6.7.13

J'm'en câlisse

diront peut-être les amis québecquois...

  J'ai différé dans le dernier billet la relation d'une coïncidence qui demandait quelques rappels, car c'était un fantastique rebond au cas Cassiel, lequel s'est révélé en novembre 2011. Quelques mois avant mes recherches m'avaient conduit à relier les 53 et 87 jours séparant les dates clés de 1944 aux valeurs des mots hébreux "soleil" et "lune", et à la pierre de Bollingen où les symboles du soleil et de la lune figurent de part et d'autre de Mercure, au centre.
  En octobre 2011, j'imaginais un écho avec trois arcanes du tarot, Etoile-Lune-Soleil, auxquels sont associées des lettres hébraïques, en identifiant l'étoile à Mercure. A l'ordre Soleil-Mercure-Lune correspond la séquence קפצ, ou QPÇ. J'ai cherché dans plusieurs dictionnaires d'hébreu ce mot, comme son renversement ÇPQ, sans rien voir de significatif.  Quelques jours après cette recherche, une circonstance pour le moins improbable a placé un livre sur mon chemin, L'effaceur de Manon Torielli-Sarmejane, polar venant de paraître chez un petit éditeur, que j'aurais eu peu de chances de découvrir si l'auteur n'en avait déposé un exemplaire à la médiathèque de Digne.
  J'y ai repéré deux personnages aux noms anagrammatiques, Cassiel et Claisse, ce qui m'a poussé à approfondir, et découvrir que Cassiel était un nom d'ange, dérivé de l'hébreu Qaftsiel, de racine QPÇ cherchée peu avant dans mes dictionnaires (signifiant "sauter").
  Mieux que cela, il y a une énigme pour le nom de cet ange, translittéré QPÇYAL, la racine QPÇ plus un suffixe "angélique", qui est aussi connu sous le nom ÇPQYAL, soit un nom d'ange basé sur ÇPQ que je n'avais trouvé que dans un dictionnaire d'hébreu moderne, "péritoine".
  Ainsi l'auteur a créé ces personnages anagrammatiques de Cassiel et Claisse en ignorant l'ambiguïté historique Qaftsiel-Tsafqiel, déconcertante énigme. Une rencontre avec l'auteur m'a appris que son intuition avait été bien au-delà de ce que j'avais imaginé, son seul choix ayant été d'emprunter aux Ailes du désir de Wim Wenders le nom Cassiel, en ignorant qu'il s'agissait de l'ange traditionnel de Saturne. Tout le reste, notamment le cadran solaire de l'hôtel de Cassiel qui m'avait aussitôt évoqué Melencolia de Dürer (dont l'ange est supposé celui de Saturne), tenait du "pur hasard".

  Je peux maintenant aborder le dernier rebond. J'ai un compte FaceBook dont je me sers très peu, me contentant d'accepter les demandes d'amis, et d'examiner les suggestions d'amis, le plus souvent refusées. Le 3 juin un mèl de FaceBook, d'abord mis à la poubelle, m'informait qu'Etienne Roba me suggérait de prendre pour ami Aldo Sasclei. Et puis le nom est parvenu à quelques neurones encore fonctionnels qui m'ont avisé que SASCLEI était l'anagramme de CASSIEL.

  J'ai repris le mèl, regardé la page de  ce dottore Aldo Sasclei, mail-artist dont les oeuvres ne me séduisent guère. Une recherche m'a montré qu'il semblait le seul à porter ce nom, et j'en ai déduit qu'il avait fabriqué son pseudo à partir de Cassiel. Je fis un mèl à ce sujet au dottore, lequel s'abstint de répondre illico, me portant à douter de mon idée.
  Mon enquête sur Cassiel m'avait conduit à découvrir que 3 pages en ligne donnaient toutes les anagrammes de ACEILSS, des pages du même site correspondant à des recherches sur les mots salices, latin "saules", secalis, latin "seigle", Scalise, nom de famille sicilien. Cet Aldo n'avait-il pas anagrammatisé son propre nom ?   J'ai posé le 7 juin une requête "scalise" "aldo sacslei" qui n'avait ce jour qu'une seule réponse, une page nommée Da Malick a Lino Banfi; je rappelle que mon billet précédent était placé sous le signe des rois, melekh en hébreu, malik en arabe, et c'est en pleine rédaction de ce billet que je suis tombé sur cette réponse unique, fait rare qui fait l'objet de recherches sur la ListeOulipo (mais bien sûr cette unicité va cesser dès la publication de ce billet).   C'est une page racine d'un journal en ligne du 25/09/2011, où ni Sacslei ni Scalise n'apparaissent directement, et je n'ai pas eu le courage de suivre toute l'arborescence pour dénicher où exactement ces noms apparaissent, un point à noter étant qu'il s'agit de la chanteuse Gabriella Scalise (Gabriel est l'un des 7 anges planétaires, comme Cassiel).

  Lino Banfi est un acteur italien, Malick est le réalisateur Terrence Malick, pour son film The Tree of Life, Palme d'or 2011. J'ai omis dans le dernier billet des coïncidences "Malik" vidéo parce qu'elles me semblaient reposer essentiellement sur mon témoignage, mais pas uniquement tout de même, alors voici au plus bref :
- Nous avons vu le 12/5 la nouveauté en streaming The Forger, où j'ai reconnu sur l'écran de présentation l'acteur que je connais pour son rôle de Malick dans Identity, et le moteur de recherches du site avait attribué à cette nouveauté la fiche de Malec forgeron.
- Quelques jours plus tôt, nous avions commencé à regarder le dernier Malick, A la Merveille (référence au Mont-Saint-Michel, autre ange planétaire), et abandonné. Les coïncidences "Malik" m'ont conduit à approfondir (mais pas à voir la fin), et découvrir que Malick avait surpris son monde en sortant un nouveau film moins de deux ans après The Tree of Life, et qu'il avait supprimé au montage des scènes avec notamment Amanda Peet, vedette féminine de Identity.
- Les coïncidences Malik autour du 13/5 faisaient pour moi écho aux coïncidences entre les films Identity et Dédales, où j'ai été impressionné par la performance de Sylvie Testud, dont je suis depuis fan. Quelques jours plus tard, j'ai découvert la présence en streaming d'un film où elle joue, Filles uniques (juin 2003, alors que Identity et Dédales, où un flic se nomme Malik, sont sortis en septembre), que nous avons donc regardé; elle y séduit un flic nommé Malek...
- Le 14/5 nous avons regardé en replay un téléfilm diffusé la veille sur M6, Enquêtrice malgré elle; l'actrice vedette en est Wendie Malick...

   C'étaient donc les suites de la piste Scalise, qui je n'aurais pas suivie si le dottore Aldo Sacslei avait daigné répondre plus tôt. Il me signala quelques jours plus tard que son nom n'était pas une anagramme, mais la prononciation italienne de Aldous Huxley.
  Amusant, d'autant que j'ai évoqué ici les curieux cas de médiums recevant de deux morts des messages utilisant leurs bibliothèques. Dans un cas le médium était Jung, dans l'autre le mort était Huxley.
  Jung et Huxley ont en commun d'être nés un 26 juillet (1875 et 1894). La mort de Huxley le 22 novembre 63 présente une circonstance plus remarquable, car ce même jour est mort un autre écrivain anglais important, C.S. Lewis, mais ces disparitions ont été quelque peu éclipsées par l'assassinat de Kennedy ce jour, dont le cinquantenaire a été célébré par le doublement roi de la littérature fantastique (ou triplement, car Stephen vient du grec stephanos, "couronné").
  Huxley et Lewis ont écrit deux des plus importants romans de SF littéraire des années 30, au moins les plus importants en Angleterre, Brave New World (1932) et Out of the Silent Planet (1938).

  Il m'a semblé devoir les relire, et la version française Le Meilleur des mondes offre une curiosité. On sait que le roman décrit une société qui a aboli la structure familiale, où les enfants sont fabriqués en laboratoires et éduqués en fonction de leur rôle dans la société, divisée en 5 castes, des Alphas aux Epsilons.
  Cette éducation vise à abolir tout libre arbitre, de même que le Lebensborn conçu par Himmler pour former de bons nazis dans des haras humains. Il y a eu en 1943 une filiale française du Lebensborn, à Lamorlaye, dans une propriété réquisitionnée à la famille Menier, or l'administrateur de l'Europe de l'Ouest se nomme Mustapha Menier dans la traduction française.
  C'est probablement une bonne adaptation du Mustapha Mond original, référence à Alfred Mond, fondateur d'un empire industriel comparable à l'entreprise Menier, mais le traducteur (Jules Castier) ne pouvait imaginer ce qui se passerait 10 ans plus tard à Lamorlaye. J'ai parlé dans le précédent billet du tueur de Serial eater Muller ("meunier" allemand, et l'anglais miller a quelque ressemblance avec Himmler), dont la mère est née au Lebensborn de Lamorlaye. Il y revient pour violer sa dernière victime, libérée avant qu'il ne la sacrifie, et elle se trouve enceinte d'un fils qu'elle envisage de nommer Malik.
  Le New World a aboli la religion, et Notre Seigneur, Our Lord, y est devenu Our Ford, en référence à Henry Ford, pionnier de la production en série dont le symbole est la voiture Model-T, sortie en octobre 1908. En son honneur a été modifié le calendrier, 1908 AD devenant l'an de référence 0 AF (le roman se passe en 632 AF, soit 2540 AD), et toutes les croix ont été modifiées en T, emblème du Nouveau Monde.
  Je remarque qu'en cette même année 1932 est paru un roman d'Ellery Queen où un criminel transforme ses victimes en T en les crucifiant après leur avoir coupé la tête. En 1964 Queen a publié And on the eighth day..., dans lequel un Maître est crucifié pendant la Semaine sainte 1944 dans une communauté coupée du monde où les quenanites vénèrent non the Lord, mais the Wor'd.
 
  Le silence de la terre de CS Lewis a aussi été édité sous le titre Malacandra, nom local de la planète Mars où se passe le roman. C'est la contraction de malac handra, "4e planète" (à partir du soleil); viendra en 1943 une suite, Perelandra, se passant sur Vénus, 2e planète.
  Ainsi malac signifie "4" en martien, et je m'émerveille de cette ressemblance avec le mot "roi" dans les langues sémitiques, melekh, moloch, malik... J'avais précisément eu recours à cette forme pour un personnage de Novel Roman, Jean-Louis Baroukh-Malac, qui signifiait pour moi "roi béni". J'avais choisi cette orthographe pour la gématrie en chiasme 30-76 76-30, en fonction de Jean-Louis imposé par Leblanc et du nombre rosicrucien 106. Ce Baroukh-Malac mourait dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint 1908, dont je n'avais alors aucune idée qu'il pût s'agir de l'Anno Fordi 0, cette date étant inspirée par la pseudo-mort d'Arsène Lupin dans L'aiguille creuse.
  Malac signifie donc "quatre" en martien et "roi" en sémite, or le héros de la trilogie de CS Lewis sera identifié dans les épisodes suivants au Roi-Pêcheur du Graal, atteint un Vendredi saint d'une blessure inguérissable.

  Le soleil se nomme Arbol en martien (en fait la langue universelle du système solaire, que seule la Terre ne partage pas), ce qui m'ébahit car "quatre" se dit en hébreu arba', translittéré ARBO en utilisant la filiation des lettres sémitiques dans notre alphabet (j'avais donné cette forme ici).
  Mon vertige s'accroît en me souvenant que c'est Etienne ROBA (neveu du dessinateur) qui est à l'origine de la piste Sacslei, avec son message tard le soir du 3 juin dont je n'ai pris connaissance que le 4 où je suis devenu ami FaceBook avec le dottore (Junius est originellement le 4e mois latin, et le 4 débute pour les Hébreux au coucher du soleil du 3, ce dont il était question dans le billet où je parlais de Huxley, pour le 4 décembre, la Ste BARBE, lue "en quatre").
  Etienne Roba avait collaboré aux PALMES D'OR A ANNE, 138 anagrammes de PAMELA ANDERSON (=138) composées pour l'anniversaire de ma compagne ANNE le 138e jour de 2007, deux jours avant la Palme d'or de Cannes qui serait octroyée 4 ans plus tard à Malick.
  Je faisais état dans ce message de ma rencontre en mai 07 avec Etienne Cornevin, dont il a été question récemment en compagnie d'autres Etienne ou Stéphane, "couronnés".

  Je m'émerveille de la possibilité de former PERELANDRA RANSOM avec les lettres de PAMELA ANDERSON, à la condition d'en tripler l'unique R. Elwin Ransom est le héros de la trilogie de CS Lewis, dont le nom (du latin redemptio) prend explicitement sens dans le volet médian, Perelandra, où il doit payer de sa personne pour rédimer la planète Vénus, mais un jeu anagrammatique peut s'envisager dans le premier volet où RANSOM découvre qu'il y a de la "vie sur Mars", life ON MARS.

  Je trouve cette couverture de Perelandra sur le blog de ARBORFIELD, peut-être écho au FIELD OF ARBOL, le système solaire. Parmi les 4 commentaires à ce post il y en a deux de Ivon1167 qui cite un autre livre qui l'a marqué, Radix de AA Attanasio (1981).
  J'ai acquis ce livre en 1983 lors de sa parution française, et découvert en 2010 que cet Attanasio était membre de Unus Mundus, deux ans après que j'eus rejoint ce forum jungien. Ceci est associé à de fantastiques coïncidences, partagées sur le forum, dont voici quelques éléments.

  Le 21 novembre 10, soit la veille du 47e anniversaire de la disparition de Huxley et Lewis (parmi les coïncidences importe mon rang de 47e membre de Unus Mundus), je suis allé faire une balade en montagne avec Radix, où j'ai déniché des relations fibonacciennes, concernant notamment mes nombres fétiches 21-13. Au cours de cette balade, je me suis trouvé nez à groin avec un sanglier, qui semblait avoir échappé à une battue plus haut dans la montagne. Je remarquais sur le post que "sanglier" se disait en anglais BOAR, anagramme de la translittération ARBO de l'hébreu "quatre", de gématrie 273 = 21x13.
  Aujourd'hui je me souviens qu'au cours d'une petite balade vers Digne le 4 juin dernier j'ai entendu un sanglier sans le voir. C'était le jour où j'avais pris connaissance de la suggestion de ROBA, mais je n'ai alors ni songé à l'anagramme avec BOAR, ni à celle avec ARBO. Je précise tout de même qu'il n'est pas exceptionnel par ici de rencontrer des sangliers.
  Je signalais encore sur le post au forum que l'année précédente s'était produite une extraordinaire coïncidence 21-13 dans le même coin où j'avais rencontré le sanglier pourchassé, relatée en détail ici. Il s'agissait d'un panneau ONF pouvant se lire 21:13, alors que ces nombres étaient venus à mon esprit en lisant le livre emporté pour ma balade, Le marteau de verre de KW Jeter, The Glass Hammer.
  Or en cherchant des couvertures de Perelandra de CS Lewis je suis tombé sur cet album (1995) du groupe de rock Glass Hammer, créé par Steve Babb (prénom et nom me sont évocateurs) et Fred Schendel, inspiré par les oeuvres de Lewis. La 7e des 12 chansons a donné son titre à l'album.
  Inimaginable ! "marteau de verre" est une expression plutôt rare, et une requête mène massivement vers le roman de Jeter, qui a probablement inspiré le nom du groupe, quant à Perelandra.... Je n'ai pour l'instant relu que le premier volet de la trilogie, et je me promets de relire Perelandra lors d'une prochaine balade sur ce chemin où Attanasio et Jeter m'ont inspiré des 21-13 en résonance avec les lieux.
  Et ce n'est pas tout, car ce chemin mène à un croisement permettant de faire une boucle, entre la chapelle Saint-Etienne (Roba, Cornevin, Steve Babb...) et le lieu-dit Les Chandres. Ce nom m'avait fait penser au sanskrit chandra, "lune" (sulva en martien), et je suis aujourd'hui tenté de redécouper l'expression malac handra, "4e planète", en mala chandra, qui pourrait être en italo-sanskrit le titre d'un roman de SF qui a marqué mon adolescence, Lune fourbe de Algis Budrys.
  A ce roman sont associées des coïncidences d'une telle complexité que je n'ai pas encore eu le courage de tenter de les communiquer. Elles concernent aussi des cas de réponses uniques Google.
  Je rappelle qu'au départ de cette affaire Cassiel il y a les Soleil et Lune gravés par Jung sur la pierre de Bollingen. Il est intervenu en cours l'administrateur Mustapha Mond ("lune" en allemand) du Meilleur des mondes.

  J'invite à lire l'ensemble du sujet de Unus Mundus où est intervenu Attanasio, pour la première fois depuis mon inscription au forum. Sur ce post, j'évoquais le Symbole d'Athanase à propos de son nom, qui peut signifier "non-mort".
  Lorsque j'ai été voir la page FB d'Aldo Sacslei, son logo m'a aussitôt évoqué le Symbole d'Athanase, et Attanasio.
  Les deux triangles sont opposés, ce qui me rappelle L'étoile de Babel; l'un est noir sur blanc, l'autre blanc sur noir, ce qui me rappelle le jeu atbash HWL-KSP, évoqué sur le post du Symbole d'Athanase.

  Je rappelle que cette page récapitule les coïncidences 13-21. Elle en est à 90 cas, dont certains sont multiples. Cassiel-Sacslei pourrait y figurer car
CASS/IEL ou SACS/LEI = 42/26 = 21/13.
  Je remarque que CAS-S-IEL et SAC-S-LEI peuvent se déduire logiquement l'un de l'autre (renversement des 3 premières et dernières lettres), or ce sont les 3 premières lettres de ÇPQYAL qui ont été renversées pour donner la forme QPÇYAL. Ceci me rappelle aussi le détournement de QU-ATERNI-TE en ET-ATERNI-UQ.

  Lors de l'écriture du dernier billet, il m'est souvenu avoir lu que, dans une adaptation du Golem de Meyrink,  la gématrie du mot emet, "vérité", était donnée pour 36, utilisant les rangs des lettres, A-M-T = 1-13-22, ce qui me permettait d'envisager un nouveau rebond avec "roi", M-L-K = 13-12-11, et les 36 Justes.
  J'ai cherché sans découvrir de confirmation, mais la requête "emeth" "guematria" m'a mené à un Vocabulaire de l'angélologie des manuscrits hébreux de la Bibliothèque Nationale, établi par Salomon Reinach en 1897. Je ne connaissais pas cette étude, et j'ai été y voir ce qu'il était dit de Cassiel, ou plutôt de Qafçiel. Très curieusement, Reinach ne signale pas la variante Çafqiel, peut-être absente des manuscrits consultés, mais une forme Qaçfiel qu'il relie à Qafçiel :   Je remarque que, attendu que Cassiel résulte d'une confusion entre le s long ancien ſ et f, Cafſiel et Caſfiel auraient pu engendrer la même lecture fautive.
  J'ai aussi cherché si cette nouvelle liste avait quelque chose ressemblant à Damiel, l'autre ange de Wenders, mais le plus approchant est le portier de l'enfer Doumiel, déjà vu ailleurs :   Dans la trilogie de CS Lewis il y a des eldila, "anges", et un oyarsa, ange supérieur dévolu à chaque planète, sauf pour la Terre, Thulcandra, "planète du silence" tombée sous l'emprise d'un ange maléfique... Cette page envisage pour Doumiel, "ange du silence", un rôle assez semblable à celui tenu par Damiel au début des Ailes du désir.

  Une nouvelle recherche m'a conduit à une autre curiosité. La première forme connue Çafqiel (ou Tsafqiel  ou autres) est bien répertoriée, mais des recueils d'invocations magiques tels les Clavicules du roi Salomon (rien à voir avec l'érudit Reinach) ont identifié Tzaphqiel à l'archange de Saturne, tandis que Cassiel en serait l'ange !
  J'imagine que des milliers de personnes ont invoqué Tzaphqiel et Cassiel  sans soupçonner que ce dernier nom était une déformation du premier.   J'hésitais à mentionner cette incongruité avant de repérer une autre bizarrerie de cette table des anges  planétaires, concernant Soleil, Mercure et Lune, qui m'avaient précisément mené via le tarot aux lettres ÇPQ formant la racine de Çafqiel. A ces trois astres correspondent donc les trois archanges connus de tous, Raphaël, Michel et Gabriel, mais ces noms se retrouvent dans les anges correspondants (avec un chiasme entre Soleil et Mercure), seuls cas parmi les sept.
  Cette même table apparaît ailleurs, ici en français. Je trouve encore là un récit de l'invocation récente des anges de Saturne, Tzaphqiel, Cassiel et Uriel (Uriel aurait été l'instructeur de Elie et Enoch selon les Mythes celtes de Robert Graves), sous le signe de Tau, "ADN spirituel" selon l'expérimentateur (voir plus haut les T de Huxley et Queen).

  Dans l'étude de Reinach, j'ai aussi trouvé quelque chose que je n'avais jamais vu précédemment, le jeu atbash BYT > SMA, page 23 [135] :
  Je mentionnais ceci, trouvé par mes propres moyens, dans un post du 17/09/2010, sur Unus Mundus, et c'est ce post qui avait conduit Attanasio à se remanifester sur le forum le 19 (et moi à reprendre son livre le 21 lors de ma balade vers la chapelle St-Etienne). Le commentaire cité parle de la première lettre de la Tora, le Bet de Bereshit, en toutes lettres BYT dont l'atbash est SMA, l'ensemble ayant la même valeur que les Ourim et Toumim, mystérieux processus de divination. Pour ma part, je donnais à l'occasion de l'arrivée d'une Beth sur le forum son atbash, correspondant aux 3 lettres-mères du Sefer Yetsira, le Livre de la Formation aussi cité par Reinach. Sur un autre sujet du forum, je parlais du grand BYT débutant la Genèse; il n'y a que 3 autres livres qui débutent par des grandes lettres, qui sont SMA.

  Je rappelle que c'est à la médiathèque de Digne que j'ai trouvé fin octobre 10 L'effaceur, avec son couple Cassiel-Claisse. Ce 3 juillet j'y ai trouvé un thriller bien moins discret, La marque du tueur de Chris Carter, mais dont j'avais raté la parution française en 2011, de même que l'édition poche en 2012. La 4e de couv a de quoi me motiver :
A L.A. un ange de plus s'en est allé... Une jeune femme a été retrouvée assassinée, le visage arraché. Mais pour le détective Rob Hunter, la fait le plus marquant se trouve sur la nuque de la victime, un morbide emblème taillé dans ses chairs, la marque du tueur au double crucifix, arrêté deux ans plus tôt.
  C'est une énième histoire de serial killer, mais avec d'étonnants échos à mes préoccupations générales et actuelles. Ainsi c'est à L.A. que se passe La cité des anges, le remake du film de Wenders, où le nom de Cassiel a été conservé.
  Un personnage important de La marque du tueur est le truand surnommé D-King, Roi des Dealers, survenant au moment de mes réflexions sur malac, "roi" sémite ou "quatre" martien, D étant la 4e lettre. Mieux malac est encore plus proche de l'hébreu MLAK, mal'akh, signifiant "envoyé" et "ange". L'ange déjà incarné du film de Wenders, Peter Falk, est devenu Nathaniel Messenger dans le remake.
  Rob Hunter, flic héros du livre, est à une lettre près Boar Hunter, "chasseur de sanglier"...
  La première victime de la nouvelle série de crimes au double crucifix est trouvée crucifiée en Y, la peau du visage arrachée... Je parlais plus haut, avant la découverte de ce roman, du Mystère égyptien de Queen, où un vengeur slave semble avoir décidé d'éliminer les frères Tvar, en les transformant en T par décapitation et crucifixion. J'avais découvert que le tchèque tvář signifie "visage", "face", et en avais déduit que Queen n'avait pas choisi ce nom uniquement pour l'initiale, m'émerveillant de ce qu'il ferait plus tard du mot face dans Face to face.
  Et c'est FaceBook qui est à l'origine de l'affaire !

  Recherchant une page confirmant cette traduction, je trouve aussi le serbo-croate tvar signifiant "matière", de même que hylé en grec, mot-clé du billet de Quaternité le plus consulté jusqu'à présent, La possibilité d'une hylé, écho à l'ÎLE d'un roman connu, où il était question d'anagramme des 3 lettres grecques formant hylé, ὕλη. Précisément l'an dernier j'ai repris côte-à-côte les cas Hylé et Cassiel, sans envisager de lien entre les anagrammes sur 3 lettres, ÇPQ et QPÇ, ILE et ELI (par exemple).

  Le premier chapitre de La marque du tueur donne le jour, vendredi 8 août, où le tueur révèle à Rob qu'il a enlevé son coéquipier Carlos, lequel va mourir si Rob n'obéit pas à ses instructions. Suit  un flash-back de 55 chapitres, et la suite du chapitre 1 est au chapitre 57, où Rob trouve Carlos cloué sur une croix dans une pièce où va exploser une bombe, mais cet athlète réussit à sortir la croix et Carlos de la pièce.
  Pour des raisons assez peu claires, il s'agit d'une mise en scène de l'assassin, dont le but ultime est de tuer Rob, afin de lui faire porter la croix, prélude à son exécution programmée le soir même. Si l'année de l'action n'est pas précisée, le roman est paru aux USA en 2009, et c'est en 2008 qu'il y a eu un vendredi 8 août, soit un 8/8/8, triplette qui évoque à tout amateur de gématrie la valeur 888 du grec IHSOUS. Peut-être le fait que ce rare 8/8/8 soit tombé un vendredi a-t-il donné à Chris Carter (ce n'est pas celui des X-Files) l'idée d'une Passion, mais l'ensemble du roman ne me paraît pas témoigner d'une élévation d'esprit en rapport.
  Les 70 chapitres du roman m'évoquent cependant la gématrie latine 70 de IESUS, et les curieuses harmonies fibonacciennes de l'expression Jésus-Christ en grec et latin :
IHSOUS / XRISTOS = 888/1480 = 3/5
IESUS / CHRISTUS = 70/112 = 5/8

  J'ai évidemment pensé aux morts des 36 Justes un vendredi de 2009 dans Le dernier homme bon, et j'ai été curieux de celui mort le plus près du 8/8 : c'est Jonathan Miller, le 7 août au coucher du soleil (soit au tournant du jour suivant selon les Juifs). Jonathan équivalent de Nathaniel ou Theodore (alors que Rob a risqué sa vie pour sauver un CARLos), et miller, "meunier" (voir plus haut Muller dans la propriété des Menier)...

  J'ignorais en titrant ce billet que j'allais découvrir un nouveau roman pascal. Je rappelle que le Graal est le calice (calisse de tabernak pour les québecquois)  qui aurait recueilli le sang du Christ lors de la Cène, et il me revient en terminant le billet l'expression Boire le calisse jusqu'à la lie.
  J'ai exprimé plus haut mon peu de goût pour les oeuvres du dottore Sacslei, mais je crois qu'il me faudra boire le SACSLEI jusqu'au LEI...
  Cette dernière illustration est The Damsel of the Sanct Grael de Rossetti (1874), dont le format est fort proche d'un rectangle d'or (92 x 57,7 cm).

Note : J'avais parlé de CS Lewis ici, à propos d'un épisode de Inspecteur Lewis qui faisait référence à cet homonyme, mais aussi à Borges avec le mot UQBAR tracé en lettres de sang par l'assassin. Relisant le billet, j'y vois que l'acteur Art Malik jouait dans l'épisode, où il était un suspect. Attendu que Perec a transformé le UQBAR de Borges en BARUQ fort proche de barukh ou baruk, "béni", je me souviens m'être demandé si je n'allais pas citer mon Malac-Baroukh, "assassin assassiné" de Novel Roman. Ainsi Sacslei m'a mené via Scalise à Malick, et via Huxley-Lewis à Malac et Malik...
Note bis : relisant Que d'aspects prend la croix, j'y vois qu'un autre nom de l'ange de Saturne est Sabathiel, or "Tobias Nathan" a imaginé dans Serial eater l'auteur américain de polars "Antoni Sabath" (son anagramme).

1.6.13

Jour des Rois


  Je reviens sur ce qui s'est passé vers le 13 mai dernier, en partie raconté dans le billet précédent, où j'ai décidé de différer certains éléments.
  Le 10 mai a été diffusé aux USA le dernier épisode de la série Touch, non renouvelée par la Fox après la baisse d'audience de la 2e saison. J'ai parlé à plusieurs reprises de la série, dont le premier épisode débutait sur les mots du jeune Jake Bohm :
The ratio is always the same: 1 to 1.618, over and over.
  Soit "La proportion est toujours la même, 1.618, encore et encore."

  Malgré ce début le nombre d'or ne jouait de rôle ni dans l'épisode ni dans la suite de la série, où il apparaissait néanmoins de façon quasi subliminale avec un livre énumérant la suite de Fibonacci dans l'épisode 01/2, un tableau de calculs impliquant Phi dans le 01/9, un projet Fibonacci dans le 02/3... Le nombre d'or est encore présent dans chaque épisode avec le générique montrant la spirale calculée à partir de la suite de Fibonacci (superposée à un escalier en spirale, pour faire un lien avec le billet précédent) :
Touch - touch-tv-series Fan Art

  Les images promotionnelles insistent sur la suite de Fibonacci : Jake en répète ici les 12 premiers termes sous les yeux de son père, Martin Bohm.
  Les deux premiers épisodes de la série étaient à mon sens plutôt réussis, malgré la totale gratuité des échos numériques entre les diverses situations. Peut-être mon appréciation est-elle subjective car ces épisodes m'ont révélé l'indicatif téléphonique 212 de Manhattan et le lion russe lyov, échos à certaines de mes préoccupations.
  Les épisodes suivants ont été inégaux, et la méga-intrigue tardait à se développer : quels étaient les buts de la firme Aster Corps qui s'intéressait de près aux surdoués des nombres tel Jake, ou Amelia précédente pensionnaire de l'institution hébergeant Jake ?
  La Fox a dû imposer des contraintes drastiques pour poursuivre la série, et la seconde saison a démarré sur de nouvelles bases, Kiefer Sutherland semblant y retrouver le punch de Jack Bauer, ce qui n'a pas été suffisant pour renouveler l'audience et la série a été annulée, précipitant un dénouement hâtif laissant dans l'ombre divers petits mystères.
  J'ai donc vu le dernier épisode, 02/13, Leviathan, le 11 au soir. Martin parvient à délivrer Jake et Amelia enlevés par Aster Corps, alors que les méchants tentaient de leur extorquer les derniers chiffres de la "Suite d'Amelia", une suite de 100 chiffres donnant à ses détenteurs une connaissance absolue de l'avenir...
  Les méchants sont embastillés, les bons sauvés, Amelia in extremis, mais lorsqu'elle revient à la vie elle a perdu le pouvoir dont Jake semble désormais le seul détenteur. Ceci semble accrédité par le grand rabbin d'une secte juive qui a kidnappé Avram, l'ami hassid des Bohm, pour l'empêcher d'interférer avec le "plan de Dieu". Le chef montre à Avram un cahier qui semble d'une vénérable antiquité, contenant des indications en hébreu sur les 36 Justes (L'existence de la création repose sur l'existence des 36; Si quelqu'un prétend qu'il est l'un des 36, c'est faux), des schémas ésotériques, et les 100 chiffres de la Suite d'Amelia... Après le dénouement, le cahier est ouvert à une autre page où sont inscrits les noms Jake Bohm et Amelia Robbins, et le rabbin barre la ligne Amelia :
  Ceci pourrait appuyer mon idée que Jake et Amelia restaient les derniers Justes après l'élimination des 34 autres, ce qui était la situation au début du roman danois Le dernier homme bon, avec les 34 morts se répartissant en 21 identifiés et 13 inconnus, partage fibonaccien qui m'avait interpellé.
  J'y avais repensé en retrouvant cette idée d'élimination des 36 Justes dans la 2e saison de Touch, en remarquant que le tueur de Justes semblait les localiser sur la carte du monde en utilisant la spirale, tandis que dans Le dernier homme bon les Justes se répartissaient dans le monde selon des orbes circulaires concentriques.
  Je n'avais plus en tête alors tous les détails du roman danois, où il se révèle que Dieu entreprend de temps à autre de tuer ses Justes, un chaque vendredi au coucher du soleil jusqu'à Noël (tiens, les épisodes de Touch étaient diffusés le vendredi soir). Il appartient au dernier Juste de prendre conscience de sa condition, et de commettre un péché grave pour perdre son statut, permettant ainsi au monde de repartir pour un autre cycle avec 36 nouveaux Justes. Niels Bentzon dernier Juste en 2009 découvre ainsi qu'il y a eu une autre vague en 1943, et que le dernier Juste d'alors, Thorkild Worning, a su quoi faire, poignarder sa femme Amalie, la seule qui croyait à son histoire (elle a survécu).
  Amalie est non seulement une forme d'Amelia, mais encore son exacte anagramme. Si le dénouement de Touch est trop brouillon pour permettre d'affirmer que Jake est bien le dernier Juste, il est au moins clair que Jake et Amelia sont privilégiés, et frappant de trouver une Amelia menacée de mort aux côtés du dernier Juste, peut-être pas fortuitement puisque les scénaristes de Touch ont vraisemblablement été inspirés par le roman.

  Tout hébraïsant aura tiqué plus haut devant la transcription en hébreu du nom Jake Bohm (alors que celle de Amelia Robbins est tout à fait normale).
   Jake est transcrit ג'איק alors que ce nom est toujours transcrit en hébreu moderne ג'ייק (et le signe ' employé n'existe qu'en hébreu moderne pour donner à certaines lettres des prononciations inexistantes en hébreu ancien).
  Bohm est transcrit באהם alors que ce nom est toujours transcrit בוהם, on pourra en voir un exemple avec le physicien David Bohm, ou דייוויד בוהם.
  Ce sont aussi toujours les graphies ג'ייק et בוהם qui sont utilisées dans les pages en hébreu sur la série Touch, ou "מגע", magga', "contact", comme celle-ci, qui donne une autre image promotionnelle montrant Jake derrière une baie vitrée couverte de nombres de Fibonacci, avec Martin Bohm et Clea Hopkins, le personnage féminin de la première saison. J'avais remarqué ici que ces deux noms ont la même valeur 113, alors que le second épisode de la série a pour titre 1+1=3, or מגע est en hébreu un mot de gématrie 113.

note du 12/2/23: J'ai revu récemment cette saison 2 de Touch, et dans un épisode (10 je crois) la présidente d'Aster Corps demande à Calvin Norburg s'il connaît Martin Bohm, ou Bahm. Bahm est aussi un nom de famille, moins répandu que Bohm (1243 occurrences aux USA contre 3973).

  La graphie באהם se translittérerait dans notre alphabet BAHM, ou BAEM en respectant scrupuleusement la filiation des lettres sémites dans notre alphabet, l'important pour moi étant que dans l'alphabet hébreu ces lettres ont les rangs 2-1-5-13, qui réordonnés 1-2-5-13 correspondent aux 4 premiers termes impairs de la suite de Fibonacci. Or une propriété de cette suite est que tout terme pair est la somme de tous les termes impairs précédents. En voici les 4 premiers exemples, avec en jaune les Fibos impairs, en rouge les pairs :

   1      1 = 1
   2      3 = 1+2
   5      8 = 1+2+5
 13    21 = 1+2+5+13

  Le dernier épisode où est révélée cette "graphie ésotérique" de Bohm est aussi celui où s'achève la "Suite d'Amelia", dite aussi divine, composée de tous les nombres clés perçus par Jake dans chaque épisode, et pour ce dernier épisode le nombre est 318 comme dans le premier. Voici la suite telle qu'elle apparaît dans le cahier où est noté le nom באהם; j'ai souligné les 318 en jaune, et en rouge l'autre répétition de la liste, 1026 (qui fait partie de deux nombres, 10262000, date de naissance de Jake, dans l'épisode 2/07, 20131026 dans l'épisode 2/10) :
  3-1-8 ou 1-3-8 correspondent aux 3 premiers Fibos pairs; je remarque que l'inversion des deux premiers termes est la même que dans 2-1-5-13 correspondant à באהם, mais il est difficile d'imaginer ici une intention car le nombre 318 a à l'évidence été choisi d'après la date prévue pour le lancement de la série, le 18 mars, 3/18 à l'anglaise. La date prévue pour le début de la seconde saison était le 26 octobre, 10/26, mais ni l'une ni l'autre de ces prévisions n'ont été respectées par la FOX...
  Il est encore remarquable que la date 3/18 puisse correspondre aux rangs de בא/הם pris 2 à 2, 2+1/5+13.

  J'ai choisi la translittération BAHM pour באהם, plutôt que BAEM, parce que c'est l'usage, témoin le Tétragramme YHWH. A ma plus extrême confusion, il m'a fallu près d'un mois pour me souvenir que ces mêmes lettres, dans l'ordre BHMA, étaient apparues lorsque je m'étais intéressé aux Mythes celtes de Robert Graves, que celui-ci a commencé à mettre en forme durant la semaine sainte de 1944.
  Graves voyait un système mnémotechnique associant la main à l'alphabet oghamique, et son traducteur utilisait la correspondance de BHMA avec le pouce comme principal argument d'une bizarre théorie : les 5 Pandavas de la mythologie indienne, le premier étant Bhima, exprimaient la même chose. Peu près avoir vu ceci je découvrais le journal grec TO BHMA dans l'adaptation TV de Des jours et des nuits, le roman qui a joué un rôle essentiel dans ma découverte du schéma autour du 4/4/44.
  La première coïncidence BHMA touchait les translittérations de l'oghamique et du sanskrit, alors qu'ici il s'agit des réelles lettres grecques BHMA, qui étaient d'ailleurs présentes dans le roman sous leur translittération vima.
  Et maintenant ce sont les translittérations BAHM de l'hébreu qui sont concernées, avec un autre écho puisque j'avais ensuite appris l'existence dans le dictionnaire du Scrabble du mot bimah, translittération du mot hébreu désignant dans la synagogue l'estrade où est récitée la Tora, mot jadis emprunté au grec BHMA, "tribune". J'avais appris ce mot par une création de Mike Keith, lequel est aussi le premier à avoir anagrammatisé Vocalisations de Perec.
  Je souligne à nouveau que, dans cette création où les 5 mots verticaux font sens, bimah est le premier, comme BHMA correspondant au pouce selon Robert Graves.

  Ce n'est que le 12 juin que ceci m'est revenu, grâce à l'actualité qui citait le journal To Vima à propos de la crise grecque. Précédemment, j'avais pleinement pris conscience des possibilités fibonacciennes de BHMA le 13 mai, le 5/13 qui est depuis longtemps pour moi un rapport essentiel, ce que j'ai tenté d'expliquer dans le billet précédent, mais la veille est venue une coïncidence dont je n'ai perçu toute la portée que plus tard.
  Je me suis donc demandé dans l'après-midi du 12 si באהם, mais j'adopte désormais la forme BAHM, correspondait à un mot utilisé dans la Bible, et une recherche avec le graticiel Tora4u2 m'a appris que la séquence apparaît 25 fois dans le texte hébreu, aucune occurrence ne concernant un mot entier. La forme prépondérante est WYBA HMLK, "et le roi vint", avec 9 cas dont 5 concernent David, le roi par excellence.
  Je ne voyais aucun écho immédiat. Vint le soir où nous allâmes voir sur un site de streaming quels nouveaux films étaient proposés, j'ai repéré The Forger, soit "Le faussaire", ce qui m'intéressait a priori. J'ai cliqué sur le titre, ce qui m'a envoyé à une page avec un écran de visualisation, proposant une image où j'ai aussitôt reconnu un acteur que j'identifie d'abord par son rôle du psychiatre Malick dans Identity de James Mangold.
  Après cette identification "Malick", j'ai cherché son nom sur la fiche du film, et ai eu la surprise de lire Malec Forgeron, de Buster Keaton en 1922. Les erreurs de ce type sont assez fréquentes sur le site, où quelqu'un qui ajoute un film nouveau n'a pas toujours à coeur de créer une fiche correspondante, auquel cas le site cherche automatiquement dans sa base de données ce qui ressemble au mieux. A noter que Malec n'existe qu'en France, où Buster a été ainsi rebaptisé.
  La surprise a donc été de trouver sous Malec celui auquel j'associe "Malick", parce que ce nom faisait partie des multiples coïncidences entre deux films sortis en septembre 03, Dédales et Identity, de thématique identique, avec ces distributions :
  C'est donc Alfred Molina qui jouait le docteur Malick, parallèlement à Tomer Sisley qui jouait Malik dans Dédales, et je remarquais que Malik, "roi" arabe, était un nom bien choisi pour un docteur, sachant que Jung s'émerveillait que les médecins de Cos se proclamaient "rois". Je remarquais aussi les deux Ray, dont une étymologie est "roi", mais je ne peux reprendre toutes les coïncidences relevées dans le billet.
  Dans The Forger, Molina joue donc le trafiquant de faux Everly Campbell qui engage le jeune Joshua chargé de peindre un Winslow Homer pour renflouer ses finances. Joshua peint en secret un faux grossier qu'il substitue au dernier moment au faux capable d'abuser les experts, provoquant la déchéance d'Everly.
  Ceci est assez proche du roman de jeunesse de Perec, Le Condottière, paru en mars dernier, où le faussaire Gaspard Winckler tue son patron Anatole Madera. Je l'ai lu juste après avoir vu le premier épisode de Touch, et ai été frappé par des numéros de téléphone très proches, BAB 1563 dans l'un, 212 (960) 3561 dans l'autre. 4 derniers chiffres dans le désordre, et les rangs 2-1-2 des lettres B-A-B, mais je ne pouvais deviner alors la transcription de BO(HM) en BA(HM).

  Je n'imagine aucune intention profonde dans les bizarreries de transcription de Touch, qui relèvent à mon sens de l'inadvertance ou du je-m'en-foutisme, ce qui donne à mon sens toute leur portée aux coïncidences en résultant. Il y avait de même d'étranges erreurs sur l'hébreu dans un film qui a peut-être aussi inspiré Touch, Pi de Darren Aronofsky, où Max Cohen a découvert la clé de l'univers, une suite de 216 chiffres, ce qui le conduit à être pourchassé par des financiers comme par des rabbins.
  Pi est encore le seul film au format d'or, et la spirale y est aussi omniprésente, témoins deux des images ci-dessus, et celle-ci où L'homme vitruvien de Léonard est utilisé pour une construction d'une totale gratuité.
  Le prénom Max est moins gratuit, faisant de Max Cohen le pontifex maximus, le Grand Prêtre seul autorisé à pénétrer dans le Saint des Saints. Ceci peut faire écho aux Max(im) du billet précédent...

... ainsi qu'au "roi" melekh ou malik, et je suis saisi de vertige devant toutes les possibilités. La plus effarante est le roman Serial eater, dont l'auteur Tobie Nathan est d'une telle culture et d'une telle intelligence que j'imagine que rien n'est laissé au hasard dans son roman, mais je m'avoue incapable d'en démêler tous les fils.
  Je renvoie à cette page pour une analyse détaillée, cette autre pour la comparaison avec les autres romans où apparaît le Lebensborn, et n'insiste ici que sur BA-MLK.
  Un tueur met donc en oeuvre un plan antisémite consistant à tuer des femmes et à en disposer des morceaux en forme de lettres hébraïques composant la formule ATTY ALH BQRBW, ototey eleh beqirbo, "(je mettrai) mes signes parmi eux", tirée d'Exode 10,1, où Dieu dit à Moïse qu'il a appesanti le coeur de Pharaon pour qu'il refuse de laisser sortir les Hébreux d'Egypte, afin de laisser aux générations futures un témoignage de sa puissance. Il a été question le mois dernier de ce coeur appesanti, ou "coeur-foie", à propos de Liverpool et du rêve de Jung qui lui a inspiré sa Fenêtre sur l'éternité.
  Nathan ne précise pas le verset où figure l'expression, qui est le premier de la section Bo, partie de la Tora ou parasha destinée à la lecture hebdomadaire à la synagogue, or l'affaire s'achève le 17 janvier 02 où le tueur a fait 5 victimes (ATTYA) mais est capturé au moment où il s'apprête à sacrifier la 6e (L, au Lebensborn de Lamorlaye), et ce 17 janvier appartenait cette année-là à la semaine où était lue la section Bo dans les synagogues, sur la bimah.
  Ce mot bo est le premier mot significatif du premier verset de la parasha, il signifie "va" ("Dieu dit à Moïse : va chez Pharaon...") et est écrit en hébreu BA (בא). Mais alors, dira-t-on, n'est-il pas normal que Bohm ait été transcrit BAHM (באהם) ? Eh bien non, l'hébreu moderne est très différent de l'hébreu biblique, tout hébraïsant le confirmera. La première de Touch a eu lieu le mercredi 25 janvier 2012, qui était aussi cette année la semaine de lecture de la parasha Bo.
  La juge Béatrice-Belle qui enquêtait sur le serial eater a été capturée par lui le 17 janvier, et sauvée au 22e chapitre par l'énigmatique psy profileur Salomon Ghani qui a su décrypter le message du tueur. Il y a un 23e et dernier chapitre, épilogue en juin où Béa (c'est moi qui choisis ce diminutif) se trouve enceinte, sans savoir qui est le père (AB en hébreu), le tueur qui l'a violée, ou l'un des trois hommes à qui elle a accordé ses faveurs pendant l'enquête... Elle fait part à Ghani, un des pères putatifs, du problème de choisir un prénom, et celui-ci lui cite un passage du midrash de Rabbi Akiba, qui fait défiler devant le Créateur les 22 lettres de l'Alef-Bet, dans l'ordre inverse, pour solliciter l'honneur de débuter la Tora. Chacune se voit tour à tour récusée, jusqu'à Bet qui sera donc la première lettre de Bereshit. Il reste Alef, qui n'ose se présenter, mais Dieu lui dit qu'il débutera le texte le plus important de la Tora, le Décalogue.
  Un lecteur non familier de la mystique juive ne peut faire le lien entre ces lettres Bet-Alef et la parasha Bo, Ghani ne citant du midrash que le passage des lettres M-L-K, récusées parce qu'elles forment ensemble le mot MLK, melekh, "roi", et que le monde ne peut se passer de roi. Béa croit deviner que Ghani lui suggère ainsi un prénom, et il le lui confirme en indiquant toutefois que l'arabe Malik, de même sens, serait plus indiqué que Melekh.
  Ceci est assorti de propos nébuleux sur le plan du tueur qui a échoué sur la lettre L, et il faut encore être hébraïsant pour savoir que la traduction donnée par Ghani de l'expression ototey eleh beqirbo est approximative. Il ne s'agit pas de placer des signes ou lettres à l'intérieur d'EUX, les Egyptiens, mais de LUI, Pharaon, le roi d'Egypte (MLK, Ex 1,8), et L est bien la lettre médiale dans MLK.

  Il faudrait ajouter pour la bonne intelligence du midrash que Alef était d'abord en hébreu une consonne au son presque imperceptible, utilisée essentiellement pour marquer la présence en début de mot d'une voyelle. Ainsi la lettre Lamed marque un double centre, centre des 21 lettres sonnantes de l'Alef-Bet, centre du "roi du monde" cher à René Guénon.
  Le tarot anglo-saxon exploite cette quasi-mutité de Alef en le faisant correspondre à l'arcane non chiffré, le Mat, ainsi Lamed correspond à l'arcane 11, La Justice, figure féminine. Je ne suis pas sûr que Tobie Nathan soit concerné par le tarot, mais le choix d'une juge comme exemple de Lamed est évidemment frappant.
  Je rappelle que dans le roman qui m'a fait m'intéresser au tarot, Sépulcre de Kate Mosse, La Justice est identifiée à l'héroïne Meredith qui échappe de peu à une mort atroce à la fin du roman.

  Dans le tarot français, Lamed correspond à l'arcane 12, Le Pendu, ce qui m'évoque aussitôt mon billet le plus lu cette année, suite à la parution du Code d'Esther (mais je conseille vivement pour une analyse objective des coïncidences "Esther" mes billets sur la question).
  Il y a une autre coïncidence fabuleuse à propos de la fête de Pourim. Le Talmud (Megilla 7b) demande de s'enivrer ce jour jusqu'à ne pas savoir distinguer entre "Maudit soit Haman" et "Béni soit Mardochée". Les rabbins qui ont ensuite scruté cette prescription se sont avisés que ces deux expressions ont en hébreu la même valeur :
ARWR HMN = 407 + 95 = 502
BRWK MRDKY = 228 + 274 = 502
  J'ai appris cette recommandation dans le livre Aggadoth du Talmud de Babylone (Verdier, 1982), où elle figure page 502 ! Aujourd'hui je remarque que les initiales des 4 mots concernés sont AHBM. Le procédé de lecture des initiales (ou finales) des mots est classique dans l'exégèse hébraïque, témoin cette page en français qui mentionne aussi les valeurs 502, ou cette autre en anglais qui rappelle que, si le livre d'Esther est le seul où le Tétragramme YHWH ne figure pas, il apparaît dans l'acrostiche des 4 mots de Es 5,4,
יבוא המלך והמן היום
soit YBWA HMLK WHMN HYWM, "que viennent le roi et Haman ce jour". C'est une autre graphie de l'expression YBA HMLK, découverte en cherchant les occurrences bibliques de BAHM. L'exégèse a encore supposé que, dans le livre d'Esther, toutes les occurrences du mot "roi" désignent Dieu.

  Je suis tout à fait conscient de l'apparente gratuité de rapprochements nés en partie de hasards de diffusion, en partie de mes obsessions personnelles où les romans de Tobie Nathan sont essentiels, mais des échos plus généraux sont possibles.
  Ainsi la mère de Jake, Sarah Bohm, est morte dans la tour 1 du WTC le 11 Septembre, victime du vol AA-11 piloté par Atta, qui selon Nathan avait pour complice le "père" du Serial Eater, du moins l'homme que celui-ci nomme "père", en hébreu AB. C'est la mort de ce "père" qui conduit le fils déboussolé chez le psy A. Padoue, où il se perd en conjectures sur la signification de ce A, sans la deviner, ABdelaziz, "serviteur du Puissant" (Dieu). Jake Bohm est interprété par le jeune David Mazouz, l'arabe mazuz étant de même sens que aziz. Le prénom David peut résonner avec le physicien David Bohm, peut-être raison du choix de ce nom, comme le personnage Teller, 318 rue Tesla (Tesla et Teller étaient aussi des physiciens de renom); je pense encore au roi David, auquel m'avaient mené en priorité les occurrences de BAHM.
  A propos de la sortie du DVD The Forger au moment de la diffusion du dernier épisode de Touch, je remarque que The Forger se passe en Californie, à Carmel, mot hébreu signifiant "verger", s'écrivant KRML, soit les lettres de MLK, "roi", avec un R additionnel, or le créateur de Touch est Tim Kring, king avec un R additionnel.

  Dans cette affaire où les lettres Alef-Bet, A-B, sont si importantes, il est curieux que la première apparition connue de l'expression "section dorée" (d'où ensuite "nombre d'or", "raison d'or") soit dans un livre de 1835 de Martin Ohm, ne différant en hébreu de Martin Bohm le père de Jake que par un A (אוהם) au lieu d'un B (בוהם).

  J'ai nommé ce billet Jour des Rois parce que pour moi le 1er juin est le Jour des Queen, le 1er juin 1905 étant la date moyenne de naissance des cousins Queen. Je crois que Dannay a fait ce calcul et l'a notamment utilisé dans Halfway House, où un homme menant une double vie est assassiné le 1er juin 1935. Je développe sur cette page l'idée que Dannay ait caché dans ses scénarios de multiples indices ayant trait au mode d'écriture des Queen, dont Lee devait se prétendre le principal artisan. Ceci se traduit notamment dans deux romans consécutifs, L'arche de Noé et Le roi est mort (1951-52) où celui qui est aux yeux de tous un chef n'est en fait qu'une marionnette. Pour donner une idée de la filiation des deux romans, le chef du premier est Priam jouet entre les mains de Adam, tandis que dans l'autre le roi Cain obéit en fait à son frère Abel.

  Le titre du roman en hébreu, hamelekh met, me rappelle la légende du golem, statue de terre qui s'anime lorsqu'est écrit sur son front AMT, emet, "vérité", et qui s'immobilise quand on en efface le A, laissant le mot MT, met, "mort".
  Après le sauvetage de la juge à la fin de Serial eater, le psy Ghani trace des lettres sur son front. Lorsque la juge se regarde dans un miroir, il ne subsiste de l'inscription que la lettre alef, A. Je présume que Ghani a écrit AMT et a effacé lui-même MT.

  Le titre Leviathan du dernier épisode de Touch m'a été évocateur, ce mot étant apparu dès les premières semaines de mon épopée quaternitaire, via le roman éponyme de Boris Akounine. J'étudiais ici le fil "royal" de ce roman, évoquant toute une tradition de commentaires autour de l'égalité de la valeur 496 de leviathan avec celle de malkhout, "royauté".

  Le coréalisateur de Malec forgeron est Malcolm St Clair, mort un 1er juin. Je me suis demandé si ce prénom n'était pas apparenté au sémite MLK. Non, mais il s'agit d'un nom forgé par un roi écossais, originellement Máel Coluim signifiant "disciple de Saint Columba", ce qui me renvoie à un thème cher, dove-dov-iona. La version féminine écossaise du prénom Malcolm est Malina.

  J'ai déjà parlé du psychiatre Malineau à propos de Molina jouant le psy Malick. Sans pouvoir donner de précisions trop personnelles, ceci est associé à mon séjour à Marcillac évoqué dans le billet précédent, et à la date du 1er juin.

  J'ai décidé de publier ce billet le 1er juin avant la date effective, sans espérer qu'il se passerait quelque chose ce jour. Il y a eu au moins ceci dans ma boîte mèl,
  C'est moins frappant que le "Rond-point" d'Etienne le 13/5 (voir le billet précédent), mais Roland signale un recueil de 496 Je Me Souviens, Les pas perdus de Gilles Jacob, et l'autre message informe du décès de Jack Vance le 26 mai. Jack Vance a signé Ellery Queen 3 polars vers 1960, dont Une chambre pour mourir qui est digne d'intérêt, et son nom est évoqué pour l'écriture des derniers "vrais Queen" en collaboration avec Dannay. C'est de toute manière la disparition du dernier auteur ayant signé "Queen".
  Les messages concernent deux "Jacques" (mais Jack est le diminutif de John, Jean, le diminutif de Jacob étant Jake).

  Il y a eu une autre coïncidence mèl le 4 juin, si fabuleuse que j'y consacrerai l'essentiel du prochain billet.