à deux doigts d'être dominé par des forces maléfiques, convoquées par les nazis, au moyen de la Lance...
On sait que Hitler était fasciné par Parsifal et que juste après l'Anschluss il a fait transférer la prétendue Sainte Lance de Vienne à Nuremberg. Le plan nazi était contrecarré dans ma nouvelle par quelqu'un qui était l'antithèse de "Adolf Hitler", et dont le nom en était l'anagramme, Hardi Follet, au sens proche du "Pur Fol" wagnérien.
J'avais convoqué aussi Arsène Lupin, qui se confondait en fait avec le personnage de mon privé polymorphe l'As Depic, artisan secret du succès de Hardi Follet. J'étais assez satisfait de cette anagramme Hardi Follet, et voici qu'un an plus tard je me suis aperçu qu’une anagramme d’ARSENE LUPIN était LE PUR INSANE, « insane » étant un synonyme immédiat de « fol »...

Cette coïncidence était pour moi un lien avec l'anagramme Rachel-Charle(s) vue précédemment, mais elle prend un nouvel aspect après le dernier billet où j'ai vu une résurrection un vendredi saint dans Dans les bois éternels, le roman de Fred Vargas où plane l'Ombre, la tueuse Claire Langevin, dont je proposais l'anagramme "Carl Jung aliéné" (avec les équivalences I-J et U-V).
Je remarque que le soldat ou centurion qui aurait frappé Jésus de sa lance est supposé s'être appelé Gaius Cassius Longinus, où je retrouve les initiales GC et IUNG dans lonGINUs. Jung avait achevé ses Sept sermons aux morts en 1917 par une anagramme déchiffrée par Aniela Jaffé, avec les J devenus aussi des I : CARL GUSTAV IUNG - IN KUESNACH - IAHR NEUNZEHNHUNDERTSECHZEHN.
Il y a plusieurs autres Caius Cassius Longinus, dont un des assassins de César en -44, qui a été appelé le Dernier Romain, rappelant l'obsession de Fred Vargas pour les vers de Corneille :
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
En être seule cause, et mourir de plaisir.

Et puis mes recherches sur Babel m'ont amené à l'astrologie babylonienne, où Sirius est appelée la Lance (ou plus exactement la constellation dont Sirius est l'étoile la plus brillante), et joue un rôle essentiel dans les prédictions.
En sumérien, cette Lance se dit kak-si-sa, en étroite résonance avec Sisak, le château triangulaire croate rappelant curieusement le codage SeSaK de BaBeL, tandis que l'autre château triangulaire de mon Etoile de Babel, Wewel, symbolisait pour certains le fer d'une lance pointée vers le Septentrion.
Les spécialistes semblent hésiter entre "lance" et "flèche", restant cependant d'accord sur le fait qu'il s'agit de l'arme du héros Ninurta, et que cette étoile est la plus brillante lors du solstice d'été.
Ce livre qui semble très documenté donne page 63 les glyphes correspondant à mul (constellation) kak-si-sa :
Je remarque que mul est un triangle d'étoiles, et que kak est un parfait triangle isocèle, ce qui est d'ailleurs assez logique puisqu'il s'agit de la pointe d'une arme, mais il est tout de même remarquable de trouver ces divers triangles associés à un nom ressemblant si fortement à Sisak.

La requête kak-si-sa livre pour premier résultat (aujourd'hui 17 avril) le pseudo kaksisa du photographe amateur Christopher Hamersley, sur Flickr. C'est encore un formidable écho, puisque c'est le nom du médecin qui a sauvé Jung, le docteur Haemmerli, qui m'a orienté vers Babel, comme je l'explique dans D'un marteau l'autre, après la première piste du meurtre à coups de marteau chez les Esséniens de Quenan, le mercredi 5 avril 1944.

4.4.09

Fred se met en quatre

4 avril : le premier 4/4 depuis ma découverte sur le 4/4/44 à l'origine de ce blog. Et l'occasion de revenir sur le 4 avril de Dans les bois éternels, dans un 4e billet sur Fred Vargas.
J'indiquais donc que la date "Lundi 4 avril" (page 278) m'avait interpellé dans ce roman paru en avril 06, parce que je pensais que l'action se passait en 2005, où ce lundi 4 avril avait été exceptionnellement pour les cathos la fête de l'Annonciation, normalement le 25 mars, tombant cette année le Vendredi saint. La précédente occurrence de ce fait avait été en 1932, où je ne crois pas qu'il avait provoqué un déplacement de l'Annonciation. En 992, le pape Jean XI avaitla première figure de Raban Maur, sur un De Laudibus Sanctae Crucis volé à la Vaticane par Tibère (voir Ceux qui vont mourir te saluent) décrété une abondance de grâces pour ces années où se rencontraient les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption...
Je précise que ce n'est pas une quelconque ferveur religieuse qui m'a poussé à m'intéresser en 2005 à cette particularité, et à l'exploiter dans ce poème, mais un intérêt pour les dates pascales né de hasards de lecture ayant conduit aux découvertes partiellement exposées ici.

Etant donc sensibilisé à ces dates du 25 mars et du 4 avril, je les ai remarquées l'année suivante dans le roman de Vargas, où l'action n'est pas datée explicitement. Les quelques indices aidant à le faire sont :
- le voisin Velasco d'Adamsberg, qui a perdu un bras pendant la guerre civile espagnole, 69 ans plus tôt, ce qui place l'action de 2005 à 2008, cette guerre couvrant les années 1936-1939;
- la précision "lundi 4 avril" n'est compatible qu'avec 2005, aux alentours de l'année de parution.
2005 était donc parfaitement logique, à l'exclusion d'un petit détail sur lequel je vais revenir, et je décelais des échos immédiats à la crucifixion dans ce qui se passait le 25 mars (le "bois éternel" y est supposé être la croix du Christ) et à la Vierge le 4 avril (où est établie une liste de 29 vierges), mais Vargas informée indirectement sembla ne rien comprendre à mes élucubrations...

Je comprends aujourd'hui pourquoi, car après relecture du roman précédent, Sous les vents de Neptune, quiLà il n'y a pas la couleur... s'achève en novembre 2003, il est clair que l'enquête suivante s'enchaîne dans l'exacte continuité et débute donc en principe en mars 04, ce qui cadre maintenant avec le petit détail qui clochait. Ce sont alors les indices précédents qui clochent, puisque 2004 ne vient pas 69 ans après la guerre d'Espagne et que le 4 avril y était un dimanche, mais ce sont des broutilles comparées à l'âge d'Adamsberg, qui avait 45 ans dans sa première enquête se passant en 1990, L'homme aux cercles bleus, qui en a toujours 45 dans la suivante, L'homme à l'envers, en 1998, qui a quand même pris un coup de vieux en 2003, où il a 48 ans, et qui rajeunit d'un an en 2004...
Donc Vargas n'a pas un souci extrême de cohérence temporelle, ni d'un roman à l'autre, ni à l'intérieur d'un même roman, ce qui n'exclut pas qu'il puisse demeurer des dates significatives.
Ainsi, le détail qui me gênait, c'est le vendredi suivant le 4 avril, où il survient un épisode limite grotesque assez typique de Vargas, où il y a besoin le soir de donneurs de sang vers Dourdan, difficiles à trouver car C'est Pâques, commissaire, la moitié de la ville s'est barrée. (page 353)
Plutôt désireux de dater l'action en 2005, où Pâques tombait le 27 mars, je m'étais dit qu'il devait s'agir des vacances de Pâques, variables selon les zones, mais en 2004 Pâques tombait le 11 avril, et le soir du vendredi 9 était bien le début du long week-end pascal.
Et c'était Vendredi saint. Et il y a une mort ce Vendredi saint, suivie d'une résurrection, celle de la mystérieuse Violette Retancourt, déjà impliquée lors du roman précédent dans l'épisode déconcertant du portage d'Adamsberg, nu dans son dos.

Bref résumé de 6 chapitres : le vendredi matin, les enquêteurs s'avisent que Violette...mais on voit mieux les Alpha Oméga de part et d'autre de la tête de Jésus a disparu depuis une semaine, Adamsberg décrète que la seule possibilité de la retrouver est de lâcher La Boule, le chat de la brigade, sur sa piste. Le chat parcourt 38 kilomètres jusqu'à un hangar, où Violette est retrouvée à la nuit tombée, d'abord déclarée morte par un toubib... Mais il reste un souffle de vie à cet être hors du commun, transporté à l'hôpital de Dourdan. A 23h 40, l'hôpital fait savoir qu'elle va mourir si elle ne bénéficie pas d'une transfusion totale, ce qui nécessite 3 donneurs, et l'hôpital n'en a qu'un sous la main, à cause de Pâques.
Seul Adamsberg semble convenir parmi les flics présents, mais pendant que le sang de Jean-Baptiste est transfusé dans les veines de Violette arrive un 3e donneur providentiel, le lieutenant Noël, qu'Adamsberg avait banni de l'enquête au début du roman. Jean-Baptiste et Noël (Jésus), deux personnages complémentaires dans la symbolique chrétienne, ayant donné leurs noms aux deux fêtes solstitiales, Noël et la Saint-Jean, "Il faut qu'il croisse et que je diminue..." (Jn 3,30).
Quant au premier donneur, le seul du groupe A moins de Dourdan, c'est un éleveur de boeufs, or la forme de la lettre A est originellement une tête de boeuf ou taureau (hébreu alouf, à l'origine de la lettre alef devenue alpha en grec). Il est suivi par Adamsberg, groupe O, donneur universel, et Noël, "Groupe O." (derniers mots du chapitre L).

Violette reçoit donc dans cette nuit du Vendredi saint du sang A, puis du sang O, puis le sang de Noël... Or Noël-Jésus est aussi connu comme Alpha et Oméga, et le tueur du roman est encore un Alpha-Oméga ! La tueuse en l'occurrence, puisque c'est la légiste-psy qui est à l'origine de cette terminologie pour les tueurs dissociés, dans son livre De part et d'autre du mur du crime, lesquels mènent une vie paisible Alpha en ignorant tout des pulsions criminelles de leur personnalité Oméga; elle était bien placée pour l'écrire puisqu'elle est elle-même une dissociée, docteur Ariane et mistress Oriane ?

Adamsberg a été conduit dans le roman précédent à étudier l'étymologie des noms propres, or Dourdan viendrait de la liaison des mots celtiques dor ou dour, "eau", "rivière" et dan, "colline". Ce nom ressemble fort à Jourdain, en hébreu Yordan, de yar "rivière" et dan "jugement". Les deux toponymes signifieraient donc chacun "rivière de Dan", et le Jourdain évoque Jean le Baptiste, saint patron d'Adamsberg.
Quant à Adamsberg, c'est le "mont d'Adam", adam qui est en hébreu de la même famille que dam, "sang", et adom, "rouge". L'enquête débute par trois petits cailloux qui mènent Adamsberg non à "la maison de l'Ogre", selon une réminiscence erronée du conte de Perrault par un inspecteur (page 83), mais au cimetière de MONTROUGE...
Quant à la "rivière de la colline" de Dourdan, c'est l'Orge, anagramme d'Ogre.
Il faut peut-êre considérer aussi le taurobolium, dans l'Antiquité baptême par le SANG, après sacrifice d'un taureau...

Je ne me risque plus à faire des suppositions sur les intentions de Vargas, échaudé par mes premières "déductions" basées sur l'an 2005.
Déductions dont je ne renie d'ailleurs que les intentions prêtées à l'auteur, car les indices textuels demeurent quelles qu'aient été ces intentions, et je suis sidéré par la complémentarité entre les deux lectures permises par ces indices, complémentarité qui n'est possible que grâce à l'intervention de l'année 2005, peut-être la première année où l'Annonciation a été déplacée.
Donc, hypothèse 2005 :
- 25 mars, Vendredi saint : première interprétation du De reliquis dans la salle du Concile, où il est envisagé que "la croix qui vit dans le bois éternel" est une relique de la Croix.
- 4 avril, Annonciation : la liste des 29 vierges menacées par le tueur est punaisée dans la salle du Concile.
Et hypothèse 2004 :
- 25 mars, Annonciation : Adamsberg annonce à ses hommes que le tueur s'en prend aux vierges et qu'une troisième vierge est menacée.
- 4 avril, début de la Semaine sainte.
- 9 avril, Vendredi saint : "mort" et "résurrection" de Violette.
- 10 avril : pendant sa transfusion, Adamsberg rapproche la survie de Violette, grâce à 3 donneurs, de la vie éternelle que le tueur compte obtenir grâce à 3 vierges; il remarque que Violette s'est teint les cheveux il y a quelques mois, et la différence de teinte des cheveux repoussés l'amène à comprendre que "le vif des vierges" correspond aux cheveux poussés après la mort. L'interprétation littérale du De reliquis lui fait décréter qu'il doit exister un os en forme de croix dans le coeur du cerf...
- 11 avril, Pâques : Adamsberg se fait confirmer l'existence de cette croix par ses amis chasseurs de l'Eure.

Je ne serais pas surpris que Fred ne se reconnaisse pas plus dans l'hypothèse 2004 que dans l'hypothèse 2005. Quoi qu'il en soit, l'hypothèse 04 m'entraîne bien au-delà des intentions attribuables à l'auteur, car l'une des 4 seules dates précisées dans le roman serait donc le 4/4/4 (les autres dates sont le 21/3, le 25/3, et le 3/5), la date la plus quaternaire depuis le 4/4/44 jungien.
Or la candidate à la vie éternelle n'a pas choisi cette année par hasard, mais parce que c'est l'année où elle atteint 60 ans, "cinq fois le temps de jeunesse" selon le De reliquis, le moment de réaliser le grand oeuvre. S'il s'agit de l'an 2004, c'est donc qu'Ariane est née en 1944, et qu'elle a été junge, "jeune", jusqu'en 1956.

Que de résonances avec Jung, en dehors du 4/4/44, puisque je distinguais ici une première quintessence dans sa vie, avec sa maison de Bollingen, construite en 4 tranches de 1923 à 1935, des 48 aux 60 ans de Jung, et qu'il estima alors achevée, car correspondant à une quaternité, reflétant sa personnalité profonde.
Mais après la mort de sa femme, il s'imposa à lui une dernière élévation centrale, comme une germination, et c'est en 1956 que la "Tour" connaît son réel achèvement.

Ce 4/4 dans la 60e année après 1944 vient après Sous les vents de Neptune, où l'illumination d'Adamsberg à Richelieu lui fait découvrir successivement 4 vents, 4 éléments, et l'année 1944, date du premier crime du JUGE amateur de mah-JONG qui était plus JUNG, jeune, qu'on ne croyait, Vanité..., les plus beaux édifices finiront en tas de gravaset avant Un lieu incertain, dont la latitude est néanmoins établie, 44°44'.
J'ai déjà indiqué l'abondance des 4 dans les romans de Vargas, ma relecture de L'homme à l'envers m'y a fait remarquer que l'assassin entend faire endosser ses 4 meurtres au coupable idéal livré aux enquêteurs, Auguste Massart, 44 ans. L'aventure a débuté dans le département 04, et elle s'achève sur la D44 en Haute-Marne, sur le dévoilement du vrai coupable par le quatuor des poursuivants.
Je m'en tiens là pour les 4 et 44 chez Vargas, je pourrais en citer d'autres, mais seul un relevé systématique de tous les nombres dans son oeuvre permettrait d'évaluer lesquels reviennent le plus souvent.

La datation en 2004 amène plusieurs échos intimes.
Je rappelle que c'est le 4/4/4 que j'ai découvert (ou redécouvert) l'aspect éminemment quaternaire du 4/4/44.
L'épisode du Vendredi saint me fait inclure Vargas parmi les auteurs chez qui apparaissent des dates pascales significatives, soit essentiellement des Vendredis saints ou Dimanches de Pâques où il se produit des morts ou résurrections. Je fais partie de ces auteurs, pour des textes publiés, mais aussi pour des projets inédits, avec notamment Le parfum de l'amant d'Anouar, offrant une coïncidence si fabuleuse que j'hésiterais à en parler si je n'avais la preuve de mes dires.

- A l'automne 2003, j'ai envoyé à divers amis et connaissances ce synopsis, où un nommé Adam Breger assassine un certain Delaunay à l'aube du Dimanche pascal 2004.
- En avril 2006 paraissait Dans les bois éternels, où le sang d'Adamsberg ressuscite Violette dans la nuit suivant le Vendredi saint 2004.
Mon Adam Breger n'avait a priori rien à voir avec Adamsberg, qui n'était alors qu'un nom perdu parmi des milliers, car je lis des centaines de livres par an et je n'avais rien lu de Vargas depuis Les quatre fleuves en 2000. Fred n'est devenue un auteur essentiel pour moi qu'en 2005, où j'ai conservé mon appréciation de lecture de Pars vite et reviens tard le 23 novembre, accompagnée de mon qualificatif le plus élogieux catégorie polar, "queenien".
"Adam Breger" était un nom résultant de telles obligations qu'il n'aurait guère pu être très différent :
- Adam, "homme", parce qu'une de mes sources était La dernière femme de sa vie, de Queen, où un homme agonisant dans la nuit de Pâques prononce une dernière syllabe désignant son meurtrier, "hom..."
- Breger, pour Berger (!), fine allusion au docteur Shepard (sheperd, "berger"), narrateur meurtrier du Meurtre de Roger Ackroyd, car Adam Breger était aussi dans mon projet le narrateur et l'assistant de l'enquêteur. Je prévoyais un niveau supplémentaire par rapport au roman d'Agatha Christie, peu importe puisque je n'ai pas écrit le roman, mes timides démarches ne m'ayant donné aucune assurance qu'il pût trouver un éditeur.

Je suis encore saisi de vertige en rapprochant ceci des autres coïncidences onomastiques étudiées dans le dernier billet, entre les oeuvres de Vargas et de Demouzon de 1999-2000:
- un tueur en série qui élimine une personne nommée OGIER, sans rapport avec ses victimes de prédilection;
- un MELCHIOR qui traque le LOUP.
Je Le Couperet... de Costa-GAVRASn'avais pas alors à l'esprit que, si Vargas avait donné à l'un de ses personnages le nom du commissaire de Demouzon qui traquerait pareillement un loup, Wolf, dans un roman inédit, sinon inécrit, j'avais fait jouer à un personnage au nom fort proche de celui du commissaire de Vargas un rôle similaire à celui d'Adamsberg dans une future aventure, puisque un meurtre le jour de Pâques relève pour moi exactement du même esprit qu'une résurrection le Vendredi saint. Mon dessillement a été induit par la datation de Dans les bois éternels en 2004, alors qu'à première lecture je m'étais demandé si Fred n'avait pas exploité comme moi la particularité de l'Annonciation 2005.

Mon Adam Breger ouvre à un autre jeu, pouvant être reporté au roman de Vargas. Mon intrigue jouait avec la lecture adom, "rouge", "roux", et l'homme tuait Delaunay à cause de l'outrage commis envers Gaston Leroux. Je remarque la possibilité de lire AMBRE dans adAMBREger, en pensant à la rue delAMBRE revenant à plusieurs reprises chez Vargas, et OMBRE dans adOMBREger. Les lettres résiduelles peuvent former GARDE, or la criminelle du roman, le docteur Lagarde, a pris soin de fournir aux enquêteurs un coupable évident pour ses crimes, la tueuse Alpha-Oméga qui a été l'objet de son livre, l'infirmière Claire Langevin, surnommée l'Ombre, arrêtée deux ans plus tôt par Adamsberg. On trouvera dans L'OMBRE et LAGARDE toutes les lettres de ADAMBERG.
Comme on pourrait lire CARLE JUNG L'AINE dans CLAIRE LANGEVIN, en utilisant les mêmes équivalences I-J et U-V rencontrées dans le classique VOLTAIRE = AROUET L(e) J(eune).
L'Ombre appartient précisément aux concepts essentiels de la psychologie de Jung, c'est la face obscure de la personnalité, "mister Hyde" pour abréger.
Et j'abrège tant l'intrication avec tout ce qui vient d'être vu semble extrême, me contentant de signaler que Carl Gustav était effectivement l'aîné des enfants Jung (d'autres anagrammes de Claire Langevin sont "Carl Jung aliéné", "Carl Jung l'a niée").
L'équivalence U-V permet encore de transformer "Fred V." en la simpliste antithèse de Jung, Freud (je rappelle que j'avais intitulé mon premier billet Carl V).

Fred V offre à ses lecteurs une seconde fausse piste, avec l'affaire entre Adamsberg et un de ses inspecteurs, survenue 34 ans plus tôt, soit donc en 1970 si nous sommes en 2004. Or le meurtre de La dernière femme de sa vie, qui a directement inspiré celui du Parfum de l'amant d'Anouar, est daté le plus logiquement du jour de Pâques 1970. Si je montrais ici que cette datation est problématique, sinon impossible, en tenant compte du "vrai Queen" précédent, c'est cette date de 1970 que j'avais prise en compte pour mon projet, et qui m'avait fait choisir 2004 pour mon propre meurtre pascal, 34 ans plus tard, 34 étant un nombre important selon mes analyses queeniennes.

C'est une autre curiosité que ces deux romans de Vargas et Queen s'inscrivent dans l'exacte continuité de leurs romans précédents, et que leurs datations immédiates soient remises en cause par la lecture de ces romans précédents.
Ce n'est pas le seul point commun entre ces deux auteurs, dont les identités réelles Fred Audoin et Fred Dannay offrent une certaine ressemblance. Ainsi, après un silence de 5 ans, Dannay est revenu à l'écriture avec un cycle de romans dont j'espère avoir démontré qu'ils ont au moins en commun une thématique pascale. Le premier de ces romans est L'Adversaire (1963), dont le tueur est, non un dissocié Alpha-Oméga selon la terminologie de Vargas, mais déjà un être à deux personnalités indépendantes. Si le thème était à la mode à l'époque, avec notamment Psychose, Dannay lui a donné une portée théologique en donnant à un être fruste, limite débile, la personnalité seconde de Dieu. Le déclic initial avancé est ses initiales, JHW, correspondant aux lettres du Tétragramme hébraïque JHWH. JHW a pris par ailleurs à son compte la vengeance de celui qu'il estime spolié par ses patrons, Nathaniel né le dimanche pascal 1924.
Je remarque qu'aux initiales d'Ariane Lagarde correspondent les lettres hébraïques alef lamed, formant le mot el, "dieu" (et aussi la particule négative al).

Le roman suivant de Fred Dannay sera Et le huitième jour... (1964), couvrant exactement la semaine sainte 1944.
La date alternative pour le dimanche 29 mars du meurtre de La dernière femme de sa vie est 1964.
1924-1944-1964, Dannay est mort trop tôt pour exploiter la Pâques 1984, et Audoin venue à l'écriture trop tard, restait 2004, et rendez-vous en 2024...

A propos, une fidèle amie de ce blog s'est souvenue, en découvrant l'importance de la rue Delambre chez Vargas, qu'elle avait lu jadis un livre de la collection Mademoiselle intitulé La maison de la rue Delambre. La consultation du catalogue de la collection lui a fait découvrir Le rendez-vous avec Vargas, de JP Vivier.
J'en ai cherché la couverture sur la toile, et ne l'ai trouvée que sur cette annonce e-bay (sans doute prochainement retirée) où un vendeur propose "4 romans de Jean-Paul Vivier". Curieusement, le 4e est un des premiers numéros de la collection, de maquette différente, et c'est surtout un Marie de Vivier.
Auteur et titre de ce 4e roman me semblent riches de sens, sachant que
- Jung considérait la quaternité essentiellement comme un 3+1;
Sainte Fred, éclairez-nous !- il voyait notamment la Vierge Marie constituer le 4e pôle de la Trinité chrétienne;
- Fred a emprunté son pseudo au personnage de Maria Vargas;
- Adamsberg devient "commissaire Lamproie", lampe-roi, pour traquer le juge porteur de pseudos évoquant lumière et grandeur;
- Adamsberg lâche ensuite "Lamproie" pour l'hombre dans son enquête suivante, son voisin Velasco l'appelant systématiquement hombre (soit "homme", ou adam).

J'ai donné des exemples de la récurrence phénoménalement complexe de thèmes et situations dans l'oeuvre de Queen. Un autre exemple serait les meurtres en carré JHWH des cousins York dans L'Adversaire, qui semblent répéter les meurtres en losange JHVH de la nouvelle de Borges de 1942, La mort et la boussole.
Or Queen a écrit en 1932 La tragédie de Y, série d'incidents criminels dans la maison des Hatter, famille un brin dégénérée dont la dernière génération est formée de JH et WH (John et William Hatter). Comme JHW tuera ses employeurs York selon les instructions données par un certain Y., le jeune John s'applique à réaliser les crimes imaginés par son grand-oncle York Hatter, qui avait écrit secrètement un polar se passant dans sa propre famille, La tragédie de Y...

Je vois des récurrences similaires chez Vargas, qui construit peu à peu une oeuvre cohérente malgré deux premiers romans un peu faiblards. J'ai signalé la présence de la citation Et mourir de plaisir dans 3 des 4 derniers romans, et je l'ai également trouvée dans son 2e roman, Ceux qui vont mourir te saluent, écrit en 1987 (page 110). Curieusement, il s'y trouve un peu plus loin, page 122, une allusion aux vampires, assez gratuite:
— Par où es-tu entrée ?
— Par la fenêtre, comme les vampires. Est-ce que tu sais, Richard, que les vampires ne peuvent entrer dans les chambres que si le dormeur désire ardemment qu'ils y entrent ?
A propos de vampires, Fred a évidemment imaginé l'édition de 1663 du De reliquis, comme sa recette d'immortalité, mais elle n'a pas inventé que le premier vampire historique, le premier "non-mort", ait été Peter Plogonowitz né en 1663 à Kisilova, le "Plog" qui sera au coeur de son roman suivant.
Un autre exemple numérique est la liste des 29 vierges parmi lesquelles le tueur devrait choisir sa prochaine victime, liste affichée le 4/4/4 dans la salle du Concile. Pourquoi 29 ? Il se trouve que dans "l'affaire des 4", Pars vite et reviens tard, le vengeur, qui vient de condamner une personne dans un immeuble dont il a "protégé" tous les autres habitants par des 4 tracés sur leurs portes, a multiplié les immeubles pareillement marqués, pour dérouter les enquêteurs, lesquels ne pourront protéger les "29 portes vierges"... Page 169:
— Vous passerez dans les vingt-neuf immeubles pour procéder à un nouvel examen des portes vierges. (...) Qui a continué à bosser sur ces vingt-neuf personnes ?
Quatre doigts se levèrent (...)
Je termine sur un exemple complexe qui outrepasse assez largement les motivations conscientes ou inconscientes attribuables à Fred.
Je crois entendre un fort écho entre la transfusion de Violette à l'hôpital de Dourdan, sur l'Orge, qui en semi-coma marmonne "et mourir de plaisir", et l'aventure aux sources du vampirisme à Kisilova, au bord du Danube, la Donau en allemand.
Je remarque que les lettres de Donau sont toutes dans Dourdan (comme dans Jourdain). Mieux, dans ce contexte médical, une anagramme de Dourdan est Dr Donau... et mister Ogre ?
J'indiquais dans le dernier billet mes questions à Fred en juin 2001 à propos du nom OGIER rencontré chez elle et chez Demouzon.
De même que le vrai nom de Vargas est AUDOIN = DONAU+I,
de même qu'elle a transformé le nom du village d'origine du vampirisme Kisilova en Kislova, tel que KISILOVA = KISLOVA+I,
de même qu'elle y a fait naître l'oncle Slavko de Danglard, tel que KISLOVA = SLAVKO+I,
je remarque que OGIER = ORGE+I.
Dans l'affaire Ogier du côté Demouzon, j'avais omis la remarquable unique anagramme du nom d'une autre victime de Wolf, Richeaume, donnant la "chaumière" de la grand-mère mangée par le loup, en attendant la chair fraîche du petit chaperon rouge. Voyant que OGIER est aussi OGRE+I, je me suis alors demandé s'il existait une anagramme de RCHEAUME (Richeaume sans I), et mon dictionnaire ne m'a livré qu'un substantif inconnu, "chrémeau".
Le chrémeau est un bonnet dont on coiffait l'enfant après le baptême. Ainsi un premier jeu de lettres sur Dourdan m'a mené au Jourdain du Baptiste Jean, et ces insistants jeux d'anagrammes sans I me ramènent au baptême, dans les méandres du Danube et de l'Orge...

J'ai commencé il y a quelques jours ce billet, afin d'être prêt à le mettre en ligne ce 4 avril à 19:44, en écho au 4/4/44. J'avais collecté quelques images sur la toile, pas encore intégrées au billet, mais un accident sur mon disque dur m'a fait perdre le dossier contenant les images de ce blog. J'avais notamment choisi ceci en tapant l'Alpha et l'Oméga sur GoogleImages.
Il m'a donc fallu rechercher l'image, mais une requête formulée un peu différemment, Alpha-Oméga, m'a fait découvrir le logo d'une association chrétienne US d'amateurs de 4x4 (Benoît 16 n'a-t-il pas interdit le 4x4 à ses ouailles ?), qui est basée sur le même graphisme que les Alpha-Oméga entrelacés précédents. Le 4x4 en ce 4/4 m'a fait choisir cette nouvelle image.
Après un temps froid et pluvieux ces derniers jours sur la Provence, j'ai profité du magnifique soleil de ce 4/4 pour faire une grande balade à vélo et à pied dans la montagne proche, du côté de Jaron où j'ai rencontré un chrisme pendant l'écriture de L'heure du chrisme (je songeais à reprendre pour ce billet des images de chrismes avec Alpha et Oméga); pour la seconde fois je crois depuis 25 ans que je crapahute dans ces sentiers du 04, je suis tombé sur un rallye de 4x4...