4.4.15

Kidron, kidron


  J'ai promis dans le précédent billet quelques développements concernant les 100 chapitres de L'orbite déchiquetée, de John Brunner, dont
les chapitres 1 et 2 sont 1+1 et = 1,
les chapitres 99 et 100 1+1 et = 2.
  J'évoquais le 1+1 = 3 commun à La révolution des fourmis de Werber et au second épisode de Touch, avec pour autre point commun la présence explicite du nombre d'or dans les deux oeuvres, mais les 100 chapitres se terminant sur 2 chapitres spéciaux m'ont aussitôt rappelé mon projet La fin, monsieur Win, construit selon 6 termes de somme 100 d'une série de type Fibonacci, soit
41-25-16-9-7-2.
  Le roman "en clair" se limitait aux 5 premières parties totalisant 98 chapitres. Pour obtenir le chapitre 99, il fallait prendre chaque 100e caractère des 200000 composant les 98 chapitres, et le chapitre 100 était obtenu selon le même principe à partir des 2000 caractère du chapitre 99.

  Les titres des 5 parties calquaient ceux des 5 parties du 10e roman signé Ellery Queen, Halfway House. Ces 5 titres, The Tragedy, The Trail, The Trial, The Trap, The Truth, constituaient un tautogramme en T, 20e lettre de l'alphabet, et d'autres indices m'ont mené à l'hypothèse que Frederic Dannay, principal auteur labellisé "Ellery Queen", utilisait volontiers les nombres 10-20-5 dans ses romans en référence à sa naissance le 20 octobre 1905.
  J'avais détourné cette hypothèse en utilisant tout à fait consciemment les nombres 5 et 20 pour une intrigue dans la famille du patriarche Twenty, magnat corse du thé, mourant à la dernière seconde du 31/12/2000.

  Ma structure en 98+2 chapitres faisait écho d'une part au 20e siècle finissant, d'autre part par l'absence de 2 chapitres aux 100 chapitres prévus par le jeu de contraintes de La Vie mode d'emploi, Perec en ayant omis un chapitre qu'un lecteur idéal aurait pu en partie reconstituer. Perec avait par ailleurs envisagé une structure fibonaccienne pour son roman inachevé, "53 jours". Je n'oubliais pas non plus les deux "books" de The Greek Coffin Mystery by Ellery Queen, en 21-13 chapitres magnifiés par un acrostiche.

  Je rappelle que c'est une recherche "twentyone thirteen" qui m'avait mené au roman de Brunner, où c'est la date d'où vient en 2014 un voyageur du temps. Je connaissais déjà Pygmalion 2113, paru dans la même collection Présence du futur, et je me suis demandé si la date finale de ce roman, le 31/12/2113, était un palindrome intentionnel.
  Quoi qu'il en soit, ceci fait écho au 31/12 de mon "roman du siècle", avec une autre curiosité car après avoir abandonné le projet initial j'ai eu l'idée de le recycler dans Indécente (L'),  où "l'indécente" Tine Dencel déposait La fin, monsieur Win dans les rayons de la librairie de Léon de Pridegor; une intrigue amoureuse unissait ces deux personnages dont les noms étaient issus d'anagrammes, sans avoir envisagé leurs valeurs, 147/91 = 21/13. Je n'avais pas encore vu que ce cas, 88e de ma page dédiée aux coïncidences 21-13, était aussi associé à un 31/12. Le cas suivant était alors le seul associant la date 31/12 à un 21-13 (en l'occurrence une heure, 13:21).

  Il n'y a évidemment aucun rapport logique entre les 100 chapitres de L'orbite déchiquetée et ceux de La fin, monsieur Win, dont je n'ai écrit qu'un essai des deux derniers chapitres, mais la découverte de cette homologie a immédiatement fait tilt car j'avais déjà été amené à associer Queen et Brunner pour deux romans portant le même titre.
  En 1950 est paru le 20e roman signé Ellery Queen, Double, Double, et j'en ai fait un argument essentiel de ma théorie de la signature "20" de Frederic Dannay, car il compte 20 chapitres, ou plutôt 20 sections non numérotées, introduites par des dates.
  C'est de plus un texte qui semble contraint, avec une surdétermination de "4" et de lettres "D", ainsi la première date du roman est le mardi 4 avril (4/4), et son personnage principal le Dr Dodd (3 D en 4 lettres). Ceci a bien sûr attiré mon attention lors des débuts de Quaternité.
  En 1969 est paru le 40e roman de SF de John Brunner (selon cette page), Double, Double, et l'homonymie m'a conduit à le relire il y a déjà un paquet d'années, lorsque j'ai entrevu la complexité de l'écriture queenienne. J'y ai remarqué le nom du personnage principal, Bruno Twentyman, "homme du 20", mais n'ai pas dû lier le fait à ma famille Twenty (je ne sais si ma relecture était antérieure ou non à mon "roman du siècle").

  Je remarque encore aujourd'hui que 40 est le double de 20, et un examen un peu plus approfondi du corpus brunnerien m'amène à quelques autres curiosités.
  Le cas de The squares of the city (1965, en français La ville est un échiquier) est particulièrement frappant. C'est le 32e roman de SF de Brunner, le 27e originellement publié sous sa signature. Il tient nettement plus du polar que de la SF, montrant son personnage principal, Boyd Hakluyt. embringué dans des événements souvent incompréhensibles. Le dénouement dévoile que les protagonistes de l'affaire correspondaient aux pièces du jeu d'échecs, et qu'ils étaient manipulés pour rejouer dans la réalité une célèbre partie.
  Deux ans plus tôt était publié le 27e roman signé originellement de la "vraie" signature Ellery Queen (voir ici ce que signifie ce "vrai"), The Player on the Other Side (1963, L'adversaire en français), qui est explicitement construit comme une partie d'échecs, avec chaque chapitre titré d'un coup du jeu, et les protagonistes homologués à ses pièces.
  L'adversaire comme La ville est un échiquier ont chacun 33 chapitres.
  J'ai associé dans le précédent billet L'orbite déchiquetée, triple volume de la collection Présence du futur portant  les numéros 137-138-139, à la valeur du nom de l'auteur,
JOHN BRUNNER = 47+92 = 139,
et c'est aussi la valeur de mon auteur fétiche,
ELLERY QUEEN = 77+62 = 139.

  Ainsi les 27es romans de deux auteurs de valeur 139 sont centrés sur le jeu d'échecs, et ont tous deux 33 chapitres. L'adversaire est par ailleurs très particulier, car il semblait que les cousins signant Queen avaient produit leur chant du cygne avec leur 26e roman, Le mot de la fin (1958), ayant comme par hasard pour sujet l'alphabet. Cependant, après un long silence, Dannay a imaginé l'intrigue de L'adversaire, dont il a confié la finalisation à un nouveau partenaire, Theodore Sturgeon, pur écrivain de SF. Les romans suivants seront écrits en collaboration avec d'autres auteurs plutôt connotés SF, Avram Davidson et Jack Vance.
  Ces croisements entre les genres sont illustrés par une autre curiosité. John Sladek, également connoté SF, a écrit deux romans et une nouvelle avec un héros parodiant Ellery Queen, Thackeray Phin. La parenté immédiate avec Ellery Queen se double d'une équivalence numérique,
THACKERAY PHIN = 92+47 = 139.
  Ces valeurs 92-47 font chiasme avec JOHN BRUNNER (47-92).

  J'ai La ville est un échiquier dans sa première édition française, dans la collection Dimensions dont c'est le n° 4, bien venu pour cette histoire de carrés (The squares of the city, tandis que l'échiquier de L'adversaire est matérialisé par York Square, avec ses tours bâties aux 4 coins).
  J'ai quelques autres Brunner, parmi lesquels Virus (1973), qui est un autre n° 4, dans la collection futurama. Le numéro se trouve encore adéquat, car le roman s'achève ainsi :
- Ça, c'est sûr, ajouta Valentine. Aussi sûr que deux et deux font quatre.
  Décidément, avec L'orbite déchiquetée s'achevant sur 1+1 = 2, Brunner montre une certaine dilection pour la logique cartésienne...
  Virus montre aussi une architecture probablement intentionnellement régulière, avec 3 parties de chacune 8 chapitres, intitulées Incubation, Contamination, Mutation. Le 3e roman d'Ellery Queen se passe dans un hôpital, et chacun de ses 30 chapitres a pour titre un mot s'achevant en "ion". Quant aux romans à nombres de chapitres imposés, c'est quasiment explicite pour au moins six Queen, et d'autres cas sont à considérer.

  Je précise s'il en est besoin que je ne sais absolument pas si Brunner a lu Queen. Les échos vont de toute façon plus loin qu'une éventuelle influence raisonnable, mais voici qui va encore plus loin dans l'improbable.
  Le 8 mars, Anne était partie visiter le musée du textile Souleïado à Tarascon. J'ai poursuivi le visionnement de la 7e saison de 24 heures chrono, entamé quelques jours plus tôt. Arrivé au 7e épisode, j'ai retrouvé un détail qui m'avait un peu frappé jadis, mais qui devenait bien plus significatif dans le contexte de mes rapprochements Brunner-Queen.
  D'horribles terroristes se sont emparés d'un système permettant de contrôler diverses infrastructures de l'économie US. Dans cet épisode ils menacent de faire sauter une cuve d'isocyanate de méthyle à l'usine Boyd, ce qui tuerait plus de la moitié des 30000 habitants de la ville voisine de Kidron, Ohio. Le directeur de l'usine, un certain John Brunner, parvient à actionner manuellement les soupapes de la cuve en surpression, mais y laisse sa vie.
  J'avais remarqué ce John Brunner, probablement un clin d'oeil des scénaristes car l'écrivain était engagé dans la lutte pour l'environnement. Incidemment, Double, double de Brunner se passe à Brindown, localité fictive du Kent, et une usine chimique y joue un rôle il est nécessaire d'en vider une cuve de phénol. Boyd est un nom si courant qu'un lien n'est pas obligatoire avec le personnage Boyd Hakluyt de Brunner, ou avec John Boyd, autre écrivain de SF.

  Kidron m'est aussi significatif. C'est le nom d'un torrent à proximité de Jérusalem, courant dans une vallée encaissée car kidron (traduit "obscurité") vient de kedar, "obscur". Je me suis interrogé sur l'étrange appellation dans le 26e Queen, Le mot de la fin, d'un village imaginaire de l'état de New York, Mount Kidron, soit un antinomique "mont de l'Obscurité". J'ai exploré le thème Kidron ici, en rapport avec la Passion de Bach où il est question du Bach Kidron (torrent Kidron), parce que le personnage principal du roman de Queen est le double (ou triple) John Sebastian, né(s) à Mount Kidron. Incidemment la ville échiquier de Brunner est celle du dictateur Juan Sebastian Vados (et le 27e Queen se passe sur l'échiquier de York Square, où Ellery, après avoir été confronté dans Le mot de la fin aux jumeaux cachés John Sebastian qui incarnaient tour à tour un même personnage, se trouve affronter un criminel affecté du syndrome des personnalités multiples).

  Le nouveau contexte m'a donc conduit à faire des recherches sur la ville de Kidron, Ohio, pour découvrir que la ville était fictive, mais empruntait son nom à une minuscule bourgade de l'Ohio, dans le comté de Wayne, dont le seul trait notable est la présence d'un musée dédié aux traditions Amish et Mennonite, et d'une boutique vendant des productions Amish (il y a évidemment des patchworks chers à Anne, qui confie souvent son désir d'aller aux USA voir ce genre d'endroit).
  L'article cite l'épisode de 24 heures chrono, indiquant que la ville décrite est en fait Wooster, que le scénariste Brannon Braga, originaire d'un comté voisin de l'Ohio, a entendu parler de Kidron, sans y être jamais allé, qu'il a choisi ce nom because of its obscurity.[4] (ce mot signifie plutôt "non-importance" que "obscurité", rendu par darkness).

  L'article m'apprend encore que Kidron a été fondée en 1819 par des Mennonites suisses qui ont d'abord appelé l'endroit Sonnenberg. Il n'est pas expliqué pourquoi ce nom a été ensuite changé en Kidron, mais la double appellation me sidère car Sonnenberg signifie "mont(agne) du soleil", bien plus logique que le "mont de l'obscurité" queenien. Une des curiosités repérées dans Le mot de la fin est le nom d'un des protagonistes, Samson Dark : dark est donc "obscur" tandis que Samson rend l'hébreu shimshon, signifiant "solaire", "lumineux" (de shemesh, "soleil").
  Au moment où j'apprenais ceci, Anne était en train de visiter le musée du textile Souleïado, dont le nom signifie en provençal le retour du soleil.

  J'ai remarqué la présence dans cette intrigue, intimement liée à l'origine sémitique de l'alphabet, des mots dark et kidron, dérivé de kedar, qui dans cette transcription est très proche de dark, qui en vieil anglais pouvait se décliner en darke (anagramme de kedar).
  Curiosité, l'un des premiers résultats d'une requête "darke" est le comté de Darke, un des 88 comtés de l'Ohio. En cherchant une image pour illustrer ce point, j'ai trouvé ceci :

  Mon enquête sur "Mount Kidron" m'avait montré que cette association de mots était aussi improbable que je l'imaginais, mais qu'elle apparaissait dans une autre fiction que Le mot de la fin, un roman pour la jeunesse laissé inachevé par John Bellairs mort le 8 mars 1991, et terminé par Brad Strickland.
  Tiens, c'est le 8 mars 2015, exactement 24 ans après ce décès, que j'ai redécouvert la présence de Kidron dans 24 (titre original de la série). Le 8/3 ou 3/8 m'évoque encore les 3x8 = 24 chapitres de Virus de Brunner.
  Ce roman inachevé par un autre John B. est donc Le fantôme dans le miroir. Ses héros sont en voiture sur une large route de Pennsylvanie par un beau jour de l'été 1951 lorsque soudain tout bascule : la route devient très étroite et couverte d'un givre hivernal. Ils découvriront ensuite qu'il s'agit de la route de Mount Kidron, et qu'ils sont en 1828, 123 ans plus tôt. Il est assez probable que Bellairs connaissait Le mot de la fin, car le roman de Queen débute par un accident sur une route verglacée, près de Mount Kidron.
  Les héros de Bellairs ont un accident également :
Abruptly they plunged from thin wintry sunlight into spooky, silent darkness as the car skidded into the very center of the thicket.
  La voiture passe du pâle soleil hivernal à l'obscurité en dérapant dans un fourré. Je suis ébahi de trouver ces mots soleil et obscurité dans une même phrase, en pensant au Sonnenberg/Kidron de l'Ohio.

  Alors que le présent billet était commencé, une recherche indépendante m'a conduit à découvrir l'essai Un malfaiteur de l’humanité, Philippe Marlière et les aliens de demain, signé John Kaltenbrunner.
  Ce nom est un pseudo emprunté au Seigneur des porcheries de Tristan Egolf (traduit en allemand Monument für John Kaltenbrunner), que j'ai lu il y a quelque temps. Il va de soi que Kaltenbrunner fait référence au nazi condamné à mort à Nuremberg, thème déjà abordé sur Quaternité (pour la "prédiction" biblique de la pendaison des 10 chefs nazis en l'an 707 du calendrier hébreu, qui pourrait faire écho à l'épisode 7/07 de 24). Il est assez probable que Egolf, autre écrivain écolo, ait pensé aussi à John Brunner en forgeant ce nom.
  Le seigneur des porcheries se passe dans l'Amérique profonde, dans le comté de Greene dont il est uniquement précisé qu'il fait partie de la Corn Belt; il existe un comté de Greene dans l'Ohio, l'un des 4 Etats de la "ceinture de maïs".

  Je n'avais pas mentionné que le chef-lieu du comté de Darke était Greenville, et l'émergence des comtés de Darke et Greene dans une recherche à partir de Brunner a encore des échos queeniens.
  Je mentionnais plus haut les deux romans queeniens (ou phiniens) de John Sladek. Il leur a choisi des titres sur un thème coloré, Black aura (1974) et Invisible Green (1977), or les premiers "faux Queen" parus dans les années 40 étaient des romans pour les jeunes intitulés selon la même thématique :

  Comme Double, double (de Queen) débute un 4/4, j'ai choisi de publier ce billet un 4/4, et je l'ai intitulé Kidron, kidron en référence à la présence de Kidron dans des contextes queenien et brunnerien. Je me suis avisé ensuite que la valeur de Kidron est 71, et que ce 4 avril est le 71e anniversaire du 4/4/44 (par ailleurs 44/71 est un couple doré).

18.3.15

déchetterie oblique


   Lorsque j'ai découvert la relation entre les noms anglais des huit premiers Fibos (voir les deux billets précédents), j'ai fait quelques recherches pour déterminer si c'était déjà connu. Il ne semble pas, mais une requête "twenty-one thirteen" m'a appris que 2113 était le titre d'un roman mêlant un récit en 2012 à un autre en 2113 (qui en anglais se dit twenty-one thirteen).
  Une requête "twentyone thirteen" a fait apparaître un livre que je connaissais, The Jagged Orbit de John Brunner (1969), en français L'orbite déchiquetée, paru dans la collection Présence du Futur (1971).

  J'avais bien aimé ce livre, que j'ai dû lire 2 ou 3 fois, mais ma dernière lecture date d'au moins 20 ans. J'ai du mal à y revenir aujourd'hui, et un survol un peu laborieux me rappelle que :
- l'action se passe en 2014;
- l'essentiel de l'intrigue tourne autour d'un mystérieux interné psychiatrique, Harry Madison;
- celui-ci se révèle un androïde venu de l'an 2113, pour empêcher la mise sur le marché en 2015 d'un nouvel armement qui causerait la quasi-extinction de la civilisation.
  Bizarre que j'ai été conduit à ce roman qui anticipait de 45 ans notre temps. Je rappelle que mon premier billet de 2014 était essentiellement consacré à un roman de 1991 où il était envisagé une apocalypse en 2014.

  Une autre curiosité est le saut dans le temps de 99 ans, alors que le roman 2113 vu plus haut entrecroisait deux récits à 101 ans d'écart.

  C'est d'autant plus curieux qu'il existe un autre roman avec 2113 dans le titre, Pygmalion 2113 (du moins dans son édition française, car c'est ainsi qu'a été traduit en 1959 Deadly Image). Il est comme L'orbite déchiquetée paru dans la collection Présence du futur, et conte l'aventure de John Markham, congelé en 1967 où une bonne part de l'humanité a été anéantie dans une guerre nucléaire, et réanimé en 2113 dans un monde où les androïdes exercent toutes les tâches ingrates. John tente de faire de Marion-A, sa domestique, une créature à part entière, avec l'aide d'un certain professeur Hyggens...
  Markham prend la tête d'un mouvement de rébellion contre le gouvernement de 2113, qu'il décide de "renverser" le dernier jour de l'année, le 31/12/2113 donc, date palindrome...

  L'année 2113 a plus probablement été choisie d'après la première de Pygmalion, de GB Shaw, en 1913, soit 200 ans plus tôt. Il est tout à fait étonnant que ces 200 ans logiques représentent la somme des 99 et 101 ans bien moins immédiats des deux autres romans.
  Il y a une curiosité avec la première anglaise de la comédie musicale tirée de Pygmalion, My Fair Lady, le 30 avril 1958, 32e anniversaire d'Edmund Cooper, lequel a difficilement pu s'en trouver inspiré car son roman est paru la même année (avant de devenir l'an suivant le n° 32 de la collection Présence du futur).

  L'orbite déchiquetée compte 100 chapitres, et ce ne semble pas être par hasard. Je reviendrai prochainement sur cette construction en 100 chapitres, qui m'est fortement évocatrice. Pour l'heure je remarque que la période 2014-2113 couvre exactement 100 ans.
  Le roman porte au dos le numéro 137, mais ceci ne signifie pas qu'il soit le 137e volume de la collection Présence du futur, car elle a compté à partir de 1961 des volumes doubles, 7 en tout avant L'orbite déchiquetée qui est donc le 130e volume réel (valeur de QUATERNITE), et ce titre a la particularité d'être le premier volume triple, correspondant aux numéros 137-138-139 (ce qui figurait d'ailleurs au dos de la 1e édition, le volume suivant porte le numéro 140).

  Les numéros cachés me sont évocateurs. 139 n'est autre que la valeur de JOHN BRUNNER (47+92), et 138 est l'anagramme de la valeur de son titre :
L'ORBITE DECHIQUETEE = 12+69+102 = 183 (en 18 lettres et 3 mots)
  Je suis particulièrement attentif aux permutations des chiffres 1-3-8 à cause des coïncidences sur 813, avec au départ la parution en 1910 du roman de Leblanc "813", où la résolution de ce nombre mystérieux ne fait intervenir que les 3 chiffres le composant, leur arrangement en 813 étant contingent, et du Liber 813 de l'ésotériste Crowley, où ce nombre est la valeur d'un acronyme hébreu ayant trait aux permutations.

  137 m'est aussi évocateur, mais sans rapport immédiat avec le titre de John Brunner. Il me faut revenir à ce qui s'est passé en octobre-novembre 2010 sur le forum Unus Mundus, ce dont j'ai déjà parlé dans deux billets, pour deux coïncidences jusqu'ici plutôt distinctes, mais ce numéro 137 vient tisser un lien entre elles.

  Lorsque je me suis inscrit sur le forum en septembre 2008, j'ai fait le tour de tous les sujets, m'attachant plus particulièrement aux coïncidences numériques. C'est ainsi que j'ai remarqué le sujet Pauli's 137 (fine structure constant / death) synchronicity, ouvert le 24 juin 2006 par le fondateur du forum, Remo Roth.
  Cette constante de structure fine est très proche de l'inverse d'un entier (1/137), ce qui a conduit divers physiciens à des spéculations métaphysiques, notamment Pauli. Celui-ci a considéré comme significative la valeur 137 du mot kabbalah en hébreu. Et Pauli est mort dans la chambre 137 d'un hôpital de Genève.
   Le post qui m'avait le plus frappé était celui d'un certain Al Attanasio relatant une coïncidence survenue alors qu'il était en train d'écrire une nouvelle sur cette constante de structure fine, intitulée Sex, Love and the Mighty Fine Structure Constant. Il participa le 5/5/2006 à une course de 5 km, et il lui fut attribué le dossard 137.

  Le sujet The 11:11 phenomenon a également retenu mon attention lorsque j'ai découvert le forum. J'y suis intervenu en 2008, puis le 11/11 2009 un échange avec l'allemand Jan m'a appris que j'étais le 47e inscrit au forum, ce qui m'a fait me demander qui était le 29e, parce que le forum se désignait par les initiales UM, de rangs 21-13 m'évoquant mes Fibos fétiches, auxquels correspondent dans la suite de Lucas les termes 47-29.
  Jan m'a indiqué que c'était Al Attanasio, précisant qu'il s'agissait d'un auteur de SF et donnant un lien. Jan ayant quitté le forum, ses messages ont été effacés, mais pas ma réponse à cette révélation. J'avais déjà lu les quelques messages de cet Attanasio, inscrit en 2007 sur le forum, dont celui sur le dossard 137, mais n'avais pas imaginé qu'il s'agissait de l'auteur que je connaissais sous le nom A.A. Attanasio.
  J'avais acheté en 1983 son premier livre traduit en français, Radix, mais avais trouvé sa lecture plutôt rebutante. Le feuilletant à nouveau, j'y découvris qu'une date importante du récit est l'année 2113, et qu'une mélodie donnée in extenso présente des caractéristiques éminemment fibonacciennes.
  Attanasio n'avait posté qu'une dizaine de messages en 2007, et ne semblait plus participer au forum.

  Le 11 octobre, Remo Roth démarra un nouveau sujet dans la section Coniuctio, CERN strangelets could destroy us come 11/9?
  Une nouvelle expérience allait bientôt se dérouler au CERN, visant à créer des particules d'antimatière, mais certains physiciens envisageaient que l'expérience provoque des réactions incontrôlables (s'il n'en a rien été, l'hypothèse a été soulevée sur l'UM que c'était grâce à nos échanges).
  Le lendemain, une coïncidence sur le nombre 137 m'amena à vouloir en faire part sur un sujet récemment ouvert par Orslah, a Lady #137, dans cette même section Coniuctio. Je constatai alors que la section comptait alors 137 sujets, le 137e étant l'affaire du CERN, et je décidai de poster mon message sur ce sujet, d'autant qu'il s'agissait d'un saut dans le temps pendant 137 secondes, provoqué par un accélérateur de particules. 55 minutes plus tôt, Remo Roth avait posté la même remarque, alors que j'étais en train de composer mon message.
  Rémi n'avait donc pas lu le message de Remo, et Remo n'avait pas lu non plus le message de Rémi lorsqu'il posta un autre message, une minute après le mien. Il y rappelait par un copier/coller de ses écrits l'importance de 137 pour Pauli, avec notamment la gématrie du mot kabbalah, et c'est précisément la présence de cette gématrie dans l'épisode 137 Sekunden de Flashforward qui m'avait conduit à poster mon message, avec cette capture d'écran.

  Suite à la constatation que moi, membre 47 de l'UM connaissait déjà le membre 29, je me suis demandé qui allait être le numéro 76. C'est le 9 novembre que l'américaine Beth a choisi de s'inscrire, et de poster son premier message, sur le sujet des Strangelets, ce 11/9 (à l'américaine) où ces particules étaient envisagées pouvoir produire une réaction incontrôlable.
  Je lui ai souhaité la bienvenue le 17  novembre, lui faisant part du rôle essentiel de la lettre beth dans l'alphabet hébreu, laquelle écrite en une seule lettre B forme une quaternité jungienne avec les 3 lettres-mères AMS, mais peut aussi lorsque écrite en plénitude BYT, inverse atbash de SMA, former un Sceau de Salomon, modèle symbolique symétrique que Pauli jugeait préférable à la quaternité de Jung.
  Je n'ai pas osé parler des numéros UM dans ce premier message.

  Il y a eu en tout 157 messages sur le sujet Stangelets, répartis en 5 pages avec, comme pour chaque sujet de l'UM, 34 messages par page (sans rapport voulu avec la valeur U+M = 21+13). La 5e page s'ouvre sur le 137e message du sujet 137, une réponse de Beth à Remo, suivie d'un message de Rémi (moi) plus particulièrementLOVE & HATE destiné à Beth, où je développais l'importance pour moi de la Saint Théodore de son inscription, et des jeux de miroir évoqués dans un message précédent (son anniversaire le 1er octobre, 10/1), illustrés par cette fascinante photo.
  Le message suivant était une réponse de Beth, immédiatement suivie d'un message d'Al Attanasio, silencieux depuis 3 ans. Celui-ci réagissait à mon message du 17 novembre, car c'était ce jour que l'expérience du CERN avait porté ses fruits, des particules d'antimatière donc, et Al trouvait significative ma référence ce jour à l'atbash, que je définissais comme un "antialphabet".

  Ainsi se sont succédé trois messages de Rémi-Beth-Al, numéros 47-76-29 de l'UM, en ce 18/11 ou 11/18 à l'américaine. 11-18-29-47-76 font partie de la suite de Lucas, dont j'ai reparlée dans mon message suivant, mais Al ignorait mes précédentes supputations sur les membres 29-47.

  J'ai vu d'autres échos, comme la naissance d'Al un 20 septembre (1951), et c'est un 20 septembre (2008) que je suis devenu le membre 47 de l'UM.
  Son intervention était motivée par mon assimilation du prénom de Beth à la lettre beth, or son prénom Al, diminutif d'Alfred, évoque facilement la lettre alef, et donc l'alefbeth... Je rappelle que atbash signifie alef devient thaw, beth devient shin.
  Je passe sur quelques autres coïncidences détaillées dans nos échanges pour insister sur ceci, abordé dans ce message : le forum indexe les messages d'un sujet à partir de 0, numéro du premier message démarrant un sujet, ainsi mon message du 18/11 était-il indexé 137. On peut le vérifier en entrant l'URL
http://unus-mundus.fr/viewtopic.php?t=1014&start=137
qui envoie au message 137 du topic 1014 (ou sujet 137 de Coniuctio), mon message suivi donc des messages 138 et 139 de Beth et Al.
  Je ne pensais évidemment pas alors au premier volume triple de la collection Présence du futur, portant les numéros 137-138-139, et encore moins à la date 2113 présente dans L'orbite déchiquetée, comme dans Radix de AA Attanasio...

  Le dernier message du sujet Strangelets a été posté le 21 janvier 2011 par le canadien Pascal, c'est le 21e message de cette 5e page incomplète du sujet, les autres pages comptant 34 messages. Je m'attache particulièrement au fait que Beth-76 soit apparue sur la 4e page (34 messages) et Al-29 réapparu après un long silence sur la 5e page (21 messages), et ces 55 messages peuvent être homologués aux 55 notes de la chanson de Sumner Kagan dans Radix :
  J'ai souligné en rouge et bleu les phrases musicales de 13-8-13-8-13 notes, se prêtant à un découpage 34-21 (plus de détails ici, dans ce 14e message de la 5e page, qui correspondrait à la note achevant la 3e ligne, suivie d'un mi, et le message suivant était de Suzanne, remarquant que mon message était le 11111e du forum.
  Selon cette correspondance, la trinité de messages de Rémi-Beth-Al correspondrait aux notes 36-37-38, soit la-si do peu après le début de la 3e ligne, A-B-C selon la notation anglaise.
  Je remarque la signature 6/4 de la partition, qui peut faire écho aux deux modèles symboliques chers à Pauli et à Jung, le Sceau de Salomon et la Quaternité.

  Le partage 8-13 associé à cette 5e page fait écho à une curiosité. Je n'avais pu lire Radix en 1983, et n'avais donc pas été tenté d'acheter d'autres Attanasio. Mais il s'est trouvé que la Série Noire a choisi d'éditer en 1999 son roman Silent, devenu Le biker de Troie, et que j'étais alors membre de l'association 813 qui, en collaboration avec différents éditeurs de grandes collections polar, offrait chaque année un livre à tous les membres : ce fut Attanasio qui fut choisi en 1999. L'un des 3 messages du peu loquace Al était le 8e des 8+13 de cette 5e page.
  L'exemplaire qui m'a été offert portait le n° 272 :
  Si la numérotation partait de 000, mon exemplaire serait donc le 273e (21x13); sinon je me console avec 272 produit des fibos 8 et 34 encadrant 13-21. Je remarque qu'après avoir été membre de 813 je suis devenu Un Membre UM (21-13).


  Le sujet Strangelets s'achevait sur un message de Pascal, lequel créerait le 6/6/2011 le sujet Zerach, ce qui me stupéfia car j'étais alors préoccupé par ce nom peu courant. S'il est après coup difficile de déterminer quel était le rang de ce sujet dans Coniuctio, il est par contre immédiat qu'il s'agit du sujet 1113 sur l'ensemble du forum, un nombre qui peut évoquer la possibilité vue plus haut de passer de la Quaternité de Jung (1-1-1 + un 4e élément) au Sceau de Salomon de Pauli (le 4e élément est un 3, 1-1-1-3).
  Pascal était parti de deux pages d'un livre où étaient évoqués Perets et Zerach, les pages 136 et 137. Je rappelle que le premier message de la 5e page du sujet Strangelets était indexé 136 mais qu'il s'agissait du 137e message... S'il était beaucoup question du Sceau de Salomon sur le sujet Zerach, j'y remarquais que 136+137 = 273, valeur de l'hébreu arba', "quatre" (et aussi 21x13).

  Tout ce qui s'est passé sur ce sujet Zerach est important, et le dernier message de Pascal sur Strangelets mériterait des développements, mais je reviens à mon sujet de départ.
  Ma première intervention sur Strangelets touchait à l'apparition dans la série Flashforward de la gématrie, chère à Pauli, de l'hébreu kabbalah, 137. J'y remarquais que le nom de son héros, Mark Benford, faisait probablement référence au roman de Gregory Benford, Un paysage du temps, dont le personnage principal est Gregory Markham, physicien spécialisé dans les tachyons qui tente en 1998 de prévenir le monde de 1963 d'une catastrophe écologique. Les tachyons joueraient aussi un rôle dans le flash de 137 secondes, où chacun s'est vu 206 jours plus tard.
  Les éléments nouveaux sont que le héros de Pygmalion 2113 se nomme aussi Markham (John), et que Un paysage du temps est paru dans la même collection Présence du futur.
  Depuis 1972 la collection ne publiait plus de volumes doubles ou triples, et le roman est paru en deux volumes, numéros 332 et 333. Je remarque 1998 = 6x333 en couverture du n° 333, et 1963 en couverture du n° 332, 50e anniversaire de la première de Pygmalion.
  Dans Pygmalion 2113, d'Edmund Cooper, n° 32 de la collection, John Markham est souvent dit venir de 150 ans dans le passé (alors qu'il a été cryogénisé en 1967). 300 numéros plus tard, dans le n° 332, le professeur Bernstein et son élève Cooper (Albert) décodent en 1963 les messages envoyés par Markham en 1998. Il faut tout de même signaler que Markham et Cooper sont des noms très courants. Bernstein songe par ailleurs à l'énigme du dernier théorème de Fermat, noté 300 ans plus tôt sans aucune démonstration.
  Attendu que sont parus précédemment 12 volumes doubles et 2 volumes triples dans la collection, les numéros 332-333 représentent en fait les volumes 316-317, ce qui fait pour moi écho au couple 136-137 rencontré à diverses reprises.

  Avec notamment L'orbite déchiquetée, numéro 137(-138-139) de Présence du futur, et les deux romans exploitent un thème de SF qui est loin de leur être particulier, le retour dans le passé pour empêcher une catastrophe.
  Le même thème a par exemple été illustré par le film L'armée des 12 singes (1995), où un homme de 2035 revient en 1995-96 pour empêcher un attentat viral. Je choisis cet exemple car une adaptation en série est en cours de diffusion, 12 Monkeys, et c'est en 2014-15 que James Cole revient pour essayer de sauver le monde (comme l'androïde Harry Madison dans L'orbite déchiquetée).

  La collection Présence du futur s'est arrêtée en 2000 avec le numéro 666, Route 666 de Roger Zelazny, mais le numéro précédent était le numéro 632, correspondant au 616e volume réel, toujours à cause des volumes doubles et triples des débuts. Attendu qu'il existe un volume non numéroté, la collection compte en tout 618 volumes, ce qui est évocateur pour l'amateur de nombre d'or, souvent arrondi à 0,618 ou .618.
  Ceci m'a fait regarder quels étaient les volumes 236 et 382, correspondant aux sections d'or de 618. Bingo pour le 236e, portant en fait le n° 252, Substance mort de Dick. C'est le premier roman où Dick évoque le nombre d'or, mais de façon oblique, avec le rêve de Tony Amsterdam d'un rectangle de forme agréable. Les romans suivants, et bien sûr les bios, permettent de comprendre que Dick relate un rêve personnel, et que ce rectangle était d'or.
  Je ne sais si d'autres auteurs de Présence du futur ont cité le nombre d'or, mais doute qu'aucun autre écrivain de SF en ait été aussi personnellement concerné. Dans son roman suivant, le presque autobiographique Siva, n° 317 (!) de Présence du futur, Dick décrit des contactés qui utilisent pour signes de reconnaissance 1 et .618034, ou les nombres de Fibonacci.
  Dans le message où Jan me révélait que le n° 29 de l'UM était l'auteur de SF Attanasio, il évoquait un livre de SF dont il ne se rappelait plus le titre, mais qui me semblait être Substance mort, ce dont je lui faisais part dans ma réponse, en signalant les points communs du rêve de Tony Amsterdam avec ma propre expérience.

  Attanasio n'a pas été publié par Présence du futur, mais le 5 mai de sa course hawaïenne est présent dans un titre essentiel pour moi, Tout doit disparaître le 5 mai, de Pierre Véry, n° 48 qui est en fait le 47e (mon numéro UM) volume de la collection, car il était immédiatement précédé du premier volume double.
  A ce livre est associée une formidable série de coïncidences autour de l'étoile de David (ou Sceau de Salomon), relatée ici.

  Je me suis évidemment demandé quels étaient les volumes 29 et 76 correspondant à Al et Beth. Le 29e (et n° 29) est Croisière sans escale, de Brian Aldiss, un grand classique, et le 76e (mais n° 79) est un autre roman d'Edmund Cooper, au titre français me titillant, Pas de quatre. Et sa 4e de couverture donne 4 quatre :
Quatre hommes, quatre femmes. Quatre terriens contre quatre extra-terrestres.

  En écrivant le précédent billet, je me suis avisé que le suivant, celui-ci, serait le 183e de Quaternité, et qu'il tomberait en mars, où je pourrais donc le publier le 18/3, date importante depuis le premier épisode de Touch, où ce jour noté 3/18 à l'américaine est associé au 1er nombre de la suite d'Amelia, 318.
  Le 18/3 m'était déjà significatif pour ce fait, rappelé dans mon commentaire de Touch : c'est le 18/3/5 que j'ai appris que "l'angle d'or", l'angle dont le cosinus est .618, est 51.83°. En janvier dernier, la découverte que les valeurs des noms anglais des chiffres 1-3-5-8 totalisaient 181 me conduisit à la double relation unissant les 8 premiers termes de la suite de Fibonacci, avec 1-1-2-3-5-8 d'une part, et 13-21 de l'autre.
  Je ne sais si j'ai lu Pygmalion 2113 dans mon adolescence, où j'ai dévoré toute la SF disponible dans les bibliothèques que je fréquentais, mais mon attention particulière pour ce titre remonte au 12 juillet 2009, où j'ai trouvé ce livre à la brocante annuelle de Mézel, dans son édition J'ai Lu de 1973 (n° 480). En examinant le volume, j'y découvre un numéro C.O.L. 31.1258, soit dans le désordre les Fibos 1-1-2-3-5-8
  Je ne sais ce que représente ce C.O.L., mais une petite enquête montre que le même numéro apparaît pendant plus de 20 ans pour des livres de divers éditeurs, presque tous imprimés par "La Semeuse". Ce numéro  31.1258 pour Pygmalion 2113 est cependant remarquable, même en oubliant mon obsession fibonaccienne, car je rappelle que le roman original est paru en 58, et qu'il s'achève un 31/12 (2113).

  Le précédent billet m'a fait évoquer la série Touch, et plus particulièrement son pilote, se passant le 18 mars, 3/18 à l'américaine. Dans le dernier épisode de la série apparaissait le nom du jeune prodige Bohm en hébreu, orthographié  באהם alors que ce nom est normalement transcrit בוהם. Les lettres choisies ont en hébreu les rangs 2-1-5-13, se réarrangeant en 1-2-5-13, soit les termes de rang impair de la suite de Fibonacci (1-1-2-3-5-8-13...)
  Mes récentes recherches m'ont fait calculer la somme 
ONE TWO FIVE THIRTEEN = 233
soit le 13e Fibo, alors que
1+2+5+13 = 21, 8e Fibo.
 Les Fibos intermédiaires de rang pair sont 
1+3+8 = 12, et le calcul sur les noms donne
ONE THREE EIGHT = 139
ou 1 3 8 = 139, qui peut faire écho au Présence du futur n° 137 cachant les numéros 138-139. Mes recherches avaient aussi porté sur les noms allemands des nombres, et fait découvrir un seul invariant (zéro étant exclu) :
EINS DREI SIEBEN = 47+36+54 = 137

  J'avais encore défini les "amis schulziens", ou couples de nombres se transformant l'un en l'autre. Un seul cas en français :
UN UN TROIS = 35+35+81 = 151
UN CINQ UN = 35+43+35 = 113
  Ceci m'avait fait penser à La REVOLUTION (=151) des fourmis, de Bernard Werber, qui porte en exergue "1+1 = 3". Les deux premiers chapitres de L'orbite déchiquetée se limitent à "1+1" et "= 1", tandis que les deux derniers chapitres en sont "1+1" et "= 2".
  Le second épisode de Touch avait également pour titre 1+1 = 3,  et phrère Laurent avait vu que les deux plus importants personnages de la série, après Jake, étaient son père
MARTIN BOHM = 75+38 = 113,
et la mignonne responsable de Jake 
CLEA HOPKINS = 21+92 = 113.
  La même mystérieuse équation apparaît pour le nom sous lequel est inscrit le 29e  membre de l'UM,
AL ATTANASIO = 13+100 = 113.

  113  et 183 sont des nombres de la Série Rouge du Modulor, définis comme les hauteurs idéales de l'homme et de son nombril... Au moins une nouvelle "raison" de publier ce billet le 18/3, mais ce 18/3/2015 a une particularité qui n'est partagée que par deux autres jours de l'année en cours, le 13/8 et le 31/8 : la date contient les 6 termes d'un seul chiffre de la suite de Fibonacci, les 7 si on la débute par 0 : 0-1-1-2-3-5-8.
  Hier j'ai procédé au changement de carte grise de notre 206 dont j'avais donné l'immatriculation dans mon précédent billet : 4051 MR 04. 4051 m'évoquait le film Fahrenheit 451 de Truffaut, et la fabuleuse coïncidence relatée ici :
  Pour acquérir les droits exorbitants de Une belle fille comme moi, Truffaut a joué pour la seule fois de sa vie au tiercé en 1971, risquant 50 000 F sur la combinaison 8-1-3. Léon Zitrone lui apprit qu'il eût fallu jouer 4-5-1, alors qu'il avait fait dire 5 ans plus tôt à Julie Christie dans Fahrenheit 451 "Why 4-5-1 rather than 8-1-3 ?"
  La nouvelle immatriculation est DP-831-WP, ce qui m'a aussitôt évoqué ce cas 451-813, ainsi que çoeur dp, essentielle partenaire (MR m'évoquait une autre amie). 8/31 est encore le 31 août à l'américaine, ou 21/13 du calendrier pataphysique.
  Hier soir nous avons regardé Le Mystère du Triangle des Bermudes, film de 1978 romançant quelques éléments recensés par le livre de Charles Berlitz. On y voit notamment le vol 19 disparu en 1945 dans le triangle maudit :
  Dans cette reconstitution (mais le vrai vol comptait 5 appareils), le numéro le plus immédiatement déchiffrable est 451 (ou 45I). Dans Rencontres du troisième type (1977), Truffaut incarne le professeur Lacombe (Jacques Vallée), lequel retrouve les avions du vol 19 (et plus tard leurs pilotes).

18.2.15

auto da fé




  Je relatais dans le billet précédent comment j'ai découvert la double relation  
ONE+ONE+TWO+THREE+FIVE+EIGHT = 13x21
1x1x2x3x5x8  = THIRTEEN+TWENTYONE
qu'on peut encore écrire, si les nombres soulignés représentent les gématries de leurs noms anglais :
1+1+2+3+5+8 = 13x21
1x1x2x3x5x8  = 13+21 
  Je suis doublement émerveillé de cette double relation, d'une part pour son harmonie intrinsèque, d'autre part pour l'avoir découverte moi-même, alors que je semble poursuivi par les coïncidences impliquant 13 et 21, 7e et 8e termes de la suite de Fibonacci, mais cette découverte mettant ces nombres au premier plan doit bien plus au hasard qu'à une recherche systématique.


    J'ai cru devoir homologuer la découverte en en faisant une séquence de l'OEIS, le site dédié aux suites d'entiers. Il y avait plusieurs façons de présenter  l'affaire, et se borner aux 8 premiers termes de la suite de Fibonacci ou aux valeurs de leurs noms risquait de heurter les responsables qui n'apprécient guère qu'une suite infinie soit limitée à quelques termes, or les termes suivants n'ont aucun intérêt ici (du moins jusqu'à preuve du contraire). Par ailleurs il y a deux manières d'écrire en anglais les nombres supérieurs à cent, en utilisant ou non AND entre centaines et dizaines.
  La meilleure solution m'a paru être de donner les valeurs lettre par lettre des noms concernés, ce qui permet de souligner que ces 8 noms comptent en tout 40 lettres, soit une moyenne exacte de 5, 5 et 8 étant des nombres de Fibonacci, au coeur de l'ensemble des 10 chiffres formant le début de la suite:
1123-58-1321
  Il m'est encore apparu que les 8 premiers Fibos étaient les seuls auxquels correspondaient des lettres de l'alphabet, soit AABCEHMU. Je remarque par ailleurs que les seules lettres concernées présentes dans
ONE-ONE-TWO-THREE-FIVE-EIGHT-THIRTEEN-TWENTYONE
sont E et H, de rangs 5 et 8, et qu'il y en a en tout 13 (10 E et 3 H), avec encore 13 = 5+8.

  Ces 40 lettres deviennent donc
15, 14, 5, 15, 14, 5, 20, 23, 15, 20, 8, 18, 5, 5, 6, 9, 22, 5, 5, 9, 7, 8, 20, 20, 8, 9, 18, 20, 5, 5, 14, 20, 23, 5, 14, 20, 25, 15, 14, 5
  La suite, pour l'instant à l'état de brouillon, pointera vers d'autres suites offrant quelques termes identiques. Il y a actuellement trois autres suites débutant par 15-14-5, avec dans chaque cas une correspondance avec le mot ONE, ce sont
A104056 : une suite auto-descriptive imaginée par Eric Angelini, un Belge colistier le la listeoulipo;
A131285 : Neil Sloane, créateur du site, donne ici les valeurs lettre par lettre d'une autre suite auto-descriptive imaginée par Eric Angelini, A131744;
A130677 : une autre suite de Neil Sloane, également inspirée par A131744; il s'agit des valeurs, lettre par lettre, des puissances de 2, et j'imagine qu'il aurait tout aussi bien pu proposer la même chose avec les nombres de Fibonacci.

  J'ai conté ici comment j'ai été amené à ma première intervention sur l'OEIS. Une BD m'a conduit à découvrir le mot infini de Fibonacci:  Il s'agit en fait de ses 60 premières lettres. Ce mot s'exprime aussi par une suite de 1 et de 0, je découvris 8 jours avant mon 60e anniversaire qu'elle constituait la suite A005614 de l'OEIS, et fus abasourdi d'y découvrir un commentaire de Eric Angelini, posté le 6 juillet 2005, jour de mon 55e anniversaire, or les 60 lettres ci-dessus se découpent de façon immédiate en 55+5. Il me sembla s'imposer de proposer un commentaire le 6 juillet 2010, et celui-ci fut accepté.

  Cette suite A005614 est aussi due à Neil Sloane. Je remarque que A005614 est l'anagramme de A104056, la suite auto-descriptive d'Eric Angelini, et que le numéro de A131285, la suite créée par Neil Sloane pour illustrer une autre suite auto-descriptive d'Eric Angelini, est constitué des 6 premiers termes de la suite de Fibonacci, ceux qui n'ont qu'un chiffre, 1-1-2-3-5-8.
  J'avais vu que le créateur du site a un nom doré,
NEIL / SLOANE = 40+66 = 106,
mais ne m'étais pas encore intéressé au colistier,
ERIC ANGELINI = 35+71 = 106,
et ce n'est qu'à Esparron que j'ai vu cette identité, avec
ESPARRON = 106.

  Mes recherches récentes sur les relations du type de celle découverte sur les 8 premiers Fibos m'ont amené à ces deux doubles relations partageant les mêmes sommes gématriques et produits, en employant les noms français des nombres :
1+1+2+2+6+8 = 8x36
1x1x2x2x6x8  = 8+36 
et
1+1+1+2+8+12 = 8x36
1x1x1x2x8x12  = 8+36 
  L'élimination des termes identiques permet d'arriver à ces égalités :
2x6 = 1x12
2+6 = 1+12
ou DEUX+SIX = 54+52 = UN+DOUZE = 35+71,
or ces valeurs 35-71 sont aussi celles d'Eric Angelini, qui s'est déclaré charmé par ces relations, d'autant que son chiffre favori est 6; son auto est immatriculée 666 - SIX (si ce n'est pas une DAF 66, la mienne est une Peugeot 206, immatriculée 4051, à un zéro près la température de l'autodafé).

  Je connais le nombre 35x71 (ou 1x12), soit 2485 ou 5x497, nombre de lettres des 5 arrangements des mêmes 497 lettres de valeur 6272, le sonnet original Vocalisations de Perec, ses 3 anagrammes en anglais réalisées en avril 2001, et la mienne réalisée en décembre 2006.
   Je devais découvrir deux ans plus tard que la vie de Jung se répartissait en 4 fois 6272 jours avant le 4/4/44, et 6272 jours après.
  Une petite découverte récente à ce propos:
6272 = 27 x 72
1944 = 27 x 72

  Eric Angelini est auteur ou co-auteur de 605 suites, une paille parmi les plus de 250000 du site OEIS. Il est aussi l'un des contributeurs de la BLO15, le recueil écrit par les colistiers de la listeOulipo à l'occasion de mes 60 ans, où il avait imaginé les "égalités de Schulz", additions vraies aussi bien selon l'arithmétique que selon la gématrie. J'avais particulièrement apprécié la dernière :
60 = 13 + 47 = 19 + 41 = 25 + 35
60 x 4 = treize + quarante-sept = dix-neuf + quarante et un = vingt-cinq + trente-cinq
pour son aspect "quaternitaire", mais je sais maintenant que 60x4 = 240 est aussi  le produit des 6 premiers Fibos, 1x1x2x3x5x8, ainsi que la gématrie de 13+21 en anglais. Je remarque la première "égalité de Schulz", 13+47 en français, parce que 47 est le terme correspondant dans la suite de Lucas au Fibo 21 (une façon de le voir est 47 = 13+13+21).

  Neil Sloane est le contributeur principal du site qu'il a créé, avec plus de 40000 suites à son actif. Je n'ai pas trouvé une liste des contributeurs qui m'aurait permis de déterminer s'il y a parmi eux d'autres "106".
  Le triple 106 donne 318, nombre qui depuis mars 2012 m'évoque aussitôt la série Touch, et plus particulièrement son pilote, se passant le 18 mars, 3/18 à l'américaine, avec pour nombre clé 318. Les deux premiers épisodes de la série insistaient sur l'importance pour son jeune héros Jake du nombre d'or et de la suite de Fibonacci, et les nombres présents dans ces deux épisodes ont eu pour moi d'importants échos.
  Ainsi le pilote donnait un numéro de téléphone d'abord lu à l'envers, puis rétabli à l'endroit, donnant les successions de chiffres 3561 et 1653, et ces nombres ont joué un rôle important dans la découverte de ce qui constituerait ma première suite OEIS.
  Les nombres clés des deux premiers épisodes étaient 318 et 5296, début du "Code Amelia", supposé être la formule ultime de l'univers, d'ailleurs présent sur l'OEIS , avec quelques écarts par rapport à la forme définitive donnée dans la série :
   Les chiffres du numéro attribué par l'OEIS, 225579,  apparaissent dans un demi-désordre aux rangs 13 à 18 de la suite, dans les nombres-clés des épisodes 4-5-6, soit 9.5-22-975, et c'est une autre curiosité que dans le 6e épisode, le père de Jake communique à Arthur Teller les 15 chiffres donnés par Jake dans les 5 premiers épisodes (s'achevant donc sur 522); Teller non seulement les connaît déjà, mais sort un papier sur lequel ils figurent, suivis des 3 chiffres de l'épisode en cours, 975 :
  Ce 6e épisode a une particularité, avec un second nombre clé communiqué à Teller lorsqu'il vient voir Jake. Celui-ci a noté 975 sur un tableau, et il y ajoute 6 en voyant Teller. Celui-ci retourne à sa voiture, découvre en mettant le contact le kilométrage ("milage" plutôt) 9756, et est saisi d'une crise mortelle.

  Je m'étais avisé de la possible corrélation entre la somme des deux premiers nombres, 318+5296 = 5614, et le nombre de jours déclarés vécus par Jake au début du second épisode, 4165. A ce moment 5614 m'était déjà significatif, pour la suite 5614 de l'OEIS (avec divers échos, tel 56/14=4), et son renversement 4165 l'était aussi par son découpage 41/65, presque doré car la section dorée de la somme 106 donne 65.51..., privilégiant de peu le découpage 40/66). Du moins le rapport 65/106 est-il doré, commenté dans mon Puzzle échevelé, et la somme 171 connaît un remarquable double partage doré dans l'expression
credo in / deum / unum = 65/41/65 (gématrie latine)
  Le Credo est un "acte de foi", actus fidei, auto da fé, ce qui m'a donné l'idée du titre de ce billet, car aux lettres DA/FE correspondent les rangs 41/65.

  Le partage d'Esparron en 4-4 lettres donne
ESPA / RRON = 41/65,
et celui en 3-5 lettres (Fibonacci)
ESP / ARRON = 40/66,
le "bon" partage doré. Lorsque la partie décimale de la section dorée d'un nombre est proche de 0.5, c'est que le double de ce nombre offre un excellent partage doré entier, ainsi 212 a pour très bon partage 81/131, (40+41)/(66+65). La suite additive 131-212 se poursuit par trois autres palindromes, 343-555-898, et ceci était intervenu dans ce qui deviendrait ma première suite OEIS. Dans le premier épisode de Touch, Jake entourait certains chiffres que son père, grâce à l'indicatif 212 de Manhattan, comprenait être un numéro de téléphone, 212-960-3561 (d'abord déchiffré à rebours 1653..., et je rappelle que 1653-3561 jouait aussi un rôle dans la découverte de ma première suite OEIS).
  La curiosité de regarder quelle était la suite 4165 de l'OEIS m'apprit qu'il s'agissait des cubes écrits à rebours, en écho à une préoccupation du moment. Il apparaît décidément une vertigineuse série d'échos entre certaines de mes préoccupations, les premiers épisodes de Touch, et les suites de l'OEIS, impliquant anagrammes, palindromes, Fibos, quaternités, etc.

  Une autre possibilité donnée par les arrangements de 1-4-5-6 était mon heure officielle de naissance, 16:45. La suite A001645 est une récurrence linéaire de type Fibonacci, mais sur 4+1 termes: le terme n est la somme des 3 termes précédents et du terme n-5. Cette suite particulière débute par 1-3-7-11-26, nombres évoquant fortement Perec (né un 7 mars et auteur de W ou le souvenir d'enfance en 11-26 chapitres). Le terme suivant est 1+7+11+26=45 (comme REMI).

  Le bel écho de la suite A131285 débutant par les mêmes termes que ma suite exploitant la coïncidence des Fibos 1-1-2-3-5-8 m'a conduit à essayer d'autres arrangements de ces chiffres. Je suis loin d'avoir essayé les 120 possibilités débutant par 1, par exemple, mais l'un de mes essais s'est révélé vertigineux.
  Il s'agit donc de A113825, définie à partir d'une autre suite, A008351, dont ce sont les nombres de diviseurs des termes successifs. Je rappelle que ce sont les relations entre les valeurs des mots ONE, THREE, FIVE, EIGHT (1358) qui m'ont conduit à découvrir que la somme des valeurs des 6 premiers Fibos égale le produit des deux suivants. J'ai donc regardé ce qu'était A008351, et découvert avec émoi qu'il s'agit des différents états du mot infini de Fibonacci. Alors que A005614 donne ce mot exprimé par des 1 et des 0, A008351 utilise des 2 et des 1, et les premiers termes sont
1, 2, 21, 212, 21221, 21221212 (...),
qui ont 1-1-2-3-5-8 chiffres. C'est comme A005614 une suite due à Neil Sloane, qui la dit souvent écrite sous la forme a, b, ba, bab, babba, babbabab (...), la forme utilisée dans la BD citée plus haut.
  Ainsi deux des trois suites débutant comme la mienne par 15, 14, 5, pour ONE qui dans mon cas représente le premier Fibo, ont des numéros qui réarrangés correspondent à des suites en étroit rapport avec le mot infini de Fibonacci, concept mathématique assez peu présent sur l'OEIS.

  L"OEIS donne pour chaque suite son auteur et la date de création. Il m'est venu l'idée de chercher quelles suites avaient été proposées le 8 septembre 2008, le jour de ma découverte du 4/4/44 partageant la vie de Jung en 4-1 fois 6272 jours.
  Il y a 18 suites, des numéros 144042 à 144059, et j'ai remarqué la 144044, pour les quatre 4 bien sûr, mais aussi parce que la formule de la suite fait intervenir le nombre 44 :
a(n) = ((1+√11)n - (1-√11)n )2 /44
Les termes de cette suite sont tous des carrés, les premiers sont  1, 4, 196, 2304, 55696... (carrés de 1, 2, 14, 48, 236...) 

25.1.15

meshane maqom


  meshane maqom, meshane mazal
  Qui change de lieu change de destin.

  Apprenant notre déménagement, mon amie Anna m'a signalé cet adage juif, approprié puisque nous habitions précédemment Mézel, rappelant l'hébreu mazal (mazel, mezel), constellation, destin, chance.
  Esparron pourrait aussi ressembler à un mot hébreu, dérivé de la racine SPR, "conter", ou "compter" (il a été remarqué que les équivalents allemands erzählen et zahlen étaient aussi proches). Esparron pourrait s'écrire אספרון, et une recherche confirme l'existence du mot, qui semble employé pour des poissons du genre sphyrène. Ce dernier nom vient du grec sphyra, "marteau", ce qui a pour moi de multiples échos.

  Nous avons donc déménagé le 17 décembre. Fibo semble apprécier sa nouvelle demeure et est souvent dehors :
  Nacci, plus casanière, préfère lire au coin du feu :

  Nous avions emménagé le 17 parce que ce jour devait être installée la ligne ADSL, mais le technicien n'était pas au rendez-vous et nous avons dû attendre le 5 janvier.
  Plus de streaming donc, et ceci a été l'occasion de regarder The Wire, dont un ami nous avait passé l'intégrale en VO, et de découvrir ainsi qu'une appellation du 11 Septembre était nine one one.
   Certes nine eleven est plus courant, mais il est aisé de constater que nine one one existe aussi, et cette forme offre un parfait équilibre fibonaccien :
NINE / ONE ONE = 42/68 = 21/34
  Le précédent billet m'avait conduit à rappeler diverses relations dorées liées au 11 Septembre, notamment September/Eleven = 103/63, et Ben/Laden = 52/84 = 13/21 en hébreu ou arabe. C'est encore l'occasion de rappeler que la destination des deux vols qui ont frappé le WTC était Los Angeles, et que les 4 rôles principaux de La cité des anges sont Seth/Nathaniel = 52/84 et Maggie/Cassiel = 42/68.
  Une autre possibilité d'écho avec l'événement est l'ELS "terroriste Atta", donnée par Michael Drosnin comme une preuve  de la validité du "code de la Bible". Cette ELS se lit avec un saut de 4269 lettres, ce que j'avais rapproché de
NEW YORK = 42 69,
mais on peut aussi avancer que les lettres de l'ELS sont séparées par 4268 lettres, 42-68, NINE-ONE ONE.

  Notre propriété occupe les parcelles 178 à 181 du cadastre d'Esparron, et un hasard a voulu que mon 178e billet coïncide avec la signature du compromis de vente, et avec la vente de mon 178e livre.
  Le 5 janvier une même commande a réuni mes 211e et 212e ventes, deux livres de Stanislas Lem dans la collection Dimensions, Le rhume et Le masque. J'ai été ébahi de constater que les prix de ces romans étaient à leur parution 42 et 68 F.
  Incidemment la collection Dimensions a compté 55 titres, et Le rhume en est le 34e (34/55 Fibo). On y trouve un découpage Fibo avec 13 patients du docteur Stella envoyés en cure, dont 5 sont morts.

  L'église d'Esparron a pour titulaire Saint André et pour patronne Sainte Madeleine :
ANDRE / MADELEINE = 42/68
  Il y a aussi une chapelle Sainte Madeleine, qui donne son nom au quartier où est située notre maison.

  Une entreprise essentielle après avoir occupé la maison a été d'en prendre les mesures, opération délicate car le premier niveau est en partie enterré dans le terrain en restanque, avec divers débordements. Le niveau principal d'habitation est en revanche un rectangle parfait, de dimensions intérieures 5,80 x 9,40 m. C'est un rectangle d'or, correspondant au rapport 47/29, équivalent dans la série de Lucas au rapport Fibo 21/13.
  Les murs sont épais d'environ 35 cm, ainsi les dimensions extérieures sont 6,50x10,10 m, ce qui n'est plus idéalement doré. Ce sont en principe les dimensions extérieures qui prévalent lors de la conception, mais cette maison est unique, conçue et réalisée par un maçon à la retraite, Pierre Gouillard, pour y finir ses jours.
  Il l'a construite entièrement seul, en s'aidant de palans pour monter jusqu'à 6 m de haut les poutres en pin des Vosges, d'un diamètre de plus de 25 cm.

  Les environ 10 m m'ont rappelé la largeur de la maison Navidson, étudiée ici. Je me suis repenché sur Danielewski à partir du billet du 30 juin dernier, 181e jour de l'année, valeur de Mark Z. Danielewski, et j'avais titré ce 170e billet Rêvolutions parce que la valeur 170 de ce mot, inspiré du titre Only Revolutions de Danielewski, se répartit selon voyelles/consonnes en
EOUIO/RVLTNS = 65/105 = 13/21
  Je trouve exactement le même équilibre fibonaccien pour Pierre Gouillard, le constructeur de notre maison :
IEEOUIA/PRRGLLRD = 65/105 = 13/21
  Je rappelle que Danielewski homologuait énigmatiquement les 10 m de sa maison à 20 coudées, avec l'expression anglaise
TWENTY CUBITS = MARK Z DANIELEWSKI = 181
et l'expression française VINGT COUDEES se répartissant selon voyelles/consonnes en un parfait équilibre fibonaccien
IOUEE/VNGTCDS = 55/89

  Le résultat NINE/ONE ONE = 42/68 m'a paru devoir justifier une étude approfondie de ce mode de calcul (correspondance d'un nombre avec la somme des gématries de ses chiffres). Je rappelle que phrère Laurent m'avait initié à cette approche avec ses initiales LC = 12-3 devenant
UN DEUX TROIS = 170 = LAURENT CLUZEL
  Il s'agit maintenant de chercher quels couples de nombres donnent des valeurs en rapport d'or. Avec les noms anglais des chiffres un petit programme concocté le 11 janvier a donné parmi les premiers résultats
ONE/THREE = 34/56
TWO/ONE+FOUR (ou FIVE+SIX) = 58/94
THREE/FIVE+EIGHT = 56/91
SIX/FIVE+FIVE = 52/84
SEVEN/THREE+EIGHT = 65/105
  Tiens un 65/105 comme REVOLUTIONS et PIERREGOUILLARD, mais le partage voyelles/consonnes livre ici le quintessentiel 34/136 = 1/4.

  Je propose d'écrire désormais 1/3 = 34/56, les nombres en gras soulignés correspondant aux valeurs des noms des chiffres. Je remarque cette première relation 56/34 qui apparaît dans l'actualité avec CHARLIE/HEBDO, attentat qui a été vu comme "11 Septembre français", et qui est aussi un attentat dont la portée symbolique outrepasse le nombre des victimes. Je rappelle que c'est 9/11 = 42/68 qui a initié cette recherche.

  A noter que, comme en anglais FIVE = NINE = 42, ces chiffres sont interchangeables dans les résultats obtenus.
  Parmi ces premiers résultats j'ai remarqué les relations Fibo, 42/68 = 21/34, 56/91 = 8/13, et 52/84 ou 65/105 = 13/21. Par ailleurs 58/94 = 29/47 correspond dans la série de Lucas aux Fibos 13/21 (et aux dimensions de notre maison).
  J'ai aussi vu que les deux relations les moins bonnes, 34/56 et 56/91, concernaient les chiffres 1-3-5-8, tous Fibos. J'ai eu la curiosité de calculer la somme,
1+3+5+8 = 181,
qui m'a encouragé à persévérer puisque je prévoyais de consacrer ce 181e billet à ces calculs. L'étape suivante a été tout naturellement de calculer la somme correspondant aux 6 premiers Fibos,
ONE+ONE+TWO+THREE+FIVE+EIGHT = 273,
ce qui m'a été immédiatement significatif car je sais que ce nombre est le produit des 2 Fibos suivants,
273 = 13x21.
  Il existe ainsi une relation bizarre entre les 8 premiers Fibos, et les citations de la suite de Fibonacci se limitent souvent à ces 8 premiers termes, comme le code permettant d'ouvrir un coffre dans Da Vinci Code, dans l'ordre, ou selon un léger désordre, le numéro de téléphone qui permet à Nemo Nobody de retrouver son monde.  
  Il y a encore le document où Daumal a noté les premiers rapports fibonacciens, en terminant sur 21/13 et omettant le rapport précédent 13/8, ce qui établit une cassure entre 1-1-2-3-5-8 et 13-21, aussi présente dans le numéro de Mr Nobody :
  Ce bel équilibre m'a conduit à approfondir. 13-21 sont formés des mêmes chiffres que 1-1-2-3, avec au départ une harmonie numérique qui se trouve donc magnifiée:
(1+1+2+3)+(5+8) = 182+91 = (2+1)x91
(1+1+2+3)+(5+8)+(1+3+2+1) = 182+91+182 = (2+1+2)x91

  Le plus beau est à venir avec les noms réels en anglais de 13-21, soit
THIRTEEN+TWENTYONE = 99+141 = 240,
or 240 est le produit 2x3x5x8, soit le produit des 6 premiers Fibos, et il apparaît donc un magnifique chiasme :
ONE+ONE+TWO+THREE+FIVE+EIGHT = 13x21
1x1x2x3x5x8  = THIRTEEN+TWENTYONE
Vérification sur le Gématron.
  On peut encore écrire, selon la notation vue plus haut (mais utilisée ici pour les noms réels des nombres) :
1+1+2+3+5+8 = 13x21
1x1x2x3x5x8  = 13+21 
ou encore :
  La somme des gématries des noms des 6 premiers termes de la suite de Fibo donne le produit des deux termes suivants.
  Le produit des 6 premiers termes de la suite de Fibo donne la somme des gématries des noms des deux termes suivants.

    J'ai insisté un peu lourdement sur ce cas car je me sens particulièrement concerné par le couple 13-21, auquel est notamment associé l'échange Jung-Haemmerli. J'ai récapitulé toutes les coïncidences 13-21 sur cette page, où ce cas est maintenant le 100e.
   Ainsi je suis émerveillé d'avoir découvert cette double relation par accident, alors que bien des passionnés ont étudié les valeurs associées aux noms des nombres, notamment en anglais, la suite de Fibonacci étant l'une des favorites des amateurs de nombres.
  Il convenait de déterminer la rareté de la double relation, soit d'étudier quels ensembles de nombres ont réciproquement les mêmes produits et sommes des gématries. J'ai écrit un programme analysant d'une part les ensembles de 3 à 7 nombres d'un chiffre, de 1 à 9 (plus de 5 millions de combinaisons), d'autre part les ensembles de 2 nombres de deux chiffres, de 10 à 99 (8100 combinaisons).
  Ceci ferait plus de 40 milliards de cas, mais mon programme n'en teste que la faible part où des résultats sont possibles. Toujours est-il que, outre 1-1-2-3-5-8 et 13-21, un seul autre résultat apparaît :
1-1-1-3-8-8 et 16-16, dont les produits et sommes sont 192 et 256.
  En écrivant les nombres en français, un seul résultat :
1-1-1-4-6-8 et 11-27, dont les produits et sommes sont 192 et 297.

  Quelques autres résultats apparaissent en modifiant les critères, par exemple en mixant nombres de 1 et 2 chiffres, mais aucun d'entre eux n'offre de cohérence aussi immédiate que les 8 premiers Fibos.

  Les recherches menées pour voir si quelqu'un d'autre avait déjà repéré cette double relation ont été infructueuses, mais elles m'ont fait découvrir une curiosité
   Dans l'album In Keeping Secrets of Silent Earth: 3 du groupe de rock Coheed and Cambria, le 12e et dernier morceau est intitulé 21:13.

  Le logo du groupe me rappelle les châteaux triangulaires de Sisak et Wewel, et leur superposition en ce que j'ai appelé l'Etoile de Babel.
  La musique de Coheed and Cambria illustre les romans graphiques scénarisés par le chanteur du groupe, Claudio Sanchez, né le 12 mars 78 (ce qui me rappelle le 12-3 de phrère L-C, également illustrateur de fantasy). Ces nombres 12-3 se retrouvent dans la BD In Keeping Secrets of Silent Earth: 3, comptant 12 chapitres, et éditée en poche en 3 fascicules. Le titre évoque la trilogie cosmique de CS LEWIS, où la Terre est the silent planet, "la planète silencieuse". Un eldil, "ange", est responsable de chaque planète, avec à leur tête un ange principal, Maleldil, créateur du système solaire.
MAL / ELDIL = 26/42 = 13/21

  Les divers programmes écrits pour étudier les valeurs associées aux noms des chiffres ont livré quelques résultats intéressants, sur lesquels j'aurai probablement l'occasion de revenir.
  Pour l'heure je ne vais mentionner qu'une relation en écho à notre installation dans les parcelles 178 à 181 du cadastre d'Esparron (feuille C).
  C'est donc la valeur 181 de 1-3-5-8 qui m'a conduit à la double relation unissant les 8 premiers Fibos, à partir des relations dorées 1/3 = 34/56 et 3/58 = 56/91. Une autre relation en cascade apparaît en prolongement du 9/11 = 42/68 :
ONE+ONE / TWO+SIX = 34+34/58+52 = 68/110
  Ceci mène à la valeur 178 pour 1-1-2-6, avec plusieurs autres points remarquables :
  La différence entre 11 (68) et 9 (42) est précisément 26, ainsi on peut obtenir la progression dorée des doubles Fibos en écrivant les deux formes de 26 de part et d'autre de cette relation initiatrice 26-9-11-26.
  Cette suite des doubles Fibos a été envisagée par Perec pour son poème Noce, dont les brouillons portent pour les 4 dernières strophes les nombres 26-42-68-110. J'ai découvert à l'occasion de nos propres noces que 68 et 110 correspondaient aux lettres des mariés, KMARBEND et NOUREDMCHI, et que les strophes utilisant ces contingents de lettres comptaient 26 et 42 mots.
  Je crois que cela relevait du pur hasard, et n'ai en tout cas trouvé aucun indice pouvant expliquer la présence de ces nombres sur les brouillons. Il est en revanche acquis que Perec a pu vaincre ses blocages dans l'écriture de W ou le souvenir d'enfance lorsqu'il en a trouvé une structure en 11-26 chapitres, nombres significatifs pour lui, et ceci fait à nouveau coïncidence avec 11/26 = 68/110.

  L'édition originale de Noce était constituée de 19 exemplaires, numérotés de A à S, distribués aux participants de la noce de Kmar et Nour.
  Mon billet rêvolutions m'a été l'occasion de découvrir que la 19e lettre de l'alphabet hébreu, qof de valeur 186, devient en arabe qâf de valeur 181. L'exégèse a rapproché la valeur numérique de qof de celle de maqom, le "lieu" qui a donné son titre à ce billet. Je me suis demandé si son équivalent arabe n'aurait pas parallèlement la valeur 181, et c'est bien le cas pour maqam, مقام, "lieu".