2.9.17

éberluant anniversaire


 Bientôt le 8/9/17, 9e anniversaire de ma découverte du 8/9/08, le motif de 4+1 fois 6272 jours de la vie de Jung axé sur le 4/4/44, l'une des rares dates données dans ses mémoires, celle où il imagine devoir sa guérison à la mort de son soigneur (plutôt docteur, mais j'adore l'anagramme).

  Çoeur dp m'informa récemment que, dans le numéro du 22 juillet de M, le magazine du Monde fourni avec le numéro du samedi, un article sur Jean-Pierre Melville parlait de son obsession du temps, avec pour exemple le premier plan du film Le Samouraï, où un sous-titre annonce : " Samedi 4 avril, 6 heures du soir".

  Il y a un autre film dont le premier plan commence un 4 avril, le 4 avril 1984, le film 1984 de 1984, où de plus la scène est tournée le 4 avril 1984, date déjà présente dans le premier chapitre du roman. Le réalisateur Michael Bradford a tenté de respecter les précisions temporelles données dans le roman écrit en 1948.

  Le Samouraï est sorti en 1967, et je me suis demandé quel était le premier samedi 4 avril antérieur à 1967, et c'était en 1964, dans la semaine qui a suivi Pâques, cette année là le 29 mars.
  Je m'étais précisément demandé en découvrant le 4 avril de 1984 s'il ne se serait pas passé le 4 avril 1964 quelque chose pouvant faire écho à mes préoccupations, car c'est le 4 avril 2004 que j'ai découvert le schématisme du 4/4/44, et il manquait donc un 4 avril 64 pour avoir une tétrade de 4/4/xxx4 tous les 20 ans.
  Il y avait bien Et le huitième jour... de Queen, paru en 1964 et se passant pendant la semaine sainte de 1944, avec un chapitre intitulé Mardi 4 avril, mais c'est plutôt insuffisant pour décréter que Queen (ici Dannay et Sturgeon) aurait pu concevoir ou écrire le chapitre le 4 avril 64.

  Que ce 4/4 soit le SAMedi du SAMouraï est par ailleurs devenu récemment important, avec le motif des lettres hébraïques SAM développé notamment dans le billet Sam en Beth.
  C'est de plus un Samuel (Blumenfeld) qui est l'auteur de l'article de M de juillet dernier. On en trouve le texte ici, avec d'intéressants détails. Melville a écrit le scénario au début des années 60, avec dès le départ l'idée que seul Delon pourrait incarner le personnage. Il est allé chez l'acteur début 66 pour lui lire le scénario. Delon a tout de suite été emballé, et a demandé le titre du film. Lorsque Melville lui révèle Le Samouraï, Delon le conduit dans sa chambre, décorée de trois objets, une lance, un sabre, et un poignard de samouraï.

  Les dates de JP Melville sont aussi pour moi des anniversaires. Jean-Pierre Grumbach est né le 20 octobre 1917, soit 12 ans après la naissance de Daniel Nathan, alias Frederic Dannay, lequel a selon moi codé cette date dans diverses aventures d'Ellery Queen. Dannay a aussi cité Rimbaud, né un autre 20 octobre (1854).
  Melville est mort le 2 août 1973, et l'un des esprits avec lequel je me suis senti le plus d'affinités est un autre Jean-Pierre, Le Goff, né à Douarnenez le 2 août 1942, sous le signe du Lion (l'un des petits rôles de Melville en tant qu'acteur a été dans Le signe du Lion, de Rohmer).

  J'avais pensé à JPLG en regardant Le Samouraï, dont un passage marquant est la filature dans le métro, se passant principalement dans les stations Place des Fêtes et Télégraphe, près de la dernière demeure parisienne de JPLG, 9 rue Arthur-Rozier. J'ai relaté ici une autre coïncidence cinoche avec le film Tristan, où Tristan habite ce 9 rue Arthur-Rozier, alors que JPLG est né en face de l'île Tristan.

  Une coïncidence très récente est associée à JPLG, que j'ai cité dans le billet Un Ricard, ou le Jean, à propos de sa fille Alice, habitant Châteauroux. Une nouvelle recherche effectuée alors m'a appris que JPLG avait depuis peu sa fiche Wikipédia. La recherche m'a fait passer par le site d'Etienne Cornevin, professeur de Châteauroux que j'avais rencontré via JPLG, et constater que ce site n'était plus actualisé depuis avril 2016.
  C'était inquiétant, et j'ai songé à demander des nouvelles à un ami commun, Bruno Duval, mais deux jours plus tard, le 17 août, une notification du groupe FB Synchronicity, dont je fais partie depuis quelques mois, signalait l'admission d'un second membre français, Patrick Bléron, de Châteauroux. Je lui ai aussi souhaité la bienvenue, en glissant une allusion à Etienne, au cas où...
  ...et effectivement Patrick avait connu Etienne, qu'il avait rencontré quelques mois avant sa mort, le 2 mai 2016.

  C'est attristant d'apprendre la mort de quelqu'un qu'on a connu, surtout si ce quelqu'un est plus jeune que soi. En fait, Etienne n'était pas tellement plus jeune, puisqu'il est le 26 juillet 1950, 20 jours après moi, mais j'ai conservé le souvenir de ce qu'il était en 2007, lors de notre rencontre, et omis de le faire vieillir.
  Sa date de naissance m'est doublement évocatrice. Ce 26/7/50 était le 75e anniversaire de Jung, et c'est à l'occasion de ses 75 ans qu'il a sculpté la pierre de Bollingen, en commémoration de sa guérison de 44.

  Par ailleurs mon intuition sur l'harmonie de la vie de Jung autour du 4/4/44 est liée, de quelque façon que ce soit, à une erreur dans la traduction française d'un roman de Morris West, Un monde transparent. Juste avant qu'il me vienne cette intuition, je me suis réveillé avec la réminiscence que, dans ce roman lu 25 ans plus tôt, il était attribué à Jung le même jour de naissance que moi, le 6 juillet, ce qui m'avait ravi avant que je n'apprisse que c'était faux.  Ainsi j'ai de bonnes raisons de m'intéresser à cette date du 26/7/50.

  Patrick Bléron et moi avons échangé quelques posts sur son blog, Alluvions, d'une grande richesse, et j'aurais certainement à y revenir. Je lui ai fait part de ces dates, il m'a signalé que dans un de ses derniers courriers, reçu le 3/3/16, 60 jours avant sa mort, Etienne lui citait un poème de Michel Seuphor, extrait de Solfège, un brin prémonitoire:
J’aurai jeudi prochain
cent vingt-deux ans.
J’ai dix-sept jours
encore à vivre
à vivre encore
dans le bonheur
de chaque instant.
  En reprenant ce que j'avais écrit à propos d'Etienne, je me suis avisé que notre seule rencontre avait eu lieu le 2 mai 2007, exactement 9 ans avant sa mort. C'était lors d'une journée littéraire à Saint-Denis, où j'ai rencontré Benoît Virot, pour lequel j'avais écrit diverses choses, dont le schizonnet La décidabilité d'un îlet, dans le cadre d'un projet de disparution du nouveau roman de Houellebecq, noyé parmi une flopée de titres analogues.

  C'était ma première tentative de ce type, avec les blancs dans le carré permettant de caser un sonnet okapi de 365 lettres dans une grille 21x21.
  L'un des invités de marque de la journée du 2 mai était Jean-Marc Scanreigh, venu présenter les livres qu'il fabrique artisanalement. Le titre d'un de ces livres, Ça se matérialise si je ne m'abuse, me frappa plus tard, en scrutant le catalogue qu'il m'avait offert. Le texte était de Françoise Biver, sa compagne, et comme une femme rayonnante était souvent en train de parler avec lui, j'en ai déduit ensuite qu'il s'agissait de Françoise Biver.
  Bref, le titre et la femme rayonnante m'ont inspiré mon second schizonnet de cette forme, Ça se latéralise si je ne m'abuse, et je l'ai envoyé à Scanreigh qui m'a répondu que Biver ne participait pas à la journée, et que la femme que j'avais remarquée était probablement Arlette, la femme d'Etienne...
  J'ai signalé à Patrick Bléron ce billet, et il m'a répondu que Seuphor avait expérimenté à partir de 1951 le dessin à lacunes, où des formes, qui sont parfois des lettres, apparaissent en tant que vides laissés sur le papier par des lignes interrompues. Ceci était assez proche des formes laissées par l'absence de lettres dans mes grilles de schizonnets.
  Par ailleurs je mentionnais dans ce billet le nom Michel Sérouf, personnage d'un projet de roman, forgé à partir de mon nom, le serouf ou seruf désignant l'anagramme en hébreu. Or, pour peu qu'on change f en ph, ou l'inverse, SEROUF et SEUPHOR sont des anagrammes exactes, et l'artiste a choisi son pseudo pour l'anagramme d'ORPHEUS...

  Vertige absolu, que j'ai tenté de célébrer avec une récriture du poème fétiche de la liste Oulipo, El Desdichado, où Orphée est cité. Voici :

je suis inconsolé lorsque l'on me cloisonne
avec lui dont la tiare est depuis peu tarie
si nous nous éprenons d'une triple personne
quand nous pensons aimer cette unique Marie

et ceux qui caneront valent que ça cartonne
quand leur double idéel discourt à la Délie
mais faut-il s'abonner au cul de la baronne
si le Pampers qu'on aille à la rose s'allie

j'aime les spins fendeurs et Diane Dufresne
car la reine Artémis avait rêvé ses maîtres
en leur antre ternaire où j'espère renaître

j'ai traversé l'Enfer en rempotant le frêne
matriçant par sérouph sur l'orgue d'Orphéus
les écrits de Seuphor pour récits d'Ephorus

  Le mot à la rime est l'anagramme du mot à l'hémistiche dans chaque vers. Une de mes premières contributions à la liste Oulipo, le 15/2/2002, était un Desdi où le mot à la rime était le rot-13 du mot à l'hémistiche (mais ce sonnet n'était pas en vers isocèles).
  En cherchant "serouph" "orpheus", l'une des deux seules réponses provenait d'un site déjà rencontré à propos de Cassiel, donnant les 2520 anagrammes de 7 lettres proposées. Le mot proposé ici était EPHORUS. J'ai appris qu'il s'agissait d'un historien grec du 4e siècle avant JC, ou plus récemment d'un logiciel détectant les plagiats...
 
  Le frêne/enfer est choisi avec en arrière-pensée la fin de House of Leaves. Ce doit être réellement ardu de rempoter Yggdrasil.

  Une première version du sonnet était un peu plus sage, mais lorsque je l'ai passée au Gématron et découvert que la petite césure d'or de sa valeur proche de 5900 la répartissait exactement en 5-9 vers, j'ai cru devoir procéder à de petits ajustements pour parvenir à ce séduisant équilibre (2254-3646), et c'est ainsi que les "preux fendeurs" sont devenus des "spins fendeurs".

  Je m'étais émerveillé d'avoir pour dernier vers "vertical" de Ça se latéralise si je ne m'abuse ceci:
désuni, l’épuré sature le semis.
parce que c'est du verbe "épurer", çrp, tsaraph, que vient le tsérouph, les jeux kabbalistiques sur les lettres, alors que le renversement de çrp est prç, perets, "brisure", le nom d'un des jumeaux de Tamar, et le nom originel de la famille de Perec, spécialiste du tsérouph.
  J'avais cherché si le renversement du nom de son jumeau, Zérach, zrh, "briller", avait un sens, mais hzr n'existe pas en hébreu biblique. Ce n'est que bien plus tard, à l'occasion de la fabuleuse coöncidence Zérach, que j'ai découvert que hzr existe en hébreu non biblique, et signifie "rimer" (d'où l'élection de Perets au détriment de Zérach pourrait s'interpréter comme une préférence divine pour la poésie contrainte versus la poésie traditionnelle).
  Ce n'est qu'aujourd'hui, à l'occasion de ces retours en arrière, que je peux m'émerveiller que les deux premiers vers de la lecture horizontale sont:
ça se lit érigé, ça se lit en abîme…
sur un élu tamis ami s’unit à rime.
  Je remarque particulièrement ce dessin de Seuphor
qui me rappelle que dans le billet dont la préparation m'avait conduit à constater l'arrêt des interventions d'Etienne sur son site, il était question des mots araméens ana et ata, "je" et "tu". Les multiples JE et TU du dessin amènent la possibilité d'un IL unique, peu visible à première approche.
  C'est encore étourdissant de songer que, dans mon premier schizonnet évoqué plus haut, La décidabilité d'un îlet, le mot ILE apparaît en clair et en grand sur la version imprimée.

  Ce billet est le 233e de Quaternité, 233 13e terme de la suite de Fibonacci, dont le terme précédent est 144, carré de 12, seul carré non trivial (1) de la suite, renversement de 441, carré de 21, nombre de cases des grilles de mes deux schizonnets.
  Recherchant le 144e billet de Quaternité, je vois que c'est 223 322, publié le 23/3/2012, et qu'il y est question du nombre 144. J'y commentais l'épisode de Touch vu le matin même (auquel j'ai fait allusion dans le précédent billet), mais je ne sais si j'étais alors conscient d'écrire mon 144e billet, en tout cas je n'en parle pas, ni de l'écho avec le 23/3, concaténable en 233. L'épisode montrait une page d'un livre, fabriqué pour l'occasion, donnant les nombres de Fibonacci, et j'y remarquais le 144e, débutant par 5555. J'ai vu ensuite que, parce que le nombre d'or à la puissance 67 est très proche de 1014 (le billet précédent me conduisait au nombre clé 67 d'un épisode de Touch), on retrouvait très souvent les mêmes chiffres débutant les Fibos à 67 rangs d'écart.

  En tout cas il y a des 144 et 233 associés à ce 233e billet, dernier de l'an pataphysique 144 (c'est le 8/9, que je lis volontiers 89, 11e Fibo, que nous passerons à l'an 145).
  J'ai trouvé le titre de ce billet
éberluant anniversaire = 233 ("ahurissant" convenait aussi)
avant de voir que
Patrick Bléron = 144,
Patrick sans lequel une bonne partie de ce billet n'aurait pu voir le jour.
  Je ne sais quel jour il est né, mais je décrète que son
anniversaire officieux = 233
est le 8/9, le 14/4, ou le 23/3...
  Je remarque enfin que son nom compte 13 lettres, et mes deux expressions de valeur 233 21 lettres chacune. Voir mon billet 21-13 colligeant plus de 120 cas...


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