25.3.23

pour les lecteurs chevronnés

à  Migdall & Mandel

  Les échos au précédent billet, qu'il est assez important d'avoir lu, sont si nombreux que je ne sais trop par où commencer.

  Le couteau Gefro m'a conduit à la lune Mau de la ville où il avait été fabriqué, ce qui m'a fait penser au chat Mau, et Wikipédia m'a appris:
mau est un terme venant de l'égyptien qui désigne tout autant le chat que la lumière.
  Ceci m'a interloqué, car un des textes que je considère comme particulièrement "miraculeux" est l'épithalame que Perec a composé en 1981 pour ses amis Kmar et Nour, or en arabe kmar signifie "lune" et nour "lumière", tandis que mau signifierait "lune" en patois allemand, et "lumière" en égyptien.

  J'ai tenté de vérifier ce sens de "lumière", sans résultat. Le mot mau, ماو, semble inconnu des dictionnaires que j'ai consultés, où le seul sens trouvé est une translittération de Mao, le Grand Timaunier, mais je ne connais de l'arabe que l'alphabet, et ma recherche était donc limitée.
  Le seul résultat apparenté était sur une page en anglais affirmant
The word, Mau, means "cat" or "sun" in Egyptian.
  Curieux encore, Mau serait la lune allemande et le soleil égyptien, et ma recherche m'a conduit à associer le couple lune-soleil aux nombres 13-21.
  Selon notre alphabet, aux lettres MAU correspondent les rangs 13-1-21, ce qui m'a rappelé le numéro d'un roman de Thilliez offrant justement une possibilité de découpage 21-13-1. Il m'est souvenu que Sharko allait en Egypte dans Syndrome [E], son enquête suivante, et le texte numérisé m'a permis d'y découvrir ceci, au début du chapitre 22,
Tout au long de la ruelle, des charrettes dormaient, couvertes d’un simple drap, et des chats noirs, des Mau, bondissaient en haut des murs de chaux.
ce qui d'ailleurs est sujet à caution, car la race Mau a été créée récemment, à partir de chats de différents pays, et sa principale spécificité est une robe mouchetée. Un Mau de race coûte $1000 au bas mot, et il est peu probable d'en voir rôder dans les rues du Caire, où on attend plutôt des mau, ou des maus, un pluriel employé, et il est amusant que Maus signifie "souris" en allemand.
  Fibonacci et Thilliez m'ont rappelé son roman Rêver, et une nouvelle lecture m'y a conduit à y repérer des jeux autour du cryptogramme de L'Aiguille creuse de "Maurice Leblanc", un nom équivalent à "noir/blanc". Je le détaillerai dans un prochain billet.

  Je n'avais cité qu'un passage du roman de Jeury, Les yeux géants (1980), dont la première partie se passe en 2010, où les phénomènes aériens sont devenus monnaie courante, avec des yeux géants dans le ciel, vus par de nombreuses personnes. Ceci me rappelle que Soleil et Lune ont été vus comme "Yeux de Dieu". C'est une opposition/complémentarité classique, comme blanc/noir, et c'est le jeu entre
BLANC NOIR = 32 56 et les 52 touches blanches et 36 noires qui m'avait conduit à relire en 2005 le Pocket n° 5236, Les yeux géants.
  Il y est question des chasses célestes du Moyen-Age, un thème étudié par Méheust dans Science-Fiction et soucoupes volantes (1978), l'essai qui a inspiré Jeury. Les visions célestes semblent tributaires de l'époque, au Moyen-Age on voyait des chevaux et des chars, ensuite des navires volants, puis des fusées ou soucoupes...
  Chez Jeury les témoins ont vu des cavaliers dans le ciel se diriger vers les yeux géants, et y entrer par les "pupilles". Ceci n'est évoqué que brièvement au début du roman, mais semble avoir inspiré la couverture du Pocket n° 5236.

  La chasse céleste la plus connue est la Mesnie Hellequin, ou l'armée furieuse qui a inspiré le roman de Fred Vargas. La découverte en décembre que le mot Arlequin était probablement lié à Hellequin m'a rappelé qu'il y avait des arlequins dans La mort et la boussole, nouvelle de Borges, destinés à conduire Lönnrot vers la figure du losange, et ce n'est que maintenant que je m'avise que Vargas et Borges ont probablement la même origine, une racine indo-européenne associée à la hauteur et à la force, ayant conduit aux mots berg, "montagne", et "bourg", ville fortifiée.
  J'avais envisagé ici de relier le nom Borges au grec purgos (probablement de même origine), "tour", car les assassinats de la nouvelle se situent entre une tour et un mirador, les initiales des victimes formant MYGDAEL, évoquant migdal, "tour" en hébreu, et la chaîne de bordels argentins Zwi Migdal que ne pouvait ignorer Borges (et sa nouvelle évoque les bordels).
  Fred Vargas est la fille de Philippe Audoin, surréaliste spécialiste de l'étrange Maurice Fourré, auteur à la fin de sa vie de 4 romans symbolistes, dont le second, La marraine du sel, se passe à Richelieu, et ce ne semble pas un hasard si cette ville apparaît chez Vargas dans Sous les vents de Neptune, où y aurait été enterré un juge assassin, se cachant sous de multiples pseudos, évoquant puissance et lumière.
  Ce ne semble pas un hasard non plus si, avant Richelieu, le juge habitait la Tour-Maufourt, un toponyme toujours inexistant 14 ans après mon billet de 2009, avec probablement "mau" pour Maurice, "fourt" pour Fourré (et "tour" pour la Tour de Cornillé, devenue Colonne Saint-Cornille dans le premier roman de Fourré).

  En 2018, il s'est imposé qu'un chapitre de Novel Roman se passât à Richelieu, et lorsque je me suis rendu à Cerisy il m'a semblé nécessaire de faire le détour.
  Ainsi j'ai eu la surprise le 11 mars, en visionnant l'épisode du Voyageur diffusé le 31 janvier, Au bout de la nuit, de reconnaître Richelieu, rebaptisé Mazarin... Au fil des images, j'ai repéré cette camionnette du peintre Aumont, dont une porte arrière ouverte ne laisse que AUM.

  Précisément, MAU m'avait fait penser à AUM, ce concentré de la sagesse bouddhique, et à un épisode de décembre 2006, peu avant ma découverte du couteau Gimel.
  J"avais mis en ligne le 6 cette disposition en double cône des 1464 lettres de Noce:
 

   Les 870 lettres des strophes Nour ("lumière", mau) correspondent à deux fois le triangulaire 435, permettant de construire un cône en négatif, à l'intérieur duquel j'avais disposé les 594 lettres des strophes Kmar ("lune", Mau), auxquelles il manque 6 lettres pour avoir le double du triangulaire 300.
  A ceci Alain C. m'avait communiqué en privé une remarque triviale, "le cône dans le con", ce à quoi je lui avais répliqué par l'interprétation tantrique du mantra aum mani padme houm, "aum, joyau (dans) lotus, bien", où "joyau" et "lotus" seraient les sexes mâle et femelle. La syllabe "aum", , exprimerait la même chose, avec A et U, les principes masculin et féminin, se fondant dans le bindu, le point marquant la nasalisation M.

  Chez Jeury, l'incident du couteau se produit dans la région de "l'agglomération BSM" (sic), une conurbation englobant Béziers, Sète, et Montpellier.
  En 2016, Sam en Beth m'a conduit à m'intéresser aux 3 "lettres mères" de l'hébreu, mem-alef-shin, de rangs 13-1-21, MAS, symboles de l'eau (mayim), du feu (esh), et de l'air (awir), l'équilibre entre eau et feu. Par ailleurs les 7 "lettres doubles" correspondent aux 6 directions et au centre, la lettre beth, s'écrivant BYT, se transformant par atbash en SMA, les 3 "lettres mères".
  BSM m'a fait penser à ce schéma. La mention de Mireval, où Norman Andrewski a fait analyser le bois flotté ressemblant étonnamment à son couteau, m'a fait chercher si Mireval existait.
  Oui, et c'est depuis 2003 une commune de SAM, Sète Agglopôle Méditerranée, agglomération de communes autour de Sète, créée en 2003, fusionnée en 2017 avec celle du Nord du bassin de Thau. D'autres fusions conduiront peut-être à l'agglomération BSM imaginée par Jeury.

  MAS, 13-1-21, symboles de l'eau, de l'air, et du feu. Ce n'est qu'en écrivant ce billet que je me rends compte que ces trois éléments interviennent dans le Pocket n° 13121, Deuils de miel, où après  la découverte du cadavre de Viviane Tisserand, Sharko est conduit à jouer un rôle dans les crimes suivants, annoncés par un message inspiré de l'Apocalypse, où il est question des eaux de l'abîme, de lumière, s'achevant sur Surveille les maux et prends garde au mauvais air.
  Le mari Olivier a été immergé à 30 m de profondeur dans la Fosse de Meaux (qui semble imaginée pour l'homauphonie maux-Meaux, homophonie que je n'avais pas relevée ici, où je décelais des échos rousseliens, notamment pour cet Olivier), avec une bouteille d'oxygène, mais lorsque Sharko le remonte un piège caché sectionne son artère fémorale.
  La fille Maria est prisonnière d'une pièce réfrigérée, et lorsque Sharko en ouvre la porte la canicule de juillet provoque sa mort à la fin du chapitre 21, rang de la lettre shin, "feu".
  Enfin le dernier acte prévu, après "la Maria", est l'extermination d'un village par la malaria, le "mauvais air" en italien.

  Il y a d'autres phénomènes dans Les yeux géants, tels les "losanges noirs", des machins peu clairs qui apparaissent au voisinage des téléphones, et peuvent être nocifs, sinon létaux, pour les humains:
Il se souvenait : l’affaire des losanges noirs de BSM… Andrewski, le père des jeunes filles qui avaient défrayé la chronique dans le cas de la "ville hantée"…
  Cette "ville hantée" est plutôt une "ville en T", construite selon les idées de l’architecte Robert Cruz. Il se trouve que l'agglomération SAM est aussi appelée Pôle Thau, or thau est une transcription de la dernière lettre de l'alphabet hébreu, également connue comme thaw, à l'origine de notre T, et qui a eu comme premier glyphe une croix (cruz en espagnol, et T est aussi la "croix en tau"). J'utilisais plus haut la correspondance atbash entre alef et thau.

Je ne vais pas tenter d'expliquer ce que sont les "losanges noirs", qui m'ont évidemment fait penser au losange de La mort et la boussole (et ses arlequins), mais aussi rappelé une nouvelle parue dans un vieux numéro de Mystère-Magazine, quelque chose comme Le mystère des losanges noirs...
  Il me semblait que ça remontait à très loin, et j'ai donc regardé les MM que j'avais achetés ado, que j'ai encore. Rien d'immédiat, mais le n° 173 de juin 62, que j'avais acheté pour une nouvelle d'Irish, offre Le disque noir, de Helen McLoy; je l'ai mis de côté, d'abord pour  "noir", et pour "disque", autre forme d'OVNI.
  J'ai une vingtaine d'autres MM, et c'est dans le n° 45 d'octobre 51 qu'il y a Les losanges chantants, de la même Helen McLoy (originellement paru dans EQMM en octobre 49). J'ai dû me procurer ce numéro vers 1996 où je me suis repassionné pour Lupin, car il contient le pastiche Arsène Lupin contre le colonel Linnaus, d'Anthony Boucher (le traducteur de La mort et la boussole en anglais). Il y a aussi une nouvelle d'Irish (sous son nom réel Woolrich).

  J'ai donc lu aussitôt Les losanges chantants, dont une introduction informe que McLoy l'a écrite en 1948 après la vague de soucoupes volantes de 1947. Un certain Anders Verworn veut tuer sa mère adoptive pour en hériter, mais il sait qu'il sera le premier suspect, aussi il a recours à une tortueuse machination. Il paie quelqu'un pour déclarer qu'il a vu et entendu des losanges dans le ciel, produisant une étrange musique. D'autres personnes sont droguées et influencées pour accréditer le fait, ce qui en fait un scoop. La victime programmée en fait partie.
  Puis Anders tue son complice et d'autres personnes ayant "vu" les losanges, afin que sa victime prévue passe dans la série... Ce n'est guère crédible, mais a dû divertir les lecteurs de l'époque...

  J'ai lu la nouvelle le 16 février au soir. Je me suis réveillé le lendemain matin avec le mot Solingen en tête, un mot que je voyais gravé sur la lame d'un couteau. LOSANGES SOLINGEN, je n'ai pas douté d'une interaction dans mon esprit.
 

  Il ne m'a pas fallu longtemps pour apprendre que Solingen était pour la coutellerie allemande ce que Thiers était pour la française. J'indiquais dans le précédent billet que la découverte du couteau Gefro m'avait fait désirer le confronter à un autre couteau allemand arrivé étrangement dans notre vaisselle. Hélas le couteau Gefro a été aussitôt perdu, et l'autre couteau probablement aussi... Etait-ce un Solingen? je n'en sais rien, mais ai la certitude d'avoir eu en main un tel couteau, dans cette vie ou une autre...
  Quoi qu'il en soit, si le couteau Gefro était lunaire, SOLingen m'évoque SOL, "soleil" latin.

  Le mot Tolède m'est venu à l'esprit, la ville d'Espagne spécialisée dans les armes blanches, et l'expression "Arlequin de Tolède", probablement parce que ma recherche "Arlequin" "mandoline" m'avait amené à cette chanson de Dalida:
Et l'Arlequin de Tolède perdu dans la nuit tiède
En caressant sa guitare, trouve un accord bizarre
Un écho de mandoline, il revoit Colombine
Vibrante à la sérénade d'un Pierrot de Grenade
  L'actualité perecquienne a été marquée le 3 mars par l'annonce de la mise en ligne d'un article de Bernard Magné, sur le site de l'Association Perec. Perec à l'index étudie les particularités de l'index de La Vie mode d'emploi, et le mot Arlequin y est cité, à seul titre d'exemple. Je n'aurais pas eu l'idée sans cela d'aller chercher des arlequins chez Perec, mais j'ai évidemment été voir ce qu'il en était de cet Arlequin, chapitre XXX, où un objet précieux est mentionné,
une mandore du XVIIe siècle sur la table de laquelle étaient gravées les silhouettes d'Arlequin et de Colombine en dominos.
  J'ai été ébahi de voir cette sorte de mandoline directement associée à Arlequin. Les "dominos" répondent ici à la contrainte Jeux, tandis que la mandore est un détail de la Nature morte à l'échiquier de Baugin, l'un des dix Tableaux choisis par Perec, très probablement en écho au damier représentant l'immeuble, dans lequel l'ordre de la visite est déterminé par le parcours du cavalier.
 

  Je remarque que la perspective fait de l'échiquier replié un ensemble de losanges (de parallélépipèdes pour être exact).
  Perec a noté dans son Cahier des charges, à côté de "mandore", "allusion à Romain", certainement son ami Romain Weingarten, dont la pièce La Mandore se passe dans un immeuble dont les divers habitants sont les personnages (comme l'oeuvre de Perec). Elle est parue en 1974 dans la collection Le manteau d'Arlequin, ce qui explique l'Arlequin gravé sur la table.
  Une autre contrainte du chapitre est de citer un extrait d'une oeuvre de Nabokov, ce qui, d'après le Cahier des charges, a été fait par "Arthur Rainbow", venu de Lolita.
  Or mes recherches antérieures sur les oeuvres littéraires contenant dans leur titre "Arlequin" m'avaient fait découvrir l'autobiographie imaginaire de Nabokov, publiée également en 1974, Regarde, regarde les arlequins!
  Le titre viendrait des propos d'une grand-tante du narrateur, alors âgé de 7-8 ans:
- Regarde les arlequins!
- Quels arlequins?
- Oh! tout autour de toi. Partout. Les arbres sont des arlequins, les mots sont des arlequins; et les situations et les calculs. Additionne deux choses, et tu obtiens un triple arlequin. Allons! Joue! Invente le monde! Invente la réalité!
  Inventer la réalité... Ces mots me parlent, et me rappellent que j'avais d'abord intitulé le précédent billet Examen de l'oeuvre de Julius Quandt, en référence à Examen de l'oeuvre de Herbert Quain, une nouvelle de Borges.
  Julius Quandt est dans Les yeux géants un théoricien des phénomènes qui frappent le 21e siècle. C'est d'abord un informaticien, peut-être inspiré par Jacques Vallée, et il associe les phénomènes à l'essor de l'informatique, avec un jeu de mots sans doute involontaire:
(...) il y aura un saut quantique entre nos connaissances et celles de l’avenir. (...) En attendant, nous n’avons fait qu’un saut de puce.
  Le livre est paru début 1980, au moment même où était commercialisé le ZX80, un ordi accessible à tous, et qui devait son nom aussi bien à l'année qu'à la "puce" Z80 âme de l'appareil, existant depuis 1976, variante du microprocesseur Intel 8080, conçu en 1974 pour équiper les appareils ménagers...
  Les ordis quantiques, alors hypothétiques, sont devenus réalité dans les années 90, et les perspectives actuelles donnent le vertige.
  Sans aller jusque là, qui a connu le monde d'avant 1980 peut mesurer les chocs du futur qu'ont été l'informatisation généralisée, l'Internet, les smartphones, les réseaux sociaux, les objets connectés, le métavers...
  Quandt (mais sans doute est-ce emprunté à d'autres tels Vallée) semble avoir prévu l'importance de la croissance exponentielle de l'information, et de sa dématérialisation, ce qu'on connaît aujourd'hui comme le cloud, et chercher les occurrences de "nuage" dans Les yeux géants m'a conduit à quelques constatations.
  La première des 21 occurrences concerne précisément les chasses célestes:
1- les cavaliers bondirent dans le ciel. Ils survolèrent la vallée en prenant de l’altitude et disparurent dans les nuages.
  7 occurrences sont directement associées à la lune, alors que l'affaire des couteaux, celui de Norman Andrewski et mon Gefro, m'ont conduit à Mau:
3- de lourds nuages bleus défilaient devant la Lune.
5- Un gros nuage sombre effaça la Lune. L’Œil géant parut alors se détacher sur l’écharpe brumeuse de la Voie lactée.
9- Un petit nuage rouge grignotait la pleine lune, au milieu d’un ciel mauve et or.
14- Un voile de nuages passa devant la lune.
15- La lune passa sous un nuage.
17- Un petit nuage rouge, en forme de lance, perçait la lune ronde, au milieu d’un ciel pur, mauve et or.
18- Un nuage obtura le trou blême de la lune.
  Je ne m'étais pas préoccupé du format du livre, et une page consultée énonce 13 par 21 cm (je rappelle que je vois dans MAU 13-1-21). En fait, c'est plutôt 13,5 par 21,5, et les demi-centimètres pourraient s'additionner pour former 1...
  Il faudrait étudier cela de plus près...

  Une dernière citation de Quandt:
J’affirme que même un contact avec les extraterrestres sur une grande échelle ne mettrait pas fin à l’incertitude, car nous n’aurions strictement aucun moyen de savoir s’il s’agit d’une réalité ou d’une simulation, d’êtres véritables ou imités. C’est que nous ne savons pas encore ce qu’est la réalité; et quand nous le saurons, nous découvrirons sans doute que sa nature nous interdit également toute certitude.
  Plus de 40 ans plus tard, le phénomène OVNI demeure énigmatique. L'un des premiers grands esprits à s'y être intéressé a été Jung, lequel a publié en 1958 Un mythe moderne, où il privilégie l'aspect archétypal des soucoupes, des mandalas, des "cercles" symboles de totalité, rassurant les psychés en ces temps troubles de l'après-guerre et de la guerre froide.
  On voyait aussi à cette époque des formes oblongues, "fusées" ou "cigares", de forme phallique, et ceci m'amène à concrétiser une idée diffuse, à partir du mot migdal qui signifie "tour" en hébreu et "amande" dans diverses langues.
  Il ne semble pas exister de relation étymologique entre les deux, de même entre mandel et mandala, mais il s'agit toujours de symboles sexuels. On revient toujours à "ça", comme dirait l'autre. La "tour" et le "trou".
  Cette page (yeux prudes s'abstenir) envisage une similarité entre la mandorle et la vulve. Une catégorie du blog est "amande adorée".
  Un certain Alberto Gurbanov a publié deux livres avec "zwi migdal" dans le titre, en 1972 et 1989. Je n'ai trouvé que cette page donnant quelques détails sur celui-ci.
  Je remarque sur l'autre le carrelage évoquant damier ou échiquier, et un chat (Mau?) dans le coin inférieur droit.

  En 1954, Jung avait confié à son amie Sabi Tauber: 
Les soucoupes volantes sont aussi un phénomène de synchronicité: une nouvelle vie se développe à l'extérieur de la terre, d'un point de vue nouveau. il pourrait s'agir
a) d'hallucinations de masse
b) de légères matérialisations à partir de l'imagination active d'un "type" qui est par exemple sur Sirius (ou n'importe où ailleurs, sauf sur la terre)
c) d'un nouveau phénomène d'incarnation...
Mon analyse avec Jung (2019)
  S'il faut le préciser, il n'est question que de l'hypothèse a) dans Un mythe moderne, où cependant certains passages sont assez nébuleux.
  Jung y commente les écrits d'un "contacté" oublié, Orfeo Angelucci, s'étant dit choisi comme messager par les extraterrestres, en partie à cause de son nom, venant d'angelos, en grec "messager".
  Il me vient que ANGELOS est l'anagramme de LOSANGE, que le mot grec est αγγελοσ, avec un gamma géminé, introduisant une nasalisation, comme migdal devenant mandel.
  G devient N, une Gutturale une Nasale, un Gars une Nana...
  Le losange borgésien est formé d'un triangle pointe en haut, symbole mâle, et d'un triangle pointe en bas, symbole femelle.
  ORFeo me rappelle le couteau geFRO, et le tag ORmatouF.
  Si l'arme blanche est un symbole viril, l'arme noire aussi, ce qui me conduit à lier le gun anglais (fusil) et la gunê grecque (femme)...

  Bref, ça commence à partir dans tous les sens, et il faudra revenir sur ces nouveaux points, après un peu de décantation...

  Lorsque le titre du précédent billet était Examen de l'oeuvre de Julius Quandt, j'envisageais de placer Arlequin au premier plan du suivant, qui aurait eu pour titre une anagramme, comme
l'arlequin, un jeu de dames dévotieux,
en pensant au damier, ou
arlequinade, jeu de dévots lumineux,
en pensant à la lumière mau.

  Ce n'était plus de mise après l'abandon du titre originel, et j'ai donc choisi pour les lecteurs chevronnés, envisageant d'y mettre au premier plan les combinaisons de deux chevrons, mais j'ai encore dévié de ce programme...
  Alors en dernier mot, puisque le G originel était un chevron, puisque les yeux sont en amande, puisque les losanges noirs ont attaqué la ville "en T", je suggère que les Yeux "géants" soient des yeux "en G"...


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