27.1.14

Theodor 2014


  Je viens de relire La conspiration des ténèbres (1991) de Theodore Roszak, roman qui m'avait enthousiasmé lors de sa première lecture en 2006, mais il me manquait alors quelques clés de lecture.
  Le roman couvre les années 1960 à 1977. Le narrateur Jonathan Gates découvre le réalisateur oublié Max von Castell, lequel a commencé sa carrière en Allemagne avant d'émigrer aux USA où il est devenu Max Castle. Castle serait mort en 1939 lors d'un accident d'avion.
  On ne connaissait plus que des bobines de films incomplets de Castle, mais Jonathan parvient à retrouver la majeure partie de son oeuvre, et découvre qu'il a eu une influence dépassant largement les films dont il est le réalisateur accrédité. Des créateurs de premier plan comme Fritz Lang ou Orson Welles ont utilisé ses trouvailles relevant d'une part d'inventivité immédiate, d'autre part de trucages subliminaux de diverse nature.
  Jonathan avance dans l'élucidation de ces techniques en retrouvant l'éclairagiste de Castle, Zip Lipski, en possession d'une sorte de filtre permettant de visionner des séquences cachées, superposées en contrastes perceptibles seulement par l'inconscient. Ces séquences semblent viser à donner une image de la sexualité inconfortable, honteuse, et de fait Jonathan qui visionne à haute dose du Castle et des cinéastes apparentés constate qu'il perd son goût pour la chose...
  Lipski lui confie que Castle voyait une extrême importance dans la lumière, le scintillement, flicker qui désigne aussi en anglais les premiers films, titre original du roman.
  L'enquête de Jonathan le conduit au vertige. Castle appartenait à une curieuse secte, partageant les idéaux des Cathares, sinon directe héritière de l'hérésie albigeoise, elle-même descendante de la gnose des premiers siècles.
  Selon ces mystiques, ce monde est fondamentalement mauvais, créé par Lucifer (tiens ça ne diffère que d'une lettre de flicker), et ceux chez qui une étincelle divine reste présente doivent consacrer tous leurs efforts à le faire disparaître pour ramener l'univers à sa pureté originelle.
  Les Cathares auraient constaté très tôt le phénomène de la persistance rétinienne permettant l'illusion des images animées, confirmant pour eux le mensonge de ce monde. Ils auraient oeuvré dans l'ombre pour un progrès scientifique qui leur permettrait d'exploiter ce phénomène, soufflant des idées à Edison, aux frères Lumière par exemple...
  Si le but de la secte, provoquer l'extinction de la race humaine en la détournant de la sexualité, semble quelque peu chimérique, il faut savoir que nous n'en connaissons que ce que connaît Jonathan, lequel s'avise un peu tard qu'il est manipulé. Par ailleurs Jonathan ne s'intéresse qu'au cinéma, semblant n'être qu'un des moyens d'action de la secte, ainsi il prend à la légère l'idée que ses biologistes travaillent à un virus de maladie mortelle sexuellement transmissible; nous sommes au milieu des années 70, à la fin desquelles apparaîtra le SIDA...
  Un autre réalisateur formé par la secte, laquelle a une filiale à Los Angeles, projette d'adapter les techniques subliminales à la télévision, afin d'abêtir les jeunes générations...

  Jonathan, dans l'espoir de publier un livre définitif sur l'oeuvre de Castle, feint d'être séduit par la secte, et apprend ainsi que Castle avait trahi ses idéaux, sans parvenir à comprendre les subtiles raisons de ce désaveu.
  Il croit être parvenu à ses fins lorsque la secte lui donne le tout dernier modèle de filtre permettant de visionner les séquences cachées, mais tombe dans un piège, et se retrouve prisonnier en 1976 sur une île de l'océan Indien, là où réside également Castle depuis 1939, car la secte s'interdit de tuer quiconque.
  Castle a continué à travailler avec des outils de fortune. A partir des fins des nombreux films que ses geôliers lui ont confiés, il a monté presque image par image un long métrage intitulé The End qui ne connaîtra qu'une seule projection, à l'intention de Jonathan, les collures artisanales ne résistant pas au passage dans le projecteur.
  Les mois passent, les années, que Jonathan consacre désormais à l'écriture de ses mémoires, le livre aux mains du lecteur, en espérant qu'un hasard lui permette de les faire parvenir au monde extérieur...

  Il y a ici des allusions qui demandent quelques explicitations pour les jeunes générations et les mémoires volatiles. Jonathan est enlevé en 1976, l'année où Coppola commence à tourner aux Philippines Apocalypse Now, future Palme d'or en 1979. Le film s'ouvre sur la chanson The End des Doors, synonyme de Gates. Par ailleurs le film, riche en superpositions d'images, est une adaptation de Au coeur des ténèbres, or au moment de sa disparition en 1939 Castle travaillait également, avec Orson Welles, sur une adaptation du roman de Conrad (il est au moins vrai qu'elle a été envisagée par Welles).
  Ceci laisse supposer que l'adaptation de 1939, dont Jonathan retrouve quelques bobines, n'était pas du goût de la secte, tandis que le film de Coppola obéirait à ses idéaux...

  A ma première lecture je ne savais pas encore que René Daumal, s'était transformé en Théodore, traduction grecque de son surnom Nathaniel, "don de Dieu", pour partir en quête du Mont Analogue, et je m'avise que Theodore Roszak a très vraisemblablement utilisé le même bilinguisme pour baptiser son narrateur Jonathan, "don de YHWH".
  Si Gates doit probablement son nom au synonyme doors, une pochette de DVD m'avait fait prendre conscience que THEDOOR, "la porte", est très proche de THEODOR, ainsi Jonathan Gates pourrait résulter d'une double manipulation du prénom de l'auteur...
  Je vois quelque analogie entre le Théodore de Nathaniel découvrant le Mont Analogue sur une île du Pacifique et le Jonathan de Theodore découvrant Castle sur une île de l'océan Indien. Le couple Berg-Burg de même étymologie souligne la parenté symbolique entre montagne et château, et je souligne que Kastell a d'abord travaillé pour la UFA, soit donc dans ses studios de Babelsberg (un mot qui m'évoque furieusement Wewelsburg).
 
  Le jeu manifeste Nathaniel-Théodore chez Daumal m'a fait prendre conscience qu'il n'était peut-être pas innocent que Frederic Dannay, né Daniel Nathan, eût fait appel à Theodore Sturgeon pour finaliser l'écriture de L'adversaire, contant la vengeance divine d'un certain Nathaniel.
  Kurt Vonnegut s'est inspiré du nom Theodore Sturgeon pour forger son personnage d'écrivain loufoque Kilgore Trout ("esturgeon" devenant "truite"), repris par d'autres auteurs dont Philip José Farmer qui a publié un roman sous ce nom. C'est semble-t-il sans aucun rapport qu'un personnage marquant de Apocalypse Now soit le lieutenant-colonel Kilgore, amateur de surf et de napalm.
  L'intrigue de L'adversaire se développe sur l'échiquier de York Square, dont les 4 coins sont occupés par les "châteaux" des cousins York. Castle est le premier nom de la tour échiquéenne (plutôt rook aujourd'hui), et le réalisateur s'est inspiré de ce sens en signant ses films français du pseudo Maurice Roque.

  Coïncidence de ma relecture de La conspiration des ténèbres : son chapitre 28 est intitulé 2014, car la secte oeuvre pour une apocalypse en 2014, pour des raisons assez nébuleuses.

  Le roman a de multiples points communs avec Le livre des illusions, de Paul Auster (2002), ce qu'a aussi vu un blogueur. Le lecteur y suit en 1988 le narrateur David Zimmer qui a consacré un livre à un grand artiste du muet, Hector Mann, ayant tourné 12 longs métrages avant de disparaître en 1929. Zimmer s'occupe maintenant de traduire Mémoires d'outre-tombe lorsqu'il est contacté par une femme, fille du caméraman de Mann, qui lui apprend que le cinéaste est toujours vivant, mais pour peu de temps. Il a tourné neuf films lors de sa longue disparition, réservés à ses seuls proches, qu'il a demandé à sa femme de brûler aussitôt après sa mort, très prochaine. Ayant apprécié l'ouvrage que Zimmer lui a consacré, Mann aurait aimé qu'il pût voir certains de ses films avant l'autodafé, mais Zimmer qui a tardé à accepter l'invitation ne peut en voir qu'un seul.
  Le point commun le plus troublant avec le livre de Roszak est que Zimmer est certain que la fille du caméraman, qui a un ticket avec lui, a pu se débrouiller pour sauvegarder des copies des films, mais une péripétie grand-guignolesque finale fait que la fille meurt sans avoir révélé ce qu'elle a fait des films. Chez Roszak l'éclairagiste Lipski, a lui aussi souhaité que tous les films de Castle en sa possession soient brûlés après sa mort, mais sa femme qui a un ticket avec Gates se débrouille pour les sauver.

  Il m'a semblé qu'une motivation du roman d'Auster pouvait être la proximité de son nom avec celui de Buster, Keaton étant l'acteur-réalisateur auquel fait aussitôt penser Hector Mann, Hocter ? Chez Roszak, divers détails de la vie de Castle/Kastell évoquent Murnau et Lang, autres réalisateurs allemands émigrés aux USA. Je remarque le nom Lang, "long", antonyme immédiat de Kurtz, "court", le personnage maléfique de la nouvelle de Joseph Conrad (né Józef Teodor Konrad), dont le nom a été conservé dans Apocalypse Now.
  A propos de brièveté, je remarque celle des noms des principaux personnages des deux romans, tous immédiatement signifiants. Castle/Kastell et Gates d'une part, "château" et "portes", Mann et Zimmer de l'autre, "homme" et "chambre" (avec peut-être une pensée pour la camera obscura, littéralement dunkle Zimmer en allemand). Les personnages féminins des romans sont en outre Clare Swann, "cygne", et Alma Grund, "sol".

  Je rappelle que le roman de Roszak est paru 11 ans avant celui d'Auster, lequel a pu souhaiter lui rendre hommage, notamment avec tous ces noms germaniques. Par ailleurs l'entreprise de Mann, occupé pendant 50 ans à une tâche dont il ne restera nulle trace, évoque celle de Bartlebooth dans La vie mode d'emploi, et je me demande si Auster n'y aurait pas fait allusion avec la ville où réside Zimmer, Brattleboro.

  Ces points sont pour moi secondaires par rapport à ce qui me semble évidemment fortuit dans la superposition des deux romans. Dans l'un l'écrivain amateur de cinéma a un nom doré, dans l'autre c'est le cinéaste :
JONATHAN GATES = 83/52
HECTOR MANN = 69/42
  Ce ne sont pas des rapports aussi parfaits que 84/52 et 68/42, mais les différences se conjuguent pour donner les rapports équivalents prénoms/noms = 152/94 = 76/47 (valeur de GEORGES PEREC).
  Je rappelle que j'ai d'abord rencontré le rapport fibonaccien 84/52 = 21/13 pour le couple HAEMMERLI/JUNG, que j'ai découvert ensuite associé au rapport suivant 68/42 = 34/21 pour les 4 personnages principaux de La cité des anges :
Nicolas Cage : Seth
Meg Ryan : le docteur Maggie Rice
Andre Braugher : Cassiel
Dennis Franz : Nathaniel Messinger
NATHANIEL/SETH = 84/52
CASSIEL/MAGGIE = 68/42

  3 mois plus tard je découvrais que
RENE DAUMAL = 42-52
avait imaginé comme découvreurs du Mont Analogue le père Sogol et l'écrivain Théodore, transposition du surnom de l'auteur :
NATHANIEL = 84
SOGOL = 68

  La présence de Paul Auster dans ce nouvel équilibre me rappelle qu'il apparaît dans ma nomenclature des cas 21-13 pour ses deux premiers romans publiés, Fausse balle en 21 chapitres, et Cité de verre en 13 chapitres. Je suis frappé qu'Auster ait publié son premier roman sous le pseudonyme Paul Benjamin, avec
BENJAMIN = 68 et AUSTER = 84
faisant pendant aux deux personnages
MANN = 42 et GATES = 52
  Ceci évoque aussitôt le personnage Benjamin Gates, héros déchiffreur d'énigmes dans une série de films, interprété par Nicolas Cage, l'ange Seth (= 52) de La cité des anges.
  J'ai supposé que Brad Silberling avait renommé Seth l'ange Damiel de Wenders en pensant à Seth fils d'Adam. Quoi qu'il en soit, ce patriarche Seth apparaît dans La conspiration des ténèbres, où la secte est dite s'inscrire dans la lignée de la gnose sethienne.

  Il y a d'autres intrications. Nicolas Cage est le neveu de Coppola, intéressant à plusieurs titres :
- Avant Coppola il vient FRANCIS FORD = 70/43, doré (série rouge du Modulor)
- Coppola est né le 7 avril 1939, un Vendredi saint pas tout A à fait quelconque car en 1944 le Vendredi saint tombe aussi un 7 avril, jour de la mort du Teacher dans  Et le huitième jour... de Queen (1964, un an après L'adversaire). Le lendemain, Samedi saint, Ellery découvre que le livre sacré Mk'h vénéré par la secte du Teacher était le Mein Kampf de Hitler, découvert le 8 avril 1939 qui était aussi un Samedi saint. Je soupçonne que Queen ait joué ici avec la naissance de Hitler le 20 avril 1889, également un Samedi saint. Dans L'adversaire, le "pion" qui s'identifie à Nathaniel est né le 20 avril 1924, remarqué explicitement être un dimanche de Pâques.
- Le rôle principal du captain Willard dans Apocalypse Now a d'abord été tenu plusieurs semaines par Harvey Keitel, qui selon Coppola apparaît effectivement, méconnaissable, dans un plan du film qu'il n'a pas retourné avec Martin Sheen. Keitel joue le rôle essentiel du buraliste Augie Wren dans les deux films réalisés par Paul Auster (avec Wayne Wang).
- En cherchant plus de renseignements sur la chanson The End des Doors, j'ai appris l'existence du film tout récent This is the End (2013), développement de l'idée du court métrage Jay and Seth versus the Apocalypse (2007).

  Les deux acteurs principaux en sont Jay Baruchel, né le 9 avril 1982, Vendredi saint, et son ami d'enfance Seth Rogen, né 6 jours plus tard, également scénariste du film, dans lequel un grand nombre de jeunes acteurs, jouant leurs propres rôles, participent à une fête chez James Franco lorsque survient la Fin du monde. Des crevasses s'ouvrent dans le sol, entraînant certains vers des profondeurs embrasées, tandis que d'autres sont élevés vers les cieux, nimbés de lumière bleue.
  Ne restent que ceux dont le sort n'a pas encore été décidé, lesquels devront révéler quelques qualités s'ils veulent éviter les feux de l'enfer... Jay et Seth y parviendront.

  Seth Rogen a donc une double casquette d'acteur et scénariste dans cette fable, et son nom m'a aussitôt évoqué l'anagramme Norge, Norvège en norvégien, et le billet précédent où j'étudiais le polar Tiré au sort, où Morten Harry Olsen imaginait un tueur en série sévissant à Oslo, tueur s'identifiant au dieu égyptien Seth, saint patron des tueurs en série selon l'enquêteur.

  La recherche d'une illustration Norge m'a fait découvrir l'existence de la série BD Alvin Norge, dont 5 albums sont parus de 2000 à 2005, et que l'auteur Chris Lamquet déclare songer à continuer, mais qu'en sera-t-il ?
  La médiathèque de Digne avait en rayons les 5 albums, dont le scénario m'a paru difficile à suivre, malgré de belles trouvailles graphiques illustrant les réalités virtuelles. Je suis par ailleurs émerveillé de certains échos avec La conspiration des ténèbres, ou plutôt Flicker, anagramme à une lettre près de Lucifer avais-je remarqué, sans préjuger d'une intentionnalité de l'auteur.
  Il est ici par contre évident que, à partir du 3e album, Lucyber, le nom du principal être maléfique, Nathan Burcley, a été choisi pour son anagramme, et le prénom m'ébahit.
  Comme le confirme cette page, l'un des moyens employé par Burcley pour détruire ce monde est un jeu vidéo basé uniquement sur le phénomène de persistance rétinienne, ce qui à nouveau m'évoque fortement La conspiration des ténèbres, qui je le rappelle n'a été traduit en français qu'en 2004.

  Il y a une curiosité dans le premier album, @enfer.Zcom, paru en janvier 2000, dont l'action débute le 26 août 2001 avec une cyberattaque frappant 4 objectifs, d'une part une banque et Wall Street, d'autre part la navette US Atlantis qui explose en rentrant dans l'atmosphère, et un DC-10 de la United Airlines percuté par un Mirage en France. Alvin Norge reçoit des mèls prévoyant ces événements, mèls expédiés du dernier étage du World Trade Center. Difficile de ne pas penser à la quadruple attaque terroriste qui allait frapper les USA 16 jours plus tard, avec notamment le vol 175 de la United Airlines qui percuterait le haut de la tour Sud.
  Dans le second album, Morphing amer, paru en avril 2001 et dont l'action se passe en 2002, Alvin Norge se retrouve au dernier étage de la tour Nord, où semble-t-il le FBI gère la crise en cours, l'immolation par le feu de dizaines de personnes influencées par un certain Mashram (le pilote du vol UA175 était Marwan al-Shehhi). Ceci semble n'avoir aucun lien avec les mèls expédiés du WTC dans le premier album (lesquels n'y étaient d'ailleurs guère explicités).

  Mes recherches jungiennes m'ont conduit à diverses prémonitions des attentats du 11 Septembre, notamment une nouvelle de Yolande Villemaire, et deux romans de Tobie Nathan. Le second roman concerné de Nathan, paru en 2004 et concernant directement le 11 Septembre, fait intervenir les orphelins du Lebensborn, ce qui peut rappeler la secte de La conspiration des ténèbres, laquelle refusant la procréation se perpétue en éduquant dès le plus jeune âge des orphelins.
  Certes cette secte n'a rien de nazi, bien qu'elle considère d'un oeil favorable tout ce qui peut contribuer à l'apocalypse, et qu'elle soit à l'origine de tous les progrès dans l'extermination de masse. Les fictions autour du Lebensborn sont aussi riches en coïncidences, et l'écriture de ce billet m'a conduit à relire Les Orphelins du Mal, de Nicolas d'Estienne d'Orves (2007), lequel a imaginé un Lebensborn très sophistiqué, ayant pratiqué dès avant-guerre clonage et autres techniques génétiques de pointe, en rapport étroit avec le catharisme...
  L'entreprise aurait débuté en 1924 avec l'achat d'un archipel norvégien (tiens, encore la Norvège Norge), les îles Håkon qu'on chercherait dans un atlas tout aussi vainement que l'île du Mont Analogue, par le milliardaire allemand Nathaniel Korb, en fait ignorant de la nature réelle du projet qu'il finance.
  Toujours est-il que ce Nathaniel trésorier à son insu du Lebensborn est appelé par ses proches Nathi, or
NATHANIEL/NATHI = 84/52.
  Le vertige m'envahit à nouveau devant tous ces Nathan, Jonathan, Nathaniel, Theodore... Je n'étais pas encore conscient de la piste Nathaniel à ma première lecture de ce roman, et n'avais pas alors relevé la coïncidence avec Tobie Nathan, auteur d'un autre roman Lebensborn. Je ne pouvais non plus faire le lien lorsque j'ai découvert en juin 2012 un autre polar français Lebensborn, Cendres froides de Valentin Musso, où une famille juive cache un bébé là où la Gestapo n'ira pas le chercher, dans un Lebensborn, où il est baptisé Théodore...

  J'écris ceci au moment où l'actualité évoque l'antisémitisme d'un personnage porteur d'un nom équivalent en français au grec Theodoros ou à l'hébreu Nathaniel.
  Je n'ai pas envie de finir sur ce personnage, et je signale que ma relecture des Orphelins du Mal a éveillé de nouveaux échos que j'étudierai dans un prochain billet.

  Hector et David, prénoms des deux principaux personnages du roman de Auster, sont aussi le valet de carreau et le roi de pique. Les noms des figures des cartes semblent insistants dans mes recherches, avec notamment récemment un Lancelot associé à un Nathaniel. 

2 commentaires:

Jean Bissur a dit…

Un grand souhait d'harmonie sur ce billet qui s'y prête bien...

Un âmi,
Jean

Jean Bissur a dit…

Un grand souhait d'harmonie sur ce billet qui s'y prête bien...

Un âmi,
Jean