11.11.22

dédié à "onze avec onze fois vingt-deux"


à  (11+11) par 22

  Le 11/11/11 m'avait été l'occasion d'entamer une série de 11 onzains reprenant les diverses contraintes de L'usine à troc, la série de poèmes ESARTULINO qui a préludé à la réalisation du recueil Alphabets de Perec.

  Ce 11/11/22 m'a aussi inspiré. J'ai pensé à 4 onzains, toujours basés sur la série de 10 lettres ESARTULINO, avec pour chacun une lettre complémentaire qui formerait une diagonale isogramme.

  Ma série Unis le cardo était basée sur 11 lettres de valeur 121, soit 11x11, ainsi l'ensemble des poèmes totalisait la valeur 11x11x11x11x11.
  Ici, il m'est venu qu'une bonne moyenne serait 13, et qu'il faudrait donc que les 4 lettres à adjoindre à ESARTULINO (=134) aient pour moyenne 9:
134+9 = 143 = 11x13.
  Quelques tâtonnements m'ont vite conduit à
GPCJ (36=4x9), soit les initiales de Georges Perec et Carl Jung, avec un écho immédiat.

   Peu après ma série Unis le cardo, j'avais fait une nouvelle anagramme du sonnet Vocalisations de Perec, la première après ma prise de conscience que la magique valeur de ce sonnet de 4 strophes, 14 vers, 112 mots,
6272 = 4x14x112,
était aussi le nombre de jours harmonisant la vie de Jung autour du 4/4/44, la date qu'il donne dans ses mémoires pour un tournant de sa vie. Jung a vécu 4 fois 6272 jours avant le 4/4/44, 6272 jours après.
  Cette anagramme était la première depuis ma découverte du lien 6272 entre Perec et Jung, et j'y faisais allusion aux deux personnages.

  Vocalisations joue sur l'absence du E parmi les 5 voyelles rimbaldiennes. Je me suis avisé que toutes les consonnes étaient présentes dans le sonnet, sauf W, une lettre importante pour Perec (on se souvient de pour E en exergue à W ou le souvenir d'enfance).
  J'ai donc écrit Consonnantisations, en jouant avec l'absence du W parmi les 21 consonnes. Les quatrains étaient consacrés aux 16 premières consonnes, les tercets à V(W)XYZ.

  Constatant que les 16 premières consonnes totalisaient 180, 4 fois 45, j'avais cherché s'il n'y avait pas moyen de les distribuer en un carré orthomagique, et c'était effectivement possible. J'étais parvenu à cet arrangement des lignes et colonnes qui m'avait émerveillé.
  Dürer a modifié le carré d'Agrippa pour obtenir en dernière ligne 1-15-14-4, soit la date 1514 de composition de Melencolia, avec 1-4 pouvant éventuellement désigner les initiales de Albrecht Dürer. Il s'est trouvé qu'un des alignements de mon carré correspond aux consonnes de rangs 1-15-14-4, B-S-R-F, mais j'avais préféré BRSF pour avoir mes initiales au milieu. Il restait 6 possibilités de placer les 3 autres lignes, et j'en avais choisi une permettant d'avoir au centre GP et JC pouvant correspondre aux initiales de Georges Perec et Jung Carl.
  Je m'étais avisé ensuite que, selon les rangs des lettres,  les lettres centrales GJPC ont pour somme valeur 36, carré de 6, tandis que l'enceinte des 12 autres lettres a pour valeur 144, carré de 12
  36 est encore le quart de 144. Ainsi 6272, cinquième de la vie de Jung et  valeur du sonnet de Perec, trouve un écho avec les initiales de Jung et Perec, cinquième de la valeur des 16 premières consonnes. La construction du recueil Alphabets  distingue les 11 premières suites de onzains, où seules ces 16 consonnes sont employées, des 5 dernières, utilisant VWXYZ.

  J'en viens à ma nouvelle création, avec d'abord sa représentation en 4 carrés:
 

   Et voici les textes des 4 onzains, avec en regard les nombres de lettres correspondants, soit 440 pour ESARTULINO, et 44 pour GPCJ:

ouïs l'étranger
îlots, un galion
tu rages, t'unir
sage loi, l'ours géant
on usa gril et tirage
sol, un langoustier régulait son égal tournis
gel, on rusait

praline
tous sporulaient
on perlait sur la piste
ours trapu, lien
ô lent Apis ! ô runes !
art poilu, ton seul pari
là, on suit Perets
un rail pour Tao en slip


Carl et nous
il cuitera nos ulcérations, tracs ou liens
un acte loi
rôle, incrustation
sacré lu, lors inactuel soutien
car il nous trace l'usine à troc

nuit, là rose
jour, il sent jaunâtre, si joli
sûr, tel Jonas ira en julot
l'os rajeunit, tire
Jonas lut injures, ola
il juta, Eros
ne jura-t-il, son journaliste ?

 
  Les contraintes imposées ne me permettaient d'écrire ni Georges, ni Perec, aussi j'ai employé Perets, variante du nom d'origine de son père, Peretz.

  J'ai veillé à utiliser dans chaque onzain un mot de 11 lettres occupant une ligne complète de la matrice. Parmi diverses possibilités, j'ai choisi celles où les lettres additionnelles sont en positions 1-2-3-4, soit:
Journaliste
sPorulaient
ulCérations (titre d'un poème de Perec)
lanGoustier

  Ceci m'a rappelé que mon premier onzain surcontraint, composé en 1998, était basé sur la série ESARTULINO + 1 lettre à chaque ligne. J'y avais fait figurer divers messages en colonne et diagonale, en partie grâce aux lettres additionnelles, et les seules lettres n'intervenant pas dans ces messages étaient A-B-C-D.

  La moyenne gématrique des 484 lettres des 4 onzains est donc 13, valeur de la lettre M, au Milieu de l'alphabet, et même exactement au milieu au 19e siècle où la lettre W était considérée comme étrangère, ne faisant pas partie de notre alphabet.
  S'il n'y a pas de M dans le jeu de lettres choisi, il est possible de le faire apparaître en disposant les onzains ainsi:
 

  Il serait facile aussi d'obtenir un W, ou un X.

  Il y a 7 lettres dans la première moitié de l'alphabet,
ACEGIJL = 47 = PEREC,
et 7 dans la seconde moitié,
NOPRSTU = 123 = GEORGES PEREC.
  Parmi ces 14 lettres il y a 4 couples symétriques par rapport à M, EU, GS, JP, LN...

  484 fois 13 font 6292, un nombre qui m'a aussitôt évoqué 6272, la valeur du sonnet Vocalisations.
  Au départ du projet des 4 onzains, je prévoyais de réorganiser leurs lettres en un carré unique 22x22. L'idée demeure, mais cette proximité entre 6292 et 6272 me semble imposer que ce carré formera un sonnet, en modifiant une lettre pour parvenir à 6272.

  J'espère pouvoir le présenter prochainement...
...et c'est fait, avec le sonnet Carl Jung's poet, I.

7.11.22

Do you, mister Jonas ?

something is happening
and you don't know what it is,
do you, mister Jones

Bob Dylan

  J'ai retrouvé un fascicule de 16 pages, Allah-Rimbaud, daté du 14/12/1999, soit peu après avoir codé le sonnet Vocalisations dans Sous les pans du bizarre.
  Ce codage est devenu très important ces derniers temps, semblant montrer que ma modeste personne est étroitement associée à mes découvertes, par de multiples coïncidences. J'ai écrit à diverses reprises qu'il n'y avait pas de raison particulière à ce codage, survenu après l'écriture effective du roman, mais voici ce que je découvre dans Allah-Rimbaud:
  Un hasard m'a fait lire lors de la conception de mon roman la sourate 10, Jonas. Sans qu'il me soit possible d'expliquer pourquoi, cette lecture est en rapport avec ma décision de coder le sonnet de Perec dans mon texte, sans non plus que j'aie eu alors conscience que Jonas était un "personnage" de La Disparition, associé à un élément arabisant pour ne pas dire islamique.
  Ainsi, il semblait bien en 1999 y avoir eu une raison à ce codage, mais hélas je ne l'ai pas donnée, car Allah-Rimbaud était un texte anonyme, où je m'étais gardé de donner le titre de mon roman ou tout indice pouvant y mener. Pourquoi? parce que cette étude portait sur les travaux de Rashad Khalifa qui lui ont valu d'être assassiné par un opposant islamiste. En 1999 je n'étais guère désireux de connaître ce sort, je m'en fiche un peu aujourd'hui...

  Hélas, découvrir ce lien avec la sourate Jonas ne déclenche pas une anamnèse immédiate. Il m'est arrivé de me demander comment certains écrivains que j'avais consultés au sujet d'oeuvres un peu anciennes pouvaient ne pas se rappeler leurs diverses motivations; je comprends mieux maintenant.
  S'il n'y a pas de déclic immédiat, je crois me souvenir qu'il y avait un rapport avec mon éditeur, Baleine, et bien sûr la baleine qui a avalé Jonas, lequel avait refusé l'ordre divin d'aller prêcher la repentance aux habitants de Ninive, et qui s'était embarqué sur un bateau pour s'en éloigner. Mais Dieu a fait chavirer le bateau, et la baleine a débarqué Jonas à proximité de Ninive...

  J'ai relu aussi la sourate Jonas, où l'on apprend que Allah récompensera ceux qui l'honorent et punira les autres.
 

  A partir du verset 72 sont évoqués des personnages de la Bible, Noé qui a cru en la parole divine, puis plus longuement Moïse qui a imploré Pharaon de laisser partir son peuple, mais Pharaon n'a accepté le pouvoir du Dieu unique qu'après les Dix Plaies.
  Un seul verset évoque Jonas, elliptiquement:
98 S'il en était autrement, une ville qui aurait cru, aurait trouvé en cela son salut; il n'y eut que le peuple de Jonas, après avoir cru. Nous le délivrâmes du châtiment d'opprobre dans ce monde, et nous le laissâmes subsister jusqu'à un certain temps.
  J'imagine que la ville est Ninive, et que le peuple de Jonas est les Ninivites qui ont écouté son message.
  Si les transcriptions Jonas et Ninive ne le laissent guère deviner, les lettres de Jonas, Iona, YWNH, יונה, sont contenues dans Ninive, Ninwa, NYNWH, נינוה. Mieux, Ninive est constituée des lettres de Jonas.
  Alors, même si je n'ai aucun souvenir en ce sens, j'aurais pu cacher Vocalisations dans Sous les pans du bizarre comme Jonas est caché dans Ninive.

  J'avais eu plusieurs raisons de m'intéresser à la sourate Jonas, je ne sais plus laquelle a prévalu.
  L'une est qu'elle compte 109 versets, et mon roman était axé sur la 8e Eglogue de Virgile, comptant 109 vers.
  De fait, la structure du roman était calquée sur la première partie du chant d'Alphésibée de cette Eglogue, en 3 strophes de 5, 4, et 7 vers, dont un vers refrain intempestif dans la dernière strophe, devenu une homophonie approximative à la fin du chapitre 12. Le roman avait ainsi 14 chapitres, en 3 parties de 5-4-5 chapitres, plus une annexe correspondant au dernier vers refrain.
  Le point essentiel était une relation pythagoricienne entre les nombres 10-11-12-13-14, et les lettres de rangs correspondants dans l'alphabet latin, K-L-M-N-O. Ceci m'avait conduit à intituler la dernière partie du roman Le mystère K.O. (emprunt à Nestor Burma) et ses chapitres 10 à 14 Cas-Elle...-...aime-Haines-Oh !
  Je ne savais pas quoi mettre dans le chapitre 10, Cas, et j'ai opté pour un poème sans rapport immédiat avec la prose, sinon qu'il était formé de strophes de 10-11-12-13-14 vers.
  Le rang 10 m'a fait penser à la sourate 10, et j'ai mis en exergue de mon poème les lettres A.L.N., en pensant au préfixe introduisant la sourate Jonas, les lettres alif-lam-ra, ALR.
 
  Les 14 chapitres numérotés de mon roman ont évidemment joué un rôle dans ma décision d'y coder les 14 vers du sonnet, d'autant que ces chapitres correspondaient pour moi aux 14 premiers vers du Chant d'Alphésibée (+ le vers refrain intempestif). Le chapitre 10 présentait une particularité puisque le 10e alexandrin de Perec y était codé parmi les 60 alexandrins de mon poème.

  J'étais intrigué depuis longtemps par les préfixes coraniques présents dans 29 sourates, et dont la signification est fort mystérieuse. Peu après mon codage du sonnet de Perec, un ami, lequel ne savait rien du roman en cours, m'envoya fin novembre 1999 un article donnant les principales découvertes de Rashad Khalifa sur les sigles coraniques.
  Cette page Wikipedia donne les principaux résultats de Khalifa et de ses adeptes. Les détracteurs ont mis en avant d'évidents bidouillages de Khalifa pour discréditer l'ensemble de ses calculs, mais certains ne sont pas contestables, et sont amplement suffisants pour se poser des questions. J'ai étudié ça dans La preuve par 19.

  Car 19 serait le nombre clé du Quran (Coran), et les deux sourates préfixées par la lettre ق, Qâf, Q, 19e lettre de l'alphabet numéral abjad, initiale de Quran, comptent chacune 57 Q, 3x19, bien que la première soit plus de deux fois plus longue que la seconde.
  Ces deux sourates totalisent donc 114 Q, 6x19, et il peut sembler significatif que ce soit le nombre de sourates du Coran. 19 est encore la valeur du mot wahid, "un", et le nombre de lettres de la basmala, la formule qui introduit chaque sourate.

  Cette formule, c'est Par le Nom d'Allah très Clément et très Miséricordieux, débutant par les deux mots 
bism, بِسْمِ, de valeur 102, et
Allah, ٱللَّٰهِ, de valeur 66.
  Or les deux mots du sonnet que j'avais modifiés dans mon codage étaient les 66e et 102e du poème, et je me suis avisé qu'il s'agissait de mots d'origine arabe, "nadir" et "alcool".
  J'avais cru un temps qu'il s'agissait des seuls mots d'origine arabe du sonnet, mais Vfois4 m'a signalé qu'il en allait de même de "safran" au premier vers. Vfois4, c'est feu Willy Wauquaire, la seule personne à m'avoir fait part de son décodage du sonnet dans mon roman (il avait pris mes facéties pour des erreurs de l'éditeur).

  J'avais d'abord uniquement pensé à coder RADIN au lieu de NADIR, car ce jeu m'apparaissait à chaque lecture du sonnet. Je me suis ensuite avisé que l'expression "Nadir ou Nirvâna" de Perec remplaçait "des Mondes et des Anges" de Rimbaud, où il est tentant d'aussi recourir à l'anagramme pour obtenir "des Démons et des Anges".
  Puis, voyant que NADIR était au vers 13, j'ai eu l'idée de procéder à un jeu similaire au vers 8. J'ai indiqué à diverses reprises que c'était parce que Rimbaud était né à Charleville (08) et mort à Marseille (13), mais selon Allah-Rimbaud, écrit juste après le codage, c'était le nombre 813 qui avait été ma première motivation, en hommage à l'aventure d'Arsène Lupin et à l'association 813 dont j'étais membre.
  Je rappelle que ma première réaction devant la valeur 6272 du sonnet de Perec a été un lien avec
ARSENE LUPIN = 62 72,
avant de découvrir que 6272 était un multiple du nombre de mots du sonnet, et permettait notamment la factorisation
6272 = 4 x 14 x 112,
le nombre de strophes par le nombre de vers par le nombre de mots.

  Or un autre résultat indiscutable de Khalifa porte sur les 7 sourates 40 à 46, toutes préfixées par les lettres Ha-Mim, HM, ce qui est en soi une curiosité car les sourates sont en principe classées selon leur longueur (le sigle serait-il postérieur à cette classification?).
  Toujours est-il qu'il s'agit des 8e et 13e lettres de l'alphabet abjad, et que le nombre de ces lettres HM dans ces 7 sourates est 2147, 113 fois 19.

  Ecrire HM éveille un souvenir que je ne peux dater. Lors d'une diffusion de Sacrées musiques, que j'écoutais plus pour la musique que pour les commentaires, j'eus la surprise d'entendre Stéphane Goldet prononcer HM, des lettres correspondant pour moi à 8-13. Un peu d'attention me fit comprendre qu'il s'agissait de l'hébreu HaShem, "Le Nom", la désignation du Tétragramme divin YHWH qu'il est interdit de prononcer.
  Ainsi, les mots que j'avais modifiés aux vers 8-13, H-M, HaShem, "Le Nom", avaient les rangs correspondant à bism Allah, "par le Nom d'Allah", Allah, ٱللَّٰهِ, étant par ailleurs un autre tétragramme.
  Et mon codage était lié à la sourate Jonas, un texte qui devrait inciter au pacifisme entre les deux peuples sémites (tous deux descendants de Sem, Shem, le patriarche dont le nom signifie "nom").

  En essayant de me remémorer les raisons qui m'avaient conduit à coder le sonnet, j'ai pensé aux lettres des sigles coraniques, disséminées dans les textes des sourates, recelant d'éventuelles relations numériques. Il en allait de même pour mon sonnet disséminé dans le roman.
  Mais bien sûr, je n'ai appris cette interprétation des sigles coraniques qu'après mon codage. Après coup, je me suis demandé ce qu'il en était dans mon poème du chapitre 10 des lettres ALN figurant en exergue, inspirées par le préfixe ALR de la sourate 10.
  Comme je l'indiquais sur cette ancienne page, il y avait 666 lettres ALN dans le premier état du poème. Or les sigles des 8 sourates qui ne souffrent aucune contestation comptent 18 lettres dont la somme numérique est 666, un nombre qui a aussi son importance dans l'histoire de l'exégèse des Eglogues.
  Etant donné que les 666 vers avancés pour 8 Eglogues sont plutôt 662, et que mon approche était basée sur ce nombre, j'ai modifié légèrement un vers pour parvenir à 662 ALN dans la version publiée. Voir le texte ici.

  J'avais codé la signature ARTHUR RIMBAUD dans l'annexe, et le titre VOCALISATIONS I, dans la citation en exergue du roman:
  J'en suis venu à soupçonner que le monde est non seulement plus bizarre que je ne le pense, mais plus bizarre, surtout, que quiconque ne peut le penser.
F.I.J. Madlane
  C'est une citation de JBS Haldane, légèrement modifiée pour pouvoir accueillir le code. Son nom a été changé pour avoir les initiales FIJM, à lire effigiem, un mot du chant d'Alphésibée.
  C'est Vocalisations I parce qu'il y a une seconde version du sonnet, et parce qu'ainsi le titre a 14 lettres de valeur 168, le nombre de pieds du sonnet (et la valeur de bism Allah, ce que ne savais pas alors).
  J'ai fort probablement calculé le nombre de lettres codées, 14 du titre, 497 du sonnet, 13 de la signature, soit en tout 524, un nombre que je connaissais, mais dont un écho remarquable ne pouvait apparaître qu'en connaissant le rôle du nombre 6272 dans la vie de Jung, et lorsque je l'ai découvert j'avais bien sûr oublié ce 524 qui est l'âge auquel Gargantua a engendré Pantagruel.

 Rabelais a énoncé ce nombre sous la forme "quatre cens quatre vingtz quarante & quatre", probablement pour assener 4 fois le nombre 4, 4-4-4-4, centaines, vingtaines (il a existé un système vigésimal dont il subsiste diverses traces), dizaines, unités.
  Ainsi j'ai codé le sonnet de valeur 6272 au coeur d'un ensemble de lettres équivalent à 4-4-4-4, 9 ans avant de découvrir que Jung avait bénéficié d'une tranche de vie de 6272 jours après le 4/4/44, et il m'a fallu 14 ans pour m'en rendre compte.

  Aussitôt après la citation de FIJM vient en exergue de la première partie du roman une citation de François Rabelais, FR, parce que Effer acquam sont les premiers mots du chant d'Alphésibée (et les premiers mots du roman sont "Eh, fait Rackam").

  C'est l'étude de l'hébreu qui m'avait conduit à Rabelais, avec une coïncidence immédiate sur le nombre 109. Le géant Pantagruel a un nom de valeur 109 (selon l'alphabet latin), et le géant biblique Achiman a aussi pour valeur 109 (selon l'alphabet hébreu).
  Il est fait recours aux "sorts virgilianes" dans le Tiers Livre, et c'est ce qui m'avait conduit aux Bucoliques, et particulièrement à la 8e Eglogue qui compte 109 vers.
  Comme énoncé plus haut, ce sont en partie ses 109 versets qui m'avaient fait m'intéresser à la sourate Jonas.
  Mais entretemps, un certain besoin de sang neuf m'avait conduit à des écrits plus récents, et notamment à Perec...

  Au départ de ce billet je comptais m'attacher particulièrement aux divers Jonas, mais, comme souvent, je me suis laissé entraîner dans quelques digressions.
Il est ainsi important de savoir qu'une autre raison qui m'a fait m'intéresser à la sourate Jonas est un roman de Jean Lahougue, Le domaine d'Ana (1998), réécriture métatextuelle du Voyage au centre de la terre de Jules Verne.
  Ses personnages principaux, le professeur Otto Lidenbrock et son neveu Axel, y sont devenus Noé Brideuil et son neveu Alex. Le guide islandais Hans qui les accompagne dans leur expédition est devenu le chien Jonas. On n'explore plus le centre de la terre, mais un univers virtuel créé par le frère de Noé, Théo, où Noé et Axel sont piégés, jusqu'à ce que le chien Jonas trouve un chemin pour s'en échapper.
  Or le nom Jonas, Iona en hébreu, signifie "colombe", et c'est bien une iona, "colombe", qui dans la Genèse a indiqué à Noé le chemin vers une terre émergée.
  Lahougue ignorait ce sens de Jonas, nom qu'il avait choisi pour sa ressemblance avec Hans (et avec Jean), et parce que sa lettre centrale est un N.

   Il y en a bien plus ici sur ce roman, que je ne peux me résoudre à quitter avant d'avoir signalé que, dans une adaptation TV du Voyage au centre de la terre, tournée au moment même où paraissait le roman de Lahougue, Otto et Axel Lidenbrock sont devenus Theodore (parfois Theo) et Jonas Lytton, deux noms de personnages essentiels de Lahougue.


 
  Allah-Rimbaud évoquait le cyprin Jonas, "personnage" de La Disparition, associé à un élément arabisant pour ne pas dire islamique.
  Dans le livre de Jonas, la créature qui a avalé le prophète est un "grand poisson", et le carpillon Jonas est assurément devenu un grand poisson:
Il faisait plus d'un yard, sinon tout à fait un fathom.
  Il a avalé un Zahir. Perec a emprunté ce mot à un conte de Borges. Au plus bref,
"Zahir", dans un patois arabisant, signifiait "clair", "positif"; on dit aussi qu'il y a vingt-six noms pour anoblir Allah, dont "Zahir".
  Donc, Zahir est un "nom d'Allah", dans ce roman où figure Vocalisations, dont j'ai modifié deux mots arabes, de rangs 102 et 66 qui sont aussi les valeurs de "Au nom d'Allah"...

  Il y a d'autres Jonas, dont le gourou Jonas Seraph, évoqué récemment,  mais voici de l'inédit.
  Le réseau de médiathèques DLVA décerne chaque année un prix des lecteurs, et organise des balades littéraires où des lectures sont effectuées dans un décor bucolique...
  Une innovation de cette année était la participation des auteurs aux balades, et c'est ainsi que nous avons été une quinzaine à accompagner en juillet Philippe Gerin, auteur de La mélancolie des baleines, se passant en Islande, là où Verne a situé son accès au centre de la terre.
  La balade était au-dessus de Quinson, sur un parcours que j'avais découvert en 2008, dans des circonstances fort synchronistiques relatées ici.
  J'avais repéré que les personnages principaux, Sasha-Ayden-Guðmundur-Arna, formaient l'acronyme SAGA, bien venu en Islande, mais l'auteur m'a assuré ne pas avoir vu cette possibilité.

  Sasha et Ayden sont les parents du jeune Eldfell, malade, attaché à un objet, une baleine sur laquelle est inscrit "Nūn". Une rencontre leur révèle la signification de ce mot:
Le plat en céramique était décoré de motifs géométriques orientaux bleu-cyan entrelacés sur tout son contour. En son centre, une inscription en langue arabe soulignait le dessin naïf d’une baleine dans le ventre de laquelle un homme semblait prier. “Dhūn-Nūn, ça veut dire « l’homme à la baleine ». Nūn est une lettre en arabe qui se calligraphie comme ça.” Haraldur s’était saisi de l’index d’Eldfell et il le faisait glisser sur la céramique en suivant dans l’assiette la demi-conférence surmontée d’un point en son milieu. “Cette lettre symbolise la baleine. Tu comprends, à présent, pourquoi ta baleine s’appelle Nūn ?”
  Jonas est évoqué, mais l'auteur ne savait pas qu'il existe la sourate Jonas, et la sourate Nûn, laquelle doit son titre à la lettre la préfixant.
  Nûn est donc la lettre arabe N, et j'indiquais plus haut qu'il était important pour Lahougue que la lettre N fût médiale dans Jonas.
  N est au centre de Jonas, lui-même au sein de la baleine...

  Si je ne me souviens pas des raisons exactes qui m'ont fait coder un sonnet dans un texte préexistant, ce n'est pas une idée si extraordinaire puisque quelqu'un l'avait déjà exploitée bien avant moi, Ricardou avec son Improbable strip-tease, en 1972, récriture d'un passage de La prise de Constantinople où des majuscules éparses codent pour un sonnet pastiche du Cygne de Mallarmé (voir ici).
  Avec le dernier avatar de ce texte, dans le Théâtre des métamorphoses (1982), Ricardou s'est livré à de profus commentaires. J'en retiens l'idée d'inciter le lecteur à "écrire", et effectivement sa lecture, "lecriture" dirait Martin Winckler, m'a conduit à noter les majuscules intempestives, et à les organiser en un texte plausible.
  De même Vfois4 avait noté les lettres en corps plus gros de Sous les pans du bizarre, et y avait reconnu le sonnet de Perec.

  Puisque j'ai été conduit plus haut à revenir au 4/4/44, voici un témoignage de 2012 sur lequel je suis tombé récemment.
  En bref, l'Irlandaise Mary Kenny est née ce 4/4/44, ce qui lui a valu des problèmes en Chine où le nombre 4 est jugé néfaste, ainsi il lui était difficile de trouver des hôtels acceptant d'accueillir une personne née un jour aussi funeste...
  Elle conclut en constatant qu'il n'en va pas de même en Occident, où le nombre 4 est plutôt considéré comme un symbole de complétude, et elle cite Jung à ce propos, mais sans rien savoir de ce que ce 4/4/44 avait signifié pour lui.
  Mary Kenny donne quelques exemples de complétude du nombre 4, mais pas un qui était cher à Jung, la Trinité chrétienne "quaternisée" par la personne de Marie.

14.10.22

deux poèmes glorifiant un et deux

à Perec & Pingala

  Le précédent billet m'a conduit à la suite additive Alphabet, que l'OEIS identifie comme A022388:
6-13-19-32-51-83-134-217-351-...
  Je l'ai baptisée ainsi parce que la somme des rangs des 26 lettres de notre alphabet est 351, et que Perec a séparé ces lettres en deux groupes pour son recueil Alphabets:
ESARTINULO = 134, les 10 lettres les plus fréquentes en français, utilisées dans chaque poème;
BCDFGHJKMPQ VWXYZ = 217, les 16 autres lettres, chacune étant utilisée pour une suite de 11 poèmes composés avec cette lettre et les 10 précédentes.
  Le partage des 10 lettres en voyelles et consonnes livre
AEIOU = 51, et
LNRST = 83, à nouveau des nombres de la suite Alphabet...

  Je ne crois pas que ceci ait été intentionnel, mais mon étude du recueil met en évidence d'autres relations mettant en oeuvre les suites additives, toujours sans qu'il soit possible d'y prouver des intentions, mais suscitant le questionnement.
  J'y reviendrai.

  Pour l'heure, le précédent billet m'a conduit à la suite Alphabet sur l'OEIS, où elle est identifiée comme A022388. Un contributeur y remarque que le terme n+1 de la suite correspond au nombre de façons de remplir la figure en t ci-contre avec des carrés et des dominos (ou doubles carrés).

  Il m'a paru intéressant de partir de n = 3, et de composer un poème de 32 octosyllabes où carrés et dominos seraient figurés par mono- et dis-syllabes.
  L'idée s'est trouvée confortée quand je me suis avisé qu'en Morse le mot "alphabets" se code
(.- .-.. .--. .... .- -... . - ...)
dont le découpage avec point=1, trait=2, correspond à 32 syllabes, autorisant un découpage en 4 octosyllabes.
 
  Il va de soi que mon poème va parler d’Alphabets. Je savais que Gef avait développé des programmes pour utiliser le Morse dans des créations poétiques, comme celles-ci, et sitôt la demande formulée, il a pu me fournir une liste de 5329 mots codant un quatrain d'octosyllabes...
  Cette liste utilise une particularité hexagonale, "é" y est codé par "..-.." (et "è" par ".-..-").
  Peut-être 8 de ces mots couvriraient-ils l'ensemble des 32 combinaisons nécessaires, mais, outre que je n'ai plus l'esprit assez affûté pour en programmer la recherche, je doute qu'une quelconque série fournisse un sens satisfaisant.
  Aussi j'ai choisi assez rapidement 3 mots dans la liste de Gef, que j'ai complétés par une formule de mon cru, où figure Perec:

disparité (-.. .. ... .--. .- .-. .. - ..-..)
totalisante (- --- - .- .-.. .. ... .- -. - .)
tabouisée (- .- -... --- ..- .. ... ..-.. .)
si Perec est E.T. (... .. .--. . .-. . -.-. . ... - . -)

  Mon poème commencerait par le quatrain "alphabets", puis viendrait 3 quatrains formés avec les autres combinaisons, puis les 4 quatrains codant pour "disparité totalisante tabouisée si Perec est E.T."
  Cette disparité 1-3-4 peut évoquer le nombre 134, valeur de la série de 10 lettres présente dans chacun des 1936 "vers" du recueil, et mon étude accorde aussi une certaine importance à la séquence 1-3-4.

  Je peux maintenant donner le poème. Je ferai ensuite quelques commentaires, mais, puisque le cas se présente tout de suite, je signale qu'en hébreu les lettres aleph beth forment le mot אב, av, signifiant "père" (et la lettre suivante, gimel, a donné notre C).

Dans l’aleph beth hébreu ces lettres
se lisent PERE. C’est donc l’être
du nom de PEREC, poilu pitre,
qui fit un recueil de ce titre.

En ce livre des plus curieux,
chaque lettre trouve sa place
dans onze carrés, ardu jeu
dont jamais le gars ne se lasse.

Pour une lettre en onze onzains,
une onzine y devient torture,
colonne et rangée, et s’y joint
la lecture oblique en gageure.

Quelle suite fut vue en Inde
comme propre à l’écrit nouveau ?
celle où vingt six lettres se scindent
en seize et dix, doubles Fibos.

Sachant que cinq et cinq font dix,
pour un calcul faisons ce choix :
voyelle ou consonne et on lit
cinquante et un quatre vingt trois.

Entre telles valeurs codées,
l’expert y décèle un rapport
bien plus sûr que vingt coups de dés :
ici paraît le nombre d’or.

Ainsi ce nombre, prisé fort,
dans le recueil surgit partout :
le plus fréquent des mots est « or »,
par ses deux ratios, Un et Tout.

De plus il nous mène en Egypte,
Khéops dont l'angle aux dieux s’encrypte…
la question m’est souvent au cœur :
est-ce que Perec vint d’ailleurs?


  Le 3e quatrain fait allusion aux 11 poèmes de la suite en C, où, outre la contrainte hétérogrammatique du recueil, la dernière colonne de chaque poème décline en onzine la formule L'USINE A TROC, et où 2 des poèmes offrent des diagonales isogrammes (O rutilances et Tu ris la noce).

   J'y fais aussi allusion au onzain 160, où figure "sa torture l'onzain".

  Le 4e quatrain rappelle que la suite de Fibonacci était connue avant notre ère par les poètes d'Inde, précisément pour les découpages de vers en mono- et dis-syllabes.
   Le partage par Perec de l'alphabet en 10 et 16 lettres correspond aux doubles des nombres de Fibonacci 5 et 8. Je rappelle que Perec a envisagé une contrainte utilisant ces doubles pour l'épithalame en beaux présents composée pour ses amis Kmar et Nour, avec les nombres 68 et 110 pour les 2 dernières strophes, correspondant précisément aux valeurs des lettres différentes des noms des mariés :
- MREND+KAB = 68
- MREND+OUICH = 110 sur

   Le 5e quatrain "disparité" m'a permis d'introduire les nombres 51 et 83, écrits sans traits d'union à la manière de Ricardou dans ses textes symétricologiques (de toute façon l'Académie voit 3 mots dans "cinquante-et-un").

   Les "ratios" du 7e quatrain font allusion au fait que le rapport pondéré des occurrences du mot "or(s)" est 34/55, très proche de 0,618, le nombre d'or, ce qui m'émerveille, d'autant plus que ce n'est encore probablement pas intentionnel.

  L'Egypte du 8e quatrain rappelle que 51-83 n'est pas seulement le partage doré de 134 en deux entiers, c'est aussi l'angle d'or 51,83° (dont le cosinus est 0,618). Certains voient la pyramide de Khéops construite selon un triangle d'or, mais il semble plus probable que ses architectes aient choisi une hauteur de 280 coudées et une demi-base de 220 coudées, l'angle réel étant alors plutôt 51,84°.
   Un onzain mentionne Louqsor (et l'or):
L'astre qui n'a sort lésant
L'or qui trinque
(sa Louqsor latine)
qui trône, las...
  Voici maintenant le découpage syllabique des 8 quatrains:

121211  122,111  1112,21  1112111

112112  22211  122,21  1211111
121112  12122  212,111  12212
221111  21122  1111211  111122

2111111  112211  212111  211211
2222  21212  11111111  22121 (22112)
212,21  11222 1121111  1112,111
1111112  211112 (211121) 121211 (122111) 111212

  Ces combinaison sont obtenues en adoptant le sens normal de lecture sur la figure en t, de haut en bas et de gauche à droite. Il y aurait ambiguïté lorsque un domino (ou 2) tombe au rang 4, levée par une ponctuation lorsque le domino est vertical (après ses 2 syllabes).

  Plusieurs problèmes sont survenus en cours de réalisation. J'aurais pu retravailler l'ensemble du poème pour les résoudre, mais je me suis dit que, tant qu'à faire d'imiter Perec, je pouvais m'accorder aussi quelques clinamens ou erreurs, ainsi il y a plusieurs écarts à la règle dans Alphabets, comme dans ce onzain 26 où il y a 2 L en ligne 5.

  Le premier problème est au 6e quatrain, où je me suis aperçu, après son écriture, que la combinaison 22121 ne faisait pas partie de celles autorisées (il est impossible qu'une combinaison se termine par 121, selon ma convention). J'ai choisi de respecter le Morse, et supprimé une combinaison proche (22112) de la liste.

  Même problème pour le dernier quatrain, avec la combinaison 211121, employée pour coder PER(EC), et il ne semblait pas y avoir moyen de le caser autrement.
  Comme j'étais satisfait d'avoir fait écho par le dernier vers (est-ce que Perec vint d’ailleurs?) au déchiffrement Morse du quatrain (si Perec est E.T.), j'ai fait une entorse au Morse en remplaçant cette combinaison par celle autorisée 211112.
  Cette décision est associée à la suivante, où la combinaison 121211 codant pour (PER)EC avait déjà été utilisée pour coder AL de "alphabets". Il n'était pas question d'y revenir, aussi j'ai décidé de privilégier le Morse en répétant 121211, et en supprimant la combinaison proche (122111) de la liste.

  J'en viens à l'approche numérique, en soulignant d'abord que alpha beta comme aleph beth sont les deux premières lettres des alphabets grec et hébreu. Les Grecs et les Hébreux ont en outre utilisé ces lettres comme nombres 1 et 2 dans leurs systèmes de numération.
  Au niveau Morse, la première lettre codée est "a", soit ".-" ou "12". Les dernières lettres codées sont "E T", soit ". -" ou "1 2".

   La contrainte de départ mène à 66 dissyllabes et 124 monosyllabes, soit en tout 190 mots, mais il y a aussi 11 mots de 0 syllabes, menant au total 201.
  A partir de la première mouture, quelques petites modifications m'ont conduit à un total de 809 lettres de valeur 10002 (8 et 9 sont d'actualité depuis le 8/9 dernier, et .809 est la moitié du nombre d'or 1.618, alors que les jumeaux 0,809 des Silences de Dieu de Sinoué ont joué un rôle dans ma découverte du 8/9/2008).

  Si les quatrains 2 à 4 ont été composés sans se préoccuper du Morse, il n'est pas interdit d'y revenir après coup, ainsi les 4 octosyllabes du 2e quatrain peuvent par exemple se lire:
- 1 12 112, "eau";
- 22 211, "MD", pouvant évoquer OTTO (8!) APFELSTAHL M.D. dans W;
- 12 22 1, "AME", sans commentaire...
- 121 1 111, "res" la chose latine...
  Morse, où est ta victoire?
 

note du 15/10: le mot "tabouisée" a évoqué à çoeur dp, née comme moi en 1950, Geneviève Tabouis, journaliste dont nous écoutions jadis en famille les Dernières nouvelles de demain, et sa célèbre formule Attendez-vous à savoir, ce qui m'avait fait intituler une page de mon site Nathan-dez vous à savoir. Je viens de la remettre en ligne, car elle était inaccessible depuis la fermeture du site.
Mon billet précédent, consacré à un roman où une tour était détruite par un attentat, m'avait conduit à citer cette page en lien avec la mort de Bruno Latour, que Tobie Nathan faisait tuer en 1995 par un assassin, attal en égyptien, ce qui pouvait être une prémonition de l'attentat d'Atta contre les Twin Towers, or dans un roman de Nathan postérieur au 11 septembre sont codées les lettres ATTA pour un motif explicite qui m'a paru fragile. La page Wikipédia Tabouis m'apprend que Léon Daudet l'avait surnommée Madame Tata la voyante, TATA anagramme de ATTA.
Il est plutôt tabouisé que Tabouis était payée par Moscou pour orienter ses chroniques de façon favorable à l'URSS.

  Il se trouve que, il y a peu, le 4 octobre, j'ai composé un autre poème basé sur les décompositions du vers en mono- et dis-syllabes, à la fois proche de Perec, puisque ses vers étaient tous anagrammes d'une série de 21 lettres, et de Pingala et des poètes indiens, puisqu'il était basé sur les décompositions du vers de n syllabes, égales au nombre de Fibonacci n+1.

  Le récent billet sur les 89 chapitres de Werber, où il est beaucoup question de parité, blanc-noir, un-deux, m'a conduit à (re)calculer
UN + DEUX = 35 + 54 = 89,
or il m'est important qu'en latin, selon l'alphabet latin,
UNUS + DUO = 71 + 38 = 109,
et la confrontation des deux relations a été un choc immédiat, car 89 et 109 sont, dans le système décimal, les dénominateurs des fractions équivalentes à la somme à l'infini de tous les termes des séries additives pondérés par les puissances de 10.
  J'explique cela ici. Le premier cas ne pose pas de problème, mais le second semble paradoxal, car il conduit à constater, par exemple avec la suite de Fibonacci :
  L'éternité c'est long, surtout vers la fin, disait Woody, mais ici ce serait plutôt vers le milieu, car la relation implique que la fraction, au nombre infini de chiffres, se termine par les chiffres 211 (et en fait par autant de chiffres déterminés qu'on souhaite, puisque cette infinité répète une période de 108 chiffres)... Autrement dit, cet infini est multiple de 108...

  Bref, le dessillement un-deux-89-109 m'a rappelé que j'avais écrit en 2018 un poème en 21 heptasyllabes épuisant les 21 décompositions correspondantes, inspiré par le fait que la contrainte mène à 71 monosyllabes et 38 dissyllabes, valeurs latines de UNUS et DUO.
  La somme fibonaccienne 89 pour UN-DEUX m'a donné envie de réitérer l'exercice, avec des contraintes additionnelles:
- chaque tercet énoncerait les nombres un-deux-trois;
- les vers seraient tous anagrammes de la série de 21 lettres
eeeeaaiiou dllnnrssttx = 252 = 21 x 12, comportant 12 lettres différentes.

Voici le résultat:
Un, la noix sait, le dé stère,
deux tétins, élan solaire
en aidant le sexuel trois.

un sol extra te sied, laine,
deux, net or, la liste saine,
diesel texan, l’aune trois.

un, toxine, et l'air de lasse,
rotin allié, deux entasse,
axe le duel saint en trois.

détails, on râle, un existe,
deux ailes, le non artiste
dénua le latex sien, trois.

Un, loi sans l'aire de texte,
le duo traine l'anis sexte,
le Sénat l'indexe au trois.

or un détient les axiales,
a-t-il deux reines tonales ?
anal, le sexe enduit trois.

lieder, talions, un, extase,
tension, deux élit, l’arase,
Eden s'exalte au Nil, trois.
  Le poème de 2018 offrait un sens bien plus suivi, mais j'ai au moins démontré que le projet peut aboutir.
  Sans doute de plus doués ou plus patients feraient mieux, et ceci vaut également pour le poème précédent, aussi, pour faciliter l'émulation, voici la liste des 32 combinaisons d'octosyllabes:

11111111 1111211
22112 2222
221111 22211
211112 21122
212,111 212,21
112112 11222
121112 12122
122,21 122,111
2111111 211211
1211111 121211
1121111 112211
1112,21 1112,111
1111112 111122

1112111
21212
12212
212111
122111
111212
 

10.10.22

de quatre-vingt-neuf à twenty-one

à 21 & 89

  Les deux billets de septembre étaient intitulés
- Hi !, pour HI = 8-9 ou 89, parce que je me suis avisé que mes deux découvertes sur 6272, valeur du sonnet Vocalisations de Perec, avaient eu lieu à 46 et 58 ans, valeurs des mots du sonnet que j'avais modifiés dans son codage pour mon roman, et des mots NEUF et HUIT, la seconde découverte datant du 8/9 (2008), mon nom SCHULZ ayant en outre la valeur 89.
- 1La vie 2mortelle, en lien avec Hi ! parce que la valeur de QUARANTE-SIX, 149, est la même que LA VIE MORTELLE, titre de roman SF vu dans un rêve vers 25 ans, sur lequel j'ai bâti divers projets.
 
  Je prévoyais des suites à ce dernier billet, où plusieurs pistes restaient ouvertes, mais j'ai consacré le billet suivant au roman de Bernard Werber qui venait de paraître, La diagonale des reines, avec des échos à mes préoccupations antérieures.
  J'étais satisfait de m'éloigner des thèmes évoqués dans les deux précédents billets, n'étant guère à l'aise avec ce qui me touche de près, et puis patatras, le roman de Werber m'a conduit à un lien imprévu entre ces deux billets. 
  L'alternance de ses chapitres où la narration suit tour à tour les deux protagonistes m'a conduit à retrouver ceci:
UN + DEUX = 35+54 = 89.
  Ainsi les 1-2 laissés de côté dans 1La vie 2mortelle font écho au 89 de Hi !, surtout vu comme 8-9.

  La diagonale des reines compte 89 chapitres, dont 21 particuliers, où la narration est additionnée d'extraits encyclopédiques, familiers aux lecteurs de Werber, mais dans ses autres romans ils constituent des chapitres à part.
  Le roman est divisé en 8 parties, probablement parce que le jeu d'échecs y est au premier plan, et qu'il se joue sur un plateau de 64 cases, 8x8. 
  Le nombre soixante-quatre est cité à diverses reprises par les deux héroïnes du roman, joueuses d'échecs, et j'ai remarqué que son numéro de publication chez Albin Michel était 646478, doublant la séquence 64. C'est certainement un hasard, mais je m'intéresse à de tels hasards, surtout quand ils se répètent.

  Ce doublement 64 m'a conduit à me remémorer une équivalence entre les valeurs d'un couple d'opposés:
JOUR = NUIT = 64.
  Je ne l'avais pas mentionné, mais je me suis ensuite demandé ce que ça devenait en anglais:
DAY = 30, NIGHT = 58, et 30+58=88,
déjà repéré comme correspondant à des couples opposés, notamment
LOVE & HATE LOVE HATE = 54+34 = 88,
en anglais également.
  J'en avais tenté une récapitulation, retrouvée ici en faisant une recherche "88" sur Quaternité, et j'y ai ajouté le couple day-night.

  Cette recherche m'a aussi fait redécouvrir un roman dont j'avais parlé en 2012, sur le premier billet consacré aux Lieux-dits de Ricardou, roman en 8 parties de 8 sections chacune, à l'image immédiate de l'échiquier.

  Incidemment, ce billet mentionnait les deux versions de "Numéro 24" publiées par Bernard Magné, ce qu'il m'avait semblé amusant d'illustrer par un médicament de confort, le Magné 24, composé de gélules différenciées à prendre le matin pour le JOUR, le soir pour la NUIT...
  Ces numéros 24 se réfèrent à la 24e lettre, X, que Ricardou voyait achever idéalement le mot "croiX", et sa table des matières, en 8 lieux de 8 lettres, faisait croiser BELCROIX en diagonale avec le 4e lieu, Belcroix.
  J'avais exploité la Saint-André (le crucifié en X) pour publier le billet le 30/11, à 8:08 car il y était question aussi d'une nouvelle de Yolande Villemaire inspirée par Les lieux-dits, dont les aspects prémonitoires du Onze Septembre étaient étudiés ici.
  Dans le roman et la nouvelle intervenait le nom Atta. Il y avait une chambre 808 dans la nouvelle, et le mot BELCROIX a pour valeur 88, ce qui m'amenait à écrire ceci:

   Chambre 808, Belcroix 88, Atta... J'ai lu il y a quelques mois un thriller de Henri Loevenbruck, Le syndrome Copernic (2007), en 88 chapitres, s'ouvrant sur l'attentat commis à 8:08 le 8/8 contre la plus grande tour de La Défense, qui s'effondre en faisant 2634 victimes.
  Le roman multiplie les 8 divers (...)

  Je ne reviens pas sur l'intrigue, qui démarre fort bien, mais qui s'essouffle ensuite à mon goût, jusqu'à un dénouement sans réelle originalité. Bref, s'il fallait recommander une histoire de personne découvrant que le monde où elle vivait n'est qu'illusion, je citerais en premier lieu Le temps désarticulé, de PK Dick.

  Je notais encore ceci:
  Il y a une curiosité numérologique dans ce roman, où 26 des 88 chapitres sont des notes du carnet du héros, Vigo Ravel. Ces notes sont numérotées par des nombres premiers successifs, à commencer par celui qui suit 88, soit 89, aussi nombre de Fibonacci. La dernière note porte le numéro 233, autre Fibo, mais ceci n'est possible que grâce à deux discontinuités dans la suite des nombres premiers, les notes 179 et 227 ayant été oubliées (...)
  Bien que les faits étaient plus frais en 2012, je ne me suis pas souvenu alors de ce qui m'est revenu en septembre dernier:
- les 11 chapitres de Rendez-vous au bord d'une ombre, de Gérald Tenenbaum (2002), lu en 2007, font apparaître les 26 premiers nombres premiers, en ordre inverse, de 101 à 2, dans des chapitres intitulés de DIX à ZERO;
- Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon (2003), lu peu après, a ses 51 chapitres numérotés par les nombres premiers, de 2 à 233.

  Sinon, j'aurais creusé le roman de Loevenbruck, car c'est intrigant d'y trouver une suite de 26 nombres premiers, comme dans le roman de Tenenbaum, s'achevant sur 233, comme dans le roman de Haddon.
  Il n'est pas trop tard pour approfondir. Ces notes constituent des chapitres complets, comme les extraits encyclopédiques qui parsèment les romans de Werber (un des 21 membres, comme Loevenvruck, de La Ligue de l'Imaginaire). Il n'est jamais question des nombres premiers dans le texte, c'est au lecteur qu'il incombe de les identifier (ce qui ne m'a pas été difficile).
  Ces notes sont données dans les chapitres 4, 6, 9, 11, 15, 18, 22, 25, 30, 32, 34, 37, 41, 45, 48, 51, 54, 60, 64, 66, 71, 74, 79, 83, 85, 87.
  Les numéros des notes sont donc les nombres premiers de 89 à 233, dans l'ordre, mais il manque 179 et 227. Le contenu est généralement en rapport étroit avec la narration.
  Il m'a semblé s'imposer de s'intéresser aux chapitres de notes dont les numéros sont eux-même premiers, soulignés ci-dessus. Ce sont donc 11-37-41-71-79-83, et ceci amène à un étrange constat:
11+37+41 = 89, le numéro de la première note;
71+79+83 = 233, le numéro de la dernière note.

  C'est vraiment étrange, et l'étrangeté peut être évaluée en constatant qu'il n'y a qu'une seule possibilité d'obtenir 233 comme somme de trois nombres premiers inférieurs à 88. J'en vois au moins une autre pour 89 (23+29+37).
  Il est sans doute temps de montrer comment se présentent ces notes, avec par exemple le début du chapitre 71:
71.

Carnet Moleskine, note n° 197 : quatre-vingt-huit.
  J’ai peut-être été paresseux. J’ai sondé l’année 1988, en espérant y trouver quelque écho de mon histoire, mais sans doute aurais-je dû chercher plus loin, dans les mystères du nombre.
  Je me suis prêté au jeu, et je ne suis pas sûr d’avoir trouvé quoi que ce soit de concluant. Il y aurait tant à dire !
  88 est un nombre intouchable. Ça en impose, comme ça, mais c’est simplement un truc de mathématiciens. En gros, cela signifie que 88 est un entier naturel qui ne peut pas être exprimé comme la somme des diviseurs propres de n’importe quel entier. Les premiers nombres intouchables sont 2, 5, 52 et 88.
  Je n'ai évidemment pas choisi au hasard ce chapitre, dont le numéro est un nombre premier, et qui est le seul où Vigo Ravel s'aventure dans la théorie des nombres. La suite des nombres intouchables est A5114 sur l'OEIS.
  J'ai souligné le s de diviseurs propres, car il est absent dans le roman, où je n'ai pas repéré d'autres erreurs. Ceci pourrait suggérer que Loevenbruck a recopié une définition utilisant des termes qui ne lui sont pas familiers, à moins que l'erreur ne soit volontaire, pour égarer les exégètes...
  Par ailleurs, "diviseurs propres" est aujourd'hui impropre, le langage mathématique utilisant "diviseurs stricts". J'avoue que j'utilisais moi-même le terme "diviseurs propres", et plusieurs pages en ligne donnent l'exact énoncé de Loevenbruck, "qui ne peut pas être exprimé comme la somme des diviseurs propres" (sans faute); j'ignore ce qu'il en était en 2006 lorsqu'il a écrit son roman.

  Aller plus avant conduit à quelque chose d'encore plus vertigineux. J'ai eu l'idée de considérer comme un tout les 26 chapitres de notes, de 1 à 26, et de regarder à quels rangs apparaissent les chapitres de numéro originalement premier (11-37-41-71-79-83), ce qui conduit aux rangs
4-12-13-21-23-24, de somme 97.
  La somme des rangs des autres chapitres est 254 (et la somme de l'ensemble 351, somme des 26 premiers nombres, le compte est bon).
  Or 97 et 254 appartiennent à la suite additive que Guy Bernard a nommée suite de Pythagore.

  Ici il faut faire un peu de théorie. La suite additive la plus simple est celle de Fibonacci, débutant par les termes 1 et 1:
1-1-2-3-5-8-13-21-34-89-144-233-...,
dont les termes sont (entre autres) les réductions successives de la fraction continue du nombre d'or.
  La suite qui débuterait par 1 et 2 est la même suite décalée d'un rang.
  Ensuite vient la suite de Lucas, débutant par 1 et 3:
1-3-4-7-11-18-29-47-76-123-199-322-...,
dont les termes sont (entre autres) les approximations successives des puissances du nombre d'or. Elle est unie à la suite de Fibonacci par la formule
Ln  = Fn-1 + Fn+1
  Ensuite vient la suite "de Pythagore", débutant par 1 et 4:
1-4-5-9-14-23-37-60-97-157-254...
  Cette suite A285 de l'OEIS y figure aussi en tant que A104449, dite suite de Pibonacci, car en partant du terme initial P0 on a la succession
3-1-4-5-9 correspondant presque aux premiers chiffres de Pi (3,14159...). En partant des termes d'ordre zéro, les suites ci-dessus pourraient être décrites comme débutant par 0-1, 1-1, 2-1, et 3-1.

  97 et 254 sont donc les termes P9 et P11 de la suite de Pythagore (ou Pibonacci, disons Pithagore), tandis que 89 et 233 sont les termes F11 et F13 de la suite de Fibonacci. Il est étonnant que Loevenbruck ait éliminé deux nombres premiers pour parvenir à 26 notes, n° 89 à n° 233, plus curieux que les chapitres de numéro premier donnent également ces nombres 89 et 233, et il devient franchement ahurissant qu'un calcul assez immédiat sur l'ensemble de ces 26 notes mène à deux autres nombres d'une des premières suites additives, de rangs également différant de 2, si bien que les rapports 233/89 et 254/97 sont tous deux proches du carré du nombre d'or, 2,618...
  Et ce n'est pas tout!

  L'addition de deux nombres de Fibonacci de rangs différant de 2 mène à un nombre de Lucas, 322 dans le cas présent, ou L12.
  De même, l'addition de deux nombres de la suite Pithagore de rangs différant de 2 mène à une autre suite additive qui m'est depuis longtemps importante, que je pourrais baptiser suite Alphabet, que l'OEIS identifie comme A22388:
6-13-19-32-51-83-134-217-351-...

  Pourquoi Alphabet? parce qu'elle s'est imposée à moi le 13 avril 2005, en constatant que Perec avait séparé les 26 lettres de l'alphabet en deux groupes pour son recueil Alphabets:
ESARTINULO = 134, les 10 lettres les plus fréquentes en français, utilisées dans chaque poème;
BCDFGHJKMPQ VWXYZ = 217, les 16 autres lettres, chacune étant utilisée pour une suite de 11 poèmes composés avec cette lettre et les 10 précédentes.
  Le partage de ces 10 lettres en voyelles et consonnes livre
AEIOU = 51, et
LNRST = 83, à nouveau des nombres de la suite Alphabet...

  L'approfondissement du recueil met en évidence des relations mettant en oeuvre la suite de Fibonacci, la suite de Lucas, la suite Pithagore, et je remarquais dans mon étude mise en ligne en mai 2005, à propos du rapport entre cette dernière et la suite Alphabet:
C’est exactement de la même manière qu’on obtient la suite de Lucas à partir de la suite de Fibonacci.
  Je me gardais de me prononcer sur l'intentionnalité de cette architecture, d'autant que mes découvertes étaient liées à diverses coïncidences extérieures relatées sur des pages annexes, perdues lors de la suppression de mon site. Je ne me reconnais plus trop dans ces pages, mais j'ai remis celle-ci en ligne.

  Je ne vais pas plus me prononcer sur l'intentionnalité de l'architecture des notes du Syndrome Copernic, d'autant que mes découvertes sont liées à diverses coïncidences extérieures.
  Il y a déjà le temps. Loevenbruck déclare avoir écrit son roman entre mars 2004 et mai 2006, et mes découvertes sur Alphabets tombent en plein milieu de cette période. Le héros du roman de Loevenbruck entend des voix, et croit être schizophrène, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il perçoit les pensées des autres.
  Il a fait l'objet d'une expérience, le Protocole 88, destinée à améliorer les performances de militaires d'élite, créant notamment un lien télépathique privilégié entre eux. L'un d'eux a disjoncté, et commis le lundi 8 août à 8:08 l'attentat à La Défense, là où un psychiatre suivait les sujets de l'expérience. Vigo Ravel y venait précisément ce jour, et a perçu les pensées du disjoncté, ce qui lui a permis de sortir de la tour avant les explosions.
  L'année n'est pas précisée, et j'avais envisagé la possibilité 2008 dans ma première analyse, mais c'est en 2005 qu'il y a eu un lundi 8/8.

  Ce billet est le 351e de Quaternité, et j'ai décidé de le consacrer au Syndrome Copernic avant d'y découvrir la relation mettant en jeu le nombre 351.
  Toujours avant de découvrir cette relation, je lui ai trouvé un titre de valeur 351, basé sur les nombres 89 et 21, or une relation essentielle dans Alphabets est que le mot à valeur substantivale le plus abondant est "or", se répartissant entre les deux parties du recueil selon le rapport 55/34, deux nombres de Fibonacci dont la somme est 89 et la différence 21.

  J'ai commencé le billet le 8 octobre, le 8 8bre écrit-on parfois, et une coïncidence est survenue alors que je me rendais à Manosque, vers 10 h 30. J'ai mis la radio, sur France-Culture, et c'était l'émission Concordance des temps, que je n'écoute que lorsque le hasard s'y prête (en voiture). Jean-Noël Jeanneney avait ce jour pour invité Michel Pastoureau, venu présenter son livre à paraître, Blanc, histoire d'une couleur.
 

  C'est le dernier volet d'une hexalogie consacrée aux couleurs, et Pastoureau avait publié Noir en octobre 2008.
BLANC NOIR = 32+56 = 88
fait partie des couples d'opposés de somme des valeurs 88, dont la recherche m'a conduit aux 88 chapitres de Loevenbruck.

  Hier, 9 octobre, était annoncée la mort de Bruno Latour.
  C'était un ami de Tobie Nathan, lequel l'a introduit dans un de ses romans, Dieu-Dope, sous la forme Bruno Lareine, en référence évidente au jeu d'échecs.
  C'est La diagonale des reines qui m'a conduit au présent billet, et le mot "reine" a joué un rôle crucial dans mes découvertes sur Alphabets.

Note du 15/10: La page que je citais à propos de Latour/Lareine est en fait la seconde mouture d'une première analyse, Nathan-dez vous à savoir, que je viens de remettre en ligne car Latour n'apparaît pas dans la seconde version. Tobie Nathan le faisait tuer en 1995 par un assassin, attal en égyptien, ce qui pouvait être une prémonition de l'attentat d'Atta contre les Twin Towers, or dans un roman de Nathan postérieur au 11 septembre sont codées les lettres ATTA pour un motif explicite qui m'a paru fragile. Mon titre était une allusion à la formule Attendez-vous à savoir de Geneviève Tabouis, et sa page Wikipédia m'apprend que Léon Daudet l'avait surnommée Madame Tata la voyante, TATA anagramme de ATTA.

  Il semble au moins assuré que ce n'est pas un hasard si le roman a 88 chapitres, et leur répartition pourrait souligner une intentionnalité dans les 26 chapitres de notes, et l'omission de 2 nombres premiers:
- un prologue en 2 chapitres, sur l'explosion anéantissant la tour SEAM;
- une première partie, Le murmure des ombres, en 26 chapitres, s'achevant lorsque Ravel, qui pensait être Azimuté, Barjo, Cinglé, découvre qu'il n'est pas Zinzin;
- la deuxième partie, Gnosis, a 60 chapitres, probablement plus pour parvenir à 88 que pour avoir un nombre de la suite Pithagore.

  Je crois néanmoins devoir mentionner que le roman suivant de Loevenbruck, Le rasoir d'Ockham (2008!), a 97 chapitres, le nombre suivant de la suite Pithagore, et qu'il y est question du nombre d'or.

  Le syndrome Copernic semble être une invention de nombre de Loevenbruck, je n'en trouve pas trace ailleurs, voici ce qu'en dit le chapitre 34:
34.

Carnet Moleskine, note n° 139 : la révolution copernicienne.
(...)Le syndrome Copernic tient son nom à la fois de la certitude que celui-ci avait de détenir une vérité susceptible de bouleverser l’ordre du monde – en admettant qu’il en ait un – et du refus de ses contemporains de le prendre au sérieux.
  Je m'en sens quelque peu atteint aussi... Quoi qu'il en soit, le nom a peut-être été choisi pour ses 8 lettres, comme "syndrome", et pour l'attentat de la rue Copernic en octobre 1980, ce qui permet à Ravel de voir une coïncidence avec l'attentat de La Défense.

  Je remarque
LE SYNDROME COPERNIC = 17+113+83 = 213,
et Loevenbruck est né un 21/3, comme Bach, et certains ont vu cette date exprimée dans sa musique, notamment sous la forme 213.
  En y ajoutant
HENRI LOEVENBRUCK = 54+128=182, on a
213+182 = 395, que je sais être en hébreu la valeur du mot shemone, שׁמנה, "huit".
  J'écrivais récemment que j'étais conscient que la valeur du titre de mon roman Sous les pans du bizarre, additionnée à celle de mon nom, égalait 398, valeur de l'hébreu "cinquante", חמשׁים, hamishim, mais j'ignorais que sa parution serait retardée à octobre 2000, où j'aurais 50 ans.

  J"ai encore pas mal de choses sous le coude, mais je vais arrêter ici ce billet, aujourd'hui 10/10, à 18:29, 18 et 29 étant des nombres de Lucas contenant les chiffres 8-9-1-2 présents dans mes billets de septembre.