14.5.18

Deux cent cinquante tro..


  Voici donc ce 253e billet de Quaternité, 253 somme des nombres de 1 à 22, alors que
DEUX CENT CINQUANTE-TROIS
s'écrit avec 22 lettres, mais il faut supprimer les deux dernières pour obtenir la gématrie 253.

  J'en suis arrivé au chapitre 6 de Novel Roman, et à la mort de la 8e victime, Lor Ménavon, 36 jours après la mort du milliardaire V-A Monlorné.
  Cette histoire de l'archéologue perdant sa femme dans une stupide partie de dés était déjà présente dans mon projet de 1998, mais le passage à l'écriture m'a conduit à quelques trouvailles.
  Ainsi la haine du D au point de ne plus pouvoir l'entendre m'a conduit à une évidence: il était impératif que tout le discours de l'infirmier chargé de Lor Ménavon soit un lipogramme en D. Du coup, ce chapitre qu'il ne m'emballait guère d'écrire est devenu un jeu.

  Le prénom du gouverneur de Louxor est une réminiscence de la chanson de Bob Azzam, Mustapha (1960), dont les paroles sont un sabir composé de français, d'arabe, d'italien, d'espagnol, d'anglais, d'hébreu...
  Comme on l'a vu dans d'autres chapitres, HV semble avoir un pied dans le futur, ce n'est pas le moindre trait de sa mystérieuse personnalité.
  HV tire ses exclamations de la gnose valentinienne. Sigê, "Silence", est la parèdre du Propater, le premier éon de l'Ogdoade. Buthos, "Abîme", est le premier éon de la Décade.

  J'ai d'abord pensé à Charif comme nom du gouverneur, pour Charif je t'aime, Charif je t'adore, et puis j'ai opté pour Nahik, le livre dont Frank Giroud a fait le pivot des 11 albums de sa série Le Décalogue, et 11 autres albums des séries connexes.
  Il y a d'une part le fait que Nahik est signé Alan D., anagramme de Nadal (Eugène) son réel auteur, devenu fou en Egypte et exploité par son frère Hector qui le force à écrire pour son compte. Ainsi nahik signifie "Non, Hector" dans la bouche du pauvre Eugène massacrée par le sabre d'un mamelouk. Je me demande si Giroud n'avait pas quelque arrière-pensée, car Nahik est aussi un prénom arabe.
  Mais NAHIK est aussi l'anagramme de KNIHA, "livre" en slovaque.

  Je connais Lorna Doone grâce à un roman d'Ellery Queen, Le quatrième côté du triangle, où une styliste baptise chaque année sa collection par une anagramme de son amant du moment, ainsi RONALD est honoré par la collection LORNA D.

  Curieusement, mon projet initial de 1998 faisait aussi intervenir le lipogramme, mais un lipogramme en T. Dans l'affaire Omar, le mari de sa maîtresse était encore vivant, c'était un infirme inspiré par lord Chatterley dans le roman de DH Lawrence, et qui détaillait dans sa prose toutes les frasques de sa femme. Je m'étais inspiré d'un autre roman de Queen, L'arche de Noé, où la touche T d'une machine à écrire est cassée.

  J'ai encore rendu hommage dans ce chapitre à phrère Laurent, Laurent Cluzel à qui je dois une aide inappréciable, notamment pour l'épisode Daumal.
  En septembre 2015, la curiosité de Laurent l'amenait au blog Madame Tomato d'un.e Japonais.e vivant à Paris, s'intéressant notamment à la rue "Cluzel" (sic, pour Clauzel), et à son numéro 7 ter, dont le porche était surmonté par un curieux caducée, exaltant la lettre H.
  Sa recherche l'avait conduit à un autre blog, aujourd'hui disparu, donnant des détails sur cette sculpture: 
Le bas-relief qui surmonte la porte est une réinterprétation originale  du caducée d'Hermès. Le propriétaire de cet hôtel construit en 1898, Mr. Hamonec, exerçait la chirurgie. Ainsi a-t-il mêlé son monogramme à cette figure. Si le caducée d'Hermès symbolise la médecine en Amérique, en France il représente l'éloquence et le commerce. Etait-ce prémonitoire ? Aujourd'hui un cabinet d'avocats occupe les lieux.
  Laurent avait encore été voir la rue sur StreetView, et y avait repéré un magasin au numéro 9, l'immeuble voisin du 7 ter, Mr Fish.
  Je lui avais fait remarquer la proximité de FISH (dont le gérant se nomme Poisson), et de HAMONEC, anagramme de HAMECON...
  D'où la poissonnerie imaginée  au 9 rue Clauzel en 1908. Je rappelle que le poisson serait le pictogramme à l'origine de la lettre sémitique N.

  Par ailleurs l'introduction de Wagner parmi les nouveaux éléments du roman m'a fait découvrir qu'il avait habité rue d'Aumale, juste en-dessous de la rue Clauzel, d'où l'utilisation de ces deux rues dans ces chapitres 5 et 6.
  Je rappelle que j'ai écrit une nouvelle faisant intervenir Parsifal, L'or du Rhin et ses créatures aquatiques, ainsi que diverses anagrammes dont l'adéquation m'a éplapourdi.

  Tiens, à propos de Mme Tomato, le début de la chanson Mustapha est
Chérie je t'aime, chérie je t'adore,
Como la salsa de pomodori. (comme la sauce tomate)

  La recherche d'un titre en 18 lettres de valeur 171 (avec quelques lettres imposées) m'a conduit à FATALE AUBE EN EGYPTE, ce qui a quelque peu orienté le récit. Je ne sais plus trop ce que j'avais prévu en 1998, je crois que la femme de Menavon se suicidait, je ne suis pas très sûr du prénom que je lui voyais, en tout cas son prénom actuel LORNA couplé au VENOM ("venin") causant sa mort est une nouvelle anagramme NOVEL ROMAN, comme j'essaie d'en caser dans chaque épisode.

  Je n'ai pu résister à la tentation d'introduire Jung dans l'affaire, puisqu'il était à Paris en 1902-03, un peu tard pour le rôle que je lui attribue en 1901, mais la stricte vérité historique n'est pas mon souci primordial.
  Je rappelle que sa carte d'étudiant était établie au nom de Charles Juing, dont les valeurs 66-61 semblent prémonitoires de sa mort, le 6/6/61.
  D'autant que "juing" est une ancienne orthographe de "juin", celle dont se souvient frère Laurent (à moins que ce ne soit une erreur du narrateur).

  Je crois avoir imaginé tout seul cette histoire d'une femme jouée aux dés, mais je crois avoir déjà lu des histoires similaires, avec d'autres jeux, sans pouvoir mieux préciser.
  Comme je le disais ici en 2009, je ne crois pas avoir connu en 1998 la trame du Mahabharata, une guerre entre les Pandavas et leurs cousins les Kauravas, qui, en trichant aux dés, ont gagné l'unique épouse commune aux 5 Pandavas, Draupadi (Débutant par D).
  J'étais parvenu à cette trame en voyant le journal grec TO BHMA dans un téléfilm adapté de Des jours et des nuits, le roman de Sinoué dont Jung est un personnage, ce qui m'avait rappelé une exégèse sur les noms des Pandavas, dont le premier est Bhima.
  Très bizarrement, mon programme de TV donnait pour résumé du téléfilm celui d'un autre téléfilm, où l'un des personnages se nomme Noël Morvan. Deux de mes anagrammes NOVEL ROMAN prévues en 1998, et que je vais réutiliser, sont NOEL NAVROM et MORVAN LEON.

9.5.18

Du Novel Roman à Villers


Chapitre 5 : ELLE CHERCHAIT NOISE
 Elle, c'est Clarissa Abadanlost, qui comme Elisabeth Lovendale dans la nouvelle de Leblanc recherche le volume 14 d'une certaine édition, et plus particulièrement la lettre cachée dans ce volume 14.
  Ces deux Anglaises ont des noms de 18 lettres de valeur 171, comme la somme des 18 premières lettres, avec le N placé en 14e position, mais j'avais forgé le nom de telle manière à ce que les 14 premières lettres aient la valeur 105, somme des 14 premières lettres.
  Il n'était pas trop facile de trouver ensuite 4 lettres de valeur 66, et je m'étais réjoui de trouver LOST, succédant à N, la lettre "perdue".

  J'avais résolu de transformer le jeu que j'attribue à Leblanc, N disparu parmi 18 lettres laisse un blanc entre A-M et O-R, soit AMOR qui additionné à N peut donner ROMAN, en un jeu permettant d'arriver à NOVEL.
  Il fallait donc une édition en 17 volumes numérotés de 5 à 22, sans volume 13, pour que l'omission de N=14 laisse les ensembles 5-12 et 15-22, soit EL et OV.
  J'ai donc imaginé le superstitieux Valmoreno à partir de Nerval, pseudo de même signification.
  Valmoreno est une innovation de 2018, inspiré par la liste Oulipo où le Desdichado de Nerval est un poème fétiche, dont il existe des centaines de récritures recensées ici par Nicolas Graner.
  J'ai imaginé le quatrain suivant, avec quelques échos nervaliens.
Voici que s'est perdu le poisson d'or pérenne,
L'énième et seul gardien de ma noire prison,
L'unique clef ouvrant le jardin de la reine,
La limite arbitrale où finit l'horizon.
  Chaque vers fait allusion à la lettre N:
- "poisson" serait le sens de la lettre sémitique noun;
- "énième" s'écrit aussi Nième et fait référence au Nombre N;
- pour les esséniens N était une "clef";
- "horizoN" finit par un N.

  Par ailleurs le quatrain a 138 lettres totalisant la valeur 1604 selon notre alphabet. 1604 est l'année de la découverte du tombeau de Rosencreutz selon la Fama Fraternitatis, et c'est aussi la valeur des 138 lettres des diverses inscriptions du tombeau (selon l'alphabet latin).

  Je scinde aujourd'hui volontiers 138 en 13-8, deux nombres de Fibonacci auxquels je m'intéressais assez peu en 1998. Je remarque aujourd'hui que le jeu pour obtenir N-OVEL fait que la lettre perdue est  la 13e parmi les 21 lettres cachées dans les 21 volumes.  On peut aussi envisager un partage 13-8 de ces lettres.

  Il y a une autre chose que je n'avais pas prévue. Après coup, je me suis avisé que les 4 lettres initiales des vers, VLLL, étaient aussi des chiffres romains, 5-50-50-50, totalisant 155, ce qui n'est autre que la valeur de ROSENCREUTZ selon l'alphabet Schwenter (un alphabet de 24 lettres, ou IJ sont confondus, de même que UV, mais W en est la  21e lettre).

  C'est cette valeur 155 qu'utilisent Van Houten et Kasbergen dans leur Bach et le nombre, où ils avancent l'hypothèse saugrenue que Bach ait été un initié rosicrucien, ce dont témoigneraient de multiples indices codés dans sa musique. Leurs trouvailles sont cependant si ingénieuses, à commencer par l'analyse des 138 lettres des inscriptions du tombeau de Rosencreutz, que j'ai creusé à mon tour l'oeuvre bachienne, et trouvé à mon tour des relations troublantes, au point de poser des questions allant bien au-delà de leur interprétation.

  J'y reviendrai dans un prochain chapitre de Novel Roman.

  Mes analyses m'avaient conduit à utiliser aussi la valeur 154 des 11 lettres ROSENCREUTZ selon l'alphabet latin, 11x14 que je reliais à BACH=14, et à l'une des premières utilisations de la gématrie latine, lorsqu'un père de l'Eglise reliait au 5e siècle la valeur 154 de ANTICHRISTUS au nombre 616 de la Bête de l'Apocalypse (selon une variante), 616 = 4x154. Il est en outre question du nombre 616 dans le paragraphe 616 de ce texte:
616.Sed haec ad certum computationis numerum discrepare videtur, iuxta quod alii doctores de numero bestiae tractaverunt.  sic enim ait sanctus Victorinus episcopus:  numerus eius, ait spiritus sanctus, nomen hominis est et numerus nominis eius DCXVI, id est Antichristus.

  Comme le Gématron offre aussi la possibilité de calculer la somme des lettres correspondant aux chiffres romains, procédé classique utilisé dans les épitaphes, j'ai eu la curiosité d'y soumettre mon quatrain, et d'en découvrir la valeur 6776, soit 11 fois 616, ou encore 44 fois 154, la valeur que je privilégie de ROSENCREUTZ.

  Je rappelle que ce nombre 616 est réapparu il y a deux ans pour la gématrie du premier message codé dans Le secret dévoilé, message de 11 mots et 56 lettres alors que 616 = 11 fois 56. Dans ce livre est évoqué le tombeau de Rosencreutz.
  La récente découverte d'un sonnet codé dans un texte de Ricardou m'a donné l'envie d'écrire un billet consacré aux différents types de codage utilisés, projet retardé par d'autres découvertes ricardoliennes.
  J'ai constaté dans le précédent billet, 251e de Quaternité, que les trois éléments du nom nouvellement adopté de mon milliardaire mort à 106 ans coïncidaient admirablement avec la fable rosicrucienne:
VALENTIN ANDREAE MONLORNE = 97+48+106 = 251,
permettant d'une part le découpage 97-154 correspondant à
CHRISTIAN ROSENCREUTZ = 97+154 = 251,
selon l'alphabet latin, et 106 l'âge idéal du rosicrucien. 48 ressortirait plutôt du domaine ricardolien...
  Ce billet, qui est bien entendu le 252e de Quaternité, me conduit donc à la forme
CHRISTIAN ROSENCREUTZ = 97+155 = 252,
selon l'alphabet Schwenter, 252 qui apparaît notamment pour Van Houten et Kasbergen dans les Canons de L'Art de la fugue.

  Je consacre ce billet entièrement au chapitre 5 de Novel Roman car je ne sais encore comment vont s'organiser les chapitres 6 à 10, la suite étant déjà bien établie.  
  Le jeu LOVE-N-OVEL m'est encore l'occasion de revenir sur le roman de Benoît Peeters déjà mentionné à diverses reprises, La bibliothèque de Villers (1980), dont de nouveaux aspects me sont apparus récemment.
  Dans ce roman, plus court que beaucoup de "nouvelles", quatre personnes sont assassinées, tous les 25 jours, aux quatre coins de la ville de Villers. Les initiales des victimes sont II, VV, RR, EE.

  La découverte de ce motif géométrique conduit les enquêteurs à s'intéresser à la bibliothèque de la ville, située à l'exact centre de ce quadrilatère, mais ils y découvrent un nouveau mort, le conservateur Lessing.
  C'est au lecteur de comprendre que le coupable est le L-IVRE, la fiction, et de relire le texte pour y constater l'abondance des indices pointant vers les 5 lettres L-I-V-R-E, et vers le nombre 5 et ses multiples.


  J'ai découvert ce livre en 2001, et vu que son dénouement, ou plutôt son absence de dénouement, était fort proche de ce que j'avais prévu pour Novel Roman. Par ailleurs le mot visé était encore un mot de 5 lettres.
  Mais il y a davantage aujourd'hui.
  J'ai relaté ici les circonstances où j'ai découvert en 2001 ce "livre", en relation avec ma signature au Salon du Livre de Sous les pans du bizarre, or c'est la commande ferme de ce roman par Pouy qui m'a fait abandonner le projet Novel Roman.
  Le jeune Peeters, 23 ans lors de l'écriture du livre, était très influencé par le Nouveau Roman et par Ricardou, que Peeters accueillera plus tard dans son équipe aux Impressions Nouvelles, où il a notamment publié Révélations minuscules, où Ricardou a fait se tenir en un espace des plus réduits les lettres "roman novel", sans relation immédiate avec mon projet.

  Il y a encore davantage, et il m'aurait été loisible de le voir dès 2001 car l'idée de former le mot NOVEL par la disparition de la lettre N d'une collection de 17 lettres faisait partie de mon projet de 1998.
  J'avais donc vu que les lettres IVRE aux quatre coins de Villers formaient le mot VIER, "quatre" en allemand ou néerlandais, l'une des langues de Brüssel où vit Peeters. J'avais pris contact avec lui alors, et il avait dénié avoir songé à cette possibilité.

  J'avais vu d'autres propriétés de ces lettres IVRE. Le rot-13 et l'atbash sont les seuls codages alphabétiques simples où une seconde application du procédé redonne le texte d'origine, or selon ces codages
IVRE devient VIER en rot-13 (puis redevient IVRE);
IVRE devient REIV en atbash (puis redevient IVRE).

  L'avant-dernière victime du livre était Edith Ervil. De même que Peeters a extrait l'initiale L de LIVRE pour l'envoyer en queue, ce qui ressemble fort à ce qu'a pu faire Leblanc avec N entre A-M et O-R, j'avais ôté le N de la collection EV pour laisser un vide entre E-L et O-V, or ces lettres forment deux couples atbash EV et LO, si bien que 
OVEL devient LEVO en atbash, de même que
IVRE devient REIV en atbash.
  Ainsi N-OVEL et L-IVRE offrent une même propriété pour leurs quatre dernières lettres, et deux auteurs, sans en être conscients, ont conçu chacun de son côté des intrigues destinées à faire deviner ces deux mots, en faisant tous deux jouer un rôle à part aux initiales des deux mots.
  J'ai introduit une Bénédict Perrot dans mon chapitre pour rendre hommage à Benoît Peeters.

  J'ai eu la curiosité de chercher ce que donnait NOVEL en rot-13, soit ABIRY. Une recherche Google m'apprend que c'est un ancien toponyme du Wiltshire, pour un site mégalithique (aujourd'hui Avebury), et surtout que c'est un adjectif signifiant "chevaleresque" en hébreu moderne. C'est aussi un patronyme.
  Ce mot, אבירי, dérive du substantif אביר, "chevalier", issu d'un adjectif souvent substantivé en hébreu biblique, signifiant essentiellement "fort", "puissant".

  D'abord, ce mot m'a rappelé Le domaine d'Ana (1998), de Jean Lahougue, auteur également publié par Benoit Peeters, mais celui-ci est paru chez Champvallon, ainsi que Clés du domaine, où Lahougue livre les codages de son roman, où sont exploités les centres de diverses manières.
  Il s'agit d'abord des mots au centre des phrases, et j'ignorais alors que Ricardou avait été 10 ans plus tôt un pionnier dans ce domaine. Si Ricardou n'a pas donné toutes les clés de ses textes ainsi codés, dont Révélations circulaires où apparaissent les lettres "roman novel", voir supra, Lahougue a eu à coeur de tout révéler, heureusement car l'un des décodages impose de compter les mots de toutes les phrases du roman, 2775, afin d'en prendre les mots au centre des phrases comptant un nombre impair de mot, et de composer ainsi le roman', constituant un dernier chapitre libérant les héros de l'épineuse situation où ils se trouvaient à la fin du roman.
  A partir du roman', le lecteur acharné peut décoder un épilogue, ou roman'', en prenant les médiales des mots comptant un nombre impair de lettres.
  Ce n'est pas fini, car un roman''' apparaît selon le même principe à partir du roman'', et à partir de cet alexandrin, Le centre a reparu de ce monde pliable, il est encore loisible d'appliquer le même principe pour décoder le mot ANA, dont il n'est pas indifférent que la lettre médiale soit un N, l'une des deux lettres occupant le centre de l'alphabet (et si Lahougue était aussi superstitieux que Valmoreno, il bannirait la 13e lettre M pour avoir N seul centre de l'alphabet).
  Mais voilà, tout auteur qui se lance dans des codages aussi complexes s'expose à des erreurs, de sa part ou de la chaîne éditoriale. Comme je l'indiquais ici, l'une des erreurs est qu'un mot est mal orthographié dans le roman', "mousses" impair est devenu "mousse" pair, en conséquence il manquerait un s au mot "chevaleresque" dans le roman", et ceci influerait évidemment sur les décodages suivants.
  Il n'y aurait ainsi plus d'ANA, alors que le roman en préparation de Lahougue a pris un tournant décisif lorsqu'une thésarde espagnole l'a contacté pour travailler sur son oeuvre, Ana Roman. Et c'est le personnage Ana du roman qui reprend dans le roman'' le cours interrompu d'un chevaleresque récit des temps passés. Et "chevaleresque" est en hébreu abiry, rot-13 de novel... (les codages rot-13 sont communs en ligne, et on y trouve aussi bien ABIRY que EBZNA, rot-13 de ROMAN, ou YVIER, rot-13 de LIVRE, ce qui me fait penser que mon "livre" débute en "yvier", ancienne orthographe de "hiver").

  J'ai donné plus haut le logo de la société d'ingénierie israélienne ABIRY. Jadis, il m'arrivait d'intégrer à mes billets des illustrations en utilisant leurs URLs, et puis j'ai constaté que ces URLs pouvaient disparaître, et donc mes illustrations, aussi j'ai soin maintenant de charger d'abord les images sur mon ordi, avant de les transférer sur Blogger.
  Donc l'image ABIRY avait pour titre logo, et je me suis avisé lorsque je l'ai transférée sur Blogger que j'avais une autre image débutant par "logo" sur mon ordi, logo-cheval3, utilisée dans le billet Queval-Utu en juin dernier.
  Ce billet fait partie de la constellation de coïncidences à laquelle est lié le jeu NOVELROMAN, où le cheval trouve sa place (je rappelle le poème ROMAN AMOR, composé pour Jean Queval par Paul Braffort, occulté il y a quelques jours, le 4 mai).

  Chercher abir et abiry dans mes dicos d'hébreu m'a conduit à une nouvelle curiosité. Peu avant abir dans le Sander et Trenel, page 4, mon oeil a repéré page 2 le verbe abad, dont l'acception principale est "perdre". Il était extrêmement difficile de créer un nom de 18 lettres de valeur 171 avec imposées les 8 premières lettres CLARISSA=82 et les 5 dernières NLOST=80. Il fallait trouver 5 lettres de valeur 9, soit pratiquement obligatoirement AAABD ou AAACC. J'avais choisi ABADA, peut-être avec une pensée pour l'hébreu Abaddon, ange de la Destruction, sans que le sens de abad fût présent à ma conscience, et voici donc que c'est lié à "perdre", comme lost (dans la série Lost un personnage se nomme Abaddon; je rappelle que le quatrième message codé dans Le secret dévoilé est issu de Lost, avec semble-t-il une erreur).

  Une petite chose encore, j'ai choisi la deadline du 16 mars rue d'Aumale car René Daumal est né ce 16 mars 1908.

3.5.18

du roman nouveau en ligne


  Il a beaucoup été question ces temps derniers de mon projet Novel Roman de 1998, et l'idée me trottait dans la tête de reprendre le projet, et de le publier en ligne, sous forme d'un nouveau blog.
  Alors voilà, je m'y suis mis, et j'en ai écrit 4 chapitres en avril, ce qui me semblait un minimum pour espérer pouvoir mener l'entreprise à son terme. Une autre condition nécessaire était de trouver un bandeau de présentation du blog, et je suis parvenu à ceci, me semblant satisfaisant:

  J'ai évoqué à maintes reprises ce projet, tel que je l'avais conçu en 1998, la dernière fois en février dernier, dans le billet Label cent septante-et-un, où je récapitulais les coïncidences entre mes ébauches d'écriture et les réalisations effectives de Jean Ricardou, essentiellement ses romans de 1965 et 1969, La prise de Constantinople et Les lieux-dits.
  Si je ne peux plus écrire aujourd'hui le roman tel que je l'aurais écrit il y a 20 ans, mes motivations de 1998 me semblent toujours pertinentes, et il s'y additionne le réseau de coïncidences étudié depuis mars 2017 sur Quaternité, faisant notamment intervenir Cyril Epstein et Robert Rapilly, entre autres, aussi ces nouveaux éléments vont être intégrés au projet initial.

  Donc ça se passe ici, et je répercuterai sur Quaternité quelques commentaires au fur et à mesure, car je n'entends pas demander à mes lecteurs d'efforts surhumains dans la prise de ma prose, comme peut le demander la lecture de Ricardou.
  Voici donc mes commentaires pour les 4 premiers chapitres, qu'il est pertinent de lire au préalable.

Chapitre 1 : AVEC UN DEBUT COMME CA
  D'abord, j'ai décidé de donner à mes 18 chapitres des titres de 18 lettres de valeur 171. Divers messages apparaîtront dans le carré formé par l'ensemble des titres, ceci viendra plus tard.
  Le meurtre dans un immeuble de l'avenue Henri-Martin est inspiré par Arsène Lupin contre Herlock Sholmès, se passant en 1907, et par L'épouvante, de Maurice Level, se passant en 1908, dont le héros est Onésime Coche.

  L'ultime message tracé par le sang de la victime est inspiré de Lettres sans réponse, de Queen. Il y aura bien entendu une autre explication qu'un vol de napoléons, ceci viendra encore en son temps.
  Ces napoléons frappés en l'ANNO L avec une goutte de MORVE perlant de l'os nasal (le VOMER) sont bien entendu une autre anagramme de NOVEL ROMAN, de même que le message victimaire.
  L'histoire m'est inspirée par une anecdote familiale. Ma grand-mère avait un lien de parenté avec le général baron de Knyff, lequel avait participé au retour des cendres de Napoléon, et en avait conservé des souvenirs, des morceaux de plomb du cercueil qui avait abrité pendant 20 ans le corps de l'empereur, et des échantillons du porphyre rouge du tombeau des Invalides, dument authentifiés de sa main.
  Ces souvenirs trônaient en bonne place dans la vitrine exposant les plus beaux objets en possession de la famille Schulz. Ils ont été hélas achetés à vil prix après la mort de mon père par un aigrefin qui a aussi embarqué pour quelques dizaines de milliers de francs une collection de monnaies qui en valait au moins dix fois plus. Les napoléons en or avaient cependant été partagés précédemment entre mon frère et moi.

  Ma femme a passé le mois d'avril à l'hôpital d'Aix. Allant la visiter presque chaque jour, j'ai remarqué le nom d'une avenue jouxtant le CHR, Philippe Solari, qui me faisait penser à Philippe Sollers et à son travestissement chez Perec, Felipe Solario (chapitre 36 de La Vie mode d'emploi).
  Mon chapitre 2 m'a conduit à évoquer la mort de Zola. Consultant sa fiche Wikipédia pour raviver mes souvenirs, j'y ai découvert que ce Philippe Solari était un sculpteur ami de Zola, et qu'il avait réalisé son buste en bronze surmontant le tombeau de porphyre rouge de l'écrivain.
  Dans mon projet de 1998, je prévoyais de faire intervenir dans l'épisode Omar el Vonn un certain Mollers, époux infirme de la maîtresse du jardinier. C'était à la fois une allusion à Sollers et à Mellors, l'amant de Lady Chatterley.

  Cette curiosité m'a fait consulter le plan d'Aix, et découvrir ainsi que cette avenue Philippe Solari était un itinéraire préférable à celui que nous prenions pour venir à l'hôpital. Elle est aussi le début de la départementale D14, 14 rang de la lettre N qui est au coeur de Roman Novel.
  Cette D14 mène à Puyricard que je suis tenté de lire Pouy-Ricardou.

Chapitre 2 : BILAN LETAL EDULCORE
  Le préfet Lédène était présent dans le projet de 1998, où le choix de ce nom était essentiellement motivé par l'anagramme NEEDLE, "aiguille", en pensant à L'aiguille creuse, se passant en 1908, avec la blessure de Lupin le Jeudi saint, retrouvé mort dans la crypte d'une chapelle 53 jours plus tard, ce qui avait été l'un des éléments m'ayant conduit à une lecture rosicrucienne de Leblanc.
  Le réel préfet était alors Lépine, "l'épine" de même étymologie que "l'épingle", complément essentiel de l'aiguille.
  J'ai cru bon de souligner le jeu en lui adjoignant Seurcé, à comprendre CREUSE.

  Le nom ridicule du détective Honoré de Valmondada était né de plusieurs exigences:
- un nom de 18 lettres de valeur 171, comme les 18 premières lettres, avec de plus comme seule correspondance un N en 14e position, comme Elisabeth Lovendale dans la nouvelle de Leblanc;
- le nom devait comporter toutes les lettres ROMANNOVEL
- il devait se réduire aux initiales HdV, en pensant à l'aventure de Lupin L'île aux trente cercueils, où le détective Dutreillis, chargé d'enquêter sur les initiales VdH trouvées en Bretagne et sur le devenir du mari de Véronique d'Hergemont, lui écrit Ma double mission est achevée; je n'ai pas douté devoir entendre HV dans le dernier mot.
  J'ai pensé pour son personnage aux détectives de prédilection de JD Carr, HM et Gideon Fell, notamment pour les exclamations ésotériques de ce dernier.

  Ecrire "Lédène" m'a évoqué une oeuvre titrée L'Eden, et après, sans que je pusse préciser ce dont il s'agissait. Je pensais à un roman de Marguerite Duras, mais c'est en fait un film de 1970 de Robbe-Grillet.
  J'ignorais totalement que Robbe-Grillet avait fait un autre montage pour la télé des mêmes images, avec une nouvelle bande son, et avait titré ce téléfilm N. a pris les dés, une approximative anagramme.
  C'est un formidable écho, puisque ma découverte du jeu ROMAN NOVEL a pour origine la disparition de la lettre N, selon une lecture qui me semblait s'imposer de La lettre d'amour du roi George.
  Les deux films ont quatre protagonistes, deux femmes et deux hommes, Duchemin et Marc-Antoine, interprétés par les acteurs Pierre Zimmer et Richard Leduc. Comme le troisième mort de ma série était inspiré par le cas du poète Gérard Baupré dans "813", lui-même calqué par Leblanc sur Lucien de Rubempré chez Balzac, et que Lupin transforme Baupré en Pierre Leduc, j'ai imaginé le pseudo-suicide de Loann Vermo lié à une lettre de refus signée Richard Zimmer, des éditions Marc-Antoine Duchemin.

  Dans le projet de 1998, les seules dates obligées des meurtres étaient le 1er janvier 1908 pour la 1ère victime, Len Romanov, et le 16 avril, le Jeudi saint, pour la 14ème, Norman Love, 106 jours plus tard, écho aux 106 ans de Rosencreutz, mort en 1484=14x106, et à 1908=18x106.
  Il m'est apparu en reprenant le projet que 106 est fort proche de 105, somme des 14 premiers nombres, d'où la tentation d'utiliser cette suite des premiers entiers pour la série de crimes.
  La mort de Len Romanov est donc passée au 3 janvier, et il fallait qu'elle arrive le lendemain d'un événement notable, qui ne pouvait être que la mort du milliardaire Monlorné, d'abord prévue quelques jours plus tôt.
  Selon ce nouveau programme, la 4ème mort surviendrait le 12 janvier 1908, et un coup d'oeil sur Wikipédia m'a appris que c'était le jour de la naissance de Jean Delannoy, mort centenaire, dont un titre de la filmographie m'a retenu, La route Napoléon (1953). Je connais bien cette route Napoléon qui passe par Digne, et par des petits chemins de montagne un temps balisés par des aigles impériales.
  Il y a bien sûr Napoléon, un mot clé pour moi comme j'ai eu l'occasion de l'expliquer, et il se trouve qu'un assistant réalisateur "de La route" est Pierre Zimmer, le même Zimmer qui jouerait "Duchemin" dans L'Eden, et après, 17 ans plus tard.

  Le mort du 12 janvier, Van Loornem, est inspiré par Van Houben, également bijoutier rue du Mont-Thabor dans La demeure mystérieuse. La rue a été baptisée en hommage à une victoire de Bonaparte, le 16 avril 1799. Le 16 avril m'est important en général car c'est le 106e jour d'une année normale, et pare qu'il peut s'écrire 16/04, évoquant 1604, l'année de la découverte du tombeau de Christian Rosencreutz.

Chapitre 3 : CE JEU BRIDE LA RAISON
  Le nom de la 6ème victime, Manon Revol, est une innovation de 2018, née en entendant la journaliste et écrivain Anne-Marie Revol sur France-Inter. Manon est une forme méridionale de Marie, donc j'en ai fait une Bordelaise.

  A cause des Manon et Wagner de la grille de Cyril Epstein, je l'ai imaginée travailler sur Wagner.

  Son ami l'instituteur honoraire Jean Irrudoca est évidemment inspiré par Jean Ricardou, dont le premier texte publié a été signé Jean Orracudi, instituteur (donné dans le premier volume de l'intégrale aux Impressions nouvelles).

  Comme le programme la condamnait à mourir le 23 janvier, anniversaire de Stendhal, j'ai songé à utiliser une curiosité vue dans La Chartreuse de Parme. J'ai cherché où j'en avais parlé, et c'était dans la première brochure des éditions Bacbuc, fin 1996, La roseur à réoser, sous-titré L'intertexte lupinien commun à trois romans, L'énigme du mort-vivant, "53 jours", Le pendule de Foucault.
  Je rougis aujourd'hui de la naïveté de ce texte, où j'ai pu relier la disparition du 14e volume de Samuel Richardson, et de la 14e lettre qui y était cachée, soit la lettre N, à Samuel Simon, l'un des lotisseurs de la rue Simon-Crubellier, avec SIMON se renversant en N-OMIS...
  Toujours est-il que j'avais vu à l'époque que la 173e nuit de la captivité de Del Dongo correspondait au 23 janvier 1823, 40e anniversaire de Stendhal, lequel a signé l'Avertissement en tête de la Chartreuse du 23 janvier 1839, exactement 16 ans plus tard.
  L'Internet balbutiait à l'époque, mais il m'a permis il y a quelques jours de voir que cette curiosité n'apparaissait pas sur la toile. Par ailleurs la page Wikipédia sur Stendhal le dit avoir été reçu franc-maçon "vers le 3 août 1806", soit exactement 16 ans avant l'emprisonnement de Del Dongo, le 3 août 1822.

  Je laisse à Manon Revol la pleine responsabilité de son anagramme du message reçu par Del Dongo La nuit de l'anagramme (une autre expression en 18 lettres de valeur 171, et il y en a quelques autres), et de son interprétation.

  Le libraire Dégondol est aussi une invention de ma part, allusion au libraire Pierre de Gondol de la série créée par JB Pouy. J'ai abandonné le projet Novel Roman en 1999 car Pouy m'avait proposé d'écrire le premier roman de sa collection "intello-populaire", dont le héros se nommait alors Albert Fnak. Je lui avais alors imaginé un ami flic, Olivier Yèble, dont le nom était dérivé de Javert selon une impeccable logique exposée ici. Je n'avais alors pas pensé que YEBLE était l'anagramme de BEYLE.
  Je n'y ai pas pensé davantage lorsque le nom Fnak a dû être abandonné pour devenir DE GONDOL, parfaite anagramme de DEL DONGO (ce que j'ai appris à Pouy), nom imaginé par BEYLE, et ce n'est encore qu'en écrivant ce chapitre 3 que je m'en suis enfin aperçu, 18 ans plus tard.

 Chapitre 4 :  DOSES D'ANAGRAMMES LA
   En 1998, le milliardaire léguant sa fortune aux personnes dont le nom était l'anagramme de VERANOMNOL se nommait André-Valentin Monlorné. Ses prénoms faisaient pour moi allusion à Valentin Andreae, l'homme par qui la Rose-Croix a vu le jour.
  Je ne me rappelle plus si j'avais prévu de le faire vivre 106 ans, en tout cas la valeur de MONLORNE était volontairement 106, et A-V MONLORNE bien sûr l'anagramme de VERANOMNOL.
  En 2018 il m'a semblé que la trame rosicrucienne favorisait l'idée que Monlorné soit médecin, profession idéale pour un Rose-Croix, et créateur du Véranomnol, à la source de sa fortune.
  Son prénom complet m'a semblé devoir être carrément Valentin-Andreae, car
VALENTIN ANDREAE MONLORNE = 97+48+106 = 251,
ce qui n'est autre que la valeur, selon l'alphabet latin, de
CHRISTIAN ROSENCREUTZ = 97+154 = 251.

  Sans calcul de ma part, ce billet où j'annonce la création de Novel Roman est le 251e de Quaternité.
  J''ai choisi de publier chaque chapitre de Novel Roman à 2:51, soit 171 minutes, à partir du 16 avril, en rétrogradant ensuite d'un jour pour chaque chapitre, de manière à ce que l'affichage normal du blog permette de lire les chapitres séquentiellement.
  Comme le programme des meurtres conduisait à une 5e victime le 17 janvier, le 17/1, ceci m'a conduit à débuter le roman ce 17/1.

  Les illustrations du chapitre sont tirés de la revue Je Sais Tout de novembre 1908. J'ai été surpris d'y découvrir ce purgatif Hunyadi  János, me rappelant que Hunyadi est le 29e jour du mois pataphysicien, souvent imaginaire.
  La médication doit son nom à un voïvode de Transylvanie du 15e siècle. Cette eau purgative est toujours en vente aujourd'hui.

  Le notaire Lepertuis vient des Dents du tigre, aventure de Lupin dont l'intrigue a été une source d'inspiration. La fortune de Cosmo Mornington doit revenir aux héritiers Roussel, mais ceux-ci sont éliminés les uns après les autres.

  Les noms des deux nouveaux héritiers découverts dans ce chapitre 4 sont issus des aventures de Sherlock Holmes. Vonel Moran vient du colonel Sebastian Moran, meurtrier de la Maison vide, où Holmes note, prenant langue quelques décennies d'avance avec M der Mörder de Fritz Lang:
   Ma collection de M est assez remarquable. Il suffirait déjà de Moriarty pour rendre n'importe quelle lettre illustre, et voici Morgan l'empoisonneur, et Merridew d'abominable mémoire, et Matthews qui knock-outa ma canine gauche dans la salle d'attente de Charing Cross, et, enfin, voici notre ami de ce soir.
  O Malvernon vient de Charles-Auguste Milverton, maître chanteur dont je remarque cette sortie:
Si l'argent n'est pas versé le 14, le mariage ne sera sûrement pas célébré le 18.

  Ma première tentative pour le bandeau du blog a été ceci:
  J'y avais privilégié que love (plutôt lowe) soit l'exact ambigramme de amor, et de même roma-n de n-evol, mais ce evol n'était guère satisfaisant, malgré le rapprochement avec evil, "mal", évoqué ici. J'ai vite opté pour une variante de ma représentation du jeu en 1997. Le couple r/l n'était pas idéal, et le spécialiste en ambigrammes Gef m'a donné un exemple exploitant ce que les experts appellent la "goutte du r", ce qui m'a permis de parvenir à la forme "définitive" vue plus haut, et de publier mon premier chapitre, aussitôt communiqué à Gef, lequel a eu la surprise d'y trouver une "goutte de morve" y jouant un rôle important. 
  Je me demande d'ailleurs si la forme calquée sur ma première représentation ne serait pas préférable:
  

4.4.18

quaternotétraktys


  Quelques nouveaux 4 avril sont survenus depuis mon billet de décembre dernier, Encore un quatre avril.

  D'abord, puisque le 4 avril dont il était alors question était le 4/4/4 où se déroulait l'essentiel de la série TV The Long Road Home, diffusée à partir du 11/11 dernier, deux séries TV que nous avons découvertes en même temps en janvier.
  La première est la mini-série française Souviens-toi, diffusée en janvier dernier. Trois membres de la famille Frankwiller sont assassinés, ne reste que la petite Madeleine, 8 ans, mutique. Le commandant Belgarde, responsable de l'enquête, veut la confier à la psy Marie Kempf pour la sortir de son état, mais celle-ci n'accepte qu'à la condition que Belgarde rouvre l'enquête sur la mort de sa fille Lila, le dimanche 4 avril 2014, jour de son 14e anniversaire.
  Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sinon, que ce 4 avril 14 n'était pas un dimanche, mais un vendredi. Je remarque aussi que la série a eu pour premier titre L'origine du mal, un titre queenien qu'un autre hasard de lecture m'a conduit à évoquer dans le pénultième billet.

  L'autre est la série israélienne Betoolot ("Vierges"), dont la première saison date de 2014, diffusée à partir du 24 août dernier en français sous le titre Sirènes. Je n'ai appris l'existence de la série qu'en cliquant sur un épisode de la saison 2, apparu sur notre site de streaming au même moment que Souviens-toi, et nous avons vu le premier épisode de la saison 1 juste après le premier épisode de Souviens-toi.
  Au cours du premier épisode, on retrouve fin 2013 le corps de Maya Reguan, soeur jumelle de la fliquette Shelly Reguan-Toledano. Les deux soeurs s'étaient baignées ensemble le 4 avril 1997, mais Maya avait disparu dans l'eau. Le corps retrouvé témoigne cependant d'une mort récente; Maya est devenue obèse, et elle est toujours vierge.
  Je n'ai trouvé que cette image où apparaît la date du 03/04/97, sur une vidéo tournée la nuit précédant la disparition de Maya.

  Lors de l'épisode 8, la fille de Shelly, Noam, 7 ans, disparaît à son tour dans l'eau. Lorsqu'on la retrouve, avec encore un souffle de vie, les analyses montrent qu'elle est restée 30 mètres sous l'eau, et elle est placée dans une chambre de décompression. Elle se rétablit cependant avec une étonnante rapidité.
  J'ai survolé très vite les deux premières saisons, une troisième est annoncée. Certaines femmes de la famille Reguan sont fort étranges, développant des capacités aquatiques hors du commun. Elles ont en outre le pouvoir de charmer mortellement les hommes et de recouvrer leur virginité après coup...

  L'intervention d'une chambre pressurisée me rappelle le thriller danois Miséricorde, auquel j'ai consacré quelques lignes en juillet 2014. La journaliste Merete Lynggaard a été enlevée en 2002 par un dingue qui l'a placée dans une chambre pressurisée dont il augmente chaque année la pression d'un bar. Les flics du département V parviennent à la sauver le 4 avril 2007, le dingue est tué lors de l'intervention.

  Ceci dit, chaque 4 avril de Souviens-toi ou de Sirènes n'a rien de particulier, sinon d'être l'une des rares dates données dans les deux séries, et dans chaque cas une date dramatique, la mort de Lila, la disparition de Maya.
  Le vraiment bizarre me semble résider dans la diffusion française des 3 séries, en y incluant The Long Road Home qui se passe entièrement le 4/4/4, avec de nombreuses morts ce jour, en l'espace de 5 mois. Je suis attentif à tous les 4/4 rencontrés dans les fictions, justement depuis ce 4/4/4, où le hasard a voulu que je découvre le schématisme du 4/4/44, et je commente ceux qui m'offrent quelque écho sur Quaternité. Je n'ai pas de souvenir de 4/4 significatifs vus dans des séries, et là il y en a 3 presque coup sur coup.

  En janvier, j'ai découvert un thriller "ésotérique" qui m'avait échappé à sa parution en février 2017, L'effet domino, de François Baranger.
  Il s'agit d'une enquête sur une série de meurtres en 1907, dont une caractéristique est repérée lors du troisième. Ils se sont produits les 1/1, 2/2, et 3/3, et d'autres éléments permettent de tendre un piège au meurtrier le 4/4, mais le meurtre a tout de même lieu. Ce sera le dernier de la série.

  Le meurtrier est un amateur d'arithmologie, et plus particulièrement de la Tétraktys de Pythagore, disposition en triangle des 4 premiers nombres. L'auteur semble bien moins sensible aux harmonies numériques, et son personnage ne m'a pas convaincu. Par ailleurs il n'a pas pris la peine de se reporter au calendrier de 1907, et c'est ainsi que la seule (me semble-t-il) précision datée soit le samedi 27 mars (page 416), or le 27 mars 1907 était un mercredi (précédant Pâques le 31 mars cette année-là).

  Quoi qu'il en soit, cette série de meurtres en 1907 commandée par les nombres m'est fort évocatrice, car mon projet de 1998 Novel Roman débutait le 1/1/1908 par le premier d'une série de 18 meurtres échelonnés selon une relation numérique (la somme des 18 premiers nombres).
  Ce projet a été interrompu en 1999 lorsque JB Pouy m'a commandé un roman pour sa collection Pierre de Gondol. Mes découvertes virgiliennes m'ont conduit à associer dans Sous les pans du bizarre une série de meurtres au triangle de Pythagore, de côtés 3-4-5, avec les meurtres de latinistes commis les 3/3, 4/4, et 5/5 (1999). Un autre latiniste, "par hasard", mourait le 6/6.

  Depuis longtemps amateur de quaternité, et donc de tétraktys, j'avais introduit la série 1-2-3-4 dans les deux romans. Pour Novel Roman, j'ai expliqué la chose en détail ici. J'avais donc imaginé une table des chapitres en 11 titres de 11 lettres, avec chaque titre composé des lettres ESARTULINO et d'un joker. Trois noms apparaissaient en outre en colonne ou diagonale, l'anagramme d'ELLERYQUEEN, ARSENELUPIN, et ROSENCREUTZ. Je m'étais émerveillé que les 7 lettres jokers imposées par ces noms soient , de valeur 120, alors que la découverte du tombeau de Rosencreutz en 1604 a eu lieu 120 ans après sa mort, en 1484. Comme les 11 séries ESARTULINO avaient pour valeur 1474, il fallait que les 4 lettres jokers restantes aient pour valeur 10, et j'ai donc songé à la tétraktys A-B-C-D, 1-2-3-4.
R A I S O N A U T E L   A
O U S I R E L T A N   Y
E T S U S A L O R I N   S
U L C E R A T I O N S   C
E O N I N T R U S L A   N
E L U I C A S T O R   C
L A D U N E R O S I T   D
U I S O R T E L A N   Q
E S P O I R A L U N T   P
E BI S U N A L T O   B
L O I U N E S T R A Z
   Z
  Les jokers sont repris dans la colonne de droite, avec ceux composant la tétraktys soulignés.

  Pour Sous les pans du bizarre, j'avais choisi les titres de mes 14 chapitres pour arriver à une gématrie totale de 1234:
Décès                                      = 36
Céder                                      = 35
Essais                                      = 72
Aider                                       = 37
Cesser                                     = 69

Irène Lapnus                         = 134
Publius Vergilius Maro            = 269
Remundus Russolus                = 259
Quis fuit alter                        = 178          

Cas                                          = 23
Elle...                                      = 34
...aime                                     =28
Haine                                       = 37
Oh !                                          =23
                                                ----
                                               1234
  La presque totalité des titres était imposée par des raisons non gématriques. C'est la proximité d'un premier total avec 1234 qui m'avait conduit à bidouiller le titre du chapitre 8, devenu Remundus Russolus, pour obtenir le résultat souhaité.
  Les 14 chapitres et leur répartition en trois parties m'étaient imposés par un parallèle avec les 3 premières strophes du chant d'Alphésibée. Je n'ai absolument pas calculé d'avoir 105 lettres pour ces 14 chapitres, 105 somme des 14 premiers nombres, alors que les nombres 105 et 171, sommes des 14 et 18 premiers nombres, faisaient partie des contraintes d'écriture de Novel Roman.
  Une conséquence de ma décision de parvenir au total 1234 a été que les 4 chapitres de la seconde partie totalisent 60 lettres et la gématrie 840 = 60x14. Une nouvelle occurrence du 14, au premier plan dans Novel Roman, et 60 somme de 10-11-12-13-14 faisait partie des contraintes des Pans, avec par exemple les titres des 5 derniers chapitres homophones des lettres K-L-M-N-O, de rangs 10-11-12-13-14 dans l'alphabet latin.

  L'actualité éditoriale s'en est mêlée, avec la parution en février d'un nouveau roman de Paul Auster, 4321, ou plutôt 4 3 2 1, sept ans après le précédent, Sunset Park (que j'avais envisagé de commenter en son temps).
  J'ai lu la plupart des écrits de "Pas l'auteur" (comme disait Babette un 4/4), et j'ai absorbé en 3 jours ces plus de 1000 pages, souvent survolées lorsqu'il est question de base-ball ou de baise tout court.
  Il s'agit des destins parallèles d'un même individu, Archie Ferguson, né le 3/3/1947 (Auster est né le 2/3 de la même année). Les 4 Archie ont en commun la même famille, une vocation née d'écrivain, une orientation politique de gauche, une dilection pour le base-ball et la baise.
  Archie n° 2 meurt à 12 ans frappé par la foudre, alors qu'il s'apprêtait à sortir un nouveau numéro du journal qu'il avait créé pour son école. Archie n° 3 meurt écrasé à 19 ans, en oubliant que les Anglais circulent à gauche, lorsqu'il vient à Londres où un éditeur publie son premier roman. Archie n° 4 révèle dans le dernier chapitre qu'il n'a pas eu le courage de détailler les circonstances de la mort d'Archie n° 3, journaliste engagé, en fait aussi fantasmatique que les autres, car le projet en cours du seul Archie réel est un quadruple roman titré 4 3 2 1, où il étudie les destins parallèles de lui-même et de ses avatars.

  Juste après avoir achevé mon précédent billet, le 29/3, j'ai lancé une requête forum jean ricardou pour voir s'il existait quelque lieu privilégié où j'aurais pu partager mes découvertes, ou, mieux, apprendre si d'autres avaient été plus loin.
  Le 7e résultat était un site où je m'attendais à voir la pierre tombale de Ricardou, ce dont j'ai été curieux, mais c'est en fait un site où il est proposé de voter (en s'inscrivant, ce que je me suis gardé de faire) pour les personnalités de son choix, afin de modifier une image du type ci-dessus.
  Ce 29/3 Ricardou occupait la 2341e place, et il était crédité de 250 points. 2341, tétraktys dans le désordre, et le prochain billet, celui-ci, où je comptais parler de 4 avril et de tétraktys serait le 250e de Quaternité.
  J'ai ensuite consulté à diverses reprises la page Ricardou sur le site, où son score était à chaque fois 0 et sa popularité au-delà de la 10000e place.

  Cette prégnance de la tétraktys m'a fait commander et lire un roman dont je connaissais l'existence, Code Tetraktys d'Armand Herscovici (mars 2002).
  L'écriture montre une certaine implication de l'auteur (informaticien chez IBM) dans l'arithmologie pythagoricienne, et le texte est d'une lecture agréable, pourvu qu'on soit disposé à envisager que l'âme de Pythagore se soit réincarnée de siècle en siècle jusqu'à nos jours, où la nature de sa dernière réincarnation se révèle dans un surprenant retournement final.
  L'auteur avait anticipé son récit qui se passe en 2008, d'avril à juillet, ce qui me rappelle que le premier déclic m'ayant conduit à ma découverte de l'harmonie de la vie de Jung autour du 4/4/44 a été la lecture le 2 août 2008 du polar ésotérique de Sinoué, Les silences de Dieu, où il est question du nombre d'or (il en est aussi question dans Code Tetraktys).

  Je remarque que ce thriller qui a "code" dans son titre et une oeuvre de Léonard de Vinci en couverture préfigure ainsi Da Vinci Code, paru exactement un an plus tard (mars 2003).
  Je préfère utiliser la couverture détournée par Jean-Claude Perez, lequel a aussi utilisé L'homme de Vitruve de Léonard pour les couvertures de Codex Biogenesis (2009) et L'ADN Décrypté (1999).
  Le billet où je parlais de ces livres mentionnait aussi l'actrice Michaela McManus, dont le rôle essentiel a été celui du procureur adjoint Kim Greylek dans la saison 10 de New York unité spéciale, où elle prend ses fonctions le 8 septembre 2008 qui est aussi le premier jour de l'an 136 de l'ère pataphysique, le jour où j'ai découvert l'harmonie quintessentielle de la vie de Jung autour du 4/4/44, le jour où il aurait échangé son destin avec celui de son docteur, Haemmerli, avec
JUNG HAEMMERLI = 52+84 = 136, et
MICHAELA MCMANUS = 52+84 = 136.
  Code Tetraktys est dédié à Michaela, sans plus de précision, et j'ai vu ailleurs que
LEONARDO = MONALISA = 84.