10.8.23

le diam est l'Eternel

aux daims & gazelles

  Quelques points laissés de côté dans le précédent billet (et dans d'autres).

  La référence [70] N.J. Cerf de la thèse de physique quantique autrichienne, qui aurait dû être classée [26], a fait coïncidence avec le nombre 1820, nombre vu comme particulièrement "divin" par les fondamentalistes juifs; c'est par exemple le produit de la valeur du Tétragramme, 26, par celle 70 du mot sod, "secret", SWD.
  Je signalais cette page en anglais, donnant quelques relations sur ce nombre 1820. La page suivante du site était intitulée Fibonacci and Genesis, ce qui a éveillé ma curiosité.

  Le titre semble justifié, car le titre hébreu du livre de la Genèse est son premier mot, Bereshit, "au commencement", et sa valeur est la même que "suite de Fibonacci" en hébreu:
סדרת פיבונאצ'י    =    913
בראשית (Bereshit)    =    913
  La page précédente donnait 1820 pour valeur étendue de bereshit (somme des valeurs des noms des lettres composant le mot).
  La page étudie ensuite l'expansion des lettres selon leurs noms, en commençant par Alef:
A > ALP > ALP LMD PA > (ALP LMD PA) (LMD MM DLT) (PA ALP)
soit des nombres de lettres 1-3-8-21, puis viennent 55-144-377..., les termes pairs de la suite de Fibonacci, et ceci marche à l'infini.
  Une seule autre lettre permet le même jeu, Lamed, et deux lettres livrent en expansion les termes impairs de la suite de Fibonacci, et . PH signifie en hébreu "bouche", AL "Dieu", si bien que cela prouverait que le monde a été créé par la Parole de Dieu...
  Il faut cependant signaler, et l'auteur le fait, qu'il y a différentes orthographes pour les noms des lettres, et que seules celles choisies ici permettent ce "miracle", mais l'auteur voit un plus grand miracle encore dans le fait que tous les choix sont ceux qui font intervenir l'Alef dans l'orthographe des cas litigieux.

  Il ajoute que les "petits nombres" des lettres A-L-H-P sont 1-3-5-8, des nombres de Fibonacci. Un peu faiblard, mais ces chiffres ont été au centre de tout un pan de mes recherches, car 51-83 est le partage doré du nombre 134 qui m'est cher (ARSENE LUPIN), et 51,83° est l'angle ayant pour cosinus le nombre d'or, si bien qu'on peut écrire
cos(51,83) ≃ 51/83.
  Je me suis demandé si le numéro 1358 de la mystérieuse maison où se perd Laura Dern dans Inland Empire avait une signification. Probablement, car David Lynch était obsédé par la numérologie, mais laquelle?

  A propos des termes impairs de la suite de Fibonacci, j'avais constaté ici que le jeune Jake Bohm, obsédé par Fibonacci dans la série Touch, avait, au lieu de l'attendu בוהם, son nom orthographié en hébreu באהם, les lettres de valeurs 2-1-5-13 correspondant à ces termes impairs:

  J'avais en 1999 trouvé l'anagramme Irène Lapnus d'Arsène Lupin, devenue un personnage de mon roman. C'est en 2001 que j'ai découvert que j'avais ainsi réalisé le partage doré 51-83, en 2005 que j'ai appris que l'angle d'or était 51,83°, et très récemment que Lupin était transcrit en hébreu לופאן, LWPAN qui pourrait se lire lopan, or le lo-pan est une boussole chinoise, reliant de façon détournée à La mort et la boussole mon roman qui en était en partie inspiré.
  Une autre nouvelle de Borges est L'Aleph, où cet Aleph est "le lieu où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l'univers", tandis que la démarche exposée plus tôt voyait la lettre Aleph contenir, par expansion, tous les termes pairs de la suite de Fibonacci.

  De même que la lettre Lamed, et ces deux lettres, écrivant AL, El, "Dieu", sont aussi les initiales de Erik Lönnrot et Arsène Lupin, dans leurs transcriptions hébraïques.
  Je ne suis guère ébahi par ces expansions, résultant de choix de l'auteur, mais je les ai citées pour leur résonance avec mes préoccupations d'une part, et avec une autre proposition de cette page Fibonacci and Genesis. Un certains Sefart a trouvé qu'en exprimant en binaire les valeurs des 4 premiers mots de la Genèse, on obtient ceci,
qui est proche de אל, "Dieu" (אל en police Arial), sans le jambage supérieur du Lamed, la seule lettre qui dépasse la ligne d'écriture.
  Le site suggère que Dieu, dans son infinie sagesse, aurait inclus cette signature binaire dans sa Parole, à l'intention des générations futures. Pour ma part, en tant que mécréant, je ne fais qu'apprécier la coïncidence, d'autant qu'elle fait écho à la découverte quelques jours plus tôt du God Puzzle, le cryptogramme du Maître des énigmes où intervient le code binaire, pour désigner les lettres du nom divin YHWH dans ce cercle de lettres:



  Il n'y a pas de Lamed dans le cercle, j'imagine pour ne pas rompre son harmonie par les jambages supérieurs (il n'y a pas non plus de Qof qui a un jambage inférieur).
  La trouvaille de Sefart m'a donné l'idée de tenter d'imiter Dieu, et l'omniprésence de La mort et la boussole dans les développements récents m'a conduit à en imaginer un résumé qui, transcrit en binaire, donne l'image d'un losange.
  J'ai choisi cette image de 9 par 9 unités, symétrique par rapport au centre, et à ce sujet Le cachet de la poste de mon ami Le Goff m'a rappelé tout récemment que le mot "centre" vient du grec kentron, de premier sens "aiguille" (de boussole notamment, d'où le sens dérivé "centre").
  Ma création a 9 alexandrins comptant chacun 9 mots. Chaque vers code pour la ligne correspondante de l'image non seulement par sa valeur exprimée en binaire (511 par exemple pour le premier, ou 111111111), mais aussi par la parité des mots (nombre de lettres impair = 1, pair = 0).
Lönnrot a tué son frère, aussi Scharlach l'envoûte...
D'une mort de rabbin modulant Le Saint Nom
à la pâle sortie d'un jefe de déchues,
l'habile flic capte un message en ce fardage.
D'un malin triangle il accède à un losange,
s'achemine là-bas: chance, à Triste-le-Roi,
d'en éviter là l'énième mort de nabab.
L'homme naïf arrive en tram chez les bandits;
l'efficient Red Scharlach prend son feu, Lönnrot meurt.
  La valeur totale de ces 9 vers est 3229, exactement déterminée par la symétrie de l'image de départ. Après coup, il me vient de la lire 3-22-9, soit çvi, transcription envisageable des trois lettres du mot hébreu צבי, transcrit par exemple zvi, ou cevi.
  J'ai introduit le mot jefe car il est l'équivalent dans notre alphabet du Nom YHWH, lettres de rangs 10-5-6-5 dans l'alphabet hébreu. La "sortie d'un jefe de déchues" fait allusion à l'événement qui marquerait l'articulation de la troisième lettre du Nom, le faux enlèvement de Gryphius qui est en fait Red Scharlach, personnage qui serait inspiré par Ruggieri, tenancier de bordel à Avellaneda.

  Le 3 août m'est venu un nouveau dessillement. Précisément à partir d'un autre résumé de La mort et la boussole,
Nord, Ouest, Est cernent des crimes. L'inspecteur Eric Lönnrot vient au Sud, naïf désigné d’avance, et est assassiné de quatre bastos. La mort et la boussole est ce conte astucieux où Borges escamote les lois du polar. Nous unissons nos louanges.
conçu pour faire apparaître une aiguille de boussole par cette écriture diagonale, j'avais vu en novembre 22 qu'un concept essentiel de Jung,
UNUS MUNDUS,
pouvait se lire
MD + UNUS + UNUS,
ou MD + I + I, MIDI,
ou encore ADAM, puisque A est la première lettre, l'Alef ou l'Alpha étant aussi le nombre 1 des alphabets numéraux.
  J'avais aussi imaginé des formes mixtes, notamment MAID, "jeune fille", et pensé à la chanson de Neil Young (Jung...) A man needs a maid, car Adam n'est pas seulement le nom du premier homme, c'est aussi en hébreu le substantif "homme".
  J'avais trouvé cette illustration, qui m'avait séduit pour des raisons que j'ai oubliées, mais j'ai renoncé à exploiter alors la piste maid, et subséquemment à l'illustration.
  J'avais pensé aussi au mot "diam", mais, curieusement, "daim" ne m'avait pas effleuré l'esprit, alors que le daim est proche du cerf, et que le dictionnaire donne צבי, tsevi, comme l'une des traductions de "daim" en hébreu.

  Il y a trois mots dans la Bible pour les cervidés, eyal, tsevi, et yahmour, et c'est le premier qui a été traduit par "cerf", mais la langue hébraïque a de multiples aspects selon les lieux et les temps; dans le monde ashkenaze, c'est tsevi qui signifie "cerf", Hirsch en allemand.
  Le réseau Zwi Migdal exploitait les filles des pauvres shtetls d'Europe de l'Est, leur faisant miroiter une vie mirifique dans le Nouveau Monde...
  Bref, "cerf" ou "daim", ceci introduit un nouvel écho entre la nouvelle de Borges et mes préoccupations diverses, notamment l'Unus Mundus.

  J'ai pensé aussi au Mahdi, sorte de Messie du monde musulman. En cherchant s'il en existait une graphie Madi, j'ai appris que le MADI était un mouvement artistique fondé en 1946 à Buenos Aires, ces lettres étant probablement un acronyme, avec diverses possibilités.
  Une des caractéristiques du madisme était de bannir le format traditionnel rectangulaire des tableaux. J'ai choisi ce tableau du principal membre du mouvement, Carmelo Arden-Quin, pour son format en losange, mais il y a des formats plus tarabiscotés.

  La nuit suivant ma révélation "daim", la nuit du 3 au 4 donc, j'ai rêvé d'une représentation de Borges en forme de Y. Je ne peux guère la décrire, c'était une silhouette filiforme à deux têtes, avec, à côté, des caractères minuscules où je déchiffrais Y et YO.
  Je n'ai que de vagues notions d'espagnol, mais je sais que y yo signifie "et moi", d'après un vieux souvenir d'une pièce de Castelnuovo-Tedesco, Platero y yo

  Une recherche m'apprend qu'un texte de Borges a pour titre Borges y yo (1960). S'il est fort possible que j'en eusse déjà connu l'existence, et même que je l'eusse lu, c'eût été sous la forme Borges et moi (mais un texte est souvent suivi de son titre original).
  C'est un texte très court (ici en anglais), s'achevant sur
Je ne sais lequel des deux écrit cette page.
  En tout cas, si ceci était venu plus tôt à ma conscience, il me semble que j'aurais aussitôt fait le lien avec le roman de Queen L'adversaire (1963), où Fred Dannay, né Daniel Nathan, a peut-être réglé ses comptes avec son cousin Lee, avec lequel il écrivait les romans signés Ellery Queen. Leur mésentente avait conduit à l'arrêt de la série en 1958, mais Lee avait jugé dommage de ne plus exploiter la prestigieuse signature, et l'avait utilisée pour publier des romans souvent quelconques écrits par des nègres (j'espère qu'on a encore le droit d'utiliser cette expression).
  J'imagine que Dannay en a été ulcéré, et que ça l'a conduit à écrire un "vrai Queen", L'adversaire, où les 4 cousins York sont assassinés selon un plan "jahviste", après avoir été avertis par un carton énonçant les lettres du Tétragramme, J-H-W-H... On soupçonne l'homme de main de York Square, John Henry Walt, mais celui-ci souffre du syndrome de personnalité multiple, et il est aussi Nathaniel York, l'héritier légitime de York Square que son père a spolié au profit de ses cousins, et "Y", Yahweh, le dieu vengeur de l'Ancien Testament.
  Walt s'écrit à lui-même des lettres signées Y, où il s'ordonne de tuer les cousins selon des modalités précises. York y yo pourrait condenser les trois personnalités de Walt, (Nathaniel) York, "Y", yo (Walt). Le début du roman montre Walter se relevant après avoir désherbé la stèle au centre de York Square, gravée de l'inscription IN LIVING MEMORY OF NATHANIEL YORK. avec imprimées sur ses genoux les lettres TH et RK. Ainsi n'étaient visibles que ANIEL, pouvant se lire en hébreu ani el, "je suis Dieu", et YO, "je" espagnol, ou diminutif de YHWH.
 

  Y est la "patte d'oie", le chemin se subdivisant en deux voies, la lettre idéale, avec W, pour désigner un être double.
  Je rappelle que Dannay a probablement été le premier non hispanisant à lire une traduction de La mort et la boussole, proposée pour son magazine EQMM. Il l'a refusée, mais a publié en 1948 la première traduction de Borges en anglais, Le jardin aux sentiers qui bifurquent.

  Pour des raisons techniques, j'ai ajouté un pixel à chaque coin de l'image de losange utilisée plus haut (pour éviter d'avoir des alexandrins de valeur 257, valeur faible difficile à atteindre).
  Après coup, je pense que ces pixels pourraient correspondre aux "châteaux", les demeures des cousins York aux 4 coins de l'échiquier de York Square (le roman est construit comme une partie d'échecs, et en anglais les tours sont des castles).


  Si j'avais remarqué que la forme de la maison de Percival ressemblait à un Yod hébraïque, ce n'est qu'aujourd'hui 10 août que je m'avise que les chemins traversant le domaine forment des Y.

  L'écriture de mes billets est marquée par des doutes, et des choix qui me font parfois éliminer des passages déjà écrits. Ainsi je me demandais si la mention de Jake Bohm orthographié Behm en hébreu était pertinente, et envisageais de la supprimer.
  Et puis j'ai emprunté le 28 juillet un livre voyageur, Le cercle magique de Katherine Neville (1998, 2003 pour la traduction française). Le cercle du Maître des énigmes est aussi magique. Je ne l'ai entamé qu'après le début de l'écriture de ce billet, et ai constaté une erreur en 4e de couv' où l'héroïne est nommée Arielle Behm, alors que son nom à l'intérieur du roman est Behn. L'erreur de l'édition originale au Cherche-Midi (!) a été reprise ensuite dans d'autres éditions, comme la mienne au Grand livre du mois.

  Je reviendrai dans le prochain billet sur ce thriller ésotérique, et m'attache pour l'heure à un message codé envoyé à Arielle par son cousin Sam. C'est une grille de 26x26 lettres, où il y a des fausses pistes, comme cette lecture Grand Targhee, lift three, four P.M., sun(day).
 

  J'y remarque THREEFOUR, séquence la plus immédiatement repérable dans toute la grille. Le passage de 3 à 4 est la clé suggérée à Lönnrot dans La mort et la boussole, et j'ai imaginé, à partir de la traduction de ZWI MIGDAL "cerf tour", les formes "tres four" et "tserrouf", pour tserouf, "anagramme" en hébreu.
  Je constate qu'on peut lire TSE verticalement avant FOUR, puis TSE en diagonale.
  Ceci me fait prendre conscience que c'est le 3e crime, commis en EST, qui amène Lönnrot à penser qu'il y aura un 4e crime, au SUD: EST-FOUR > TSE-ROUF...

  Je repère que la 3e ligne s'achève sur GLIL, lisible d'ailleurs de plusieurs manières, évoquant aussitôt à l'hébraïsant galil, גליל, "cercle", ou "Galilée":
(en hébreu : הגליל Ha-galîl, « le cercle, la région » ; en arabe : الجليل al-jalîl, même signification) large région située dans le nord d'Israël
  Ce pourrait ne pas être anodin dans un roman intitulé Le cercle magique, cercle concernant Jésus de Galilée (20 occurrences du mot "Galilée" dans le roman), mais, malgré quelques incursions de l'auteure dans le domaine de l'hébreu et de la gematria, je doute qu'elle y ait de réelles compétences. Sinon, alors que ce cercle concerne treize reliques associées à Jésus, elle eût été bien inspirée de signaler que 13 est la gématrie de l'hébreu "un", ehad.
  Ceci me rappelle que le plan de Scharlach est inspiré par une erreur: Daniel Azevedo voulait cambrioler le Tétrarque de Galilée (cette fonction n'existe plus depuis belle lurette), mais s'est trompé de chambre à l'Hôtel du Nord et est tombé sur le rabbin Yarmolinski, qu'il a tué, alors que celui-ci venait d'écrire une formule énigmatique, exploitée par Scharlach pour piéger Lönnrot.
  Les deux derniers billets m'ont conduit à la double inversion de ÇBY, tsevi ou zwi, "cerf", en HSM, HaShem, "Le Nom", par atbash, et HSM devient MSH, Moshe, "Moïse", par simple retournement. Or en hébreu biblique galil peut s'écrire en 3 lettres, GLL, devenant par atbash RKK, se retournant en KKR, kikar, mot qui signifie également "cercle" en hébreu biblique:
 

  Si je n'imagine pas d'interprétation raisonnable de ces collisions, la Galilée me rappelle que dans la première version de 813, celle parue en feuilleton, l'entrée de service du Palace-Hôtel se situait rue de Galilée, devenue rue de Judée dans les éditions ultérieures. J'ai émis l'hypothèse que Leblanc avait peut-être dissimulé une allusion à l'astronomie, car un événement marquant du roman, paru en 1910, est l'arrivée au Palace-Hôtel, à midi le 17 avril 1912, de Dolorès Kesselbach. Mais c'est sa servante qui joue son rôle, et la ruse a pu être facilitée par le fait que l'éclipse du siècle touchant Paris a eu lieu ce 17 avril.

  Midi, MIDI que j'ai vu signifier Unus Mundus, midi qui est le Nord sur le cadran d'une montre, le Sud géographique (car le soleil indique le Sud à midi), et encore le milieu (de la journée).
  Le mot MIDI, NOON, est présent dans le réel message adressé par Sam à Arielle, et j'y repère aussi DIAM, après avoir choisi le titre de ce billet (le message donne rendez-vous à la piste Black Diamond de la station de ski Sun Valley).

  J'ai choisi ce titre parce que je ne voyais pas quoi faire avec DAIM, la découverte essentielle survenue au cours de l'écriture du billet d'avord titré Tsevi, la suite. Le daim est aussi ÇBY en hébreu, "Le Nom", par atbash, Nom qui est le Tétragramme YHWH, souvent traduit par "l'Eternel", car ce mot mêle plusieurs temps du verbe "être" et pourrait signifier "il était, est, sera". Le daim n'a rien d'éternel, le diam par contre...

  La grille, parvenue par e-mail, livre accès à un autre message, Keen gnosis of gnosis, qu'Arielle comprend être l'anagramme de I seek in Song of Songs, "Je cherche dans le Cantique des cantiques."
J’allai directement au dernier verset du texte célèbre :
    « Fuis, mon bien-aimé,
    Et sois semblable à une gazelle ou à un faon,
    Sur la montagne des aromates. »
  Je savais, désormais, qu’il me faudrait courir, avec l’agilité de la gazelle et la prudence craintive du jeune faon, au sein des périls cachés de la montagne.
  Cette gazelle traduit l'hébreu tsevi, ÇBY. Il y a 13 occurrences de ce mot, dans le sens de "cervidé", dans toute la Bible, dont 5 dans le Cantique.
  Arielle reçoit plus tard un autre message codé de Sam, (214) 178 0217. Elle comprend que ce numéro fait allusion aux versets 2,14, 1,7-8, et 2,17 du Cantique. Le second contient le mot "midi", le dernier la "gazelle" tsevi.
 
  Après coup, les mots-clés du titre, "diam" et "éternel" ou "être", m'ont fait penser à "diamètre". Du cercle magique?
  Dans ce billet, j'avais vu que Ø, symbole du diamètre, était souvent appelé phi en raison de sa ressemblance avec la lettre grecque ϕ, aussi symbole du nombre d'or.


28.7.23

ave, rêvez ! ave, vivez !

à Migdall & Cerf

  Une découverte en fin d'écriture du précédent billet mérite d'être reprise avec plus de recul, et développée.

  J'y ai été amené à chercher des références en ligne du jeu transformant l'hébreu צבי, translittéré ÇBY, tsevi, "cerf", en HSM, HaShem,"Le Nom", désignation courante du nom sacré YHWH, le Tétragramme qu'il est interdit de prononcer. Cette transformation s'opère par le procédé dit atbash, peut-être le plus vieux codage attesté, utilisé dans la Bible, remplaçant chaque lettre d'un mot par sa correspondante dans l'alphabet écrit à rebours.
  Ne trouvant pas de référence en français ou anglais, j'ai le matin du 11 juillet posé en hébreu la requête "HSM" "ÇBY" "ATBS". Les premières réponses pertinentes concernaient Sabbataï Tsevi, Messie autoproclamé dans l’empire turc du 17e siècle, déclenchant un vaste espoir de retour des Juifs dans la Terre Promise. Il s'autorisait à prononcer le Nom interdit YHWH, peut-être justement parce que son nom était "Le Nom", HaShem par atbash.
   J'avais lu jadis quelque chose à ce propos, peut-être dans l'essai de Gershom Scholem, Sabbataï Tsevi le Messie mystique. Il ne s'y trouve qu'une référence à l'atbash, mais claire, la note 235, à propos d'un message où le "Cerf Céleste" se proclamait le nouveau Moïse. Scholem explique:
Dans la littérature sabbataïste, cette identification est normalement admise. Le nom de Tsevi devient Moïse par inversion des lettres de l’alphabet selon le procédé connu sous le nom de AT-BASH, procédé très couramment utilisé en exégèse mystique.
  Ceci me convenait plutôt, d'autant plus que Scholem voyait ici comme "courant" un double retournement, tel celui que j'avais imaginé ici.
   
   J'ai donc trouvé cela après avoir téléchargé le livre de Scholem le matin du 11. Le fichier des téléchargements, alors sous mes yeux, m'a rappelé que j'avais téléchargé quelques jours plus tôt, le 7, un thriller récent, Le maître des énigmes, de Danielle Trussoni, une auteure que je ne connaissais pas.
   Le lecture quelques semaines plus tôt de sa 4e de couv' m'avait rendu un peu curieux de ce qu'était l'énigme évoquée, mais il n'était aucunement précisé qu'elle était kabbalistique, ce qui m'aurait mieux motivé.
  Au plus bref, la clé de la principale énigme est que la véritable lecture du Tétragramme YHWH est HW HY, son retournement.

  Ainsi, quelques instants après avoir cherché une référence pour la transformation de ÇBY en HSM, HaShem, "Le Nom", et trouvé celle de ÇBY en MSH, Moïse, un hasard me mène à un roman dont l'énigme principale est le retournement du Nom YHWH  en HW HY.
  L'auteure déclare avoir été inspirée par l'essai de Mark Sameth, The Name, "Le Nom", HaShem, et l'expression hébraïque apparaît à maintes reprises dans le roman, ainsi que son identité avec le nom de Moïse, retourné.

   Trussoni n'est ni hébraïsante, ni conceptrice d'énigmes sophistiquées. Les énigmes de son livre sont dues à des spécialistes, et la principale, un cercle magique qu'Abraham Aboulafia aurait créé au XIIIe siècle, est l'oeuvre d'un certain Dimitris Lazarou, bien nommé puisque le cercle aurait le pouvoir de ressusciter les morts...



  Pour cela, il faut compléter le diagramme avec 6 lettres, à inscrire dans les petits cercles au centre. Mike Brink découvre que les carrés blancs et noirs du pourtour sont du code binaire, donnant deux fois les nombres 15, 3, 27, 39, 63, 51, auxquels correspondent sur le cercle de 72 lettres hébraïques HY GM HW, soit "Elle aussi Lui".

  Je n'ai d'abord pas cherché à déchiffrer exactement les 72 lettres, car diverses confusions sont possibles. J'ai juste constaté qu'elles ne semblaient pas livrer de message cohérent. Et puis en fin d'écriture du précédent billet je me suis avisé qu'au début du roman figure une autre version du diagramme, supposée être une reproduction faite de mémoire. Il n'y figure pas les carrés blancs et noirs du pourtour, et la couronne intérieure ne compte que 45 lettres, et non 72.
  Les 45 lettres forment 17 groupes de 1 à 4 lettres, la plupart dénués de signification, excepté le 7e, avec aux rangs 32-33-34 les lettres יבצ, soit ÇBY, tsevi (ou zwi), "cerf", dont l'atbash est HSM, HaShem, "Le Nom", désignation de YHWH.
  Les rangs ne sont pas indifférents, car YHWH (HaShem, "Le Nom") est codé sur le cercle aux rangs 3-15-51-63, moyenne 33, comme les rangs 32-33-34 de ÇBY.
   A noter que la lecture est ici contraire à celle du réel mot hébreu צבי, à lire de droite à gauche, mais les rangs imposent cette inversion. Il n'est d'ailleurs pas assuré que ma lecture soit la bonne, car la lettre Bet, ב, ressemble fort à la lettre Kaf, כ. Seul Lazarou pourrait indiquer quelle lettre il a écrite, s'il a pensé au mot צבי, s'il en connaissait l'atbash, si sa position était calculée...
...de même le "centre" du cercle en 33, car, selon Samuel,
33 est la guematria de la racine « Gal », גל, liée à la délivrance, au dévoilement, à ce qui tourne (roue, cycle…).
  Le web connaît plusieurs Dimitris Lazarou, je ne sais quel est le bon. J'ai écrit à Danielle Trussoni qui n'a pas répondu. C'est peut-être elle qui a effacé certaines des lettres du diagramme du début, ceci au moins était à sa portée.
  Il n'est pas sûr que Lazarou l'ait informée que son codage utilisait la même symétrie que l'Etoile de David, ce qui n'est pas mentionné dans le roman.
 

  Etudier plus précisément les 72 lettres du cercle m'a d'ailleurs conduit à penser que le codage binaire n'était pas indispensable. Certaines lettres hébraïques ont deux formes, une normale, et une autre spéciale lorsque la lettre achève un mot. Sur les 72 lettres, une seule est une lettre finale, un Mem, ainsi le chercheur peut comprendre qu'elle est l'une des 6 lettres à trouver, et déterminer quelles sont les autres selon l'Etoile de David.
  En la fin est le commencement, formule clé dans cette affaire révélant que le Tétragramme doit être lu en commençant par la fin. Une autre curiosité du roman est que Gaston LaMoriette (GLM, évidente allusion au GoLeM) a tenté d'utiliser le diagramme pour ressusciter sa fille, mais l'expérience a tourné à la catastrophe parce qu'il avait écrit à rebours le mot au centre du cercle d'Aboulafia, חיים, hayyim, "vie", pour une raison absurde (le texte d'Aboulafia aurait été écrit en boustrophédon).

  J'ai d'autres exemples de bizarreries liées au jeu ÇBY-HSM. L'an dernier j'ai relu un roman de Glenn Cooper, Le testament des Templiers (2011), et ai été frappé par une coquille.
  Tsevi, "cerf", qui a différentes translittérations, est aussi un prénom. Un des personnages du roman se nomme Zvi Alon. Il devient page 201 Zvi Mon.
 

  "M" au lieu de "Al", c'est une erreur typique de reconnaissance OCR. Quoi qu'il en soit, je précise que mon exemplaire est le Pocket n° 14589, tirage de mars 2014.
  Ainsi le nom Alon ("chêne") devient MON, retournement de NOM, tandis que le prénom zvi donne l'atbash HaShem, "Le Nom", devenant "Moïse" par retournement.
  L'intrigue du roman concerne une recette d'immortalité, ou du moins d'extrême longévité. Ce secret est détenu dans une grotte ornée de peintures pariétales, dont des cerfs.

   Une autre erreur en début d'année a touché le mot français "Cerf", mais il me faut d'abord revenir à ce qui m'a conduit au jeu ÇBY-HSM, la nouvelle La mort et la boussole de Borges (1942).
  Borges a indiqué que la ville où se déroule le récit était Buenos Aires, et divers lieux et personnages sont identifiables. Il y est question des bordels, et avant-guerre l'Argentine était dominée par le réseau de proxénètes Zwi Migdal, si florissant qu'un bordel était pour tous un zwi migdal. Le nom pourrait venir d'un des membres fondateurs, c'est fort incertain, en tout cas les clients faisaient des jeux grivois sur les deux mots, signifiant "cerf" et "tour".
   L'inspecteur Erik Lönnrot est conduit à soupçonner qu'une série mystique d'assassinats frappe la ville, commandée par Le Nom, le Tétragramme JHVH. Trois meurtres ont eu lieu au Nord, à l'Ouest, et à l'Est de la ville, dans les nuits du 3 au 4 de mois consécutifs, et Lönnrot compte déjouer le 4e meurtre en devançant l'assassin au lieu complémentaire au Sud, mais il y tombe sur son ennemi Red Scharlach qui avait monté ce plan pour le tuer.
   Cette dernière mort a lieu dans le mirador d'une villa, tandis que le premier était dans un hôtel en forme de tour, deux tours donc pour cet axe vertical, et l'hôtel est dit avoir "l'apparence générale d'une maison close", en espagnol
y la apariencia general de una casa mala
et une réorganisation de ces mots livre
una casa Mala Y General De Apariencia La
una casa MYGDAL, une maison migdal, un bordel...

   C'est "Le Nom", expression revenant à maintes reprises, qui commanderait les meurtres, or zwi est l'atbash de HaShem, "Le Nom". Le mot shem est l'un des seuls mots hébraïques apparaissant dans la nouvelle.
   Les initiales des victimes forment MYGDAEL, à condition de les lire à l'hébraïque, de droite à gauche.
 

  J'ai modifié cette image donnée déjà à plusieurs reprises car trois nouvelles découvertes ont eu lieu ces derniers jours.
  La page Wikipedia YHWH en hébreu mentionne la nouvelle de Borges, et m'a appris que "boussole" se dit en hébreu matspen, MÇPN (en bleu ci-dessus), dont l'atbash est YHWT, ou JHVT, selon la translittération de Borges. Certes ça ne marche que pour les trois premiers cas, mais l'affaire du Nom est un leurre pour attirer Lönnrot dans la villa au Sud, et lorsqu'il y trouve Scharlach dans le mirador il lui demande:
— Vous aussi, Scharlach, vous cherchez le Nom Secret ?
— Non, dit Scharlach, je cherche Erik Lönnrot.
  La dernière lettre du nom Lönnrot est bien un T, un Teth dans sa transcription hébraïque. Scharlach est aussi appelé Dandy Red Scharlach, dont les initiales DRS forment en hébreu le verbe darash, דּרשׁ, "chercher", le Sander & Trenel signalant notamment "chercher YHWH":
 

  La forme YY ci-dessus est une autre façon de désigner le Tétragramme, qui n'est écrit pleinement dans le Sander & Trenel qu'à la rubrique YHWH.
  J'ai inclus ci-dessus la citation de Job, ani edrosh el-El, car j'avais pointé que la succession des crimes dessinait quelque chose rappelant la lettre Lamed, ל, la seule lettre possédant un jambage supérieur en hébreu, appelé pour cette raison "la tour". C'est une préposition, "à", "vers", seule ou sous la forme AL-, homonyme de El, "Dieu". Ainsi les initiales des protagonistes essentiels de la nouvelle, DRS AL, pourraient signifier "chercher Dieu" (Erik s'écrit en hébreu ARYQ, אריק).

   Le récent mot matspen, "boussole", est issu de la racine ÇPN, tsafan, dont le sens principal est "cacher", tsafon désignant le "Nord", "pays caché". Il y a une occurrence biblique du mot MÇPN, compris comme "chose cachée".
   Lönnrot est en suédois "orme rouge", mais le préfixe lönn- exprime l'idée de "secret".
note du 7/10: je découvre en explorant le site de phrère Sam qu'un post de quelques lignes y donne l'hébreu matspen, "boussole", en relation avec les mots hébreu tsevi, "gazelle" (ou "cerf") et magnet, "aimant" (en hébreu moderne). Il y cite Wikipedia:
Le mot « Aimant » est, comme le mot diamant, dérivé du grec ancien ἀδάμας, « Adámas » (« fer particulièrement dur ou diamant »)
  J'ai commenté ailleurs que les gnostiques grecs voyaient dans les 4 lettres ADAM les 4 points cardinaux, et que j'y ai vu pour ma part une équivalence avec Unus Mundus, de même que MIDI ou DIAM (mon billet suivant est précisément Le diam est l'Eternel), ou encore DAIM (Tsevi, la suite).

  J'ai appris que, dans la langue de Borges, la translittération du Tétragramme est Yavé.
Para transcribir el Tetragrámaton en español se recomienda y se preferencia Yavé;
  Il est ainsi notable que les deux premières victimes, les seuls morts réels, sont Yarmolinsky et Azevedo, correspondant à l'articulation des deux premières lettres du Nom.
   Une possibilité est offerte par le troisième cas. Un certain Ginzberg (ou Ginsburg) a téléphoné à la police pour dire qu'il avait des informations sur les premiers meurtres. La police découvre qu'il vient d'être enlevé, et que son nom était plutôt Gryphius. Gimel est la 3e lettre de l'alphabet hébraïque, ainsi que le nombre 3. Les deux G de ce personnage double pourraient donner la somme 6, et la 6e lettre est Waw, le W ou V du Tétragramme.
   Enfin le E final de Yavé pourrait être l'initiale d'Erik. Ses deux initiales forment EL, "Dieu" en hébreu, "lui" en espagnol. Le plus célèbre Lönnrot est Elias, forme grécisée d'Elie, Elyahu, nom doublement théophore, "Dieu est YHWH".

   Le maître des énigmes m'a permis d'envisager un rebond à une ancienne constatation. La première victime est trouvée morte à côté d'une porte, la seconde sur le seuil d'une boutique. C'est du marchepied d'une voiture qu'un des hommes ayant enlevé Ginzberg-Gryphius a tracé le dernier message sur la lettre du Nom. Enfin un paragraphe entier est consacré au portail de la villa où Lönnrot va mourir, portail au premier plan d'une couverture d'une édition de la nouvelle.
  Je m'étais demandé si toutes ces portes invitaient à penser à la 4e lettre de l'alphabet hébraïque, Daleth, signifiant "porte", forme de dal, DL, "porte".
  Le roman de Trussoni m'a rappelé que gam, GM, signifie "aussi", ainsi MGDL, "tour", pourrait livrer GM DL, "aussi porte".

  Revoir écrit brùjula, "boussole", me rappelle que Lönnrot reçoit une lettre signée Baruj Spinoza prophétisant que la mort de Gryphius est la dernière, car les lieux des crimes forment un parfait triangle équilatéral. Dans le texte original, Baruj est écrit en italique, la raison m'en semblant être l'écho avec brùjula.
  La boussole devrait inciter à penser qu'un des points cardinaux est absent, et le prénom Baruch, "béni", est  particulièrement associé à Dieu, avec notamment la formule baruch HaShem, "béni soit Le Nom" (le Tétragramme, YHWH), ci-contre sur un teeshirt.

  Je ne sais si tout ou partie de cette approche hébraïque de la nouvelle de Borges résulte d'intentions de l'auteur, ou de son ami kabbaliste Alejandro Schulz, plus connu sous le pseudo Xul Solar.
  Enfin, après ces rappels, je peux en venir à ce qui s'est passé le 11 janvier dernier.
  L'une des pistes adjacentes essentielles est Ellery Queen, et surtour Fred Dannay, l'âme pensante de la signature Queen. Dannay a probablement été le premier non-hispanisant à avoir lu la nouvelle de Borges, vers 1946, son collaborateur Anthony Boucher lui en ayant fait une traduction pour la revue EQMM. Dannay a refusé de la publier, je pense parce que son sujet était étonnamment proche du roman qu'il avait alors en préparation: un criminel avait besoin pour mener à bien son plan d'y faire participer le détective Ellery, en l'orientant vers une piste métaphysique par divers indices, dont le Tétragramme YHWH.
   Ce 11 janvier, il m'était venu que Dannay avait peut-être dès 1932 fait allusion au Tétragramme, dans un roman où les derniers rejetons de la famille Hatter étaient John et William, JH et WH. J'étais parti ensuite en balade, avec un livre que je lis quand le terrain ou mon esprit s'y prête.
   Le tout récent rappel du roman de 1932 m'avait fait me souvenir qu'une de ses particularités était un meurtre commis avec une mandoline, or les initiales des victimes de Borges, MYDAGEL, rappellent aussi amygdalê, "amande" en grec. Je m'étais dit que la mandoline devait probablement son nom à sa caisse en forme d'amande, Mandel en allemand.
   Je m'étais promis de le vérifier en rentrant à la maison, et étais revenu à mon livre, découvrant avec stupéfaction le nom Mandel en tête du marque-page que j'utilisais, une demi-page issue de la bibliographie d'une thèse de physique quantique autrichienne, échue par hasard entre mes mains. J'en utilisais les versos vierges, car je n'entends rien à la physique quantique.
   La première référence concernait L. Mandel, la septième A. Migdall, alors que je venais d'associer "mandol(ine)" à "(a)mygdale". Depuis plus de 20 ans que je connais les Zwi Migdal, je n'avais encore jamais vu de personne portant ce nom Migdal(l).
  De retour à la maison, une recherche me permit de trouver la thèse de doctorat et d'en télécharger l'entièreté ici, et voici le début de la page 76 concernée:


  Ma demi-feuille s'arrêtait à la référence [69], et j'avais douté de ma raison en voyant ensuite [70] N.J. Cerf, car zwi signifie "cerf". Etonnamment, ce Cerf n'est pas à sa place dans cette liste respectant l'ordre alphabétique des patronymes, et j'avais remarqué qu'il aurait dû occuper la référence [26], 26 étant la gématrie de YHWH, "Le Nom".
   Après avoir publié les 3 et 6 juillet les billets où j'annonçais que ma vie s'arrêterait idéalement à 75 ans, je ne sais quelle manipulation m'a mené à une page du site sod1820 (ici en hébreu, "traduit" par Google), qui m'a fait ajouter cette note au billet du 6 juillet:
Note du 10/7: j'apprends, en cherchant autre chose, que "coïncidence" se dit en hébreu "צירוף מקרים", tserouf miqrim, "réunion d'événements", de même valeur 776 que "soixante-quinze", "שבעים וחמש".
J'apprends par la même occasion que "צירוף" seul, qui s'écrit aussi "צרוף", "anagramme" pour les kabbalistes, a pour autre sens "expression grammaticale".

  Le site sod1820 doit son nom à ce que 1820 serait un nombre particulièrement "divin", c'est par exemple le produit de la valeur du Tétragramme, 26, par celle 70 du mot sod, "secret", SWD ([70] N.J. Cerf aurait dû être [26]). Cette page en anglais donne quelques relations sur ce nombre 1820, certaines sont séduisantes, d'autres sont forcées.
  Ces sites sont exploités par des fondamentalistes pour lesquels la Tora est l'oeuvre de Dieu, et qui s'efforcent donc d'en démontrer la nécessaire perfection. Il est pourtant évident pour chaque être doué de raison que la Tora est un texte historique, aux multiples remaniements au cours des siècles, et pour un mécréant comme moi (un "mec créant" comme dit Samuel), si l'on y trouve des curiosités remarquables, et il y en a, comme la généalogie patriarcale abordée dans le précédent billet, on en trouve ailleurs, dans des textes sacrés d'autres religions ainsi que dans des textes profanes, et mon humble avis est qu'il faut chercher une origine commune à ces curiosités.

  Le secret sod me fait penser que le secret du cryptogramme du Maître des énigmes réside dans l'Etoile de David, dans le texte original Star of David, SOD.

  Je pense aussi à ce que Ricardou appelait la "maladie chronique". Il m'a fallu aligner des tas de phrases pour exprimer successivement ce qui forme un tout dans ma tête, et même une forme condensée ne rend pas compte de cette simultanéité:
- zwi migdal JHVH MYGDAEL chez Borges;
- Zvi Mon chez Glenn Cooper;
- Migdall Cerf dans la thèse;
- tsevi HWHY chez Trussoni.

  Et de multiples autres coïncidences sont liées à ces cas. Je pense ainsi que Dannay a publié en 1963 L'adversaire, une autre série de meurtres commandés par le Tétragramme. Sur cette édition allemande qui vend la mèche en couverture, les lettres W et H à droite sont interverties.


  Je pense encore que j'ai découvert Le maître des énigmes juste après avoir trouvé une erreur asssez impensable sur les lettres YHW dans un roman de Villemot.

  Je me souviens aussi de l'erreur incompréhensible de la première édition du Livre de saphir, de Sinoué, où les lettres du Tétragramme sont retournées latéralement, une à une (au centre d'une Etoile de David).

   Je ne peux me résoudre à ne pas rappeler le pastiche d'Ellery Queen écrit par Narcejac en 1944. Alors qu'il ne pouvait ni connaître la nouvelle de Borges, où Red Scharlach attire dans un piège le flic qui a tué son frère, ni prévoir les romans yahvistes de Dannay, Le mystère des ballons rouges montre une série de meurtres destinée à mener dans un piège le flic qui a tué le frère du comploteur, flic qui est le sergent VELIE, anagramme de L-IEVE, "pour YHWH".

  Cette page en anglais sur l'atbash m'a appris de nouvelles choses. Le premier mot de la Tora, bereshit, "au commencement", est l'un des plus commentés. Ici, il est remarqué que ses lettres BRASYT se réarrangent en ATBS RY, "atbash de RY", soit GM, "aussi", le mot ajouté au Tétragramme dans le cryptogramme du Maître des énigmes, j'imagine pour pouvoir former une Etoile de David.
   La page sur 1820 déjà signalée donne ce nombre pour valeur étendue de bereshit, et l'associe au 1820e verset de la Tora, Exode 12,2, "Ce mois-ci sera pour vous le premier de tous les mois (...)", qui serait le premier verset important, car il énonce la première mitswa, la première prescription de la Loi.
  Or, pour le rédacteur de la page sur l'atbash, la plus belle application du procédé concerne ce mot mitswa, MÇWH, l'obéissance à la Loi unifiant le Monde Supérieur caché et le Monde inférieur révélé, car MÇ a pour atbash YH, la première partie du Tétragramme, dont la seconde partie WH est immédiate dans le mot MÇWH.

  A nouveau, je laisse quelques points en plan, et j'achève sur l'explicitation du titre de ce 384e billet, double jeu du type Zevi (autre orthographe du Messie de Smyrne)  devenant HaShem par atbash, puis Moïse par retournement. Ainsi, dans notre alphabet,
ave, rêvez ! donne par atbash
Zevi, vé ! va ! se retournant en
ave, vivez !

Note du 31/7: Il me revient ce jour que Gershom Sholem a, entre autres, été publié par les Editions du Cerf.

16.7.23

si l'éon Napol existe il exagère

à Danielle & Michael

  L'an dernier, le 17 juillet, la publication du 345e billet de Quaternité faisait hommage à une formule de valeur 345 trouvée quelques jours plus tôt, ultime étape gouvernant un texte à contrainte, mais je n'avais pas alors rappelé tout ce que m'évoquait le nombre 345, présent notamment dans la chronologie des Patriarches, déjà évoquée à trois reprises, d'abord sur Blogruz en 2008, puis sur Quaternité en 2010 et 2019.

  Au plus bref la Tora, le Pentateuque, débute par la création du monde et s'achève sur la mort de Moïse à 120 ans. Les durées de vie de tous ses ancêtres paternels sont données çà et là, et j'ai eu la curiosité d'additionner les âges de ces 26 patriarches d'Adam à Moïse, dont la somme 12600 ans est étonnamment ronde au vu de l'hétérogénéité des nombres de la liste (cliquer ci-contre pour voir un tableau réalisé jadis).
  Toujours au plus bref, j'ai comparé cette liste biblique à celle des règnes des rois de Sumer, et constaté que l'âge le plus "babylonien" de la liste est les 600 ans de Sem.
  Sem mis à part, il reste 25 patriarches vivant en tout 12000 ans, soit une moyenne d'exactement 480 ans pour ces 25.
  600 et 480, ce sont 5 et 4 fois 120 ans, le dernier âge de la liste, celui de Moïse demeuré dans la tradition juive l'âge idéal que seuls quelques sages auraient ensuite atteint, mais jamais dépassé.
  Je me suis demandé quel était le patriarche approchant au mieux la vie moyenne de 480 ans, et c'est Eber, avec ses 464 ans, quatrième patriarche après le Déluge.

  Ici débutent les réelles bizarreries, car ces noms Sem et Eber ont en hébreu des valeurs numériques traditionnelles, calculées en additionnant les valeurs des lettres dans le système numéral alphabétique propre à cette langue (mais apparu tardivement), et ces valeurs sont 340 et 272, soit 5 et 4 fois 68 (valeur du mot hayyim, "vie").
  Selon une translittération immédiate dans notre alphabet, les noms originaux hébreux deviennent
SM = 300+40 = 340 et
OBR = 70+2+200 = 272,
or, selon la même translittération, les noms hébreux des nombres "cinq" et "quatre" sont HMS et ARBO, et une même transformation permet d'obtenir les noms précédents, en supprimant les lettres initiales, donnant MS et RBO qu'il suffit de lire à rebours pour retrouver SM et OBR, les noms de valeurs en rapport 5/4 des patriarches de vies en rapport 5/4...

  Je donnais d'autres détails sur les billets précités, mais voici du neuf. A l'époque de ces recherches, en 1987, j'avais eu la curiosité d'examiner les différences des âges des 26 patriarches par rapport aux multiples de 120, et était parvenu à ceci:
- Sem et Moïse vivent des multiples exacts, 5 et 1 fois 120 ans,
- 12 patriarches ont des différences positives, cumulées à 345 ans (60×120 + 345);
- 12 patriarches ont des différences négatives, cumulées à 345 ans (39×120  345).

  Aujourd'hui je vois que, 345 étant 2×120 + 105, on pourrait énoncer ces résultats
62×120 + 105 et
37×120  105, or le total des 26 âges est
12600 = 120 × 105.

  En 1987 345 m'avait frappé en tant que valeur de Moïse, MSH, 26e patriarche, le seul personnage biblique ayant vécu 120 ans. S'il était obligatoire que les différences positives et négatives soient congrues modulo 120, il ne l'était pas qu'elles soient identiques, et immédiatement évocatrices.
  La tradition juive voit significative le don de la Tora à Moïse et la révélation de YHWH aux Hébreux lors de la 26e génération, car 26 est la valeur de YHWH, le Nom sacré qu'il est interdit de prononcer, auquel on se réfère par la formule "Le Nom", en hébreu HaShem, HSM, renversement de MSH, Moshe, Moïse.
  La révélation, c'est le Décalogue, les Dix Paroles en 620 lettres hébraïques, d'où le nom Keter Tora, "Couronne de la Tora", car keter est un mot de valeur 620, or il a été aussi vu ces égalités (en hébreu):
vingt-six = Dix Paroles = Couronne de la Tora (=1231).

  C'est vers mai-juin 1987 que j'avais découvert les deux différences 345. Juste après, ou quelques jours plus tard, je me suis éveillé un matin à Paris avec une image en tête, deux 345 côte à côte.
 

  Pas grand-chose à voir avec cette loco américaine qui m'a séduit en recherchant des images "345".
  Je ne peux aujourd'hui mieux préciser cette image que par "deux 345 côte à côte", et ne sais non plus si elle provenait d'un rêve ou d'un état hypnagogique. Tout ce que je peux dire est qu'elle m'avait marqué.
  Ce matin-là, j'imagine que j'étais allé faire des recherches à la BPI ou dans une autre bibliothèque. Je me déplaçais essentiellement à pied à Paris, et j'étais passé devant une assez importante librairie proche du passage du Havre; il y avait un étal dehors, et deux casiers contigus affichaient, en gros, au-dessus des livres, "345" et "345". Peut-être était-ce "345 F", je ne sais plus, ni ce qu'étaient ces livres, 345 F étant un prix élevé en 87 où un poche coûtait environ 20 F.

  J'avais apprécié la coïncidence à l'époque, mais il m'a fallu 36 ans avant d'en saisir la portée. Ce 9 juillet, en balade, j'y ai repensé, et le nom de la librairie m'a instantanément frappé, Veber ou Weber, et que ce soit un V ou un double V, V est le chiffre romain 5, et Eber est le 4e patriarche après le Déluge, celui dont la valeur est les 4/5es de celle de Sem, dont la vie est les 4/5es de celle de Sem, dont le nom est lié à "quatre" comme celui de Sem à "cinq".
  Comment n'avais-je pu y penser à l'époque? Probablement parce que c'était une de ces "coïncidences exagérées" dont parle (verbeusement) Hubert Haddad, telle que je n'étais pas prêt alors à l'accepter.

  De retour à la maison, je n'ai pas trouvé confirmation de l'existence de cette librairie Weber rue du Havre; je sais qu'elle a disparu depuis pas mal d'années.
Note du 2/7/2024: j'ai retrouvé un vieil écrit, et il s'agissait de la librairie Weil rue Caumartin.
  Je passais souvent par là car le Passage du Havre était un lieu enchanteur de mon enfance. Mes parents y achetaient le café Mokarex, avec ses fameuses figurines en cadeaux, et il y avait un important magasin de modélisme, où mon frère et moi trouvions les avions Airfix ou Revell, notamment.
  Je me souviens que la librairie était sur le trottoir opposé de la sortie du Passage, rue Caumartin, du côté de la rue St-Lazare, si bien qu'il fallait que je revinsse en arrière pour passer devant, à moins que j'eusse omis de passer par le Passage, dont l'entrée rue St-Lazare n'était guère apparente. Ainsi c'est peut-être parce que j'avais loupé cette entrée que j'étais passé devant la librairie Weil (correction après la note ci-dessus).
  Je crois encore me souvenir que le logo de la librairie mettait en valeur la lettre W.
 
  Je me rends compte en rédigeant ceci que "passage" et "Havre" peuvent être significatifs. Le patriarche Eber est l'ancêtre éponyme des Hébreux (Sem celui des Sémites), et son nom se prononce 'ever, les Hébreux étant les 'ivrim. La racine est le verbe 'avar, signifiant "passer", "traverser".
  La maquette préférée de mon frère (et de moi, mais c'est essentiellement lui qui l'avait montée) était le Liberator de la marque Revell.
 

  Moïse est souvent appelé le libérateur des Hébreux, notamment dans Les dix Commandements de Cecil B. de Mille.
  La marque REVELL contient EVER, inversé, ce qui me fait prendre conscience que le RÊVE est associé à la quaternité, le verbe 'avar (OBR), "traverser", étant le renversement de rav'a, (RBO), "être carré".
  En mars dernier, j'avais été conduit à construire cette sorte d'ambigramme à partir des initiales AVAL des 4 enfants kidnappés par le criminel du roman RÊVER de Thilliez.

  Et voici une coïncidence encore plus exagérée, mais mieux vérifiable que l'affaire de la librairie Weber. J'ai commencé ce billet le 11 juillet. Evoquer le jeu HaShem-Moïse m'a rappelé que HSM est l'atbash de ÇBY, "cerf", et qu'il était fort intrigant que Borges ait construit ses meurtres commandés par JHVH (YHWH) sur fond de bordels zwi migdal, "cerf tour", récemment remanié en "tcerrouf", tserouf, "anagramme".
  Lors de ma première approche de Borges, en 2007, j'avais trouvé une référence pour ce jeu atbash, mais le lien n'est plus valide. Il est toujours difficile d'en trouver aujourd'hui en français ou anglais, aussi j'ai ce matin du 11 essayé en hébreu "HSM" "ÇBY" "ATBS". Il y avait tant de réponses, les premières non pertinentes, que j'ai relancé la recherche sur GoogleBooks, où il n'y avait que 3 résultats, les 2 premiers concernant Sabbataï Zwi, en hébreu et ladino (yiddish espagnol). C'est bien de la transformation atbash de ÇBY en HSM qu'il est question, mais mes capacités en hébreu kabbalistique ne me permettent pas de comprendre ce dont il est plus précisément question, et le traducteur Google n'apporte aucune aide.
 
  Sabbataï Zwi a été reconnu comme Messie dans l’empire turc du 17e siècle, déclenchant un vaste espoir de retour des Juifs dans la Terre Promise. Il s'autorisait à prononcer le Nom interdit YHWH, peut-être justement parce que son nom était "Le Nom", HaShem par atbash.
  J'avais lu jadis quelque chose à ce propos, peut-être dans le livre de Gershom Scholem. J'en ai téléchargé la version anglaise, Sabbatai Ṣevi The Mystical Messiah, où il n'y a qu'une référence à l'atbash, la note 235, à propos d'un message où le "Cerf Céleste" se proclamait le nouveau Moïse. Scholem explique:
In Sabbatian literature this identification is taken for granted. The name Ṣevi becomes Moses by AT-BASH inversion of the Hebrew alphabet, a procedure much employed in mystical exegesis.
Dans la littérature sabbatienne cette identification est assurée. Le nom Zwi devient Moïse par atbash, un procédé courant dans l'exégèse mystique.
  Ceci me convenait plutôt, d'autant plus que Scholem voyait ici comme "normal" un double renversement, tel celui que j'avais imaginé ici.

   J'ai donc trouvé cela après avoir téléchargé le livre de Scholem le matin du 11. Le fichier des téléchargements sous mes yeux m'a alors rappelé que j'avais téléchargé quelques jours plus tôt, le 7, un thriller récent, Le maître des énigmes, de Danielle Trussoni, une auteure que je ne connaissais pas (ou du moins pensais ne pas connaître).
   Le lecture quelques semaines plus tôt de sa 4e de couv' m'avait rendu un peu curieux de ce qu'était l'énigme évoquée, mais il n'était aucunement précisé qu'elle était kabbalistique, ce qui m'aurait mieux motivé.
  Au plus bref, la clé de la principale énigme est que la véritable lecture du Tétragramme YHWH est HW HY, son renversement.

  Ainsi, quelques instants après avoir cherché une référence pour la transformation de ÇBY en HSM, HaShem, "Le Nom", et trouvé celle de ÇBY en MSH, Moïse, un hasard me mène à un roman dont l'énigme principale est le renversement du Nom YHWH  en HW HY.
  Le roman est paru cette année, alors que je m'intéresse au jeu ÇBY-HSM depuis longtemps. Il est revenu depuis janvier dernier dans plusieurs billets, j'y reviendrai.
  Le mot HaShem apparaît dans le roman,
Le nom du Créateur était originellement prononcé par tous les juifs, tous les jours, dans les prières, les salutations, les bénédictions. Et quand le Second Temple fut détruit, le véritable nom du Créateur a été enfoui sous terre. Au vrai Nom, les rabbins ont substitué Adonaï. Au fil des siècles, même ce mot est devenu trop sacré pour le partager avec les étrangers à nos traditions, et c’est le mot HaShem, ou simplement Le Nom, qui a été utilisé dans la vie quotidienne.
et son renversement en "Moïse" est signalé:
Par exemple, quand on retourne le nom de Moïse, en hébreu, on obtient HaShem, signe qu’il est le chemin et le vaisseau du vrai Nom.
  J'avais en fait lu il y a quelques années le premier roman de Trussoni, La malédiction des anges (2010), mais n'y avais rien trouvé d'intéressant, et n'en ai aucun souvenir précis.
  L'intrigue de celui-ci est plutôt mal fichue à mon sens. Son personnage principal est Mike Brink, lequel à la suite d'un accident cérébral a été victime du "syndrome du savant", et a développé d'extraordinaires aptitudes pour les structures numériques et les énigmes. Il a exploité ce don, est célèbre pour ses casse-têtes, et est contacté par Thessaly Moses (forme anglaise de "Moïse"), la psychologue d'une prison où croupit Jess Price, condamnée pour un meurtre atroce, mutique depuis 5 ans.
   Trussoni a été secondée par des spécialistes pour les énigmes, certaines très jolies, mais ça ne suffit pas pour faire de Brink un personnage crédible, du moins selon moi qui suis quelque peu arithmo-maniaque.
   Bref le meurtre attribué à Jess a été commis par la poupée Violaine, fabriquée au début du XXe siècle par Gaston LaMoriette, à l'image de sa fille adorée morte tragiquement. Un rabbin de Prague l'a initié au secret du Golem, afin qu'il puisse faire revivre Violaine, grâce à un cercle magique d'Aboulafia.
  Aboulafia aurait créé au XIIIe siècle 10 représentations symboliques du nom caché de Dieu, le Shem-HaMephorash. Ils sont constitués de 72 variations du Tétragramme, et correspondent aux 10 Sefirot (mais le traducteur ignore qu'il s'agit d'un féminin pluriel, et écrit "le Sephiroth").
 

  Ce cercle est aussi une énigme, et 6 lettres doivent le compléter, à inscrire dans les petits cercles au centre du diagramme.
   Mike Brink découvre que les carrés blancs et noirs du pourtour sont du code binaire, donnant deux fois les nombres
001111, 000011, 011011, 100111, 111111, 110011, c’est-à-dire les nombres 15, 3, 27, 39, 63, 51. Et chacun des nombres du cadran correspond à une lettre hébraïque.
  Il attrapa son stylo et écrivit 6 lettres hébraïques dans 6 cercles au centre de l’étoile, pour que Rachel puisse voir : H Y G M H W.
 

  Rachel est supposée comprendre
— Parce qu’il n’y a pas que la prononciation des lettres qui veut dire quelque chose, elles ont un sens par elles-mêmes : HWHY en hébreu veut dire « il-elle », répondit Rachel. Aboulafia a inclus deux mots additionnels entre les deux, GIMEL et MEM, qui veulent dire en hébreu « et aussi », ce qui rend parfaitement clair que le vrai Nom signifie Il et aussi  Elle.
  Trussoni n'est pas plus hébraïsante qu'arithmologue, et semble avoir mal compris ce qu'on lui a communiqué. Gimel et Mem sont des lettres qui forment le mot gam, "aussi".
   Ce n'est pas la seule incohérence. La poupée Violaine s'est révélée maléfique parce que LaMoriette avait recopié à l'envers le mot au centre du cercle d'Aboulafia, חיים, hayyim, "vie". Or toutes les représentations du cercle présentent cette inversion, y compris celle donnée plus haut, censée être l'original d'Aboulafia.
  L'emploi du code binaire par Aboulafia est évidemment outré, mais nous sommes dans un roman. Il n'est en fait pas indispensable, car les lettres désignées, aux rangs 3-15-27-39-51-63, correspondent aux pointes d'un Sceau de Salomon, si bien qu'il aurait suffi d'essayer les diverses combinaisons pour dénicher la bonne, ou d'un unique indice pour calibrer la solution (par exemple les deux Sceaux du diagramme ont 6-6 sommets, et les lettres forment des couples 66, comme 3+63).
 

  Je n'ai pas essayé de déterminer quelles étaient exactement les 72 lettres du cercle, plusieurs prêtant à confusion. En tout cas elles ne semblent pas former un message, et la chose la plus notable est que la seule lettre répétée séquentiellement est W, ו, et ceci à deux reprises, aux positions 51-52 et 58-59 (cette lettre est aussi le chiffre 6, en possible écho aux clés 6 et 12 de déchiffrement de l'énigme, mais le texte ne mentionne pas la disposition étoilée des 6 lettres codées).

  Parmi les confusions possibles, il y a notamment celle entre le He du Tétragramme, ה, et le Het de חיים, écrit םייח au centre du cercle. Il est fort difficile de les différencier sur le diagramme (où les deux ה du Tétragramme ressemblent à des ח).
  J'ai téléchargé le roman le lendemain du jour de publication du précédent billet, où j'étudiais précisément une erreur, découverte récemment, faisant du He du Tétragramme un Het. Cette erreur était dans un roman en 3 parties de 33 chapitres chacune, or le rang moyen des 6 lettres codées 3-15-27-39-51-63 est 33 (possible allusion aux deux triangles entrelacés du Sceau de Salomon).

   Passées les bornes, y'a plus de limites, et dans la nuit du 13 au 14 il m'est venu un lien entre le roman et ce que j'ai vu être la "coinc des coincs" dans la Bible, pas absolument pour elle-même, mais pour son identité, étudiée ici, avec la "coinc des coincs" dans le Coran.
   Ce n'est pas gratuitement que le cercle attribué à Aboulafia est basé sur le nombre 72, car la tradition juive voit le Shem Ha-Mephorash, le Nom Caché de Dieu, lié au nombre 72. Il y en a de multiples approches, mais l'une repose sur un fait tangible et intrigant: les trois versets Exode 14,19-20-21, parlant de l'ange de Dieu et de la mer s'ouvrant pour laisser passer les Hébreux, ont chacun 72 lettres. La tradition a construit 72 "mots" trilittères selon une règle logique, et leur a adjoint des terminaisons en -el ou -iah pour former 72 noms d'anges. Aux 42e et 50e rangs apparaissent les groupes trilittères מיכ et דני (MYK et DNY),
formant avec les suffixes -el les noms Michael et Daniel, le seul ange nommé dans la Bible hébraïque et le prophète dans le livre duquel il est nommé. L'exégèse identifie en outre l'archange Michael à l'ange de l'Exode. 

   Je ne reviens pas sur ce que ces faits ont d'extraordinaire. Ce qui m'est apparu dans la nuit du 13 au 14, c'est que Daniel(le Trussoni) a baptisé Michael son Maître des énigmes. Il est connu de tous comme "Mike", mais un lien magique semble l'unir à Jess Price, laquelle l'appelle d'emblée de son nom de baptême, Michael.
  Ce lien a permis à Jess de résoudre ce casse-tête, et de comprendre que ses indices constituaient une signature alphanumérique:
  Je me demande si le spécialiste en énigmes qui a collaboré avec Danielle a trouvé cela à partir du nom Mike Brink, ou si le nom découle en partie du casse-tête. Quoi qu'il en soit, en écrivant ceci, ce 15 juillet, je m'avise que Michael Brink donne, transcrit en lettres hébraïques,
מיכאל  ברינך
= 40+10+20+1+30  +2+200+10+50+20  = 383,
or ce billet est le 383e de Quaternité, et le billet précédent, 382e donc, s'est conclu avec une coïncidence imprévue sur le nombre 382, ignorée au départ.
  Le seul autre casse-tête donné dans le roman utilise la signature MIKE B, soit 38 2... J'envisageais comme numéros alternatifs des deux précédents billets 38-1 et 38-2, pour Leben-1 Death-2, 1La vie 2mortelle...

  Les choses vont très vite en ce moment, tant que je n'arrive plus à suivre toutes les pistes qui s'ouvrent et s'enchevêtrent avec les précédentes, et ce matin du 16 vient une nouvelle sidération.
  En exergue du roman figure une autre version du diagramme essentiel, supposée être une reproduction faite par Jess de mémoire. Il n'y figure pas les carrés blancs et noirs du pourtour, et la couronne intérieure ne compte que 45 lettres, et non 72 (45 et 72 sont les remplissages du Tétragramme avec des Alef et des Yod, mais c'est une autre histoire).
  Les 45 lettres forment 17 groupes de 1 à 4 lettres, la plupart dénués de signification, excepté le 7e, avec aux rangs 32-33-34 les lettres יבצ, soit ÇBY, tsevi (ou zwi), "cerf", dont l'atbash est HSM, HaShem, "Le Nom", désignation de YHWH.
  Je rappelle que YHWH est codé sur le cercle aux rangs 3-15-51-63, moyenne 33, comme les rangs 32-33-34 de ÇBY.

  Les idées se bousculent dans ma tête, et je me borne à rappeler que c'est par hasard que j'ai ouvert ce livre, juste après ma recherche du jeu ÇBY-HSM, m'ayant mené à la note 235 de Scholem sur la lettre de Sabbataï Zwi, le "Cerf céleste".
  Cette lettre est un patchwork de citations bibliques, où se distinguent trois versets consécutifs, Exode 23,20-21-22, traitant de l'ange de Dieu, le même ange que celui d'Exode 14,19-20-21, Michael...

  Décidément, l'éon Napol fait plus qu'exagérer, mais je ne trouve pas de terme adéquat. J'ai bien sûr conçu ce titre à partir d'une chanson de Brassens, en remplaçant son "Dieu" par Napol, mon éon personnel dont le nom est explicité ici. La première forme qui m'est venue s'est imposée lorsque j'ai vu que
si l'éon Napol existe il exagère
compte 26 lettres, 26 gématrie des lettres hébraïques YHWH, et que la valeur des 26 lettres est 300, gématrie de MÇPÇ, l'atbash de YHWH.