30.6.18

Juste Eden du Véranomnol


Chapitre 10: JAMAIS ELMO NE DEROGE

  Elmo Orvann est un personnage plus ou moins calqué sur Xul Solar, fils d'un Allemand né à Riga, Elmo Schulz, et d'une Italienne née Solari. Devenu Argentin, il a choisi le pseudo Xul qui se prononce "choul", sans rapport certain avec la lumière latine lux, mais mon Orvann ne se prive pas d'assimiler la première syllabe de son nom à la "lumière" hébraïque, or (tiens, j'aurais pu l'appeler Rovann pour éviter le hiatus, et esquisser un parallèle avec Paco Rabanne, mais après un coup d'oeil sur ce personnage je ne regrette rien).

   Dans un premier temps, je comptais exploiter les alphabets des nouvelles langues imaginées par Xul Solar, et puis il m'a semblé devoir me concentrer sur l'hébreu, et puis encore spécialement sur le tarot.
  J'ai cependant développé l'idée du gilgoul, de la transmigration des âmes selon la kabbale lourianique. Les informations données sont tirées du Sefer ha-Gilgoulim, de Hayim Vital. Je me suis permis d'évaluer les "étincelles" à 320 au lieu de 288, pour simplifier un peu les opérations, mais l'égalité Caïn = Abel est tirée de cet ouvrage.

  Les trois principes auxquels les Orvann ne dérogent jamais sont inspirés par une autre trinité classique, qol, tsom, mamon (Voix, Jeûne, Argent), trois mots de valeur 136. Pour arriver à une anagramme de NOVEL ROMAN, j'ai dû transformer MAMON en NAMON.

  Au moment où je commençais mon chapitre, Patrick Bléron a publié sur Alluvions quelques commentaires sur les recherches d'Yvo Jacquier, à propos de Dürer et des tarots. Sans chercher à approfondir, j'ai utilisé l'idée, et n'ai pas hésité à en remettre une couche avec Léonard de Vinci complice dans l'affaire...
  J'avais fait état des recherches d'Yvo Jacquier sur Dürer dans le billet de juillet 2010 Dürer toujours.
  En octobre 2011 le tarot s'est invité dans mes recherches, dans le billet Triangles, avec de multiples résonances jungiennes. Ceci se prolongea en décembre avec le billet L'ange de la médiathèque, qui me fit découvrir que l'ange Cassiel (des Ailes du désir) était une déformation du nom d'un ange hébraïque, Qaftsiel, ange de Saturne (peut-être l'ange de Melencolia de Dürer), forgé à partir de la racine ק-פ-צ, QPÇ, avec une désinence angélique.
  Vinrent ensuite des curiosités qui m'émerveillent encore aujourd'hui. Sans que j'en ai trouvé d'explication, le nom Qaftsiel est lui-même une autre déformation, de Tsafqiel, nom de l'ange de Saturne dans les sources antérieures, de racine ÇPQ renversement de QPÇ.
  
  A ces lettres hébraïques correspondent les trois arcanes "astraux" du tarot, le Soleil, l'Etoile, la Lune. Dans certaines versions du tarot, l'Etoile est Mercure, et ces trois astres sont ceux dont Jung a représenté en gros les symboles sur la pierre de Bollingen.  J'avais donné dans le billet suivant ces arcanes dans divers jeux de Tarot, et notamment dans le jeu peint par Dali, en calquant l'ordre de la pierre de Bollingen :
   Je rappelle que j'ai relié l'échange Jung-Haemmerli, sous le signe de Mercure, au Soleil et à la Lune, par les valeurs numériques associées aux dates connues de l'affaire, et notamment le 30 juin 1944, date de la mort de Haemmerli, il y a exactement 74 ans.
  Par ailleurs les valeurs 52-84 de JUNG-HAEMMERLI apparaissent dans les 4 colonnes du carré magique de Melencolia. La réelle villa Victor-Hugo est sise dans l'avenue entre ses numéros 134, valeur d'ARSENE LUPIN, et 136, valeur de JUNG-HAEMMERLI et constante magique du carré de Dürer. Leblanc a utilisé dans Arsène Lupin contre Herlock Sholmès un passage secret entre les numéros 134 et 136 de l'avenue Henri-Martin, ce que j'ai déjà utilisé dans mon premier chapitre.

  Le Tarot universel d'Aldo di Varsal est bien sûr celui de Salvador Dali. Après avoir forgé cette anagramme, j'ai appris que varsal était en anglais une forme désuète de universal, et que le tarot de Dali avait la prétention d'être universel (mais il n'est pas seul dans ce cas).

  Le tarot Wiley-Calterreso est une anagramme d'Aleister Crowley, créateur du tarot de Thoth. J'avais déjà utilisé cette anagramme ici, en faisant visiter Rennes-le-Château par Crowley.

  C'est en cours de l'écriture du chapitre qu'il m'est venu l'idée du mage tirant le tarot pour lui-même, et les 5 arcanes seraient bien entendu les lames 1-13-15-18-14, correspondant à AMOR N. Je n'y connais rien en tarot et ai trouvé en ligne quelques infos sur le tirage et la significations des lames. Ceci m'a été l'occasion de découvrir ici ceci:
Il y a une grande similitude entre cet arcane sans nom et l’arcane du Fou. L’un est sans nom, l’autre sans numéro.
  Ainsi apparaît un net lien entre ces arcanes auxquels correspondent les lettres 13 et 21 de l'alphabet hébreu, Mem et Shin formant le mot shem, "nom". De plus ce sont les lettres mères correspondant à l'Eau et au Feu, et dans les tarots anglo-saxons le Fou correspond à la lettre alef, l'autre lettre mère. De fait, les deux correspondances du Fou, A et S, forment le mot esh, Feu.

  Je ne suis pas mécontent de l'interprétation du tirage d'Elmo. Je dois signaler que sa relation remarquable concernant l'an 1908 lui est très personnelle, car c'est 3760 avant JC que Dieu aurait créé le monde selon les calculs du Seder Olam, et c'est donc en 1880 qu'a eu lieu la conjonction soulignée par Orvann, je ne sais ce qu'il a pu se passer cette année-là. Je remarque au passage que les 56 ans ajoutés par Elmo correspondent aux 56 arcanes mineurs du tarot, qu'il prend en compte pour avoir 78 lames, triangulaire de 12, dans son interprétation de 1908 = 12 fois 159, la valeur calculée pour son tirage (j'ai imaginé de retrancher les cartes renversées, le total 241 pour les 5 lettres hébraïques A-M-S-Ç-N ne m'évoquant rien d'immédiat).

  159 m'est plus évocateur car c'est la valeur de L'AIGUILLE CREUSE, le roman où Lupin est blessé peut-être mortellement le 16 avril 1908, le Jeudi saint, 106 jours après le premier janvier (en fait cette date semble être une erreur, et le cambriolage d'Ambrumézy (embrumez-y) est daté plus loin du 23 avril, ce qui peut conduire à considérer avec plus d'attention la date erronée). Lupin se réfugie dans une crypte, où son supposé cadavre est découvert 53 jours plus tard par Beautrelet. 106+53=159, CQFD...
  L'autre interprétation d'Elmo, 1908 = 36x53, m'a suggéré l'idée de rapprocher les morts mystérieuses des 18 héritiers VERANOMNOL de celles des 36 Justes dans Le dernier homme bon, éliminés avec une effarante constance tous les vendredis. J'avais vu les lettres mères pouvoir apparaître dans le roman, avec 34 morts effectives au moment où leur schématisme dans l'espace est compris, 21 Justes identifiés, et 13 non. Il n'en reste plus que 2, l'un n'échappe pas à son sort, et l'autre trouve la solution pour accorder au monde une nouvelle chance.
  J'ai découvert ensuite que ce roman était probablement inspiré par un roman de 2006, Maudits soient les justes, où une secte déviante entreprend d'éliminer les 36 Justes, mais échoue à nouveau pour le dernier qui n'est encore qu'un embryon dans le ventre de Beth, la femme de l'enquêteur journaliste.
  Le pseudonyme SAM Bourne du réel journaliste Jonathan Vreeland m'a conduit à penser qu'il s'identifiait quelque peu au héros, et j'ai découvert que son propre fils se prénommait SAM.
  Mon billet Sam en Beth était consacré aux lettres mères hébraïques S-M-A dont l'atbash est B-Y-T, nom complet de la lettre B, Beth. J'ai hésité à ajouter ceci aux propos d'Elmo.

  Au moment où j'achevais ce chapitre, nous avons revu le 28 et le 29 Breaking the waves (1996), de Lars von Trier. Son héroïne se nomme Bess, et peut-être est-elle marquée par la mort de son frère Sam, en tout cas elle fait tout, au-delà du raisonnable sinon du possible, pour sauver son mari Jan condamné par la médecine, et y réussit, y laissant sa propre vie. Ceci m'évoque bien sûr l'échange Jung-Haemmerli.
  Je découvre que ce film est le premier de la trilogie Coeur d'or, ce qui m'évoque les deux premiers termes de la devise des Orvann, Or (Lumière), et Lev (Coeur). Pas de Namon ou d'Argent en vue, mais la responsable des costumes est Manon Rasmussen, MANON anagramme de NAMON (et l'une des victimes VERANOMNOL était MANON REVOL, qui manifestait son anticonformisme par des "revolutions" minuscules).
  REVOLUTIONS est un mot qui m'a retenu, pour le découpage de sa valeur 170 selon voyelles consonnes en
EOUIO / RVLTNS = 65/105 = 13/21.
  Je constate que le titre du film a même valeur 170
BREAKING THE WAVES = 67+33+70 = 170,
et que son réalisateur est
LARS VON TRIER = 50+51+70 = 171,
un des nombres clés structurant Novel Roman, où chaque chapitre a un titre en 18 lettres de valeur 171.

21.6.18

le carré du carré du carré VIER


Chapitre 8: HONORE DE VALMONDADA
  Pas grand-chose à ajouter, sinon que les 98 éléments de l'affaire Levert sont empruntés à The Greene Murder Case, de SS Van Dine, ou Philo Vance numérote ces 98 éléments, puis donne l'ordre exact qui a conduit à la résolution de l'affaire...Je ne me suis pas hasardé à vérifier si cet ordre avait une réelle pertinence.
  HV cultive des roses et habite Croissy en écho à la piste Rose-Croix.

Chapitre 9: IDEALE ! L'AVAL EN AMOUR
  Nous avons maintenant le nom de celui qui est prévu pour être le 14e des 18 héritiers Monlorné, Norman Love, bien sûr inspiré de Norman Bates, le Psycho.
  J'ai déjà commis l'anagramme AUSTRALIEN-NATURALISE ici, sans avoir pu y caser le CHARENTAIS ANARCHISTE. C'est fait...

  Hortense (Daniel) est la compagne de Lupin-Rénine dans Les huit coups de l'horloge. Sa demi-soeur Rose-Andrée est actrice, et ceci avait été un des indices à l'appui de la piste Rose-Croix chez Lupin (X croix de Saint-André).
Comme  HORTENSE = ROSE-ANDREE = 104, j'avais choisi de leur donner pour nom AA (=2) pour parvenir à 106.
  Leur père Jean de Prabourny est une anagramme de Jean-Bernard Pouy, de valeur 169 en harmonie d'or avec 104 (104/169 = 8/13, et Pouy est fier d'être le numéro 2 de l'Association 813).

  J'ai donné ailleurs les contraintes afférentes à la table des chapitres du roman Le cercueil s'ouvrira, titres que j'ai présentés selon le même style que les chapitres de Novel Roman.
  Voici donc ce à quoi mènent ces titres:

 RAISONAUTEL
 YOUSIRELTAN
 ETSUSALORIN
 ULCERATIONS
 EONINTRUSLA
 NELUICASTOR
 LADUNEROSIT
 QUISORTELAN
 ESPOIRALUNT
 EBRISUNALTO
 LOIUNESTRAZ

  Le carré est tel que je l'avais concocté en 1998, alors qu'à l'époque j'envisageais de modifier quelque peu les titres parfois plus qu'abstrus. Chaque titre est formé des lettres ESARTULINO plus un joker, avec deux nettes allusions. Ulcérations est le titre du premier poème hétérogrammatique de Perec, et Un raz est loi est le dernier vers d'Alphabets.
  Fernando Escartin était alors un champion cycliste espagnol, que j'avais transformé en Lou Escartin.

  En 1998 le traducteur kleptomane se nommait Trikkala, nom d'un interprète dans The Greek Coffin Mystery, dont les 21 chapitres du livre I épellent cet acrostiche, tandis que les 13 chapitres du livre II énoncent By Ellery Queen.
  Sachant maintenant que Ricardou avait aussi proposé en 1969 une table des chapitres formant un carré avec divers messages à lire en colonne ou diagonale, il me fallait lui rendre hommage, et le traducteur est donc devenu Ricardo/a Corleone, L'ambivalence Ricardo/a fait écho aux Noël/le des nouvelles de 1988.
  L'auteur original de Un cercueil s'ouvrira est devenu Enyer Quelle, anagramme de ELLERY QUEEN qui peut évoquer la question: Parmi les divers personnages ayant utilisé la signature ELLERY QUEEN, LEQUEL est la vraie REYNE?

  J'ai achevé la table des chapitres de Novel Roman, que voici présentée en carré:
 
 AVECUNDEBUTCOMMECA
 
BILANLETALEDULCORE
 
CEJEUBRIDELARAISON
 D
OSESDANAGRAMMESLA
 E
LLECHERCHAITNOISE
 FATALEAUBEENEGYPTE
 GRIFFELESAMBIANTES
 HONOREDEVALMONDADA
 I
DEALELAVALENAMOUR
 J
AMAISELMONEDEROGE
 K
EPIIMPECENLOUCEDE
 L
ELUDEPIDUODECIMAL
 M
IRAGEDELAVIEAUMAX
 NORMCEDEADIEUNEANT
 ORPHELINIMPLACABLE
 PUEZARFALLHAGARMAD
 QU
EDORANNEEDELAFOI
 R
ICHEDRAMEDHERITER

  J'y reviendrai. Tous les titres en 18 lettres de valeur 171, de même les 4 alignements en gras.

  A propos de carré, ce billet se trouve, par hasard, être le 256e de Quaternité, 256 étant non seulement un carré, mais un bicarré, et mieux encore un bibicarré, le premier bibicarré après le trivial 1. On peut l'écrire
256 = ((2^2)^2)^2, ou encore
256 = 4.4.4.4, ce qui est très quaternitaire.
  J'ai donc cherché un titre de valeur 256, et suis assez content de
LE CARRE DU CARRE DU CARRE VIER,
en rappelant que VIER, "quatre", correspond aux initiales des 4 victimes assassinées aux 4 coins de Villers, dans le roman de Benoît Peeters de 1980 qui a beaucoup d'analogies avec Novel Roman, mais dont j'ignorais l'existence lorsque m'en est venu l'idée.
  Sachant que CARRES = 64, j'ai songé à quelque chose comme
CARRER SACRES? SACRER CARRES!,
mais l'autre forme l'a emporté.

Note du 4/4/2020: Relisant ce billet, je constate que 256 est aussi le nombre de pages (suggéré) de l'in-16 Un cercueil s'ouvrira, et c'est encore le numéro de la page où est donné le carré de lettres de Cyril Epstein dans le Formules n° 9, dont la découverte a été une étape essentielle dans le processus qui m'a conduit à actualiser le projet Novel Roman.

Note du 11/11/2021: A propos du dernier chapitre de Un cercueil s'ouvrira, Loi: un est raz, issu de Un raz est loi, dernier vers d'Alphabets, j'ai découvert ce matin qu'en tchèque (et polonais), le numéral "un" se dit raz.
Incidemment, les parents de Perec étaient des Juifs polonais.

23.5.18

la théorie des signes de vie


  Quelques lectures récentes.
  Un pavé de mai était Signe de vie, de JR Dos Santos, un émule portugais de Dan Brown, dont le héros, Tomas Noronha, est comme il se doit professeur de cryptologie.
  J'avais commenté ici son premier succès, La formule de Dieu, intéressant par sa comparaison avec un autre roman où est recherchée une ultime formule laissée par Einstein. Dans les deux romans le secret était lié à la lumière, or en hébreu, et le nombre d'or était présent, anecdotiquement chez Dos Santos, au premier plan dans l'autre roman.

  Les romans de Dos Santos semblent calqués sur ceux de Brown, chapitres courts se terminant très souvent par un climax, ce qui permet de débuter le chapitre suivant par un rappel d'une dizaine de lignes, et augmenter artificiellement la taille du pavé. Ceci devient horripilant quand on dépasse la centaine de chapitres, surtout lorsque les climax sont de purs artifices.
  Les romans des deux auteurs débutent aussi par un avertissement du genre Toutes les informations scientifiques présentées dans ce roman sont vraies. Si pour Dan Brown, "vraies" signifie "trouvées sur le web", il m'avait semblé que Dos Santos était mieux documenté, et la vulgarisation des théories physiques présentée dans La formule de Dieu recoupait ce que j'avais lu ailleurs.

  Je n'ai pas attendu la parution en poche pour lire Signe de vie, car son thème m'intéressait au plus haut point. Dos Santos y imagine que les radiotélescopes du projet SETI viennent de capter un signal venu de l'espace, sur la même fréquence que le réel signal dit "Wow!" en 1977.
  Wow! est le commentaire fait par l'astrophysicien JR Ehman dans la marge des résultats du 15 août 1977, où un signal puissant est apparu sur la fréquence 1,42 GHz, précisément la fréquence sur laquelle on s'attend à recevoir d'éventuels signaux de civilisations extraterrestres, je passe sur le pourquoi.
  Le radiotélescope qui a capté le signal bouge en permanence, et 6EQUJ5 correspond à la croissance et à la décroissance du signal pendant les 72 secondes où il était dirigé vers un secteur de la constellation du Sagittaire (selon un code allant de 1 à 9 puis de A à Z). Comme le résultat n'a été observé que quelques jours plus tard, il a été impossible d'obtenir d'autre précision concernant ce signal exceptionnel qui n'a pas eu d'équivalent depuis, et dont aucune tentative d'explication n'a trouvé de consensus.

  C'est un bon point de départ pour un roman, et Dos Santos a imaginé la réception d'un nouveau signal sur cette fréquence 1,42 GHz, en provenance d'un objet en mouvement vers la Terre, mais cette fois le signal est continu et porteur d'un message, 42 chiffres se répétant en boucle, qui ne sont autres que les premiers chiffres de Pi dans le système décimal, 3141592653589...
  Pourquoi Pi? parce que c'est en principe une constante universelle.
  Pourquoi 42? Je m'attendais à ce que le cryptologue s'aperçoive que le message impliquait d'ajouter un signe, la virgule après 3, pour obtenir la réelle constante, et que ces 42 symboles en impliquant 1 autre étaient une allusion à la fréquence 1,42 qui les transmettait.
  Non, c'est un autre personnage, l'astrophysicien Seth Dyson, qui prétend avoir effectué le calcul, et trouvé que ces 42 premiers chiffres "permettent d'établir avec une précision millimétrique le périmètre d'un cercle qui couvre la dimension de tout l'univers visible à partir du rayon d'un électron" (page 205).
  Selon un réel astrophysicien (Gef), cette formulation est fort sujette à caution, et "précision millimétrique" signifie ici "très précis" et non "au millimètre". Le fait réel probablement visé est qu'il y a effectivement un facteur d'environ 1042 entre le rayon classique de l'électron, 2,8 x 10-15 m, et le périmètre actuel de l'univers observable, environ 2,8 x 1027 m, en constante croissance.
  De toute manière, un scientifique n'utiliserait pas ceci pour communiquer avec d'autres scientifiques, ce rapport entre les deux grandeurs étant anecdotique. Je pourrais imaginer que l'auteur ait pensé au 42 de Douglas Adams, mais ceci discréditerait tout le discours à prétention scientifique qui occupe au moins les trois quarts du livre.

  Il n'y a de toute façon pas besoin d'aller beaucoup plus loin pour trouver des aberrations, car dès la page 207 on trouve
Par exemple, si nous choisissons deux nombres entiers, la probabilité que ces deux nombres entiers soient premiers est de six divisé par Pi au carré. Qu'est-ce que Pi a à voir avec le choix aléatoire de nombres premiers? C'est incompréhensible!
  Or, d'une part, s'il existe bien certain "théorème de Cesaro" qui donne ce résultat, il touche des nombres premiers entre eux, ce qui est tout à fait différent, et, surtout, ce "théorème" est contesté, ce que je découvre aisément sans être mathématicien (mais Gef me dit qu'il est exact, et il a certainement raison).

  Il est possible que certaines de ces aberrations viennent d'erreurs de traduction, mais tout cela reste quand même bien approximatif. Le chapitre 34 vient me conforter dans mes doutes, car Noronha y avance que le nombre d'or pourrait être un autre moyen de communiquer avec une intelligence extraterrestre, car ce serait un facteur d'harmonie présent dans tout l'univers. Et tout le folklore de bas étage y passe, Léonard de Vinci et Phidias, la suite de Fibonacci miraculeusement présente dans le monde végétal (ce qui pouvait effectivement être vu comme miraculeux jusqu'aux expériences qui l'ont parfaitement expliqué).

  Il y a d'ailleurs de sérieux problèmes de traduction dans ce livre, où je relève notamment, bien qu'ayant sauté bien des paragraphes:
page 299: Einstein a déclaré que Dieu ne jouait après aux dés.
page 535: Et ce qu'ils voyaient était un invraisemblable.
  Je trouve pour ma part invraisemblable qu'une intelligence humaine ait pu commettre ces bourdes, et je soupçonne l'utilisation d'un logiciel de traduction, suivie d'une vérification sommaire.  

  Enfin Quaternité n'est pas le lieu de l'analyse des dérives de l'édition des best-sellers, et cette aventure de Noronha est tout de même bien plus intéressante que les trois précédentes parutions françaises de Dos Santos.
  Si je commente Signe de vie, c'est pour ses coïncidences avec ma démarche, et d'abord ceci.
  En mars 2017, j'ai publié le billet Wow! dont le titre venait de la grille 9x9 publiée en 2005 par Cyril Epstein, où il m'avait semblé très significatif de trouver en colonnes les lettres WOW et AMAN. Je n'y reviens pas, et invite à se reporter à ce billet.
  Wow était pour moi une forme de la lettre hébraïque waw, effectivement courante, et la vérification de son usage m'avait fait découvrir le signal "Wow!". J'avais noté que ce signal était apparu un 15 août, date mariale, alors que la grille de Cyril est aussi marquée par son intérêt pour les apparitions mariales, et que son découvreur se nommait Ehman (אהמן en hébreu), à rapprocher de Aman (המן en hébreu, qu'on transcrit aussi Haman).

  Une autre curiosité de la grille de Cyril était sa colonne centrale, où j'ai vu l'anagramme de NOM PRENOM, ce qu'il m'a assuré n'avoir pas été intentionnel. J'ai représenté ci-contre cette colonne en gras, alors que la seule accentuation de la grille publiée était son M central.
  En juin 2017, j'étais conduit à rouvrir le Ferrocarril de Santa Fives de Robert Rapilly (2011), à y redécouvrir une grille 9x10, et à m'apercevoir que sa colonne centrale contenait aussi une anagramme de NOM PRENOM, avec en plus la lettre I. J'avais remarqué que cette grille avait deux lettres centrales, et que ces lettres étaient PI. Se reporter à ce billet récapitulatif.

  Alors Dos Santos a imaginé que les auteurs du signal "Wow!" récidivent avec un signal Pi...

  Les 42 chiffres de Pi me rappellent une curiosité du roman de Sinoué, Les Silences de Dieu, ayant joué un rôle important dans mes découvertes de septembre 2008. On y trouve les mêmes faits controuvés concernant Fibonacci et le nombre d'or, qui y est donné avec 42 décimales. Dieu s'y incarne sur terre (pour la première fois!) sous la forme d'un jeune homme, MORCAR, dont est calculée la valeur numérique, 68, et j'avais vu 42/68 = 21/34, deux nombres de Fibonacci.
  Signe de vie a un prologue, 108 chapitres, et un épilogue, soit en tout 110 éléments, 42+68, mais je ne vois rien justifiant un partage 42-68 de ces éléments. Je pense à la gématrie de l'hébreu hayim, "vie", 68 (son "signe" étant les 42 chiffres de Pi).

  Le chapitre 34 de Signe de vie dédié au nombre d'or et à Fibonacci me rappelle les 34 chapitres du Labyrinthe de la Rose, où 34 est décliné à toutes les sauces, avec notamment son appartenance à la fameuse suite.

  La NASA remet en service la navette Atlantis pour aller voir le mystérieux objet, en fait une comète, sur laquelle a été fixé un cube bleu clair, que Noronha parvient à détacher et à amener à la navette. J'ai lu ceci au moment où j'étais en train de rédiger le chapitre 7 de Novel Roman, où je fais intervenir aussi un cube bleu, inspiré par le mystérieux cube bleu de Mulholland Drive, et je me demande si Dos Santos n'y a pas pensé aussi, car son cube abrite des créatures aussi inquiétantes que celui de Lynch...

  Voilà pour Dos Santos, auquel je me permets de contester le titre de "roi du thriller bien informé.
  Pendant sa lecture, je suis passé à la médiathèque de Gréoux où quelques polars étaient mis en évidence, dont Hortense (2016), de Jacques Expert, un auteur que je ne connais pas. J'aime le nom HORTENSE, m'évoquant aussitôt la Dame à la hache, une nouvelle de Leblanc qui m'a semblé receler une clé pour aborder le recueil dont elle fait partie. Je compte introduire prochainement une Hortense dans Novel Roman, en fait déjà présente dans ce chapitre 7, où il n'est pas indiqué le nom de l'actrice qui interprète Ornella.

  Je n'ai pas grand-chose à dire de ce Hortense, sinon que le nom du commissaire chargé de l'enquête sur la disparition d'Hortense se nomme Bernard Dupouy, un nom probablement choisi en hommage à Jean-Bernard Pouy.
  Ceci fait écho à une curiosité d'il y a quelques mois, où la 4e de couverture du polar Avant l'aube de Xavier Boissel m'avait conduit à le lire, parce que le héros du roman en était l'inspecteur Philippe Marlin, exact homonyme de l'éditeur de L'Oeil du Sphinx, auquel je suis redevable de m'avoir édité, de même que l'a fait JB Pouy.
  Tiens, l'écriture du chapitre 6 m'a fait employer l'expression "avant l'aube", sans penser à ce polar déjà presque oublié.
  La nouvelle que j'ai écrite pour Phil, L'enchanté réseau, fait aussi grand usage de l'anagramme, et elle s'achève le 16 avril 1908, le jour J (ou plutôt la nuit N) de Novel Roman. Sa publication en mai 2009 a été fortement synchronistique.
  Lorsque j'ai cherché en ligne des confirmations de l'assertion de Dos Santos sur le "périmètre de l'univers visible", je n'ai trouvé que des références à Signe de vie, et, parmi elles, le compte-rendu de lecture de Philippe Marlin (plus positif que le mien).


  Parmi le petit lot de polars en évidence à Gréoux, il y avait un autre Jacques Expert, La théorie des six (2008), que j'ai aussi emprunté.
  C'est plus intéressant, surtout pour l'amateur de structures fibonacciennes. Le roman a un prologue, 33 chapitres, et un épilogue assez particulier, car il compte près de 60 pages alors que les 33 chapitres font moins de 6 pages en moyenne. Par ailleurs l'intrigue principale d'un roman s'achève généralement dans son dernier chapitre, et l'éventuel épilogue n'est qu'un... épilogue, précisément.
  Ce n'est pas le cas ici, où le dénouement apparaît à la fin de l'épilogue, et où il y a une dernière section qui tient lieu de réel épilogue, Deux ans plus tard.
  C'est que dans les chapitres courts la narration suit une seule personne, tandis qu'elle passe de l'une à l'autre dans l'épilogue.
  Toujours est-il que les 34 sections constituant l'essentiel du récit peuvent se découper ainsi:
- 21 sections où l'assassin se confie, à la première personne
- 13 autres sections, et parmi ces 13 sections il y en a 8 consacrées au récit du commissaire chargé de l'enquête, également à la première personne.
  Donc, 5-8-13-21-34, c'est parfaitement fibonaccien, mais probablement sans intention car il n'y a pas d'harmonie interne séquentielle, les chapitres "assassin" étant prépondérants au début de l'intrigue.
  J'ajoute que l'intrigue se passe de janvier à mai 2008, sans guère de dates précises dans le texte. Je suis très attentif aux romans se passant en 2008 ou publiés en 2008.

  Pour le titre du roman, je vais laisser la conclusion à Dos Santos, toujours au chapitre 34:
— Or le 6 ne fait pas partie de la suite de Fibonacci
—Non, mais c'est un multiple d'un chiffre de Fibonacci. Six est le double de trois.
  Je ne résiste pas à remarquer ici "chiffre" au lieu de "nombre". Il y a de toute façon des fleurs qui obéissent à une suite de Fibonacci double, avec par exemple 6 spirales dans un sens et 10 dans l'autre.

21.5.18

Un coup de pouce égaie le hasard


Chapitre 7: GRIFFE LES AMBIANTES !

  Nemo Vorlan, au nom inspiré par Remo Forlani, faisait aussi partie du projet de 1998. C'était aussi un dramaturge, mais sa pièce se nommait Je vous M, monsieur V, V étant Voltaire, avec certains autres éléments issus du texte de Roussel L'allée aux lucioles, où il est question de Voltaire.   Le titre avait aussi un rapport avec The Long Good-Bye, de Chandler, et son I don't like you, doctor V. Mes souvenirs s'arrêtent là, sinon qu'il aurait été aussi question de trucages électriques.

  Ici, c'est le choix d'un titre qui a été grandement responsable du contenu du chapitre. J'avais un mannequin
G.....L....B......
  J'ai décidé d'avoir un S en finale, ce qui m'a suggéré LES ..B.....S, mais j'aurais du mal à justifier comment je suis arrivé à LES AMBIANTES; ensuite il fallait trouver un mot de 6 lettres débutant par G pour arriver à la gématrie 171, GRIFFE m'a semblé le meilleur choix, et il fallait arriver à justifier ce titre bizarre...
  J'ai parlé ici du roman français imaginé par Leblanc, Paule la pécheresse, devenu PAULE SINNER dans sa traduction anglaise, anagramme d'ARSENE LUPIN. Lupin y a une tigresse apprivoisée, Saïda, laquelle intervient de façon incongrue à la fin du roman pour mettre en déroute les ennemis de Lupin. J'ai donc imaginé le tigre Popaul venant griffer les pêcheresses, devenues des "ambiantes"...

  Depuis 1998 il s'est passé des choses, notamment l'écriture en 1999 et la parution en octobre 2000 de Sous les pans du bizarre, et la découverte pas mal d'années après qu'il était paru en septembre 1999, au moment où j'achevais les Pans, un "romans" intitulé Pandore et l'ouvre-boîte, offrant d'inimaginables collisions avec le mien.
  Je les étudie en détail ici, mais voici une brève présentation des principales.
Dans Pandore
- trois académiciens sont assassinés, avec dans chaque cas un message en grec;
- une grille complète de mots croisés est donnée, avec des définitions concernant Mozart et Rimbaud;
- l'un des académiciens, prénommé Virgile, habite rue Simon-le-Franc, et il est dit "n'avoir écrit aucun de ses livres".
Dans les Pans
- trois latinistes spécialistes de Virgile sont assassinés, avec dans chaque cas un message évoquant un mot latin, le nom d'un dieu grec;
- une grille incomplète de mots croisés est donnée, avec des définitions concernant Mozart et Rimbaud;
- un autre spécialiste de Virgile est soupçonné; il habite rue Simon-le-Franc, adresse que j'avais choisie en pensant au latiniste oulipien Marcel Bénabou, auteur entre autres de Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres.

  J'imagine qu'il est très difficile d'admettre que des coïncidences aussi précises sont fortuites. Je suis pour ma part obligé de le croire, n'ayant rien su des auteurs en question lors de l'écriture de mon roman, dont je peux prouver que le manuscrit était achevé début septembre 1999.

  Alors mon dramaturge qui vient d'être adoubé quai Conti meurt par l'épée de l'uniforme de l'Académie, comme la première victime de Pandore, il meurt dans sa loge comme la seconde victime, et il habite rue Simon-le-Franc comme la troisième.
  J'ai emprunté quelques autres éléments, comme le chat lapant le sang de son maître (c'était un chien dans l'original). Le nom du siamois, Sibsi, signifie "quatorze" en thaï (สิบสี่).

  Voltaire apparaît à plusieurs reprises dans Pandore,  et comme vu supra il apparaissait aussi dans mon projet de 1998, projet interrompu par l'écriture des Pans. J'aurais pu y faire écho en octroyant à Vorlan le fauteuil de Voltaire, le n° 33, mais j'ai préféré le n° 14, au coeur de mon affaire. Il y a aussi Victor Hugo, déjà mentionné et qui le sera encore.

  La scène de Mulholland Drive au club Silentio m'a bien sûr inspiré pour les illusions visuelles et sonores de la pièce de Vorlan.
  J'ai aussi donné au début de la pièce quelque ressemblance avec En attendant Godot, car il y a pas mal d'années j'écoutais en voiture une émission sur Beckett, assez peu attentivement jusqu'à ce qu'il y soit question d'un texte où figurait un cube bleu nommé Silentio... Les intervenants ne semblaient pas connaître Mulholland Drive, où il apparaît aussi un mystérieux cube bleu.
  Je n'ai pas alors trouvé de lien en ligne entre Beckett et David Lynch, je n'en trouve pas non plus aujourd'hui.
  J'ai nommé le cube Inferno en référence à la marelle, allusion à la nouvelle Gravité de Ricardou, récrite sous le titre L'enlèvement, où il s'agit d'enlever la lettre N, au coeur de mon dispositif.

  La pièce débute par le mot "Pollop" (qui s'écrit aussi "polop"), lequel à divers sens, notamment chez Léo Malet "rien à faire", les premiers mots d'En attendant Godot. J'ai eu aussi une pensée pour La prise de Constantinople de Ricardou, débutant par "Rien.", et il me semble intéressant que "pollop" soit un palindrome.

  Les noms des "ambiantes",
Ornella
Vraneska,
Erica
Lolita
forment avec Nemo l'acrostiche NOVEL. Ce sont des marchandes d'amour, LOVE, et la somme des valeurs de leurs quatre noms est
ORNELLA VRANESKA ERICA LOLITA = 77+91+36+69 = 273,
gématrie de arba', "quatre" en hébreu, aussi produit de 13x21, mes deux fibos favoris.
  Ceci en écho à La bibliothèque de Villers, où les initiales IVRE des noms des victimes aux 4 coins de la ville peuvent former VIER, "quatre" en allemand ou flamand, mais surtout dans l'esprit de Peeters doivent être complétées par le L du dernier mort pour former L-IVRE.

  Le réalisateur des effets spéciaux de Griffe les ambiantes! est donc Luca Fellin, un nom que j'avais déjà utilisé dans cette nouvelle. C'est une anagramme de Fulcanelli, offrant quelques échos avec deux célèbres cinématographistes (pardon, cinéastes, je ne suis plus en 1908), George Lucas et Federico Fellini.

  Ce billet étant le 254e de Quaternité, j'ai choisi comme pour mes commentaires précédents de lui donner un titre correspondant à son rang, et, comme il a été pour moi d'une certaine importance que le pouce anglais soit équivalent à 2.54 cm, je suis parvenu à cette formule
Un coup de pouce égaie le hasard = 254.