11.3.23

la polygraphie du chat Mau


à  C & G

    J'annonçais dans le précédent billet un développement sur Michel Jeury, alors voici.
  J'ai lu quantité de bouquins de SF, et plusieurs des siens m'ont accroché, notamment Le temps incertain (1973), et Les yeux géants (1980).
  J'ai découvert quelques années plus tard, vers 1986, l'essai de Bertrand Méheust, Science-Fiction et soucoupes volantes (1978), qui m'a emballé. Méheust, passionné de SF, a découvert de fascinantes corrélations entre les récits de visions d'OVNIs et ce qui avait été imaginé précédemment par les auteurs de SF.
  Ceci touche tous les types de rencontres, je n'en dirai pas plus.

  J'ai rencontré Méheust en 1995. Il m'a appris que son essai avait inspiré Les yeux géants, ainsi que Les Visiteurs du miracle (1981), de Ian Watson, que j'avais également lu. Je pense avoir alors relu les deux romans.

  L'étape suivante est en 2005. J'étais en relation suivie avec Jean-Pierre Le Goff, passionné de coïncidences, en qui j'avais rencontré une âme soeur. J'étais particulièrement séduit par ses découvertes sur les 52 touches blanches et 36 noires du piano, et il m'était venu l'idée de chercher des livres portant le numéro 5236 dans diverses collections de poche. Le résultat le plus intéressant était pour Les yeux géants dans son édition Pocket de 1986, n° 5236 donc.
  Ceci a provoqué une nouvelle lecture, achevée le 8 juillet 2005, et le lendemain matin j'en rendais compte à quelques amis, soulignant que Jeury y relatait deux cas de coïncidences. Je subodorais qu'il s'agissait d'expériences personnelles.

  Quoi qu'il en soit, le second cas était celui du couteau de Norman Andrewski (un personnage du livre):
— Cette histoire de couteau est la plus idiote du monde, dit Norman Andrewski. Pour moi, elle a été aussi la plus troublante. Oui, et elle a définitivement troublé ma quiétude et mon indifférence. À chacun de nous, il arrive des histoires qui nous ressemblent. Je crois aussi que nous avons une prédisposition à rencontrer ou à subir un certain type de phénomènes inexpliqués – psi, X ou autres – et les proches variantes.
  Il me semble souvent aussi avoir une telle prédisposition... Mais voici le récit:
— L’incident du couteau se situe à part, à cause de son côté visuel et aussi parce que j’avais trois témoins : ma femme et mes deux filles.
« Nous étions allés tous les quatre pique-niquer aux environs de l’Orb. Et puis nous nous sommes promenés le long d’un petit ruisseau… À un certain moment, je me suis rendu compte que j’avais perdu mon couteau de poche. (...) Nous nous sommes mis à fouiller l’herbe et les buissons partout où nous étions passés. Après cinq ou dix minutes, ma fille Carine, la plus jeune, a crié : “Je l’ai ! Je l’ai !” Elle m’a appelé. “Viens, je vais te le faire trouver!” Je l’ai rejointe et on a joué un peu. “Tu gèles… Tu brûles…”
« Enfin, j’ai vu mon couteau et je l’ai ramassé. J’ai ramassé quelque chose que j’ai pris pour mon couteau. Mais quand j’ai tenu l’objet dans ma main, je me suis aperçu que ce n’était pas mon couteau. Je lâchai la chose aussitôt avec un cri de surprise et de peur. Carine éclata de rire. Mais ma femme et Anne me regardaient, interloquées.
« Tout le monde s’est mis à regarder par terre. Le simili-couteau avait disparu. J’ai vraiment cru un moment que c’était une sorte de serpent et qu’il avait filé sans demander son reste après que je l’eus lâché. Et puis Anne a poussé du pied un morceau de bois qui traînait et qui s’est retourné. D’un côté, c’était un simple morceau de bois. De l’autre, c’était une imitation parfaite, merveilleuse du couteau que je venais de perdre. Une imitation en bois mort! Un chef-d’œuvre du hasard! (...) J’ai remis l’objet à la faculté des sciences de Mireval pour analyse, contre l’avis de ma famille… et surtout de Carine qui aurait voulu le garder. Peut-être avait-elle raison. Les gens de Mireval ont trouvé le moyen de le perdre.
« Ce morceau de bois faisait un bibelot curieux et assez beau : quelqu’un au laboratoire l’a tout simplement et bêtement fauché. Les premiers examens prouvaient sans aucun doute possible qu’il s’agissait d’un objet façonné par le hasard: un morceau de frêne qui avait trempé dans l’eau et dans la boue ferrugineuse. Rien de plus. Mais il faut l’avoir vu. Nous sommes retournés plusieurs fois sur les lieux pour chercher encore le vrai couteau. En vain. »
  Je ne sais plus si j'ai alors pensé à un incident analogue qui a grandement troublé ma quiétude adolescente, en tout cas je n'en parlais pas à mes amis dans les mèls que j'ai retrouvés. Vers 12-13 ans je tenais à un gros calot d'acier d'environ 3 cm de diamètre, dont j'appréciais la lourdeur. Un jour, je jonglais avec dans le jardin de ma grand-mère lorsqu'il m'échappa des mains. Il était bien sûr tombé quasiment à mes pieds, mais je n'ai jamais pu le retrouver, ni ce jour, ni lors de multiples autres recherches.
  Je parlai dans les mèls aux amis de ce bout de bois trouvé la veille par Anne et sa soeur Babeth dans l'Asse, la rivière en bas de Mézel, et qui vu sous un certain angle évoquait fortement un lapin. Retourné, c'était un simple morceau de bois...
  Cette affaire de lapin me rappelle une formidable coïncidence, survenue l'été précédent, mais je réserve au prochain billet divers approfondissements.

  Ce 9 juillet 2005 nous avions rendez-vous en début d'après-midi à Antibes chez l'oncle d'Anne, et un pique-nique était prévu à mi-route.
  Nous nous étions donc arrêtés à un endroit propice de la RN 85, et je m'étais éloigné un peu pour me dégourdir les jambes dans la garrigue. C'est là, loin du coin à pique-nique assez fréquenté, que j'ai trouvé un couteau de cuisine dont je ne peux dire grand-chose, car à la fin du repas un orage nous a contraints à remballer précipitamment les affaires, et le couteau a été oublié.
  J'indiquais à mes amis que je voulais le comparer à la maison à un autre couteau arrivé bizarrement dans notre vaisselle, mais je n'ai aucun souvenir de cet autre couteau. J'imagine qu'il était allemand, et que c'est pour ça que je voulais le confronter au couteau de la garrigue, car lui était allemand, et portait deux inscriptions, notées dans les mèls, GEFRO, et www.gefro.de.

  Quant au mystérieux couteau de la maison, je n'en disais rien dans les mèls ultérieurs, peut-être était-il déjà perdu de même.

  Je ne me souviens pas avoir cherché à en savoir plus sur Gefro en 2005. Le précédent billet m'a donc fait découvrir que l'entreprise fondée à Memmingen par les frères Frommlet en 1924 avait eu pour logo la lune, car une légende propre à cette petite ville de Bavière fait intervenir l'astre nocturne.
  La légende est si importante que "la lune" (der Mond en allemand) bien-aimée des habitants de Memmingen y a une appellation familière, Mau.
  J'ai choisi cette illustration où "Mau" joue de la mandoline, ou d'un instrument apparenté, car la mandoline était au premier plan des billets précédents, pour sa caisse en forme d'amande.
  Par ailleurs GEF-RO m'avait évoqué le poète Gilbert Farelly, création des oulipotes Gilles Esposito-Farèse, dit GEF, et RObert Rapilly.
  Robert avait introduit Farelly sur la liste Oulipo en février 2007, lui attribuant la paternité du "sélénet", forme poétique en 8 vers calquée sur les couplets de Au clair de la lune, mais les compères m'ont appris qu'ils avaient forgé le pseudo en janvier 2005, 6 mois avant ma découverte du couteau Gefro.

  Le mot MAU m'est significatif à plus d'un titre. Il est ainsi formé des lettres M-A-U de rangs 13-1-21, or le n° 13121 de la collection Pocket a été une coïncidence phare en juin 2015. Je rappelle que c'est le n° 5236 des Yeux Géants dans cette même collection qui m'a conduit à relire le roman.

  Le n° 13121 est Deuils de miel de Franck Thilliez, et diverses circonstances ont concouru pour me mettre entre les mains deux exemplaires de ce Pocket n° 13121, dans des éditions de 2010 et 2014, et constater qu'ils s'achevaient l'un sur un chapitre 34, l'autre sur un chapitre 33:


  Les divergences de numérotation débutent après le chapitre 29, l'édition de 2010 passant directement ensuite au chapitre 31. Mon enquête m'a conduit à la conviction qu'il s'agissait d'une erreur de l'éditeur original, La vie du rail, dont un maquettiste avait un problème avec les chiffres (d'autres erreurs de numérotation sont présentes dans 3 autres livres de cette collection de 25 titres).
  Or le numéro Pocket faisait coïncidence, car l'intrigue se répartissait clairement en 21 et 13 éléments (en comptant l'épilogue final), nombres de Fibonacci que semble affectionner Thilliez. Ainsi 13-1-21 pouvait livrer ces 21 et 13 éléments, plus le chapitre fantôme du premier tirage.

  Bizarre, mais l'étrangeté a fait un bond vertigineux lors de la parution du Thilliez suivant en juin 2016, Rêver. Le roman s'achève sur un chapitre 89, autre nombre de Fibonacci (13-21-34-55-89), mais il manque le chapitre 57, que les lecteurs peuvent télécharger en résolvant une petite énigme...

  J'y reviendrai dans le prochain billet, car une relecture de Rêver m'a conduit à de nouvelles découvertes.

  J'ai appris il y a quelques années que les Mau étaient une race de chats. Comme il s'agissait de chats égyptiens, je m'étais dit que mau, ماو, se prononçant "maou", devait signifier "chat" en arabe.
 

  Wikipédia semble le confirmer:
mau est un terme venant de l'égyptien qui désigne tout autant le chat que la lumière.
  Ceci m'a interloqué, car un des textes que je considère comme particulièrement "miraculeux" est l'épithalame que Perec a composé en 1981 pour ses amis Kmar et Nour, or en arabe kmar signifie "lune" et nour "lumière", tandis que mau signifierait "lune" en patois allemand, et "lumière" en égyptien.
  Précisément, l'un des aspects du "miracle" perecquien touche aux nombres de Fibonacci, et notamment 21 et 13, avec neuf strophes formant des blocs cohérents de
- 21 fois 23 lettres, de ma dame à mon amour;
- 21 fois 23 lettres, de mon nombre d'or à monde moderne;
- 13 fois 23 lettres, de Noce à carbone.
  J'ai représenté ceci sur mon étude en deux blocs et 34 lignes, vis-à-vis des 34 lettres du titre du poème, Noce de Kmar Bendana & Noureddine Mechri.
  Après avoir vu ceci, et bien d'autres choses, j'ai pu consulter les brouillons de Perec pour ce poème, et découvrir qu'il avait envisagé d'y utiliser la suite de Fibonacci, mais ces brouillons démontraient aussi qu'il ne l'avait pas fait...

  Noce et Deuils de miel figurent sur ma récapitulation des coïncidences 21-13 (cas 13 et 107).

  Je suis loin d'en avoir fini avec le couteau Gefro, mais je choisis de faire un bond de 17 mois dans l'avenir, afin notamment d'expliciter le titre de ce billet.
  Le 16 décembre 2006, je me baladais à l'ubac de la colline culminant au lieu-dit Saint-Isidore, colline que j'appréciais mais y accédais le plus souvent par l'adret. Ce coin n'avait rien d'un lieu de balade et n'était en principe fréquenté que par des chasseurs.
  Je crois que j'espérais ce jour y récolter les derniers champignons de la saison. Tout ce dont je me souviens clairement est d'avoir trouvé dans une sente ce couteau multifonctions de marque Gimel:
 

  Ma recherche à l'époque m'avait appris que Gimel était une ancienne coutellerie de Thiers, mais sur la grande lame de ce couteau est gravé STAINLESS CHINA.
  J'avais débuté une page sur cette découverte, non achevée, et donc non publiée. Gimel est un toponyme et patronyme, supposé issu de gemellus "jumeau", mais gimel est aussi le nom de la 3e lettre de l'alphabet hébreu, devenue le gamma grec puis le C latin. Elle est étroitement associée à la "géométrie fantasmatique" décrite par Perec dans W ou le souvenir d’enfance.
  Précisément cette géométrie des lettres avait été évoquée à 10 h 25 ce matin du 16 décembre, par Alain C. sur la liste Oulipo, qui signalait sa découverte de ces phrases de Mandiargues:
Des corbeaux s'envolèrent à quelques mètres du promeneur, inoffensif, évidemment, puisqu'il n'avait pas d'arme à feu. Leurs ailes, sur le ciel gris, dessinaient en noir des M très ouverts, qui sont, au rebours du W d'evviva, l'écriture abrégée d'à mort, telle qu'on la voit charbonnée à de multiples adresses sur les murs des maisons en Italie.
  En 2006 je prêtais attention aux plaques d'immatriculation, et notamment aux changements des lettres survenant environ tous les 5 mois dans mon département (04). Ce jour-là, lorsque je suis sorti en début d'après-midi pour ma balade à Saint-Isidore, j'ai vu le premier véhicule immatriculé MW 04, et c'était un Volkswagen Multivan (VW MV), ce que j'ai bien sûr rapproché du MW de Mandiargues.
  Et donc environ une heure plus tard je découvrais le couteau Gimel. Ce fut un choc. Si je ne peux assurer aujourd'hui avoir pensé spécifiquement à la lettre gimel dans les heures précédentes, du moins mon esprit tournait autour des lettres chères à Perec, VWX, et gimel y est étroitement associée.

  Un rebond survint le 26 décembre, en feuilletant Portrait(s) de Georges Perec (2001), et y retrouvant que Perec, dans une lettre à Jacques Lederer en 1959, avait proposé un nouveau signe de ponctuation, ^ ^, inspiré par les sourcils de Groucho Marx.
  En fait le déclic eut lieu le lendemain matin, où il me revint qu'Ellery Queen avait utilisé ce même symbole ^ ^ pour représenter la lettre gimel dans le roman de 1958 The finishing stroke (Le mot de la fin ou L'ABC du crime dans ses traductions françaises).
  D'étranges messages y apparaissent, accompagnés de petits dessins. Le premier message évoque boeuf, maison, et chameau, avec ces dessins:


  Il s'avèrera qu'il s'agit des lettres à l'origine de ABC, aleph-beth-gimel, qui furent d'abord des pictogrammes. Une curiosité est que, si l'on pensait jadis que gimel était le pictogramme du chameau, gamal, cette idée a été battue en brèche par la découverte que les Phéniciens ne connaissaient pas l'animal, et d'ailleurs le premier pictogramme connu n'avait rien à voir avec lui:
 

  C'était d'abord un chevron pointe en bas, retourné ensuite, puis redressé par les Grecs en Γ, gamma. Le son "gue" étant inconnu des Etrusques, le passage à C en Italie s'est accompagné d'un changement de phonème.
  Une curiosité notable est que, en utilisant deux ^ pour figurer les bosses du chameau, Queen s'est servi du graphisme originel de la lettre, peut-être pas innocemment, je le développe sur la page La polygraphie du chameau, publiée le 17 janvier 2007.
  Pourquoi ce titre? parce que j'avais publié en même temps une autre page d'abord intitulée La diagonale de l'ours, toujours sur Perec.

  Comme mon étude se voulait "sérieuse", je n'y parlais pas de la coïncidence du couteau Gimel.
  La page qui devait y être consacrée n'a été que commencée, mais j'y retrouve des choses vertigineuses:
  Au cours de cette balade mes réflexions tournèrent autour du Magné 24, des poèmes de La Clôture, qui sont des carrés de 144 lettres, et mes vaticinations sur ce nombre m’amenèrent à une prise de conscience. Un à-côté de l’affaire de Jaron 3 mois plus tôt touchait la sonate 144 de Scarlatti dans l’édition de György Balla, où elle se trouvait page 144 du troisième volume, tandis que ses trois numéros dans les différentes classifications existantes étaient tous des multiples de 144. Je me suis soudain rappelé que c’était à la page 144 de l’édition J’ai Lu du Mot de la fin qu’apparaissait l’expression "poisson d’or", de gématrie 144 (mais ce n’est pas pour cela que le poisson d’or m’intéresse).
  Je ne vais pas tout expliciter. La sonate de Scarlatti est K.432 (ou L.288, P.288), 144e dans une édition offrant un choix de 200 sonates. Je ne me souviens pas avoir réalisé, après la découverte du couteau Gimel, qu'elle est en Sol majeur, soit G-dur selon la notation allemande (le gimel hébraïque a une prononciation dure, plutôt donc guimel).
  Il n'est pas du tout question de cette sonate sur la page Jaron...

  Je pensais donc au Mot de la fin peu avant la découverte du couteau, et si j'avais continué la page, j'aurais probablement parlé des curiosités touchant gimel dans ce roman (voir La polygraphie du chameau, où W peut être vu comme un double gimel), et de sa série alphabétique s'achevant sur Z, zayin, "poignard" (ou couteau) fiché dans le coeur d'un jumeau.
  J'aurais aussi certainement parlé du couteau Gefro trouvé 17 mois plus tôt, je l'évoquais dans les mèls aux amis. Deux couteaux G. et deux fois deux symboles ^ correspondant à l'ancien graphisme de gimel.

  Il y avait encore ceci, que j'avais également oublié:
je reviens au 16/12, où l’un des premiers messages consultés le matin concernait un GG.
Un membre d’une liste spécialisée dans le polar signalait:
Je viens de lire un article d'Oliver Alban qui avait rencontré Graham Greene en 1966. GG lui a dit que "Elles attigent" de JH Chase, publié en Angleterre sous le pseudo d'Ambrose Grant (un des pseudos de Chase) aurait été entièrement écrit par lui, Graham Greene !!!
  Oliver Alban est tout aussi fictif que Gilbert Farelly, mais cette affaire d'un Chase écrit par Greene est souvent avancée. Quoi qu'il en soit, il y avait encore un double G ce jour, avec les M et W de Mandiargues, doubles chevrons pouvant être assimilés aux premières formes de gimel.

  Incidemment, la couverture de Portrait(s) de Georges Perec (où j'ai retrouvé ^ ^) montre un échantillon des brouillons de Noce, une liste de mots autorisés par la contrainte, parmi lesquels chameau (dont le début est au dos), dromadaire (coupé par la photo de Perec), mehari (aucun de ces mots n'apparaîtra dans le texte).
  C'est aussi en ce mois de décembre 2006 que les brouillons de Noce m'ont été communiqués, par le même Alain C. qui avait posté les M et W de Mandiargues. C'était en lien avec une nouvelle approche de Noce que j'avais publiée le 5 décembre, la disposition du texte en un double cône. C'était accompagné d'une anagramme des 594 lettres des strophes Kmar, en 22 lignes formant un cône, avec les 44 O disposés en un chevron.

  D'autres choses importantes se sont passées en décembre 2006, mais l'affaire est déjà bien touffue, et il reste un point essentiel à aborder dans ce billet.
  Retour à l'excursion sur Antibes le 9 juillet 2005. Je n'ai pas tardé à laisser Anne et Babeth avec Tonton Raymond et Tante Alice pour aller visiter la ville. J'étais depuis longtemps curieux du lieu Eden-Roc, mais ai découvert que l'endroit était un hôtel caché à la vue. Je me suis mis à l'eau en espérant m'en approcher, mais c'était trop loin, et un tag m'a frappé en revenant à terre:


  ORMA TOUF, avec de multiples répliques aux alentours.
  Il se trouvait que depuis quelques jours le terme ORMUS était au centre de mes préoccupations. Le graphisme ci-contre a été créé par Plantard, l'individu à la source de l'affaire de Rennes-le-Château, pour fusionner
- ormus, suggéré désigner l'orme (ulmus en latin), allusion à la "scission de l’orme", prétendue naissance du "Prieuré de Sion" formé par des dissidents templiers en 1188;
- ours, l'animal totem de Plantard;
- (H)orus...

  Ceci avait été bien plus important pour moi que le couteau Gefro trouvé (et perdu) quelques heures plus tôt, et j'y avais consacré la page ORMUS, ORMOS, ORMA de mon ancien site. Je n'ai pas jugé bon de la remettre en ligne après sa disparition, mais on peut toujours y accéder via Wayback Machine (WM!)
  J'hésitais à en parler, et puis trois semaines après m'être remémoré ce qui s'était passé ce 9 juillet m'est venue une fulguration dont il n'y a pas lieu d'être fier. Si j'avais creusé un brin la piste Gefro il y a 18 ans (et peut-être l'avais-je fait), si j'avais alors rapproché la lune Mau du chat Mau, j'aurais pu voir que
ORMA  TOUF pouvait se découper en
OR  MATOU  F, soit une appellation du chat au milieu de ORF, renversement du FRO de GEFRO, l'entreprise fondée par les frères (GEbrüder) FROmmlet, associée dès l'origine au logo de la lune Mau.


  En 2005, je m'étais dit que touf était le verlan pour "foot", mais en cherchant aujourd'hui je vois que le terme consacré est tefou. Touf pourrait être un diminutif de Toufik.
  J'avais vu que orma signifie "trace" en italien. Ma polygraphie du chameau de 2007 m'avait amené à constater que le signe typographique ^ employé par Queen pour gimel était en anglais caret, anagramme de "trace" et "écart", deux mots essentiels pour Perec (début et fin du Grand Palindrome).
  Je découvre aujourd'hui le mot horma, dérivé de l'arabe, un sens en étant "dignité". Ce pourrait être plus dans l'esprit de "Touf" que l'italien orma.

  Ma propre géométrie fantasmatique me porte à scruter les lettres de rangs 3-6-7 de l'alphabet sémitique, gimel, waw, zayin. Les Grecs les ont reprises dans cet ordre, mais la langue a évolué et abandonné le phonème /w/, d'où la lettre a disparu de l'alphabet grec. Il a cependant fallu réintroduire un signe ensuite pour représenter le nombre 6 dans l'alphabet numéral, et ce fut la naissance du digamma, Ϝ, doublement du gamma, Γ, phonème /g/ et nombre 3.
  Les Etrusques ont repris cette lettre pour les phonèmes /v/ et /f'/, puis les Latins n'ont gardé que la prononciation /f/, rejeté à la fin de l'alphabet Z, et placé en 7e position G, remplaçant donc le zayin sémitique, désignant une arme blanche, épée ou poignard. De quoi se perdre en infinies rêveries sur les couteaux Gimel et Gefro, les frères Frommlet qui ont fabriqué des couteaux (entre autres, l'entreprise visant toute la chaîne alimentaire).

  Mes trouvailles des couteaux Gefro et Gimel ont toutes deux eu lieu un samedi, 7e jour de la semaine hébraïque (et jour de Saturne qui me rappelle bien des choses). Ceci m'a rendu curieux du nombre de semaines séparant les deux événements, soit 75, avec une curiosité:
- 25 semaines en 2005,  du 9 juillet (exclu) au samedi 31 décembre (175 jours);
- 50 semaines en 2006, du 1er janvier (inclus) au 16 décembre (350 jours).
  Le double, dans cette affaire ou les doubles et la gémellité sont prégnants.
  Sur ce point, l'affaire ORMUS a eu un prolongement début 2007, et c'est l'occasion de souligner que les deux affaires de couteaux avaient un contexte ursin.
  Le double, c'était 1188, date de la scission de l'orme, double des 594 lettres des strophes Kmar ("lune").

  Maints prolongements vont attendre le prochain billet, mais il me semble encore devoir signaler ici que le 9 juillet est la Sainte Amandine, alors que c'est la transformation d'un G en N (des "amandes" MIGDAL et MANDEL) qui m'a rappelé les couteaux Gimel et Gefro.

  Et les lecteurs chevronnés se souviennent que, en amont, le triangle ^ de La mort et la boussole devient un losange ◊.

  Une petite dernière, l'opéra de Carl Orff Der Mond ("la lune") est basé sur un conte quaternitaire de Grimm.

  Je m'avise au moment de mettre en ligne que nous sommes un samedi, et j'ai la curiosité de calculer combien de semaines après le samedi 16 décembre 2006:
847 semaines, soit 5929 jours, carré de 77, ou 77x77, GG.GG...
  Il m'avait été important que le déclic ^ ^ entre Perec et Queen se fût produit 11 jours après la découverte du couteau Gimel, qui avait 11 outils.

16.2.23

Sainte Chronicité, ou Santa Ana

à  Migdall & Mandel

    J'avais envisagé pour le précédent billet, 365e de Quaternité, un récapitulatif de mes synchronicités jungiennes, soit des coïncidences entre un état mental et un événement extérieur inhabituel, et puis un autre sujet s'est imposé.
  Je m'y mets maintenant, et c'est une occasion de relire tout le blog, ayant constaté maintes fois les déficiences de ma mémoire.
  Je me suis arrêté à juillet 2013, car j'avais déjà beaucoup de cas, tant qu'il m'a fallu faire des choix. J'ai privilégié des cas offrant des résonances entre eux, la plupart du temps non perçues jusqu'alors, ainsi ce billet n'est pas qu'une compilation, d'autant que certains cas sont inédits.

  Par définition, un état mental est personnel, et il n'y a donc souvent aucune preuve de la réalité d'une synchronicité. Il arrive que cet état ait été partagé avant l'arrivée de l'événement extérieur, mais ce n'est pas un critère que j'ai retenu, car j'ai tant de coïncidences vérifiables par ailleurs que j'estime qu'on peut me faire confiance pour ces cas.

  En général, une synchronicité n'est pas un phénomène miraculeux, contrevenant aux lois supposées régir notre monde. C'est plutôt une rencontre improbable, qu'il peut être tentant de considérer comme signifiante, mais qui peut aussi relever du "pur hasard". Je tends à penser que les coïncidences personnelles sont du même ordre que les autres, et qu'il est impossible de différencier une "vraie" coïncidence du "pur hasard". C'est le nombre des coïncidences et leur degré d'improbabilité qui, pour ma part, me semblent orienter vers la réalité du phénomène.
  J'exclus en principe les cas qui font intervenir les mass media, comme pour moi la radio que j'écoute assez souvent le matin. Je ne prends plus la peine de relever les cas où des mots que j'ai en tête sont émis simultanément par la radio, car je suis tout à fait conscient que des millions d'autres personnes sont à l'écoute, et que chaque mot doit probablement faire coïncidence pour quelqu'un.
  Néanmoins, certains cas restent mémorables, et je ne résiste pas à citer, hors programme, celui du 4 mars 2011 où j'étais en train d'écrire quelque chose rapprochant Perec et Barthes, ce que je n'avais jamais fait jusqu'alors, quand la matinale de France-Inter en sourdine émit "Perec et Barthes".

  Voici donc les cas...

- Kut et Trut -

  En 1971, ma première amante a été une Hollandaise, L, qui avait deux chatons nommés Kut et Trut. 4 ans plus tard, une fille originaire de Lorraine a mentionné un nounours de son enfance, nommé Kut. Je me suis rappelé de Kut et Trut, et, parce que j'étais coutumier des coïncidences, me suis dit que je n'avais aucune chance de rencontrer le mot "trut", mais, le lendemain, feuilletant des partitions, je suis tombé sur une chanson de Clément Janequin dont le refrain était "Laissez, laissez trut avant".

- morpions et poux -

  En 1978, au début de ma longue relation avec AM, nous étions partis camper. Un matin, alors qu'elle était encore endormie sous la tente, j'ai commencé à lire le premier volume de la collection T.N.T., Les sept cercles, de Michaël Borgia.
  Le troisième paragraphe était
  A dix heures quarante-trois Zoulou, le lieutenant-colonel commandant l'Equipe Rouge découvrit qu'il avait des morpions.
  Je ne peux assurer que c'était exactement quand je lisais ces lignes que AM sortit de la tente en disant quelque chose du genre
  J'ai des bestioles dans le zizi.
et évidemment j'en avais aussi, pour la première fois dans ma vie amoureuse (il est vrai peu mouvementée).

  Ce cas est un peu limite, car il doit y avoir pas mal de bouquins où il est question de morpions, et pas mal de pubis colonisés par ces charmants insectes, donc cette coïncidence doit être partagée.
   J'ai choisi d'en parler parce que c'est un peu rigolo, et parce qu'il y a un écho avec le cas précédent. Ma première amante L date de l'époque où j'étais un hippie caricatural,  guitare en bandoulière et cheveux sur les épaules, et justement elle m'avait découvert des poux dans ces cheveux.
  C'était également une première infestation.

- le roux et le blanc -

  En mars 1997 je relus Le parfum de la dame en noir de Gaston Leroux (1909), et m'aperçus que le roman couvrait exactement la semaine de Pâques de 1895, du dimanche des Rameaux le 7 avril à la nuit pascale du 13 au 14, où meurt définitivement Larsan-Ballmeyer, ressuscité alors qu'il était supposé mort à la fin du Mystère de la chambre jaune.
  Je connaissais cette date du 14 avril 1895 qui était celle de la supposée mort d'Armand Belval dans Le triangle d'or de Leblanc (1917), mais celui-ci avait survécu, pour être à nouveau tué par le même assassin le 4 avril 1905, un autre dimanche de Pâques. 
  J'ai passé plusieurs jours à éplucher fiévreusement les deux romans, y relevant les indices des intentions secrètes des auteurs... Et puis j'ai décidé de me détendre en lisant un Ellery Queen qui venait d'être réédité, Et le huitième jour... (1964). Le roman couvre 8 jours, du 2 au 9 avril 1944, soit la semaine pascale de 1944, et il ne fait aucun doute que ce n'est pas par hasard.

  Par la suite j'ai prêté attention aux dates pouvant correspondre à Pâques dans mes lectures, et fait quelques découvertes, mais ce n'est qu'en juin 2008 que j'ai découvert une nouvelle couvrant exactement les 8 jours de la semaine pascale 2001. L'auteur m'a confirmé son intention.
  Peu après, le 30 septembre 2008 m'a fait découvrir Les quatre coins de la nuit de Craig Holden (1999), couvrant exactement la semaine pascale 1996. C'est ici explicite, quoique présenté anecdotiquement, mais l'auteur m'a confirmé la pertinence de mon analyse.
  J'avais à ce stade quatre textes couvrant une semaine pascale, et, comme je venais de découvrir le schéma 4-1 de la vie de Jung, il me semblait s'imposer qu'il en existât un autre, mais une demande sur une liste polar fut infructueuse.
  Le livre de Craig Holden avait une autre particularité, il avait 38 chapitres tandis que les initiales de l'auteur sont C-H, 3-8. Comme une part de mes recherches bachiennes concerne le motif BA-CH, 21-38, je me suis demandé si un auteur d'initiales B-A aurait écrit un roman en 21 chapitres. Je n'ai rien trouvé de tel le 10 octobre à la médiathèque de Digne, mais découvert que Le décorateur de Boris Akounine (1999) couvrait la semaine sainte 1889.

  Détails ici. Depuis je n'ai découvert qu'un seul livre couvrant une semaine pascale, celle de 1932,  Les Pâques du commissaire Ricciardi (2018), un roman où je n'ai décelé aucune intention cachée.

  J'écris cette section le 9 février. Je m'étais interrompu au pénultième paragraphe et avais repris un polar en cours depuis quelques jours, lu sans enthousiasme, Muséum de Véronique Roy (2006). C'est un roman en 7 parties intitulées de Lundi à Dimanche, chaque jour étant marqué par un assassinat au Muséum d'Histoire Naturelle. Arrivé au vendredi, je me suis demandé "et si?"...
...non, car il s'agit de la semaine du 5 au 11 septembre, mais le meurtrier "obéit à la mission que Dieu lui a confiée", et achève sa série un dimanche, "parce que le dimanche commémore la mort du Christ, le Sacrifice suprême" (sic).
  Les différents crimes prétendent constituer une réfutation de la théorie de Darwin, laquelle est aussi utilisée comme plan criminel dans un Ellery Queen, L'arche de Noé (1951). Queen, Roy...

- Marc et Mark -

  Le 24 décembre 2005, une discussion en ligne sur le forum de l'association 813 à propos du roman Le curieux incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon (titre issu d'une aventure de Sherlock Holmes) a fait intervenir MadMarc (Marc Madouraud) et je me suis émerveillé de voir intervenir un Marc à propos de Mark (Haddon).
  Les détails importent peu. Toujours est-il que j'étais en train de rédiger un message pour le forum, à propos de cette rencontre Mark-Marc, lorsque j'entendis passer le facteur. Il s'agissait du "cadeau 813", un polar envoyé aux adhérents, accompagné du numéro 0 d'une nouvelle revue, Shangaï Express (qui n'a duré que quelques numéros), dont la couverture offrait une grossière erreur, Marc (au lieu de Mark) Twain, et à propos de Sherlock Holmes...

  La page de mon ancien site est accessible ici, et il y a eu un autre curieux incident "MARK" le 8 octobre 2007. Ce jour j'étais parti pour une balade, et avant de quitter la route j’avais croisé un camping-car immatriculé MA-RK 251 (le véhicule devait venir de Mannheim).
  J’avais emmené un roman de Tonino Benacquista, Saga (1996), dont j’avais lu les trois premiers chapitres, Louis, Mathilde, Jérôme, introduisant 3 des 4 scénaristes de la série télévisée Saga. Le chapitre suivant était Moi, "moi" qui était Marco, et grâce à MA-RK j'avais pigé que ces 4 correspondaient par leurs initiales aux 4 évangélistes MMLJ (Matthieu Marc Luc Jean), ce qui donnait une clé de lecture constamment utile pour la suite du roman.

  La page où j'en parlais est accessible ici, et j'y rapprochais le fait d'une question que je m'étais posée l'été 1994, en me baignant dans le lac de Castillon. Je venais de rencontrer quelqu'un dont le prénom m'échappait. Je remontai jusqu'à la route, où je vis passer une voiture immatriculée PA-UL ...

  J'avais oublié les initiales MMLJ dans Saga lorsque j'ai vu en juillet dernier que les personnages principaux d'un roman se passant en Islande, Sasha-Ayden-Guðmundur-Arna, formaient l'acronyme SAGA. L'auteur m'a assuré ne pas avoir vu cette possibilité.

- ana -

  En mars 2008 le billet Ana-chronique analysait Le domaine d'Ana de Lahougue, un de mes textes à contrainte favoris.
  Le billet suivant, Santa Ana, était consacré à d'autres coïncidences faisant intervenir "ana", si bien que, à l'instar d'Etienne Perrot qui avait rebaptisé Sainte Chronicité la synchronicité jungienne, j'avais envisagé de nommer le phénomène Santa Ana, en pensant à PK Dick qui avait habité cette ville californienne, et à Jung natif de la Sainte Anne.
  Le 5 mars, j'ai emprunté à la médiathèque de Digne un roman de Brigitte Aubert, Rapports brefs et étranges avec l'ombre d'un ange. J'y ai découvert, au bas de la page 21, cette question dans une langue exotique:
   Je certifie m'être dit alors "Tiens, on pourrait bien trouver ANA dans cette langue", et avoir tourné la page pour trouver la réponse:
  C'était la première apparition de cette langue qui semble inventée, témoin "kojh ito" vraisemblablement allusion au cogito cartésien.

  Précisément, les cas qui suivent concernent le mot ana signifiant "je" ou "je suis" en araméen et en arabe.

  Je signalais plus haut dans Le roux et le blanc ma recherche en octobre suivant de livres de Brigitte Aubert en 21 chapitres, j'avais alors oublié cette page 21.

  Le dimanche 10 août 2008, j'étais en train d'écrire une page sur le Décalogue, débutant en hébreu par le mot anokhi, אנכי, "Je" (suis YHWH ), lorsqu'il m'est revenu que j'avais un livre donnant diverses versions du Décalogue. Le ressortant, j'ai découvert que ce anokhi hébreu devenait en araméen ana.
  Quelques minutes plus tard, je découvris à 9:50 que mon amie Anna m'avait envoyé à 9:39 un mèl me signalant l'émission de Josy Eisenberg en cours sur l'Aleph à la TV.
  L'émission n'était pas finie, et j'ai pu capturer dans ses dernières minutes cette image où le texte du Décalogue apparaît en surimpression, par-dessus le rabbin Adin Steinsalz signalant que sa première lettre est un aleph,  celui débutant le mot anokhi.
  Mieux, le début du Décalogue apparaît au centre du passage biblique affiché, et le mot anokhi semble sortir de la bouche (ou de la barbe) du rabbin.

  Je suis revenu en juin 2008 sur Le domaine d'Ana, ce qui m'a fait évoquer pour la première fois Ricardou, sans encore savoir qu'il avait profondément influencé Lahougue.
  Le billet m'a ensuite conduit à m'interroger sur deux genres de fourmis cités dans un roman, Ana et Atta (le premier était en fait une coquille). Une recherche fourmi "ana" le 6/6 m'a conduit à la nouvelle Dana Khan de Yolande Villemaire, où ana y est l'arabe "je", et où il est question de Atta, et de Ricardou.

- 21 et 13 -

  Le 2 mai 2009, le numéro ISBN du livre en cours de lecture pendant une balade m'a conduit à penser aux nombres de Fibonacci 21-13. Un itinéraire particulier ce jour m'a fait passer quelques instants plus tard devant ce panneau sur un arbre.
  J'y ai lu 21:13, avec le premier 1 presque effacé mais néanmoins lisible, les deux points étant les têtes rouillées des clous fixant le panneau.
  Il s'est avéré ensuite que c'était une surcharge sur une ancienne inscription, et que le panneau délimitait la zone forestière 213.

  En mars 2012, je m'intéressais au nom Nathaniel attribué à Daumal, et constatai que les valeurs de ces noms étaient équivalentes à celles de Haemmerli et Jung, 84/52 se simplifiant en 21/13, avec un écho frappant: le prénom Theodor de Haemmerli est l'équivalent grec de l'hébreu Nathaniel, "don de Dieu".
  Quelques jours plus tard, çoeur dp me signala qu'il venait d'être mis en vente sur eBay un document de la main de Daumal, avec beaucoup de chiffres.
  Je découvris avec stupeur qu'il s'agissait des 9 premiers termes de la suite de Fibonacci, de 1 à 34, accompagnés des fractions entre termes consécutifs, la dernière, à part, étant 21/13 :


Détails ici, et une compilation des cas 21-13, 137 au dernier recensement.
  Je viens d'y ajouter ce 14 février un 138e cas avec un livre achevé hier en 34 chapitres et un climax à la fin du 21e chapitre. On y trouve aussi les valeurs de René Daumal (42/52, moitié de 21/13).

- Ieoh et Leoh-

  Le 25 avril 2009 Arte diffusait B comme Babylone, à l'occasion d'une journée consacrée au Louvre, ce 25 avril clôturant une période commémorant le 20e anniversaire de l'inauguration de la Pyramide de Pei, le 30 mars 1989. Une animation montrait l'image de la Pyramide partir du bas de l'écran à la rencontre de son reflet en blanc, descendant du haut de l'écran, pour finalement former ce losange.
  J'en ai parlé le lendemain 26 dans ce billet, où je remarquais que le prénom de Ieoh Ming Pei, ou la première partie de son nom, pouvait correspondre à une transcription du Tétragramme JHVH.
  Il m'est venu le matin du 27 de regarder sa page Wikipédia qui m'a appris qu'il était né le 26 avril 1917, et que c'était donc son anniversaire la veille, lendemain du jour où Arte célébrait le 20e anniversaire de sa pyramide.
  Autre bizarrerie, la page était intitulée Leoh Ming Pei, erreur compréhensible car "l" minuscule est identique à "I" majuscule en arial, mais chargée de sens pour moi, LEO(H) évoquant immédiatement le lion latin, or j'avais associé les deux triangles de la présentation d'Arte aux deux châteaux triangulaires qui m'occupaient depuis trois mois, dont les noms étaient reliés à Babel et à deux appellations du lion..
  Le 28 avril, il m'est venu de demander à un sinologue ce qu'il pouvait dire des idéogrammes correspondant à Ieoh Ming Pei, et ai alors découvert que la page venait d'être corrigée.
  L'historique indiquait que la modification avait été faite la veille à 19:24 par un prénommé Rémi, comme moi, quelques heures donc après ma consultation. La modification antérieure de Ieoh en Leoh datait de 7 mois.

  Aujourd'hui, je vois que l'utilisateur Rémi était un membre important du conseil d'administration de Wikimédia France, président de 2011 à 2014, auteur de milliers de contributions. Il n'y a aucune raison de penser qu'il ait pu lire mon billet le 27 avril. Une hypothèse vraisemblable pourrait faire intervenir l'émission d'Arte.
  Je suis étonné de n'avoir pas pensé, ayant comparé IEOH au tétragramme JHVH, dans le contexte du losange formé par les deux pyramides, à La mort et la boussole de Borges, où des crimes aux 4 sommets d'un losange sont associés au tétragramme JHVH.

- Strange days -

  Le 19/5/2010, j'ai appris l'existence du film Strange Days (1995) de Kathryn Bigelow, découvert qu'il était disponible en streaming, laissé la fenêtre ouverte sur l'ordi pour le regarder le soir même.
  Puis j'ai consulté ma boîte mail. Un seul message, de la galerie CROUS-Beaux-Arts, envoyé à 15:45, m'informant de l'exposition Strange Days débutant le 25 mai suivant.

  C'est dans ce même billet qu'il a été question de La mort et la boussole pour la première fois sur Quaternité, en partie parce que l'adresse parisienne de Borges était l'immeuble voisin de la galerie CROUS-Beaux-Arts.

- ourobore -

  30 juillet 2013. J'étais plongé depuis quelque temps dans la trilogie cosmique de CS Lewis, à laquelle j'avais consacré les deux précédents billets.
  Ce jour, je scrutais la couverture de l'édition Néo du dernier volet, Cette hideuse puissance, et y remarquais deux triangles pointe en bas et pointe en haut, chacun dans un cercle formé par un serpent ourobore, se mangeant la queue. Je me demandais si c'était inspiré par une invocation maléfique psalmodiée par les mauvais dans le texte,
“Ouroborindra!
Ouroborindra!
Ouroborindra ba-ba-hee!”
  Juste après cette réflexion, AM et moi étions montés à la chapelle au-dessus du village, où nous allions plusieurs fois par semaine depuis bientôt 30 ans que nous habitions Mézel, pour marcher ou courir autour de la butte jouxtant la chapelle, chacun à son rythme (il me plaît d'imaginer que la netteté de ce cercle sur GoogleEarth soit due à nos circumambulations).
  Après environ une demi-heure à tourner autour de la butte, Anne a crié "Un serpent !"   C'était plutôt un orvet, juste sur notre trajet; il semblait mal en point, formant presque un cercle, et j'ai à peine modifié sa position pour prendre cette photo une fois remonté avec l'appareil:
  Le lendemain il était toujours là, bel et bien mort, dévoré par les fourmis.
  J'ajoutais n'avoir aucun souvenir du moindre reptile sur ce parcours, hormis des lézards. Ni Anne ni moi ne pensions avoir pu piétiner par inadvertance la bête, qui aurait par ailleurs logiquement dû fuir ces parages martelés par nos pas. La meilleure explication qui m'était venue était que l'orvet ait été capturé par un rapace - on en voit souvent au-dessus de la colline -, qu'il lui ait échappé en vol pour tomber presque sous nos pas, et ne se soit pas remis de l'aventure.

  Je l'avais probablement à l'esprit lors de l'écriture du billet, mais je crois utile de le préciser. Outre la chute de l'orvet presque sous les pas d'un gars préoccupé par les ourobores, cette chute est survenue sur un circuit formant un cercle assez parfait, alors que le serpent est connu pour se lover en cercle quasi-parfait, de même l'orvet.

- Doumergue et Foenkinos -

  Le 13 juin 2016, j'étais au chevet d'Anne, en observation à l'hôpital de Manosque. Attendant son réveil, je feuilletais un livre que je venais d'acheter, Le secret dévoilé, de Christian Doumergue.
  J'y repérai certaines lettres en gras, et vis qu'elles semblaient former un message cohérent. C'est à cet instant qu'Anne se réveilla et me dit qu'il me faudrait jeter un oeil au livre qu'elle était en train de lire, Le mystère Henri Pick, de David Foenkinos, où elle avait repéré certaines lettres accentuées.
  Il s'agissait dans son cas de défauts d'impression, alors que le livre de Doumergue contenait bien des messages codés, dont j'ai donné le détail ici.

- Thilliez et Verissimo -

  Le 7 février 2018, j'étais en train de relire Pandemia, Franck Thilliez, sachant que le mystérieux homme noir responsable de cette pandémie était inspiré par le fameux Docteur la Mort, lequel trafiquait au temps de l'Apartheid des virus pour qu'ils ciblent les Noirs.
  Partant en balade, j'ai abandonné le lourd Thilliez pour un livre léger,  Le doigt du Diable, du Brésilien Verissimo, emprunté quelques jours plus tôt. Je découvris dès ses premières pages qu'un de ses personnages était aussi inspiré par le Docteur la Mort.
  Ceci me fit me renseigner sur le docteur, et découvrir qu'il était né le même jour que moi, le 6 juillet 1950. Détails ici.

- Verteuil et Cooper -

  Deux autres cas de livres lus en balade. Le 22 juin 2019, la mention de Châteaurenard dans un roman d'Eric Verteuil, La mémoire rongée, m'amena à vouloir voir si cette commune bucco-rhodanienne existait réellement.
  Je n'ai pu ouvrir mon ordi que le soir. J'ai commencé par regarder mon courrier, et ai été éberlué de ce mèl de FaceBook:
CHATEAURENARD et 13 autres groupes font partie des nouvelles suggestions de groupes pour vous
  Parmi les 14 groupes suggérés 4 concernaient Châteaurenard, commune de 15 000 âmes, proche d'Avignon, code postal 13160. Je sais bien qu'il suffit de taper quelques mots sur un clavier pour être assailli de spams divers en rapport avec ces mots, mais précisément je suis certain de ne pas avoir fait de recherche "châteaurenard" avant l'arrivée de ce mèl FB. C'est au point de se demander si le flicage n'est pas passé au stade supérieur avec le décodage à la source des ondes cérébrales...
  Maintes autres coincs ou syncs sont associées à Verteuil, détails ici.

  Le 13 septembre 2009. j'étais en balade avec La Prophétie des papes de Glenn Cooper. Un terrain un peu accidenté me fit abandonner le roman, et d'autres préoccupations en cours m'amenèrent à me demander si le nombre 868 était de la forme a2+ab+b2, ce qui outrepassait quelque peu mes facultés de calcul mental, et je me promis de résoudre la question dès rentré à la maison.
  Le terrain fut bientôt propice à la reprise de ma lecture, où il était question du Docteur Faustus, de Christopher Marlowe, dont il existe deux versions.
  36 vers de la première version ont été supprimés dans la seconde, dont le second acte a en revanche 676 vers supplémentaires. J'ai été frappé que ces deux nombres soient des carrés, de 6 et de 26, ce qui m'a aussitôt conduit à un petit calcul:
62+6x26+262 = 36+156+676 = 868
  Ainsi, quelques instants après m'être demandé si 868 était un nombre de la forme a2+ab+b2, voici que la réponse me venait de bien étrange façon. Détails ici.

- 14 août -

  En 2018 j'ai finalisé le projet Novel Roman de 1998, dont j'ai terminé le dernier chapitre le 29 novembre.
  J'y ai respecté deux dates clés du projet de 1998, le 16 avril 1908, parce qu'il s'agissait du Jeudi saint, et le 14 août, parce qu'il survenait 120 jours plus tard.
  En 1998 je ne m'intéressais aucunement au nombre d'or, que j'ai commencé à étudier à partir de la fin 2001. Ceci m'a conduit à calculer que la grande section d'or de l'année tombait le 14 août (vers 5 h une année bissextile comme 1908).
  Il m'a semblé devoir inclure ceci dans l'histoire, et le chapitre précédent faisait intervenir le nombre d'or.
  J'ai rédigé le passage correspondant le matin du 25 novembre. Depuis deux jours, je passais du temps sur une toute récente découverte, le roman Letters de John Barth (1979), et dans la soirée j'y découvris qu'il y était question du Phi-point ("le point Phi") de l'année 1969, le 14 août.
  Depuis 18 ans que je m'intéressais au nombre d'or, je n'avais jamais trouvé d'allusion à la section d'or de l'année. Je m'étais efforcé de lire tout ce qui avait trait au nombre d'or, y compris les fictions, mais Letters n'était pas catalogué comme tel, et c'est une autre voie qui m'y a mené.

  C'est aujourd'hui 11 février que j'ai décidé d'inclure ce cas dans le billet, après quelques hésitations car je voulais y limiter les exemples numériques. Deux heures plus tard, mon programme de relecture de Quaternité m'amenait à San Michele de septembre 2012, où j'étudiais Le dernier homme bon de Kazinski. Il s'agissait d'une série de morts mystérieuses de personnes dans le monde entier, survenant chaque vendredi, chaque victime ayant dans le dos des marques étranges, des chiffres correspondant à son rang ordinal. Je remarquai
le roman débute par le récit de la 17e mort le 14 août 2009, le jour où tombe la grande section d'or de l'année.
  Or Novel Roman contait aussi une série de morts mystérieuses, à des dates obéissant également à une loi numérique. Les morts de Kazinski avaient en commun d'être des bonnes personnes, les miens avaient des identités anagrammes de NOVEL ROMAN, du premier V-A Monlorné, le 2 janvier 1908, au 17e et dernier, Néron Volma, le 14 août.

  San Michele mentionnait une synchronicité. J'avais acheté Le dernier homme bon lors d'une balade en vélo le 28 août, et une pluie vers midi m'avait fait m'arrêter pour en lire une centaine de pages.
  De retour à la maison, je découvris que çoeur dp m'avait envoyé un mèl à 12:16, où elle me signalait qu'une étudiante en graphisme avait réalisé une maquette du Mont Analogue.
  Ci-dessus le logo de l'ancien site de l'étudiante, Caroline Bonhomme, qui anime aujourd'hui Le Crayon (anagramme de Carolyne).
   La 35e et dernière mort survenait le 18 décembre 2009, le jour où s'achevait la Conférence de Copenhague sur le Climat, et je remarque aujourd'hui la ressemblance entre son logo, donné dans le billet, et celui de Bonhomme.
  Le dernier homme bon est précisément à Copenhague, et il échappe à la mort le vendredi 25 décembre grâce à une certaine Hannah.

- ararita et TAR-I -

  Le 8 décembre 2021, je me suis avisé que le mot "ararita", jadis concerné par diverses coïncidences, et très récemment revenu au premier plan de mes préoccupations, était composé des mêmes lettres que "tari", un mot qui m'était crucial pour sa présence dans deux textes contraints liés, chaque fois avec la césure "TAR-I".
  Lorsque je m'en suis pleinement rendu compte, en début d'après-midi, je me suis souvenu que Robert Rapilly avait passé quelques instants plus tôt un petit texte sur la liste Oulipo, auquel je n'avais guère prêté attention, or ce carré de lettres

C A N A
L T A R
I C I A
M O R T 


a dans sa lecture horizontale le mot TARI partagé en TAR-I par le milieu du texte, et s'achève dans sa lecture verticale par AIR A RAT, exacte anagramme de ARARITA.

  J'aurais été abasourdi de voir apparaître l'un de ces mots, ou son anagramme, dans un texte quelconque, et ils étaient tous deux présents dans un texte minimal, de 16 lettres, avec la césure TAR-I, et il était dû à Robert concerné par d'autres prodigieuses coïncidences. Détails ici.

- migdal et mandel -

  J'en arrive à ce dernier cas, à nouveau une double coïncidence, et qui cette fois s'est répétée 5 jours plus tard, si bouleversante qu'elle m'a conduit à cette rétrospective des synchronicités
  Le 11 janvier dernier, j'étais encore en balade avec un livre, et d'autres préoccupations en cours m'ont conduit à rapprocher (a)MYGDALE, les initiales des victimes de La mort et la boussole, réarrangées pour former l'amande grecque, et MANDOLINE, l'instrument à la caisse en forme d'amande.
  En reprenant ma lecture, je m'avisai que mon marque-page était un extrait de la bibliographie d'une thèse de physique, avec en première rubrique un article de L. Mandel, et quelques lignes plus bas un autre de A. Migdall.

  5 jours plus tard, le chapitre 7 de La carte postale, d'Anne Berest, m'apprenait que son aïeul, émigré en Palestine à Migdal, avait un frère à Paris, vivant avec Lydia Mandel. Voir le précédent billet (et quelques autres avant).

  J'avais décidé de ne pas parler de la quasi-synchronicité précédente. La révélation d'un lien étymologique entre Hellequin et Arlequin m'avait ramené à La mort et la boussole, et à chercher le 23/12 des occurrences de la forme "MYDAGEL", les initiales des victimes selon leur succession exacte. Parmi les centaines de milliards de pages web, l'une des 7 réponses concernait à la fois La mort et la boussole et le rapprochement Hellequin-Arlequin.
  Je comptais donc ne pas en parler, mais hier 14 février penser à Arlequin m'a évoqué une association avec la mandoline, et une recherche m'a aussitôt confirmé qu'il était souvent représenté jouant de la mandoline, ou de la chitarra (petite guitare).

- Gefro et Gimel -

  Eh non, ce n'était pas le dernier cas, car les formes migdal et Mandel, "amande" en roumain et allemand, m'ont conduit à repenser à un cas étudié ici: le grec ancien Στρογγύλη se prononce Strongulê, avec donc un gamma équivalent à une nasalisation.
  Un processus similaire a-t-il pu mener de amygdalê à Mandel? Je n'en sais rien, mais évoquer gamma m'a fait penser à son ancêtre sémitïque, gimel, et à une synchronicité exemplaire, complètement oubliée lors de ma tentative de récapitulation.
  Il m'a fallu redémarrer un vieil ordi pour éplucher d'anciens mèls. Le 16 décembre 2006, je disais penser beaucoup à cette lettre gimel, mais je ne donnais pas plus de détails, alors je n'essaie pas aujourd'hui d'imaginer plus avant. Toujours est-il que j'étais parti en balade, sans bouquin car en terrain très accidenté, pas du tout un coin pour les promeneurs du dimanche.
  Dans une sente j'ai trouvé ce couteau multifonctions de marque Gimel:
 

  Ma recherche à l'époque m'avait appris que c'était une ancienne coutellerie de Thiers, mais cette page plus récente amène à douter que la production Gimel soit toujours française. Le logo au violon est célèbre (on est pas loin de la mandoline).

  Il y avait un écho, car j'avais trouvé un autre couteau le 9 juillet 2005, dans des circonstances relativement synchronistiques, mais à nouveau les traces écrites sont faiblardes, et mes souvenirs presque inexistants.
  Le matin, je signalais que je venais de finir Les yeux géants, de Michel Jeury (1980), où il relatait diverses coïncidences fort probablement vécues. Ensuite, nous sommes partis voir de la famille à Antibes, par la route Napoléon. Nous nous sommes arrêtés pour pique-niquer. Je me suis un peu éloigné, en pleine garrigue, et ai trouvé un couteau de cuisine, de marque Gefro. Or l'une des coïncidences de Jeury concernait la perte d'un couteau, en pleine nature.
  J'y reviendrai dans un prochain billet.

  Une recherche aujourd'hui m'apprend que Gefro est une firme allemande fondée en 1924, par les frères Frommlet, GEbrüder FROmmlet, d'où GEFRO.


  Le logo de la firme était une lune, pour une raison locale. Ceci trouve maintenant un formidable écho.
  Je citais plus haut Robert Rapilly, et un autre membre historique de la liste Oulipo est Gilles Esposito-Farèse, dit GEF, souvent mentionné dans Quaternité, notamment ici pour une synchronicité mineure.
  GILles FAREse et roBERT rapiLLY ont imaginé le poète Gilbert Farelly, mort en 1960, inventeur du sélénet, poème de 8 vers avec la métrique d'un couplet de Au clair de la lune.

  Robert a fait connaître Farelly et le sélénet sur la liste le 20 février 2007, et le sélénet y est devenu une forme populaire, avec des centaines de compositions

  GEF et RObert auraient aussi pu imaginer GEFRO.

  Je me suis demandé si la littérature avait associé Arlequin et la mandoline. Oui, et un des premiers résultats GoogleBooks a particulièrement retenu mon attention, Marie aux chansons de France, de Roberte Lamury (1960):
Alors Arlequin accorda sa mandoline et se mit à chanter. Le demi-jour faisait briller les soies multicolores de son costume, son visage était céleste, ses yeux rayonnants. D'une voix suave, il appelait son frère : — Au clair de la lune, ...


20.1.23

d'un opéra l'autre

à  Myriam et Manon

    J'ai fini le 12 ou 13 janvier L'île des âmes, le roman où mon marque-page était une demi-feuille, partie de la bibliographie d'une thèse de physique quantique, où j'avais trouvé les références L. Mandel et A. Migdall quelques minutes après une association entre "mandoline" dans un roman de Queen et "(a)mygdale" dans ma lecture de La mort et la boussole de Borges.
  Détails ici, et dans le billet suivant.

  Après L'île des âmes, emprunté à Volx, j'ai commencé un thriller judiciaire emprunté le même jour, et me suis rendu compte que je l'avais déjà lu. Alors j'ai commencé un autre roman toujours emprunté le même jour, mais à Gréoux, Artifices de Claire Berest.
  Il était au rayon policier, et je doute que l'auteure approuve ce classement, mais sinon son existence me serait probablement restée inconnue.
  Je ne l'aurais sans doute pas emprunté non plus si son flic ne s'était pas nommé Abel Bac, et ma passion pour le thème Caïn-Abel m'a ainsi fait lire tous les Barbara Abel, bien que je n'y ai guère trouvé jusqu'ici matière à commentaire, mais ce sont néanmoins des polars souvent recommandables.

  Mes CRITERES ABEL semblent mieux se justifier avec les CEREBRALITES de CLAIRE BEREST (anagrammes), mais un petit préalable est souhaitable avant d'y venir.
  Le billet du 11 mentionnait le substitut courant du Tétragramme JHVH "kuzu", obtenu en décalant ces lettres d'un rang. J'envisageais notamment les lettres KZ en rapport avec les initiales JV de Jules Verne.
  Le 13, j'ai ajouté au billet cette note:
A propos de KZ, il m'est revenu ce matin que Klaus Kinski (KK) jouait Yavé dans Zoo Zéro (ZZ), un film dont les noms de tous les personnages sont calqués sur YHWH (et Eve).
  Ceci m'a donné envie de revoir ce film d'Alain Fleischer visionnable sur YouTube, avec des sous-titres anglais. La scène initiale est marquante: au cabaret L'arche de Noé, Eva (Catherine Jourdan) chante La dompteuse du cirque de Berlin devant des spectateurs portant des masques d'animaux.
  Cette dompteuse est tombée amoureuse d'un lion fou, qu'il a fallu abattre.
 

 
  L'un des spectateurs est Yavé (Klaus Kinski), directeur du zoo (de Vincennes), portant une perruque rousse et un masque de lion.
  Eva ira au zoo à la fin du film, et elle et Yavé en libèreront les animaux.

  J'ai capturé l'image ci-dessus pour les mots "mad lion" qui me sont importants, particulièrement "mad" dans les billets récents, sous cette forme, ou dans l'ordre ADM, Adam en hébreu.
  Fleischer révèle dans Le carnet d'adresses que le cinéaste Jean-François Adam l'a aidé à trouver le financement du film. Lorsqu'il l'a vu, Adam s'est dit ébloui par la première séquence, puis déçu par tout le reste.
  La fiche Wikipédia ne mentionne qu'une critique du film, celle d'Eve Lowins dans Fiction n° 304 (Lowins pourrait être lié à l'allemand Löwe, "lion").

  Sans connaître l'avis d'Eve, je suis assez d'accord avec Adam, mais une autre séquence a attiré mon attention. Le ventriloque Yves (Rufus) récite un texte: il m'a semblé que c'était une fable de La Fontaine, et j'ai vérifié que c'était Le Lion amoureux.

  Après avoir fini de regarder Zoo zéro, j'ai repris Artifices, dont je n'avais lu que quelques chapitres, et me suis aperçu que les titres de chapitres formaient un texte autonome, qu'une recherche m'a fait identifier comme étant une autre fable de La Fontaine, Le Renard, le Loup et le Cheval.
  De fait la fable est explicitement convoquée dans le roman, dont un personnage essentiel est l'artiste Mila, célèbre pour ses performances provocantes. Elle fait rentrer un cheval à Beaubourg, monte une réunion de loups costumés au musée de la Chasse. Quant au renard, ce pourrait être Abel, dans l'immeuble duquel elle a loué une chambre sous son vrai nom, Elsa, et a débuté une relation avec lui.
  Dans sa jeunesse, Elsa-Mila a vécu une tragédie, l'assassinat de ses parents dans un massacre commis par un jeune homme, lequel avait pour seul ami Abel, qui portait alors un autre nom, lequel n'est pas révélé. Pense-t-elle qu'Abel avait une responsabilité? Toujours est-il qu'il ne sortira pas indemne de la confrontation, et, qu'après les 68 chapitres égrenant la fable, l'épilogue le montre interné en psychiatrie, s'apprêtant à lire une lettre où Elsa-Mila l'informe qu'ils s'étaient rencontrés jadis, après les épreuves du bac, où ils avaient discuté du sujet sur lequel ils avaient disserté, Le Renard, le Loup et le Cheval.

  Je me suis renseigné sur Claire Berest, et appris que son compagnon était aussi un écrivain, Abel Quentin, nom de plume d'Albéric de Gayardon.
   Le pseudo est inspiré par le diminutif Albé d'Albéric, et par le personnage d'Albert Quentin dans le livre Un singe en hiver (Jean Gabin dans le film).
   Ce lien entre Albert et Abel m'a rappelé l'importance de ces prénoms dans divers romans à thématique voisine évoqués dans les précédents billets, Albert Lessing dans La bibliothèque de Villers, Albert Fnak dans mon roman, Abel Brigand, Monsieur Abel...

   J'ai appris que la soeur de Claire, Anne Berest, était aussi auteure, notamment de La carte postale, un titre qui avait attiré mon attention, mais un rapide coup d'oeil m'avait dissuadé. La Shoah est un sujet qui me bouleverse trop.
   Me renseigner plus avant m'a convaincu, et le 14 j'ai emprunté le livre à Gréoux, commencé une fois fini Artifices.


  Lélia, la mère d'Anne et Claire, a reçu en 2003 une carte postale déposée le 4 janvier à la poste du Louvre. Son texte se bornait à quatre mots, Ephraïm Emma Noémie Jacques.
  Ephraïm et Emma Rabinovitch étaient les grands-parents de Lélia, Noémie et Jacques leurs enfants. Tous ont été déportés en 1942 et ne sont pas revenus. Seule la fille aînée, Myriam, a été sauvée, par un passage rocambolesque en zone non-occupée, serrée contre Jean Arp dans le coffre d'une voiture.
  J'avais été marqué ado par une sculpture de Arp dans un numéro de Planète, et par son titre, Contre les froids géométriques si ma mémoire ne défaille pas. Voici ce que j'ai trouvé de plus proche.

  15 ans après la réception de la carte, un incident conduit Anne à vouloir découvrir son origine, et sa mère Lélia l'y aide.
  Myriam, qui avait donné naissance à Lélia en 1945, est morte en 1995.
  Lélia, historienne, avait déjà reconstitué l'histoire de sa famille et fournit l'essentiel de la première partie. Les Rabinovitch ont fui les pogroms russes pour rejoindre Riga, où ils ont passé quelques années, mais l'antisémitisme croissant les a fait partir en 1924 pour la Palestine où le père d'Ephraïm avait une orangerie.
  Où ça? à Migdal précisément, la Magdala des Evangiles. Lorsque j'ai vu ce nom, page 44, au début du chapitre 7, je me suis demandé si Ephraïm allait planter des amandiers.
  Non, mais Ephraïm ne s'adapte pas au climat palestinien, et contacte son frère à Paris, Emmanuel. Sous le pseudo Manuel Raaby, c'est un acteur qui a notamment joué dans plusieurs films de Renoir. Il est signalé dans ce même chapitre, page 49, qu'il vit avec sa fiancée, la peintre Lydia Mandel.
  C'était le 16 janvier, 5 jours après la coïncidence Mandel-Migdall du 11, 26 après celle Mydagel-Hellequin (Caïn!) du 21/12.

  Lydia Mandel est une peintre cotée, et j'ai choisi parmi ses oeuvres celle-ci, car son format 19x38 cm est un carré long (hauteur double de largeur), or c'est le format privilégié du peintre Alain Vogt dans le roman Abel Brigand, mentionné dans le précédent billet, ce qui joue un rôle essentiel dans l'intrigue.
  Son nom n'apparaît qu'une seule autre fois dans La carte postale, au chapitre 16 où est signalée sa rupture avec Emmanuel.

  Les 5 Rabinovitch arrivent donc à Paris à l'été 1929. Le petit dernier Itzhaaq, né à Migdal, est rebaptisé Jacques. J'ai vu dans la nouvelle de 1942 de Borges une prémonition de l'assassinat de Yitzhak Rabin en 1995, elle est contemporaine de celui de cet Itzhaaq Rabinovitch.

  Bien que ce soit mentionné à plusieurs reprises dans le récit, bien que le recto de la carte postale soit au verso de la jaquette du livre (dont le recto donne le verso de la carte, mais les voici ensemble ci-contre dans une autre édition), ce n'est que le matin du 17 janvier que j'ai réalisé à quel point cette photo de l'Opéra Garnier pouvait m'être significative (et l'être à d'autres).

  Pourtant j'ai parlé à maintes reprises depuis mars 2017 de l'article Ecrire en colonne de Cyril Epstein, un texte qui évoque à mots couverts la Shoah à partir d'une carte postale représentant la place de la Bastille. Le nom Wagner et la construction de l'Opéra sur l'emplacement de l'ancienne gare SNCF y font allusion aux wagons de la déportation.
  L'article donne le recto et le verso de la carte, expédiée par un soldat en février 1915,


et il en tire un "roman", un carré de 9x9 lettres composé avec les lettres GENIE-OPERA, plus M et W. 
  Voici ce carré, où c'est moi qui ai coloré 3 colonnes, Epstein s'étant borné à mettre en gras le M central.

G A R E O P E R A
I W A N M A N O N
R O M A N P R I A
A W A G N E R E G
R E N E M A I N R
E I N E R O I M A
R I A G E M I R M
O O N W O M A N M
I O I M P R I M E

  Epstein se contente ensuite de donner sa lecture de cette grille,
Gare opéra iwan. Manon roman pria à Wagner égrène main reine roi, mariage mir. Moon woman M. IO imprime
et une interprétation peu satisfaisante,
Ainsi la France et l'Allemagne se retrouveront à travers les opéras de Wagner et de Massenet (Manon, d'après le roman de l'abbé Prévost).
  J'en ai parlé pour la première fois dans Wow!, et ai eu l'occasion d'en discuter avec Cyril, qui est quelqu'un d'assez compliqué... Je suis arrivé aujourd'hui à une conclusion: la seule directive consciente de Cyril pour construire sa grille a été d'inscrire en première colonne GIRARE ROI, et en dernière ANAGRAMME. Mes autres lectures sont "fortuites":
- la colonne centrale donne l'anagramme PRENOM NOM, alors qu'un prénom, Manon, et un nom, Wagner, sont essentiels dans la grille;
- la rangée centrale donne l'anagramme MARIE RENN, auteur imaginaire; Cyril a été ébahi de cette possibilité, car il s'intéresse aux apparitions mariales, mentionnées dans son texte (Marie est la "Reine du ciel" pour les catholiques);
- renversée, la colonne 3 livre INANNA MAR, qui m'a fait penser à Inanna Marduk, Inanna étant un autre nom d'Ishtar; Ishtar et Marduk sont reconnaissables en Esther et Mardochée, les héros du livre d'Esther;
- cette formulation permet de lire AMAN, le méchant du livre d'Esther, préfiguration des Hitler et autres fomenteurs de pogroms;
- juste à côté d'AMAN figure WOW dans la colonne 2, or un formidable retournement a conduit Aman à finir pendu sur le gibet qu'il avait préparé pour Mardochée; l'exégèse juive a vu ce gibet symbolisé par une grande lettre waw, ou wow, ו, dans le texte hébraïque traditionnel.

  De colossales coïncidences sont associées à cette grille, publiée en 2005 dans le n° 9 de Formules, qu"on peut lire en ligne ou télécharger sur le site de la revue. Ainsi, dans ce même numéro, j'étais présent avec une double grille basée sur une "carpe tostale" signée Rémi, alors que Cyril voyait sa carte de 1915 signée Rémy (je lis plutôt Henry):



  Trois mois plus tard je découvris une autre grille "ferroviaire" de 9x10 lettres, construite sur le nom d'une gare dans les première et dernière colonnes, évidemment consciemment, mais son auteur démentit formellement avoir planifié la présence des lettres NOM PRENOM dans la colonne centrale...

  Je ne reviens pas sur ces grilles commentées à maintes reprises, avec par exemple un récapitulatif ici, pour étudier l'incidence des nouveaux éléments.
  Anne parvient à résoudre l'énigme. C'est Myriam, la soeur survivante, atteinte d'Alzheimer, qui avait noté sur une carte adressée à elle-même les noms des 4 siens disparus, pour perpétuer leur souvenir, et avait demandé à une amie de la poster, ce que l'amie avait oublié avant de la retrouver 10 ans plus tard.
  Myriam est devenue Marie chez nous, et Manon est le diminutif provençal de Marie.

  Un émouvant passage est un échange de lettres entre les deux soeurs, formant le Livre III, Les prénoms.
  Anne écrit à sa cadette Claire en commençant par lui citer une phrase de Daniel Mendelsohn dans L'étreinte fugitive:

Comme de nombreux athées, je compense par la superstition et je crois au pouvoir des prénoms.
  Ce nom "Mendelsohn" pourrait signifier "fils de l'amande", mais Mendel est plutôt un diminutif de l'hébreu menahem, "consolateur". Cet Emanuel Mendel Almond est néanmoins significatif.
  Dans les premiers livres bibliques, les personnages sont identifiés par un seul mot. Ensuite vient la forme "Machin fils de Truc", et dans bien des cultures c'est ainsi que sont apparues les identités composées, "prénom" fils d'un autre "prénom", lequel est devenu un "nom" de famille à la longue.

  Anne écrit ensuite:
  J’ai réalisé qu’à la naissance, nos parents nous ont donné comme deuxième prénom, à l’une et à l’autre, des prénoms hébreux. Des prénoms cachés. Je suis Myriam et tu es Noémie. Nous sommes les sœurs Berest mais à l’intérieur de nous, nous sommes aussi les sœurs Rabinovitch. Je suis celle qui survit. Et toi celle qui ne survit pas.
  La suite de sa lettre est émouvante, comme la longue réponse de Claire, où elle relate une coïncidence en visitant le musée de la Shoah à New York:
Beaucoup de salles. Et dans l’une d’entre elles, sur un mur, une photographie accrochée. Petite. C’était Myriam. Je l’ai reconnue. J’ai commencé à me sentir mal. Je me suis approchée, il y avait une légende: Myriam et Jacques Rabinovitch, ça venait de la collection de Klarsfeld.
  Je me suis évanouie.
  Claire et Anne, C et A, comme Caïn et Abel. Certains ont jugé ces initiales suffisamment significatives, comme Steinbeck avec les jumeaux Caleb et Aron d'Adam Trask dans A l'est d'Eden.
  Claire a-t-elle songé à Caïn comme vrai prénom d'Abel dans Artifices? Il y a probablement une dimension personnelle dans ce roman, car elle est née un 14 juillet, et c'est un 14 juillet qu'a lieu le massacre où sont tués les parents de Mila/Elsa et la mère d'Abel.
  Claire et Anne Berest: Caïn et Abel enterrés ? (anagramme)

  YouTube donne une longue séance où Anne, sa soeur, et leur mère répondent aux questions des lycéens après le prix Renaudot de La carte postale.

  L'assassin du 14 juillet dans Artifices n'est aussi connu que par un seul prénom, Eric.
  Dans son texte, Cyril évoque également l'Opéra Garnier, ses sous-sols, le fantôme qui y aurait sévi, et une possible liaison souterraine entre les deux Opéras. Dans le roman de Leroux, le "fantôme" n'a qu'un seul prénom, Erik.
  Je pense encore à Erik Lönnrot, à l'encontre duquel le vengeur de La mort et la boussole a monté sa machination.

  Le "nom" du "roman" de Cyril est "Wagner", et je pense aux exactions actuelles du groupe Wagner...

  Je ne me souvenais plus pourquoi ma "carpe tostale" était adressée à La Tricherie. C'est une réelle commune de la Vienne, et une recherche de cartes postales de La Tricherie m'a fait découvrir ceci,
 

qui pourrait fort bien être le recto de ma carte, car j'ai découvert après coup dans la grille associée le mot LOVEN, "lion", qui s'est trouvé être éminemment significatif.

  Un petit détail encore, une erreur page 98 de l'édition Grasset de juin 2021 où le nom Ephraïm est orthographié une fois "Ephaïm" dans le dernier paragraphe. Claire signale dans la séance indiquée ci-dessus que son ordinateur a d'étranges conceptions de l'orthographe, et qu'elle doit relire soigneusement toutes ses pages.
  Toujours est-il que peu avant, page 76, Ephraïm demandait aux siens de ne pas se faire remarquer dans ce nouveau pays (de n'avoir pas l'R juif):
— Faisons-nous un peu discrets si vous voulez bien, demande Ephraïm à sa femme et ses enfants quand ils arrivent au village.
— Se faire discrets, papa? Qu’est-ce que ça veut dire?
— Cela veut dire, ne pas clamer sur tous les toits qu’on est juifs! dit-il avec son accent russe qui, plus que tous les autres membres de la famille, trahit immédiatement ses origines.
  Mais cet été 1938, un vent de Yiddishkeit va souffler sur leur maison de l’Eure. Car le vieux Nachman arrive de Palestine pour passer les vacances avec ses petits-enfants.
—  Il n’a pas l’air juif, soupire Ephraïm en voyant son père débarquer en Normandie. Il a l’air de cent Juifs.
Note du 21/01: Cartes postales de Myriam et Rémi... Il m'est revenu ce matin que Miryam et Rémi formaient le couple de Demi-tour, collaboration de Benoît Peeters et Frédéric Boilet, inspirée par la rencontre de Boilet avec mon ami Jean-Pierre Le Goff. C'est JPLG qui m'a fait connaître Abel Brigand, peu après ma découverte de La bibliothèque de Villers de Peeters (lequel m'a indiqué les raisons du choix du nom Albert Lessing).
  J'ai ressorti récemment la BD, après le cas "fifti-fifti" d'un billet récent, où je vois que je citais le "monsieur Madeleine" (migdal) des Misérables, où Gavroche vit dans l'éléphant de La Bastille. Fifty-fifty est une expression clé dans la BD, et le pénultième mot du billet posté hier était "cent".
Note le soir du 21: Ressortant à nouveau
Demi-tour, j'y vois que le couple idéal que désire voir se former Le Goff est entre Miryam, 19 ans, et Joachim, 38 ans. C'est à cause du tableau 19x38 de Lydia Mandel que j'ai daté hier le billet à 19:38, quelques minutes avant l'instant où je l'ai publié.

Note du 22/10: A propos de mandoline, l'écriture de cet article m'a fait consulter la fiche Wikipedia du Mat du tarot, ou Fou, et apprendre que dans le jeu non divinatoire il était l'Excuse, aussi dite Mandoline, la carte affichant un joueur de mandoline.
J'ai pourtant été un joueur assidu de tarot jadis.
Je remarque que les cartes du jeu de salon ont un format 1x2 (5,5x11 cm pour mon propre jeu, hormis la bordure), soit le format des tableaux d'Alain Vogt dans le roman de Villemot, dont le nom sera le point de départ d'un autre fil.