22.1.10

Chrimson Numb3rs

à Ariaga

Un billet de transition, dicté par quelques récentes visions télévisuelles et streamesques.
Le 30 octobre dernier, j'ai eu la curiosité de regarder Les rivières pourpres 2, à cause de son prétexte religieux. Scénario lamentable, mais offrant un écho à mon billet de novembre 2008, L'heure du chrisme, où je remarquais que 1944 était la première année du calendrier grégorien où la Semaine sainte présentait les mêmes particularités que la semaine le plus souvent alléguée pour la Passion, où Jésus aurait été crucifié le vendredi 7 avril 30, 14 nissan du calendrier hébraïque, veille de la Pâque juive.
Cette date est controversée, mais c'est celle qui a été adoptée par les scénaristes du film, et qui est au coeur de l'intrigue car la secte des montanistes voue un culte à ce 7 avril 30 sous la forme du nombre 730. Ces montanistes prévoient un bouleversement mondial 730730 jours après ce 7-30, soit le 27 novembre "de l'année en cours", selon le film, alors que ce programme livre le 6 décembre 2030.
Deux choses m'ont frappé, d'abord ce nombre sacré 730, alors que la secte des Quenanites vénère le nombre 50 dans Et le 8e jour... d'Ellery Queen, qui se passe pendant la Semaine sainte du 2 au 9 avril 1944. Je crois avoir démontré que Dannay (Queen) a trouvé ce nombre sacré 50 dans Les manuscrits de la Mer Morte de Millar Burrows, où il est supposé que la vénération des Esséniens pour ce nombre était liée à la somme des carrés des côtés du triangle isiaque :
3² + 4² + 5² = 50 avec 3² + 4² = 5² = 25.
Or la relation suivante pour des carrés d'entiers consécutifs est
10² + 11² + 12² + 13² + 14² = 730 avec
10² + 11² + 12² = 13² + 14² = 365.
Et puis au centre du document essentiel présenté dans le film, le mandala des montanistes, il y a un chrisme, alors que, plutôt gratuitement, j'avais illustré mon billet L'heure du chrisme de chrismes, essentiellement à cause du calembour titre.
Ci-dessous le détail de l'emblème des montanistes, avec le chrisme central entouré de 4 fois ce qui est d'abord pris pour les lettres JEO, pour Jeova, et qu'on apprend ensuite être le nombre vénéré 730.Ceci ne m'avait pas paru justifier un billet. Et puis mes yeux sont tombés dans mon programme TV sur le résumé de l'épisode Le chemin de croix de la série Numb3rs, rediffusé par M6 le 9 janvier dernier. Je l'ai regardé un peu plus tard sur M6Replay, et ai été frappé de quelques ressemblances avec Les Rivières 2, qui se sont précisées grâce à ce commentaire critique.
Dans le film, le monastère montaniste a été restauré par 13 personnes portant les prénoms de Jésus et de ses 12 apôtres, et exerçant les mêmes métiers. La secte entreprend de les tuer, de la même manière que sont morts les apôtres. Les flics enquêteurs reçoivent l'aide d'un expert en théologie, ils s'attendent à un vieux prof et il s'agit en fait d'une nana plutôt craquante.
Dans l'épisode de Numb3rs, dont le titre original est Thirteen (13), un psychopathe entreprend de tuer des personnes portant les prénoms des apôtres, de la même façon qu'ils sont morts. Comme Marie de Magdala serait le "13e apôtre", il tue aussi une Marie. Les flics enquêteurs reçoivent l'aide d'un expert en théologie, ils s'attendent à un vieux prof et il s'agit en fait d'une nana plutôt craquante. On peut ajouter l'inversion de la lettre E en chiffre 3, valable pour chaque épisode de la série Numb3rs, qui a débuté en 2005, postérieurement au film (2004).
Je ne connaissais de Numb3rs que les premiers épisodes, qui m'avaient semblé d'un total inintérêt. Ici la mention de Fibonacci a éveillé mon attention. Un certain Peter est retrouvé crucifié la tête en bas, comme l'apôtre Pierre. L'assassin a peint une fresque centrée sur un carré de chiffres, comme il l'avait fait pour la victime précédente, un Andrew-André. Le génial Charlie Eppes demande à voir une photo du carré de chiffres précédent, ce qui lui permet presque aussitôt d'y déceler une suite de Fibonacci, qui se poursuit sur le nouveau carré, mais avec une séquence de 7 chiffres manquante, correspondant au numéro de téléphone de Peter. L'assassin avait aussi laissé une page d'annuaire avec ce numéro souligné. Un rapide calcul permet à Charlie d'énoncer les 7 chiffres qui formeraient la rangée suivante après le second carré, qui correspondent effectivement au numéro de la victime suivante, un nommé Thaddeus qui a déjà été enlevé par le tueur.
Il va de soi qu'en temps réel le spectateur ne peut vérifier ces calculs, mais les tableaux apparaissent très clairement et des captures d'image permettent de vérifier qu'effectivement les deux tableaux sont complémentaires, et que le numéro de Peter découvert par Charlie fait bien le lien entre la dernière rangée du tableau 1 et la première du tableau 2 :
3430190 +
5550164 =
8980354
De fait nous sommes à un stade où les termes de cette suite additive de Fibonacci ont 7 chiffres, ce qui facilite la prise de conscience de cette propriété, qu'il était d'ailleurs assez aisé de découvrir à partir des 3 dernières rangées du premier tableau.
Ainsi les concepteurs de la série ont consenti à quelques calculs pour forger ces tableaux, et à quelques efforts artistiques puisqu'il y apparaît un chiffre pourpre dans chaque colonne ou rangée, mais une contradiction apparaît avec la page d'annuaire montrant le téléphone de Peter, 555 0149 et non 555 0164.
Il faut savoir qu'une convention invitait les auteurs US de fictions à choisir des numéros de téléphone débutant par le préfixe 555, jadis inutilisé. La convention a ensuite évolué pour n'autoriser que les numéros en 555 01 XX, cas de tous les numéros montrés ci-dessus.
Pour vérifier l'assertion sur la suite de Fibonacci, j'avais divisé 8980354 par le nombre d'or (1.61803398875) et avais été surpris d'obtenir 5550164.003..., nombre remarquablement proche d'un entier. Ceci m'a conduit à quelques approfondissements dont j'épargnerai le détail pour en livrer l'étonnante conclusion : parmi les 100 numéros de téléphone possibles, celui choisi offre la meilleure approximation de ce type, parce que parmi ces 100 il est le seul correspondant au 23e terme d'une suite de type Fibonacci.
Ceci pourrait avoir une conséquence directe pour cette histoire où on apprend qu'André n'était pas la première victime du tueur. On pourrait imaginer que le tueur avait tracé lors du crime précédent un autre carré de 7x7 chiffres, avec le numéro d'André faisant le lien avec le carré suivant, or ceci n'est possible que si 555 0164 a été choisi au départ, parmi les 100 numéros permis, les 22 termes précédents de la suite de Fibonacci correspondante totalisant 106 chiffres, permettant d'écrire 15 rangées de 7 chiffres (il reste 1 chiffre en rab).
Il n'y a pas besoin de composer cet hypothétique premier tableau pour calculer ce qu'aurait été la séquence de 7 chiffres venant avant le tableau d'André et constater une étonnante harmonie : aux 17 lignes de 7 chiffres correspondent exactement 17 termes de la suite considérée, du 14e terme, 73016, le dernier à 5 chiffres, au 30e terme, 161145914, le premier à 9 chiffres.
En voici le détail, avec à gauche les 17 séquences de 7 chiffres, dont les 3 numéros de téléphone en rouge, et à droite les 17 termes de la suite de type Fibonacci :
7301611 - 73016
l'ensemble de la fresque...
8142191 - 118142
1583093 - 191158
0050045 - 309300
8809758 - 500458
1310216 - 809758
2119974 - 1310216
3430190 - 2119974

5550164 - 3430190

8980354 - 5550164
1453051 - 8980354
8235108 - 14530518
7238041 - 23510872
3906155 - 38041390
2262995 - 61552262
9365216 - 99593652

1145914 - 161145914
Il apparaît donc que le numéro d'André aurait pour préfixe 730, tandis que celui de Thaddée est formé des 7 derniers chiffres du 30e terme de la suite de Fibonacci envisagée. Par ailleurs ce Chemin de croix, en 14 stations comme il l'est rappelé au début de l'épisode, débute sur le 14e terme de Fibonacci et finit sur les chiffres 1-4. Curieux pour un scénario qui avait déjà quelques points communs avec Les Rivières Pourpres 2, et son nombre sacré 730, mais j'ai beaucoup de mal à imaginer les scénaristes de cette série plutôt affligeante avoir calculé sciemment de telles correspondances, l'inspiration de l'épisode n'ayant d'ailleurs rien d'assurée, vu la vogue des crimes en série à thématique religieuse. Je pense notamment à Se7en qui avait également inauguré le détournement d'un chiffre en une lettre.
Une large part de ces coïncidences dépendant du choix du numéro de téléphone de Peter/Pierre, 1 chance sur 100 a priori, j'ai essayé d'en trouver une motivation indépendante. On apprend au cours de l'enquête que "les numéros de téléphone des victimes finissent par 26", ce qui permet de coincer l'assassin lors de son 8e crime. Je me suis demandé si ce n'était pas une erreur de la version française, et effectivement dans l'original c'est la somme des chiffres des numéros qui doit donner 26, le nombre de Jehovah (ce qui peut être vérifié sur ce long commentaire, riche en images):
Alex has also learned that all the victims’ phone numbers added up to 26, which is equal to Jehovah.
De fait c'est bien le cas du numéro explicitement donné, 555 0164, 5+5+5+1+6+4=26, et il n'y a que 9 numéros dans ce cas parmi les 100 autorisés, ce qui fournit une probabilité plus acceptable que 1%. Par ailleurs le choix très limité de ces numéros fictifs a conduit les amateurs à les répertorier, par exemple ici, où 0164 est le seul absent des 9 (555 0119 est ainsi le numéro d'Allison DuBois dans Medium, 555 0191 celui de Dana Scully dans X-Files).
Ce n'est pas le cas du numéro de Thaddée donné implicitement, 114 5914 (somme 25), qui ne pouvait être énoncé clairement puisqu'il n'est pas préfixé 555, aussi je ne me désole pas outre mesure qu'il en aille de même pour le numéro que j'ai vu compléter symétriquement les deux tableaux, 730 1611 (somme 19).
Ce "nombre de Jehovah" fait référence au tétragramme hébreu JHWH, qu'on peut aussi transcrire JEO(E), le 730 des montanistes.

20 janvier : cessant pour un temps d'explorer les propriétés du nombre 5550164, je visite le blog ami d'Ariaga et y découvre un nouveau billet, Les prisonniers du temps. Je pense aussitôt au titre identique d'un roman de Crichton n'est pas ressuscitéMichael Crichton, lu en octobre 2000, où j'avais remarqué une coïncidence pascale. Le professeur Johnston se trouve piégé en 1357, son fils Chris et quelques amis se propulsent le 7 avril 1357 pour le sauver, et parviennent effectivement à le ramener le soir du 8 avril. Le 7 avril 1357 était un Vendredi saint, et c'est donc dans la nuit de la Résurrection, où le corps du Christ est censé avoir disparu de son tombeau, qu'une trinité composée de Johnston père, son fils Chris et sa fiancée Kate se dématérialise sous les yeux médusés des gens de l'époque.
J'avais alors considéré ceci comme involontaire de la part de Crichton, qui semble-t-il n'utilisait pas ici le calendrier julien qui s'imposait à l'époque, et la coïncidence a rebondi lorsque j'ai découvert une réelle semaine sainte julienne, du 2 au 9 avril 1889, dans le roman Le Décorateur de Boris Akounine, l'un des 5 romans couvrant exactement la semaine pascale étudiés dans mon billet Rien que huit jours.
Je mentionnais cette coïncidence dans un commentaire au billet d'Ariaga, sans faire part de mon renouveau d'intérêt pour les Vendredis saints 7 avril.
Je fréquente comme je l'ai précédemment indiqué un site de streaming, où j'apprécie le hasard des ajouts de films, m'ayant déjà permis plusieurs découvertes insoupçonnées. C'est ainsi que je découvris le 21 janvier, au lendemain de mon commentaire au billet d'Ariaga, Prisonniers du temps dans les ajouts du jour, adaptation dont j'ignorais l'existence du roman de Crichton, en 2003.
Le regarder s'imposait, et je fus ahuri d'y constater que l'expédition de 37 heures du 7 au 8 avril 1357 avait été écourtée à 6 heures, le 4 avril !
Le 4/4 encore, qui en 1357 comme en 1944 était un Mardi saint, et qui comme le 4/4/44 a été un jourla Machine d'échange, car plusieurs des élèves venus au secours de leur professeur perdent la vie en cette époque brutale.
J'avais omis de dire que l'épisode de Numb3rs commenté ci-dessus était un autre 4/4, soit le 4e épisode de la saison 4.
Il y a une autre curiosité remarquable, je ne sais si elle était déjà présente dans le roman. L'équipe scientifique qui a découvert un passage dans l'espace-temps voit qu'il mène en ces lieu et temps :
La latitude 44° peut faire écho au 4/4, certes moins remarquablement que les 44°44' de Kiseljevo ou les 44°00' de mon village du 04. Une belle coïncidence apparaît avec ce dernier billet Hexcentricités, consacré aux curiosités autour d'Oliver's Castle, puisque c'est dans la soirée du 4/4 (dans le film, 8 avril dans le roman) que le château de Castlegard tenu par lord Oliver tombe aux mains des français menés par le seigneur Arnaut. Je rappelle que j'ai retrouvé Oliver's Castle dans le film 1984, débutant le médaillon qui permet aux aventuriers de regagner leur époquele 4 avril 1984.
Les 3 chiffres composant la longitude, 0°3'7", se renversent pour donner 730 !
J'ai trouvé des références témoignant que l'expédition dans le temps vise bien le 4/4 dans le film en VO, et le 7/4 dans le roman en VO.
Ici le site officiel du film, qui a peut-être souffert de désaccords entre le réalisateur et la production, laquelle a imposé des coupes rendant le scénario peu intelligible.

J'ai commencé ce billet le matin du 22 janvier. Au courrier du matin j'avais un paquet de mon ami Fred Schmitter, contenant son récent livre écrit en collaboration avec Jacques Perry-Salkow. Parmi ces trouvailles délectables (exemples ici) il y a une lettre écrite le 17 avril 2033, soit le dimanche de Pâques, 2000 ans après la Passion originelle. Les auteurs ont ici choisi l'autre date concurrençant au premier chef la Passion en l'an 30, avec une Crucifixion le 3 avril 33.

31.12.09

ours de sable, colombe d'argent, hibou mutin

à Dom, sincèrement

Je n'en ai pas fini avec le rond-point d'Aiglun, mais les développements m'entraînent si loin que je prends un peu de temps avant d'y revenir.
Les récentes coïncidences parisiennes présentées ici ont néanmoins quelque rapport avec l'affaire "die Salbe". Après avoir appris le sens de ce mot, "onction", en rapport avec le Christ, "l'Oint", der Gesalbte, il me vint qu'il était très proche du latin salvo, "sauver", précisément le sens de la racine du nom "Jésus", Yeshoua, "Dieu sauve". Je découvris bientôt qu'un même mot anglais, salve, est aussi bien le substantif "onction" que le verbe "sauver" (moins usité que save). Je le mentionnai dans un message le 1er décembre sur le forum Unus Mundus, et le lendemain un membre américain, Gregory Sova, m'interrogea en privé sur sa généalogie, remontant à un François Sauvé né en 1622 à Libourne, qui eut pour fils Pierre Sauvé dit LaPlante.
Je ne pus alors lui répondre que des banalités, n'ayant pas encore vu qu'il existait une plante résolvant via l'allemand l'équation Jésus = Christ, la sauge, salvia en latin car ses vertus salvatrices sont depuis longtemps connues, devenue Salbei en allemand (et il y a 3 sortes de sauges sur le rond-point). J'appris en consultant le Dictionnaire des noms propres de Dauzat pour renseigner Sova que Sauvé était aussi un prénom, hommage à Jésus comme Sauveur.
Le lendemain 3 décembre je partis pour quelques jours à Paris, voyage prévu de longue date. J'avais appris peu avant que mon amie Dominique de Liège signait le soir même son dernier livre, et cette simultanéité me fit me débrouiller pour être présent, car d'autres publications de Dominique ont éveillé de remarquables échos avec mes recherches, notamment en rapport avec Jung.
Le hasard était une fois encore au rendez-vous. En faisant la queue pour faire signer mon exemplaire de Menteuse, je feuilletai le livre et découvris qu'il avait été imprimé par l'entreprise JOUVE, sise 1 place du docteur Sauvé à Mayenne.
Jouve est apparenté à Jung, via le latin juvenis, "jeune", ainsi ces 3 premiers noms m'ont aussitôt évoqué Sova descendant de Sauvé, disciple du docteur Jung. Ce n'est que plus tard que je me suis avisé que "Mayenne" entrait dans une autre coïncidence, la signature ayant été organisée avenue du Maine, or Mayenne et Maine sont deux noms locaux d'une seule et même rivière (cas aujourd'hui unique en France) qui a donné son nom à la ville de Mayenne comme au comté du Maine.

Le lendemain 4 décembre je traversais Paris à pied pour faire des recherches à la Bilipo. En arrivant sur l'île de la Cité, par le pont Notre-Dame, une dame me demanda si je savais où se trouvait la rue des Ursins. Non, mais ma curiosité éveillée me fit plus tard consulter un plan, pour découvrir qu'il existait bien une rue des Ursins sur l'île de la Cité, aboutissant rue de la Colombe... Or un de mes domaines de recherche est la relation ours-colombe, initiée par une remarque de Michel Pastoureau dans son livre L'ours, Histoire d'un roi déchu.
L'historien s'y interroge sur l'insistance des ours au voisinage des saints colombins, à commencer par Ste Colombe, au 3e siècle, qui aurait été sauvée des tourments de ses persécuteurs par une ourse :
"Peut-être est-ce dû à un jeu de mots - mais dans quelle langue ?- entre le nom du saint et celui de l'animal."
J'avais ma petite idée, car en hébreu "ours" se dit dov, parfait homonyme de dove, "colombe" en anglais, ce qui donna lieu à plusieurs pages sur mon autre blog.
Il ne semble y avoir aucune relation entre les noms de ces rues. La rue de la Colombe doit son nom à une anecdote survenue en l'an 1223, où une maison s'effondra, laissant une colombe prisonnière dans un pigeonnier inaccessible. Le mâle avait réussi à s'échapper, et pendant plusieurs semaines il vint nourrir chaque jour sa compagne, ce qui émut la populace et fut le départ d'un culte que les autorités religieuses cherchèrent en vain à enrayer.
La rue des Ursins doit semble-t-il son nom à la puissante famille Juvénal des Ursins, dont un membre a été Chancelier sous Charles VI. La rue aurait pris au 16e siècle son nom à la famille qui y avait un hôtel particulier, mais peut-être ce nom était-il usurpé, pour étayer la prétention de la famille à être liée aux Orsini d'Italie, comme il l'est supposé ici.
Quoi qu'il en soit, l'intention ursine est avérée, comme en témoigne cette tapisserie tissée pour la famille Juvénal ou Jouvenel dont le nom fait encore écho à la juventa, la "jeunesse" jungienne.
En résonance éloignée avec ceci, je parlai plus tard à dp de la sauge salvatrice, et ce puits de connaissances lyriques m'informa qu'il existait une légende de la sauge, notamment exploitée par Massenet dans Le jongleur de Notre-Dame (une ancienne orthographe est jungleur...)
Marie poursuivie par les soldats d'Hérode aurait demandé à diverses plantes de cacher Jésus, mais seule la sauge agréa à sa demande, ainsi la sauge sauva le Sauveur, Salvia salvabat Salvatorem (sauf erreur).
C'est une nouvelle curiosité que cette légende de la sauge associée par Massenet à Notre-Dame, dont la flèche est visible de la rue des Ursins, et j'apprends à cette occasion qu'il est mort le 13 août 1912, le 13/8 ou 8/13, jeu qu'il m'a semblé avoir été opéré par Leblanc lui-même dans "813", qui se passe en 1912 :
A la Bilipo, j'ai suivi mon programme de recherches, assez éloigné de ces préoccupations. Il ne concernait aucunement Agatha Christie, mais en me déplaçant d'un rayon à un autre mon regard a accroché le dernier volume d'un des rayonnages consacrés à la romancière, et le nom de son auteur, Dawn B. Sova.
Une rapide enquête m'a appris que cette Dawn était le seul porteur du nom Sova associé à la littérature policière, et que son ouvrage concerne CHRISTie est encore une coïncidence.
Si le nom Sova n'est pas rarissime aux USA, il est essentiellement porté par des familles juives originaires de pays slaves, où ce nom signifie "hibou". En hébreu "hibou" se dit kos, un nom évoquant aussitôt Jung (le basileus de Kos), se renversant en sok, "oindre", synonyme de masha'h qui a donné Messie, comme masha'h devenant chriô en grec qui a donné Christ et salben en allemand qui a donné Gesalbte (par exemple en Ez 16,9, ici en hébreu et allemand, là en grec).
Ainsi Jésus
> Sauveur
> Sauvé
> Sova
> hibou
> kos
> sok
> chriô
> Christ...
Je reviendrai en détail dans un prochain billet sur ces correspondances. J'ai fait appel pour l'illustration ci-dessus au Basil découvert dans le précédent billet, le peintre animalier Basil Ede (anagramme de die Salbe), qui a évidemment peint des hiboux.

Je n'en avais pas fini avec les coïncidences ours-colombe. Le 7, je passais la matinée avec ma mère, devant la TV. Le hasard voulut que FR3 diffusât alors le documentaire Vivre avec les ours, de Michel Tonelli, et j'appris que le président de la Fondation de l'Ours Cantabrique se nommait Guillermo Palomero, un nom qui l'aurait plutôt destiné à s'occuper de colombes (paloma).
Ci-dessous le fameux Cucurrucucu, choisi parce qu'on y voit de belles images de colombes, mais j'avoue un faible pour la version de Dario Moreno.
Puis le documentaire passa en Slovénie, où le spécialiste ursin était un certain Marko Jonozovic. Soit un "fils de Jonoz" qui pourrait être un équivalent de Jonas, grécisation de l'hébreu iona, "colombe". Je n'ai pu en trouver ni confirmation ni infirmation.

Le lendemain était mon dernier jour à Paris. La grève à Beaubourg ayant perturbé mon programme, je visitai pour la première fois la médiathèque musicale des Halles.
Rayon Bach illico, où la seule chose qui retint mon attention fut un recueil récemment édité (2008) d'oeuvres pour clavier attribuées à Bach, parmi lesquelles 5 fugues sur le nom BACH.
Il me fallait étudier cela plus avant, puisque ces signatures bachiennes m'intéressent tant que j'ai composé un menuet sur le nom BA-CH, qu'on peut entendre ici, et donc acquérir le recueil. J'ai guidé mes pas vers la rue de Rome, où je l'ai aisément trouvé, puis songé à regagner ma résidence, vers Château-Rouge. Place de l'Europe, puis rue de Liège, ce qui me fut l'occasion d'une pensée pour Dominique de Liège.
Je regardais le recueil lorsque le trottoir n'était pas trop encombré, et découvris que son éditeur était Bärenreiter, "Chevalier des ours" si je ne m'abuse, en tout cas le logo est éloquent.
Rue Pigalle, puis je passai de l'autre côté des boulevards pour prendre la sympathique rue d'Orsel. Un bouquiniste..., je fus incapable de résister à l'envie d'y fureter, et mes yeux tombèrent aussitôt sur le sommet d'une pile où trônait Colombarium, un polar d'auteur et d'éditeur inconnus.
Le titre devient Columbarium à l'intérieur. Je ne crois pas nécessaire d'en dire long sur le contenu. On sait que l'édition à compte d'auteur n'est pas regardante sur ce qu'elle publie, mais ceci dépasse de loin l'imaginable, au point d'être plutôt rigolo. Je n'en dis pas plus, car l'auteur a son blog, où il publie ses créations littéraires, dont Columbarium. Je me borne à témoigner que le texte présenté est absolument identique à celui du livre en ma possession.
Une fois revenu à Mézel, j'ai pensé que j'avais acheté ce Colombarium rue d'Orsel, un nom quelque peu ursin, ce que confirme le Dauzat. J'ai sorti un plan de Paris pour y retrouver l'itinéraire suivi jusqu'à cette rue d'Orsel et n'y ai pas trouvé trace de la rue de Liège !
Avais-je rêvé ? Non. On pourrait me qualifier de passéiste car mon plan de prédilection date de 1908, du temps où il existait une impasse des Kroumirs...
...et une rue de Berlin, car, pour des raisons compréhensibles, la rue a été débaptisée en 1914, et renommée en hommage à la résistance héroïque de Liège aux hordes prussiennes. Or Berlin est une ville de l'ours, même si son étymologie n'est pas liée au Bär allemand; son blason est d'argent à un ours de sable en pied. Et dire que c'est peut-être dans cette ci-devant rue de Berlin que j'ai découvert l'éditeur Bärenreiter.
Un ours de sable... Ceci m'a rappelé que l'ouvrage de Michel Pastoureau publié juste après L'ours, Histoire d'un roi déchu a été Noir, Histoire d'une couleur.
S'il y a des ours de sable, il doit bien y avoir aussi des colombes d'argent, et j'en ai trouvé pas plus loin que dans les armes de Mallemoisson, la localité située juste après le rond-point de sable et d'argent, sur la RN 85. Dans le département, on trouve encore un ours de sable sur le blason de Riez où habite notre autre fille.
Mes recherches m'ont amené à cette autre colombe d'argent, illustrant le premier timbre émis par le canton de Bâle en 1845, et connu comme Colombe de Bâle.
Je rappelle que c'est à Bâle, Basel anagramme de Salbe, que Jung a passé sa jeunesse, Jungheit, dans ce pays dont la capitale est elle réellement la ville de l'ours, affichant un autre ours de sable sur son blason.
Ceci m'a rappelé que j'avais déjà donné cedrapeau en Berne blason il y a quelques mois, parmi quelques calembours sur le nom de la biographe de Jung, Deirdre Bair.
Ce 31 décembre ne fête pas que les Sylvestre, c'est aussi la Sainte Colombe.

PS 12 janvier : il m'est venu hier que sok, "oindre", est en hébreu le miroir de kos, "hibou". Après le "die Salbe" de mon rêve du 24 novembre, je me suis demandé si j'aurais pu apprendre ce mot dans mes cours d'allemand de 4e ou 3e, qui étaient centrés sur les aventures de Till L'Espiègle, dont une se passait dans un hôpital. Or son nom allemand, d'où vient l'adjectif "espiègle", est Eulenspiegel, interprété comme "miroir aux hiboux". Si l'étymologie en est peut-être plus triviale, ses attributs traditionnels sont un hibou et un miroir. J'y reviendrai.
Mes recherches sur la présence du mot Salbe dans ces aventures ont été vaines, mais je me rappelle ce matin en écrivant cette note que j'ai acheté en 1982 un tube de pommade contre les moustiques en Autriche, sur la seule foi d'un dessin évocateur sur l'emballage puisque j'avais à peu près totalement oublié ce que j'avais pu apprendre d'allemand. J'ai conservé ensuite un certain temps le tube, sur lequel je me souviens qu'il était écrit quelque chose comme schweckt mückte ab, plus probablement après recours au dictionnaire schreckt Mücken ab, "terrifie les moustiques". Il est probable qu'il y avait aussi SALBE sur ce tube de pommade, mais ceci n'explique guère comment ce mot serait revenu dans mes rêves après des coïncidences christiques.

12.12.09

unter die Salbe


  Si tout n'est pas vérifiable dans ce qui va suivre, j'estime devoir faire partager mon expérience, et il me semble que ce qui est vérifiable est déjà suffisamment remarquable.
  Peu avant le 26 novembre, je me suis senti particulièrement frappé par quelque chose qui m'était apparu dès ma découverte des 5 fois 6272 jours vécus par Jung, mais dont je n'avais pas encore mesuré toute la portée. Il s'agit du sonnet Vocalisations, récriture sans E par Perec des Voyelles de Rimbaud, dont la valeur numérique totale 6272 m'avait tant frappé que j'avais codé ses 14 vers dans mon roman écrit en 1999. J'en avais encore proposé une anagramme en décembre 2006, où l'harmonie à l'échelle du sonnet entier, 112 mots de valeur moyenne exacte 56, était reportée à l'échelle du vers, chacun des 14 vers comptant 8 mots de valeur moyenne 56.
  Cette anagramme m'avait été dictée par le regret qu'il existât 3 autres anagrammes du sonnet de Perec, en anglais ; leurs auteurs ignorant l'équilibre numérique du poème source n'avaient en conséquence cherché ni à le conserver, ni à le magnifier. De fait, ils étaient partis d'une copie hâtive du sonnet, où il manquait une lettre (un s dans le 9e vers), si bien que leurs anagrammes ne comptent pas 497 lettres de valeur 6272, mais 496 de valeur 6253.
  Ainsi, si l'intention avait été idéalement respectée, il aurait existé 5 arrangements du même jeu de lettres de valeur 6272, le dernier dû à moi qui découvrirais l'harmonie de la vie de Jung en 4+1 fois 6272 jours. Les anagrammes anglaises sont en ligne ici.

  Le matin du 26 novembre, quelques recherches sur la question m'amenèrent à constater qu'une page franco-italienne reprenait les 4 sonnets, disposés en carré. Je n'ai pu me résoudre à livrer ces anagrammes erronées et il m'a été aisé d'ajouter les S manquants, en gras, aux textes originaux (cliquer pour agrandir).
  Je découvris encore que l'un des poètes, Mike Keith, donnait aussi son anagramme sur son site, permettant de le contacter. J'envisageai aussitôt de le faire, ce qui me fit relire cette page donnant ma propre anagramme, où je m'émerveillais d'une contrainte annexe de mon sonnet, l'harmonie d'or qui m'avait conduit à le centrer sur 26 mots comptant 117 lettres de valeur 1480, alors que 1480 est une valeur connue, celle du grec Christos. Jung a associé sa guérison de 1944 au fils d'Esculape, Télesphore, qu'il a représenté au centre de la pierre qu'il a sculptée en 1950. Son nom grec τελεσφορος, gravé par Jung de part et d'autre du personnage, est aussi un mot de valeur 1480 selon l'alphabet numéral grec.
  J'étudierai dans un billet ultérieur les particularités des différentes anagrammes du sonnet de Perec, notamment de cette présence de 1480 qui a induit la composition de la partie correspondante de mon anagramme. Je ne demande pour l'instant que d'admettre que 1480 m'est un nombre familier, m'évoquant d'abord le Christ, et que je l'ai eu à l'esprit en ce matin du 26 novembre. Qu'il soit entendu encore que je ne suis aucunement chrétien, et que mon témoignage n'a rien à voir avec un quelconque prosélytisme.
  Je n'ai pu achever ce jeudi matin mon courrier à Mike Keith car j'accompagne usuellement ma compagne à Digne le jeudi, où je fais quelques courses pendant ses cours aux Beaux-Arts. J'avais deux bonnes heures libres vers midi, et j'en ai profité pour aller voir un nouveau rond-point à la sortie de Digne, dont le plan avait été dessiné par notre gendre Sébastien Orry, architecte paysagiste, et dont la réalisation était presque achevée.
  Arrivé sur place, je grimpai sur un gros roc de grès dominant le rond-point pour en avoir une meilleure vue :
  Je pus ainsi voir que, vu de haut, le rond-point avait tout du mandala, ce que je n'avais guère remarqué sur le plan peu contrasté que Seb m'avait montré précédemment. Son idée de départ avait été d'utiliser la spirale de l'ammonite, puisqu'un des atouts touristiques majeurs de Digne est sa dalle d'ammonites, dont un moulage a été reproduit au Japon.
  J'ai profité d'être grimpé sur ce rocher pour monter plus haut dans la montagne, un des rares endroits autour de Digne où je ne m'étais pas encore promené. Après un parcours assez aventureux dans les taillis et les rochers, je suis parvenu à un plateau civilisé, avec des prés et des champs cultivés, et quelques fermes. Un chemin caillouteux m'amena bientôt à une petite route goudronnée, et voici la première boîte aux lettres qui me sauta aux yeux en arrivant à cette voie du Pré de l'Escale.
  Un énorme 1480 donc, alors que j'avais médité quelques heures plus tôt sur ce nombre, mais la principale surprise allait venir en découvrant le nom des résidents de cette grande maison, parmi lesquels des dames JUNG.
  J'ai masqué sur la photo ci-dessus les noms des autres résidents. A remarquer que JUNG apparaît aussi au-dessus du numéro, en relief sur un adhésif en partie disparu.
  Si Jung est un nom de famille courant dans les pays germanophones, à l'instar des Lejeune chez nous, il n'y en a guère en Provence. Les pages blanches de l'annuaire en ligne ne connaissent ainsi que 4 Jung dans mon département (le 04).
  1480 est ici un marquage métrique, indiquant que la boîte est distante d'environ 1480 mètres du début de la voie du Pré de l'Escale (juste avant le rond-point).

  Je n'étais pas au bout de mes surprises. Le soir, nous regardâmes le film 2012, parcedu mandala à l'affiche que je m'étais avisé récemment d'une curiosité associée à l'harmonie de la vie de Jung, qui né vers 20 h le 26 juillet 1875 et mort vers 16 h le 6 juin 1961 a vécu 31360 jours et 20 heures, dont le cinquième est 6272 jours et 4 heures.
  Les 4/5es du total tombent donc le 4/4/44 à 12 heures. La curiosité dernièrement remarquée est qu'on obtient ensuite 4 dates "gémellaires" par ajout de la période de 6272 jours 4 heures.
  D'abord le connu 6/6 (1961), puis on passe au 8/8 (1978), 20 heures, puis au 10/10 (1995), minuit, et enfin au 12/12 (2012), 4 heures. Ensuite l'harmonie gémellaire se perd, mais l'actualité est saturée en ce moment de la prétendue fin du monde calculée par les Mayas en décembre 2012. Si ça ne m'émeut guère, je constate cependant que le 4/4/44 se situe à l'exact milieu entre le 12/12/12 et le jour de naissance de Jung, un 26/7/75 qui n'avait a priori rien de frappant, mais qui se trouve donc en harmonie immédiate avec deux dates remarquablement schématiques.
  Ceci pour expliquer pourquoi nous avons regardé 2012, dont je n'ai rien à dire, mais il est possible que le film ait influencé mes rêves de la nuit, ou du moins le seul dont je me sois souvenu.
Le monde est en danger, et plus particulièrement une peuplade qui vit dans un pays montagneux. Je n'en fais pas partie, mais je voudrais les aider, sachant qu'ils vont être soumis à un examen par des êtres maléfiques, un examen dont les questions seront sciemment truquées... Sans que je puisse retrouver l'éventuelle logique de la manoeuvre, je me sers de Google pour trouver des mots susceptibles d'aider mes amis, et j'obtiens successivement ces mots :
source
form
die Salbe
  Je m'éveillai à cet instant, notai aussitôt, dans le noir, ces mots, et me rendormis.
  La première chose que je fis le lendemain fut de m'enquérir du sens de die Salbe. Si j'ai fait jadis 4 ans d'allemand au lycée, il y a plus de 40 ans, je n'ai pas pratiqué la langue ensuite et en ai pratiquement tout oublié. Le substantif Salbe signifie "pommade", "baume", ce qui ne me sembla guère significatif. Le verbe salben signifiant "oindre", je me souvins que le grec Christos comme l'hébreu mashia'h signifient "oint"; je me demandai si ce ne se serait pas un mot dérivé qui traduirait le plus immédiatement "Christ", et une page allemande le confirma:
Der Begriff Messias (hebräisch משיח Maschiach, griechisch Χριστός - Christos, latinisiert Christus) bedeutet „der Gesalbte“.
(Gesalbte n'apparaît en principe pas dans un dictionnaire, c'est un substantif composé sur le participe passé de salben)

  Résumons : le matin du 26 je repense au nombre 1480, présent au coeur de mon anagramme de Vocalisations, correspondant à la valeur de Christos comme à celle de Telesphoros sculpté par Jung au coeur de la pierre de Bollingen.
- Quelques heures plus tard je m'aperçois que le rond-point dessiné par Seb est un mandala au motif intéressant, avec notamment un cercle au milieu du cercle, représentation spécifiquement associée à Télesphore (ci-dessus) et Esculape (ci-contre) à Epidaure.
- Juste ensuite je découvre dans la montagne au-dessus des dames Jung habitant un 1480.
- La nuit suivante, je vois en rêve le mot Salbe, apparenté dans la langue de Jung au Christ.
  Je ne peux qu'assurer que je ne vois pas comment j'aurais pu avoir connaissance de ce mot. J'en ai parlé avec un professeur d'allemand de ma génération, qui a étudié avec les mêmes manuels, qui trouve improbable l'apprentissage de ce mot au lycée. Il existe des cas bien documentés de xénoglossie, comme celui de Theres Neumann qui pouvait dans ses extases prononcer des phrases en araméen qui sidérèrent les meilleurs orientalistes, et mon cas apparaît dérisoire comparé au sien.
  Quoi qu'il en soit, le mot Salbe m'a été riche en autres échos, d'abord par son anagramme immédiate "sable".
  Le 14 novembre, j'avais posté sur le forum Unus Mundus les remarquables propriétés du mot HOL, qui en vieil anglais signifiait "sacré" (devenu ensuite holy), tandis que les lettres équivalentes חול en hébreu, 'hol, correspondent à l'adjectif "profane". C'est aussi un substantif, de prononciation identique, signifiant "sable".
  Je projetais des approfondissements ultérieurs, songeant notamment au mot "huile", oil en anglais, Öl en allemand, sachant qu'une des façons de rendre ce mot à l'étranger est Ohl. Je ne savais pas alors que l'huile d'onction se dit Salböl, qui pouvait s'écrire Salböhl il n'y a pas si longtemps, comme en témoigne cette Bible de 1850 :
le verset 21,12 du Lévitique (qui n'annonçait pas la fin du monde le 21/12/2012)  J'ai pensé ensuite à Basel, nom allemand de Bâle, où Jung a vécu sa jeunesse et précisément connu une expérience de profanation du sacré, avec sa fameuse vision d'un énorme étron divin écrasant la cathédrale.
  Le nom de la ville est (probablement) apparenté au roi en grec, Basileus, via le latin. Je rappelle la vision de 44 où Jung s'est vu en Basileus de Cos. Par ailleurs il a attribué ses Sept Sermons aux Morts de 1917 à un certain Basilide. Pensant que "die Salbe" permettait l'anagramme Basilede, j'ai interrogé Google avec ce mot, pour découvrir que l'anglais Basil Ede était un peintre animalier célèbre, spécialisé dans les oiseaux.
  Ceci m'était encore évocateur car le substantif 'hol désigne également dans la tradition juive un oiseau mythique, immortel, le "phénix" en hébreu moderne. Je n'ai cependant pas trouvé de phénix peint par Basil Ede...

  En jonglant avec les lettres SALBE, l'anagramme LASEB m'a encore été aussitôt évocatrice.
  Le rond-point au mandala est le départ d'une voie rapide longeant la rivière Bléone sur 5 kms, arrivant au pont menant au centre de Digne. La ville ancienne se situait jadis uniquement à l'est de la Bléone, englobant ensuite les villages adjacents, le premier étant La Sèbe, devenu donc un quartier de Digne. Incidemment, le premier travail de Sébastien Orry pour la mairie de Digne avait été la décoration du rond-point de La Sèbe, à l'autre extrémité de la voie rapide. A noter que, sur la GoogleMap ci-dessus, les noms ou portions de noms situés à l'ouest de la Bléone, LA SEBE et DI-GNE, permettent d'écrire DIE SALBE.
  En famille, nous appelons Sébastien Seb.
  Cette autre vue du rond-point (ou du rondp-oint) montre Digne au loin, et les montagnes alentour (cliquer pour agrandir).
  Au premier plan le roc de grès qui domine d'environ 30 mètres le rond-point, dit Rocher Coupé car il a été taillé pour laisser passer la route et la voie ferrée. Le grès est en anglais sandstone, "pierre de sable".

   Je passe sur quelques autres jeux avec les lettres die Salbe pour arriver au plus fantastique, qui ne m'est apparu que 15 jours plus tard. Je savais vaguement que "sable" est en héraldique le nom d'une couleur, je le savais grâce à "Basilic de sable", sobriquet d'un personnage d'un James Bond que je dévorais dans mon adolescence, un autre oiseau mythique dédaigné par Basil Ede.
  Je le savais si vaguement que je pensais que "sable" correspondait au jaune, or il s'agit du noir, tandis que le blanc est désigné par "argent".
  Mes réflexions sur le mot hébreu 'hol m'avaient fait envisager sa transformation atbash, ou correspondance dans l'alphabet lu à rebours, selon l'étrange codage dont l'usage est attesté dans le livre biblique de Jérémie.
  Les lettres hébraïques HOL deviennent donc SPK, ce qui ne correspond à rien en hébreu, mais la permutation circulaire KSP de ces 3 lettres est un mot bien connu, se lisant kesef, "argent" (le métal comme la monnaie).
  Il y a donc possibilité d'avoir deux mots hébreux inverses atbash, à la permutation près, et de sens opposé, à ceci près encore que les couleurs héraldiques n'étaient pas connues aux temps bibliques, et que "sable" dans cette acception ne se dit pas 'hol en hébreu moderne mais seybl (סייבּל). Un dictionnaire en ligne donne cependant les mots KSP et HOL pour "argent" et "sable".
  Je conçois qu'il n'est pas facile d'appréhender cette question de l'atbash, notamment quand on ignore tout de l'hébreu. J'ai abordé l'atbash dans mes messages de janvier o8, en utilisant le Sceau de Salomon pour symboliser la superposition des châteaux de Wewel et Sisak dans un écho fabuleux au codage Sesak employé par Jérémie pour désigner Babel.
  Incidemment, un universitaire envisage d'autres codages atbash chez Jérémie, parmi lesquels SKO en Je 25,38, dont la lecture atbash HLP aiderait à la compréhension du verset. Je me contente de remarquer que les lettres en jeu, SKO-HLP, sont les mêmes que celles du couple "sable-argent", HOL-KSP.

  Ce jeu "sable-argent", ou "noir-blanc", trouve un formidable écho dans mon affaire du 26 novembre, qui a débuté par quelques réflexions sur les Vocalisations de Perec. Si les couleurs des Voyelles de Rimbaud étaient variées, noir-blanc-rouge-vert-bleu, la version sans E de Perec ne lui a permis de conserver tels quels que "noir" et "blanc", et son sonnet est dominé par la disparition de l'E blanc, en opposition immédiate au noir de l'écriture, comme dans l'ensemble du roman sans E, La Disparition.
  Le dessin du rond-point, réduit à ses plages claires et foncées, correspond à merveille aux jeux atbash. Sa composition en deux couronnes concentriques, avec alternance partielle des teintes, permet l'inscription des lettres complémentaires dans les plages correspondantes, et la circularité permet de lire à l'infini les mots HOL-KSP, sablesablesable..., argentargentargent...  Comme le cercle extérieur a un rayon double du cercle intérieur, et que la même propriété unit les cercles exinscrit et inscrit au Sceau de Salomon, j'ai tracé un discret Sceau sur la figure.
  Après coup, je me suis avisé que les lettres utilisées pour tranlittérer les lettres hébraïques correspondaient à 3 couples "atbash", AZ-BY faudrait-il plutôt dire, dans notre alphabet, ce qui est tout à fait surprenant car, bien que notre alphabet soit issu de l'alphabet sémitique originel, son centre de symétrie en est largement décalé, cet alphabet s'achevant sur les lettres Qof-Resh-Shin-Taw, où l'on reconnaît Q-R-S-T qui sont loin d'achever notre alphabet. De fait les correspondances ne traduisent pas les correspondances originelles, mais expliciter plus avant serait fastidieux, et je me borne à certifier que les translittérations données sont valides, ce que tout hébraïsant confirmera.

A B C D E F G H I J K L M
Z Y X W V U T S R Q P O N

  Voici donc les correspondances dans notre alphabet, présentées comme sur mon billet Hexcentricités, où j'avais été sidéré par les crop circles apparus à Oliver's Castle (dont celui ci-contre), évoquant le château de Sisak et le Sceau de Salomon, alors que les 6 lettres d'OLIVER forment 3 couples atbash (AZ-BY) dans notre alphabet.
  Précisément, le rond-point de Seb se signale encore par 6 oliviers, âgés de 300 ans (voir ici, photo 4): ce n'est pas le tournant des six ifs, mais le rond des six oliviers...
  J'avais cherché alors une anagramme d'OLIVER permettant, comme le fameux WIZARD anglais, un renversement après transformation atbash. J'ai fait de même avec les lettres HOL-KSP, ce qui m'a amené à la forme PHLOSK; j'ai donné ce nom à mon interprétation du rond-point ci-dessus, ne m'attendant pas alors à devoir commenter ce private joke.
  Et puis l'écriture de ce billet m'a amené à me souvenir d'une piste écartée lors de mes recherches d'anagrammes de SALBE, BLASE. J'avais alors pensé à Silver Blaze, ou Flamme d'Argent, titre d'une aventure de Sherlock Holmes ou le front blanc caractéristique d'un pur-sang est teint pour le rendre méconnaissable. Cette nouvelle est associée à diverses coïncidences abordées ici.
  Taper "Silver blase" m'a envoyé à cette page russe où il s'agit d'une fleur du genre Phlox, qu'un dyslexique pourrait aisément prononcer phlosk... Curieusement, l'illustration de la Silver Blase russe est plutôt fleur bleue, et j'ai choisi cette autre photo, accompagnée d'une orthographe plus sûre.

  Incidemment, Silver Sable est le nom d'une héroïne des BD Marvel, une aventurière mercenaire dont le père a été tué par les nazis.
  Silver et Sable sont aussi des nuances de fourrures, où "sable" désigne du marron.

  En fait, le rond-point comme la voie où habitent les dames Jung dépendent de la commune d'Aiglun, dont le nom est étymologiquement "hauteur de l'aigle". Un autre oiseau donc, et le blason du village est d'azur à la fasce d'or chargée de trois aigles de sable.
  Je remarque que le nom de la commune permet diverses anagrammes, comme "là Iung", ou "la Iung"; je rappelle que les Sept Sermons aux Morts, attribués à Basilide, s'achèvent sur une anagramme cachant le nom du véritable auteur, sous la forme CARL GUSTAV IUNG.

  Ajout du 21/12 : J'oubliais que Seb habite une maison Phénix. Ci-contre le blason de Loos-en-Gohelle offrant un cartel d’argent au phénix de sable sur son immortalité de gueules (de kesef au 'hol de 'hol, pourrait-on proposer en hébreu).
  La maison Phénix de Seb connaît une nouvelle vie avec les aménagements qu'il ne cesse de lui apporter, notamment des murs végétalisés à l'extérieur et à l'intérieur, visibles sur son site.

  Dernière minute : Il y a bien du Phlox subulata parmi les nombreuses plantes choisies par Seb pour orner le rond-point. Ce n'est pas le cultivar Silver Blaze qui a été retenu, mais je remarque aussi trois espèces de sauge, latin Salvia, allemand Salbei.

22.11.09

armistices

Après avoir pris un énorme retard dans l'écriture de mes derniers billets, j'espère pouvoir revenir à peu près au temps présent, avec la relation de ce qui s'est passé ces 11 et 22 novembre.
Les deux événements sont liés au forum jungien Unus Mundus, auquel je participe. Le 17 novembre son fondateur Remo Roth ouvrit un nouveau sujet, sur un rêve fait 35 ans plus tôt où lui et Marie-Louise von Franz, avec qui il a ensuite travaillé, priaient Jung sur son lit de mort de se réveiller, parce qu'un tremblement de terre menaçait la région.
Le 22, le fil de la discussion sur le sujet m'a conduit à me demander s'il n'y aurait pas eu une "raison extérieure" à la "résurrection" de Jung en 1944. Je mets les mots entre guillemets parce qu'il y a au moins des dizaines de milliers d'autres personnes qui ont comme Jung frôlé la mort, sinon connu effectivement la mort clinique, mais j'espère avoir montré que le cas de Jung offre quelques particularités méritant une étude approfondie.
Toujours est-il que la circonstance extérieure alors la plus immédiate était la Seconde Guerre Mondiale qui faisait toujours rage. Le sort des armes avait nettement tourné début 44, mais les Alliés avaient encore de grands efforts à fournir pour vaincre deux nations engagées dans une telle transe guerrière que leurs dirigeants étaient prêts à combattre jusqu'à l'anéantissement de leurs pays.
Puisque le 4/4/44 correspond si étrangement aux 4/5es de la vie de Jung, je me suis demandé quel jour marquerait les 4/5es de la durée totale de la guerre, dont le début est clairement l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939, suivie deux jours plus tard par les entrées en guerre de l'Angleterre et de la France.
La fin de la guerre mondiale peut être discutée, le 8 mai ne marquant que la capitulation de l'Allemagne. Le premier jour auquel j'ai pensé est celui du discours radiodiffusé de Hirohito annonçant à son peuple la capitulation sans conditions du Japon. Il s'agit du V-J Day (Victory over Japan), commémorant cette allocution diffusée le 15 août 45 à midi, heure japonaise.
Ici il est un peu nécessaire de remettre les pendules à l'heure... Celle de Greenwich en l'occurrence, l'heure japonaise ayant 9 heures d'avance sur le temps alors GMT (aujourd'hui UTC). C'est donc à 3 heures GMT qu'a eu lieu la diffusion, le 15 août 45, tandis que l'invasion de la Pologne à 4 h 30 heure allemande était à 3 h 30 GMT. Le site déjà cité permet d'établir sans risque d'erreur la durée totale de la guerre à presque exactement 2175 jours, à quelques minutes près.
Les 4/5es de 2175 font 1740, et 1740 jours après le 1er septembre 39, 3 h 30, mènent au 6 juin 44, 3 h 30, au moment même où débutait ce qui reste vraisemblablement la plus importante opération militaire de tous les temps. A cette heure une bonne part des quelque 5000 navires impliqués dans l'opération sont au large des 5 plages choisies, et les soldats sont en train d'embarquer sur les péniches de débarquement qui accosteront aux premières lueurs de l'aube, vers 5 h GMT.

Certes on ne voit pas en quoi la survie de Jung aurait pu favoriser la réussite de l'opération Neptune, nom de code du Débarquement, mais il faut néanmoins admettre ces remarquables relations parfaitement vérifiables, à condition de prendre pour fin de la guerre le 15 août 45 :
- les 4/5es de la guerre tombent le mardi 6/6/44.
- les 4/5es de la vie de Jung tombent le mardi 4/4/44, exactement 9 semaines plus tôt, et Jung est mort un autre mardi 6/6, le 6 juin 1961.
Au-delà de ces coïncidences immédiates pour tous je suis effaré par divers échos avec ma quête personnelle, ainsi :
- J'ai sur ce blog évoqué une autre "opération Neptune", celle du juge Fulgence dont la vie criminelle telle que l'a imaginée Fred Vargas permet un formidable parallélisme avec la vie de Jung.
- Sur ce blog également j'ai comparé la tentative de Raoul de Warren d'homologuer dans la Bête de l'Apocalypse le fameux 666 à l'explosion d'Hiroshima, à mon propre essai dans un roman non publié écrit en 1983 de le faire correspondre au 6/6 (44) à 6 h (heure germano-française du Débarquement, Bête marine aux multiples têtes et cornes).
- Les 1740 jours écoulés au 6/6/44 (qui ne dépendent d'aucun choix) m'évoquent mes anciennes recherches en hébreu biblique.
Car 1740 c'est 5 fois 348, et 348 est la valeur de l'hébreu 'hamesh, "cinq". Le Débarquement du 6/6/44 peut donc être relié à un 5x5, et son moment le plus significatif a été l'accostage à 5 h GMT sur les 5 plages Omaha-Utah-Juno-Sword-Gold.
Très brièvement, car il s'agit d'un domaine complexe de mes recherches, aux ramifications touffues, j'ai été amené à relier les patriarches Sem et Héber, ancêtres éponymes des Sémites et des Hébreux, aux nombres 5 et 4. J'en ai parlé ici, en omettant un détail qui n'était alors pas particulièrement significatif. Il y a plus de 20 ans, je me suis émerveillé de découvrir que, alors que les vies de Sem et Heber s'inscrivent presque idéalement dans un motif 4+1 dessiné par les vies de l'ensemble des patriarches, les valeurs numériques traditionnelles de leurs noms sont dans l'exact rapport 5/4 (340/272).
Ceci était le résultat d'un travail conscient assidu, mais l'étape suivante est venue par un autre processus. Un matin, je me suis réveillé avec en tête une correspondance selon les mêmes opérations logiques entre les noms Sem et Héber et les mots hébreux désignant Cinq et Quatre :
Cinq ( HMS ) = שמ : חמש ( SM , Sem ) = 340 = 5x68
Quatre(ARBO)=עבר : ארבע(OBR,Héber)= 272 = 4x68
J'aurais certainement pu découvrir ces jeux par la seule réflexion consciente, mais ça s'est passé ainsi, de même que l'intuition au réveil du 8 septembre 09 des 4/5es de la vie de Jung tombant au jour près le 4/4/44, bien moins immédiate. Il n'est pas impossible cependant que j'eusse eu jadis une idée approximative de cette harmonie, en lisant la bio de Jung par Colin Wilson qui indique que Jung avait 68 ans lors de son accident de 44, et qu'il vécut ensuite encore 17 ans.
Il est plus qu'envisageable que j'aie alors consciemment remarqué cette harmonie (17 quart de 68), et c'est une coïncidence supplémentaire qu'en années, 68-85, les morts virtuelle et réelle de Jung correspondent aux quarts des valeurs 272 et 340 de Héber et Sem.

J'observais ici que les initiales AH de l'être en lequel s'est peut-être incarnée la plus grande capacité de nuisance de tous les temps correspondent en hébreu au mot "frère". Ce sont encore en hébreu les initiales des mots Cinq et Quatre qui, après suppression de ces initiales, donnent les renversements des noms Sem et Héber.
Adolf Hitler a réussi à éliminer une bonne partie des Hébreux des territoires sous son emprise. Si par malheur il avait gagné la guerre et imposé sa folie au monde entier, un sort similaire aurait probablement guetté l'ensemble des races sémites.

J'ai découvert le forum Unus Mundus le 19 septembre 08, au moment où je me préparais à créer ce blog, et cherchais à faire partager mes découvertes sur le 4/4/44.
L'un des premiers sujets attirant mon attention fut The 11:11 Phenomenon, car ce même jour avait été marqué par plusieurs coïncidences autour de 11:11 et 1111 et 1114, qui furent l'objet de mon second message sur ce forum.
Le 11/11 dernier, je postais un autre message sur ce sujet, exposant de récentes coïncidences liées à ce thème. Il s'agissait essentiellement de deux films, dont j'ai appris l'existence grâce à un site de streaming, procédé dont la légalité est douteuse et je ne donnerai donc pas le lien vers ce site (qu'on trouvera aisément en tête des sites de ce type). Ce site permet donc de visionner dans des conditions diverses des centaines de films, chaque jour voyant de nouveaux films ajoutés par des contributeurs (et d'autres retirés à la demande des distributeurs).
Je le visite fréquemment, appréciant le hasard de ces ajouts. C'est ainsi que j'ai appris l'existence des films 11:11 et 11:14, objet de mon message de la matinée. Ce 11/11 en soirée, je me suis rendu sur le site et ai repéré parmi les nouveaux ajouts un film de William Friedkin que je ne connaissais pas, Cruising (1980). Son French Connection est un de mes polars favoris, aussi je me suis laissé tenter.
Le sujet est fort scabreux, la traque d'un criminel dans le milieu gay new-yorkais, passons pour en arriver à une curiosité. Al Pacino est en train de fouiller le domicile d'un suspect; il ouvre un livre où on voit pendant quelques secondes deux images. Je reconnus immédiatement la seconde que j'ai utilisée dans mon billet de septembre, une illustration peinte par Jung page 129 de son Livre Rouge. Un membre confirma que l'autre illustration venait de la page 115.
Je postai cette découverte sur le forum au soir du 11/11, avec quelques images. Le lendemain il me traversa l'esprit que cette scène se passait juste avant l'interruption du film, l'interdiction formelle de diffuser des films en continu contraignant le site à limiter une "séance" à 72 mn.Or 72' = 1:12, et j'ai vérifié qu'effectivement le court examen du livre chevauchait le temps 1:11:11, qui survient au moment où la caméra passe de la première à la seconde illustration, comme on peut le lire au bas de cette capture d'écran.
Par ailleurs les perles entre les deux images peuvent former une séquence 0 00 00... Et en guise de lien avec le dernier billet, où il apparaissait une voiture AD dans un plan où Jeanne Moreau filait un individu aux initiales AD, il se trouve qu'elle a épousé William Friedkin en 1977. Si le mariage n'a pas duré longtemps, elle était probablement légalement sa femme lors de la conception de Cruising (qui sorti début 80 a dû être préparé dès 78).

Quelques jours après ma découverte du 22/11 sur l'étonnante harmonie de la durée de la Seconde Guerre Mondiale, il m'est venu que j'avais fait cette découverte 11 jours après le 11/11, qui commémore l'armistice de la Première Guerre Mondiale, signé aux premières heures du 11/11/1918 pour prendre effet sur le front à 11h heure française.