13.2.10

4 avril - 17 janvier

Rohmer est mort le 11 janvier dernier, occasion pour moi de découvrir qu'il n'était pas né le 4 avril 1920 comme on le voyait le plus souvent, soit un dimanche de Pâques, mais le 21 mars, 14 jours plus tôt.
Pourquoi croyait-on qu'il était né le 4 avril ? Il me semble queil n'a pas passé l'hiver c'est lui qui a accrédité cette date, notamment en soulignant la sortie de son film Conte de printemps le jour de son 70e anniversaire, le 4 avril 1990. Ce ne peut guère être par coquetterie qu'on se rajeunisse de 2 semaines, aussi la date symbolique de Pâques constitue-t-elle un semblant de motif, en accord avec mes inquiétudes développées ici.
J'ai vérifié sur Wikipédia, référence du web, qui indique désormais qu'il est né le 21 mars à Tulle et non comme jadis le 4 avril à Nancy, et ai eu la curiosité de consulter les fichiers annexes discussion et historique, ce qui m'a permis d'apprendre que la bonne date était déjà présente avant la mort de Rohmer.
Elle est apparue pour la première fois sur Wikipédia le 31 août 2008, soit le jour de ma lecture de Des jours et des nuits, le roman de Sinoué qui allait me conduire à ma découverte sur le 4/4/44 chez Jung 8 jours plus tard, d'abord relatée ici, avant la création de Quaternité. J'ai eu l'occasion de revenir sur ces dates du 8 septembre et du 31 août, qui sont aussi des dates particulières du calendrier pataphysique, le 1er Absolu, ou Nativité de Jarry, et le 21e jour du 13e mois qui me séduit pour les raisons développées ici.

Cette mise à jour sur la naissance de Rohmer était prévue sur mon autre blog, où j'avais choisi de ne pas y consacrer un billet complet. Je comptais le mentionner en épilogue à un approfondissement sur la curiosité qui m'avait fait placer dans ma nouvelle L'enchanté réseau l'arrivée de mon personnage calqué sur Bérenger Saunière le 17 janvier 1888 à Rennes-le-Château (RLC), date qui s'est révélée ensuite être l'exacte section d'or de la période couverte par ma nouvelle, de la naissance de l'abbé le 16 avril 1855 à sa découverte du 16 avril 1908, son 53e anniversaire, un Jeudi saint.
Lorsque j'ai découvert que Wikipédia avait introduit le 31 août 08 la vraie naissance de Rohmer, il m'a semblé que le sujet concernait plutôt Quaternité, et puis les approfondissements sur Saunière m'ont fait découvrir que lui était réellement né un dimanche de Pâques, le 11 avril 1852. Je découvrais donc à peu près en même temps que Rohmer avait trafiqué sa bio pour naître le jour de Pâques, tandis que j'avais trafiqué inversement celle de Saunière, et je l'ai donc mentionné en fin de mon billet Blogruz.
Et puis mes approfondissements sur l'énigme RLC m'ont mené à cette page, offrant un formidable écho à plusieurs de mes préoccupations. Il faut d'abord rappeler que l'affaire RLC est essentiellement une manipulation du couple Plantard-Cherisey, qui a forgé dans les années 60 toute une série de documents étayant les fantastiques hypothèses émises dans L'or de Rennes, publié en 1967 sous la signature de Gérard de Sède. La publication de centaines d'ouvrages sur la question a ensuite à ce point brouillé le jeu que, malgré la publication 20 ans après la mort de Cherisey, conformément à ses voeux, d'un opuscule où il avouait avoir fabriqué les principaux documents en cause, il se trouve toujours quantité d'adeptes occupés à décrypter ces documents supposés receler les secrets les plus fabuleux. Ils ne sont en rien aidés par des auteurs peu scrupuleux ayant compris que le sensationnalisme est plus vendeur que la démystification, témoins les 86 millions d'exemplaires vendus de par le monde du Da Vinci Code, fondé sur le Prieuré de Sion imaginé par Plantard.

Toujours est-il que l'un des éléments extrêmement controversés de l'affaire est la pierre de Coumesourde, prétendument observée dans les environs de RLC mais qui a disparu, présentant cette inscription énigmatique (du moins dans la version publiée dans L'or de Rennes).
J'avais utilisé la formule in medio linea ubi M secat linea parva dans une de mes anagrammes, sans avoir d'idée particulière à son sujet. C'est simplement qu'il s'agissait d'un élément clé du folklore RLC, et que la principale difficulté dans la réalisation d'une anagramme de 128 lettres est l'immensité des possibilités, qu'il importe d'abord de réduire en introduisant d'emblée des énoncés choisis.
La page précitée émane d'un chercheur "sérieux", Mariano Tomatis, qui suppose que l'inscription doit beaucoup à Plantard-Cherisey, et qui pense que sa signification est liée aux vues ésotériques de Plantard pour lequel RLC faisait partie d'un "Triangle d'Or" Gisors-Stenay-RLC. Il s'appuie sur un schéma publié dans Le trésor du Triangle d'Or en 1979 par Jean-Luc Chaumeil, qui fit un temps partie de l'équipe Plantard, schéma semblant de la main de Cherisey.
Quoi qu'il en soit, les équivalences données pour les sigles SAE et SIS me frappent particulièrement, puisque ce sont Saint Antoine l'Ermite, dont il a été amplement question ici, fêté le 17 janvier, et Saint Isidore de Séville, fêté le 4 avril.
C'est donc pour moi tout à fait surprenant de trouver ces dates en parallèle, puisque sans connaître ce document j'ai rapproché l'équilibre doré imaginé par hasard dans la vie de mon abbé autour du 17 janvier (1888) de ma découverte du schéma quintessentiel dans la vie de Jung, autour du 4 avril (1944).
Mieux, PS pour le 3e sommet du triangle correspondrait pour Plantard-Cherisey à la fête du Pape Sergius, le 84e pape mort le 8 septembre 701, or c'est le 8 septembre 2008 que j'ai découvert, dans les circonstances déjà narrées, le schéma autour du 4/4/44. Qui plus est, j'avais jusqu'ici principalement vu ce 8 septembre comme le 1er Absolu de l'an 136 du calendrier pataphysique, mis en relation avec les valeurs 84 de HAEMMERLI (Theodor) et 52 de JUNG (Carl), et je découvre que Serge Ier a été en compétition avec l'antipape Théodore II.
Si je ne sais ce qu'Isidore aurait à voir avec Stenay, ou Serge avec RLC, la 3e équivalence du schéma est plus familière puisque Saint Antoine et le 17 janvier sont multiplement liés à RLC, et que la formule in medio linea ubi M secat linea parva désignerait l'église parisienne de Saint-Sulpice (également fêté le 17 janvier), à l'intersection du méridien royal de Paris et de la "petite ligne" joignant Gisors au minuscule village de Sainte-Colombe dans l'Yonne, au centre (calculé je ne sais comment) du Triangle d'Or. Je suis encore ébahi de trouver St-Sulpice lié à cette formule puisque mon billet sur Blogruz était principalement motivé par la découverte dans les écrits de Plantard d'une fantaisie concernant un prétendu rituel "Midi Pommes bleues" à St-Sulpice le Jeudi saint.

Et puis il y a cette Sainte Colombe au milieu du triangle.
Il se trouve qu'il y a un Saint Ursin au milieu de notre hexagone sur la couverture de Circuit, une brochure publiée confidentiellement par Cherisey en 1971, contant le périple aussi initiatique que farfelu des jeunes Charlot et Madeleine, visitant les hauts lieux de la mythologie plantardienne.
Il me semble que ce Saint Ursin est écrit de la même main que Sainte Colombe sur le précédent document. Je précise d'emblée que j'ai nommé mon abbé Ursin-Enée Bargère à cause de cette couverture, bien plus connue que le contenu de la brochure. On trouve ici un résumé de Circuit, et une traduction anglaise du chapitre XIII, où il est question des lieux traversés par la Méridienne, la Rose Ligne.
Parmi une énumération assez succincte, il y a donc La Chapelle Saint-Ursin, près de Bourges, au centre du parcours français de la Méridienne, Rennes-les-Bains, la commune voisine de RLC, et j'y remarque Colombiès, dans l'Aveyron. Cherisey précise que Sainte Colombe y a résidé de 201 à 229, accompagnée de son ours familier, et que c'est Saint Sulpice qui a instauré son culte sous le règne de Dagobert II, informations bien entendu fantaisistes.
A propos de l'église St-Sulpice, il donne une version légèrement différente de la baliverne plantardienne du "midi pommes bleues" le Jeudi saint : le disque de cuivre marquant l'équinoxe de printemps aurait renvoyé une lueur verte. Des goûts et des couleurs...

J'ai reporté grâce à GoogleEarth les principaux lieux sur la carte ci-contre, avec le triangle Gisors-Stenay-Ste-Colombe en jaune et les principaux lieux sur la Rose Ligne (en choisissant Ste-Colombe dans l'Yonne plutôt que Ste-Colombe dans la Nièvre, comme le propose Chaumeil, car il n'y a pas d'alignement possible avec Gisors et St-Sulpice, alors que l'autre alignement est parfait).
Toujours est-il que Plantard et Cherisey semblaient obnubilés par l'ours et la colombe, au point de forcer l'interprétation de documents qu'ils ont néanmoins vraisemblablement trafiqués... Car il est difficile de faire coller ce schéma à la pierre de Coumesourde, et j'ai dû renoncer à faire figurer le supposé Triangle d'Or avec RLC (ou RLB), très peu compatible avec l'explication proposée. Le supposé blason de la famille Plantard de Saint-Clair (bien entendu forgé par Pierre Plantard) fait apparaître deux ours, et il faut au moins reconnaître à Plantard de la suite dans les idéesles deux colombes de Colombes n'attendaient que les deux ours de Plantard car il a passé ses 20 dernières années à Colombes (au 110 rue Henri-Dunant), sur la linea parva Gisors-Ste-Colombe...
Non seulement j'ai depuis longtemps rapproché colombe et ours, à cause de leurs équivalents anglais dove et hébreu dov, mais une coïncidence très récente m'a en quelque sorte imposé d'en parler sur Quaternité, la découverte du carrefour de la rue des Ursins et de la rue de la Colombe sur l'île de la Cité, un autre "centre" (on sait que le point zéro à partir duquel les distances routières sont calculées est sur le parvis de Notre-Dame).
Si Plantard était un mythomane avéré, il semble avoir été capable d'un discours relativement cohérent pour faire passer ses idées, sans quoi il n'y aurait vraisemblablement pas eu d'affaire RLC, à ce niveau du moins. Le hasard d'une recherche sur les mots iona et dov (colombe et ours en hébreu) m'a mené à cette page d'un site américain qui a dû nécessiter des mois de travail, démontrant (!) avec 1140 citations à l'appui que la famille Plantard est satanique, résultant de croisements entre démons divers, extraterrestres, agents de la CIA, docteur Mengele...
Ici des lettres de Cherisey montrant son écriture et des extraits d'une première version de Circuit.

C'est probablement en pensant au roman de Maurice Leblanc Le Triangle d'or que Plantard a dénommé son triangle, les aventures d'Arsène Lupin revenant à diverses reprises dans ses affabulations. Sans connaître les correspondances de la pierre de Coumesourde, incluant la St-Isidore du 4 avril, j'ai publié en 2008 La Victoire d'Arsène Paterne, repris avec des ajouts sur mon site, explorant précisément une triangulation des fêtes de trois saints, à partir d'une curiosité du roman de Leblanc.
Il débute dans la nuit du 3 au 4 avril 1915, qui était cette année la nuit pascale. Il s'y révèle que Armand, père du héros Patrice (car Lupin n'apparaît que dans la seconde partie), n'était pas mort le 14 avril 1895 comme on le pensait (un autre dimanche de Pâques !) Patrice n'aura pas la joie de le serrer dans ses bras car Armand est assassiné pour de bon ce 4 avril 1915 (mais c'est au lecteur qu'il incombe de découvrir par lui-même qu'il s'agit de dimanches de Pâques).
Un mystère entoure l'heure de la mort d'Armand, développé dans les chapitres 6 et 7, Sept heures dix-neuf et Midi vingt-trois. Un ami ayant remarqué que 7/19 ou 19/7 pouvait faire allusion au 19 juillet, la St-Arsène, je me suis avisé que 12/23 ou 23/12 correspondrait de même au 23 décembre, la St-Armand, ou la Ste-Victoire, les deux pouvant être jugés significatifs puisque Victoire est la nourrice de Lupin.
Plongé depuis quelques jours dans des documents relatifs à RLC, j'y ai vu que Dagobert II était mort à Stenay le 23 décembre 679, et qu'en conséquence, ce bon Mérovingien ayant été canonisé, la Saint-Dagobert se fête aussi le 23 décembre. Plantard, se prétendant descendant de Dagobert et utilisant volontiers des calculs numérologiques autrement plus sophistiqués, aurait pu le remarquer. De là à en déduire un lien avec l'association dans son Triangle d'Or du 4 avril à Stenay, il n'y a qu'un petit pas que je me garde de franchir...
Pour revenir à mes obsessions personnelles, je constate que ce nouveau couple ARSENE-DAGOBERT se traduit par les valeurs 62-72, soit ARSENE-LUPIN, et j'ai développé ici plusieurs cas troublants à l'appui d'une éventuelle pratique numérologique de Leblanc autour du nom de son héros. Je devais découvrir ensuite que le schéma quaternitaire de la vie de Jung avait pour unité 6272 jours, Carl Jung ayant vécu 6272 jours après l'échange de destinées avec son médecin Theodor Haemmerli, le 4 avril 44, 29 ans après ce 4 avril 1915 où Leblanc imaginait un autre échange : Essarès tue Diodokis (à 7 h 19) et prend sa place (à 12 h 23).
Curieusement on trouve
ESSARES = DIODOKIS = CARL JUNG = 86
Diodokis étant en fait Belval, père de Patrice, on aurait l'échange réel entre
BELVAL = 54 et ESSARES = 86,
nombres en rapport d'or comme
JUNG = 52 et HAEMMERLI = 84.
J'ai encore songé à regarder quelles étaient les Saint-Charles et Saint-Théodore, soit les 4 et 9 novembre, ce dernier jour fêtant également Saint-Ursin tandis qu'il y a une Saint-Jonas le 5 novembre. Jonas est la grécisation de l'hébreu iona, "colombe", et une autre curiosité découverte en écrivant ce billet concerne cette forme (une autre Saint-Jonas le 31 août, vu plus haut).
Dans le n° 10 des Monitoires du Cymbalum Pataphysicum (1988), Ruy Launoir (alias Paul Gayot) envisage d'identifier Corvigny, la ville frontière autour de laquelle se trame L'Eclat d'obus, le roman précédant Le Triangle d'or,le blason de Stenay, avec un chevron d'azur et un LYON d'or pouvant appuyer sa triangulation avec la colombe de L'YONNE à Stenay, la ville royale de Dagobert II.
Leblanc présente Corvigny, dans la vallée du Liseron, protégée par deux forts, le Petit-Jonas et le Grand-Jonas. Plantard, le "rejeton ardent" des Mérovingiens, a fait figurer dans son blason vu supra le lys royal entouré de deux ours correspondant évidemment dans son système aux Grande et Petite Ourses.
Patrick Ferté identifie également 4 ans plus tard Corvigny à Stenay dans sa lecture hallucinée de Leblanc, Arsène Lupin supérieur inconnu (1992). Il y remarque le LISeron mérovingien (page 202), mais ne relève pas les deux JONAS alors que peu avant (page 185) il étudiait une coïncidence avec Sainte-COLOMBE centre du triangle Gisors-Stenay-RLB.
Ruy Launoir proposait avec une certaine distance ironique sa propre cartographie des hauts lieux lupiniens, privilégiant un quadrilatère ESOS (Etretat-Sarzeau-Ormes-Stenay), dont les diagonales se coupent au manoir de La Motte, "où Leblanc vécut l'hiver de 1915, coeur de sa période ésotérique."
Si Launoir déplore l'absence de lieux lupiniens sur la Méridienne, du moins l'axe essentiel Etretat-Ormes (où se passe le très curieux L'image de la femme nue) passe-t-il par Bourges (ou St-Ursin).

Après ces digressions diverses je reviens à mon article original, où j'avais privilégié pour les dates clés les saints Victoire et Arsène, remarquant que leurs valeurs 101 et 62 sont en rapport doré. Or on appelle (ou appellera puisqu'à ma connaissance le terme est postérieur à Leblanc) triangle d'or un triangle rectangle dont les côtés sont en rapport 1, √φ et φ (voir l'article pour plus ample explication). Dans le cas présent, √φ correspondrait, arrondi au plus proche entier, à 79, et je me suis demandé s'il existait un prénom de cette valeur, correspondant à un jour significatif.
Or non seulement ce prénom existe, PATERNE, mais les deux seuls patrons Paterne connus sont fêtés les 15 et 16 avril, les deux jours où Lupin résoud l'énigme du triangle, qui de plus est une affaire de "paternité".
Je rappelle qu'à l'origine de ce billet il y a l'harmonie d'or qui a relié le 16 avril lupinien au 17 janvier de RLC, ce qui m'a fait m'intéresser au Triangle d'Or de Plantard, concernant les 17 janvier et 4 avril, et m'a rappelé cet autre triangle d'or, concernant un 16 avril, solution d'une énigme posée le 4 avril...

Ce triangle d'or est aussi dit géométrique, car c'est le seul triangle rectangle dont les côtés soient en progression géométrique. Il est volontiers rapproché du seul triangle rectangle ou Sous les trépans car Paterne est l'anagramme de trépanédont les côtés soient en progression arithmétique, le triangle de côtés proportionnels à 3-4-5.
J'avais précisément basé en 1999 mon roman Sous les pans du bizarre sur ce triangle, en imaginant trois assassinats les 3/3, 4/4 et 5/5 aux sommets d'un tel triangle. Si je ne m'étais pas alors soucié des saints des jours correspondants, j'y exploitais néanmoins le fait que Pâques tombait cette année-là le 4 avril.
J'avais négligé de mentionner, à propos des triangle et sceau de Salomon centrés sur Ste-Colombe et St-Ursin, la récurrence de ces figures sur Quaternité, mais le triangle de mon roman me rappelle la découverte en 2000 d'un triangle approximativement isocèle, comme celui de Gisors-Stenay-Ste-Colombe, formé par trois crimes dans des lieux "Saint-", Marcellin-Quentin-Etienne, dans un roman de Demouzon.

Michel Bussi semble avoir également perçu les liens entre ours et colombe, car dans Code Lupin (2006), parodie de Da Vinci Code, Roland Bergton cherche avec son amie Paloma (colombe) un trésor dont une clé est la Grande Ourse, ce qui le mène au coeur d'un autre triangle approximativement isocèle, naturellement baptisé triangle d'or, où l'ultime indice est recelé dans le colombier d'un autre St Sulpice...

PS : On m'a signalé cette page qui donne les 5 premiers chapitres de Circuit. Cherisey y signale que le nom Grégoire et Amédée de son fameux duo radiophonique avec Roland Dubillard est issu du Triangle d'or de Leblanc, où deux personnages nommés Grégoire et Amédée sont assassinés près de la future Maison de la Radio.
Si ces assassinats sont bien présents dans le roman, la Maison de la Radio n'était qu'en projet lorsque le duo a choisi son nom en 1953. Quoi qu'il en soit du degré de cette coïncidence, elle invite à réviser le rôle de Cherisey dans la fabrication du mythe, au moins pour le Triangle d'Or (qui n'est pas rien puisqu'il englobe les trois lieux que Gérard de Sède fut chargé de mythifier dans trois ouvrages).

Michel Bussi m'a signalé que son colombier St-Sulpice au centre d'un Triangle d'or cauchois n'avait rien à voir avec les fantaisies cheriso-plantardiennes. Il a tout simplement été frappé par le réel colombier dodécagonal à proximité de Hautot-Saint-Sulpice.

26.1.10

Prof C. Eppes

à Fred & Jacques

Retour sur le dernier billet.
J'ai rejeté un oeil sur l'épisode Le chemin de croix (Thirteen) de Numb3rs, et une oreille pour m'assurer qu'il y était bien énoncé que les numéros de téléphone des victimes se finissent par 26, rendant bien mal la version originale. Effectivement (vers 18'), et on voit à cette occasion une autre page d'annuaire avec une nouvelle série de numéros 555 01 XX, celui de la victime John/Jean étant cerclé, 555 0119 dont la somme des chiffres est bien 26. Ceci relance l'énigme de l'autre page, donnée dans le dernier billet, où le numéro de la victime ne correspondait pas à celui indiqué par ailleurs, 555 0164 dont la somme des chiffres est aussi 26.
J'ai aussi consacré quelques instants aux Rivières pourpres 2, car j'avais survolé rapidement le film à ma première vision, me concentrant sur le jeu JEO-730, dont voici une autre illustration.
Il y a bien 12 apôtres + Jésus, portant les prénoms et exerçant les professions des apôtres originels, ils sont assassinés sadiquement mais sans spécialement répéter les conditions des martyres originels, comme je l'ai lu dans un commentaire. Une photo a immortalisé une réunion des restaurateurs du monastère :Dont Actes (des apôtres...)

Attendu que la spécialiste en théologie du film se prénomme Marie, que le tueur de Numb3rs tue une Marie parce qu'il voit en Marie de Magdala le 13e apôtre, que j'ai reçu le jour où j'ai écrit ce dernier billet le livre de mes amis Fred et Jacques contenant, entre autres, une énigme proposant de déchiffrer le nom Marie de Magdala, il m'a semblé nécessaire d'étudier attentivement cette énigme, Les amants de l'autel.
Le matin de Pâques 2033, on découvre dans la cathédrale de la Résurrection que le Christ de taille humaine en bois sculpté n'est plus sur sa croix. Le seul indice est un carnet ouvert sur ces deux pages :

. . . Cinq heures du soir. La fermeture. Vite ! Oui.
. . je me cache derrière le pilier, maintenant que la
. .vieille servante me tourne le dos. Ô divin Epoux,
. .c'est toi qui m'inspires cette ruse ! Tu es si
. . . . . impatient de mon corps ! Il sera bientôt tout à
. . . . .toi. tout à l'heure, quand la porte se sera
. . . refermée sur le grand silence, je me glisserai
hors de cette zone d'obscurité. Complètement nue
. . . . comme une Eve descendue d'un vitrail, je foulerai
. . . . .les dalles glacées des travées restées désertes,
. .je viendrai vers toi comme je l'ai fait il y a
deux mille ans, te rappelles-tu ? Des bougies
. . .répandaient sur moi la plus douce lumière qui se
. . . . pût souhaiter ; des courants d'air follets
. . frôlaient ma peau avec des mains invisibles.

. . . .Depuis, je t'attends. Pas un soir sans que je
pleure comme une moi-même ! Maître, comme tu
. .m'as manqué souvent ! Ô Rabbouni, comme je serai
. . . bienheureuse de pouvoir te toucher à nouveau !
. . Oui, tout à l'heure je viendrai devant ton autel,
. .les mains sur mes beaux seins de lune. Et après,
. .quand je me serai étendue sur le marbre de
. . . . . Carrare, tu reprendras ta véritable substance,
. . . . .tu t'animeras et, descendant du Tau, tu viendras
. . . vers moi. Et nous nous aimerons, et ta chair me
blessera au-dedans de moi ! Mais cette blessure
. . . . sera douce en comparaison des tiennes qui font
. . . . .mon admiration. Je grelotte. Comme les dalles
. .sont froides sous mes pieds ! La dame est sortie, le
portail s'est refermé. Je n'aperçois plus la
. . .béance de lumière tout là-bas. Me voici à nouveau
. . . . naufragée dans le grand silence de ta maison. Et
. . ces syllabes susurrées ? Est-ce toi qui viens
. . . .d'appeler mon nom ?

Cette brûlante confession couvre 34 lignes sur une largeur maximale de 57 espaces. La seconde page permet de déchiffrer dans la colonne médiale les lettres Marie de Magdala, ici en jaune. Le plus immédiat était de regarder ce qui se passait sur la première page, où j'ai découvert dans cette même colonne
apeco,stdde-pce
PCE offre un écho immédiat, puisque le héros de Numb3rs est Charles Edward Eppes, Professeur de maths à CalSci.

Ces groupes de 3-5-5 lettres peuvent évoquer les lettres de rangs correspondants, soit C-E-E, initiales de Charles Edward Eppes. Ce procédé est utilisé à plusieurs reprises dans les autres énigmes du livre. La somme 13 pourrait faire allusion à l'épisode en question, Thirteen en VO.
Mes amis étant des spécialistes de l'anagramme, j'ai cherché des arrangements des lettres apeco stdde pce :
C.E. Eppes, odd act me séduit. En anglais act recouvre les mêmes sens que l'acte français, action ou partie d'une pièce de théâtre. L'adjectif odd signifie "impair", mais aussi "étrange". Cet épisode Thirteen est encore le 65e de la série, doublement impair donc, je ne peux juger s'il est spécialement étrange.
Da C.T. Eppes Code ne serait pas mal, en référence à la vogue des thrillers ésotérico-religieux, mais il impose une distorsion aux initiales du Professeur Eppes, qui pourrait se justifier par le diminutif Ted pour Edward.
P.C.E., sept-dodéca en gardant les initiales propices du Prof C. Eppes et en soulignant le lien entre les meurtres illustrant les 7 péchés capitaux de Se7en et ces nouveaux martyres des 12 apôtres.
J'ai demandé à Fred, avec un clin d'oeil, quelle était la bonne solution, et il m'a confirmé que son compère et lui n'avaient rien cherché d'autre que cacher Marie de Magdala. Il a cependant un faible pour ma seconde proposition, car, dans une première version de l'énigme, la scène se déroulait dans l'église Ste Marie-Madeleine la plus célèbre de France, sinon du monde, celle de Rennes-le-Château, en écho à L'énigme sacrée et autre Da Vinci Code.

Je me sens encore particulièrement concerné par le fait que les 13 lettres du message involontaire concernent 13 lignes parmi les 34 du message. Je retrouve les trois nombres de Fibonacci 13-21-34 auxquels j'ai consacré plusieurs billets, notamment Signé AL-RC et CARL A RLC. Il y était question de mes publications de mai, parues sans planification aucune de ma part sous les numéros 13-21-34 dans diverses collections. 34 pour l'OdS 34, recueil de nouvelles sur Rennes-le-Château, précisément, où ma contribution était basée sur l'anagramme, 13 pour la BLO 13, hommage à Jacques Perry-Salkow, co-auteur de Mots d'amour secrets et par ailleurs auteur de plusieurs recueils d'anagrammes.La BLO, ou Bibliothèque Liste-Oulipienne, est une collection à tirage réduit d'œuvres collectives produites irrégulièrement pour fêter des événements importants qui touchent des membres de la liste Oulipo. La préparation des BLO 13-14 constituèrent un épisode cocasse, unique dans les annales. Il existe un "noyau dur" d'une bonne vingtaine de contributeurs, avec quelques responsables à qui s'adresser pour suggérer l'idée d'une nouvelle BLO, ce qui en cas d'agrément est suivi par la création d'une liste internet des contributeurs pour préparer le volume, en évitant bien sûr d'y inscrire son destinataire.
En décembre 08 Jacques signala que Fred aurait 40 ans en septembre, ce qui conduisit à la création d'une liste blo13, pour préparer la BLO13 pour Fred. Le mois suivant, Fred signala que Jacques aurait 50 ans en juin, et c'était évidemment un événement à saluer par une BLO. Il fut donc créé une liste jps13, sans Jacques, pour préparer la BLO 13 pour Jacques, tandis que la liste blo13, sans Fred, préparait la BLO 14 pour Fred, mais toujours supposée être la BLO 13 pour ne pas mettre la puce à l'oreille de Jacques. Enfin une liste blo1314, sans Fred ni Jacques, tentait de gérer cette situation périlleuse...
Cette digression pour expliquer que la BLO 13 pour Jacques aurait pu être pour Fred, qui a donc eu la BLO 14. A remarquer que l'énigme effective Marie de Magdala porte sur 14 lettres, tandis que les 13 autres lettres de la colonne centrale offrent de curieuses possibilités, malgré l'absence d'intention.
13 lettres sur 34 lignes donc, les autres 21 correspondant à Marie de Magdala, quelques espaces et signes de ponctuation. J'avais indiqué dans le précédent billet qu'il était aisé de deviner la suite de type Fibonacci à partir des 3 dernières lignes du tableau trouvé à côté du corps d'André, sans expliquer que c'était parce que ces lignes débutaient par les chiffres 13..., 21..., et 34...
Ceci n'est pas directement voulu par les scénaristes, mais la conséquence de la volonté de construire une suite de type Fibonacci à partir d'un numéro de téléphone fictif, débutant par 55..., nombre de la suite classique de Fibonacci.

Ceci m'a fait prendre conscience que les initiales de Charles Edward Eppes correspondent à des nombres de Fibonacci, 3-5-5, dont la somme est encore un nombre de Fibonacci, 13, ce qui le prédestinait à cet épisode Thirteen, d'autant que ses prénoms sont aussi ceux d'un homme qui s'est évertué à imposer la suite de Fibonacci à l'humanité, Charles Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, avec son échelle du Modulor qui n'est autre que la suite de Fibonacci, mesurée en pouces pour la série Bleue, en demi-pouces pour la série Rouge.

Au fait, ma contribution à la publication 21, le n° 21 de la revue Fleur de Lune, concernait Fred. Enfin pas ce Fred-là, mais Fred Vargas.

Ma contribution à la BLO13 est ici, celle à la BLO14 ; en partie à cause de la contrainte employée pour mon texte, le mot "résurrection" y apparaît.Quant à la BLO12, dédiée à 4 colistiers sexagénaires en 2008, je me souviens à l'instant que ma contribution exploitait la propriété des nombres 10-11-12-13-14, dont la somme est 60 et la somme des carrés 730, le nombre fétiche des montanistes, tandis que 50, somme des carrés de 3-4-5, est vénéré par les quenanites de Et le 8e jour..., dirigés par le Maître assisté du Conseil des Douze.

L'ensemble des BLOs est consultable ici.

22.1.10

Chrimson Numb3rs

à Ariaga

Un billet de transition, dicté par quelques récentes visions télévisuelles et streamesques.
Le 30 octobre dernier, j'ai eu la curiosité de regarder Les rivières pourpres 2, à cause de son prétexte religieux. Scénario lamentable, mais offrant un écho à mon billet de novembre 2008, L'heure du chrisme, où je remarquais que 1944 était la première année du calendrier grégorien où la Semaine sainte présentait les mêmes particularités que la semaine le plus souvent alléguée pour la Passion, où Jésus aurait été crucifié le vendredi 7 avril 30, 14 nissan du calendrier hébraïque, veille de la Pâque juive.
Cette date est controversée, mais c'est celle qui a été adoptée par les scénaristes du film, et qui est au coeur de l'intrigue car la secte des montanistes voue un culte à ce 7 avril 30 sous la forme du nombre 730. Ces montanistes prévoient un bouleversement mondial 730730 jours après ce 7-30, soit le 27 novembre "de l'année en cours", selon le film, alors que ce programme livre le 6 décembre 2030.
Deux choses m'ont frappé, d'abord ce nombre sacré 730, alors que la secte des Quenanites vénère le nombre 50 dans Et le 8e jour... d'Ellery Queen, qui se passe pendant la Semaine sainte du 2 au 9 avril 1944. Je crois avoir démontré que Dannay (Queen) a trouvé ce nombre sacré 50 dans Les manuscrits de la Mer Morte de Millar Burrows, où il est supposé que la vénération des Esséniens pour ce nombre était liée à la somme des carrés des côtés du triangle isiaque :
3² + 4² + 5² = 50 avec 3² + 4² = 5² = 25.
Or la relation suivante pour des carrés d'entiers consécutifs est
10² + 11² + 12² + 13² + 14² = 730 avec
10² + 11² + 12² = 13² + 14² = 365.
Et puis au centre du document essentiel présenté dans le film, le mandala des montanistes, il y a un chrisme, alors que, plutôt gratuitement, j'avais illustré mon billet L'heure du chrisme de chrismes, essentiellement à cause du calembour titre.
Ci-dessous le détail de l'emblème des montanistes, avec le chrisme central entouré de 4 fois ce qui est d'abord pris pour les lettres JEO, pour Jeova, et qu'on apprend ensuite être le nombre vénéré 730.Ceci ne m'avait pas paru justifier un billet. Et puis mes yeux sont tombés dans mon programme TV sur le résumé de l'épisode Le chemin de croix de la série Numb3rs, rediffusé par M6 le 9 janvier dernier. Je l'ai regardé un peu plus tard sur M6Replay, et ai été frappé de quelques ressemblances avec Les Rivières 2, qui se sont précisées grâce à ce commentaire critique.
Dans le film, le monastère montaniste a été restauré par 13 personnes portant les prénoms de Jésus et de ses 12 apôtres, et exerçant les mêmes métiers. La secte entreprend de les tuer, de la même manière que sont morts les apôtres. Les flics enquêteurs reçoivent l'aide d'un expert en théologie, ils s'attendent à un vieux prof et il s'agit en fait d'une nana plutôt craquante.
Dans l'épisode de Numb3rs, dont le titre original est Thirteen (13), un psychopathe entreprend de tuer des personnes portant les prénoms des apôtres, de la même façon qu'ils sont morts. Comme Marie de Magdala serait le "13e apôtre", il tue aussi une Marie. Les flics enquêteurs reçoivent l'aide d'un expert en théologie, ils s'attendent à un vieux prof et il s'agit en fait d'une nana plutôt craquante. On peut ajouter l'inversion de la lettre E en chiffre 3, valable pour chaque épisode de la série Numb3rs, qui a débuté en 2005, postérieurement au film (2004).
Je ne connaissais de Numb3rs que les premiers épisodes, qui m'avaient semblé d'un total inintérêt. Ici la mention de Fibonacci a éveillé mon attention. Un certain Peter est retrouvé crucifié la tête en bas, comme l'apôtre Pierre. L'assassin a peint une fresque centrée sur un carré de chiffres, comme il l'avait fait pour la victime précédente, un Andrew-André. Le génial Charlie Eppes demande à voir une photo du carré de chiffres précédent, ce qui lui permet presque aussitôt d'y déceler une suite de Fibonacci, qui se poursuit sur le nouveau carré, mais avec une séquence de 7 chiffres manquante, correspondant au numéro de téléphone de Peter. L'assassin avait aussi laissé une page d'annuaire avec ce numéro souligné. Un rapide calcul permet à Charlie d'énoncer les 7 chiffres qui formeraient la rangée suivante après le second carré, qui correspondent effectivement au numéro de la victime suivante, un nommé Thaddeus qui a déjà été enlevé par le tueur.
Il va de soi qu'en temps réel le spectateur ne peut vérifier ces calculs, mais les tableaux apparaissent très clairement et des captures d'image permettent de vérifier qu'effectivement les deux tableaux sont complémentaires, et que le numéro de Peter découvert par Charlie fait bien le lien entre la dernière rangée du tableau 1 et la première du tableau 2 :
3430190 +
5550164 =
8980354
De fait nous sommes à un stade où les termes de cette suite additive de Fibonacci ont 7 chiffres, ce qui facilite la prise de conscience de cette propriété, qu'il était d'ailleurs assez aisé de découvrir à partir des 3 dernières rangées du premier tableau.
Ainsi les concepteurs de la série ont consenti à quelques calculs pour forger ces tableaux, et à quelques efforts artistiques puisqu'il y apparaît un chiffre pourpre dans chaque colonne ou rangée, mais une contradiction apparaît avec la page d'annuaire montrant le téléphone de Peter, 555 0149 et non 555 0164.
Il faut savoir qu'une convention invitait les auteurs US de fictions à choisir des numéros de téléphone débutant par le préfixe 555, jadis inutilisé. La convention a ensuite évolué pour n'autoriser que les numéros en 555 01 XX, cas de tous les numéros montrés ci-dessus.
Pour vérifier l'assertion sur la suite de Fibonacci, j'avais divisé 8980354 par le nombre d'or (1.61803398875) et avais été surpris d'obtenir 5550164.003..., nombre remarquablement proche d'un entier. Ceci m'a conduit à quelques approfondissements dont j'épargnerai le détail pour en livrer l'étonnante conclusion : parmi les 100 numéros de téléphone possibles, celui choisi offre la meilleure approximation de ce type, parce que parmi ces 100 il est le seul correspondant au 23e terme d'une suite de type Fibonacci.
Ceci pourrait avoir une conséquence directe pour cette histoire où on apprend qu'André n'était pas la première victime du tueur. On pourrait imaginer que le tueur avait tracé lors du crime précédent un autre carré de 7x7 chiffres, avec le numéro d'André faisant le lien avec le carré suivant, or ceci n'est possible que si 555 0164 a été choisi au départ, parmi les 100 numéros permis, les 22 termes précédents de la suite de Fibonacci correspondante totalisant 106 chiffres, permettant d'écrire 15 rangées de 7 chiffres (il reste 1 chiffre en rab).
Il n'y a pas besoin de composer cet hypothétique premier tableau pour calculer ce qu'aurait été la séquence de 7 chiffres venant avant le tableau d'André et constater une étonnante harmonie : aux 17 lignes de 7 chiffres correspondent exactement 17 termes de la suite considérée, du 14e terme, 73016, le dernier à 5 chiffres, au 30e terme, 161145914, le premier à 9 chiffres.
En voici le détail, avec à gauche les 17 séquences de 7 chiffres, dont les 3 numéros de téléphone en rouge, et à droite les 17 termes de la suite de type Fibonacci :
7301611 - 73016
l'ensemble de la fresque...
8142191 - 118142
1583093 - 191158
0050045 - 309300
8809758 - 500458
1310216 - 809758
2119974 - 1310216
3430190 - 2119974

5550164 - 3430190

8980354 - 5550164
1453051 - 8980354
8235108 - 14530518
7238041 - 23510872
3906155 - 38041390
2262995 - 61552262
9365216 - 99593652

1145914 - 161145914
Il apparaît donc que le numéro d'André aurait pour préfixe 730, tandis que celui de Thaddée est formé des 7 derniers chiffres du 30e terme de la suite de Fibonacci envisagée. Par ailleurs ce Chemin de croix, en 14 stations comme il l'est rappelé au début de l'épisode, débute sur le 14e terme de Fibonacci et finit sur les chiffres 1-4. Curieux pour un scénario qui avait déjà quelques points communs avec Les Rivières Pourpres 2, et son nombre sacré 730, mais j'ai beaucoup de mal à imaginer les scénaristes de cette série plutôt affligeante avoir calculé sciemment de telles correspondances, l'inspiration de l'épisode n'ayant d'ailleurs rien d'assurée, vu la vogue des crimes en série à thématique religieuse. Je pense notamment à Se7en qui avait également inauguré le détournement d'un chiffre en une lettre.
Une large part de ces coïncidences dépendant du choix du numéro de téléphone de Peter/Pierre, 1 chance sur 100 a priori, j'ai essayé d'en trouver une motivation indépendante. On apprend au cours de l'enquête que "les numéros de téléphone des victimes finissent par 26", ce qui permet de coincer l'assassin lors de son 8e crime. Je me suis demandé si ce n'était pas une erreur de la version française, et effectivement dans l'original c'est la somme des chiffres des numéros qui doit donner 26, le nombre de Jehovah (ce qui peut être vérifié sur ce long commentaire, riche en images):
Alex has also learned that all the victims’ phone numbers added up to 26, which is equal to Jehovah.
De fait c'est bien le cas du numéro explicitement donné, 555 0164, 5+5+5+1+6+4=26, et il n'y a que 9 numéros dans ce cas parmi les 100 autorisés, ce qui fournit une probabilité plus acceptable que 1%. Par ailleurs le choix très limité de ces numéros fictifs a conduit les amateurs à les répertorier, par exemple ici, où 0164 est le seul absent des 9 (555 0119 est ainsi le numéro d'Allison DuBois dans Medium, 555 0191 celui de Dana Scully dans X-Files).
Ce n'est pas le cas du numéro de Thaddée donné implicitement, 114 5914 (somme 25), qui ne pouvait être énoncé clairement puisqu'il n'est pas préfixé 555, aussi je ne me désole pas outre mesure qu'il en aille de même pour le numéro que j'ai vu compléter symétriquement les deux tableaux, 730 1611 (somme 19).
Ce "nombre de Jehovah" fait référence au tétragramme hébreu JHWH, qu'on peut aussi transcrire JEO(E), le 730 des montanistes.

20 janvier : cessant pour un temps d'explorer les propriétés du nombre 5550164, je visite le blog ami d'Ariaga et y découvre un nouveau billet, Les prisonniers du temps. Je pense aussitôt au titre identique d'un roman de Crichton n'est pas ressuscitéMichael Crichton, lu en octobre 2000, où j'avais remarqué une coïncidence pascale. Le professeur Johnston se trouve piégé en 1357, son fils Chris et quelques amis se propulsent le 7 avril 1357 pour le sauver, et parviennent effectivement à le ramener le soir du 8 avril. Le 7 avril 1357 était un Vendredi saint, et c'est donc dans la nuit de la Résurrection, où le corps du Christ est censé avoir disparu de son tombeau, qu'une trinité composée de Johnston père, son fils Chris et sa fiancée Kate se dématérialise sous les yeux médusés des gens de l'époque.
J'avais alors considéré ceci comme involontaire de la part de Crichton, qui semble-t-il n'utilisait pas ici le calendrier julien qui s'imposait à l'époque, et la coïncidence a rebondi lorsque j'ai découvert une réelle semaine sainte julienne, du 2 au 9 avril 1889, dans le roman Le Décorateur de Boris Akounine, l'un des 5 romans couvrant exactement la semaine pascale étudiés dans mon billet Rien que huit jours.
Je mentionnais cette coïncidence dans un commentaire au billet d'Ariaga, sans faire part de mon renouveau d'intérêt pour les Vendredis saints 7 avril.
Je fréquente comme je l'ai précédemment indiqué un site de streaming, où j'apprécie le hasard des ajouts de films, m'ayant déjà permis plusieurs découvertes insoupçonnées. C'est ainsi que je découvris le 21 janvier, au lendemain de mon commentaire au billet d'Ariaga, Prisonniers du temps dans les ajouts du jour, adaptation dont j'ignorais l'existence du roman de Crichton, en 2003.
Le regarder s'imposait, et je fus ahuri d'y constater que l'expédition de 37 heures du 7 au 8 avril 1357 avait été écourtée à 6 heures, le 4 avril !
Le 4/4 encore, qui en 1357 comme en 1944 était un Mardi saint, et qui comme le 4/4/44 a été un jourla Machine d'échange, car plusieurs des élèves venus au secours de leur professeur perdent la vie en cette époque brutale.
J'avais omis de dire que l'épisode de Numb3rs commenté ci-dessus était un autre 4/4, soit le 4e épisode de la saison 4.
Il y a une autre curiosité remarquable, je ne sais si elle était déjà présente dans le roman. L'équipe scientifique qui a découvert un passage dans l'espace-temps voit qu'il mène en ces lieu et temps :
La latitude 44° peut faire écho au 4/4, certes moins remarquablement que les 44°44' de Kiseljevo ou les 44°00' de mon village du 04. Une belle coïncidence apparaît avec ce dernier billet Hexcentricités, consacré aux curiosités autour d'Oliver's Castle, puisque c'est dans la soirée du 4/4 (dans le film, 8 avril dans le roman) que le château de Castlegard tenu par lord Oliver tombe aux mains des français menés par le seigneur Arnaut. Je rappelle que j'ai retrouvé Oliver's Castle dans le film 1984, débutant le médaillon qui permet aux aventuriers de regagner leur époquele 4 avril 1984.
Les 3 chiffres composant la longitude, 0°3'7", se renversent pour donner 730 !
J'ai trouvé des références témoignant que l'expédition dans le temps vise bien le 4/4 dans le film en VO, et le 7/4 dans le roman en VO.
Ici le site officiel du film, qui a peut-être souffert de désaccords entre le réalisateur et la production, laquelle a imposé des coupes rendant le scénario peu intelligible.

J'ai commencé ce billet le matin du 22 janvier. Au courrier du matin j'avais un paquet de mon ami Fred Schmitter, contenant son récent livre écrit en collaboration avec Jacques Perry-Salkow. Parmi ces trouvailles délectables (exemples ici) il y a une lettre écrite le 17 avril 2033, soit le dimanche de Pâques, 2000 ans après la Passion originelle. Les auteurs ont ici choisi l'autre date concurrençant au premier chef la Passion en l'an 30, avec une Crucifixion le 3 avril 33.

31.12.09

ours de sable, colombe d'argent, hibou mutin

à Dom, sincèrement

Je n'en ai pas fini avec le rond-point d'Aiglun, mais les développements m'entraînent si loin que je prends un peu de temps avant d'y revenir.
Les récentes coïncidences parisiennes présentées ici ont néanmoins quelque rapport avec l'affaire "die Salbe". Après avoir appris le sens de ce mot, "onction", en rapport avec le Christ, "l'Oint", der Gesalbte, il me vint qu'il était très proche du latin salvo, "sauver", précisément le sens de la racine du nom "Jésus", Yeshoua, "Dieu sauve". Je découvris bientôt qu'un même mot anglais, salve, est aussi bien le substantif "onction" que le verbe "sauver" (moins usité que save). Je le mentionnai dans un message le 1er décembre sur le forum Unus Mundus, et le lendemain un membre américain, Gregory Sova, m'interrogea en privé sur sa généalogie, remontant à un François Sauvé né en 1622 à Libourne, qui eut pour fils Pierre Sauvé dit LaPlante.
Je ne pus alors lui répondre que des banalités, n'ayant pas encore vu qu'il existait une plante résolvant via l'allemand l'équation Jésus = Christ, la sauge, salvia en latin car ses vertus salvatrices sont depuis longtemps connues, devenue Salbei en allemand (et il y a 3 sortes de sauges sur le rond-point). J'appris en consultant le Dictionnaire des noms propres de Dauzat pour renseigner Sova que Sauvé était aussi un prénom, hommage à Jésus comme Sauveur.
Le lendemain 3 décembre je partis pour quelques jours à Paris, voyage prévu de longue date. J'avais appris peu avant que mon amie Dominique de Liège signait le soir même son dernier livre, et cette simultanéité me fit me débrouiller pour être présent, car d'autres publications de Dominique ont éveillé de remarquables échos avec mes recherches, notamment en rapport avec Jung.
Le hasard était une fois encore au rendez-vous. En faisant la queue pour faire signer mon exemplaire de Menteuse, je feuilletai le livre et découvris qu'il avait été imprimé par l'entreprise JOUVE, sise 1 place du docteur Sauvé à Mayenne.
Jouve est apparenté à Jung, via le latin juvenis, "jeune", ainsi ces 3 premiers noms m'ont aussitôt évoqué Sova descendant de Sauvé, disciple du docteur Jung. Ce n'est que plus tard que je me suis avisé que "Mayenne" entrait dans une autre coïncidence, la signature ayant été organisée avenue du Maine, or Mayenne et Maine sont deux noms locaux d'une seule et même rivière (cas aujourd'hui unique en France) qui a donné son nom à la ville de Mayenne comme au comté du Maine.

Le lendemain 4 décembre je traversais Paris à pied pour faire des recherches à la Bilipo. En arrivant sur l'île de la Cité, par le pont Notre-Dame, une dame me demanda si je savais où se trouvait la rue des Ursins. Non, mais ma curiosité éveillée me fit plus tard consulter un plan, pour découvrir qu'il existait bien une rue des Ursins sur l'île de la Cité, aboutissant rue de la Colombe... Or un de mes domaines de recherche est la relation ours-colombe, initiée par une remarque de Michel Pastoureau dans son livre L'ours, Histoire d'un roi déchu.
L'historien s'y interroge sur l'insistance des ours au voisinage des saints colombins, à commencer par Ste Colombe, au 3e siècle, qui aurait été sauvée des tourments de ses persécuteurs par une ourse :
"Peut-être est-ce dû à un jeu de mots - mais dans quelle langue ?- entre le nom du saint et celui de l'animal."
J'avais ma petite idée, car en hébreu "ours" se dit dov, parfait homonyme de dove, "colombe" en anglais, ce qui donna lieu à plusieurs pages sur mon autre blog.
Il ne semble y avoir aucune relation entre les noms de ces rues. La rue de la Colombe doit son nom à une anecdote survenue en l'an 1223, où une maison s'effondra, laissant une colombe prisonnière dans un pigeonnier inaccessible. Le mâle avait réussi à s'échapper, et pendant plusieurs semaines il vint nourrir chaque jour sa compagne, ce qui émut la populace et fut le départ d'un culte que les autorités religieuses cherchèrent en vain à enrayer.
La rue des Ursins doit semble-t-il son nom à la puissante famille Juvénal des Ursins, dont un membre a été Chancelier sous Charles VI. La rue aurait pris au 16e siècle son nom à la famille qui y avait un hôtel particulier, mais peut-être ce nom était-il usurpé, pour étayer la prétention de la famille à être liée aux Orsini d'Italie, comme il l'est supposé ici.
Quoi qu'il en soit, l'intention ursine est avérée, comme en témoigne cette tapisserie tissée pour la famille Juvénal ou Jouvenel dont le nom fait encore écho à la juventa, la "jeunesse" jungienne.
En résonance éloignée avec ceci, je parlai plus tard à dp de la sauge salvatrice, et ce puits de connaissances lyriques m'informa qu'il existait une légende de la sauge, notamment exploitée par Massenet dans Le jongleur de Notre-Dame (une ancienne orthographe est jungleur...)
Marie poursuivie par les soldats d'Hérode aurait demandé à diverses plantes de cacher Jésus, mais seule la sauge agréa à sa demande, ainsi la sauge sauva le Sauveur, Salvia salvabat Salvatorem (sauf erreur).
C'est une nouvelle curiosité que cette légende de la sauge associée par Massenet à Notre-Dame, dont la flèche est visible de la rue des Ursins, et j'apprends à cette occasion qu'il est mort le 13 août 1912, le 13/8 ou 8/13, jeu qu'il m'a semblé avoir été opéré par Leblanc lui-même dans "813", qui se passe en 1912 :
A la Bilipo, j'ai suivi mon programme de recherches, assez éloigné de ces préoccupations. Il ne concernait aucunement Agatha Christie, mais en me déplaçant d'un rayon à un autre mon regard a accroché le dernier volume d'un des rayonnages consacrés à la romancière, et le nom de son auteur, Dawn B. Sova.
Une rapide enquête m'a appris que cette Dawn était le seul porteur du nom Sova associé à la littérature policière, et que son ouvrage concerne CHRISTie est encore une coïncidence.
Si le nom Sova n'est pas rarissime aux USA, il est essentiellement porté par des familles juives originaires de pays slaves, où ce nom signifie "hibou". En hébreu "hibou" se dit kos, un nom évoquant aussitôt Jung (le basileus de Kos), se renversant en sok, "oindre", synonyme de masha'h qui a donné Messie, comme masha'h devenant chriô en grec qui a donné Christ et salben en allemand qui a donné Gesalbte (par exemple en Ez 16,9, ici en hébreu et allemand, en grec).
Ainsi Jésus
> Sauveur
> Sauvé
> Sova
> hibou
> kos
> sok
> chriô
> Christ...
Je reviendrai en détail dans un prochain billet sur ces correspondances. J'ai fait appel pour l'illustration ci-dessus au Basil découvert dans le précédent billet, le peintre animalier Basil Ede (anagramme de die Salbe), qui a évidemment peint des hiboux.

Je n'en avais pas fini avec les coïncidences ours-colombe. Le 7, je passais la matinée avec ma mère, devant la TV. Le hasard voulut que FR3 diffusât alors le documentaire Vivre avec les ours, de Michel Tonelli, et j'appris que le président de la Fondation de l'Ours Cantabrique se nommait Guillermo Palomero, un nom qui l'aurait plutôt destiné à s'occuper de colombes (paloma).
Ci-dessous le fameux Cucurrucucu, choisi parce qu'on y voit de belles images de colombes, mais j'avoue un faible pour la version de Dario Moreno.
Puis le documentaire passa en Slovénie, où le spécialiste ursin était un certain Marko Jonozovic. Soit un "fils de Jonoz" qui pourrait être un équivalent de Jonas, grécisation de l'hébreu iona, "colombe". Je n'ai pu en trouver ni confirmation ni infirmation.

Le lendemain était mon dernier jour à Paris. La grève à Beaubourg ayant perturbé mon programme, je visitai pour la première fois la médiathèque musicale des Halles.
Rayon Bach illico, où la seule chose qui retint mon attention fut un recueil récemment édité (2008) d'oeuvres pour clavier attribuées à Bach, parmi lesquelles 5 fugues sur le nom BACH.
Il me fallait étudier cela plus avant, puisque ces signatures bachiennes m'intéressent tant que j'ai composé un menuet sur le nom BA-CH, qu'on peut entendre ici, et donc acquérir le recueil. J'ai guidé mes pas vers la rue de Rome, où je l'ai aisément trouvé, puis songé à regagner ma résidence, vers Château-Rouge. Place de l'Europe, puis rue de Liège, ce qui me fut l'occasion d'une pensée pour Dominique de Liège.
Je regardais le recueil lorsque le trottoir n'était pas trop encombré, et découvris que son éditeur était Bärenreiter, "Chevalier des ours" si je ne m'abuse, en tout cas le logo est éloquent.
Rue Pigalle, puis je passai de l'autre côté des boulevards pour prendre la sympathique rue d'Orsel. Un bouquiniste..., je fus incapable de résister à l'envie d'y fureter, et mes yeux tombèrent aussitôt sur le sommet d'une pile où trônait Colombarium, un polar d'auteur et d'éditeur inconnus.
Le titre devient Columbarium à l'intérieur. Je ne crois pas nécessaire d'en dire long sur le contenu. On sait que l'édition à compte d'auteur n'est pas regardante sur ce qu'elle publie, mais ceci dépasse de loin l'imaginable, au point d'être plutôt rigolo. Je n'en dis pas plus, car l'auteur a son blog, où il publie ses créations littéraires, dont Columbarium. Je me borne à témoigner que le texte présenté est absolument identique à celui du livre en ma possession.
Une fois revenu à Mézel, j'ai pensé que j'avais acheté ce Colombarium rue d'Orsel, un nom quelque peu ursin, ce que confirme le Dauzat. J'ai sorti un plan de Paris pour y retrouver l'itinéraire suivi jusqu'à cette rue d'Orsel et n'y ai pas trouvé trace de la rue de Liège !
Avais-je rêvé ? Non. On pourrait me qualifier de passéiste car mon plan de prédilection date de 1908, du temps où il existait une impasse des Kroumirs...
...et une rue de Berlin, car, pour des raisons compréhensibles, la rue a été débaptisée en 1914, et renommée en hommage à la résistance héroïque de Liège aux hordes prussiennes. Or Berlin est une ville de l'ours, même si son étymologie n'est pas liée au Bär allemand; son blason est d'argent à un ours de sable en pied. Et dire que c'est peut-être dans cette ci-devant rue de Berlin que j'ai découvert l'éditeur Bärenreiter.
Un ours de sable... Ceci m'a rappelé que l'ouvrage de Michel Pastoureau publié juste après L'ours, Histoire d'un roi déchu a été Noir, Histoire d'une couleur.
S'il y a des ours de sable, il doit bien y avoir aussi des colombes d'argent, et j'en ai trouvé pas plus loin que dans les armes de Mallemoisson, la localité située juste après le rond-point de sable et d'argent, sur la RN 85. Dans le département, on trouve encore un ours de sable sur le blason de Riez où habite notre autre fille.
Mes recherches m'ont amené à cette autre colombe d'argent, illustrant le premier timbre émis par le canton de Bâle en 1845, et connu comme Colombe de Bâle.
Je rappelle que c'est à Bâle, Basel anagramme de Salbe, que Jung a passé sa jeunesse, Jungheit, dans ce pays dont la capitale est elle réellement la ville de l'ours, affichant un autre ours de sable sur son blason.
Ceci m'a rappelé que j'avais déjà donné cedrapeau en Berne blason il y a quelques mois, parmi quelques calembours sur le nom de la biographe de Jung, Deirdre Bair.
Ce 31 décembre ne fête pas que les Sylvestre, c'est aussi la Sainte Colombe.

PS 12 janvier : il m'est venu hier que sok, "oindre", est en hébreu le miroir de kos, "hibou". Après le "die Salbe" de mon rêve du 24 novembre, je me suis demandé si j'aurais pu apprendre ce mot dans mes cours d'allemand de 4e ou 3e, qui étaient centrés sur les aventures de Till L'Espiègle, dont une se passait dans un hôpital. Or son nom allemand, d'où vient l'adjectif "espiègle", est Eulenspiegel, interprété comme "miroir aux hiboux". Si l'étymologie en est peut-être plus triviale, ses attributs traditionnels sont un hibou et un miroir. J'y reviendrai.
Mes recherches sur la présence du mot Salbe dans ces aventures ont été vaines, mais je me rappelle ce matin en écrivant cette note que j'ai acheté en 1982 un tube de pommade contre les moustiques en Autriche, sur la seule foi d'un dessin évocateur sur l'emballage puisque j'avais à peu près totalement oublié ce que j'avais pu apprendre d'allemand. J'ai conservé ensuite un certain temps le tube, sur lequel je me souviens qu'il était écrit quelque chose comme schweckt mückte ab, plus probablement après recours au dictionnaire schreckt Mücken ab, "terrifie les moustiques". Il est probable qu'il y avait aussi SALBE sur ce tube de pommade, mais ceci n'explique guère comment ce mot serait revenu dans mes rêves après des coïncidences christiques.