13.10.21

Saturne, justement ça tourne

Je cherche en même temps le ferme et l'éphémère
Perec (en dégénérescence très légère)

    Une rencontre récente avec un artiste circassien m'a rappelé que l'auteure de L'effaceur était aussi clown, et qu'elle se prénommait Manon.
  Je l'avais oublié lorsque j'ai découvert 6 ans plus tard la grille de Cyril Epstein dans le numéro 9 de Formules, et vu l'anagramme NOM PRENOM dans sa colonne centrale, anagramme que Cyril m'a assuré être fortuite, alors même que la dernière colonne de sa grille formait le mot ANAGRAMME.
  Il en a été ébahi, car un nom et un prénom étaient pour lui primordiaux dans cette grille, Wagner et Manon, symbolisant la réconciliation de l'Allemagne et de la France par la musique.
  Il y avait précisément dans le même numéro 9 de Formules un article signé Wagner (Nicolas), et cet article m'a fait découvrir une autre grille de lettres, venant compléter idéalement un ensemble de grilles corrélées entre elles, déjà longuement commentées, voir par exemple ici.

  C'est précisément une anagramme qui avait éveillé mon attention dans le roman de Manon, où deux importants personnages se nomment Cassiel et Claisse.
  Ceci m'a fait enquêter sur le nom Cassiel, et découvrir que c'était le nom d'un des deux anges des Ailes du désir, de Wim Wenders.
  C'est un nom traditionnel de l'ange de Saturne, mais résultant d'une corruption de la forme Cafsiel, corruption facile à comprendre vu la ressemblance entre les anciens "f" et "s".

  Cassiel ou Cafsiel transcrit l'hébreu קפציאל soit QPÇYAL, construit sur la racine QPÇ dont j'avais cherché moins d'un mois plus tôt les éventuelles significations. J'y avais été conduit par la pierre de Bollingen où Jung a gravé sur Telesphoros, auquel il attribuait sa guérison de 1944, le symbole de Mercure (en hébreu kokav, "étoile"), et de part et d'autre, en gros, les symboles du Soleil et de la Lune:
  J'avais vu ensuite que L'Etoile, La Lune, Le Soleil, étaient des arcanes consécutifs du Tarot, vus correspondre à des lettres hébraïques, le tarot d'Avenières associant effectivement L'Etoile à Mercure. Voici les 3 arcanes dans le jeu peint par Dali, calquant l'ordre de la pierre de Bollingen :
  J'avais alors cherché s'il existait en hébreu des mots composés de ces trois lettres ק-פ-צ, QPÇ, de préférence dans cet ordre (ou l'ordre inverse puisque l'hébreu s'écrit de droite à gauche). Le verbe qafats existe en hébreu biblique, dans deux acceptions distinctes, "refuser" et "sauter", tandis que seul l'hébreu moderne semble connaître tsefeq, "péritoine"...
  Un mois plus tard je découvrais donc cet ange sauteur QPÇYAL, avec de nombreux rebonds car le roman de Manon, le film de Wenders, ainsi que son remake hollywoodien La cité des anges, sont riches en échos.

  Je n'étais pas au bout de mes surprises, car, fort curieusement, l'ange QPÇYAL a un autre nom en hébreu, ÇPQYAL, avec un renversement de la racine ÇPQ en QPÇ, alors que j'avais cherché ce que pouvaient signifier ces deux racines.
  Je n'ai pas trouvé d'explication décisive à cette bizarrerie, la plus immédiate étant une contamination par ÇDQYAL, l'ange de Jupiter. Ceci m'a rappelé l'ange de la gravure Melencolia, où Dürer a accumulé divers symboles évoquant Saturne, comme le sablier et le cadran solaire (aussi présent dans L'effaceur), et Jupiter, comme le carré magique. Il n'est pas impossible que Dürer, proche de l'ésotériste Agrippa, eusse connu cette proximité des deux anges.

  En 2018, l'affaire des 6 grilles de lettres m'a fait mener à bien le projet de 1998 Novel Roman, où j'avais cru innover en créant une table des chapitres formant un carré de lettres permettant de lire divers messages, dont ROSENCREUTZ en diagonale, ignorant que Ricardou avait fait de même dès 1969, avec BELCROIX dans la même diagonale.
  Cette grille était en fait la seule chose que j'avais rédigée, pour tester la difficulté de sa réalisation. J'avais néanmoins établi un synopsis assez complet que j'ai en gros suivi lors de la rédaction de 2018, en y intégrant quelques nouveaux éléments. Une étrange malédiction frappe les personnages dont les noms sont l'anagramme de NOVEL ROMAN, et l'affaire des grilles m'a fait imaginer le personnage Manon Revol, auteure d'un essai sur Wagner (en écho à Epstein) et de Revolutions minuscules (en écho à Ricardou).

  J'ai imaginé pour le chapitre 10, JAMAIS ELMO NE DEROGE, le kabbaliste Elmo Orvann, inspiré par l'Argentin Xul Solar, fils de l'Allemand Elmo Schulz. Je lui ai attribué trois principes auxquels il ne dérogeait pas, une nouvelle anagramme de NOVEL ROMAN, or, lev, namon, soit en hébreu "lumière, coeur, argent" (l'argent-monnaie étant en fait en hébreu mamon).
  Elmo Orvann pratique aussi la divination par le Tarot, et je me suis amusé à lui faire tirer les arcanes 1-13-15-18-14, s'inspirant des lettres hébraïques correspondantes (mais dans notre alphabet AMOR N). La présence de l'arcane 18, La Lune, m'a fait évoquer dans mes commentaires l'affaire des arcanes 19-17-18, la découverte du nom Cassiel, issu de la racine formée des lettres de rangs 19-17-18 dans l'alphabet hébreu, et citer L'ange de la médiathèque.
  Je ne manquais pas de remarquer que namon était l'anagramme de Manon, mais je ne me souvenais toujours pas que c'était une Manon qui m'avait fait m'intéresser à Cassiel. Il faudrait encore trois ans pour que la rencontre d'un artiste de cirque (du latin circus, "cercle") me permette de boucler la boucle.
  Ce n'est pas la première fois que je suis confronté aux déficiences de ma pauvre cervelle, et conduit à constater qu'il faut m'y résigner...

  De fait, j'ai aussi manqué alors d'exploiter cette anagramme or-lev-namon, ou "lumière-coeur-argent", car les métaux "or" et "argent" sont associés au Soleil et à la Lune. Je ne me souviens pas avoir pensé alors que mon modèle Xul Solar était argentin (Solari était le nom de sa mère, Xul la prononciation approximative de son nom Schulz).
  Certes l'hébreu or signifie "lumière", "feu", mais la source première de la lumière est bien le soleil. Et le retournement de XUL est LUX, "lumière" latine.
  Quant à lev, "coeur", entre "or" et "argent", ce peut aussi être significatif, puisque Télesphore est au centre de la pierre de Bollingen, et que le symbole de Mercure est gravé sur son torse.

  Cette affaire d'or et d'argent me rappelle le rêve de la nuit du 26 novembre 2009, relaté ici, dont j'ai émergé avec 3 mots aussitôt notés dans le premier livre à portée de main,
source
form
die Salbe

  Le mot Salbe, dont j'ai dû chercher le sens en allemand, "sauge", m'a évoqué le mot "sable". La veille, j'avais été photographier un nouveau rond-point à la sortie de Digne, dont le plan avait été dessiné par notre gendre Sébastien Orry, architecte paysagiste, et dont la réalisation était presque achevée.
 
  Je pus ainsi voir que, vu de haut, le rond-point avait tout du mandala, formé par le contraste entre des pozzolites claires et foncées, des gros grains de "sable" en quelque sorte.
  J'avais le vague souvenir que le "sable" était une couleur en héraldique, et j'appris que les "teintures" héraldiques "de sable" et "d'argent" désignaient les couleurs "noir" et "blanc". Des réflexions récentes m'ont alors rappelé qu'en hébreu, "sable" et "argent" sont HWL (חול) et KSP (כספ), et que l'atbash transforme HWL en SPK, permutation circulaire de KSP.
  L'atbash consiste à remplacer une lettre par la lettre correspondante dans l'alphabet écrit à rebours. C'est un codage avéré en hébreu biblique, notamment dans le livre de Jérémie, où la ville inconnue SSK désigne BBL, Babel, et l'expression incongrue LB QMI, "le coeur de mes ennemis", KSDYM, les Chaldéens.

  J'avais utilisé le motif du rond-point, en deux couronnes concentriques, avec alternance partielle des teintes, pour y inscrire les lettres complémentaires dans les plages correspondantes, la circularité permettant de lire à l'infini les mots HOL-KSP (dans la transcription alors adoptée), sablesablesable..., argentargentargent...  Voici pour die Salbe qui m'avait conduit au couple "sable-argent".
  Source a pour anagramme "coeurs".
  Quant à form, outre son coeur "or", c'est un mot pointant vers une énigme linguistique: comment les mêmes phonèmes "frm" du latin forma et du grec morphê ont-ils pu se retourner ainsi? Les avis divergent, depuis la double métathèse jusqu'au complet hasard.
  C'est dans les bras de Morphée que m'est venu ce mot...

  Un rond-point est aussi un "giratoire", et la linguistique relie volontiers quantités de mots couplant les lettres G (ou C, ou K) et R (ou L), comme en latin girare, circus, circulus, calculus, ou en grec gyros, kyklos.
  Je ne dois pas innover en y incluant les mots hébreux KKR, "cercle", et GLL, "être rond", mais a-t-il été remarqué que KKR donnait par atbash LLG, le retournement de GLL?
  Plus directement, le mot HWG (חוג), "cercle", donne par atbash SPR (ספר), un mot qui n'a en principe aucun rapport en hébreu biblique avec le grec sphaira, "sphère", mais la Kabbale exploitera cette ressemblance en représentant les mystérieuses sephirot par des cercles.

  La Galilée est en hébreu galil, "cercle", par extension "région".
  Les astronomes de la Renaissance dissimulaient fréquemment leurs découvertes sous forme d'anagrammes, ainsi Galilée avait caché l'observation qu'il avait faite en 1610 de Saturne sous cette forme
Smaismrmilmepoetalevmibunenugttaviras
où Kepler a cru décoder une formule attribuant deux satellites à Mars, ce qui se vérifiera plus de deux siècles plus tard, mais Galilée signifiait en fait qu'il avait vu Saturne comme une planète triple, car il avait mal interprété ses fameux anneaux, et une autre anagramme de Huygens en 1659 révèlera l'observation des anneaux:
aaaaaaa, ccccc, d, eeeee, g, h, iiiiiii, llll, mm, nnnnnnnnn, oooo, pp, q, rr, s, ttttt, uuuuu
  Huygens a également découvert Titan, la plus importante lune de Saturne, à laquelle on connaît aujourd'hui pas moins de 8 lunes majeures.

  J'ai cité ceci en pensant à l'ange de Saturne, Cassiel ou Cafsiel dont la racine ÇPQ s'est mystérieusement retournée en QPÇ, mais aussi à la grille de Cyril, dont la dernière colonne est ANAGRAMME, et la première GIRAREROI, "girare roi", "(re)tourner le roi", le départ de la Révolution retenu par l'histoire étant la Prise de la Bastille.
  Je ne crois pas avoir jusqu'ici relié cette formule "girare roi" à un jeu vu depuis longtemps, et signalé en 2013 sur Quaternité; le nom du roi mage Melchior est bien magique en français, car issu de l'hébreu melech, "roi", avec un suffixe "ior" se retournant en "roi".
  Tiens, une hypothèse rendant compte de l'étoile qui aurait conduit les mages vers Bethléem est une conjonction de Saturne et Jupiter, les planètes des anges Safqiel et Sadqiel.

  Ces retournements me rappellent la lumière latine lux qui semble se renverser dans le nom Xul Solar, Xul qui transcrit son patronyme de naissance Schulz, également mon nom.
  MON NOM ! Un couple anacyclique remarquable car, comme ÇPQ-QPÇ, il concerne trois lettres consécutives de l'alphabet.

  Je l'ai déjà souligné, les grilles NOM-PRENOM respectent cet ordre, avec d'ailleurs l'exacte forme NOM dans la grille de Robert Rapilly, et la forme OMN dans celle de Cyril Epstein. Si QPÇ sont les lettres 19-17-18 de l'alphabet hébreu, OMN représente la séquence similaire 15-13-14 dans notre alphabet.
  J'ai déjà insisté sur les multiples coïncidences associées au numéro 9 de Formules, avec la grille de 9x9 lettres de Cyril et mon SONÈ, formé de deux carrés de 8x8 et 6x6 lettres, autorisant deux lectures, horizontale et pandiagonale:


  9-8-6 sont précisément les ordres des cercles planétaires correspondant à Lune-Mercure-Soleil dans l'ancienne astronomie géocentriste, où le 1 revenait au Premier Moteur, le 2 au ciel des étoiles fixes, jugées toutes à même distance de la Terre, et enfin les ordres 3 à 9 aux 7 planètes connues, selon leur éloignement à la Terre, Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, et Lune.
  Lorsque ont été imaginées les correspondances avec les carrés magiques, ce sont ces ordres qui ont été adoptés.

  Ainsi, les Soleil-Mercure-Lune de la pierre de Bollingen m'ont conduit via le tarot aux lettres hébraïques QPÇ, que le roman de Manon Torielli m'a appris pouvoir correspondre à l"ange Cassiel, et voici que le carré de Cyril, où il est question du roman Manon (Lescaut), offre divers échos avec les miens, notamment le prénom Rémi, et que les trois carrés sont traditionnellement associés aux Lune-Mercure-Soleil, l'ange de Saturne étant aussi désigné par l'ordre correspondant ÇPQ.

  J'ai déjà souligné que le carré de Cyril était donné page 256, carré de 16, tandis que la valeur des 100 lettres de mon SONÈ était 1024, carré de 32 constaté après la composition.
  Je n'avais pas cru bon de mentionner que le SONÈ était donné page 369, soit la constante du carré magique de la Lune. C'est encore trois fois 123, la valeur de NOMPRENOM.

  Lorsque j'ai découvert la grille de Cyril en 2017, je ne connaissais que l'écho entre les carrés "tables des chapitres" des Lieux-dits (1969), en 8x8 lettres, et de Novel Roman (1998), en 11x11 lettres.
  L'article de Nicolas Wagner dans le numéro 9 de Formules m'a donc révélé la grille de 8x11 lettres régissant les chapitres de Letters (1979).
  Le numéro donne donc ensuite les grilles de 9x9 lettres et 10x10 lettres de Cyril et moi, avec entre les deux des grilles de Robert Rapilly, lequel donnera en 2011 l'autre grille NOM PRENOM, grille de 9x10 lettres harmonisant les 9x9 et 10x10 comme la grille de 8x11 lettres harmonisait les 8x8 et 11x11.
  Les grilles de 81 et 90 lettres NOM PRENOM m'évoquent les prénom et nom
ELISABETH LOVENDALE = 81 + 90,
le personnage de Leblanc qui m'a conduit au jeu NOVEL ROMAN. LOVENDALE apparaissant de façon inopinée dans mon SONÈ, portant l'intrication entre ces thèmes à un point phénoménal.
  Un autre élément qui m'apparaît aujourd'hui est la présence dans les deux colonnes extrêmes de la grille de Robert de FIVES LILLE, nom d'une gare argentine.
 
    L'argent encore, symbole de la lune, alors que
- Xul Solar est argentin, Xul pour Schulz;
- je suis né à Argenteuil;
- la grille de Robert contient le mot "soleil", celle de Cyril le mot "moon".

  Lors de mon dernier retour aux fameuses grilles, je remarquais que ma grille de 1998 offrait une possibilité SOL LUNA ("soleil lune" en latin), en jaune ci-dessous, et je remarque maintenant le voisinage des lettres formant SATURNE (et leur disposition me fait enfin voir que SATURNE est bien UN ASTRE).

R A I S O N A U T E L
Y O U S I R E L T A N
E T S U S A L O R I N
U
L C E R A T I O N S
E O N I N T R U S
L A
N E
L U I C A S T O R
L A D U N E R O S I T
Q U I S O R T E
L A N
E S P O I R A L
U N T
E B R I S U N A L T O
L O I U N E S T R A Z

  J'avais choisi comme titre du chapitre 4 Ulcérations, afin d'orienter le lecteur vers les hétérogrammes basés sur ESARTULINO, et il me revient maintenant que le début du fameux Ulcérations de Perec, suite de 400 combinaisons ESARTULINOC, est "Coeur à l'instinct saoul".

   ESARTULINO suggère une LOI SATURNE... Le billet Reddeunt Saturnia regna offre divers échos, notamment un carré magique d'ordre 8, cousin du carré de Mercure, permettant de réordonner des éléments disparates pour, entre autres, rassembler ces symboles étoile-lune-soleil dans l'ordre du Tarot.

  D'autres billets peuvent y être associés, comme celui-ci, avec le rébus d'Etienne Perrot à partir du "ramassis" (Râ-masse-Isis, Soleil-Pierre-Lune):

  Le nombre 8 associé à Mercure m'amène à quelque chose de neuf.
  Mercure est le dieu des voleurs (ci-contre son symbole dans le Tarot d'Avenières). Maurice Leblanc a publié deux recueils de 8 nouvelles chacun, Les huit Coups de l’Horloge, exploits de Serge Rénine, et L’agence Barnett et Cie, enquêtes de Jim Barnett. Leur succès a été assuré par des avant-propos suggérant que Rénine et Barnett sont des identités de Lupin, alors que chacun a sa propre personnalité, bien distincte de celle du gentleman-cambrioleur.
  Un personnage de L’agence Barnett est Elisabeth Lovendale, pour moi essentiel.
  Chaque histoire des 8 Coups de l’Horloge semble gouvernée par un mot de 8 lettres débutant par la lettre H, ce que j'ai étudié ici, mais j'avais manqué alors l'association du nombre 8 à Mercure, alors que la Huitième Histoire est Au dieu Mercure.
  Dans La montagne sacrée de Jodorowsky (1973), adaptation très libre du Mont Analogue, un plan montre trois personnages, l'Alchimiste et son assistante, le Voleur entre les deux, correspondant clairement aux astres Soleil-Mercure-Lune, dans l'ordre fréquemment proposé par les gravures alchimiques, et par la pierre de Bollingen.

  J'ai omis jusqu'ici de préciser où j'avais noté les mots rêvés "source form die Salbe", dans un livre à mon chevet, Radio libre Albemuth, alors que Dick a introduit dans ce roman certains mots précisément vus en rêve, comme "Aramchek" et "Sadassa Silvia".
  Son agent ayant jugé le texte impubliable, Dick l'a plus que profondément remanié, et a écrit Valis, traduit en français Siva, numéro 317 de la collection Présence du futur, récemment mentionné ici avec les coïncidences 137-317.
  Radio Free Albemuth a été édité après la mort de Dick, et traduit en français dans la même collection, sous le numéro 444. Il se trouve que, dans La cité des anges, remake hollywoodien des Ailes du désir, un plan montre les anges Cassiel et Seth sur le toit d'un building portant le numéro 444. Ce serait une référence au monde des anges.
  Il y a un point commun entre ce film, pour la BO duquel Alanis Morrissette a écrit et interprété la chanson Uninvited, et l'adaptation de Radio Free Albemuth, où Alanis Morrissette joue le rôle important de la chanteuse Sylvia Aramchek.

  Dans ces deux romans de Dick apparaissent des éléments des événements de 1974, comme son voyage hors du corps que j'ai rapproché de ma propre expérience et de celle de Jung.
  C'est dire toute l'intrication des différents thèmes suivis dans Quaternité, et je ne peux qu'inviter à tout lire ou relire, ce que je me promets bien souvent de faire...

  Un dernier point. Le double renversement du cercle en hébreu, GLL qui donne par atbash, alphabet renversé, RKK, se renversant en KKR, autre nom du cercle, me rappelle, en relation avec la triade or-lev-namon d'Elmo Orvann (Xul Solar), un jeu commenté ici.
  Dans le best-seller La formule de Dieu, Einstein a laissé un cryptogramme, ! il rsvb, qui livre par atbash (selon l'alphabet actuel) ! ro ihey, qu'il faut renverser pour obtenir yehi or !, la transcription de l'hébreu signifiant "Que la lumière soit !" (Gn 1,3), ou Fiat lux !

Note: L'indispensable çoeur dp me signale que L'Etoile du tarot de Dali est plus qu'inspirée par La source d'Ingres, alors que cette Etoile est au coeur de la représentation que j'ai proposée, reliée aux mots rêvés source-form-Salbe, et que SOURCE est l'anagramme de COEURS.
  Le nom de Mercure étant en hébreu KKB, "étoile", je rappelle que le jeu de Jérémie SSK code BBL par atbash, Babel, et que le renversement de BBL donne LBB, "coeur", dont une autre forme est LB, aussi présent dans l'autre jeu atbash immédiat de Jérémie. KKB donne par atbash LLS, se renversant en SLL, "butin" (du voleur Mercure?). Le "butin" de Rénine dans Au dieu Mercure est une statue de Mercure.

  Il y a deux mots pour "source" en hébreu, maqor et 'ayin, le sens premier de ce mot étant "oeil"; c'est aussi le nom d'une lettre de l'alphabet sémitique dont la première forme fut un cercle. Ceci me rappelle ce qu'écrit Jung à propos de la pierre de Bollingen, un bloc cubique qui lui fut livré par erreur, en lequel il vit aussitôt des possibilités.
  Je distinguai, dans la structure naturelle de la pierre, un petit cercle, sorte d'oeil qui me regardait. Je le ciselai lui aussi et, au centre, plaçai un petit homme: c'est la poupée qui correspond à la pupille de l'oeil, sorte de Cabire ou de Télesphore.
  Une partie de l'inscription grecque de cette face de la pierre énonce:   
  C'est Télesphore qui erre par les régions sombres de ce cosmos et qui luit comme une étoile s'élevant des profondeurs. Il indique la voie vers les portes du soleil et le pays des rêves.
  Pierre, cercle, oeil, source (coeurs), étoile, tous les symboles du centre semblent converger ici.

Autre note: Un poème de Roussel, publié dans le recueil La Vue (1904), se nomme La Source. J'y découvre assez tôt, vers 18-20, précisément là où débute la minutieuse description du dessin figurant sur l'étiquette d'une bouteille d'eau, l'acrostiche inverse EAU, précisément le mot à la rime au vers 19:
Un dessin y figure où du monde s’écrase
Aux abords d’une source ; une donneuse d’eau
En tablier, ayant en guise de chapeau
  Ceci fait d'abord écho au billet précédent, où j'étudiais l'acrostiche PIPI (ou IPIP) dans un autre poème de Roussel, en relation avec une phrase de Ricardou caractérisée par les symétries PI-PI et Ô-Ô.
  Je ne peux que conseiller de s'y reporter, mais reprendre La Source m'a fait retrouver que Roussel en avait utilisé certains vers pour déterminer les mots clés de divers épisodes de Locus Solus, par homophonies approximatives. Voici ce qu'il en dit dans Comment j'ai écrit certains de mes livres:
  Je me rappelle aussi que je me suis servi de plusieurs vers de mon poème la Source (du volume la Vue). Mais ceci seulement est resté précis dans mon souvenir :

Elle commence tôt sa tournée asticote
Ailé coma . . Saturne Élastique hotte

Avec un parti pris de rudesse ses gens
Ave cote part type rit des rues d'essai sauge. En
(type des rues rit d'essai sauge)

Qui tous seraient
Qui toux sert

  On trouvera dans l'épisode du coq Mopsus: ailé (le coq ailé) coma (immobile comme dans le coma); Saturne (mis en communication avec Saturne); puis la hotte élastique, l'ave; puis le rire provoqué chez Noël par Mopsus offrant une fleur de sauge à Faustine.
  Plusieurs éléments immédiatement époustouflants:
- Mon titre Saturne, justement ça tourne (de valeur 322 pour ce billet 322), était pleinement justifié par le contenu prévu du billet. Il me semble que Brisset a aussi fait faire à ses grenouilles ce jeu de mot, mais je n'en trouve pas de référence en ligne. J'avais évidemment oublié que Roussel était passé de "sa tournée" à "Saturne".
- Ce billet m'a donc conduit à associer Saturne aux mots rêvés "source form die Salbe", or la Source (de Roussel) a bien "formé" la "sauge", ce que j'avais évidemment oublié (et je rappelle que je ne vois pas comment j'aurais pu connaître le sens de die Salbe).

  A propos de cette association, j'ai manqué plus haut de rappeler que, la veille de ce rêve, j'avais pensé au nombre 6272 harmonisant la vie de Jung autour du 4/4/44 (au passage je lis aussi ce nombre 62-72 comme ARSENE-LUPIN), et à mon anagramme du sonnet Vocalisations construite selon le nombre d'or, répartissant 6272 en 2396-1480-2396, avec 1480 au centre correspondant à l'isopséphie de τελεσφορος, Télesphore tel que gravé en grec par Jung sur la pierre de Bollingen.
  Ce même jour, j'ai ensuite été prendre des photos du giratoire aux sables de deux couleurs, puis une balade dans les hauteurs au-dessus m'a fait découvrir une maison portant le numéro 1480, maison où demeuraient des dames Jung.

  L'épisode du coq Mopsus (en ligne ici) est particulièrement énigmatique. Le jeune Noël et son coq clairvoyant Mopsus révèlent la destinée d'une certaine Faustine par d'étranges manoeuvres faisant intervenir un dé, la courtisane Chrysomallo, un poème construit sur l'acrostiche FAUSTINE, entre autres.
  Lorsque j'ai donné plus haut le rébus "Râ-masse-Is" d'Etienne Perrot, la "masse" cubique m'a fait penser au "dé", élément essentiel du billet cité.
  Ce billet est né du rapprochement entre L'effaceur et Manon Lescaut, célèbre courtisane de la littérature. Manon est la forme provençale de "Marie", et Chrysomallo pourrait livrer "Mary Lloscho" (le "ch" de chryso ("or" grec) se prononce "k").
  C'est une lecture axée sur les acrostiches dans La Source qui m'a conduit à la note (dans le volume IV des Oeuvres chez Pauvert) signalant l'utilisation des vers dans Locus Solus. L'acrostiche inversé "EAU" presque au début du poème est notable, et la seule autre possibilité ayant retenu mon attention apparaît dans les 3 derniers vers du poème, achevant le livre:

  Il est aussi tentant de renverser ce LUC en CUL, d'autant que l'initiale du vers précédent est un Q, d'autant que l'édition originale Lemerre, répondant aux exigences de Roussel, faisait suivre ces vers de ce qu'on nomme un cul-de-lampe.

6.10.21

plus on remue la ...e, plus elle pue


   Billet 321. Attendu qu'une bonne partie de l'année a été consacrée à la Préface de Ricardou, ce qui m'a conduit à l'hypothèse que ses 8 dernières phrases étaient essentielles, les phrases 321 à 328, il m'a paru intéressant d'y consacrer les 8 billets à venir, 321 à 328.

  Revoici donc les 256 mots de la phrase 321:
      Pis encore: puisque, selon mon hypothèse sans doute invraisemblable, vous êtes toujours avec moi, ô le proche visage et votre haleine presque, deux, un seul empan peut-être, suivant la plausible acuité de vos oculaires sphères (mais ne reculez point, voyons, si peu soit-il, qu'alliez-vous rêvasser ?), puisque vous me tenez en quelque espèce, de surcroît, par au moins une main (ne me lâchez pas, dites, il est trop tard), et puisque, du reste, directement ou non, ayant perçu ma silhouette en sa vitrine, vous avez déboursé, pour m'avoir (car vous n'avez pas réussi à me voler, n'est-ce pas ?), certaine mince obole auprès du proxénète, et puisque, dès lors, vous êtes en droit d'exiger que je vous entretienne à cœur ouvert, sachez qu’à force de l’apercevoir (l’image vespérale, je dois le dévoiler, est quasiment obsessionnelle) en train de pourrir pourpre, là-bas, Dieu sait où, loin de mon moi tranquille (qui vous parle de me violer au bord de l'eau ?) avec sa roue, en les obscurs tréfonds de son oblongue boîte en hêtre, je ne sais plus (en l'absence, toujours, d'un quelconque deus ex machina) comment en finir, disons, avec l'actuelle préface, tant votre attention trop soutenue, aiguisée, sans cesse mieux experte, vos curieuses paranoïaques manières d'en détail me scruter entre chevelure et chevilles, et vos exigences minutieuses, si souvent à l'endroit de plusieurs parmi mes syllabes, ô la langueur malgré mes chants, ont persécuté de ténébreux abysses en toit sans répit.
  L'écho début-fin est la syllabe "pi", et un écho immédiat de la phrase est le même mot "ô" aux rangs 15 à partir du début et de la fin.
  Ma première analyse m'avait fait constater qu'entre deux "ô" il y avait 226 mots, la longueur en cm de l'instrument Modulor, ce qui me semblait un écho aux 226 mots de la phrase finale, la phrase 328 en 226 mots, mais le fonds Ricardou de l'IMEC m'a fait constater que les nombres de mots de ces deux phrases avaient varié lors de l'écriture, et donc que la piste du Modulor devait être écartée.
  Ceci dit, je n'ai toujours aucune idée de la portée symétricologique de la dernière phrase, mais ceci viendra peut-être en son temps.

  Depuis cette première analyse, je me suis intéressé à Supercherie et Résipiscence, les deux autres nouveaux textes écrits pour les recueils de 1988, avec Le lapsus circulaire. Les deux textes sont liés, le second contant le strip-tease d'une jeune femme qui boit d'abord le contenu d'une urne d'eau. Une fois totalement nue, elle restitue le liquide ingurgité dans la même urne.
  Le pipi n'étant pas ma tasse de thé, j'avais laissé de côté ce texte jusqu'à ce que je m'avise qu'il était écrit en symétricologie. Sa relative brièveté permettait de ne pas trop s'égarer dans une élucidation que j'ai tentée ici.
  L'obsession de Ricardou pour les lettres I-O intervient assez clairement ici, avec l'URNE pleine d'eau, d'O, devenant ensuite URINE, avec peut-être quelques jeux annexes. Ce n'est que lorsqu'elle est NUE que la demoiselle peut délivrer son OR, au terme d'une intégrale transmutation...

  Et il y a donc cette phrase dont la symétrie début-fin est la syllabe "pi", et la seule autre symétrie immédiate touche le mot "ô" en position 15, PIPI et EAU?
  La réelle "eau" est présente dans la phrase, et il y a un jeu d'introduction du I avec "voler" et "violer". Il y a aussi le mot "dévoiler", ces deux derniers mots étant des ajouts à cette première version des tapuscrits (merci à Claire Paulhan):

 
  Il n'y a pas de modifications dans la dernière partie de la phrase.

  Le nombre 16 est au premier plan dans Résipiscence, avec les 16 pièces habillant la strip-teaseuse dont le détail est donné dans la 16e phrase de la nouvelle. Il m'a semblé que 64 était aussi important, avec
- 4 fois le mots "seize", 4x16 = 64, à chaque fois à un rang multiple de 4 dans la phrase;
- c'est notamment le 16e mot de la 64e phrase;
- et le 32e mot de la 72e phrase, comptant 64 mots;
- SEIZE = 64 (19+5+9+26+5), selon les rangs des lettres composant ce mot.

  16 et 64 sont les carrés de 4 et 8, les "nombres fétiches" des lettres des prénom et nom Jean Ricardou, couramment revendiqués comme structurant ses textes.
  Notamment dans la Préface, où les 16 nouvelles composant les deux recueils sont vues comme deux fois le "trop fétiche numéro".
  256, c'est le carré de 16, et il me semble envisageable que Ricardou ait finalement décidé de porter le nombre de mots de cette phrase clé à 256, et je souligne que
- sa symétrie repose sur la syllabe "pi", 16e lettre de l'alphabet grec;
- elle débute par P, 16e lettre de notre alphabet;
- l'autre symétrie touche le mot "ô" en position 15, et O est la 15e lettre de notre alphabet.

  Les mots de la phrase se structurent selon les parenthèses en
35 (13) 14 (9) 20 (13) 30 (10) 14 (11) 17 (10) 60
  A noter que les mots ajoutés l'ont tous été à l'intérieur des parenthèses, les expressions entre parenthèses étant parfois mises à part dans les constructions symétricologiques. Ainsi, or parenthèses, la phrase compte 190 mots et le milieu de ces mots tomberait entre les mots "qu'à" et "force de".
  S'il y a une arrière-pensée PIPI dans cette phrase, faut-il comprendre à demi-mot cette syllabe CA au centre? Il est au moins certain que la grande entreprise de Ricardou est la textique, et qu'un objectif essentiel du texticien est d'éviter les cacostructures, et que ceci serait une calamiteuse cacostructure, à moins d'être intentionnelle.
  Je remarque que, dans le premier état de la phrase, juste en dessous de "qu'à" se trouvait le mot "quasiment", et que l'ajout de quelques mots ("je dois le dévoiler"), a voilé cette proximité, trahissant peut-être son intentionnalité (ce sont les seules syllabes "ca" ou "qua" de la phrase).
  En tout... cas, Ricardou ne répugnait pas aux jeux scabreux, par exemple "concon-féfesse dans la caca-thédrale" dans Supercherie.

  Pour donner une idée de jusqu'où peut aller le désir d'éviter les cacostructures, Ricardou a exigé pour ce texte qu'aucune césure de mot ne se produise après la syllabe "con-" en première position d'un mot (dans le premier état de la phrase, "qu'à" était en fin de ligne, pouvant attirer l'attention).
  Dans Salut aux quatre coins, il a proposé de récrire le sonnet Salut de Mallarmé afin d'éviter l'acrostiche RAT formé par ses trois premiers vers.

  Cette affaire PIPI (CA?) me rappelle l'acrostiche CACAPIPI que j'ai repéré dans un poème de Roussel, L'inconsolable (le texte complet se trouve ici, avec les autres pièces versifiées de Comment j'ai écrit certains de mes livres).
  Une curieuse coïncidence est que le nombre 16 intervient aussi dans ce cas, car si l'acrostiche CACA est immédiat, il faut sauter 16 vers de la lettre à Eve pour former PIPI:

On distingue, en tout, deux encres et deux couleurs;
Dans le haut, imitant un en-tête de lettre,
Cette phrase s’étale en or mat : « À remettre
Après la valse du quatrième tableau
Commençant par ce vers : « La brise ride l’eau... »
A Mademoiselle Ève, au théâtre des Bouffes. »
Plus bas, on lit en beau rouge : « Ève, si tu pouffes
Au reçu de ces fleurs et si tu m’éconduis
En te moquant du piètre amoureux que je suis,
Je jure que demain soir, en pleine première, —
Alors qu’en te voyant belle, rieuse et fière
On te prodiguera de larges rations
D’interminables et franches ovations, —
Tu recevras, comme un seau d’eau, cette nouvelle :
Gustave, méconnu, s’est brûlé la cervelle,
On vient de le trouver mort au fond du dortoir!

J’écris du premier jet, sans brouillon ni grattoir;
D’ailleurs, si tu veux voir l’arme, elle est dans ma poche;
Tu me diras si ma misérable caboche,   
Pour sauter sans qu’il en reste rien, a besoin
(Et je ne compte pas tirer mal ni de loin)
Des six décharges d’un joujou de cette force;
Tu peux vérifier toi-même chaque amorce. »
Il serre dans sa main droite un gros revolver;
Parfois, voulant montrer sa volonté de fer,
Il pose hardiment le canon sur sa tempe
Pour que les gens, voyant un homme de sa trempe,

  La "phrase en or mat" couvre les 4 vers avec l'acrostiche CACA. PIPI suit immédiatement, à condition de sauter les 16 vers de la lettre à Eve, écrite en "beau rouge", "du premier jet"... On peut aussi trouver l'acrostiche inverse IPIP après la lettre.
  D"autres allusions peuvent être détectées, dans les vers ci-dessus, et plus loin; le joujou, le revolver à répétition brandi par Gustave est en fait à répétition générale... 

  Je note que les deux dernières rimes de cette lettre sont "force" et "amorce", "force" étant l'autre mot au centre des 190 mots de la phrase de Ricardou sans les parenthèses.

  Ceux qui ont lu mon étude Caca Pipi (publiée dans Teckel n° 3 en 2004, mais écrite en 1998) n'ont pas toujours pris en compte les réserves que j'émettais sur l'intentionnalité de l'acrostiche, après avoir découvert les brouillons donnés dans le tome IV des oeuvres chez Pauvert. Roussel a composé son texte à partir des rimes, et rien n'indique que l'acrostiche ait été prévu au départ.
  Voici le premier état des vers concernés
                                                   « À remettre
              après l'air du second            tableau
  qui commence par                « Au bord de l’eau... »
à Mademoiselle Ève     au théâtre des Bouffes. »
            en dessous : « Ève          si tu pouffes
(...)
                     sois tranquille              l'amorce
ne ratera pas      il tient un énorme revolver;
En carton             avec une volonté de fer,
                  il se l'applique sur la tempe

  Ainsi rien ne laisse présager l'acrostiche, et la lettre à Eve empiétait sur un autre vers. 

  Je note la présence dans cette première version des mots "au bord de l'eau", également présents dans la phrase de Ricardou, mais ces brouillons étaient inaccessibles en 1988.

  Il me reste fort difficile d'imaginer que l'ensemble de l'acrostiche soit apparu par hasard lors de la finalisation des vers, alors qu'il y a tout de même une certaine adéquation avec les "deux encres et deux couleurs".
  Peut-être a-t-il suffi de deux lettres pour que vienne l'idée de l'acrostiche, ensuite souligné par quelques allusions, comme le "premier jet" qui ne figurait pas au départ. Le "quatrième tableau" de la version finale laisse aussi entendre une syllabe propice.

  A ce propos, j'ai découvert plus tard un autre acrostiche CACA, dans La vue (publié en 1904, texte complet ici). Une femme tient contre elle le plus jeune de ses enfants, et est heureuse de "le sentir là":

Choyer et dorloter longtemps ; il est enclin
Aux caresses, grâce à son naturel câlin ;
C’est l’enfant débordant de douce insouciance,
À qui jamais la rude et dure surveillance

  Je note au second vers la répétition de la syllabe "CA", "caresses", "câlin".

  L'autre acrostiche CACA a été signalé en 2011 sur ce blog, où un certain Doug Skinner estime qu'il n'est pas intentionnel, ces lettres étant courantes en début de vers, et cite un passage des Noces où un personnage de Roussel dénigre l'acrostiche.
  Oui, mais Skinner a loupé l'extension CACAPIPI, plus décisive, et j'ai repéré bien d'autres possibilités dans L'inconsolable, un texte probablement contemporain de La doublure; Roussel avait 20 ans, et peut-être a-t-il ensuite privilégié des jeux plus sophistiqués. S'il a effectivement suggéré ici que Gustave écrivait avec ses excréments, une certaine continuité de pensée peut apparaître dans un épisode de Locus Solus, où Gérard Lauwerys utilise comme encre l'or râpé de l'écu à la chaise dilué dans l'eau, et pour plume l'épine d'une rose.

  Quoi qu'il en soit, je n'entends pas étudier ici Roussel, mais les échos entre ce passage de L'inconsolable et la phrase 321 de la Préface. Il est certain que Ricardou, rousselâtre obsessionnel, a lu L'inconsolable, moins qu'il ait repéré ses acrostiches, mais c'était quelque chose à quoi il était attentif. J'ai cité plus haut Salut de Mallarmé dont il proposait une récriture évitant l'acrostiche RAT des premiers vers, et il avait aussi vu le premier quatrain du sonnet d'Arvers former MULE, "mule" doublement en tête dans ce poème adressé à une "tête de mule" qui "ne comprendra pas"...
  Pour mémoire, il y a encore le SALE CUL dans Horace (Ho désespoir...), dont l'intentionnalité est toujours le secret de l'âme de Corneille.

  La vie de Roussel est aussi un mystère, le "vide Roussel" disait Caradec, je n'y reviens pas.

  Je reviens en revanche sur les mots "au bord de l'eau" présents dans la phrase de Ricardou et dans l'ébauche des vers de Roussel, mais cette ébauche était inaccessible avant la découverte en 1989 d'une malle pleine de documents divers.
  C'est la première fois que cette formule "au bord de l'eau" apparaît dans la Préface, dans cette phrase 321 donc, mais on la retrouve ensuite à deux reprises, dans les phrases 325 et 326. Ceci pourrait dénoter quelque intention, et j'aurai peut-être du neuf quand j'arriverai à ces phrases.
  Pour l'heure je remarque que la formule peut hypographier "bordel", mot qui trouve sa place dans cette phrase où apparaît le mot "proxénète" (seule occurrence dans la Préface). Les relations tarifées trouvent aussi place dans Résipiscence, Le lapsus circulaire, L'art du X.
  La formule peut se lire "O bordel O", dans cette phrase où les "ô" sont symétriques aux rangs 15.

  Parmi les notoires allusions scatologiques de Roussel, il y a ces vers des Nouvelles impressions d'Afrique:
— Quel satisfait vient d’en sortir, celui qui sent
Une odeur connue au seuil du numéro cent ;
  Le numéro 100 était de son temps une désignation courante des WC (merci à Danielle C. pour l'illustration), et il est loisible de se demander si Ricardou n'a pas envisagé ce sens parmi les dérivés du mot "sens" utilisés à partir de "La cathédrale de Sens".
  Le nombre "cent" l'est évidemment, explicitement avec la page 100 de la Préface, où le "centre" se chamarre avec les lettres du mot "sans".
  Mon étude sur Résipiscence m'avait conduit à y dénombrer 100 éléments symétricologiques:
Peut-être que, du point de vue symétricologique, chacun de ces couples ne compte que pour un élément symétricologique, et l'on aurait donc, puisque le total de 114 phrases débutait par 12 phrases non symétricologiques, un compte rond de 100 éléments symétricologiques,
  Ainsi, la "cathèdre épiscopale" sur laquelle s'assoit le client de la strip-pisseuse ne serait-elle pas la "cacathèdre du 100"?


  Une autre petite chose, à laquelle je ne vois guère de signification, mais qui sait?
  Ayant dénombré les mots de toutes les phrases, j'ai constaté que 8 puissances de 2 sont présentes, de 1 (20) à 256 (28), où il ne manque que 8 (23), le nombre fétiche (mais justement ce 256 ou 28 le plus difficile à caser est la 1e de 8 phrases suspectées former un ensemble).
  Les phrases concernées sont:
1 mot, phrase 141 (Non.);
2 mots, phrase 138 (Et après ?);
4 mots, phrase 72 (Réellement, vous l'ignorez ?);
16 mots, phrase 132;
32 mots, phrases 89, 105;
64 mots, phrases 41, 64 (!), 88 (8x8?), 108, 151, 317;
128 mots, phrase 69;
256 mots, phrase 321.


Note du 17/10: Le billet suivant m'a conduit à un poème de Roussel, publié dans le recueil La Vue (1904), La Source. J'y découvre assez tôt, vers 18-20, précisément là où débute la minutieuse description du dessin figurant sur l'étiquette d'une bouteille d'eau, l'acrostiche inverse EAU, précisément le mot à la rime au vers 19:
Un dessin y figure où du monde s’écrase
Aux abords d’une source ; une donneuse d’eau
En tablier, ayant en guise de chapeau
  Ceci accroît prodigieusement la coïncidence de l'acrostiche PIPI (ou IPIP) avec la phrase de Ricardou caractérisée par les symétries PI-PI et Ô-Ô.

  La seule autre possibilité d'acrostiche dans La Source ayant retenu mon attention apparaît dans les 3 derniers vers du poème, achevant le livre:

  Il est aussi tentant de renverser ce LUC en CUL, d'autant que l'initiale du vers précédent est un Q, d'autant que l'édition originale Lemerre, répondant aux exigences de Roussel, faisait suivre ces vers de ce qu'on nomme un cul-de-lampe.

8.9.21

vingt fois seize, huit, neuf (sic)

 
  La récente série des billets 317-318-319 n'aurait pas vu le jour si je n'avais eu jadis l'idée de calculer qu'à 137 correspondait en allemand
EINS DREI SIEBEN = 47+36+54 = 137.

  Je me suis demandé comment j'y étais venu, et ça s'est passé en juin 2014 sur la liste Oulipo où Jean-Luc Piedanna, expert en informatique, s'est inspiré des "nombres schulziens" développés par Eric Angelini et Jean-Marc Falcoz dans la BLO 15, à l'occasion de mon 60e anniversaire le 6/7/2010. Ce sont des expressions numériques en toutes lettres dont la valeur numérale est égale à la valeur gématrique.
   Certains nombres sont n-schulziens, c'est-à-dire qu'ils admettent plusieurs représentations, le premier d'entre eux étant 252, avec
SIX FOIS QUARANTE-DEUX = 252, et
DOUZE FOIS VINGT-ET-UN = 252.
   Aujourd'hui ça me fait penser à Ricardou dont les nombres fétiches étaient 24, 42, 48, 84, et qui est mort à 84 ans en
2016 = 24x84 = 42x48 (= 8x252).

   Eric envisageait des nombres 60-schulziens, hors de portée des calculs de 2010, mais Jean-Luc a élargi les critères et a ainsi pu proposer le 13 juin un nombre 71-schulzien, 617. Je passe sur le détail des 71 expressions, la première étant
TROIS CENT VINGT-HUIT PLUS DEUX CENT QUATRE-VINGT-NEUF.
   Un nombre 64-schulzien aurait été mieux venu à l'approche de mes 64 ans, mais c'est ce nombre 71-schulzien que le programme a découvert. "Prenons de l'avance", justifiait Jean-Luc...

   J'avais bien sûr oublié ce nombre 71-schulzien, 617, lors de mon 71e anniversaire le 6/7 dernier.

   Quelques jours avant les messages de Jean-Luc, je venais de publier L'affaire Luther Caleb, où la lecture du nombre 123 en tant que
UN DEUX TROIS = 35+54+81 = 170
s'était révélée très significative, et ceci m'avait motivé pour généraliser le procédé, dans diverses langues, et proposer sur la liste le 18 juin divers "invariants schulziens", tel 137 en allemand.

   Le rappel de ces travaux, grâce à la proposition de joindre le groupe FB 137, m'a conduit à quelques essais dans cette voie, notamment à m'intéresser au nombre 89, 11e terme de la suite de Fibonacci et valeur de RICARDOU (et de SCHULZ, accessoirement).
HUIT+NEUF = 58+46 = 104.

   Ceci a enclenché une kyrielle d'échos:
- La phrase essentielle de Ricardou, celle de "l'intégrale transmutation", fait apparaître les nombres de mots, en faisant abstraction des parenthèses,
34 () 21 () 13 () 104,
soit les nombres de Fibonacci 34-21-13, et 104 = 13x8, par exemple, mais ce pourrait signifier aussi 89.
- La section d'or de 104 est 64, 8x8, or le récent billet sur Résipiscence m'a fait entrevoir que Ricardou avait pu y exploiter la valeur de SEIZE, 64.
- Les lettres de rangs 16-8-9 sont P-H-I, Φ, le nombre d'or.
- A 16-8-9 correspondent donc
SEIZE+HUIT+NEUF = 64+58+46 = 168,
le nombre de pieds d'un sonnet d'alexandrins, pour beaucoup la forme poétique par excellence.
- Davantage, le découpage 64-104 ici présent respecte la petite césure d'or du sonnet, ce que j'ai veillé à faire dans plusieurs de mes compositions, notamment mon anagramme de 2006 du sonnet de Perec Vocalisations.
- Il s'est trouvé que j'en avais réalisé une anagramme minimaliste en 1999, en l'incorporant sous forme codée dans mon roman Sous les pans du bizarre. Il m'avait semblé servile de reprendre le sonnet tel quel, aussi j'y avais introduit deux minuscules variantes: ALCOOL était devenu LOOCAL au vers 8, et NADIR RADIN au vers 13, ceci parce que Perec avait signé Arthur Rimbaud son lipogramme, Rimbaud né à Charleville (08) et mort à Marseille (13), et parce que j'étais membre de l'association 813. Or
ALCOOL = LOOCAL = 58 = HUIT, et
NADIR = RADIN = 46 = NEUF,
ce qui était fort loin de mon esprit lors de cette facétie, mais j'avais cependant vu que
58+46 = 104 = 8 fois 13, et que les mots occupaient les rangs 66 et 102 du sonnet, avec
66+102 = 168, son nombre de pieds.

   Le point suivant demande plus de développements. Si ce sonnet m'obsède depuis 1996, c'est parce que ses 112 mots ont pour valeur 6272, soit 112 fois 56, 56 qui peut aussi se lire 4 fois 14, le nombre de strophes par le nombre de vers.
   Il se trouve qu'en avril 2001, le sonnet a été choisi pour sujet par le forum Anagrammy Awards, à charge pour les candidats d'en donner des traductions anglaises anagrammatiques du français. Les 3 versions données, en ligne ici, étaient l'une à l'échelle du sonnet (1), la suivante à l'échelle de la strophe (4), la dernière à l'échelle du vers (14). Avec mon anagramme à l'échelle des mots (112), se retrouvait ainsi la valeur totale du sonnet,
112x1x4x14 = 6272.
   En 2006, GEF programma le Gématron, outil qui me permit de réaliser une vieille idée, composer une anagramme du sonnet telle que chaque vers compte 8 mots et la gématrie 448, soit 8 fois 56. Comme le Gématron calculait aussi les césures d'or, je les ai incluses au niveau des pieds, des mots, des lettres et des gématries, ce n'était qu'une légère difficulté supplémentaire.

   L'étape suivante vint en 2008, le 8 septembre où je me suis réveillé avec une étrange idée imprimée en tête: le 4/4/44, la date donnée par Jung pour un événement exceptionnel de sa vie, ce 4/4/44 schématique au plus haut point se trouvait exactement aux 4/5es de sa vie.
  Ceci s'est vérifié, de sa naissance au 4/4/44 à midi, Jung a vécu 4 fois 6272 jours (et 16 heures); du 4/4/44 à midi à sa mort, Jung a vécu 6272 jours (et 4 heures).
   J'ai bien sûr reconnu ce nombre 6272 qui m'était cher au plus haut point, et me suis émerveillé de mon anagramme de 2006 qui pouvait être
- soit le 5e arrangement des mêmes lettres composant le sonnet de Perec;
- soit sa 5e anagramme en prenant en compte la version minimaliste de 1999.
   Et c'était moi qui avais réalisé cette 5e version, moi à qui il avait échu de mettre à jour le schéma 4+1 dans la vie de Jung...

   Et voici que 13 ans plus tard, il se révèle que les minuscules modifications de 1999 touchant les mots de valeurs 58 et 46 correspondent à HUIT et NEUF, comme le 08/09 de ma découverte de 2008.
   J'avais déjà vu cette date comme significative, principalement parce qu'il s'agissait du premier jour de l'an pataphysique 136, un nombre lié à l'échange du 4/4/44, mais le HUIT/NEUF est tout de même plus immédiat.

   Davantage, Sous les pans du bizarre est paru en octobre 2000, 8 ans avant la découverte de 2008, il y a exactement 13 ans. 8/13 est la simplification du rapport 64/104 de P/HI, alors comment saluer cet ensemble, sinon avec une autre anagramme de Vocalisations, exploitant cette nouvelle relation?
   J'ai imaginé de répartir le sonnet en trois phrases de 64, 58, et 46 pieds, correspondant à P-H-I, aux nombres 16-8-9. Chaque phrase devra débuter par un mot débutant par la lettre source, et comporter le nombre de lettres correspondant à son rang; les autres mots de la phrase auront des nombres de lettres diviseurs de ce rang, ainsi les mots initiaux sont ici Philosophassions, Honorons, Invoquons.
   Bref voici:

Philosophassions-nous qu'un jour tant masculin,
l'incision d'un fort
coin, clan rond où radoucir,
crucifia rois si mous (l'ardu va voir s'unir);
l'aria d'azur ravi n'a tu look sibyllin

d'axolotls musicaux, d’où courroux mandarin:
ça fusionna. Honorons-la donc pour souffrir,
l'individu prouvait sûrs brûloirs (garantir
n’assainit un grossium), briffant rail assassin;

unprompt flandrin, taon pris d'un coma suffixal,
dindonna d'abrasion un crin, crin d'automnal
sans dams...  Invoquons ici l'inaugural son,

cri non ouï d'aquitains aux six unimodaux,
insistant barjaquat, l'air s'usa d'abduction:
à toi PHI, toi l'ami, div ina proportio !


   De quoi occuper quelques générations d'exégètes... On n'entend pas ça tous les jours dans Plus belle la vie...
   La seule contrainte annexe a été de conserver 112 mots en tout.
   Je tenais à la divina proportio finale, mais il a fallu scinder divina qui était illicite tel quel. Un déficit de voyelles constaté en cours d'écriture m'a fait employer le sympathique "prompt", avant de réaliser tardivement qu'il était aussi interdit, et un fusionnement inverse a résolu le problème.

   Le 17e mot (8+9), "radoucir", est l'anagramme de Ricardou. J'ignorais en 1999 qu'il avait dès 1972 codé un sonnet à l'intérieur d'un texte, un sonnet également dérivé d'un sonnet connu. Il en va de même pour le sonnet L'ardu X, ainsi "crucifia" et "ardu" au vers suivant ont quelques arrière-pensées.

   Après 2006, j'ai commis deux autres strictes anagrammes de Vocalisations, donc celle d'aujourd'hui serait la 5e, en comptant celle de 1999. C'est peut-être l'occasion de les rassembler, en commençant par cette première:

A noir, (Un blanc), I roux, U safran, O azur:
Nous saurons au jour dit ta vocalisation:
A, noir carcan poilu d'un scintillant morpion
Qui bombinait autour d'un nidoral impur,

Caps obscurs; qui, cristal du brouillard ou du Khan,
Harpons du fjord hautain, Rois Blancs, frissons d'anis?
I, carmins, sang vomi, riant ainsi qu'un lis
Dans un courroux ou dans un LOOCAL mortifiant;

U, scintillations, ronds divins du flot marin,
Paix du pâtis tissu d'animaux, paix du fin
Sillon qu'un fol savoir aux grands fronts imprima;

O, finitif clairon aux accords d'aiguisoir,
Soupirs ahurissant RADIN ou Nirvâna:
O l'omicron, rayon violin dans son Voir!


  Il suffit de rectifier LOOCAL et RADIN pour retrouver le sonnet original de Perec.  

  Voici la version de décembre 2006, dont je ne suis pas fier car c'était ma première tentative d'anagramme à cette échelle.
   Les sections d'or sont marquées par des astérisques; celle au niveau 104-64 pieds se fait sur "divin rapport", devenu "divina proportio" (chez Rimbaud les 104 pieds tombaient sur "vibrements divins", chez Perec sur "ronds divins").

a noir, …, i quinquinas, u troublant, o violin,
an du jour disparu, surtout pas par hasard.
haut a, noir pavillon, ficin pour maints anars,
rajas sans contrition au soir du grand matin,

but tabou; agoni dans son brouillard aux mains,
un parti dort, * cristal, la croix du maquisard;
i roux, fiction sans gond, rubicond si soiffard,
pis d'indivis frimas, nid aux hiboux mutins;

u zut, ufo, divin rapport, * nul fric crural
qu'un canif (son crayon, art commis convivial)
n'a conclu, nul lin rilsan, coincoins, dînaillons;

o maximum, sillons du saindoux ou du dior,
la raison à valoir où nous aussi saurons
au knossos infini franchir son portail d'or !


   Ce fut ensuite Consonnantisations en février 2012. Ayant constaté qu'il manquait une seule consonne à Vocalisations, W, lettre sensible dans l'univers de Perec, il me vint l'idée d'une énumération de ces consonnes, avec quelques mots d'accompagnement pour chacune, ce qui facilitait le travail d'anagramme et me permit de construire une forme en vers isocèles de 44 espaces, en conservant néanmoins toutes les contraintes de l'anagramme précédente.
   Il m'apparut aussi que les 16 premières consonnes, égrenées dans les quatrains, se prêtaient à une organisation en carré magique, ce qui fut fait.
   Voilà:

T voilà transfixions quand D damans nandous,
M maux Nanon nonnain, H aux laquais vaudous,
K coquin au blouson, G faisait croupion pur,
J jour Carl disparu Q soudain pris d'Arthur,

L lourdaud irlandais au P plain du voussoir,
C cours induit. N nord dur nobliau saouloir,
B blanc dit noircissant R roux lors infinis,
S soins pour clinicat, F foison aux choisis,

V vibrant un vassal forfait. Toi mi-moirant,
moirant l'ourson Armin d'un amaigri courant,
l'ouubli, n'ouïra-t-il ta consonnantisation?

X chiasma non moisi d'un froussard mordicus,
Y faillait un six, vrai flicard trois sinus,
Z soupir d'un poignard racial par incursion.


  En mai 2017 vint une autre idée. Il y a 32 possibilités de composer un hémistiche de 6 pieds à partir de mots de 1 à 6 syllabes, ce qui permet de les épuiser en 4 quatrains d'alexandrins comptant 112 mots. Pourquoi pas une nouvelle anagramme, avec chaque quatrain dédié à l'une des voyelles?
   Les 32 combinaisons peuvent être appariées en 16 paires de 7 mots, ce qui fut fait, à nouveau en vers isocèles, de 39 espaces cette fois.
   La seule autre contrainte a été une même valeur pour chaque quatrain, 1568.
   Voici:

A noir, un blanc, vois là vocalisation,
du lait sur un tapis, plis sinusoïdaux,
du rata dans un qat prônant forclusion,
osant la vis sans fin, indivis animaux.

I roux, jus maxi blanc, inquisitif ami,
mais ni Dado ni Grof, infraliminal tic,
Carl Gustav Jung osa punir, impuni psy,
ainsi vit-on nourrir un indu pronostic.

U safran, oral blanc, dahu pur inconnu,
midis, du dural tour au lupanar obscur,
sursis moraux au nid, malotru si cornu,
un fol amour ado parfois obliquant dur.

O violin, blanc su du fat conquistador,
riz doux cortical dol à horrifiant son,
on a dix corridas, arrondissant son or,
omicron du roi Shir, Knossos haï sinon.


   1999-2006-2012-2017-2021... Il y a une certaine logique dans ces millésimes, séparés par 7-6-5-4 années.
   Une nouvelle révélation justifiera-t-elle une autre anagramme en 2024?

   Après coup encore, je constate que ces 5 anagrammes totalisent 72 vers, puisque celle de 2017 compte 16 vers.
   72, c'est 8 fois 9.

Ajout du 12/09: J'ai ressorti Sous les pans du bizarre pour y étudier comment j'avais codé les mots LOOCAL et RADIN aux chapitres concernés.
   Je rappelle que ma décision d'ajouter le sonnet par codage s'est faite après l'écriture du roman, d'où ce n'est en rien une coïncidence si j'avais choisi de coder le mot LOOCAL dans un paragraphe où il était question de la gématrie 58 du nom "Noé" en hébreu.
   Ce chapitre 8 s'intéressait d'ailleurs beaucoup au nombre 58, mais rien n'indique dans mes divers écrits sur ce codage que j'eusse été conscient qu'il s'agissait aussi de la valeur de HUIT.
   Le paragraphe précédent évoquait la gravure 58 de Zo pour les Nouvelles impressions d'Afrique, de Roussel, devant montrer les trois mots de Balthazar, ΜΑΝΕ ΘΕΣΕΛ ΦΑΡHΣ, et mon personnage Lapnus remarquait:
Zo a commis une "erreur" ici, notant pour l'initiale du dernier mot un psi, Ψ, au lieu d'un phi, Φ.
    Ainsi j'avais mentionné PHI, sans rapport avec le nombre d'or qui ne me préoccupait guère alors, à proximité immédiate du codage de LOOCAL. Comme vu plus haut, c'est PHI vu comme 16-8-9, SEIZE-HUIT-NEUF = 168, qui m'a fait me souvenir avoir codé les mots LOOCAL et RADIN, de valeurs 58 et 46 identiques à celles de HUIT et NEUF.
   Ceci a provoqué un nouveau dessillement. Mon roman était dédié
A Marie, Margaux, Phiphi, Poupou, Landor
trois cent soixante et cinq mercis
  Deux noms des cinq dédicataires avaient été légèrement modifiés afin d'obtenir la valeur 365 pour le tout. Poupou, c'était JB Pouy, effectivement surnommé ainsi, créateur de la série Gondol et auteur du premier titre.
  Lorsque est paru le second, le mien, Phiphi, Philippe Kerbellec qui signait volontiers Φ (Phi), était en train d'écrire le troisième (tiens, prénom-nom ont 8-9 lettres). Quant à Landor, c'était Roland Brasseur  qui écrirait le quatrième.
   Lorsque plus tard, vers 2001-2002, j'ai commencé à m'intéresser au nombre d'or, je me suis avisé que
POUPOU / LANDOR = 104/64 = 13/8, deux nombres de Fibonacci, en rapport proche de Phi, donc, et ceci juste après Phiphi...
   Et ce sont les mêmes nombres que j'ai trouvés il y a peu à partir de PHI, plutôt HI-P, 8-9 + 16,
HUITNEUF + SEIZE = 104 + 64,
soit le partage d'or des 168 pieds d'un sonnet d'alexandrins.

   Puisque ces noms faisaient l'objet d'un jeu gématrique, j'avais donc écrit avec une certaine conscience
(Phi)phi - 104 - 64,
mais sans soupçonner que PHI pouvait s'exprimer par 64+104.

   Le nombre 16 jouait aussi un rôle essentiel dans le roman, avec la relation de Pythagore sur les carrés de 3-4-5:
9 + 16 = 25, dont il était notamment beaucoup question au chapitre 7, où Lapnus donnait un tableau en deux colonnes des valeurs des 12 mois latins (selon l'alphabet latin), totalisant 1095, soit 3 fois 365, avec en vis-à vis:
FEBRUARIUS = 115   SEXTILIS = 110 (ensuite rebaptisé AUGUSTUS).
  La relation de Pythagore porte sur les nombres, exprimés en lettres: 
NEUF + SEIZE = 46+64 = 110, et
VINGT-CINQ = 115 (110+115 donnant accessoirement un carré, 225, 9 fois 25).

   Qu'en était-il du codage proprement dit? Il s'agissait de lettres d'un corps supérieur d'un point au corps du texte, dans les mots
colle
choses
exceptionnel
couvrir
Lapnus
veille

décrets
détails
tendent
cédille
tronçon
page 104 (!) et 154 du roman, chapitres 8 et 13 codant pour les vers 8 et 13 du sonnet de Perec (à part ces deux légères modifications).
   Je m'avise aujourd'hui que ces 11 mots et 79 lettres totalisent la valeur 896.
   Or 896, c'est deux fois 448, valeur moyenne d'un vers de Vocalisations, valeur que j'ai choisi de respecter pour mes deux premières réelles anagrammes, en 2006 et 2012.
   Ainsi, les vers 8 et 13 de ces deux anagrammes ont chacun pour valeur 448, et leur somme est 896 (en 16 mots).

  Sous les pans du bizarre avait d'autres bizarreries, étudiées par exemple ici.

7.9.21

transmutation cryptique


  Après avoir consacré le billet du 17/8 à mes recherches au fonds Ricardou de l'IMEC, une coïncidence m'a conduit à un billet de 2015 en partie consacré au roman de John Brunner L'orbite déchiquetée, paru dans la collection Présence du Futur (1971) en tant que volume triple, sous les numéros 137-138-139 (j'ai trouvé cette image peu nette, mais où il est clair qu'il y a un triple numéro).
  Les rééditions ont ensuite porté le seul numéro 137.

  Les rebonds étaient tels qu'un billet n'y suffirait pas, et lorsque je me suis rendu compte que le billet à venir serait le 317e de Quaternité, il m'a paru s'imposer de consacrer à ces développements les billets 317-318-319, d'autant su'il s'agissait des billets 137-138-139 écrits depuis notre installation à Esparron, fin 2014.
  Le billet 318 m'a conduit au billet 137, premier billet de 2013, largement consacré à AS Byatt, dont il est aussi question dans le billet 138. Il n'en est plus question ensuite, mais un billet précédent, le 133 du 5 novembre 2012, La porte noire, commentait une de ses nouvelles.

  L'année 2012 a été marquée par deux grandes coïncidences:
- La découverte en mars de la mise en vente d'un document de la main de René Daumal, près de 70 ans après sa mort, document qui montrait son intérêt pour la suite de Fibonacci, alors que je venais en février de relier Daumal au rapport 21/13.
- Une coïncidence survenue au cours de l'écriture du premier billet de juin, Le grand Jeu Hanalogue.

  Là il faut développer. Je venais de réaliser que Le Mont Analogue était une source du Domaine d'Ana de Lahougue, ce qui m'avait fait reprendre ce roman, et y trouver deux papiers insérés entre les les pages 214 et 215, cette dernière correspondant à l'illustration du chapitre 12.
  J'ai pu comprendre comment ces deux papiers avaient atterri là, à deux époques différentes, sans rapport l'un avec l'autre, et sans intention quelconque, mais ces 24 et 48 m'avaient rappelé quelque chose.
  Lors de la polémique Ricardou/Magné dans le n° 5 de Formules (2001), Ricardou a jugé bon de présenter les deux formes d'une des rares compositions à contrainte de Magné, numéro 24 (X est la 24e lettre), suite de 24 lignes de 48 espaces typographiques mettant en évidence un grand X dessiné par des lettres X, en majuscules dans une première version publiée en 1983, en minuscules graissées en 1988, sur une même page, et il s'agit de la page 224 de la revue :  Je ne savais pas alors
- que 24 et 48 étaient des nombres fétiches de Ricardou,
-  qu'il avait écrit son propre Art du X (également d'abord paru en 1983 puis réédité en 1988, légèrement modifié),
- qu'il avait écrit Révélations minuscules où il est demandé au lecteur de compter les mots de chaque phrase, et d'en déterminer le mot central, ce qui est également demandé dans Le domaine d'Ana,
- qu'il avait calibré ce texte pour faire apparaître le nombre 99 page 99 (Le domaine d'Ana est calibré pour que chaque chapitre couvre 18 pages).

  L'auteur du Domaine d'Ana est aussi celui d'un remarquable pastiche où Fabre se penche sur les étonnantes moeurs de la fourmi Atta bellifera. Je venais de découvrir, par les notes finales du roman Les Formiciens, qu'il existait aussi le genre de fourmi Ana,
  L'existence de deux genres de fourmis Atta (avéré) et Ana m'était très significative, aussi j'avais lancé une requête fourmi "ana" pour vérifier l'existence de cet autre genre. Sans résultat, et j'appris plus tard que le genre Ana des Formiciens était une coquille de cette édition (pour Atta dans l'édition originale).

  La requête donnait en 10e (Xe !) résultat un document pdf reproduisant les pages 19 à 53 du n° 12 de la revue féministe canadienne La vie en rose de juillet 1983, consacrées à une série de 10 nouvelles demandées à 10 "écrivaines" sur le thème "Une fourmi flottait dans sa margarita".
  La 10e (Xe !) nouvelle était Dana Khan de Yolande Villemaire. Au Caire, la jeune Dana s'intéresse au mot arabe ana, "moi".

  La suite de la nouvelle amenait des éléments époustouflants, un peu perdus dans ce long billet.
  Un rêve de Dana la mène à New York, où des hommes flottent dans les airs, bras étendus, comme s'ils volaient. Elle se réveille avec un mot brillant derrière ses paupières, ATTA. Elle raconte son rêve à la compagne de son père Suzanne, laquelle lui dit que ATTA lui rappelle quelque chose, mais elle ne voit pas quoi avant la fin de la nouvelle:
Sue ajoute qu'elle s'est rappelée en plein coeur du désert arabique ce que lui rappelait le mot Atta. C'est le nom d'un personnage d'un roman de Jean Ricardou intitulé Les lieux-dits. Je ne me rappelle plus très bien, mais je crois que c'est une jeune femme qui fait des recherches sur les fourmis.
  Ainsi, ce sont deux papiers insérés dans Le domaine d'Ana qui m'avaient conduit à évoquer Ricardou, pour la première fois dans le blog. La découverte concomitante d'une fourmi Ana, alors qu'il existe une fourmi Atta chez Lahougue, m'avait conduit à cette nouvelle où apparaît aussi le mot ATTA, m'apprenant qu'il s'agissait d'un personnage de Ricardou.

  Je passe sur d'autres échos et invite à se reporter au billet, sinon aux suivants.

  Il m'était devenu important de lire Les lieux-dits, mais je répugnais à l'acheter car la polémique Magné/Ricardou m'avait donné une idée fort négative du personnage.
  J'en viens au billet du 5 novembre 2012, La porte noire, mentionné plus haut, où je relatais ma visite en octobre à la médiathèque Bonneveine, à Marseille, dont le catalogue assurait la disponibilité du roman de Ricardou. Je ne l'ai pourtant pas trouvé à la cote RIC, où un titre m'a sauté aux yeux, Un nommé Schulz, de Ugo Riccarelli.
  C"est une vie romancée de Bruno Schulz, et j'avais oublié cet incident lorsque j'ai conté dans le précédent billet mon escapade, lors de ma consultation du fonds Ricardou à l'IMEC, vers le blog Alluvions, son article sur Bruno Schulz m'ayant inspiré un commentaire à propos de JP Le Goff.
  Justement, ce billet me faisait évoquer JP Le Goff et les fourmis, car, parti du roman La porte noire écrit par un ami de Daumal, Pierre Minet, j'avais découvert que c'était aussi le titre d'un tableau de Matisse, et d'une des nouvelles d'un recueil de AS Byatt, Histoires pour Matisse, ce qui m'avait fait mentionner l'expérience de Le Goff avec les fourmis, inspirée par une anecdote livrée par Byatt.

  Matisse a vécu 84 ans, comme Ricardou qui était encore en vie en 2012, et j'ai pu constater ceci:
HENRI MATISSE = 54/86
soit deux nombres de la série Bleue du Modulor, deux nombres qui apparaissent aussi dans les dates du peintre, 1869-1954. Son tableau La porte noire utilisait un châssis 12 Marine, 61x38 cm, le format usuel le plus doré, et la composition pourrait souligner les lignes d'or de la toile.
  Si Matisse n'est pas particulièrement associé au nombre d'or (mais de nombreuses pages répondent aujourd'hui à une requête en ce sens, sans pertinence immédiate après un rapide survol des premières), mon oncle Souverbie en était un fervent partisan, et je m'avise aujourd'hui que sa toile de 1912, donnée sur le billet Oncle & Neveux, était aussi un format 12 Marine, et que sa section d'or droite en largeur tombait aussi sur une (porte-)fenêtre.

  Je m'avise aussi aujourd'hui que ces nombres 38-61 font partie de la suite NOUVEAU ROMAN, 1-7-8-15-23-38-61-99-160 qui m'avait semblé gouverner la structure de la Préface. Si l'intentionnalité paraît démentie par l'étude des tapuscrits, il reste que les pages autoréférencées sont bien 99 et 61 correspondant à NOUVEAU et ROMAN, et que la phrase 160, celle qui est ensuite la plus commentée, évoque précisément l'essai de Ricardou Le Nouveau Roman.

  L'étude des tapuscrits a aussi mis à mal l'idée que les 183 et 226 mots des dernières phrases de la Préface ait été une allusion consciente au Modulor, mais il reste, par exemple, que les deux seules phrases de 140 mots peuvent offrir une répartition 54-86, comme
HENRI MATISSE qui viendrait confirmer les HANTISES de REMI (anagramme).

  Si je préfère cette forme musicale, mon prénom selon l'état civil est Rémy, dont j'ai vu les deux syllabes correspondre à deux nombres de la suite NOUVEAU ROMAN,
RE-MY = 23-38.

  La fourmi qui joue un rôle certain dans cette affaire, notamment la fourmi Atta qui m'a conduit à Ricardou, m'avait aussi conduit auparavant à mon prénom, car
four, c'est 4,
4, c'est la lettre D,
D, c'est la note ré,
donc "fourmi" = "rémi".
  Et en néerlandais, "fourmi" se dit MIER.

  Toujours dans ce billet La porte noire, j'évoquais un autre ami de Daumal, Roger Gilbert-Lecomte, dont je venais de constater que la mort, le 31/12/(19)43, se renversait en
34/21/13, trois nombres consécutifs de Fibonacci.
  Evidemment, je ne m'en souvenais plus lorsque j'ai découvert la phrase de Ricardou qui faisait apparaître par abstraction des parenthèses ces mêmes nombres 34-21-13, la phrase contenue entre deux syllabes RE tandis que, 137 phrases auparavant, la phrase de 140 mots contenue entre deux syllabes MI livrait, par mise à part des parenthèses, 54 et 86 mots.
  Incidemment, je n'ai pas encore signalé que dans la nouvelle de Villemaire, Dana Khan calculait la valeur de la phrase "Une fourmi flottait dans sa margarita" et trouvait 371 (c'est exact).

  Henri Matisse (=54 86) est aussi né un 31 décembre, ainsi il s'en est fallu de quelques heures pour qu'il fût né en 1870, faisant perdre le jeu 1869-1954.

  Le billet Déchetterie oblique ayant initié ces billets 317-318-319 était consacré à des romans de SF contenant la date 2113. C'était le cas de L'orbite déchiquetée (numéro 137-138-139) mais aussi de Pygmalion 2113 (numéro 32).  dans la collection Présence du futur.
  Le héros du roman prend la tête d'un mouvement de rébellion contre le gouvernement de 2113, qu'il décide de "renverser" le dernier jour de l'année, le 31/12/2113 donc, date palindrome...

  Je n'ai pas encore pu caser que la récente série d'articles sur Daumal dans Le Monde m'a appris que son café favori était le Rouquet, lequel était aussi le café favori de Ricardou.

  Pour ce 319e billet de Quaternité, 139e esparonnais, il était idéal d'unir le plus simplement ces deux nombres, et j'y suis parvenu en reprenant le vocable de 13 lettres déjà utilisé, "transmutation" de valeur 185. Une seule des rares épithètes de 9 lettres permettant de parvenir au total 319 était acceptable, "cryptique", alors que j'avais intitulé le 317e billet Une transmutation cryptée.

  185 est un nombre essentiel dans Le domaine d'Ana, parce qu'il compte 15 chapitres de 15 pages chacun, parce que le centre en est privilégié, donc la page 8 de chaque chapitre. Parce que 8 au milieu de 15 donne 185, Lahougue a décidé que le nombre moyen de phrases par chapitre serait 185.