19.1.18

La marelle, arbre des sefirot ?


  Encore Ricardou. Je citais dans le précédent billet un passage d'une nouvelle de Révolutions minuscules (1971) qui me semble consternant, faute de disposer de clés de déchiffrement.
  La plus longue nouvelle de ce recueil, Gravitation, me fascine, par sa construction et par les nouveaux échos avec ma démarche qu'elle éveille. Je m'y attaque ici sans clés de déchiffrement, peut-être données dans la seconde édition du recueil, augmentée de révélations minuscules...

  La nouvelle est dédiée à Ursula Sephira (inconnue hors cette dédicace), et donne en exergue une citation de Wittgenstein:
 Quiconque pénètre en un pays étranger apprendra parfois le langage des indigènes par les explications démonstratives qu'ils lui donneront: et il lui faudra souvent deviner l'interprétation de ces explications, et les deviner parfois justement, parfois faussement.
  La narration débute par la description d'une rue après la pluie. A côté d'une mare d'eau subsiste le tracé d'une marelle que "la" fillette restaure avec soin. Ce "la" est une des premières curiosités, avec l'expression "tourner la page" qui arrive dans la dernière ligne de la seconde page (114) et de la suivante (115), suggérant que Ricardou a calibré son texte pour y parvenir; de tels calibrages étaient aussi présents dans Les Lieux-dits, pour avoir le 4e chapitre s'achevant page 80, et le 8e et dernier page 160. 

Note du 28/12/2018: En fait Erica Freiberg, collaboratrice de Ricardou de la première heure, ne pense pas qu'un tel calibrage ait été possible pour le roman. Par ailleurs Gravitation a connu une première parution dans Tel Quel, où le calibrage du texte est différent, puis une récriture dans la réédition du recueil en 1988, où il y a au moins un jeu de calibrage ailleurs, mais où les expressions "tourner la page" n'arrivent pas en bas de page, ce qui n'empêche en rien l'autoréférence au texte.


  Si l'expression "tourner la page" pouvait être comprise au figuré dans ces deux premiers cas, il devient décisif de trouver un "changement de page" à l'avant-dernière ligne de la page 116, puis une "autre page" dans le dernier paragraphe de la page 117, avec un chat qui épie le manège de la fillette de l'autre côté de la chaussée, "sur l'autre page". Le lecteur est amené à penser qu'il est bel et bien dans un texte.
  Le tracé de la marelle est décrit avec précision, et j'ai tenté de le représenter ci-contre. Il diffère du tracé le plus classique où il y a 3 cases numérotées 1-2-3 au départ, avant les cases transversales 4-5 (ici 3-4).
  La mère de la fillette l'appelle, et le lecteur apprend qu'elle se prénomme Marielle...

  Quelques nouveaux indices sont livrés, et il semble que la narration observe la scène au ras du sol, par-dessus un journal ouvert, abandonné, dont les pages humides sont parfois soulevées ou tournées par le vent.
  On apprend aussi que le numéro d'immatriculation de la voiture sous laquelle s'est réfugié le chat est 3526 RA 69. On peut supposer qu'il ne doive rien au hasard, et la première chose à laquelle j'ai pensé est la correspondance ordinale dans l'alphabet, que Ricardou utilise dans La prise de Constantinople, où 4031 devient DOCA.
Donc 35 correspond à CE,
26 à Z ou BF,
RA reste RA,
69 devient FI.
  Les syllabes certaines sont CE-FI-RA, est-ce par hasard si la dédicataire de la nouvelle est une Sephira? Est-ce aussi pure coïncidence si l'arbre des Sefirot a certaines convergences avec les tracés de marelle? Malkhout, la sefira la plus inférieure, est homologuée à la Terre, et la Terre figure ordinairement sous la case 1 de la marelle. Si Ricardou n'y fait aucune allusion, on peut imaginer que cette Terre est sous-entendue, et que la case 1 correspond à Yesod, le Fondement, homologuée à la lune, présente dans le ciel de la nouvelle, et presque pleine. Le soleil y brille aussi, Soleil homologué à Tiferet, qui pourrait correspondre à la case 2. Le reste s'en déduit, pourvu de laisser de côté les sefirot Hod et Netsah, au rôle plutôt subsidiaire dans la Kabbale, et de prendre en compte la sefira Da'at (en pointillés ci-dessus), qui correspondrait ici à la case 5.
  J'ai mentionné ici un tracé séphirotique omettant aussi Malkhout, la Terre, dû à Xul Solar (alias d'Alejandro Schulz Solari), lequel fait jouer un rôle prépondérant à Da'at, au centre d'un système comptant 13 éléments.
  Et 26 alors? Peut-être faut-il songer que les sefirot sont étroitement associées aux 22 lettres de l'alphabet hébreu, ce dont rend précisément compte leur arbre; Ricardou entend-il associer les 26 lettres de notre alphabet à sa marelle? Une autre approche pourrait être d'homologuer les cases aux 9 nouvelles que contient le recueil, en prenant en compte une case 0 correspondant à la Terre. La construction du recueil suggère que les nouvelles n'y sont en rien indépendantes les unes des autres, et qu'on peut notamment distinguer des paires symétriques par rapport à la nouvelle centrale, Diptyque, en deux parties (la première nouvelle s'intitule Jeu - à comprendre JE -, la dernière Autobiographie). Selon cette approche, aux cases 6 et 2 correspondraient la nouvelle Gravitation, et sa parèdre, Incident, avec maints échos entre les deux (destruction d'un journal par l'eau dans l'une, par le feu dans l'autre).

  Je ne vais pas poursuivre ce parallèle entre "cefirot" et marelle qui demanderait une foultitude d'explications fastidieuses.
  La nouvelle se poursuit, Marielle saute de case en case, et le contenu du journal se précise. On y voit un Coin des cruciverbistes, avec une grille dont Ricardou détaille une à une les rangées et colonnes sur deux pages. Voici la restitution que j'en ai tentée:
  C'est fort probablement une grille qu'il a composée pour l'occasion (à moins que ce ne soit une grille approchante qui ait inspiré la nouvelle). Si la narration ne manque pas de remarquer que le dernier mot du I, MARE, croise avec le premier du 10, ELLE, pour former MARELLE, il incombe au lecteur de s'apercevoir que presque tous les mots de la grille étaient déjà présents dans le texte, sauf IRENE, mais désormais la narration nomme la fillette Irène, et non plus Marielle. Ricardou avait certainement en tête qu'enlever le I de MARIELLE mène à MARELLE, mais avait-il calculé que bouger le I d'IRENE conduit à REINE, pouvant évoquer Malkhout, figure féminine de "Royauté".
  La narration relève quelques incohérences de la grille, comme ULNE ou ERI, explicitées par de prétendues définitions, "astre bouleversé", et "envers de la colère", mais nous n'avons pas accès aux définition de IV, NER, ACN, XU.
  Nos revenons au journal, maintenant dans les mains d'un homme assis sur un banc, un chapeau mou sur la tête, au bord rabattu. Au paragraphe suivant l'homme paraît être dans un train, et ce qu'il lit, et qui lui cache le visage, est un livre de William Faulkner, La Ville, dans la collection Du monde entier.
  La "figure singulière" sous le titre est comparée à une sphère (l'étymologie du mot sefira peut faire appel au grec sphaira, comme à l'hébreu safar, "conter" ou "compter").

  Par un artifice peu clair, on revient au journal dont le titre est maintenant lisible, Elles-Magazine, et dont la page présente deux colonnes; l'une, publicitaire, donne une nouvelle grille de mots croisés, offerte par l'essence BP, et le détail de tous ses mots est encore longuement énuméré. Voici ma restitution:
  Les similitudes avec la première grille sont multiples, avec notamment le "coin" MARE-ELLE, mais le mot MARELLE apparaît aussi en clair.
  La narration s'étonne encore de certaines incohérences de la grille, et constate que
les lettres us, elles, ne s'intègrent à aucun système connu.
or  le mot "us", coutumes, est une cheville très utilisée dans les mots croisés. Il est encore décrété qu'
Il ne serait point trop malaisé, notamment, de partir des trois groupes ou - sixième rangée, er -sixième colonne -, et tsf - dixième colonne - et de retrouver une combinaison de leurs lettres telle que le vocable hébreu tserouf soit figuré.
  Aucune précision n'est donnée sur le sens de ce vocable, dont le sens était fort difficile à trouver en 1971, sans moteurs de recherche. Le tserouf est un mot désignant pour les kabbalistes la combinatoire des lettres, et notamment l'anagramme. J'y reviendrai.
  Le paragraphe qui suit, page 134, amène un nouveau retournement:
A gauche de cette publicité [la grille de mots croisés BP], on retrouve la colonne du texte. Elle est surmontée d'un titre, Gravitation [le titre de cette nouvelle de Ricardou], et, entre parenthèses, de l'indication suite de la page 69. Il est donc aisé de continuer : tement sur elle-même la boîte ronde y glisse. Elle s'arrête sur l'intersection de deux segments perpendiculaires. (...)
  Alerté par ce "tement" suggérant un mot coupé, un lecteur qui reviendrait à la page 124 trouverait alors un texte presque identique
Tournant lentement sur elle-même, la boîte y glisse. Elle s'immobilise sur deux traits perpendiculaires. (...)
  Le texte se poursuit avec de nouvelles variantes. Retour de l'homme au chapeau rabattu et se cachant derrière un journal, mais il fait maintenant partie de la colonne de droite du journal, la colonne publicitaire, pour une publicité en abyme montrant un homme se cachant derrière un journal dont le titre est Yves Sepons, détective, les autres rubriques permettant de déchiffrer Enquêtes, Recherches, Filatures...
  On pense à la pub de l'agence Dubly, qu'on voyait jadis dans les journaux et dans le métro, et qui a largement inspiré Truffaut pour Baisers volés (1968). J'ai souligné ailleurs que Truffaut était né en 1932 comme Ricardou, mais est mort à 52 ans contre 84 pour ce dernier.
  Le nom du détective, Sepons, est évidemment le renversement du SNOPES de la dernière rangée. Je n'imaginais pas que ce nom signifiât quelque chose, or c'est le nom de la famille que suit Faulkner pendant une trilogie dont La ville est le volet médian. Je ne serais pas surpris qu'il y ait une fillette jouant à la marelle dans le roman.
 
  La nouvelle s'achève par une nouvelle averse, puis un retour du soleil et à l'état presque initial, laissant présager que tout le cycle pourrait reprendre, sauf que le journal est si imbibé d'humidité désormais que l'encre utilisée  pour résoudre les mots croisés est diluée jusqu'à l'illisibilité.

  J'ai laissé de côté quelques détails pouvant laisser supposer une bien plus grande complexité, car les motivations de Ricardou passent pour moi au second plan, derrière de formidables nouvelles résonances avec mes préoccupations.
  La découverte du mot tserouf en feuilletant rapidement la nouvelle m'a fait la scruter avec attention, et j'ai été sidéré en découvrant la mention peu après d'un détective privé, intimement liée puisqu'il s'agit d'une publicité présente dans la même colonne, semble-t-il, que les mots croisés où apparaissaient les lettres recombinées en tserouf, et le mot SNOPES, "tserouf" du nom du détective, SEPONS.
  Sidérant car début 2000 m'était venu le scénario d'une autre aventure de Pierre de Gondol, alors que le héros de la série s'appelait encore Albert Fnak, et il y apparaissait un détective privé nommé Michel Sérouf, dont j'avais choisi le nom en référence au tserouf (les translittérations de l'hébreu sont variables, et seruf est fréquemment employé en anglais).
  Ce nom était issu de différents jeux de tserouf. L'histoire se passait dans un monde parallèle où Albert Fnak était devenu Barten Falk, par anagramme des lettres, et Douze mètres au carré, sa librairie, Treize mérous d'occase, par anagramme des phonèmes.
   Restait à trouver ce que pouvaient être ces "mérous", et j'avais imaginé un détective privé sourd-muet surnommé le Mérou, dont avaient été publiées 13 enquêtes. J'avais alors eu la faiblesse de lui trouver un nom dérivé du mien, REMI SCHULZ. Comme l'abondance des consonnes ne facilite pas cette tâche, et que j'avais été frappé que dans le polar "Z", de Jefferson Farjeon, il y ait 26 chapitres, et qu'on y cherche un mystérieux ennemi signant Z., avec en anglais
FOE = 26 = Z,
j'étais donc parti des lettres REMISCHULFOE, et arrivé à MICHEL SEROUF, avec en arrière-pensée l'anagramme "Le Mérou, Fisch" ("poisson" allemand).
  Sachant que Ricardou se sert souvent de son nom pour forger ses fictions, je remarque que le OU de TSEROUF est suivi dans la grille par les vocables RACE et TRIBU, et que ces mots successifs pourraient être recombinés en quelque chose comme "tu é Ricarbou", d'une façon plus simple me semble-t-il que celle qui avait conduit à tserouf.
  La littérature était subvertie dans mon monde parallèle, et j'y avais notamment transformé Dix petits nègres d'Agatha Christie en un livre de Tova Mashiah (traduction du grec à l'hébreu) où une série de meurtres était commis avec pour schéma directeur les 10 sefirot.

  Un autre vocable hébreu apparaissait au début de la nouvelle, avec la dédicataire Ursula Sephira, et c'est encore un mot issu du vocabulaire de la Kabbale.
  S'il y a des analogies entre l'arbre des sefirot et la marelle, il y en a aussi entre la marelle et le tserouf, car les étapes du jeu en font visiter les cases de différentes manières. On saute d'abord d'une case à la suivante, puis de deux en deux, de trois en trois... Ricardou proposera un jeu similaire avec le strip-tease de Barbarella abordé dans le précédent billet.

 Il y a d'immédiates ressemblances entre les mots sefira et tserouf,  plus immédiates encore lorsqu'on connaît l'hébreu, où la plupart des mots sont issus de racines trilittères, SPR pour le premier, ÇRP pour le second.
  S et Ç, Samekh et Çade, sont des lettres qui permutent aisément pour obtenir des mots de sens voisin, sinon identique. Il est ainsi difficile de dissocier le néologisme sefira, forgé par la Kabbale à partir de la racine SPR, du mot biblique tsefira issu de ÇPR, Strong n° 6843, "couronne", d'autant que le mot apparaît en Isaïe 28,5, associé à son synonyme 'atara, plus tard utilisé par les kabbalistes comme synonyme de sefira.

  Le prénom Ursula mène à une autre sidération. Il est probable que Ricardou ait choisi ce prénom en référence à la Grande Ourse, à laquelle semblent faire allusion d'autres nouvelles du recueil (pour ses 8 étoiles ?), or j'ai commenté ici en juillet 2008 une enquête sur un certain Jonas Seraph, dont le prénom est associé à l'ours, et l'enquêtrice se demande si son nom vient de SRP ou de ÇRP.
  Il s'agit donc de Hantises (1999), de Laurie King, que je n'imagine guère être lectrice de Ricardou. Jonas Seraph a en fait choisi son nom en tenant compte des deux racines, car il envisage de se purifier, ÇRP, en se faisant brûler, SRP. Il a choisi d'associer à son sort le jeune Jason, pour l'anagramme avec son propre prénom, mais je remarquais que Laurie King n'avait probablement consulté que des dictionnaires d'hébreu biblique, et ne connaissait pas le tserouf qui aurait été bien venu en la circonstance.


  Je remarque qu'au centre exact de la première grille figurent les 4 lettres OURS (de VELOURS qu'on pourrait lire vel (latin "ou") OURS).

  A propos d'ours, et d'Ursula-Marielle-Irène bougeant sa boîte ronde de case en case, je repense à cette pierre sculptée par Jung à 83 ans, légendée Ursa movet molem, "L'ourse bouge la masse".

  A propos d'hébreu, les consonnes de Ricardou permettent de forger les mots QDR, qedar, "obscurci", "noir", un mot essentiel pour quelqu'un qui noircit les p(l)ages blanches (ceux qui voient l'hébreu langue mère de l'humanité n'ont pas manqué le rapprochement avec l'anglais dark), et DRK, derekh, "chemin". Révolutions minuscules est paru dans la collection Le Chemin, et Ricardou avait utilisé le nom de son premier éditeur, Les éditions de minuit, pour forger certains éléments de ses premières fictions.
  Je note enfin que le mot "race", jouant un rôle crucial dans la seconde grille, se traduit en hébreu par dor; RACE-DOR se tseroufise en RECARDO.

  Une bizarrerie survenue lorsque, après avoir déchiffré le numéro de la plaque minéralogique 3526 RA 69 en CEZ RA 69, j'ai procédé à une recherche sur CEZRA.
  Un résultat concernait précisément une voiture de (19)69:

CEZRA - 1969 Citroen 2CV

games-info24.ru/vehicle-num-ctr/cezra-1969-citroen-2cv Traduire cette page
CEZRA - 1969 Citroen 2CV | fuel type gasoline, CEZRA vendor, boxer engine, displacement 425 cc., engine location front, 5 seats, curb weight 560.
mais suivre le lien ne m'a pas permis de comprendre ces indications.

  Autre curiosité, la requête "marelle" "tserouf" n'avait le 16 janvier que 7 résultats, les deux premiers concernant un livre explorant les diverses analogies de l'échelle de Jacob.
  Le lien suivant menait aux blog Fleuves & rivières sans fin, où Lionel André a publié le 14/11/2015 trois articles, le dernier concernant Aboulafia, et c'est là qu'il est question de tserouf.
  "marelle" apparaît dans la zone libellés, lien vers les différents articles consacrés à la marelle en 2014.
  Plusieurs tracés me sont évocateurs, un tracé en spirale, puis la Marelle de l'eau, en deux colonnes de 5 cases qui pourraient figurer l'architecture de Révolutions minuscules, pourvu de considérer les deux parties de la nouvelle centrale.
  Il y a aussi la Marelle des jours, où le but du jeu est la Lune, omniprésente dans la nouvelle de Ricardou (ainsi que l'humidité).
  On peut y voir une répartition 4-8 autour de l'enfer, la case interdite, au palet comme aux pieds des joueurs.

  Lionel André est accompagnateur en montagne, poète, éditeur. Il habite Beaufort (73270), un Beaufort qui n'est probablement pas le second des lieux-dits ricardoliens (Bannière, Beaufort, Belarbre, Belcroix, etc.), mais son nom évoque la croix de Saint-André, le X, la figure majeure des Lieux-dits.
  Quant au prénom léonin, il me rappelle que les lions du paquet de Pall Mall jouent aussi un rôle important dans ce roman. Le billet précédent m'a été l'occasion de découvrir que le X central du dispositif des lieux-dits, faisant apparaître les consonnes RCRD de Ricardou dans les deux noms centraux,
       BELCROIX
       CENDRIER

était encadré par les lettres LION.

  J'ai trouvé récemment un autre toponyme correspondant à l'un des lieux-dits ricardoliens, ce qui n'est guère en soi étonnant, ces noms n'ayant rien d'extravagant.
  Il s'agit donc de Belarbre, vu dans ce billet du blog Alluvions de Patrick Bléron, où il s'agit d'une ancienne orthographe de l'actuelle commune Bélâbre (36370). Patrick y revient dans ce billet, en mentionnant le nom de la rivière qui traverse Bélâbre, l'Allemette, ce qui est encore évocateur pour un lecteur des Lieux-dits.

  Le billet précédent me faisait découvrir, via Ricardou et Denis Roche, le livre de ce dernier, La disparition des lucioles, écho encore avec Patrick qui nomme volontiers "lucioles" certaines coïncidences, à partir d'un cas concernant Gaspard Lion (!) et Survivance des lucioles, de Georges Didi-Huberman, aux Editions de Minuit, premier éditeur de Ricardou.
  Le tserouf associé à la marelle par Ricardou m'a donc conduit au blog de Lionel André à la date du 14/11/2015, où le premier article concernait un autre livre de Georges Didi-Huberman, Sortir du noir.

  J'ai appris récemment, toujours grâce à Patrick, que Michel Sérouf s'appariait admirablement avec le poète Michel Seuphor, lequel avait choisi son pseudonyme par serouph, justement, à partir de Orpheus.

  J'achevais le précédent billet sur Perec, et il convient de revenir à celui dont le nom originel de sa famille, Perets, PRÇ, "briser", est le renversement de ÇRP "purifier", à l'origine du tserouf.
  Je n'ai pas manqué de penser à Perec en lisant Gravitation, car, 10 ans plus tard, Perec a écrit Still life / Style leaf, autre texte se répétant avec de menues variations.
  Je n'ai pas non plus manqué de penser à Perec en constatant que le présent billet  est le 243e de Quaternité, or l'une des utilisations de la combinatoire, du ÇRP, par PRÇ, est ses 243 cartes postales, analysées ici par Jean-Marc Muller.

  J'ai choisi un titre de valeur 243 pour ce billet.


2 commentaires:

Patrick Bléron a dit…

Je pousse un nouveau pion sur la marelle du monde.
Nouvel article-ricochet :
https://alluvions.blogspot.fr/2018/01/trou-noir-et-espaces-blancs.html
Bien à toi, Rémi,
en cet énième jour de pluie
sur Châteaugris

EL CLUZEL a dit…

Joli sujet que cette Marelle en 7 cases numérotées, 9 cases représentées ( la terre au départ avant de se lancer dans l'ascension des 7 étages, comme dans la dernière phase du jeu des petits chevaux )

Amusant de noter que l'on retrouve le 7 x 9 = 63, aboutissant dans le jeu de l'oie à ce même pot en ciel